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Le peuple, la crise et la politique

Publié le par Mahi Ahmed

 

 Le peuple, la crise

et la politique

un numéro spécial de la revue « La Pensée »

télécharger à l’adresse ci-dessous :

http://www.gabrielperi.fr/IMG/pdf/lp_hors_serie_sup_n368_18_04_12.pdf

 

 

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Le paradoxe français

Publié le par Mahi Ahmed

Le paradoxe français

Hocine Belalloufi

Mardi 24 Avril 2012

 

Le premier tour de l’élection présidentielle du 22 avril a confirmé que la droite française était arithmétiquement majoritaire dans l’Hexagone. Il y a pourtant de fortes chances que le second tour débouche, le 6 mai prochain, sur une victoire du candidat de gauche arrivé en tête au premier tour : François Hollande. Comment expliquer un tel paradoxe ?



 

Les électeurs français se sont massivement mobilisés pour le premier tour du scrutin présidentiel du 22 avril dernier. L’élection du premier magistrat de la République concerne la fonction la plus éloignée de leur vie quotidienne (comparée aux élections locales ou régionales), mais ses effets sont décisifs pour leur avenir et celui de leurs enfants. La cinquième République accorde en effet d’énormes pouvoirs au président en exercice. C’est lui qui conçoit et a la responsabilité de la mise en œuvre de la politique du gouvernement. Les conséquences du choix électoral ne sont donc pas négligeables. Le traumatisme du 21 avril 2002 qui avait vu le candidat d’extrême-droite (Jean-Marie Le Pen) s’inviter au second tour en éliminant, au premier tour, celui de gauche (Lionel Jospin) est resté gravé dans les esprits. La participation électorale à la présidentielle a donc frôlé les 80%, en léger retrait par rapport à la même élection de 2007, mais en nette progression par rapport à celle de 2002.

 

Sarkozy ne s’effondre pas

Tous les hommes politiques et commentateurs ont relevé que Nicolas Sarkozy est le premier président-sortant de la cinquième République à ne pas arriver en tête au premier tour. Tous ses prédécesseurs ont occupé la première position à ce stade de la compétition, même lorsqu’ils furent battus au second tour (Valéry Giscard d’Estaing en 1981). Cet insuccès du président-candidat est d’autant plus significatif que lui-même et ses partisans, et même ses adversaires, s’attendaient à le voir tourner en tête au virage du premier tour. Il n’en a rien été.
Il est vrai que Sarkozy est le président le plus impopulaire de la cinquième république. Tous les candidats en ligne pour le 22 avril ont, en toute logique, contesté sa gestion à la tête de l’Etat et les résultats de sa politique. Le locataire de l’Elysée et ses partisans ont fait mine de s’en indigner en déclarant qu’il se battait « seul contre neuf » et que « l’égalité du temps de parole lors de la campagne officielle » l’handicapait. Mais on ne voit pas pourquoi des responsables politiques et des citoyens se porteraient candidats à la présidentielle s’ils approuvaient le bilan du candidat sortant. Sarkozy voudrait-il être qualifié d’office pour le second tour ? Entend-il disposer d’un traitement de faveur ? Voudrait-il bénéficier, à lui tout seul, d’un temps de parole égal à ceux de ses neuf concurrents ? Sa réflexion et celle de ses amis politiques s’avère d’autant plus étonnante que les autres candidats ne se sont pas particulièrement faits de cadeaux, comme on a pu le constater à travers la bataille pour la troisième place entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

En dépit de cela, le candidat Sarkozy ne s’est pas effondré. Son impopularité croissante, le nombre de concurrents, la dureté des critiques à l’égard de sa politique ainsi que de sa personne qui est extrêmement contestée, la situation économique et sociale dégradée de la France et les nuages qui couvent à l’horizon ne l’ont pas empêché de se qualifier pour le second tour, de talonner François Hollande et de conserver un espoir, assez mince il est vrai, de remporter la bataille finale.

Sarkozy a été autant desservi qu’aidé par la crise économique et financière mondiale et européenne. Elle a plombé les résultats économiques de la France en matière de déficit budgétaire, de chômage et de pouvoir d’achat, ce qui a provoqué une chute de sa popularité. Mais elle lui a permis en revanche d’occuper la scène politique, de faire montre d’une énergie considérable et d’un charisme certain, de se donner une « stature internationale » et de faire passer des réformes antisociales très dures (retraites…).

Sa personnalité controversée (proximité ostentatoire des riches…), le caractère antisocial et profondément inégalitaire de sa politique (niches fiscales pour les nantis, attaques des acquis sociaux des plus pauvres et des couches moyennes…), les affaires qui ont éclaboussé son mandat voire même l’ensemble de sa carrière (campagne présidentielle de 1995, affaires Karachi, Bettancourt…), l’instauration en France d’un véritable climat de « guerre civile idéologique » avec sa reprise des thèmes racistes de l’extrême-droite sur l’identité nationale, l’islam, la viande halal, le foulard, les racines judéo-chrétienne de l’Europe, l’Afrique, son mépris des plus faibles, la violence de ses attaques contre les émigrés ou Français d’origine étrangères, les Rom, et certains aspects liberticides de sa politique (ingérence dans les médias…) auraient pu le voir s’effondrer. Sarkozy aura les plus grandes difficultés à rassembler au second tour un électorat aussi disparate que celui d’extrême-droite et du centre. Mais il a incontestablement fait, au premier tour, le plein de sa famille électorale. Le vote d’extrême-droite qui s’était en partie porté sur lui en 2007 est retourné à ses premiers amours, déçu par son incapacité à venir à bout des « fléaux » qu’il avait dénoncé à l’époque : l’insécurité, l’immigration…

 

François Hollande bénéficie du désir de changement

Le candidat socialiste a finalement réussi son pari d’arriver en tête au premier tour. Personne ne donnait pourtant cher de sa peau il y a plus d’une année, lorsqu’il avait lancé sa campagne. Personnalité terne comparée à celle, flamboyante, de Dominique Strauss-Kahn (DSK pour les intimes), apparatchik raillé par les Guignols, dirigeant peu pris au sérieux y compris dans sa formation politique et, il faut en convenir, homme peu charismatique. Mais homme de conviction, déterminé, tenace et qui derrière une apparence assez gauche savait exactement ce qu’il voulait et où il allait. L’histoire regorge d’exemples de personnalités charismatiques battues par d’autres, beaucoup moins passionnantes, mais non moins redoutables. Hollande appartient de toute évidence à cette dernière catégorie.

Mais on aurait tort de réduire son succès du premier tour à ses qualités personnelles et à son profil psychologique, même si ces caractéristiques jouent indéniablement dans une élection aussi personnalisée que celle du monarque républicain français, tous les cinq ans. Il ne doit certainement pas l’essentiel de son succès à la politique qu’il promeut tant celle-ci ressemble, par bien des aspects, à celle de son concurrent de droite. Personne ne s’attend en effet à voir Hollande rompre avec la logique néolibérale suivie sans interruption en France depuis 1983 ! Il a déjà annoncé qu’il respectera les engagements européens de la France en matière de diminution du déficit budgétaire. Il faut donc s’attendre à une cure d’austérité de gauche si jamais il l’emporte le 6 mai prochain. Et il ne faut pas espérer le voir combattre la finance internationale qui déstabilise l’Europe, une finance internationale qu’il a affirmé vouloir combattre tout en allant la rassurer à la City… Sur le plan international, Hollande a soutenu l’intervention militaire en Libye, soutiendrait une éventuelle intervention en Syrie et est toujours aussi proche d’Israël en Palestine et du Maroc au Sahara Occidental.

Proposant une politique économique et sociale différente de celle de Sarkozy, mais de même nature sur le fond, le candidat socialiste se distingue cependant sur nombre d’aspects. Face à la montée de la colère des classes populaires et moyennes, il a annoncé une remise en cause des cadeaux aux riches et de certaines mesures antipopulaires (TVA…) prises par Sarkozy. Il devrait augmenter le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), anciennement SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti)… Sa démarche rassembleuse l’amène par ailleurs à privilégier la concertation, la négociation et la recherche d’un consensus entre les partenaires sociaux (patronat et syndicats de salariés). Il présente un côté plus démocratique et moins autoritaire qui tranche avec la politique de Sarkozy, ce qui ne peut que séduire les modérés du centre et même de droite. Refusant de brosser l’opinion française dans le sens du poil, il a eu le courage de proposer le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, mesure déjà présente dans le programme du candidat François Mitterrand en 1981, mais jamais appliquée par la gauche. Lui est ses partisans sont indéniablement perçus comme des antiracistes contrairement aux thèses défendues par l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), le parti de Sarkozy.

Il ne faut toutefois pas cacher le fait que la véritable force de frappe de François Hollande, son ressort réside dans le rejet de Sarkozy. Le vote utile a fortement joué en sa faveur car il était considéré, à tort ou à raison, comme le seul candidat en mesure de mettre fin à la carrière présidentielle du successeur de Jacques Chirac. Nombre d’électeurs séduits par la campagne offensive de Jean-Luc Mélenchon ont finalement abandonné celui-ci pour déposer un bulletin de vote Hollande dans l’urne par peur d’une réédition de l’expérience du 21 avril 2001. François Hollande est en effet le seul candidat à même de capter des voix aussi disparate que celles de l’extrême-gauche et du centre. Il devrait donc logiquement profiter du rejet qu’inspire le président sortant qui peut difficilement, pour sa part, polariser les voix de ses concurrents d’extrême-droite et du centre.

 

Le Front national, un parti souverainiste libéral

Le FN a incontestablement gagé son pari et ce, à la surprise de beaucoup d’observateurs et d’hommes politiques. Se positionnant sur une ligne souverainiste, courant nationaliste chauvin, le FN est partisan d’une « Europe des patries » opposée à la dissolution des nations dans une Europe cosmopolite ». Il dénonce « l’Europe des technocrates » dont les dirigeants ne sont pas élus, fustige l’abandon de la souveraineté nationale au profit de la Commission européenne de Bruxelles et ne rate pas une occasion de critiquer la finance, les banques, les banquiers, les marchés et le libéralisme. Il avait appelé à voter « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européen. Il se présente ainsi en défenseur des classes populaires face à la coalition UMPS (UMP et PS) qui gouverne en alternance le pays depuis longtemps, mais qui mène une politique de même nature.

Mais il s’agit là d’une défense totalement démagogique. Le programme économique du FN, idéologiquement nationaliste, ne rompt absolument pas avec les canons de la vision libérale en matière économique. Ce parti a soutenu la politique de privatisation ainsi que la remise en cause, par le président Nicolas Sarkozy et les gouvernements Fillon, de très importants acquis sociaux : les 35h de temps de travail hebdomadaire, le recul de l’âge de la retraite, les attaques contre la Sécurité sociale, la santé publique, l’éducation…

Le parti de Marine Le Pen fait mine de s’intéresser au sort des victimes du libéralisme (ouvriers, employés, précaires, chômeurs, habitants des quartiers populaires…) alors même qu’ils les monte les uns contre les autres sur des bases racistes. Il cible les immigrés, les musulmans, les Maghrébins, les Arabes, les Noirs… qu’il présente comme des ennemis des travailleurs français blancs. Pour le FN, le chômage ne provient pas de la crise du capitalisme, mais des étrangers. Ce ne sont pas les patrons qui licencient et délocalisent mais les étrangers qui viennent « voler le travail et le pain des Français ». Ce parti divise ainsi les victimes du libéralisme en fonction de leur origine, de leur nationalité, de leur langue, de leur religion, de leur couleur de peau… ce qui les affaiblit par rapport à leurs véritables adversaires que sont les marchés financiers, les banques, les grands groupes économiques et commerciaux et leurs relais politiques (partis de droite…) et médiatiques (grands groupes de presse…).

Face au recul historique de la gauche au cours des trente dernières années, le FN a distillé son poison dans les couches populaires, ce qui lui permet de se présenter comme un parti populaire, ouvrier même. Mais il défend en réalité les intérêts des plus riches et ne remet nullement en cause, bien au contraire, les disparités et inégalités sociales. Il faut reconnaître que ce parti a été largement aidé par Sarkozy qui a mené campagne sur des thèmes de prédilection (l’insécurité, l’immigration, la perte de l’autorité de l’Etat, la délinquance, le laxisme…) des Le Pen. Accentuant les peurs, toutes les peurs, Sarkozy a simplement oublié qu’il n’avait pas réussi, cinq années durant au moins, à répondre aux attentes des électeurs du FN. Aussi ceux-ci ont-ils préféré l’original à la copie.

