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Droite dure et gauche radicale contre gauche molle et droite libérale L’embrouillamini des politiques néolibérales dans le monde

Publié le par Mahi Ahmed

Droite dure et gauche radicale contre gauche molle et droite libérale

L’embrouillamini des politiques néolibérales dans le monde

le 26.12.16 |

 

 

 

 

 

L’élection surprise de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique, la victoire inattendue de François Fillon aux primaires de la droite pour la désignation de son candidat à l’élection présidentielle de mai 2017 en France, la démission forcée de David Cameron du poste de Premier ministre au Royaume-Uni après le vote en faveur du Brexit, celle toute récente de Matteo Renzi de la tête du gouvernement en Italie, l’irrésistible ascension des partis d’extrême droite en Europe occidentale et centrale (France, Autriche) et des partis de la gauche radicale en Europe du Sud (Grèce, Espagne) et bien d’autres événements récents marquent un retournement de situation aussi contradictoire qu’inenvisageable en théorie dans le monde occidental. Les retombées de tous ces événements sur les affaires du monde en général, sur les pays pétroliers sous-développés (dont l’Algérie) en particulier paraissent incertaines, aussi porteuses d’espoirs lointains que chargées de dangers imminents.

 

Aux sources de la crise actuelle.

 

Depuis la fin des années 1970 en effet, le triomphe du libéralisme version hard (néolibéralisme) dans les pays de l’OCDE semblait avoir eu raison tout à la fois des velléités protectionnistes de la droite nationaliste radicalisée (ci-après désignée par droite dure), et du militantisme combatif d’une gauche social-démocrate libéralisée (ci-après désignée par «gauche molle»).

 

Curieusement, la montée de la droite dure alliée à la gauche radicale contre la droite traditionnelle (libérale) alliée à la gauche molle semble un facteur de détente internationale, alors même que des tensions extrêmes continuent d’alimenter la scène politique entre l’OTAN (élargi à un grand nombre de pays d’Europe centrale et orientale jadis alliés de l’ex-Urss) et la Russie (qui retrouve sous la présidence de Vladimir Poutine son statut de grande puissance militaire à défaut de grande puissance économique).

 

Résolument opposée à la vision unipolaire que les Etats-Unis et leurs anciens et nouveaux alliés dans l’OTAN veulent imposer au monde, celle-ci trouve un allié de circonstance dans la Chine populaire pour ne plus subir le diktat de l’Alliance atlantique au Conseil de sécurité de l’ONU et en dehors.

 

Tout se passe à présent au sein de cette Alliance comme si les rôles respectifs de la droite et de la gauche traditionnelles étaient inversés ; la première s’étant en partie radicalisée pour devenir une droite dure, la seconde s’étant en partie libéralisée pour devenir une gauche molle : la gauche molle a tout fait pour suivre l’externalisation des conflits que la droite traditionnelle avait enclenchés depuis une quinzaine d’années, la droite dure faisant tout pour les internaliser de nouveau après que la gauche traditionnelle en ait abandonné l’initiative en interne.

 

Ce paradoxe ne signale pas seulement l’extraordinaire complexité de la situation actuelle, mais constitue le cœur d’une problématique à multiples entrées — les facteurs économiques le disputant aux facteurs politiques et sociaux, ceux-ci le disputant aux facteurs démographiques et environnementaux, ces derniers enfin aux facteurs géostratégiques et militaro-industriels. Il ressort en première lecture que les forces conservatrices (avec la charge négative habituellement associée à ce terme) ne sont pas toujours l’apanage de la droite, fut-elle une droite dure, et que les progressistes (avec la charge positive habituellement associée à ce terme) ne sont pas toujours l’apanage de la gauche, fut-elle une gauche molle.

 

Sans doute, la crise multiforme que traverse le monde en ce début de XXIe siècle est-elle la cause manifeste de cet embrouillamini politico-économique, sociodémographique, géostratégique et militaro-industriel. Comme toute crise, celle-ci ne manque(ra) pas de « rebattre les cartes» pour le meilleur ou pour le pire. Mais il n’y a point de crise sans causes et ce sont les causes de celle-ci qu’il conviendrait d’identifier pour voir «où va le monde».

 

Tout porte à croire, en l’état actuel des choses (et c’est l’hypothèse qui guidera notre analyse) que si l’on s’achemine bien vers une détente (toute relative au demeurant) sur le plan international, les conflits internes vont s’accentuer dans chaque pays, ceux-ci prenant des formes variées, depuis les conflits autour du repartage des revenus jusqu’aux batailles autour des valeurs fondatrices des nations et des sociétés.

 

Dans les deux types de lutte que nous venons d’évoquer comme dans les types intermédiaires s’insère la vision différenciée des forces sociales en présence concernant les questions d’environnement, les relations internationales et, last but not least, les questions de la guerre et de la paix. Mais revenons aux causes de la crise actuelle pour aborder ensuite le plus succinctement possible ses diverses répercussions.

 

Crises de modèles et crises de croissance

 

On partira pour ce faire de l’évolution des grands problèmes de l’économie mondiale depuis que, à la faveur de la crise du modèle classico-keynésien de croissance associant économie mixte et Etat-providence, un modèle alternatif a vu le jour sous l’appellation de modèle néolibéral formellement codifié par ce que les économistes appellent le Consensus de Washington.

 

Ainsi que le dit Philippe Hugon, «le passage de l’un à l’autre modèles peut se lire comme le passage d’une économie administrée par les règles à une économie régulée par les prix». Mais on peut tout autant (et cela me paraît bien plus significatif) dire que l’un (le modèle classico-keynésien) est fondé sur la primauté de la demande tandis que l’autre (le modèle néolibéral) est fondé sur la primauté de l’offre comme facteurs supposés de croissance, de plein-emploi et de bien-être général.

 

Cependant, cette nouvelle caractérisation ne dit rien des prédicats des deux modèles ni des conséquences logiques de leur mise en œuvre. Tout juste peut-on affirmer que la crise de l’un a ouvert la voie à l’adoption de l’autre dans l’incertitude créée par la soudaine montée des prix du pétrole au cours des années 1970 et par la chute, non moins soudaine, de la valeur-refuge que fut le dollar à partir du 15 août 1971.

 

En ce qui concerne les prédicats, notons que, sous la forme lapidaire de leur énoncé ci-dessus, la primauté de la demande et la primauté de l’offre sont on ne peut plus trompeuses. Pour l’auteur de Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (Keynes) qui l’a conceptualisée, la notion de demande effective autour de laquelle il a structuré son œuvre possède deux composantes : la demande de consommation et la demande d’investissement.

 

L’une et l’autre se trouvent en connexion avec l’offre de biens et services de consommation, l’offre de biens et services de production dans un processus d’interaction qui conduit à l’égalité potentielle de l’offre globale et de la demande globale. Le présupposé de cette égalité est que l’offre et la demande ont en commun un système productif, un système de besoins et un marché définis.

 

Au contraire de cela, le modèle néolibéral suppose la libéralisation complète des marchés des biens et services et des capitaux, de sorte qu’il ne puisse exister d’adéquation potentielle en interne entre demande et offre globales. La primauté de l’offre qui se présente comme le prédicat du modèle se justifie par la mise en concurrence internationale de toutes les activités pour une amélioration supposément cumulative des indicateurs de croissance et de bien-être dans tous les pays.

 

Longtemps, les effets positifs de la mondialisation ont pu être observés dans les pays de l’OCDE, poussés à tirer tout le bénéfice possible des avantages compétitifs de leurs économies hyperindustrialisées. De tels avantages, qui se traduisaient en points de pourcentage de croissance supplémentaires, s’accroissaient d’autant plus que, en vis-à-vis de ces économies, le reste du monde n’offrait que des ressources brutes et une main-d’œuvre bon marché — ce que la majeure partie du monde sous-développé continue de fournir aux pays de l’OCDE.

 

Bientôt pourtant, la situation a commencé à changer : sous l’effet de la montée en puissance des économies des pays émergents — au premier rang desquels se placent la Chine et l’Inde qui mirent au point d’autant plus aisément des politiques d’offre que la demande effective interne fut limitée — le sens des flux mondiaux de marchandises s’inversa (des pays émergents vers les pays de l’OCDE) et s’inversa aussi le sens des flux mondiaux des actifs productifs et du capital-argent (des pays de l’OCDE vers les pays émergents).

 

Les conséquences furent — et continuent d’être — désastreuses pour les pays de l’OCDE. Délocalisations, désindustrialisation, montée du chômage et de la précarité de l’emploi, crises agricoles et bien d’autres fléaux les atteignirent successivement, quoique de façon inégale. Sur le plan sociodémographique, la crise prend des formes aussi contradictoires qu’hérétiques au regard des enseignements de l’économie orthodoxe dans sa version néolibérale.

 

D’une part, un processus inexorable de dénatalité s’est enclenché sous le double effet de l’érosion des revenus du travail et de l’emprise d’un individualisme consumériste que l’idéologie néolibérale avait contribué à légitimer ; d’autre part, l’afflux de migrants économiques en provenance de l’Europe centrale et orientale, de l’Afrique et d’autres contrées vers l’Europe, du Mexique et d’autres pays d’Amérique latine vers les Etats-Unis a pris les allures d’un dumping social qui alimentait les pulsions xénophobes des franges déclassées ou en voie de déclassement des populations autochtones.

 

Aux tensions qui se faisaient jour sur le marché du travail flexibilisé à outrance s’ajoutaient des tensions intercatégorielles (entre salariés et retraités, entre fonctionnaires et employés du secteur privé, entre travailleurs des secteurs protégés et travailleurs des secteurs concurrentiels, etc.).

 

Crises internes et exportation des tensions : rôle des conflits armés régionaux

 

Ce concentré de tensions internes a d’abord trouvé un exutoire dans l’instrumentalisation des conflits régionaux externes depuis que, par un mensonge éhonté formulé en live de l’enceinte de l’ONU, l’Administration Bush a accusé le régime de Saddam Hussein de produire des armes de destruction massive pour ensuite envahir l’Irak en prélude à un remodelage complet du Moyen-Orient.