 

Désillusion du Front de gauche à qui l’avenir appartient

Les dirigeants et militants du Front de gauche ont été profondément déçus par le score de leur candidat, même si ce dernier a réussi à faire bonne figure lors de sa déclaration. Les militants du Front de gauche se sont en effet laissés bercer par la force de leurs mobilisations à Paris, Lilles, Rouen, Toulouse ou Marseille et par des sondages dont ils se méfiaient à juste titre au début, mais qui ont fini quelque peu à endormir leur vigilance.

Qui pouvait sérieusement escompter détrôner le FN au cours d’une seule campagne électorale ? Qui pouvait sérieusement espérer récupérer le vote ouvrier en quelques semaines ? Qui pensait disposer d’un droit de propriété naturel et inaliénable sur ce vote ouvrier et le vote populaire ? Le Front de gauche a donc été victime de sa propre illusion. Car la gauche française a disparu des usines et des quartiers populaires qu’elle occupait jadis, lorsque le Parti communiste français (PCF) représentait 25% de l’électorat français et la social-démocratie un peu moins. C’était l’époque où ces partis disposaient de cellules d’entreprises et de quartiers fournies, où ils dirigeaient les syndicats, où ils animaient les quartiers (Secours populaire, bibliothèques ambulantes…) dont ils encadraient les couches défavorisées. Aujourd’hui, le PS est devenu une machine électorale alors que le PCF n’est plus qu’un petit parti d’élus qui s’accrochent. La contre-société qu’incarnait il y a quarante ou cinquante années le mouvement ouvrier a disparu et le discours de division des travailleurs français et immigrés tenu, durant une période, par le PCF a affaibli la classe ouvrière et laissé les quartiers populaires ouverts aux quatre vents. Le FN n’avait plus qu’à occuper la place en surfant sur la peur des travailleurs français de se voir voler leur travail par les étrangers !

Battre le FN, le faire refluer, objectif politique central et tout à fait juste mis en avant par Mélenchon et les candidats d’extrême-gauche (Nouveau parti anticapitaliste et Lutte ouvrière), ne pourra se faire que sur la durée. En réoccupant le terrain perdu, en renouant avec le militantisme et la solidarité, en allant de nouveau vers les quartiers populaires et les immigrés et autres « français basanés aux noms étranges » : Mamadou, Mohamede et autres Yang… Le Front de gauche et toute la gauche ont du travail sur la planche, pas seulement en perspective des législatives mais aussi et surtout après les élections. Il leur faudra réoccuper les places de marché pour y distribuer leurs tracts et leurs journaux, ouvrir leurs permanences, faire du porte-à-porte en direction des chômeurs et autres ouvriers et reconstruire la solidarité et la confiance détruite.

Mais les résultats obtenus par la gauche de la gauche et singulièrement par le Front de gauche sont extrêmement encourageants pour toute la gauche et devraient servir de plate-forme, de point de départ pour la reconquête du peuple et pas seulement de l’électorat populaire. Ce travail devra se faire dans les luttes quotidiennes (grèves, luttes pour le logement, pour la régularisation des sans-papiers…). La réelle dynamique créée par le FG devrait profiter à cette famille politique pour transformer l’essai réalisé au premier tour.

 

La politique, clef d’explication du paradoxe

Les candidats du centre, de droite et d’extrême-droite ont finalement remporté plus de 55% des suffrages exprimés. Ils sont donc majoritaires face à une gauche qui n’atteint pas les 45%. L’hégémonie des idées et réponses libérales est encore plus forte. Si on ne comptabilise pas les voix du Front national (FN) et de quelques autres candidats souverainistes de droite, le résultat du camp libéral se situe à 65% du corps électoral. Il englobe alors le centre (Modem), la droite (UMP), la gauche (PS et Radicaux de gauche) et une partie des Verts. Si l’on inclut les voix obtenues par le FN, le pourcentage du camp libéral atteint des sommets : 85%. Seuls le Front de gauche (FG), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Lutte ouvrière (LO) sont sur une ligne clairement et résolument antilibérale.

La droite s’avère ainsi hégémonique au niveau électoral. Il y a pourtant de fortes chances qu’elle perde le scrutin face à une gauche minoritaire et elle aussi divisée entre un parti socialiste social-libéral et une « gauche de la gauche » farouchement antilibérale voire parfois même anticapitaliste.

Mais la gauche est unie et disciplinée. Subissant les attaques de la droite sarkozyste qui s’attaque sans complexe ni ambiguïté aux acquis sociaux des catégories populaires, elle a un objectif clair et rassembleur : briser l’offensive libérale en faisant tomber le président et en renvoyant la droite dans l’opposition. Les différentes familles de gauche ne pourront certainement pas gouverner ensemble, mais elles peuvent sans problème aucun frapper ensemble leur adversaire commun : le président Nicolas Sarkozy.

La droite sarkozyste est aux affaires. Il ne s’agit pas pour elle de voter contre, mais de voter pour maintenir le titulaire de la charge à son poste. Or, il y a manifestement incompatibilité à gouverner ensemble. Rassembler la totalité des électeurs de François Bayrou et d’une Marine Le Pen dont l’objectif clairement affirmé est de faire exploser l’UMP relève de la mission impossible. Le FN fera tout pour faire échouer Sarkozy car son avenir en tant que première force d’opposition est à ce prix. Il en a visiblement les moyens.

 

 

Source :

http://www.lanation.info

 

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Découvrez ce clip réalisé par Nasser-Eddine Benalia pour le chanteur Pierre Cucca (auteur compositeur). © Peloche Prod Point Com avril 2012.

Publié le par Mahi Ahmed

Découvrez ce clip réalisé par Nasser-Eddine Benalia pour le chanteur Pierre Cucca(auteur compositeur). © Peloche Prod Point Com avril 2012.

Paroles :
DITES-MOI

Dites-moi ce qu’on fait sur ce navire
dans ce courant embarqué ou je chavire
dites-moi ou l’on va, ou l’on vire
dans ces cales aux aboies j’entends.
J’entends la rumeur qui monte,
les barrières et les masques qui tombent…

Mais des voix s’élèvent et sortent de l’ombre.
Le vent se lève pour chasser les ombres.
Des voix s’élèvent et lancent un cri,
un souffle de vie porté dans la nuit.

Dites-moi ou je vis ou est le ciel,
celui qu’on m’a promis ce temple éternel.
Dites-moi qui je suis et ou je vais,
sous quel pont je soupire.

Mais des voix s’élèvent et sortent de l’ombre.
Le vent se lève pour chasser les ombres.
Des voix s »élèvent et lancent un cri,
un souffle de vie porté dans la nuit.

J’entends la révolte qui gronde,
les chaines et les masques qui tombent,
et je sens la tourmente et le doute,
la plainte envahir nos routes..

Et des voix s’élèvent et sortent de l’ombre.
Le vent se lève pour chasser les ombres.
Des voix s »élèvent et lancent un cri,
un souffle de vie exhorte la nuit…

… pour chasser les ombres,
pour chasser les ombres,
pour changer ce monde,
des voix s’élèvent pour changer ce monde

 

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Le rapport de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF lors du Conseil national du 25 avril 2012.

Publié le par Mahi Ahmed

Notre appel est clair, Sarkozy doit être battu » (Pierre Laurent)

Mots clés : pcf, pierre laurent, front de gauche, présidentielle 2012,

Le rapport de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF lors du Conseil national du 25 avril 2012.

"Notre réunion se tient à un moment charnière pour notre pays, entre les deux tours d'une élection présidentielle dont l'issue sera capitale pour l'avenir de la France et de l'Europe.

Nous avons beaucoup de travail, beaucoup à discuter et peu de temps pour le faire, avant que chacun reparte en campagne.

Je ne me livrerai donc pas à une analyse détaillée des résultats de dimanche. Je veux en souligner des enseignements majeurs et tracer nos objectifs pour la période à venir, qui nous mène désormais jusqu'à la fin juin, au terme de la séquence électorale engagée. Le Conseil national du 11 mai devra préciser tous ces objectifs, à partir d'une analyse complète des deux tours de l'élection présidentielle.

Je veux d'abord, avant d'entrer dans le vif du sujet, adresser par votre intermédiaire, mes plus chaleureuses félicitations à tous les communistes. La dynamique militante a été l'un des points forts de la campagne et du succès final du Front de gauche. L'engagement des communistes dans cette dynamique a été remarquable. Je veux redire, à l'aune des résultats, que nous pouvons être fiers du choix des communistes d'avoir su engager la démarche du Front de gauche il y a trois ans ; d'avoir rendu possible la campagne commune présidentielle en désignant Jean Luc Mélenchon en juin dernier.

Dès la désignation du candidat, et quel qu'ait été leur vote dans la consultation, les communistes se sont engagés unitairement dans la campagne. Cet engagement est allé crescendo quantitativement et qualitativement. C'est à l'évidence une des raisons du succès enregistré. Je voulais donc les saluer d'emblée, car toutes et tous, nous le savons, se dépensent sans compter.

J'en viens, à grands traits, aux caractéristiques des résultats. Dans un scrutin finalement à haute participation, avec une abstention de 20,53 %, le désaveu de Nicolas Sarkozy est le trait majeur du vote du 22 avril. Nicolas Sarkozy perd 4% sur le premier tour de 2007, et 7,38 % sur le total additionné Sarkozy, Villiers et Nihous, aujourd'hui ralliés, soit près de trois millions de voix perdues. C'est ce rejet que Nicolas Sarkozy tente aujourd'hui de combler, en essayant une fois encore de déplacer le terrain du débat d'idées, loin de ses responsabilités dans la crise, sur les thèmes de l'ultra droite, voire de l'extrême droite.

Anticipant ce rejet, Sarkozy s'était donné deux objectifs pour se garantir de la réserve pour le second tour : arriver en tête du premier tour ; mettre en scène un quatuor de favoris, comprenant trois candidats de droite et d'extrême droite pour sauvegarder le réservoir nécessaire à sa victoire. Il a en grande partie échoué. Non seulement il n'est pas en tête, mais en très net recul, mais les totaux à droite le sont aussi. François Bayrou chute de moitié, mettant le total Sarkozy-Bayrou à 36,20 %, quand le total droite passait nettement en 2007 la barre des 50%.

Il lui reste aujourd'hui le réservoir FN qu'il essaye de rallier par tous les moyens. La campagne du deuxième tour est en train de prendre un tour dangereux et nauséabond, ouvrant des passerelles, pour tout de suite et l'avenir entre l'extrême droite et des secteurs importants de la droite. Pour justifier ces passerelles, la banalisation des idées du Front national est à nouveau relancée à grande échelle. La situation est inquiétante.

Une partie du recul de l'UMP est en effet récupérée par le Front national, puisqu'il gagne 7,86%. Cette récupération du vote de droite est confirmée par une étude IFOP, qui indique que Marine Le Pen a retrouvé 70% des électeurs de son père en 2007, et gagné 11% des électeurs de Sarkozy, 10% des électeurs de Bayrou, 7% des électeurs de Royal, et 6% des électeurs d'extrême gauche. Alimenté par un report massif des déçus du sarkozysme, le vote Le Pen n'en est pas moins de plus en plus idéologiquement charpenté.

C'est de plus en plus souvent un vote d'adhésion aux solutions proposées par le FN articulant la préférence nationale au rejet des immigrés. Les angoisses sociales, la critique de l'Europe sont très présentes, mais il ne s'agit pas seulement de protestation. La protestation se mue en adhésion à ces prétendues solutions. Le vote FN semble particulièrement fort et progresse dans les zones péri-urbaines et chez les « rurbains ». Des gens modestes, ouvriers, employés, jeunes non diplômés, venus chercher un logement moins cher, une vie moins dure, et qui se retrouvent isolés, loin des services publics, avec un sentiment d'abandon accru. Pas question donc de tirer un trait sur ces victimes de la crise, mais ayons conscience que c'est bien de reconquête idéologique qu'il s'agit en faisant reculer l'adhésion aux « solutions » simplistes, dangereuses, destructrices du FN face à la crise, et en convainquant d'issues à la crise radicalement différentes, construites sur la solidarité, l'égalité des droits et le progrès collectif.

Le travail que nous avons entamé dans cette campagne est salutaire. Il doit se poursuivre dans la durée autour d'une argumentation toujours renforcée, de la crédibilisation de solutions alternatives de progrès et de la force de l'action collective et solidaire retrouvée.

Face à cette droite désavouée et à cette extrême droite revancharde, les cinq candidats de gauche, Hollande, Mélenchon, Joly, Poutou et Arthaud, totalisent 43,43 %, contre 36,44 % en 2007 pour sept candidats.

Mais la situation a radicalement changé. Avec 27,87 %, Ségolène Royal réalisait plus des trois quarts du résultat de la gauche à elle seule. Aujourd'hui François Hollande fait un très beau score socialiste avec 28,13 % et plus de 10 millions de voix. Dans la mobilisation de ce vote, le rejet de Sarkozy devance largement l'adhésion à son programme. Mais le fait majeur, le fait le plus nouveau et le plus prometteur est le score de notre candidat Jean-Luc Mélenchon, qui avec 11,11% et quasiment 4 millions de voix, assure la part décisive du progrès de la gauche et sa dynamique la plus significative.

Notre score, à deux chiffres, inédit depuis 30 ans, obtenu à l'issue d'une campagne exaltante, est un événement de l'élection.

Le Front de gauche progresse de manière continue à chaque élection, depuis sa création lors des élections européennes. Nous rassemblions 1,1 million de voix à ce scrutin de 2009. Nous en avons rassemblés près de 4 millions, soit quasiment trois fois plus, dans une élection a priori redoutable.

Ce résultat ne peut être comparé au seul résultat des candidats communistes aux précédentes élections présidentielles, car il est le résultat d'une dynamique plus large avec le Front de gauche. Il n'en reste pas moins que le poids de ces 4 millions de voix, rassemblées grâce à notre travail , à nos choix stratégiques, et à celui de nos partenaires du Front de gauche, nous redonne une place inédite en reconstituant un nouveau paysage à gauche.

Il faut donc avoir en tête, pour prendre la mesure de notre résultat, que nous avions réuni 691 000 voix en 2007, 955 000 en 2002 et 2,6 millions en 1995, quand nous avions réalisé un très beau score de 8,73 %.

Nous venons donc, grâce à nos choix stratégiques, de changer d'échelle.

C'est bien pour cela que notre résultat est depuis dimanche soir l'objet d'une bataille d'interprétations. Utilisant la déception, voire les larmes, de jeunes militants qui aspiraient à plus et à mieux, et qui ont reçu, choqués, l'annonce du score du FN, voilà que les commentateurs parlent d'un demi échec. Nous récusons totalement cela. Le score est une grande victoire, une première et grande victoire pour nous qui visons désormais plus haut.

C'est un résultat extrêmement prometteur. Plusieurs caractéristiques de ce résultat, qui méritent d'être détaillées dans chaque département, sont significatives. C'est un vote national homogène. Aucun des départements n'est en-dessous de 5%, les plus bas, les deux départements d'Alsace, sont à 7,3%. Seuls 26 départements sont en-dessous du score national de 11%, 10 départements sont au-dessus de 14%, le plus haut score est réalisé en Seine-Saint-Denis, avec 17%.

Le vote est élevé dans nos zones de force et nous fait décoller dans beaucoup d'autres, généralisant nos ambitions sur tout le territoire. C'est un vote fort dans les grandes villes, égal ou supérieur à la moyenne nationale, à Paris, Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Grenoble, Bordeaux qui redeviennent des terrains de conquête.

C'est un vote ancré dans le monde du travail et dans le monde syndical qui s'est cette fois massivement mobilisé à gauche. 39% des proches de la CGT déclarent voter Mélenchon et 44% Hollande. A la CFDT, c'est respectivement 12% et 56%. A Solidaires, 39% pour Mélenchon et 35% pour Hollande. A la FSU, 31% et 61%. A l'UNSA, 14% et 49%.

Au-delà de ces caractéristiques, je veux également retenir la dynamique de campagne qui a rendu possible un tel résultat. Nous avons remis en mouvement, remis en marche, réconcilié avec la politique des forces sociales et populaires, des jeunes, en nombre considérable.

Les meetings spectaculaires, de la Bastille à Marseille, en passant par Lille, Limoges, Nantes ou Toulouse, ont été la partie la plus visible. Je veux insister sur le reste et pointer quelques avancées significatives.

Un important travail de prises de contacts, de mises en réseaux notamment avec le Front des luttes a été reconstruit avec des milliers de syndicalistes, avec des militants associatifs. C'est décisif pour l'avenir.

La tenue de 1 840 assemblées citoyennes, chiffre probablement inférieur à la réalité, a été recensée sur la durée de la campagne. Elles ont commencé à se mettre en place en octobre 2011, sont montées en puissance en novembre-décembre, s'étendant progressivement à tout le pays. Le 4 pages édité par notre parti, très apprécié bien au-delà de nos rangs, a popularisé la démarche. La proximité a été un gage de réussite, et les communistes sont pour beaucoup dans ce travail de maillage et d'animation.

Espaces de débats et d'explication sur la crise, de popularisation, d'éducation populaire, d'enrichissement de notre programme, elles ont été le lieu de prises d'initiatives, d'actions publiques, souvent innovantes dans la forme. Lieux d'élargissement, elles nous obligent à modifier nos pratiques de réunions publiques, qui doivent se tourner vers l'aide à la participation collective, l'aide à la décision et à la prise d'initiatives.

A côté de ces assemblées citoyennes, des dizaines de réseaux thématiques ont travaillé débouchant sur des initiatives remarquées, comme le « Bataclan », du Front de la culture, le forum sport ou le forum protection sociale. Des appels ont réuni des centaines de chercheurs, d'intellectuels.

Au total, le Front de gauche a réellement commencé à devenir la force populaire que nous cherchons à mettre en mouvement depuis que nous avons initié cette démarche. Les communistes qui jouent un rôle important depuis le premier jour dans cette démarche y sont aujourd'hui massivement acquis et investis. Le développement du Front de gauche va être au cœur de nos efforts à venir. Des milliers de personnes apprécient d'ailleurs notre rôle, qui, comme l'ont souligné nombre d'observateurs, témoigne d'une « seconde jeunesse » du PCF.

Nous avons réalisé 6 000 adhésions nouvelles depuis la Fête de l'Humanité, 3 000 depuis le 1er janvier contre 1 200 l'an dernier, sur les trois premiers mois de l'année. 28% de ces adhérents ont moins de 30 ans, 47% moins de 40 ans, 54% sont en activité salariée.

Ce rythme peut se confirmer et s'amplifier dans les élections législatives et la période de nos fêtes fédérales à venir. L'année 2012 peut potentiellement atteindre le niveau des 8 000 adhésions réalisées en 2005.

Nous attaquons donc plein d'énergie les défis à venir.

Avant de les aborder, une dernière remarque sur la portée de ce que nous avons déjà réalisé. Nous l'avons dit : en pleine crise capitaliste et européenne, l'enjeu de l'élection présidentielle française n'est pas un simple changement de président de la République. Ce qui se joue, c'est le devenir des résistances populaires à l'offensive capitaliste pour faire payer au peuple cette crise historique du système capitaliste mondialisé ; c'est la possibilité d'ouvrir un autre chemin que l'enfoncement dans l'austérité et la destruction des garanties collectives et des services publics. Nous n'affrontons pas simplement Sarkozy, mais Sarkozy-Merkel, et à travers eux les forces de la réaction et des milieux financiers coalisées.

Nous sommes engagés dans un bras de fer dont l'alternative est simple : soit ils parviennent à imposer dans toute l'Europe une régression sociale et démocratique généralisée, soit nous ouvrons des brêches pour renverver la tendance et libérer les forces pour un nouveau type de développement, social, écologique et solidaire. La France est au premier rang de ce front.

Dans ces conditions d'affrontement extrême qui broie en ce moment les conquêtes sociales et démocratiques de peuples entiers en Europe, réussir à faire 11% sur le haut niveau de notre alternative ; créer les conditions de battren Sarkozy l'une des têtes de pont de l'offensive capitaliste actuelle ; laisser ouverte, en cas de victoire de François Hollande, la porte à un débat d'orientation sur le sens de l'alternative, voilà des exploits politiques qui méritent d'être mesurés.

Ils nous valent d'ailleurs l'attention et le soutien de très nombreux Européens, je peux en témoigner comme président du PGE.

En retour, nous nous devons à la solidarité avec les Grecs, je me suis rendu à Athènes, le 3 avril, avec les Espagnols, j'étais à Madrid le 21 avril, avec les Italiens et les Portugais, j'irai à Rome le 12 mai et très probablement le 22 mai à Lisbonne.

Je veux pour conclure ce point dire que notre combat pour renoncer au traité Sarkozy-Merkel doit prendre une place de premier plan, a fortiori si Sarkozy est battu. Nous pouvons adosser ce combat national au combat européen que nous sommes en train d'impulser.

Le PGE a réuni les 30 et 31 mars, pour la première fois à Bruxelles, 200 personnalités de la gauche politique européenne, syndicalistes et animateurs de réseaux sociaux européens. Nous sommes partie prenante d'un processus inédit qui vise à construire un grand sommet alternatif européen, d'ici fin 2012, début 2013. Par ailleurs, le PGE lancera officiellement en septembre en utilisant la nouvelle procédure d'initiative citoyenne européenne, la collecte d'un million de signatures en Europe, en bas d'une proposition visant à réorienter fondamentalement le rôle du crédit et de la BCE en créant une banque publique européenne qui dégagerait les finances publiques du chantage des marchés.

Nous aurons à en reparler très vite, et j'invite au passage à faire connaître l'Université d'été du PGE qui se tiendra du 18 au 22 juillet, à Volos en Grèce. Beaucoup de nos jeunes adhérents et de nos cadres peuvent être intéressés.

J'en viens aux semaines à venir. Et d'abord évidemment à la bataille du second tour. Notre appel est clair, c'est celui de tout le Front de gauche. Le 6 mai, Sarkozy doit être battu, battu à plates coutures. Plus la victoire sera large, plus les conditions de nos batailles futures seront meilleures. C'est donc sans hésitation aucune, comme je l'ai dit dimanche soir, que nous appelons à battre Sarkozy en votant François Hollande. Notre appel n'est pas un appel de circonstances, un appel faute de mieux. C'est, dans les conditions concrètes issues des résultats du premier tour un appel mû par une conviction profonde : la réélection « d'un » Nicolas Sarkozy dont le programme est pire que le bilan, flanqué d'une extrême droite à 18% serait un cauchemar pour le pays, ses travailleurs, ses forces démocratiques et sociales.

Notre appel est un appel clair à la mobilisation. Tracts, assemblées publiques, porte à porte, initiatives de rues, mails.... Tout doit être utilisé pour relayer cet appel. Le Front de gauche se lance dans cette mobilisation en faisant valoir sa parole, ses propositions. Nous n'en rabattons sur rien. Nous voulons battre la droite et l'extrême droite, parce que le pays en a absolument besoin.

Partout, dans les formes que chaque département décidera, la parole autonome du Front de gauche doit être entendue et respectée. Nos arguments ont été utiles à un haut niveau de mobilisation de la gauche au premier tour. Ils sont aujourd'hui indispensables à la mobilisation pour la victoire contre Sarkozy.

C'est le sens de l'appel que nous lançons avec toutes les forces du Front de gauche pour le 1er mai. Cinq syndicats appellent unitairement à un 1er mai de mobilisation sociale sur les choix en rupture avec l'austérité.

Après Marine Le Pen, et dans la plus pure tradition pétainiste, Nicolas Sarkozy vient de lancer une véritable provocation en appelant ses partisans à détourner et à récupérer cette journée pour en faire la fête du « vrai travail ».

La CGT, en renouvelant son appel à battre Sarkozy pour créer un contexte plus favorable aux revendications et aux luttes nécessaires au progrès social, a appelé hier, à relever le défi, en invitant à participer massivement aux manifestations syndicales, unitaires, le 1er mai.

Appelons partout à cette mobilisation massive. Organisons notre présence massive et visible aux côtés des syndicats, dans le respect de leur appel.

Avec la vente du muguet organisée massivement dans tout le pays par notre parti, cette journée doit être un moment exceptionnel de mobilisation.

C'est le sens aussi, du meeting du Front de gauche, que nous organisons symboliquement place Stalingrad, le 4 mai à Paris, pour faire entendre à la veille du second tour, notre voix et notre appel à battre Sarkozy et à prolonger cette victoire dans les urnes aux législatives.