 

Mais alors que, digne représentant de la droite traditionnelle américaine imbue de sa puissance et protectrice des intérêts états-uniens, Bush inaugurait ainsi un monde unipolaire, c’est un représentant de la gauche molle qui, en Europe, lui a emboîté le pas en la personne de Tony Blair, tandis que la droite classique française, de culture gaullienne, s’était gardée de s’embarquer dans l’aventure.

 

Pareille attitude de la France aurait pu ne pas être tenue si le représentant de la gauche molle de l’époque, Lionel Jospin, n’avait été désavoué jusqu’à l’humiliation par les Français en l’éliminant du second tour de l’élection présidentielle de 2002. Faisant sien le droit d’ingérence que Bernard Kouchner rêvait d’inscrire en article de loi dans le droit international, Jospin n’en a pas moins montré toute sa duplicité s’agissant du conflit israélo-palestinien en accusant publiquement les enfants de l’Intifadha de «terroristes».

 

En Allemagne, la Constitution post-Seconde Guerre mondiale interdisant aux autorités d’intervenir hors des frontières du pays, le représentant de la gauche molle, en la personne de Gerhard Schroder, n’avait d’autre alternative pour juguler la crise qui se profilait que de trancher dans le vif les conflits internes au détriment des travailleurs afin de maintenir et de renforcer la position de l’économie allemande dans l’UE et dans l’économie mondiale.

 

Ce faisant, il inaugurait en Allemagne une nouvelle phase de l’économie d’offre dont les conséquences furent — et sont encore — la résurgence de la pauvreté et de la précarité dans le pays le plus développé d’Europe. D’autres pays du bloc OCDE-OTAN ont accroché leur wagon à la locomotive états-unienne comme le firent le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, etc. sans parler des monarchies du Golfe, aussi promptes à sévir contre leurs peuples qu’à servir les puissances dans les conflits régionaux qui s’ensuivirent.

 

Tous ces événements avaient pour arrière-scène une mondialisation multiforme dont le volet proprement économique — épine dorsale des bouleversements planétaires qui se produisaient — portaient la marque des théories néolibérales associant à la croissance la levée de toutes les entraves devant le capital et le commerce. Traités de libre-échange, accords d’association, adhésion à l’OMC encadraient désormais toute activité sous la menace bien réelle de pénalités, de sanctions et condamnations à même de refroidir les ardeurs des gouvernements encore attachés à quelque politique publique de relance ou à quelque forme de patriotisme économique.

 

Complétant le volet économique, le volet politique de la mondialisation érigeait en absolu l’instauration de la démocratie à l’occidentale, la défense des droits de l’homme et les formes les plus invraisemblables de libertés individuelles, comme l’institutionnalisation du droit au mariage homosexuel. Il va sans dire que le tout est couronné par des pressions médiatiques pour l’adoption des codes sociétaux de la gauche molle qui n’a plus de rôle historique à jouer qu’en matière de libéralisation des mœurs.

 

Soutenant à cor et à cri les guerres localisées en Afrique et au Moyen-Orient en fournissant armes, munitions et experts à ceux des belligérants qu’ils voulaient voir triompher, droite traditionnelle et gauche molle ont mis en commun leur projet de défendre les libertés partout de par le monde, exception faite des pays alliés à régime féodal comme l’Arabie Saoudite et le Qatar. On sait, par des sources qui se recoupent, que les vrais mobiles de toutes ces guerres s’appellent pétrole, gaz, richesses minières et marchés.

 

En arrière-plan des conflits, une course contre la montre était déjà engagée contre les nouveaux géants économiques (Inde, Chine et autres pays émergents) d’un côté, contre la nouvelle puissance militaro-industrielle qu’était devenue la Russie sous la direction de Vladimir Poutine, de l’autre. L’issue provisoire mais inattendue de ces conflits régionaux en Syrie, qui annonce l’échec du projet de remodelage du Moyen-Orient rêvé par George W. Bush, poursuivi par Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron, signe la défaite programmée de la coalition formée par la droite traditionnelle et la gauche molle dans les pays de l’OCDE-OTAN.

 

Mais toutes les cartes ne sont pas encore tombées. Un retournement de situation se produit sous nos yeux, conduisant la droite dure (nationaliste) et la gauche radicale à affronter la droite traditionnelle sur le terrain économique (avec la remise en question de la mondialisation) et la gauche molle sur le terrain politico-idéologique (avec la remise en cause des alliances politiques passées et des nouveaux codes sociétaux).

 

Il n’est pas étonnant que, sur ces deux terrains, la droite dure et la gauche radicale se retrouvent sur des positions communes en dépit de leurs divergences de fond (voir l’exemple de la Grèce) alors que la gauche molle se retrouve sur les positions de la droite traditionnelle en dépit de leurs divergences de forme (comme en Italie, en Espagne et en France).

 

Nouvelle donne ou montée des nouvelles tensions

 

La crise financière internationale de 2007-2008 n’est pas de même nature que les précédentes malgré leurs similitudes : la première est le produit de la déconnexion planétaire des sphères réelle et financière induite par la mondialisation, les autres de la déconnexion de l’offre et de la demande de biens et services en chaque pays.

 

La dimension financière de ces dernières avait plus à voir avec l’insolvabilité de la demande interne qui se résolvait en un excédent d’offre domestique de biens et services (et donc de capital productif), qu’avec un excédent de capital spéculatif international qui se résout en un déficit d’offre domestique de biens et services comme c’est le cas dans de nombreux pays de l’OCDE après la crise de 2007-2008.

 

La primauté de l’offre que le modèle néolibéral a imposée s’est traduite non par des avantages au capital productif susceptibles de relancer en interne la croissance et de résorber le chômage comme le prétendent les tenants de la droite traditionnelle, mais par des avantages au capital bancaire qui ont culminé dans la reprise par l’Etat des crédits hypothécaires, devenus irrécouvrables, que les banques ont accumulés. Ceux-ci ont atteint des sommes astronomiques en2008 et 2009, faisant monter à des niveaux jamais atteints auparavant les dettes souveraines dans chaque pays.

 

Crédits d’impôts octroyés aux plus grands groupes industriels dont le capital est en partie ou en totalité détenu par les banques et les fonds de pension nationaux et étrangers, primes à l’embauche et autres contrats aidés pour relancer la compétitivité internationale n’ont eu d’effet, dans la majorité des cas, que d’alimenter le capital spéculatif, de renouer avec l’octroi de salaires mirobolants et de stock-options aux dirigeants et d’accroître la part des dividendes dans les bénéfices distribués.

 

En contrepoint et en raison de la flexibilisation accentuée du marché du travail, de la montée du chômage de longue durée, des difficultés rencontrées par les entreprises qui n’ont pas de marché à l’export et bien d’autres phénomènes induits, la pauvreté n’a cessé de croître, faisant affluer vers la droite dure une partie de l’électorat traditionnel de la gauche molle.

 

Aux positions de caractère nationaliste qu’elle tenait sur le terrain idéologique, la droite dure s’est adjoint des revendications économiques à caractère protectionniste tout en défendant contre la gauche molle les valeurs patriotiques, morales et religieuses au renoncement desquelles la gauche molle s’est employée, dans le sillage de son adhésion à la mondialisation.

 

Aussi assistons-nous à la formation de paradoxales et de conflictuelles alliances idéologico-politiques, commandées par la nouvelle donne économique entre la droite traditionnelle et la gauche molle d’un côté, la droite dure et la gauche radicale de l’autre, dans des stratégies de reprise de l’initiative en interne où les conflits sociaux se doublent de conflits sociétaux sans que les uns et les autres ne mobilisent les mêmes forces, comme ce fut le cas durant toute la période du capitalisme industriel.

 

Sur le plan international, ces conflits prennent l’allure de guerres de position où les belligérants poussent leurs pions régionaux jusqu’aux limites de la confrontation directe entre grandes puissances, comme cela se passe entre l’OTAN et la Russie dans le Donbass et en Syrie, sans parler du climat général de tensions qui caractérise toutes les parties du monde.

 

Cependant de telles conflits n’ont pas que des mobiles politiques et idéologiques: en raison des effets dévastateurs des politiques de l’offre sur les secteurs domestiques de production de biens et services répondant à la demande civile dans chaque pays, les belligérants développent une économie d’armement parallèle tout en suscitant par des guerres localisées une demande solvable externe pour ses produits de façon à limiter l’impact des capacités d’absorption de leurs propres économies en ces matières.

 

Mais les risques de guerre mondiale et la désertification économique de nombreux pays se conjuguent pour mettre en cause la mondialisation et les politiques de l’offre qu’elle induit sur le front économique. La droite traditionnelle et la gauche molle font face, ensemble ou séparément, à la droite dure et à la gauche radicale selon les thèmes en débat.

 

En guise de conclusion

 

Les dangers qui guettent le monde sont multiples et variés en ce début du XXIe siècle. Les confusions qui les alimentent sont d’ordres économique, politique, idéologique et sociétal. Si, sur le plan économique, l’on entrevoit la fin de l’un de ces grands cycles mis au jour par Kondratieff au début du XXe siècle, porté par les politiques de l’offre, l’imbrication en son sein des facteurs de ces divers ordres ne risque pas seulement d’en prolonger les effets sociaux pervers au-delà de la décennie en cours, mais de pousser à une confrontation accrue des forces sociales en présence, à l’intérieur comme à l’extérieur des Etats-nations. Dans ce cas, les pays les plus vulnérables seront les premiers à entrer dans l’œil du cyclone.

 

Ces pays ne sont ni ceux de vieille industrialisation, ni les pays émergents (qui enclenchent eux aussi le développement d’une économie d’armement), mais ceux restés sous-développés, dépendants par-dessus le marché de leurs seules ressources de base. Les pays pétroliers sont en première ligne en raison de l’importance du pétrole et du gaz dans l’ordre productif mondial actuel, fondé sur les énergies fossiles, en raison de l’importance des hydrocarbures dans l’ordre productif fondé sur les énergies fossiles. 

 

 

 

Ahcène Amarouche

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La face cachée de la mondialisation

Publié le par Mahi Ahmed

La face cachée de la mondialisation

 

Par Ammar Belhimer

Il faut absolument lire le dernier ouvrage de Richard Labévière «Terrorisme face cachée de la mondialisation»(*).