J'en viens donc aux élections législatives des 10 et 17 juin. L'élection d'un président de la République ne sera rien sans l'élection d'une majorité de gauche décidée à défaire les lois Sarkozy et à en voter de nouvelles, construites pour répondre à l'intérêt des travailleurs. C'est à l'Assemblée que se votent les lois, pas à l'Élysée.

Et si les Français veulent que cette majorité garantisse le changement, ne renonce pas face à la finance, elle devra compter de nombreux, de très nombreux députés du Front de gauche. Après les scores que nous venons de réaliser le 22 avril, nous devons viser une grande bataille nationale qui amplifie le score obtenu à la présidentielle, renforce le poids de nos propositions, qui rehausse les ambitions de conquête partout et sans complexe.

Nos propositions, et donc nos députés, seront indispensables pour réussir le changement. Déjà, la haute finance s'organise, s'arcboute pour faire barrage au changement, les autorités européennes s'affolent, les marchés financiers se préparent au chantage. Avec le vote Front de gauche, avec nos candidats, nos députés, nous aurons plus de force pour vaincre ces résistances.

Salaires, retraites, interdiction des licenciements boursiers, sécurité d'emploi et de formation, promotion du renouveau industriel et planification écologique, refus du Traité Sarkozy-Merkel et refonte d'un nouveau traité, relance des services publics, rétablissement d'un haut niveau de protection sociale... Qui osera les changements nécessaires si les députés du Front de gauche ne sont pas assez nombreux ?

Dans une majorité de gauche à l'Assemblée, un ou deux députés socialistes de plus, cela ne changera pas grand chose, mais 10 ou 20 députés du Front de gauche, ça changera tout. J'ajoute qu'une des garanties apportées par les députés du Front de gauche, et non des moindres, c'est que nous travaillerons à l'élaboration des lois nouvelles avec et sous le contrôle des citoyens, des salariés, des agriculteurs, des premiers intéressés sur chaque dossier.

Avec les députés du Front de gauche, pas de loi en catimini, mais une élaboration démocratique partagée. Rien ne se fera dans le dos du peuple. Les députés du Front de gauche seront les garants de la transparence. C'est un engagement auquel nous veillerons comme à la prunelle de nos yeux.

Avec ce message, nous devons nous adresser très largement à toutes les électrices et à tous les électeurs de gauche, quel qu'ait été leur vote le 22 avril, pour leur dire : « Donnez de la force à vos attentes, donnez de la force à la gauche en la musclant avec le maximum de députés du Front de gauche ».

Ce message peut être entendu si nous le portons sans attendre, avec conviction. Nos candidates et candidats doivent dès ces jours-ci prendre la tête de la mobilisation pour battre Sarkozy et appeler à la prolonger dans les urnes le 10 juin.

Le Front national espère évidemment jouer les trouble-fêtes et Marine Le Pen caresse l'ambition d'une entrée du FN au Parlement. Les législatives doivent marquer un coup d'arrêt à ces néfastes ambitions. Tout doit être fait pour empêcher l'élection de député FN à l'Assemblée. Avec le Front de gauche, nous appelons toutes les forces de gauche et démocratiques à y travailler. Nous sommes pour notre part disponibles pour en créer les conditions.

Nous consacrerons une part à nouveau importante de nos travaux du 11 mai à cette bataille législative. Je n'insiste pas, mais je conclus en soulignant encore son importance. Elle commence avec le deuxième tour du 6 mai, sans perdre une minute.

Évidemment, dans ces batailles, 1er mai, 6 mai, 10 et 17 juin, tout doit viser le renforcement de la dynamique populaire que nous avons créée. Sans cette dynamique, pas de changement possible. Le Front de gauche a été le levier de cette dynamique. Il faut maintenant lui donner de nouvelles perspectives, de nouvelles ambitions.

Il y a ce qui fonctionne, même s'il convient de l'améliorer : le front, cette formule qui unit et sait respecter les partis et les partenaires de cette démarche ; le comité de liaison qui anime le travail national ; le conseil national de campagne, qui devra trouver une nouvelle appellation, mais qui constitue un lieu d'échange utile, associant de très nombreuses personnalités à notre réflexion collective ; les assemblées citoyennes ; le Front des luttes et les réseaux thématiques dont les prolongement doivent être imaginés.

Mais il y a aussi toutes les questions nouvelles : comment amplifier, structurer cette participation populaire ? Comment faire vivre mieux encore la parole collective du Front de gauche ? Quels objectifs se donner dans la période nouvelle qui suivra les législatives ? Comment construire demain les lois nouvelles avec la participation la plus large possible ?

Je vous fais une proposition : impulsons sans attendre et partout ces débats, sans tabou, avec esprit d'imagination, avec audace. Impulsons-les avec les communistes, avec les partenaires du Front de gauche, avec les citoyens qui nous ont rejoints. Impulsons et expérimentons. Nous ne trouverons sans doute pas la formule idéale du premier coup, mais ne ratons pas le rendez-vous de l'investissement citoyen dans le Front de gauche. Nous pourrons approfondir ce débat au CN le 11 mai, et après les législatives.

Et j'en viens pour cela à une dernière proposition. Après les législatives, il nous faudra tirer les leçons de toute cette séquence électorale. Nous aurons aussi à prendre en quelques jours des décisions politiques importantes, notamment sur la question du gouvernement, de notre attitude dans la nouvelle majorité. Les principes qui nous guident sont, je crois, maintenant très clairs. Nous aurons à prendre ces décisions en consultant les communistes, en tenant compte de ce que nous disent ceux qui s'engagent à nos côtés dans la démarche citoyenne du Front de gauche, ce que pensent et décident nos partenaires.

Quant au fond de la discussion, permettez-moi de citer et de compléter ce que j'écrivais dans l'adresse aux communistes que j'ai publiée au lendemain de la Bastille. A ceux qui s'interrogent, où s'arrête notre combat ? Je m'interrogeais : « Jusqu'où porter nos objectifs ? » Et je répondais : « Jusqu'à leur mise en œuvre effective ». La création continue de rapports de forces nécessaires est et restera notre feuille de route fondamentale. Je poursuivais le raisonnement : « Jusqu'au gouvernement ? » « Notre objectif est clair. Modifier suffisamment la situation (et j'ajoute aujourd'hui : le plus vite possible) pour rendre un vrai changement possible. Pas question d'aller gouverner si la rupture avec les politiques d'austérité n'est pas au rendez-vous. » Autrement dit, pas question si François Hollande continue de dire « mon projet présidentiel ou rien ». Je concluais : « Aurons-nous la force et le temps d'imposer de tels changements à gauche d'ici fin juin ? Nous aurons à apprécier ensemble ce que nous avons pu, ou pas, faire bouger et comment continuer. Nous aurons à en décider collectivement et souverainement ».

Je crois que nous devrions rester fidèles à cette ligne de conduite. La situation bouge. Elle est instable et contradictoire. Les possibilités sont là. Les dangers aussi. Notre ligne de conduite est claire, transparente, sans compromission. Nous avons aussi de grandes responsabilités. Personne ne sait où en sera le pays fin juin. Et les attendus de notre décision, le sens qu'ils donneront à notre décision, compteront dans le pays. C'est en responsabilité qu'il nous faudra agir.

Je vous propose donc que notre décision définitive, prise de manière éclairée et appuyée sur la réalité de la situation politique à l'issue de la séquence électorale soit prise lors d'un Conseil national élargi ou d'une Conférence nationale extraordinaire, qui se tiendrait dans la semaine suivant le second tour des législatives. Si nous retenons aujourd'hui ce principe, nous pourrions décider le 11 mai prochain du format et de la date précise de cette conférence, ainsi que des modalités de la consultation des communistes qui la précèdera."

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

 

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عصام الخفاجي - مفكر أكاديمي وباحث في العلوم الاجتماعية - في حوار مفتوح حول : موضوعات للنقاش حول ثورات الربيع ال

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عصام الخفاجي - مفكر أكاديمي وباحث في العلوم الاجتماعية - في حوار مفتوح حول : موضوعات للنقاش حول ثورات الربيع العربي وآفاقها.


عصام الخفاجي
 - 2012 / 4 / 22 - 13:36
المحور: مقابلات و حوارات  

من اجل تنشيط الحوارات الفكرية والثقافية والسياسية بين الكتاب والكاتبات والشخصيات السياسية والاجتماعية والثقافية الأخرى من جهة, وبين قراء وقارئات موقع الحوار المتمدن على الانترنت من جهة أخرى, ومن أجل تعزيز التفاعل الايجابي والحوار اليساري والعلماني والديمقراطي الموضوعي والحضاري البناء, تقوم مؤسسة الحوار المتمدن بأجراء حوارات مفتوحة حول المواضيع الحساسة والمهمة المتعلقة بتطوير مجتمعاتنا وتحديثها وترسيخ ثقافة حقوق الإنسان وحقوق المرأة والعدالة الاجتماعية والتقدم والسلام.
حوارنا - 79 - سيكون مع الاستاذ د.عصام الخفاجي - مفكر أكاديمي وباحث في العلوم الاجتماعية - حول : موضوعات للنقاش حول ثورات الربيع العربي وآفاقها.
 


1. غالبا ما تبدو الثورات لمؤيديها عتبة يكفي اجتيازها حتى ندخل عصر "المدينة الفاضلة" التي بشّر بها أفلاطون ومن بعده الفارابي، أو المجتمع المثالي اللاطبقي الذي حلم به ماركس (مع أن الأخير أرسى "حلمه" إن صح القول على أسس تحليل صارمة لآليات النظام الرأسمالي ومصائره). يكفي أن نذكّر بأن قادة الثورة الفرنسية كانوا مؤمنين حقا بأن ثورتهم ستنجز بناء المجتمع اللاطبقي الذي لخّصته مفردة "المساواة" في شعار "الحرية، الأخاء، اللامساواة" (وأشير عرضا إلى أن الثورة لم تحقق حتى مبدأ الأخاء إذ أجبرت أبناء القوميات الأخرى ومعتنقي المذاهب غير الكاثوليكية على الإنصهار في جسم متجانس بإسم المواطنة).

2. أقصد مما سبق التذكير بما يسميه علماء الإجتماع ب "العواقب غير المتوقعة" للعمليات التاريخية unexpected consequences، وهي ما يتمثل في حالة الثورات بالفرق بين طموحات الثوريين وبين ما يحدث على ارض الواقع. أعرف أن كثيرا من القراء سيستنكرون استحضاري لمثال الثورة البلشفية التي كانت قادتها الأوائل مؤمنين حقا بأنهم سيحققون ماعجزت الثورة الفرنسية عن تحقيقه. ولكن بعيدا عن التفسيرات غير العلمية التي تعزو كل ما لاتمنى إلى "انحراف" عن المبادئ، علينا أن نتساءل: هل أن القادة الذين أعلنوا صراحة أن هدفهم المرحلي (الأشتراكية قبل الوصول إلى الشيوعية) طبّقوا بأمانة مبدأ "لكل حسب عمله" حين تعلق الأمر بأبنائهم ومقربيهم وأزلامهم ورجال مخابراتهم؟ وماذا عن شعار الأخاء الذي يتغنى بإقامة الجمهوريات السوفييتية خارج إطار روسيا؟ أكان بوسع أي مسؤول تولي مناصب قيادية إن لم يكن يتقن اللغة الروسية ويتشبّع بالثقافة المهيمنة؟
قناعتي تتلخص في أن طبيعة الثورات لاتتحدد بأمنيات قادتها أو بأحلامهم، مهما كانت تلك الأحلام صادقة ونبيلة، بل في مستوى تطور المجتمع الذي تنتصر فيه الثورة، وأمامنا أمثلة عدة من ادعاء قادة اليمن الجنوبية وبلدان أفريقية عدة بشروعهم ببناء الإشتراكية. ولاريب في أن هؤلاء القادة كانوا مخلصين في آمالهم، لكن العبور إلى الإشتراكية أمر لم يكن متوافرا حتى لروسيا عام 1917.


3. أقترح، إذن، أن ننظر إلى الثورة كعمل تدميري جبّار لبنى استغلالية متهرئة, إنها ترسي الأساس الضروري للتقدم (هي قاطرة التاريخ، حسب التعبير الرائع لماركس) لكنها لاتحدد مآل التطور الإجتماعي – السياسي اللاحق لأن ما يحدد ذلك هو مستوى التطور الإجتماعي- الإقتصادي القائم لحظة قيام الثورة لاتطلعات الثوريين مهما كان نبلها.
ولإن الثورة عمل تدميري، بالمعنى الإيجابي للكلمة، فإن عملية بناء نظام اجتماعي جديد على أنقاض ما تم تدميره لايتم بين ليلة وضحاها. ومع أن هذا القول يبدو بدهيا، إلا أن التذكير به شديد الأهمية لأننا نسمع منذ الآن عبارات الأسى من جانب ثوريين بسبب انتشار الفوضى أو صعود قوى محافظة أو إطلال رؤوس من النظام القديم ومحاولتها التسلل إلى الحياة السياسية الجديدة. فلا الثورة الفرنسية ولا الثورة البلشفية (فضلا عن ثورات أقل أهمية) حققت الأمن فورا، وتطلّب القضاء على قوى النظم القديمة حروبا أهلية طاحنة. ومن حسن حظنا أن حدوث حروب كهذه ليس مطروحا اليوم لكن الصراع مع العناصر والبنى التي أطاحت بها الثورات لابد وأن يستغرق زمنا قد يطول.


4. مع إن ثورات الربيع العربي انطلقت في آن واحد، ومع أن شعاراتها المعلنة كانت متشابهة: الحرية ومحاربة الفساد وسيادة القانون، إلا أن ما سبق يملي علينا التشديد على أن التمايز الهائل في مستويات التطور الإجتماعي/ الثقافي/ الحضاري/ الإقتصادي/ التاريخي بين بلدان المشرق يفرض، وسيفرض أجنداته على مآل تلك الثورات، وعليه دعوني أستذكر قولا مأثورا: التعميم هو الصخرة التي يستريح عندها المتعبون. في مؤتمر دولي عن الدروس التي يمكن لثورات الربيع العربي استحضارها من تجارب انتقال أوربا الشرقية إلى الديمقراطية ذكّرت بأن الحماسة أنستنا الفرق بين ماواجهته وأنتجته تحولات مولدوفا وألبانيا (أكثر البلدان تخلفا في تلك المنطقة) من جهة وألمانيا الشرقية وتشيكوسلوفاكيا من جهة أخرى. وعليه فإن علينا إزاحة النظرة الإستشراقية التي تحشر منطقتنا في سلّة إسمها "العالم العربي" أو "الإسلامي" بالتذكير بأن اليمن غير مصر وسوريا، وإن الأخيرتين غير تونس من حيث معايير التطور التي أشرنا لها أعلاه، وبالتالي فإن مفاهيم الحرية ومحاربة الفساد في كل من تلك البلدان ستكون ذات مدلولات مختلفة في كل منها، كما أن طبيعة النظم التي ستقوم في كل بلد ستختلف عن بعضها بهذه الدرجة أو تلك.


5. النظم العقائدية
تعرضت لهجوم (إلى جانب إطراء أرحب بهما) من جانب قراء "الحوار المتمدن" فضلا عن مواقع وصحف أخرى لأنني حاولت التمييز بين القمع الجسدي (سجنا أو تعذيبا أو قتلا للمعارضين ومن يرتبطون بهم) وشراء الذمم من جهة وبين القمع الآيديولوجي الذي تمارسه النظم ضد مواطنيها. أقصد بالقمع الآيديولوجي غسيل الأدمغة الذي يبتدئ بالتعليم المدرسي، مرورا بالإعلام المرئي والمسموع وصولا إلى التحشيد الجماهيري الذي يشعر من لايساهم فيه بأنه مصاب بخلل ما. من هنا تتمتع الأنظمة التي تبني مشروعيتها على فكرة أو مبدأ عقائدي بدعم قطاعات من المجتمع تؤمن بتضليلها الديماغوجي.
على هذا الأساس قلت في مواضع عدة (نشرت بعضها في الحوار المتمدن) بأن النظامين المصري والتونسي يفتقدان إلى إدوات القمع الآيديولوجي بعكس النظامين الليبي والسوري (واليمني بدرجة أقل).

تقوم فرضيتي على أن كل الأنظمة المشار إليها (فضلا عن نظام البعث العراقي الذي تميز عليها جميعا بامتياز) استخدمت وسائل القمع الجسدي والمالي، لكن النظامين المصري والتونسي عجزا عن توفير آليات قمع آيديولوجي تحشد الجمهور وراءها. يتذكر جيلي النزول العفوي لملايين المصريين لتطالب جمال عبد الناصر الذي قاد شعبه إلى هزيمة مخزية أمام إسرائيل بالعدول عن قراره بالإستقالة. بل أن الأحزاب الشيوعية العربية الرسمية تبنت موقفا ( يحاول إنقاذ ماء وجه الإتحاد السوفييتي الذي رمى بثقله وراء النظامين المهزومين في سوريا ومصر) يقول إن إسرائيل لم تحقق أهدافها من حرب 1967 لأنها أرادت إسقاط الأنظمة التقدمية العربية لكنها لم تنجح لأن تلك النظم ظلت باقية على عروشها. كل هذا وإسرائيل احتلت كامل فلسطين التاريخية وسيناء والجولان!!!
هذا ما قصدت بالقمع الآيديولوجي. ولم أقصد قطعا القول بأن تلك النظم تمثل أو تعبّر عن مصالح أو رغبات شعوبها. أعيد باختصار ما صبّ جام غضب أطراف عدة عليّ في المعارضة العراقية لصدام حسين (ولست في حاجة لتزكية من أحد لكي أفتخر بانتمائي لها) القمع الآيديولوجي أشد ضراوة من كل أشكال القمع الأخرى.
تستند الأنظمة الآيديولوجية إلى توجيه الأنظار إلى عدو خارجي واحد تصوره سبب كل المشاكل التي يواجهها الخارج: كل المجازر التي تم ارتكابها ضد الأكراد وغيرهم في العراق وضد الحمويين في سوريا وبشاعات سجن عين طرة وأبو زعبل في مصر تمت باسم الدفاع عن الوطن ضد عدو خارجي. لايهم إن كان "العدو" إمبرياليا أو فارسيا أو صهيونيا. المهم أن يكون ثمة عدو خارجي نحشد قوانا في مواجهته (وما هي النازية؟ الهجوم البربري على عدو خارجي يتمثل في كل من لاينتمي إلى "عرقنا" الآري!). هكذا يتم تصوير التخلف وانعدام الخدمات والبطالة وهيمنة العسكر وأجهزة المخابرات على المجتمعات بأنها ناتجة عن "حشد الموارد لمواجهة العدو" وكضرورة لتحقيق الإنتصار عليه، وهو ما عبر النظام الناصري بشعار "لاصوت يعلو فوق صوت المعركة" وسخر منه التقدميون بتحويله إلى "لا سوط يعلو فوق سوط المعركة"!!!
على هذا الأساس كتبت مقالات عدة عن ثوراتنا مذ كنت في الإسكندرية حين اندلعت الثورة المصرية. تخلّى النظام المصري رسميا عن الإنتماء إلى إطار عقائدي يقوم على مواجهة عدو خارجي ولم يعد إسم "حزب الإستقلال الدستوري" ذا معنى بعد ستين عاما على استقلال تونس وانحيازها الرسمي إلى جانب الغرب. كانت كل الأنظمة العربية، ولاتزال، فاسدة/ قمعية/ وحشية/ متواطئة مع أعداء شعوبهم، لكن النظم العقائدية التي ظلت تتغنى بالعداء للأجنبي لاتزال تملك رصيدا جماهيريا سنخدع أنفسنا إن عزوناه إلى القمع أو شراء الذمم فحسب، إذ إن هذا التصوير الساذج سيعيق الثوريين عن تحديد الفئات التي يمكن كسبها وتلك التي يمكن تحييدها والفئات التي لابد من محاربتها.


6. حين دعوت، ولاأزال أدعو، إلى تدخل عسكري من جانب الناتو لدعم الثورة السورية وشل الماكنة العسكرية لنظام الأسد الدموي، تعرّضت إلى انتقادات حادة (وشتائم أترفّع عن الرد عليها) مفادها أن تدخلا كهذا سيؤدي بسوريا إلى المصير الذي وصل إليه العراق. والحال أن مقارنة كهذه تغفل، أو تتغافل، الإختلاف الشاسع بين الحالتين وبين شكل التدخل الذي أدعو إليه وأسبابها.
لايريد كثيرون التذكر بأن كل الثورات العربية بلا استثناء بدأت سلمية بما فيها حركة ينبغي أن تثير انتباهنا هي اليمن، لأن معظم القبائل تملك السلاح لكنها لم تلجأ إليه إلا خلال الشهور الأخيرة التي سبقت استسلام علي عبدالله صالح المراوغ لمبادرة قد تساعده في العودة إلى التحكم بمفاصل السلطة.
كانت هناك (ولاتزال) ثورات مستعرة في كل بلدان "الربيع العربي". فهل ثمة مجال للمقارنة بين حالتها وحالة العراق؟ جوابي هو: نعم ولا. سأبدأ با"لا". أشرت في مقالي الأخير في الحياة (وتفضل الحوار المتمدن بإعادة نشره) إن مأساة الشعب العراقي (من بين عشرات المآسي التي مر بها) إن ثورة شعبية وفقا لأي تعريف نريد اتّباعه لمعنى الثورة اندلعت إثر الهزيمة المذلة لنظام صدام حسين عام 1991، وكانت قوات التحالف (الإحتلال) تحتل سدس أراضيه، لكن تلك القوات لم تكتف بالإمتناع عن دعم الثورة فحسب، بل أنها وقفت ضدها بشراسة. أقول هذا لأذكّر أولئك العرب الذين وصفوا تلك الثورة ك"تنفيذ للمصالح الغربية واستجابة لرغبة الولايات المتحدة"، وبعض هؤلاء (ومنهم أصدقاء شخصيين لي لاأود ذكر أسمائهم) يلعب اليوم أدوارا قيادية في الثورات العربية الحالية. وهكذا تم قمع تلك الثورة حين سمحت القوات الغربية لنظام صدام حسين باستخدام آلته الحربية الوحشية ضد الثوار.
أما في عام 2003، فكان الوضع مقلوبا. أولا، لأن الحصار الذي حطم معنويات الشعب العراقي وذكريات القمع الوحشي لثورتهم شل إمكانية انطلاق ثورة جديدة، وثانيا، لأن التدخل الغربي اتخذ شكل احتلال أمريكي أشعر العراقيين عن حق بالإذلال ودمر ما تبقى من مؤسسات كان بوسعها الوقوف، وإن جزئيا، بوجه هذا الإحتلال.
ما سبق يبين رأيي في أن ثمة اختلافا جذريا بين حالة العراق وبين ثورات الربيع العربي. أما وجه الشبه فهو يكمن في أن الأنظمة التي أسميتها بالعقائدية تستخدم مبررات وجودها (الزائفة بالطبع) لكي تمارس سحقا ممنهجا ووحشيا ضد جماهير عزلاء،لايمكن لها الإنتصار من دون إسناد خارجي ليس مطلوبا منه القيام بالثورة نيابة عن الشعب، بل أن يساهم في جعل الصراع متكافئا بين تلك النظم وبين الأخير. والمثال الأكثر جلاءا هنا هو الثورة الليبية التي ما كان لها أن تنتصر، برغم أنها كانت تحظى بدعم غالبية الشعب، لولا تدخل حلف الناتو لا عبر الإحتلال بل عبر توجيه ضربات شلّت الماكنة العسكرية للنظام، وهو ما أدعو إليه في حالة سوريا.