L’auteur sait de quoi il parle. Après plus de vingt ans de reportages de terrain, d’enquêtes et d’analyse, il parvient à démonter les rouages du terrorisme moderne avant d’avancer des propositions pour en combattre la fatalité. Comme le rappelle Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, dans sa préface à l’ouvrage, le mal remonte à une décision de l’exécutif américain d’instrumentaliser «les forces politico-militaires fondamentalistes sur le plan religieux pour faire face à «l’impérialisme athée» de l’Union soviétique et pour déstabiliser les régimes locaux suspects de lui être favorables». Par la suite, les volontaires du djihad anticommuniste «se sont autonomisés en autant de dérives autoreproductrices».

Labévière déclare dès l’introduction entreprendre un «devoir d’inventaire, prolégomène à toute compréhension du terrorisme actuel» afin de fixer plus particulièrement «le terrorisme de la misère et ses faux-fuyants métaphysiques». Cet exercice est jugé d’autant plus indispensable que «la misère du terrorisme, ses attributs et ses modes cherchent à déconstruire les illusions rassurantes du terrorisme de la misère».

Le concept de misère du terrorisme postule, aux yeux de Labévière, «l’ouverture d’un chantier de déconstruction critique : le terrorisme modern ne doit plus être analysé selon les termes d’une crise pathologique, ni d’une poussée extraordinaire de fièvre inexplicable, mais selon ceux d’un Etat qui s’est imposé comme une normalité, au cœur même de notre histoire présente et à venir. Désormais ses modes opératoires sont intégrés aux logiques économiques, politiques et sociales ; il fonctionne comme un conatus, une énergie vitale et consubstantielle à la dérégulation généralisée de la mondialisation contemporaine».

Il se propose alors de mettre à nu le terrorisme comme «normalité inhérente à la mondialisation devenue folle» et non pas comme «exception anormale, accident, crise passagère ou dysfonctionnement ponctuel».

La thèse centrale est que «le terrorisme contemporain n’est plus un accident mais s’est imposé comme une énergie vitale – un conatus – irradiant» ; il est «la misère suprême de la mondialisation contemporaine». Elle est parfaitement illustrée par «une gouvernance sécuritaire qui remplace l’Etat providence et protecteur» et pour laquelle la guerre contre le terrorisme est du pain bénit car «elle précipite et nourrit une montée aux extrêmes qui accompagne la destruction de la démocratie».

La barbarie de l’Autre réside dans le terreau social des «fabriques de ressentiment et de haine» inspiré par Les Démons de Fédor Dostoïevski. L’extrémisme religieux est aussi le produit de ce ressentiment et de cette haine : «Deux tiers de la population carcérale (française) sont de confession musulmane au sein de laquelle se pratique un islam minimaliste permettant de nouer des mécanismes de survie contre les gardiens, contre la prison et, en dernière instance, contre la société en général.»

Le capitalisme offre au terrorisme un terreau idoine à sa reproduction. Pour ne fixer que des périodes récentes, Labévière rappelle la mythologie de la Terreur jacobine qui a inspiré les populistes et nihilistes russes qui ont fait de l’assassinat et du sacrifice «le moyen le plus sûr pour en finir avec le tsarisme» et sa vieille société féodale. Des terrorismes à prétentions territoriales apparaîtront plus tard, comme les guérillas qui ont déstabilisé la Sublime Porte depuis le début du XIXe siècle, ou encore les guerres des Boers contre les Britanniques (16 décembre 1880/23 mars 1881 – 11 octobre 1899/31 mai 1902) et, bien plus tard encore, le retour de l’Islam politique, «convergence de l’idéologie des Frères musulmans et du wahhabisme saoudien». Ce dernier connaîtra plusieurs vagues.

La première est dite «proche et moyen-orientale : 1970-1990», avec pour épicentre le conflit israélo-palestinien, amplifié par la guerre froide.

La deuxième vague (1990-2003) mettra en vedette Oussama Ben Laden, créature de la CIA (la filiation ne souffre aucun doute) et héros de la guerre d’Afghanistan. L’auteur trouve trace des contacts entre lui et la centrale américaine jusqu’en juillet 2001. Le 7 de ce même mois d’été, «le représentant local de la CIA qui a rendu visite à Oussama Ben Laden à l’Hôpital américain de Dubaï s’appelle Larry Mitchell.» Le chef terroriste souffrait d’une infection rénale qui se propageait au foie. La troisième vague prend forme avec l’avènement de Daesh (2006-2016). Elle est le résultat d’un schisme survenu au sein de la mouvance qaidiste, «fruit de trois dynamiques : 1) les conséquences de la deuxième guerre du Golfe anglo-américaine du printemps 2003 ; 2) les guerres civiles d’Irak qui débutent à l’été 2003 et de Syrie à l’été 2011 ; 3) enfin, les crises économiques, sociales et politiques qui affectent les régions dans lesquelles cette organisation prend pied, se développe et agit».

La proximité entre le terrorisme islamique et les centres de décision de l’empire américain donne raison à Vladimir Poutine lorsque, le 25 décembre 2015 à New York, devant la 70e Assemblée générale des Nations-Unies, il déplore les faibles résultats inscrits à l’actif des actions militaires entreprises contre Daesh par Washington et la coalition internationale : «Celui-ci (le bilan) n’est guère satisfaisant et montre que la menace terroriste a été plus gérée et canalisée que proprement stoppée et éradiquée.»

Labévière s’appesantit sur l’émergence d’une école néoconservatrice française («les néo-cons français») et sur l’histoire de son hold-up sur le Quai d’Orsay et une partie du ministère de la Défense. Elle commence par une tragédie en trois actes.

Le premier acte est celui de la Première Avenue, le 14 février 2003, lorsque Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, prononce devant les quinze membres du Conseil de sécurité, un discours d’une intensité exceptionnelle justifiant le veto français à une guerre au Proche-Orient et expliquant la nécessité de poursuivre les inspections sur une illusoire force de frappe nucléaire attribuée à une armée irakienne surdimensionnée pour la circonstance. Les Américains multiplient alors les initiatives «partout où cela leur est possible, afin de punir la France, afin de lui faire payer – le plus cher possible – son insupportable sursaut d’indépendance».

Le deuxième acte date du 1er au 3 juin 2003, lors du sommet du G-8 à Evian ; il correspond à ce que Labévière qualifie de «grand retournement» de la diplomatie française au Proche et Moyen-Orient. Il culmine avec l’adoption de la résolution 1559 par le Conseil de sécurité le 2 septembre 2004 par laquelle Jacques Chirac renonce à la notion cardinale d’un «règlement régional global» au profit d’une grille d’analyse néoconservatrice qui perdure jusqu’à nos jours. Le troisième acte correspond à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN et l’alignement de la politique étrangère de la France. Une politique dévolue à ce que Labévière appelle sans détour «la Meute» pour désigner «les nouveaux petits Marquis du ministère des Affaires étrangères».

Tels sont désormais les artisans indétrônables d’une diplomatie française «néoconservatrice, unidimensionnelle et irresponsable». François Hollande ayant «non seulement confirmé les orientations de son prédécesseur, mais il fait pire».

A. B.

 

(*) Richard Labévière, La face cachée de la mondialisation, Editions Pierre Guillaume de Roux, Paris 2016.

 

 

 

 

Source de cet article :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2016/12/20/article.php?sid=206498&cid=8

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MALGRÉ LE TERRORISME ET SES ALLIÉS Alep martyrisée, Alep outragée, mais Alep libérée

Publié le par Mahi Ahmed

MALGRÉ LE TERRORISME ET SES ALLIÉS Alep martyrisée, Alep outragée, mais Alep libérée

 

Lundi 12 Decembre 2016 Pr Chems Eddine CHITOUR

Bachar Al Assad n'aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui

«Il y a là des minutes, nous le sentons tous, qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Alep, Alep outragée, Alep brisée, Alep martyrisée, mais Alep libérée! Libéreé par son peuple c'est-à-dire la Syrie qui se bat. La Syrie éternelle.»

 

Cette citation adaptée de celle du général de Gaulle est là pour nous rappeler que quand les peuples ne veulent pas mourir, ils s'affirment à la face du monde. Le peuple syrien martyrisé par des terroristes soutenus par l'Empire et ses vassaux a décidé de vivre. Bachar Al Assad n'aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui. De plus, tous ceux qui claironnaient ne méritaient pas de vivre, voire voulaient le punir sans savoir qu'ils étaient sur le point d'être balayés par l'Histoire qu'ils auront traversée d'une façon honteuse. Que l'on se souvienne de la mécanique diabolique pour arriver à la partition de la Syrie voulue par l'Empire et le sionisme et suivie d'une façon servile par les vassaux, d'abord créer un gouvernement off shore, la France avec Sarkozy puis avec Hollande proposa un universitaire paléo-syrien et la fille d'un diplomate syrien qui après avoir servi le président Assad père se découvre sur le tard une âme de dissident qu'il transmettra à sa fille devenue française et n'arrête pas de déverser son fiel bien au chaud du côté de la rive gauche. Avec cela on crée un Osdh de toutes pièces qui comptabilise les morts et les blessés à partir de Londres. On serait à 300.000 morts en 2000 jours de combat, soit une moyenne de 150 morts par jour! Qui dit mieux?