7. تسقط النظم العقائدية مخلّفة وراءها إرثا مأساويا يتطلب التخلص منه عقودا من الزمن وسيل كثير من الدماء التي قد تدفع البعض (وأنصار النظام المنهار بالطبع) إلى التذكير بأفضلية مزعومة لتلك النظم، في الوقت الذي يتم تناسي إن تلك العواقب نجمت بالضبط عن هيمنتها المديدة على السلطة. الإرث الأول يتمثل في أن أكثر من جيل تشبّع بأفكار تلك الأنظمة وبات خطابه المعارض نسخة مقلوبة من خطاب النظام المهزوم، كالحديث عن كيفية الثأر من طوائف كان النظام ينحاز إليها لكي تصعد طائفة المنتصرين محلها، أو ممارسة شراسة وحشية غذاها النظام في أذهان مواطنيه. أما الإرث الثاني فيتمثل في إجبار من يثورون عليه على حمل السلاح حتى وإن بدأت الثورة سلمية، مما يؤدي بالضرورة إلى نشوء ميليشيات يصعب التحكم بها ودمجها في جهاز عسكري واحد من دون تقديم تنازلات لها على حساب مبادئ الثورة. أما الإرث الثالث فيتمثل في أن تلك الأنظمة تغادر المسرح من دون أن تترك مؤسسات، حتى وإن كانت شكلية، يمكن استخدامها كلبنات لبناء مؤسسات سيادة القانون مثل القضاء المتمتع بدرجة من الإستقلالية والمهنية أو مؤسسة عسكرية محترفة غير مسيّسة بالكامل، مما يعني إن على الثورة أن تبدأ من الصفر مستندة إلى وعي شوهته عقود من الإستبداد.


8. ماذا يريد التقدميون من الغرب؟ منذ نهاية الحرب العالمية الثانية حتى سقوط جدار برلين، كان التقدميون العرب (وفي العالم الثالث عموما) يحددون مواقفهم بشكل ردات فعل يكون للغرب اليد الطولى فيها، بمعنى أنهم لم يعرفوا مايريدون بل كانوا يرون مايريده الغرب فيتخذون موقفا معاكسا، مما أدى إلى وقوعهم في أخطاء مخجلة (ومشينة). فحين كان الغرب يعادي نظام سلفادور الليندي الديمقراطي الإشتراكي ونظام الساندينيستا المماثل في نيكاراغوا كانوا يتبنون مواقف شديدة الحماس دفاعا عن الديمقراطية. أما حين يعادي الغرب نظما وحشية مثل نظام منغستو هيلاري مريام في أثيوبيا، فكانوا يهاجمون الغرب "لإستهدافه" النظم الثورية. وحتى في الفترة التالية لعام 1990، ظل التقدميون مترددين في اتخاذ مواقف شجاعة تنطلق من قناعات ثابثة: هل ندعم صدام حسين (مع علمنا بطبيعته الدكتاتورية) لأنه يجابه الغرب؟ وهل نقف إلى جانب صربيا في حربها العدائية ضد الشعب البوسني لأن الغرب تبنى مبدأ حق تقرير المصير للأخير؟ وهل أن الشعب الكردي "أداة" في يد إسرائيل والولايات المتحدة لأنه يناضل من أجل حقه في تقرير مصيره؟ وينطبق الحال هنا على الثورات العربية التي يبدو موقف التقدميين منها مثيرا للإستغراب. فإن لم يتدخل الغرب في دعم ثورتي تونس ومصر، قيل من باب الإتهام إنه يدافع عن نظامين حليفين (وهو أمر صحيح). وإن لم يتدخل في دعم الثورة السورية، قيل أن هذا تخاذلا من جانبه. وإن تدخل في ليبيا قيل أنه طامع في ثروتها النفطية. وقد أدت هذه المواقف المرتبكة (وهي ليست عفوية) إلى القول الشائع (والصحيح في رأيي) بأن اليسار (ولنضف إليه الإسلاميين) يقف مع الديمقراطية حين تخدم مصالحه ويعاديها إن لم تكن كذلك.


9. أخيرا، لنتناول موضوعة الإسلام السياسي ولعلها كانت القضية الأكثر إشغالا للتقدميين العرب. أشرت في مقال سابق في الحوار المتمدن إلى أن الحركات الإسلامية مارست هي الأخرى أشكالا من القمع الآيديولوجي القائم على غسيل الدماغ. لكن هذا القمع لم يكن لينجح لو لم تستفد تلك الحركات من الفقر والبطالة المستشريين لتوفر وسائل العيش والخدمات لمن يواليها حتى أنها أنشأت مجتمعا موازيا، لاسلطة موازية فقط، في مواجهة الأنظمة الحاكمة. فمن الطبيعي إذن أن تحصل (في المراحل الأولى التالية للثورات على الأقل) على مواقع قيادية في الأجهزة التشريعية المنتخبة وتترك بصماتها على الحياة السياسية بمجملها. وذكرت بأن تلك الحركات كانت أقرب إلى نبض الشارع من اليسار في كثير من البلدان، مما دفع كثيرا من القراء إلى تحدي زعمي هذا. إذن عليّ أن أتساءل مع القارئ عن الدور المشين الذي لعبه الحزب الشيوعي السوري، لافي الحركة الثورية المستعرة الآن فحسب، بل طوال اربعين سنة من تحالفه مع النظام البعثي القمعي باسم "مجابهة الإمبريالية والصهيونية"، ودور حزب التجمع المصري الذي حاول أن يضفي مصداقية على نظام مبارك من خلال مشاركته في مهازله الإنتخابية المزورة مقابل حصوله على فتات من الأمتيازات. أليس من حق البسطاء أن يروا في هؤلاء "اليساريين" الذين يتغنون بتمثيل البروليتاريا ويسكنون في أحياء المعادي والمزّة أعداءا لهم وجزءا من النظام الذي يحقدون عليه؟


10. حيم كتبت ما سبق لم أكن غافلا عن الإمكانات المالية الهائلة والدعم السياسي الإقليمي الذي تمتعت وتتمتع به خركات الإسلام السياسي. إذ لايمكن فصل صعود حركات الإسلام السياسي عن الصراع الإقليمي وتحديدا الصراع القطري- السعودي على زعامة المنطقة برغم ما تنطوي عليه المقارنة بين البلدين من مفارقة حين نقارن حجم كل من الدولتين وموقعهما الإقليمي والدور التاريخي لكل منهما في دعم الحركات الرجعية والظلامية لافي العالم العربي فحسب بل في العالم الإسلامي بل وخارجه (موّلت السعودية، بالإتفاق من الإدارة الأمريكية في عهد رونالد ريغان، حركة الكونتراز التي قاتلت نظام الساندينيين التقدمي في نيكاراغوا).
لكن المفارقة تزول حين نتذكّر أن السعودية تبدو مقيّدة الحركة أمام التغيرات الجارية، فهي لاتخفي عداءها التاريخي لحركة الإخوان المسلمين التي تتبنى فلسفة تهدد التفسير الوهابي السلفي للإسلام، وتهدد بالتالي ادعاءها بأنها تمثل الإسلام "الحقيقي". وصعود الأخوان إلى السلطة، لاسيما في مصر يشكل ضربة قد تكون قاصمة لنفوذها الذي كان قائما على الدعم المستميت لنظام حسني مبارك الذي لم يتخّذ نظامه إجراءات قمعية بحق السلفيين الذين قاموا بالمقابل بإصدار فتاوي الدعم له وإعلان عزوفهم عن ممارسة العمل السياسي. أما الأخوان فقد رمت قطر بكل ثقلها وراءهم لكي تستند إلى ثقلهم السياسي في مجابهة السعودية ومنافستها، إذ أنها تدرك إن أموالها لا تكفي لوحدها لتأخيلها لعب دور قيادي في المنطقة. وهكذا فإن سيطرة الأخوان على السلطة السياسية في البلد الأكثر ثقلا في العالم العربي، والذي نشأت الحركة على أرضه، سيعنى انتقال مركز الإسلام إليه ويقضي على الشرعية التي استمدت منها السعودية أسس حكمها.
لاعجب إذن أن يعلن السلفيون فجأة ممارستهم العمل السياسي "الدنيوي" بعدما حرّموه باعتباره ينقل سلطة التشريع من الله إلى البشر. ولاعجب أيضا أن تتوصل لجنة لتقصي مصادر تمويل مؤسسات المجتمع المدني شكلتها وزارة العدل المصرية إلى أن الجماعات الدينية تسلّمت مبلغ خمسين مليون دولار خلال الأشهر الستة الأخيرة من عام 1911، ذهب ثلاثون مليونا منها إلى الجماعات السلفية. وكان مصدر التمويل بلدين خليجيين لم تكشف اللجنة عن اسميهما لكن ليس من الصعب معرفة إنهما السعودية وقطر, وفي المقابل أعلنت اللجنة أن المنظمات العلمانية لم تتسلم أي مساعدات خارجية برغم كل الحملات الشرسة التي تعرضت لها بسبب اعتمادها على "التمويل من مصادر مشبوهة".

 

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Révolution - Révolutions à l’horizon 2011-2012

Publié le par Mahi Ahmed

 

 Révolution - Révolutions

à l’horizon 2011-2012

Michel Vovelle

A télécharger  à l’adresse  ci-dessous

http://www.gabrielperi.fr/IMG/pdf/michel_vovelle_revolution_revolutions.pdf

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L’extrême droite, une nébuleuse multiforme qui s’enracine

Publié le par Mahi Ahmed

L’extrême droite, une nébuleuse multiforme qui s’enracine

par Michel Rogalski

Economiste (EHESS-CNRS), directeur de la revue Recherches internationales.

À l’échelle du monde, l’extrême droite prend ses marques et s’enracine au travers d’une nébuleuse multiforme. Ses singularités diffèrent d’un continent à l’autre et reflètent l’histoire et la spécificité des sociétés. Quel que soit son visage, l’extrême droite, presque toujours xénophobe, se nourrit des peurs, des frustrations et des précarités générées et alimentées par la crise. Elle progresse sur des sociétés fragilisées dont les repères et les valeurs sont heurtés. Les gros bataillons ne viennent plus en Europe des groupuscules violents ou paramilitaires et souvent nostalgiques du nazisme qui, tolérés ou non, perdurent encore de façon marginale et folklorique dans la vie politique. Certes, des filiations idéologiques avec cette famille politique peuvent être objectivées pour quelques dirigeants, mais pour l’essentiel le discours, les formes d’action, les milieux influencés se sont tellement modifiés qu’ils inclinent plutôt à penser en termes de ruptures que de continuités.
Le monde arabo-musulman, du Sénégal au Pakistan, soit largement plus d’un milliard d’hommes, a vu se développer en une trentaine d’années des formes d’intégrisme religieux qui s’apparentent à un fascisme vert prenant partout violemment pour cible les forces progressistes et démocratiques et ayant le projet d’imposer la prééminence de principes théocratiques sur l’espace social et politique. En Afrique noire, les sectes évangélistes prospèrent et véhiculent des valeurs rétrogradent, tandis qu’en Amérique latine elles ont toujours été associées aux formes extrêmes des dictatures militaires.

Partout, ces mouvements, surfant sur l’air du temps, ont su tout à la fois faire coaguler des aspirations diverses, utiliser les techniques les plus modernes de la communication de masse et se retrouver à l’aise dans une mondialisation qu’ils leur arrivent parfois de pourfendre. Selon les pays et les situations, les thèmes seront simplifiés et caricaturés par des leaders qui ne s’embarrasseront pas de complexité et chercheront avant tout à déstabiliser le système politique en présentant ses élites comme incompétentes, corrompues, complices de forces obscures menaçant l’intérêt national et insensibles aux besoins du peuple. Les boucs émissaires seront vite trouvés. Ici l’immigré, là le profiteur de l’État-providence ou le fonctionnaire, sauf s’il est policier, douanier ou soldat, car l’ordre musclé n’est jamais rejeté. Ou encore, la région pauvre et paresseuse parasitant la région riche et besogneuse sera montrée du doigt et invitée à se séparer. L’anti-fiscalisme et le rejet de l’État-providence seront mis en avant, notamment dans un continent comme l’Europe où l’État a toujours été affirmé et tenu pour responsable des solidarités nécessaires. Ailleurs, la présence d’une forte immigration habilement associée à une montée de l’insécurité, vraie ou fantasmée, sera un effet d’aubaine. On assiste même aujourd’hui à des tentatives de réhabilitation de la colonisation en exaltant ses soi-disant bienfaits, suggérant par là qu’il ne s’agissait que de civiliser des « barbares » qui devraient nous en être reconnaissants. Des sentiments identitaires caractériseront souvent cette mouvance. Flattés à l’échelon national, ils nourriront une forme nationaliste d’opposition à l’Europe et à la mondialisation ainsi qu’à l’idéologie qui l’accompagne, le mondialisme. Mais déclinés sur un mode régionaliste voire séparatiste, ils remettront en cause le modèle national en se jouant de l’Europe flattant les régions.
À l’évidence, ce fonds de commerce prospère. Mais centré sur des identités et des particularismes, il peine à se constituer en internationale effective à l’échelle du monde et arrive difficilement à tisser des réseaux de relations efficaces au-delà de l’horizon continental, comme c’est le cas au Parlement européen. On imagine en effet mal des intégrismes religieux se mettre à coopérer, même s’ils s’alimentent l’un l’autre.