 

L'unanimité de la presse française se brise

Curieusement, on constate une prise de conscience de certains médias- mieux vaut tard que jamais- à savoir que ce que racontent les médias stream ce ne sont pas des paroles d'Evangile. Sur le site Avic nous lisons: «Avec la libération d'Alep-Est par l'armée arabe syrienne et ses alliés, une partie de la presse française montre des signes de rédemption en donnant la parole à de vrais analystes, tandis qu'une autre partie reste campée sur les positions officielles de propagande de guerre en dépit des nombreux témoignages qui arrivent d'Alep. Dans le premier cas, c'est le Figaro qui nous fait l'immense et agréable surprise de publier un entretien avec le colonel Caroline Galactéros qui nous livre une analyse dont le sérieux, l'honnêteté et la rigueur sont à l'opposé de ce que nous lisons habituellement dans les colonnes des journaux subsidiés. Il est évident que les petits soldats de Libération, les Apathie, BHL et consorts n'auront jamais d'autres discours que celui qu'ils tiennent depuis plus de cinq ans. Cependant, il existe des journalistes honnêtes dont la parole pourra bientôt être libérée par l'évidence de la vérité.» (1)

 

Une menace globale

L'Administration Obama passera la main dans moins de quarante jours, nous aurions cru naïvement que le prix Nobel de la paix transmettra une situation moins dangereuse. Que nenni: si les terroristes au Moyen-Orient se procurent des missiles surface-air, ce sera le pire résultat de la décision des États-Unis de lever les restrictions sur la livraison d'armes en Syrie, prévient le Kremlin. Dmitri Peskov, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, a commenté ce vendredi 9 décembre la décision du président américain Barack Obama de lever les restrictions formelles sur la livraison d'armes, de munitions et de matériel militaire aux alliés des États-Unis dans la lutte antiterroriste en Syrie. Le président Barack Obama a levé les restrictions concernant les livraisons d'armes en Syrie, un pays que Washington considère comme sponsorisant le terrorisme. Un mémorandum a été envoyé à cet égard aux responsables du Pentagone et du département d'État. Les États-Unis frappent les positions de Daesh en Syrie depuis 2014 sans autorisation des autorités de ce pays. Des entités des forces spéciales américaines soutiennent également des groupes locaux opposés au président syrien Bachar el-Assad dans leur lutte contre les terroristes.» (2)

En fait, «l'Occident et ses alliés n'ont jamais» arrêté d'alimenter les terroristes en armements, en argent et en hommes. Rappelons-nous, c'est lors de l'offensive de la coalition internationale des USA et de leurs vassaux que le terrorisme a conquis de vastes territoires en Syrie et en Irak. Au lieu de combattre le terrorisme, ils ont voulu le canaliser pour atteindre des objectifs stratégiques (...) Les terroristes étant le bras armé de l'Occident contre ceux qui lui tiennent tête, renforcer leur arsenal s'inscrit dans l'objectif final: la guerre multiforme contre la Russie.» (3)

 

Alep ou la déroute de la diplomatie occidentale

Caroline Galactéros, colonel de réserve, dans une analyse lucide situe les enjeux dans une interview qu'elle a donnée au Figaro. Nous l'écoutons: «L'Armée syrienne a repris plus de 70% d'Alep-Est aux rebelles. Pour Caroline Galactéros, d'autres pays pourraient se rapprocher de la Russie qui, en Syrie, a su protéger les structures étatiques malgré la curée internationale contre elle. Cette avancée des forces du régime est importante.(...) Surtout, l'exfiltration réussie de plusieurs dizaines de milliers de civils vers l'ouest de la ville prive les djihadistes de leurs «boucliers humains»... et les adversaires occidentaux du régime d'un argument médiatique lourd contre l'implication militaire de Moscou à ses côtés... La prise d'Alep, si elle devait se réaliser rapidement, constituerait un cap au plan des forces morales qui s'opposent dans cet interminable pugilat, mais surtout une victoire politique symbolique de prix qui conforterait un rapport de force de plus en plus favorable à la restauration de l'Etat syrien. (...) Même John Kerry dans sa déclaration à Bruxelles du 6 décembre semble jeter l'éponge, apparemment convaincu que la partie (i.e le renversement du régime syrien et l'éclatement du pays) est perdue.» (4)

Parlant de l'entêtement de l'administration actuelle, elle déclare qu'«elle poursuivra sans doute son soutien au moins indirect aux groupes radicaux pour pourrir au maximum le jeu russe et plus encore celui du nouveau Président, qui a déjà entrepris un dialogue avec Moscou pour sortir l'Amérique de ce bourbier. La guerre ne va donc pas s'arrêter avec l'éventuelle reprise d'Alep. Elle cessera lorsque les puissances sunnites, les Etats-Unis, mais aussi la France accepteront leur 'échec'' et chercheront sérieusement un compromis politique soutenable pour la Russie et l'Iran. (...) Le retour de la Russie est à mon sens plus qu'une évidence. C'est une nécessité, n'en déplaise aux nombreux «experts» et commentateurs qui veulent contre toute évidence persister à voir le monde avec un regard de cyclope myope,. Il est pourtant urgentissime de reconnaître enfin que le modèle implicite des relations internationales qui a eu cours depuis 20 ans s'est définitivement fracassé contre ses propres excès. L'idéalisme moralisateur comme masque d'un interventionnisme rapace a fait des ravages qu'on ne peut plus ignorer.» (4)

«Que propose la Russie? Profitant de cet échec patent écrit Caroline Galactéros, la Russie propose de rééquilibrer le jeu international, d'admettre sa multipolarité de fait et de se rapprocher de l'Occident dont elle s'estime encore pleinement partie. Surtout, elle offre un modèle alternatif de référence et surtout de protection plutôt convaincant: fiable, cohérent, pragmatique, résilient. ''Ne pas lâcher Assad'' en dépit de la curée internationale contre lui, et surtout protéger l'Etat syrien du démembrement a un impact non seulement à Damas et Téhéran, mais aussi au Caire, à Alger, à Delhi, en Afrique, aux EAU, à Ankara et même d'une certaine façon, à Ryad...(...) Pour l'heure, les Russes ont marginalisé les Américains - qui ont déjà fort à faire pour 'soutenir sans soutenir'' les djihadistes et essayer de maitriser leur allié turc indocile. (;..) Mais à Paris, au lieu de s'insérer dans cette approche pragmatique, on persiste à criminaliser Vladimir Poutine, à parler d'Assad comme du bourreau unique de son peuple, à minorer le soutien populaire au régime de Damas pour accréditer l'idée qu'on pourrait, de l'extérieur, imposer un casting représentatif (...) Assad n'est ni le (seul) problème, ni la solution. (...) C'est un atout dans une négociation globale que chaque puissance intervenante essaie de valoriser au mieux. Si la reconquête militaire se poursuit à son avantage, il pourra sans doute négocier des conditions de sortie honorables pour lui et ses proches au terme d'un processus politique institutionnel et électoral auquel lui - ou d'autres de ses proches, membres éminents du régime -devront d'une façon ou d'une autre participer.» (4)

L'auteure conclut: «Pour moi, notre monde a un très urgent besoin de réalisme politique et stratégique. Il faut ouvrir, au nom même de l'apaisement de sa violence structurelle, une ère de coopération hyperpragmatique et à visée éthique (ce n'est pas contradictoire!) en abandonnant les utopies mortifères de l'idéalisme moralisateur qui ont pavé le monde de cadavres civils sacrifiés sur l'autel de notre ubris. Il faut revivifier les Nations unies et revenir au respect de leur Charte fondatrice (...) Donald Trump est en train de s'entourer d'une équipe en matière internationale et de défense que je trouve de très bon niveau. (...) Encore une fois, nous donnons des leçons, refusons la réalité d'un nouveau président qui nous déplaît car il voit le monde sans lunettes roses et noires. Et nous nous enfonçons un peu plus dans la relégation diplomatique et stratégique. Sauf à mettre en oeuvre très vite une complète refondation de notre politique étrangère sur une base souveraine, indépendante, réaliste, audacieuse et généreuse. Ce n'est pas un choix. C'est impératif.» (4)

 

Poutine donne sa vision du règlement

Les pays occidentaux n'arrêtent pas de demander par résolutions la mise en place de trêves pour évacuer les civils et les blessés. Curieusement, quand le gouvernement syrien propose des trêves qu'il contrôle lui-même et ceci pour évacuer les civils utilisés comme boucliers humains et éviter les fuites des combattants l'Occident et l'opposition «modérée», dénoncent ces évacuations forcées comme du «nettoyage ethnique». C'est une prise d'otage des civils par les combattants (islamistes). Même la Russie a proposé des couloirs d'évacuation des civils- proposition refusée par «des ONG»!...et naturellement l' «Occident»! Les agences humanitaires refusent car la crainte est que Assad et ses alliés pourraient utiliser le vol des civils pour justifier une campagne encore plus aveugle contre l'est d'Alep, avec l'argument que ceux qui restent ont choisi de l'aide «terroriste».(5).

Souvenons-nous, il y eut une trêve humanitaire en octobre à Alep décidée par l'Etat syrien et la Russie. Vladimir Poutine avait évoqué la position de Moscou sur ce dossier avec Angela Merkel et François Hollande. Justement le 18 octobre, les forces aériennes russes et syriennes ont suspendu leurs frappes à Alep, en Syrie. Le président a particulièrement souligné l'importance du volet politique du processus. A savoir l'élaboration et l'adoption d'une Constitution sur la base de laquelle il serait possible d'organiser des élections préliminaires et de parvenir à harmoniser préalablement les positions entre toutes les parties au conflit. Prenant leurs désirs pour des réalités les Occidentaux pensent toujours à punir comme au bon vieux temps du colonialisme: «A Washington, mais aussi à Paris et à Berlin, on évoque aussi de possibles sanctions visant les responsables syriens, voire russes, des «crimes de guerre» commis à Alep. La question sera aussi à l'ordre du jour du Conseil européen des 20 et 21 octobre. La majorité des Vingt-Huit est réticente à prendre sur la Syrie des sanctions économiques contre Moscou dans l'esprit de celles qui furent adoptées - avec une réelle efficacité - pour faire pression sur Moscou dans la crise.» (6)

 

Le «plan de paix» de l'Union européenne pour la Syrie

«Considérant que les États-Unis n'interviendront plus en Syrie après l'accession au pouvoir de Donald Trump, l'Union européenne tente de sauver ses jihadistes en Syrie. Fin novembre, la Haute-Représentante Federica Mogherini a proposé à ses interlocuteurs du Golfe de pousser un plan de décentralisation de la Syrie. Puisque le président el-Assad reste au pouvoir, l'Union imagine une Syrie dans laquelle le gouvernement de Damas conserverait la politique extérieure, mais où chaque gouvernorat serait autonome. De la sorte, les jihadistes pourraient continuer à occuper une partie du pays. Reste à convaincre les millions d'électeurs syriens qui ont porté el-Assad au pouvoir et s'apprêtent à goûter à la victoire d'accepter ce ' compromis''. L'Union européenne envisage de proposer une aide financière considérable au gouvernement syrien en vue de maintenir au pouvoir les terroristes syriens. Selon le journal britannique Times, l'Union européenne aurait l'intention de proposer des aides financières à Damas en échange du maintien au pouvoir des ' opposants ' armés syriens dans certaines régions du pays. En d'autres termes, elle veut soudoyer Assad pour qu'il concède le démembrement de la Syrie. (...)» (7)

Assad qui se bat depuis bientôt 6 ans pour que son pays reste uni et que les terroristes soient jetés hors des frontières n'a aucune raison de céder au chant des sirènes surtout que ceux qui l'entonnent l'ont traîné, lui et son peuple, dans la boue. Cette proposition financière abjecte est tellement fidèle à la politique de ces pourries de Bruxelles, mais nous ne sommes pas amnésiques, ce sont eux qui ont aidé à la propagation de la guerre et la mort de milliers. Après la proposition antérieure de Stéphane de Mistura d'organiser Alep Est sous une administration de ' l'opposition ', c'est au tour de l'UE de jouer les bons offices pour faire gagner les perdants plus qu'annoncés sous une autre forme ' négociée ' à coups de milliards!!! Après l'échec de l'instrumentalisation et du chantage à l'humanitaire et à la ' trêve des combats'', l'UE en porteuse de valise (de billets de banque!) - de la dernière chance?- pour la coalition et les terroristes!? Il n'a pas accepté les milliards des monarchies du Golfe, ce n'est donc pas quelques millions qui le feront flancher.

Un contre/feu: les djihadistes occupent depuis samedi le nord-ouest de la ville dont ils avaient été chassés en mars dernier par les forces syriennes, appuyées par la Russie. Après Alep, Moscou et Damas concentreront leurs efforts sur la province d'Idleb encore contrôlée par la rébellion, Plus de 10 000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. Incorrigibles les médias occidentaux ne boudent pas leur plaisir en annonçant que les terroristes ont réussi à rentrer dans Palmyre. C'est dire si la haine est consubstantielle du logiciel du magister dixit.

 

1.http://reseauinternational.net/la-belle-unanimite-de-la-presse-francaise-a-propos-de-la-syrie-se-brise/#A5eREVpH5CKqvOpZ.992.

2.https://fr.sputniknews.com/international/201612091029083550-armes-usa-syrie/

3. http://reseauinternational.net/kremlin-la-decision-des-usa-denvoyer-des-armes-en-syrie-est-une-menace-globale/#zRp7fBbercuFQzRh.994.Alexis Feertchak 4.http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/08/31002-20161208ARTFIG00295-caroline-galacteros-la-bataille-d-alep-ou-la-deroute-de-la-diplomatie-occidentale-en-syrie.php

5.http://www.theguardian.com/world/2016/aug/05/syria-un-considers-role-in-russias-deeply-flawed-humanitarian-corridors-plan

6.http://www.lemonde.fr/international/article/2016/10/19/poutine-se-rend-a-berlin-pour-une-reunion-de-travail-sur-la-syrie-avec-merkel-et-hollande_5016465_3210.html#Zl4BoLdf37lb0Sly.99

7.http://www.voltairenet.org/article194359.html

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Un seul objectif, détruire la Syrie

Publié le par Mahi Ahmed

Un seul objectif, détruire la Syrie

 

Par Ahmed Halli

Alors que le Yémen croule sous les bombes de la «coalition arabe», conduite par l'Arabie Saoudite, une autre «coalition arabe», sous le même commandement, s'écroule à Alep. Au Yémen, où des enfants et des femmes meurent aussi injustement, c'est officiellement une coalition d'Etats qui bombarde. Dans la ville syrienne d'Alep, ce sont des groupes armés, recrutés par l'Arabie Saoudite et ses alliés qataris et turcs du moment, avec le soutien occidental, qui se battent. Ces groupes armés tiennent en otage plusieurs quartiers d'Alep et lorsqu'ils se trouvent en difficulté, leurs alliés occidentaux courent aux Nations-Unies pour obtenir un cessez-le-feu. Personne n'est dupe : le prétexte humanitaire qui est inopérant au Yémen ne saurait être brandi dans le cas d'Alep, avec pour seul objectif d'assurer un répit aux djihadistes. Les alliés occidentaux de la triple alliance formée par le royaume wahhabite, la Turquie et le Qatar sont officiellement en guerre contre Daesh, mais seulement en Irak, et plus précisément à Mossoul. En revanche, le califat islamique peut manœuvrer à son aise en Syrie, au point de mener une nouvelle offensive contre la ville historique de Palmyre, reconquise par l'armée syrienne. Que ce soit à Alep ou à Palmyre, les groupes armés ont la même identité religieuse, sans toutefois bénéficier des mêmes soutiens.

En attendant que Dieu reconnaisse les siens, si tant est que la divine providence ait joué un rôle quelconque dans les évènements qui secouent la région, hormis la référence première de tous les belligérants. En fait, l'ennemi principal change de visage selon qu'on soit en Irak et en Syrie, et c'est précisément là que devrait se jouer la dernière bataille opposant le bien au mal, selon la tradition millénariste. On est encore loin de l'avènement et de l'évènement annoncés, mais déjà des fissures apparaissent au sein de l'alliance forgée autour de l'Arabie Saoudite, contre Bachar Al-Assad. Grâce aux Russes, essentiellement, et aux Iraniens, Bachar n'est pas tombé et il menace même de remporter une victoire décisive à Alep, susceptible de lui assurer une fin de règne paisible. On sait désormais ce que vaut la pseudo opposition civile, regroupée autour de quelques personnalités syriennes, dont certaines se sont vite éclipsées, à l'instar de Borhane Ghalioune. Tout récemment encore, l'image d'un opposant célèbre, Michel Kilo, qui devait peser lourd dans l'alliance anti-Bachar, et qu'on voyait en alternative crédible, s'est délitée. Michel Kilo, l'un des prisonniers politiques les plus célèbres du monde arabe, s'est déconsidéré en voyageant à travers l'Europe et le Moyen-Orient dans les bagages saoudiens.

Néanmoins, ses derniers propos qui résonnent comme un repentir ont le mérite de la clarté, puisque pour Michel Kilo, le seul objectif de la monarchie saoudienne «est la destruction de la Syrie». Selon lui, l'Arabie Saoudite ne connaît ni la démocratie ni les droits de l'Homme, et n'a rien à voir avec l'arabité et l'islam. «L’Arabie et les autres pétromonarchies du Golfe souhaitent la destruction de la Syrie et non l’instauration de la démocratie dans ce pays», a-t-il souligné, en mettant sur un même pied ces pays et Israël. Une autre défection à signaler dans la clientèle saoudienne, moins importante et plus folklorique celle-là, puisqu'il s'agit du politicien tunisien Mohamed El-Hachimi El-Hamdi. Le directeur de la chaîne de télévision Al-Mustaqila, basée à Londres, est un habitué des coups de gueule contre ses sponsors. Mais comme il n'y a aucun différend qui ne puisse se régler avec un chèque à plusieurs zéros et sans décimale, le dissident a souvent fait amende honorable. Commentant justement sur sa page Twitter les propos de Michel Kilo, Mohamed El-Hachimi a affirmé, contre toute attente, qu'il n'y avait «aucun bénéfice à s'allier avec l'Arabe Saoudite». Tout en déplorant que ses propos soient corroborés par le Syrien Michel Kilo, il a souligné que «les seuls à avoir profité de l'amitié saoudienne, ce sont les Américains et Iyad Alaoui» (ancien Premier ministre d'Irak).

Mohamed El-Hachimi Al-Hamdi est de cette nouvelle génération de politiciens arabes qui pratiquent l'Islam avec ostentation, allant jusqu'à psalmodier (très mal) le Coran en direct sur sa chaîne. Il milite d'ailleurs avec le parti intégriste Ennahdha, avant d'en claquer la porte et de faire un bout de chemin avec le Président déchu Ben Ali qu'il s'empressera de trahir aussi dès la première tempête. Il a lancé en 2013 un nouveau parti, Tiar al-Mahiba (Courant de l'amour, ou de l'amitié, c'est selon), et il a terminé en quatrième position aux élections présidentielles de 2014, avec 5% des voix. Ce qui prouve au moins que les Tunisiens ne sont pas sensibles à ses trémolos de psalmodiant et à ses arguments électoraux d'islamiste défroqué. Bien que cet islam démonstratif, cet islam-spectacle, qui a été propagé par la propagande wahhabite, partout dans le monde, soit désormais de mise chez la majorité des musulmans. C'est aussi l'islam d'Al-Azhar, l'institution rétrograde à laquelle le maréchal Sissi vient de renouveler sa confiance pour la réforme du discours religieux qui figure au programme du Président. Seulement, et comme l'a observé notre consœur Fatima Naout, l'Égypte se trouve actuellement dans la situation paradoxale de combattre le terrorisme et de le propager.Tout en luttant contre le terrorisme des groupes armés, pratiqué notamment par les Frères musulmans, l'Etat égyptien encourage le terrorisme intellectuel des islamistes et réprime la liberté d'expression et de création. Et ne me dites pas que vous n'avez pas vu ça quelque part !

A. H.

 

 

 

 

Source de cet article :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2016/12/12/article.php?sid=206077&cid=8

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Double perfide Par Arezki Metref

Publié le par Mahi Ahmed

Double perfide Par Arezki Metref

 

Bon, je vais te le dire tout de suite, comme ça ce sera fait. Expédié. Clos. Après, et seulement après, tu peux décliner tous les arguments que tu veux, éventuellement les invectives qui t'en tiennent parfois lieu, je resterai placide. Je m'éjecte de la doxa ! Je ne veux plus faire partie de la même pensée que toi, de ce consensus mou qui, à mon humble avis, se goure gentiment d'enjeux, d'ennemis, d'analyse même. Humble avis ! Je me trompe ? Tu as raison. Mais c'est comme ça...

D’abord toi, oui, toi à qui je m’adresse aussi cavalièrement, qui es-tu et pour qui te prends-tu ?

Tu es, tout le monde le sait, le double perfide, l’ennemi intime logé dans le recoin obscur… Et pour qui te prends-tu donc ? Pour moi, pardi !

Maintenant, tu pourras dire ce que tu veux, j'assume. Je suis minoritaire, soit. Je suis tordu aussi, c’est vrai. Je suis contradictoire au-delà de ce qui est permis. Mais peut-être que je m'en tirerai un jour ? Oui, monsieur, je me soigne. Et je m’interroge.