L’idéologie de l’extrême droite est finalement assez simple : il faut préserver. Qu’il s’agisse de la race, de la nation ou de la civilisation face au « barbare » qui est aux portes ou déjà à demeure ; ou bien des valeurs ancestrales menacées - travail, famille, religion -, de l’ordre établi bousculé par toute évolution de société. Il faut défendre tout cela parce qu’on s’est persuadé que c’était ce qu’il y avait de meilleur, donc de supérieur aux autres. Il faudra même lutter contre la science si elle en vient à contredire nos convictions profondes, notamment religieuses. Au cœur de cette idéologie se niche la haine de l’autre et la conviction que l’homme est un loup pour l’homme. Le recours à l’affrontement, à la tension, voire à la guerre, ou la construction de dangers, de menaces ou d’ennemis, seront systématiquement recherchés pour entretenir une cohésion sociale ou communautaire contre « les autres ». On comprend combien ces « idées », ces phobies ou ces croyances rentrent en totale opposition avec toute avancée progressiste porteuse de valeurs de solidarité et de progrès. Le choc ne peut être que frontal et sans concessions.

Les stratégies seront diverses. Pour certains une posture d’alliance avec la droite conservatrice sera privilégiée et permettra une participation au pouvoir (Autriche, Italie, Pays-Bas, Portugal). Pour d’autres, faute d’avoir réussi à se rendre fréquentable, la perspective tracée sera celle de la déstabilisation du système politique perçu comme obstacle à toute avancée vers le pouvoir. Mais, dans tous les cas de figure, posture d’affrontement ou participation, l’effet sera le même, celui d’une droitisation de la société et du recul des valeurs progressistes. Montée des égoïsmes, repli individuel, abandon des acquis sociaux, recul des solidarités, refus des différences, recherche de boucs émissaires, traduiront le déplacement du curseur idéologique.

C’est dans la violence que la mondialisation a imposée aux peuples et aux États que réside probablement la cause principale de ce bouleversement du paysage politique. Ses effets délétères ont ravagé les souverainetés nationales garantes des protections que l’État devait à ses populations, et de la préservation des identités de chaque pays. Le spectacle de gouvernements successifs incapables d’agir efficacement sur des problèmes considérés comme essentiels et se retranchant derrière la contrainte externe pour se disculper de leur inaction ou de leur incapacité à obtenir des résultats, a créé le terreau sur lequel a germé ces postures xénophobes et identitaires. La précarité et le chômage se sont développés sur une grande échelle touchant d’abord les plus démunis et les plus exposés et affolant des classes moyennes craignant d’être happées dans le désastre. Ces dernières catégories constituent le socle le plus fidèle de cette droite extrême car elles reprochent à ceux d’en haut de donner à ceux d’en bas avec leur argent, au risque de les déstabiliser. C’est pourquoi toute solidarité et assistance sont bannies de leur horizon mental.

Bien qu’embarrassant à la fois la droite traditionnelle et la gauche, cette montée identitaire et xénophobe lance un défi particulier à cette dernière qui n’a pas su offrir une alternative crédible à ces bataillons ouvriers et populaires qui l’ont abandonnée. L’absence de vraies réponses de la part de la gauche, au programme peu audible car insuffisamment différencié de celui de la droite et suggérant un consensus mou sur la mondialisation, la construction européenne, le social, la réponse à la crise, ont favorisé l’illusion d’un système pipé dont il fallait sortir par l’extrême droite. Celle-ci a su accueillir ces ruisseaux de mécontents et transformer leur démarche protestataire en vote de conviction et d’adhésion par définition moins versatile. Regagner ces voix, voire arrêter l’hémorragie, ne sera donc pas tâche facile. Redonner sens au clivage gauche/droite, ne pas confondre social avec sociétal, être clair sur les couches dont on défend les intérêts et intransigeants sur toute dérive xénophobe deviendront très vite des postures incontournables pour les forces politiques se réclamant de la transformation sociale.

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.
Site : http://www.recherches-international...
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L’ Algérie dans la ligne de mire des prédateurs occidentaux

Publié le par Mahi Ahmed

L’ Algérie dans la ligne de mire des prédateurs occidentaux

‎Hier ‎23 ‎avril ‎2012, ‏‎11:31:09 | admin

 

 

Décidément, à chaque nouvelle déstabilisation d’un pays, l’Occident fait appel à ses éclaireurs médiatiques. Une grande campagne de désinformation est orchestrée contre le Mali. Pourquoi ? Après le retour à l’ordre constitutionnel auquel plusieurs parties ont appelé, cela se conçoit, que se cache-t-il derrière ce double jeu d’un Occident qui ne lâche pas prise ?

L’encouragement des Touaregs à constituer un « Etat »indépendant ne serait-il pas conçu dans cette logique de balkanisation de la région ? On est tenté d’y croire si l’on se réfère aux richesses dont regorge le Nord du Mali. Dans cette perspective prédatrice, l’Occident ne s’embarrasse pas d’appliquer sa politique des « deux poids deux mesures ».

Y-aurait-il de bons et de mauvais putschistes ? Dans cette nouvelle escalade à nos frontières, quels seraient les enjeux et le rôle de l’Algérie ? Questions que nous avons abordées avec le Dr Ley-Ngardigal Djimadoum, Secrétaire Général d’ACTUS / prpe (Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme / Parti Révolutionnaire Populaire et Ecologique) et d’ALAC (African Libyan Action Committees).

Au vu des informations véhiculées par les médias occidentaux, c’est l’apocalypse au Mali. Comment peut-on décrire la situation qui prévaut actuellement ?

Après les guerres impérialistes d’occupation en Irak, Libye et Côte d’Ivoire, aucun esprit rationnel et objectif peu soit-il ne pourrait encore croire aux médias mensonges occidentaux sur le Mali. A cet effet, un bref rappel historique des trois croisades occidentales de cette dernière décennie, serait nécessaire pour rejeter les intoxications médiatiques impérialistes sur le Mali. La désinformation médiatique est une redoutable arme utilisée systématiquement à satiété par les prétendues « puissances démocratiques » et impérialistes occidentales afin de recoloniser les pays du sud.

Ces mensonges érigés en mode de gouvernance universelle, remplacent dorénavant les lois internationales. Depuis la guerre contre le Président Saddam Hussein et le peuple irakien le 20 mars 2003, la désinformation ou les mensonges éhontés ont permis la recolonisation de ce pays et de la Libye par les puissances impérialistes Usa ,Grande Bretagne et France. Au palmarès de cette prédation coloniale il faudrait ajouter la Côte d’Ivoire où la France s’était illustrée toute seule par une expédition militaire coloniale punitive en bombardant le palais présidentiel puis kidnappé et déporté le président légitime, insoumis Laurent Gbagbo. Elle a ensuite intronisé son nervi Alassane Ouattara.

La démocratie à la canonnière jette de l’opprobre sur la France qui se dit défenseur des valeurs démocratiques universelles. Souvenez-vous encore du petit tube à essai de laboratoire, exhibé par le Secrétaire d’état américain Colins Powell, lors d’une conférence de presse?

Ce mensonge ubuesque voudrait démontrer la présence d’armes de destruction massive (ADM) que détiendrait le président Saddam Hussein. Le résultat, nous le connaissons : Les usa et leur allié britannique ont occupé le pays après des mois d’intenses bombardements. Ce fut un véritable crime contre l’humanité, le président Saddam fut assassiné, plus d’un million d’irakiens morts, le pays détruit est occupé par les armées US et britannique, le pillage du pétrole continue. Paradoxalement, à ce jour aucune ADM n’a été découverte !

Ce bref rappel historique me semble t-il est nécessaire pour comprendre les cyniques objectifs de la campagne médiatique orchestrée par les médias mensonges occidentaux contre la prise de pouvoir par les jeunes officiers du Comité National de Redressement de la Démocratie et de la Restauration de l’Etat(CNRDRE) dirigé par le Capitaine Amadou Haya Sanogo. Cette aile de l’armée malienne ne serait pas inféodée à la Françafrique.

En effet, si ces militaires et leur coup d’état avaient reçu l’aval de l’impérialisme français, il n’y aurait pas eu cette avalanche de campagne de désinformation médiatique et de condamnation de la part des autorités françaises. Il n’y jamais eu d’apocalypse au Mali, causée par les militaires comme le pérorent les média-mensonges occidentaux. Où sont les images des manifestations de masse en faveur du régime du président déchu Amadou Toumani Touré (ATT) à Bamako ?

En revanche, ces média-mensonges ont occulté les manifestations monstres organisées par le Mouvement Populaire du 22 mars (MP 22) en soutien au CNRDRE. Une telle campagne de haine des impérialistes occidentaux, est un prélude à une guerre contre le peuple frère malien. Les exemples de l’Irak, de la Libye et de la Côte d’Ivoire sont présents pour nous rappeler la logique de guerre de recolonisation et de rapine de ces puissances prédatrices occidentales.

A ce sujet, l’écrivain et activiste malien Mountaga Fané Kantéka qui a vécu en direct les événements de Bamako, confiait dans un entretien réalisé par le journaliste Chérif Abdedaïm du quotidien algérien , La Nouvelle République du 11 avril 2012, le constat suivant : « Comme je l’avais mentionné dans un article,il y a eu toute une campagne de désinformation autour des putschistes sur le WEB et sur des médias occidentaux comme RFI, FRANCE 24 ou LA VOIX DE L’AMERIQUE, faisant croire que c’était l’apocalypse au Mali, alors que dans la réalité, ce n’était guère le cas. »

Dans son blog l’écrivain d’ajouter : « Sur les antennes des mêmes médias spécialisés dans la désinformation, j’ai entendu aussi qu’il y aurait eu ce lundi 26 mars 2012 un « millier » de manifestants (selon RFI et France 24) et « deux mille » selon la Voix de l’Amérique, dans les rues de Bamako, pour protester contre le coup d’Etat. Sauf s’il n’est pas vrai que je vis à Bamako, je n’ai eu AUCUN ÉCHO de ces protestations. Pourtant, je me suis promené en ville et me suis rendu jusqu’à KATI, FIEF DES PUTSCHISTES ».

Quelles seraient d’après-vous les motivations profondes de ces putschistes ?

Amadou Toumani Touré

Un certain nombre de faits sociaux gravissimes égrenés par le CNRDRE dans sa première déclaration du 22 mars 2012, justifient l’éviction du président ATT. La paupérisation exponentielle des masses populaires maliennes est inversement proportionnelle à l’accaparement des richesses nationales par une poignée de personnalités, le gouvernement est corrompu et incompétent, l’armée nationale délaissée et sous équipée est confrontée à la rébellion dans le nord du pays. Elle a perdu de nombreux hommes de troupe.

Les motivations profondes du CNRDRE seraient incontestablement le sursaut patriotique afin de résoudre les cruciaux problèmes sociaux et politiques. Dans sa conférence de presse du 13 avril 2012, le Capitaine Sanogo a réitéré les raisons de l’éviction d’ATT « Nous étions face à une situation chaotique, l’impasse politique, la corruption généralisée, et j’en passe. Notre ambition, C’est le Mali, le Mali en premier lieu, c’est-à-dire l’intérêt supérieur de la nation. Nous poserons des actes concrets au profit du peuple malien »[Le Prétoire du 13 avril 2012]

Les jeunes officiers du CNRDRE appartiennent à l’aile patriotique de l’Armée selon la déclaration du MP22, qui sont animés par un élan nationaliste afin de stopper la descente aux enfers dans laquelle ATT, sa poignée de corrompus, les narcotrafiquants et autres petits bourgeois compradores, conduisent le Mali. Pourquoi devrions nous douter de la bonne volonté de ces jeunes officiers qui de surcroît ont subi dès les premières heures de leur action salvatrice les hostilités de l’impérialisme français ? Le CNRDRE serait par conséquent une organisation autonome, indépendante de l’impérialisme français qui serait par ailleurs pris de cours, malgré son contrôle par ses agents de renseignements qui essaiment les pays de son pré-carré africain.

Ce coup d’Etat pourrait-il constituer un alibi pour une intervention militaire étrangère?