Je ne veux plus bouffer tes recettes précuites qui donnent réponse à tout, ta pensée auto-suffisante, et

arrogante !

Pourquoi te dis-je tout ça ? Parce que… Ras-le-bol. Chaque fois que je cogite, tu es de l’exact avis contraire. C’en est maladif ! A croire que ça t’amuse. Mais, comme dirait l’autre, que vont penser nos ennemis vigilants de cette diffraction, hein ? Ils vont dire, ça manque d’unité tout ça.

Tu me sors tous les clichés possibles pour me reprocher de ne pas penser comme toi. Et pire encore, si je ne pense pas comme toi, c'est parce que je suis un vendu, un traître. Un bourgeois au sens à la fois marxiste et brélien du terme.

Tiens, par exemple, prenons la semaine dernière. Eh bien, je me suis permis de me démarquer de toi. Et pour le sens à comprendre de la mort de Fidel Castro. Et pour celui à donner à la disparition d’Amar Ezzahi.

Tu m'as envoyé des tas de messages qui me rendent au bout du compte justiciable d'excommunication. Allez ouste, dehors, on n’appartient pas à la même entité ! C’est triste mais ce n’est pas la fin du monde.

Pour Fidel, c’est vite vu : je suis un stalinien d’époque tardive, un soutien patenté de dictateur. Pourquoi ? Juste parce que je n'ai pas pris pour argent comptant les clichés de la presse occidentale sur Cuba et Fidel. Parce qu’ils viennent de toi, je ne peux même pas t'épargner tous les aimables qualificatifs que me vaut cette position très simple pourtant, basée sur une question facile. Et s'il y avait une autre logique que celle de l'Occident capitaliste dans l'appréhension d'un mouvement révolutionnaire ! Ringard, va ! C'est Trump et Hollande qui ont raison, sur Cuba comme sur le reste !

Je n’avais pourtant pas encore lu l’article de Noam Chomski(1) «Ce qu’on a omis de dire sur la mort de Fidel Castro» dans le quotidien communiste français l’Humanité. (2)

Pour Ezzahi, alors là, c'est presque pire, si c'est possible ! De m'être simplement interrogé sur une possible immersion de Amimar dans la religiosité ambiante – mystique, pour sa part, j'en conviens – de la rampe Valée des années de l'islamisme triomphant m'a valu l'infamante étiquette de petit bourgeois coupé du peuple. L'équation est limpide. Le peuple ayant plébiscité Ezzahi en l'accompagnant massivement à sa dernière demeure, il était donc rédhibitoire d’insinuer quelque interrogation que ce soit.

Pourtant, je continue à penser qu'Ezzahi était un grand artiste, et un grand homme, et en tant qu'homme, il peut quand même avoir charrié dans sa vie quelques contradictions. Je ne réponds pas là aux très nombreuses critiques, venant d'amis et d'autres de trolls, que j'entends bien, certaines sans toujours les approuver.

Je comprends que des admirateurs d'Ezzahi et a fortiori des amis de ce dernier aient pu être froissés qu'il y ait des réserves dans une nécrologie. Je répète encore une fois que j'aime la musique d'Ezzahi, j'admire sa solitude volontaire teintée de mysticisme, mais en quoi est-il hérétique d'aborder à travers lui les questions de notre époque qui nous interpellent et nous impliquent tous, surtout ceux parmi nous qui, comme Amimar, finissent par incarner un emblème ?

Donc, je sors de ton consensus. Et si je le déclare, c'est que je suis conscient que si je ne le fais pas de mon propre gré, ce n’est que partie remise. Tu te feras un malin plaisir de me clouer au pilori quand j'aurais dit ce que je pense de cette histoire pitoyable pour l'Etat algérien d'expulsion forcée de migrants africains.

Je suis scandalisé non seulement par ce que Ksentini a déclaré, mais aussi par le fait qu'on ait expulsé avec cette brutalité des migrants africains...

Dois-je rappeler ce que Farouk Ksentini, avocat et président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), a dit ?

Les Algériens sont «exposés au risque de la propagation du sida ainsi que d’autres maladies sexuellement transmissibles à cause de la présence de ces migrants».

Encore cette couche : «La présence des migrants et des réfugiés africains dans plusieurs régions du pays peut causer plusieurs problèmes aux Algériens.»

Et le bouquet : «Je ne suis pas Marine Le Pen, je ne suis pas raciste, je n’appelle pas à la ségrégation ; bien au contraire, j’ai beaucoup de respect envers mes compatriotes africains, mais des solutions doivent être dégagées tout en préservant leur dignité.»

Rien à redire. C'est tellement clair. Pas besoin d'argumenter. Le plus attristant, c'est qu'il se trouve des types pour lui donner raison. Toute critique, si j'ai bien compris, de ces déclarations et d'un point de vue plus général de la façon inhumaine dont a été traitée et commentée la question des migrants africains, devient ipso facto un jet de venin de forces anti-gouvernementales connues. Que la déclaration africophobe d’un haut responsable de l’Etat te hérisse à raison, c’est de la subversion.

Tu vois comme tu parles ! Eh bien, comme beaucoup ! J’ai cherché partout un peu de réconfort. Je ne l’ai trouvé que dans cette déclaration, à laquelle j’aurais aimé voir se joindre les femmes et les hommes de cœur de ce pays, de l’Association Tharwa n’Fadhma n’Soumer. Voilà ce qui s’appelle nommer les choses par leu nom(3). Donc, tiens-le-toi pour dit, double perfide ! Je ne suis pas le perroquet qui répète après toi. Ok ?

A. M.

 

1) Linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology .

2) On peut encore consulter ce texte sur le Web : http://www.investigation.net/ce-qui-a-ete-omis-a-la-mort-de-fidel-castro-par-noam-chomsky/

3) Quelques extraits du communiqué de cette association : Luttons ensemble contre le racisme institutionnel !

«Plus de 1400 migrants venus de différents pays du continent africain ont été arrêtés avec une violence sans précédent à l’encontre de migrants. A l’heure actuelle, trois morts et plusieurs blessés sont à déplorer. (…) Nous appelons l’Etat algérien à stopper immédiatement cette chasse au faciès engagée contre les migrants du Continent. (…)

- L’Etat algérien doit garantir les droits fondamentaux de tous les migrants.

- Contre l’amalgame entre crise nationale et immigration, contre le rejet des étrangers, contre le racisme d’Etat.

- Pour la liberté, l’égalité, la fraternité entre les peuples, entre les Algériens et les peuples venus d’ailleurs : disons non au racisme d’Etat.

Tharwa n’Fadhma n’Soumer.»

 

 

 

 

Source de cet article :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2016/12/11/article.php?sid=206019&cid=8

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L’ONU EST LE RECOURS À LA FORCE ARMÉE

Publié le par Mahi Ahmed

La chronique de Recherches internationales

 

L’ONU EST LE RECOURS À LA FORCE ARMÉE

 

Nils Andersson

Journaliste, essayiste

 

Intervention faite le 17 novembre à l’École normale supérieure lors de la conférence-débat Quelle ONU pour demain : comment améliorer l’ONU ? avec Jean Ziegler, vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Chloé Maurel, historienne, chercheuse à l’IRIS et Anne-Cécile Robert, journaliste au Monde diplomatique. Conférence-débat présentée par Michel Rogalski, directeur de la revue Recherches internationales.

 

Au titre du chapitre VII de la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité a mandat, si toutes les mesures prises sont sans résultat, « de recourir à la force armée pour maintenir la paix et la sécurité internationales ». Je voudrais aborder cette mission de l’ONU dans un moment où dans le monde l’alarme militaire est aussi grande que l’alarme écologique. Elle l’est en raison des guerres dont le Proche-Orient et l’Afrique sont l’épicentre, de conflits larvés entre puissances globales ou des ambitions de puissances régionales, de déchirements démographiques ou climatiques, de crises politiques, sociales, confessionnelles sur tous les continents, cela dans un monde surarmé que ce soit à des fins de défense ou de répression.

 

Par rapport à 1991, année où Georg Bush père proclame un Nouvel Ordre Mondial de paix dans lequel l’ONU sera pleinement en mesure de remplir sa mission, en 2014, les dépenses d’armement sont plus importantes de 13% en Europe, de 30% dans les Amériques, de 65% en Océanie et dans le Pacifique, de quasi 100% au Moyen-Orient, elles ont presque triplé en Asie et plus que triplé en Afrique, surarmement dont l’Europe est l’un des principaux pourvoyeurs. Une militarisation porteuse de guerres.[1]

 

Les dispositions pour que l’ONU remplisse sa mission pour la paix, sont fixées dans la Charte : les États membres s’engagent à mettre à disposition des forces armées. Les plans militaires sont établis par le Conseil de sécurité avec l’aide du « Comité d’état major » qui a la responsabilité « de l’emploi et du commandement des forces mises à sa disposition… ». Passons sur le fantomatique Comité d’État-major, qui se réunit tous les quinze jours pour décider de la date de sa prochaine réunion, mais qui n’a jamais joué son rôle. Le mandat de maintenir la paix et la sécurité internationales revient aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui représentent un état du monde au sortir de la Seconde Guerre mondiale, mais nullement celui d’aujourd’hui.

 

Les deux modes d’interventions militaires de l’ONU

 

Si l’on excepte, en 1950, la résolution 84 qui décide, avec l’intervention en Corée du Nord, du plus important conflit armé de la guerre froide sous le drapeau des Nations Unies et sous commandement des États-Unis, depuis 1948 et jusqu’au tournant des années 1990, le mode d’intervention de l’ONU consiste en des opérations de maintien de la paix pour surveiller le cessez-le-feu entre Israël et les pays arabes, opérations qui prennent le nom en 1956, lors de la crise de Suez, de « Casques bleus ». Casques bleus qui ont conduit, comme forces d’interposition ou d’intervention lors de conflits armés ou de guerres civiles, soixante et onze missions sur les cinq continents, dont seize sont en cours.

 

Certaines furent menées avec succès. La Namibie est citée en exemple, le Salvador et le Cambodge sont également considérés comme des initiatives positives. D’autres ont sombré honteusement dans l’anarchie, en Somalie ou le génocide au Rwanda. En Palestine, au Cachemire ou au Sahara occidental depuis quarante ou soixante-dix ans, elles participent à la perpétuation d’une situation de non-application des résolutions de l’ONU. S’ajoutent les missions rendues impossibles par le refus de l’une des parties de l’envoi de Casques bleus, lors de conflits en Arménie, au Sri Lanka, en Colombie…

 

Mais depuis le tournant des années 1990, s’est ajouté un autre niveau d’intervention, « droit d’ingérence humanitaire », puis « devoir de protéger », le Conseil de sécurité a autorisé ou couvert la première et la seconde guerre d’Irak, les guerres du Kosovo, d’Afghanistan, de Libye ou les opérations contre l’état islamique avec l’intervention de coalitions militaires. L’objet n’est pas ici de faire l’exégèse des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité et des interprétations dont l’Article VII de la Charte a été l’objet, mais de voir ce qui distingue les interventions des Casques bleus de celles conduites, dans le cadre de résolutions de l’ONU, par des coalitions militaires, essentiellement occidentales.

 

Première différenciation : le degré d’engagement militaire

 

Les interventions de coalitions militaires ne sont pas de même nature et sont d’une autre ampleur, elles répondent à des conflits qui touchent aux intérêts géostratégiques des principales puissances. Le Conseil de sécurité autorise, mais ne dirige pas, ces coalitions militaires de compositions variables, selon les intérêts des États. Les pays membres de l’OTAN en sont la principale composante, sans que tous ses membres y participent, les États-Unis la principale force de frappe, à l’exception de l’intervention en Libye, ou pour employer le langage des stratèges, ils ont recours au concept du « commandement depuis le siège arrière ». Et, jeu de puissances, dans le cas de l’intervention contre l’État islamique, deux coalitions se conjuguent et s’opposent.

 

Les conflits où interviennent les Casques bleus de l’ONU sont eux des conflits dits de basse intensité, ce qui ne signifie pas qu’ils soient moins meurtriers, au Guatemala, Pakistan, Bangladesh, Soudan et ailleurs les morts se comptent par centaines de milliers quand ce n’est pas, comme lors des guerres du Congo, par millions. Ces conflits sont également la cause de crises alimentaires, sanitaires, migratoires, aux conséquences humaines effroyables, mais les enjeux politiques et économiques sont moins stratégiques pour les grandes puissances.

 

La différence d’engagement est évidente selon qu’il s’agit d’une « coalition militaire » sous mandat de l’ONU ou d’une mission de maintien de paix des Casques bleus onusiens. Dans le premier cas, lors des deux guerres majeures - Irak et Afghanistan - sous mandat de l’ONU depuis les années 1990, en Irak, 48 pays participent à la coalition et au maximum de l’intervention (en 2008), 330 000 hommes furent engagés, dont 250 000 États-Uniens. En Afghanistan, 44 pays participent sous commandement de l’OTAN ou de la Force internationale de l’ONU et, en 2011, plus de 150 000 hommes sont engagés, auxquels il faut ajouter les 140 000 hommes des forces afghanes et l’appui logistique d’autres États, dont la Russie qui ouvre des bases aériennes.

 

Quels sont les effectifs engagés lors des opérations des Casques bleus ? Seize opérations de maintien de la paix sont en cours, entre Israël et la Palestine, sur le plateau du Golan, au Liban, au Darfour, dans le Soudan Sud, au Liberia, en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sahara occidental, entre l’Inde et le Pakistan, à Haïti, au Kosovo, à Chypre.

 

En comparaison aux chiffres de 300 000 hommes et plus engagés en Afghanistan et Irak, pour mener ces seize opérations, au 31 août 2016, les Casques bleus en uniforme (militaires, gendarmes et policiers), sont 100 950 personnels, qui proviennent de 123 États contributeurs. Soit, près de trois fois plus de contributeurs que dans les coalitions militaires internationales les plus larges. Mais qui sont les principaux pays contributeurs ? L’Éthiopie avec un effectif de 8 326 Casques bleus, l’Inde, 7 471, le Pakistan 7 161, le Bangladesh, 6 672, le Rwanda, 6 146, le Népal 5 131, le Sénégal, 3 617, le Burkina Faso, 3 036, le Ghana, 2 972, ces neuf pays asiatiques et africains, représentent plus de 50% des effectifs des Casques bleus au 31 août de cette année, seul, parmi eux, le Sénégal est actuellement membre du Conseil de sécurité.

 

Quels sont les effectifs fournis par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ? Pour la France, 867, le Royaume-Uni, 337, la Russie, 98, les États-Unis, 66, mais ils sont 2 639 pour la Chine, ainsi contingent chinois compris, moins de 4% des Casques bleus sont mis à disposition par des membres permanents du Conseil de sécurité !

 

Seconde différentiation : le coût des opérations

 

Comparer le coût des opérations de maintien de la paix de l’ONU et le coût des guerres menées par des coalitions militaires est encore plus éloquent. Le Watson institut (l’une des plus récentes études effectuées[2]) estime pour les seuls États-Unis, les coûts des guerres d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan et de Syrie (de 2001à 2016) à 4 792 milliards de $. Rapport qui n’inclut pas les dépenses liées à la sécurité intérieure, les coûts macroéconomiques de la guerre pour l'économie, ni le coût de la guerre pour les autres pays et ne met pas en dollars le coût des vies humaines alors que les guerres ont fait depuis 1990, 9 à 11 millions de morts.

 

Par rapport à ces 4 792 milliards, le coût des opérations de maintien de la paix de l’ONU depuis 1948 à aujourd’hui est de 108 milliards 807 millions de $, soit 2,25 % des dépenses des seuls États-Unis pour les guerres d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan et de Syrie, de 2001 à 2016. Ces différences d’engagements humains et financiers lors des interventions de l’ONU ne répondent pas aux souffrances des peuples, principales victimes des guerres contemporaines, mais à des intérêts de puissances.

 

Les conclusions du rapport du groupe d’étude sur les opérations de paix, remis, en 2000, à Kofi Annan par Lakdhar Brahimi, sont accusatrices. On y lit : « Le Secrétaire général se trouve dans une position intenable. On lui présente une résolution du Conseil de sécurité qui précise, sur le papier, le nombre de militaires requis, mais il ne sait pas s’il disposera de ce nombre de militaires sur le terrain. Plus encore, les troupes qui finissent par débarquer sur le théâtre des opérations risquent d’être sous équipées : il est arrivé que des pays fournissent des troupes sans fusils, ou équipées de fusils, mais dépourvues de casques, ou munies de casques, mais sans moyens propres de transport ». Cet état de fait est à l’origine de pillages et de viols que l’administration onusienne couvre trop souvent. Commentant le rapport Brahimi, le Financial Times conclut : « De plus en plus, le fardeau retombe sur les pays pauvres. Puisque les pays industrialisés refusent de faire le sale boulot, ils pourraient au moins fournir davantage d’argent et d’entraînement aux forces de maintien de la paix. » Mais, au 30 juin 2015, 1,6 milliard de $ de contributions n’étaient pas acquittés par les États, alors qu’il est interdit au Secrétaire général de l’ONU de souscrire, y compris pour des interventions d’urgence, un emprunt, ne serait-ce que pour une semaine.

 

Une révolution copernicienne des missions militaires de l’ONU

 

Chacun de ces aspects révèle une absence de volonté politique, la prévalence d’intérêts nationaux, le caractère secondaire des missions de Casques bleus pour les grandes puissances. Constat aggravé par l’échec militaire, humain et diplomatique des guerres menées par des coalitions internationales sous mandat de l’ONU, avec, comme conséquence, sur un arc allant de l’Indonésie au Nigéria, des situations de guerres à fort risque d’expansion. On dira que l’on compare l’incomparable, mais ce qui rend incomparable la guerre absolue dans toute son énergie écrasante menée par des coalitions militaires avec les interventions de troupes privées de moyens, ce sont des décisions du Conseil de sécurité, renouvelées et assumées.

 

Principe de lucidité, la guerre est une réalité, la paix une aspiration ; pour cheminer vers l’aspiration, il est des situations militaires ou idéologiques qui exigent le recours à la force, il est des conflits interétatiques, ethniques, confessionnels, de libération, qui nécessitent une interposition armée, il est des totalitarismes, dont la violence oblige à intervenir. Un cas concret, Daech, qui est une déviance mortifère de l’islam, comme le christianisme et d’autres religions en ont connu dans l’Histoire, doit être combattu, mais, affaire de tous, il doit l’être par tous, dans l’esprit des fondements multilatéralistes de l’ONU et non avec des coalitions conduites par les puissances occidentales ou une autre puissance, la Russie, par des puissances régionales, Turquie, Iran ou l’Arabie saoudite et le Qatar. Certaines sont directement responsables du drame irako-syrien, aucune n’est là pour les intérêts des Nations unies, toutes interviennent avec des visées de grandes puissances ou de puissances régionales.

 

Est-il possible de rompre avec ce tragique engrenage ? L’ONU n’est pas un organisme virtuel, elle est le produit des gouvernements des États qui la composent. Ses carences sur la question de la guerre et de la paix, comme sur d’autres, résident dans son assujettissement aux politiques étatiques, à des ambitions géostratégiques globales ou régionales, des desseins de suprématie des principales puissances. Vingt-cinq ans après la fin de la guerre froide, l’échec des politiques suivies est dramatique et le système inégal des relations internationales n’est pas en mesure d’apporter une solution aux crises engendrées ; jusque dans les horreurs de la guerre, les inégalités prévalent entre les États et les peuples.

 

Une stratégie pour la paix et la sécurité internationales, jusqu’au recours à l’intervention armée, comme il est inscrit dans la Charte, n’est possible que par une révolution copernicienne au sein de l’ONU. Cela demande de mettre fin aux mandats de coalitions militaires de justiciers et au déploiement de troupes hétéroclites sous équipées et, comme le demande la Charte, que se crée une force onusienne multilatérale dans sa composition et son commandement, force qui soit en capacité d’interventions militaires, de négociations diplomatiques et de rétablissement de la paix. Entre la raison ou la barbarie, à chacun d’entre nous qui sommes sujets de l’Histoire, d’en influer le cours.

 

Ouvrages sur l’ONU

50 ans déjà… et alors, l’ONU, revue Panoramiques n° 17, Éditions Arléa/Corlet, 1994

ONU, Droits pour tous ou loi du plus fort ? Regards militants sur les Nations unies, Éditions Cetim, 2005

ATTAC, Un autre monde pour une autre ONU, Éditions Tribord, 2010

Chloé Maurel, Histoire des idées des Nations unies, l’ONU en vingt notions, Éditions l’Harmattan, 2015

Les Nations unies, 70 ans après, Recherches internationales n° 103, 2015

 

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

Site : http://www.recherches-internationales.fr/

Mail : recherinter@paul-langevin.fr

Abonnements 4 numéros par an : 55 Euros, Étranger 75 Euros

 

 

 

[1] Nils Andersson, « La guerre et la paix, entre réalité et utopie », La Pensée, n° 387, 2016

[2] Septembre 2016.

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Amimer, fils du peuple et maitre du Chaabi

Publié le par Mahi Ahmed

Amimer, fils du peuple et maitre du Chaabi

Par Marwan Andaloussi

 

 

 

Quand l’occasion se présente, le peuple ne la rate pas, il parle et sa voix porte. La dernière manifestation de cette éloquence de masse a eu lieu le premier décembre lors de l’enterrement du très regretté Amar Ezzahi.

Ce jour là, le peuple a donc parlé en montrant tout ce qu’il possède de plus élevé dans sa tradition et ses usages. La dignité, la sensibilité et la sobriété. Et la conscience émue d’une perte d’importance.

Ces funérailles spectaculaires par la ferveur ainsi que la dimension de la procession qui a accompagné l’artiste au cimetière d’El-Kettar a montré l’attachement de la population aux personnalités valeureuses, à tous ceux qui, dans le respect et la sincérité, renvoient une belle image du peuple.

 

Cet événement a montré aussi, même si cela n’a pas été relevé, que le Châabi est toujours vivant malgré une déculturation forcenée.

 

 

Rarement la disparition d’un artiste aura autant marqué les esprits et provoqué une telle émotion. Les témoignages, d’une frappante sincérité, relayés par les réseaux sociaux affirment unanimement la bonté, la générosité et l’humilité du défunt.

Et comme pour appuyer les propos, d’innombrables photos ont circulé sur le web, montrant l’artiste en bleu de Chine – le fameux « Shanghai », cher aux Algérois de la vieille école – prenant la pose à côté de jeunes, d’enfants et de vieillards anonymes. Illustration de la simplicité et de l’accessibilité totale d’Amar Ezzahi, les images ont le plus souvent pour cadre le quartier de la rampe Louni-Arezki (ex rampe Vallée), un café populaire ou la devanture d’une épicerie.

Quel artiste ou quel personnage public pourrait se targuer d’un tel amour du peuple ?

 

Désintéressé, le succès ne lui est jamais monté à la tête et il n’avait que mépris pour les honneurs et les reconnaissances officielles. Amar Ezzahi détonnait, par sa vaste culture et l’élégance de son maintien, avec le milieu artistique commun qui occupe les plateaux de télévision.

 

 

Un astre du chaabi

Amar Ezzahi se tenait loin des lumières artificielles. Pourtant il était brillant et rayonnait. Homme au verbe rare et pourtant ses paroles circulaient inlassablement parmi ses admirateurs.

Il réservait son verbe à son art. En écoutant l’admirable interprète d’Al Harraz, ce poème envoutant, on entreprend un long et émouvant voyage intérieur. Une pérégrination intime, au plus profond des sentiments, dans le chagrin, les tourments, la beauté et l’infinie poésie de la passion amoureuse.

 

Ezzahi, avec une force d’évocation peu commune, transporte aussi dans le temps. Par sa voix au timbre clair, juste et posée, chantant des textes bouleversants, le public partait à la découverte du continent disparu des sociétés ancestrales. La noble et altière culture d’un passé révolu renaissait l’espace d’une soirée ou d’un enregistrement à travers des narrations d’épisodes héroïques ou indignes, d’histoires d’amour et de trahison, de passions légendaires et désespérées.

 

 

Sa voix exceptionnellement douce avait le pouvoir de susciter la mélancolie et la joie. Amar Ezzahi, en magicien du cœur, incitait à la méditation ou provoquait l’allégresse d’un public toujours très attentif.

Quand il exécutait une des touchiates andalouse au goût d’éternité, l’artiste avait ce pouvoir de suspendre le temps et le débarrasser des contingences de la vie quotidienne, de l’existence souvent difficile de son public populaire.

Ezzahi s’est distingué dans le monde du chaabi en s’affranchissant du style imposé par l’immense El Hadj M’hamedAl Anka, il s’est faufilé subtilement hors du cadre pour créer son propre style. De ce point de vue, sa réussite est incontestable car Amimer, ainsi que le nommait affectueusement son public, ne chantait pas seulement les qasidas, il semblait les vivre. Il était habité par la poésie.

 

Durant plus d’un demi-siècle et en dépit de toutes les vicissitudes de l’histoire de l’Algérie, Amar Ezzahi, en créateur de beauté et homme de haute culture, a contribué généreusement à la préservation et à la transmission d’un patrimoine d’une richesse incalculable.

 

 

Il ne sera pas oublié.

Allah yerham lechyakh al faizin lahbar.

 

https://youtu.be/_SYWvJaG9iU

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« Ce qui a été omis à la mort de Fidel Castro », par Noam Chomsky

Publié le par Mahi Ahmed

« Ce qui a été omis à la mort de Fidel Castro », par Noam Chomsky

2016/12/05 | Par Marc de Miramon et Jérôme Skalski

 

 

Le linguiste et philosophe Noam Chomsky, figure majeure du paysage intellectuel états-unien, nous a livré ses réflexions exclusives après la mort de Fidel Castro à l’occasion d’une rencontre dans les locaux de « l’Humanité » et de « l’Humanité Dimanche ».

 

« Les réactions à la mort de Fidel Castro diffèrent selon l’endroit du monde où vous vous trouvez. Par exemple, en Haïti ou en Afrique du Sud, c’était une figure très respectée, une icône, et sa disparition a suscité une grande émotion.

 

« Aux États-Unis, l’ambiance générale a été résumée par le premier titre du "New York Times", lequel indiquait en substance : "Le dictateur cubain est mort". Par curiosité, j’ai jeté un oeil aux archives de ce journal pour voir combien de fois ils avaient qualifié le roi d’Arabie saoudite de "dictateur". Sans surprise, il n’y avait aucune occurrence...

 

« Il y a également un silence absolu sur le rôle joué par les États-Unis à Cuba, la manière dont Washington a oeuvré pour nuire aux velléités d’indépendance de l’île et à son développement, dès la révolution survenue en janvier 1959. L’administration Eisenhower a tenté de renverser Castro, puis, sous celle de Kennedy, il y a eu l’invasion manquée de la baie des Cochons, suivie d’une campagne terroriste majeure.

 

« Des centaines, voire des milliers de personnes ont été assassinées avec la complicité de l’administration américaine et une guerre économique d’une sauvagerie extrême a été déclarée contre le régime de Fidel Castro. Cette opération, baptisée opération "Mangouste", a culminé en octobre 1962 et devait aboutir à un soulèvement à Cuba auquel Washington aurait apporté son appui.

 

« Mais en octobre 1962, Khrouchtchev a installé des missiles à Cuba, sans doute en partie pour contrecarrer l’opération "Mangouste" mais aussi pour compenser l’avantage militaire dont disposait l’armée américaine dans la guerre froide, conséquence du refus par Washington de l’offre de désarmement mutuel émise par Moscou. Ce fut sans doute le moment le plus dangereux de l’histoire de l’humanité.

 

« Personne ne se demande pourquoi Mandela, à peine libéré de prison, a rendu hommage à Fidel Castro.

 

« Dès la fin de la crise des missiles, Kennedy a relancé les opérations terroristes contre Cuba ainsi que la guerre économique, ce qui a eu des implications majeures sur les capacités de développement de Cuba.

 

« Imaginez ce que serait la situation aux États-Unis si, dans la foulée de son indépendance, une superpuissance avait infligé pareil traitement : jamais des institutions démocratiques n’auraient pu y prospérer.

 

« Tout cela a été omis lors de l’annonce de la mort de Fidel Castro. Autres omissions : pourquoi une personnalité aussi respectée que Nelson Mandela, à peine libérée de prison, a-t-elle rendu hommage à Fidel Castro en le remerciant de son aide pour la libération de son pays du joug de l’apartheid ?

 

« Pourquoi La Havane a-t-elle envoyé tant de médecins au chevet d’Haïti après le séisme de 2010 ?

 

« Le rayonnement et l’activisme international de cette petite île ont été stupéfiants, notamment lorsque l’Afrique du Sud a envahi l’Angola avec le soutien des États-Unis. Les soldats cubains y ont combattu les troupes de Pretoria quand les États-Unis faisaient partie des derniers pays au monde à soutenir l’apartheid.

 

« Sur le plan interne, à Cuba, il y avait certes une combinaison de répression, de violations des droits de l’homme, mais à quels niveaux ces abus étaient-ils liés aux attaques répétées venues de l’extérieur ? Il est difficile d’avoir un jugement clair sur cette question. Il faut également noter que le système de santé à Cuba s’est imposé comme l’un des plus efficaces de la planète, bien supérieur, par exemple, à celui que nous avons aux États-Unis.

 

« Et concernant les violations des droits de l’homme, ce qui s’y est produit de pire ces quinze dernières années a eu lieu à Guantanamo, dans la partie de l’île occupée par l’armée américaine, qui y a torturé des centaines de personnes dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme". »

 

Cette entrevue fait partie d’un dossier de 28 pages paru dans « l’Humanité Dimanche » ( édition du 1er au 14 décembre 2016 ) à l’occasion du décès de Fidel Castro.

 

www.humanite.fr

 

 

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MANIFESTATIONS POPULAIRES DE DÉCEMBRE 1960.

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Document : Le rapport de Madeleine K. Albright et Stephan J. Hadley sur le Moyen Orient

Publié le par Mahi Ahmed

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