Sous le fallacieux prétexte de rétablissement de l’ordre constitutionnel, en réalité la défense de l’ordre colonial établi et des intérêts hexagonaux, les impérialistes notamment la France interviendrait militairement à l’instar de la Côte d’Ivoire. Pour cette dernière la Françafrique doit être préservée par tous les moyens économiques, politiques y compris militaires.

L’ultimatum de 72 heures lancé par la Cédéao au CNRDRE pour céder le pouvoir en rétablissant l’ordre constitutionnel, a été martelé dès les premières heures par la France. L’ordre colonial français a été donné à la Cédéao d’intervenir militairement au Mali. Cette organisation sous-régionale, présidée par Ouattara, s’affirme au grand jour comme le bras armé des impérialistes notamment de la France. Rappelons que le coup d’état militaire du 11 avril 2011 de l’armée française contre le président légitime Laurent Gbagbo, a permis d’introniser monsieur Ouattara. Ce dernier qui doit tout à son maître, le Président Sarkozy, fera du zèle en commettant des massacres s’il le faut.

D’après-vous, les militaires qui ont pris le pouvoir ont-ils les moyens de contrôler la situation sécuritaire sans subir d’influence de récupération par l’Occident ?

Le régime d’ATT était responsable de l’affaiblissement matériel et moral de l’Armée nationale. Il serait difficile au CNRDRE de contenir dans un premier temps très court l’insécurité insidieusement et cyniquement programmée par les puissances impérialistes au Mali et dans cette sous-région africaine saharo-sahélienne. Le Mali affaibli militairement, non seulement verrait se renforcer l’influence occidentale mais l’impérialisme français récupérerait puis atomiserait l’esprit patriotique qui a conduit à la création du CNRDRE.

Sous prétexte de réorganiser l’armée malienne et de l’aider à combattre les groupes rebelles au nord du pays, la France exigerait en retour l’installation d’une base militaire. Au demeurant rappelons que l’hexagone a toujours souhaité installer une base à Mopti, cependant le régime socialiste de Modibo Keita s’était opposé. Les régimes successifs étaient contraints de répondre par la négative ou hésitaient car l’opinion malienne en général est farouchement opposée à une présence militaire française sur le sol national.

Vous voyez pourquoi, la France a aussi contribué à l’affaiblissement militaire du Mali en permettant auMouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) de rentrer au Mali suréquipé depuis la Libye. Des milliers de maliens ont perdu la vie. Le cynisme des impérialistes occidentaux à l’égard de l’Afrique est sans limites lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts.

 

Ont-ils les moyens nécessaires pour contenir la révolte des touaregs et éviter le démembrement du Mali ?

La proclamation de l’indépendance de l’Azawad le vendredi 06 avril 2012 n’est pas une surprise pour les observateurs peu avertis soient-ils. En effet, Les moyens matériels de l’armée malienne sont évidemment insuffisants en qualité et quantité face à l’armada des groupuscules armés (Aqmi, Ansar Dine) et le Mnla surarmé grâce aux arsenaux libyens.

Dans sa déclaration du 20 mars, le CNRDRE a accusé le régime d’ATT d’avoir été responsable de l’affaiblissement matériel de l’Armée nationale. Cette dernière ne serait pas en mesure de contenir les assauts des groupuscules armés dans un premier temps car une guerre ne saurait être définitivement gagnée ou perdue que si la victoire ou l’échec s’inscrit dans la durée. La farouche volonté commune de rétablir l’intégrité territoriale du Mali et son unité d’avant la proclamation d’indépendance de l’Azawad, a été maintes fois affirmée par tous les partis, associations et société civile.

Cette unanimité ne vaincrait-elle pas le démembrement du pays? Peut-on imposer à un peuple uni, jaloux de son indépendance, de l’intégrité territoriale du pays, la désintégration de sa patrie? Le Président de transition du Mali, Dioncounda Traoré a haussé le ton contre les rebelles sécessionnistes du Mnla : «Nous n’hésiterons pas à mener une guerre totale et implacable pour recouvrer notre intégrité territoriale. Pour bouter hors de nos frontières tous ces envahisseurs porteurs de désolation et de misère, que sont Aqmi et tous ces trafiquants de drogue qui opèrent depuis trop longtemps dans le nord de notre pays.(…) Nous préférons la paix, mais si la guerre est la seule issue, nous la ferons”, a-t-il promis.» [Le Nouvel observateur du 12 avril 2012).

Le Capitaine Sanogo, président du CNRDRE a aussi résumé cette volonté unanime relative à l’intégrité du Mali en ces termes : « Il y a d’abord le dialogue, et l’armée est la dernière solution. Et si on devait passer par cette option, on s’est donné comme mission de défendre l’intégrité territoriale. Nous sommes en train de voir dans quelle mesure on pourra outiller l’armée. Le reste on verra bien. »[Le Républicain du 16 avril 2012].

Estimez-vous que la « révolte » des Touaregs contre l’ex.régime malien est légitime ou serait-elle dictée par ceux qui veulent instaurer une nouvelle configuration géopolitique dans la région du Sahel ?

Il conviendrait de souligner que les révoltes des Touaregs dans le nord du Mali et dans d’autres pays de la Françafrique sont récurrentes et à caractère social. Leurs causes sont d’origine exogène et/ou endogène. Dans tous les pays du pré-carré français d’Afrique y compris le Mali, l’héritage des antagonismes sociaux créés par le colonisateur entre les peuples, demeurent conflictuels. Par exemple au Mali, l’administration coloniale instituera les premières discriminations entre nomades « blancs » et sédentaires « noirs ».

Dans les années 50, les actuelles régions du Nord peuplées de plusieurs centaines de milliers d’habitants pour une superficie de 822 000 km2 disposaient seulement de 4 cercles, 10 écoles dont 4 dites«régionales» (primaires au niveau des chefs-lieux de cercles), 10 dispensaires et infirmeries. Voici le vrai visage de l’impérialisme français qui refuse tout véritable développement social économique des colonies. Le Mnla et les Touaregs auraient effacé de leur mémoire ce fait colonial accablant pour s’allier aujourd’hui à leur bourreau d’hier afin de dépecer leur pays, le Mali?

Depuis « l’indépendance », les gouvernements nationaux ont accompli des efforts substantiels en matière de structures de santé et d’éducation par rapport à l’administration coloniale française qui avait délaissé sciemment cette région du nord, une sorte de bombe à retardement dans sa stratégie de recoloniser l’Afrique.
La question Touarègue est par conséquent l’une des survivances des problèmes des nationalités (d’origine sociale), léguée par la puissance coloniale française au jeune état malien à son accession à l’indépendance nominale de 1960.

La stratégie impérialiste de « diviser pour régner » trouve ici au Mali comme dans tous les autres pays du pré-carré français sa concrétisation. Les antagonismes ethniques, régionaux (Nordistes contre sudistes) religieux (chrétiens contre musulmans)… ont été exacerbés par la France afin de fragiliser puis de soumettre à sa domination totale les états. L’impérialisme occulte ainsi sa responsabilité historique dans le pillage des ressources naturelles et l’exploitation des peuples, lesquels ont conduit à leur paupérisation. C’est dans ce contexte de revendications sociales légitimes contre les affres du système d’exploitation capitaliste que des populations entières africaines se sont soulevées contre les dictateurs imposés par la France.

 

Les légitimes révoltes sociales contre les régimes dictatoriaux imposés par la France sont légions. Ces dernières devraient-elles nécessairement conduire à la proclamation unilatérale d’indépendance le 06 avril 2012 d’un Etat Touareg (Azawad) ?

Les injustices sociales institutionnalisées par les dictateurs « Gouverneurs-délégués » de la France en Afrique touchent tout autant les autres peuples et régions maliennes, à l’exception d’une ultra minorité de nouveaux riches prédateurs, pro-impérialistes, constituée des dirigeants politiques leurs familles élargies et Clans. La révolution populaire de 1991 contre la dictature de Moussa Traoré au Mali à laquelle les Touaregs ont participé est un exemple qui transcende tous les clivages régionalistes jadis semés par la puissance coloniale. Les revendications sociales des Touaregs et celles des autres populations face aux affres du régime étaient convergentes et nationales. L’intégrité territoriale et l’unité nationale ont été préservées.

Ce constat reste encore valable aujourd’hui. Le Mnla se doit de le reconnaître. Il ne doit pas se laisser manipuler par les criminels desseins de l’impérialisme français contre le peuple malien auquel il fait partie intégrante. La balkanisation de l’Afrique la transformera en proie encore plus facile pour les puissances impérialistes occidentales prédatrices. Dans ces conditions d’injustices généralisées au niveau national, ne serait-il pas plus judicieux de fédérer toutes les révoltes sociales en luttes révolutionnaires nationales démocratiques populaires et anti-impérialistes afin de renforcer l’unité nationale? A cet effet, le MP22 qui regroupe 126 Partis, organisations, associations et personnalités a fait un pas décisif dans l’unité d’action en soutenant le CNRDRE tombeur du régime d’ATT.

Que pensez-vous de l’indépendance autoproclamée de l’Azawad par le Mnla ? Quel rôle aurait joué la France ?

La France qui bombardait à l’époque la Libye, dispose toujours des bases militaires au Tchad et contrôle le Niger. Elle pourrait, si elle le voulait, intercepter les colonnes des Touaregs lourdement armées partant de Libye vers le nord du Mali. L’impérialisme français concocterait déjà son plan de la partition du pays.

Un deal aurait été conclu entre le Mnla et la France pour la proclamation de l’indépendance de l’Azawad le 06 avril 2012. Nous y reviendrons plus tard. Mieux encore, si la France était tant attachée à l’intégrité territoriale du Mali, pourquoi n’a-t-elle pas aidé en armes l’armée malienne ? Pourquoi n’a-t-elle pas convoqué le conseil de sécurité de l’Onu pour une question territoriale aussi importante ? Elle sait pourtant bien ameuter les instances onusiennes quant il s’agit d’aller bombarder les régimes insoumis.

Le deal conclu entre la France et le Mnla fait de ce mouvement son protégé. En effet, la France n’a pas mobilisé l’opinion internationale sur les crimes contre l’humanité commis par le Mnla dans les territoires qu’il occupe dans le Nord du Mali. Les intérêts de l’impérialisme français sont plus importants que les vies humaines et les droits de l’homme au Mali. Des actes gravissimes ont été commis par le Mnla sur les populations : viols des femmes, assassinats des civils, pillages, traitements humiliants, dégradants et exécutions sommaires des militaires faits prisonniers…

La ville d’Aguehoc au nord du pays fut le théâtre de la barbarie du Mnla et son allié Aquemi. L’Indépendant du 13 février 2012 rapporte les propos du président déchu ATT sur ces massacres d’Aguehoc « Lorsque le MNLA a quitté les lieux, nous avons découvert une tragédie. Soixante-dix de nos jeunes étaient alignés sur le sol. Les Noirs avaient les poignets ligotés dans le dos. Ils ont été abattus par des balles tirées à bout portant dans la tête. Ceux qui avaient la peau blanche, les Arabes et les Touareg, ont été égorgés et souvent éventrés »

Le Capitaine Sanogo

Selon le même journal « Mi-février, de retour d’une mission au Mali, le ministre français de la coopération, Henri de Raincourt, avait avancé un bilan de 82 morts et fait état de « méthodes barbares et expéditives » dans l’exécution des victimes ». Le quotidien malien l’Essor du 17 février 2012 écrit : « Du 18 au 24 janvier dernier, la localité d’Aguelhoc au nord du pays a été brutalement attaquée par des éléments se réclamant du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Des dizaines de militaires des forces armées et de sécurité ont été faits prisonniers avant d’être froidement exécutés, les mains entachées dans le dos, avaient témoigné deux jours plus tard, les élèves de l’Institut de formation des maitres lesquels avaient pu s’échapper de cet enfer »

Les déclarations du gouvernement français « désapprouvant » cette indépendance mais ne la condamnant pas fermement ne sont qu’une imposture. Le président Sarkozy déclara : « il faut travailler avec les Touareg pour voir comment ils peuvent avoir un minimum d’autonomie »[Le Monde du 13 avril 2012] Pourquoi ignore t-il les accords de paix entre le gouvernement malien et le Mnla, signés à Tamanrasset sous l’égide du gouvernement algérien le 6 janvier 1991? N’y aurait-il pas là une certaine volonté manifeste de torpiller la médiation algérienne afin de réaffirmer sans complexe la suprématie coloniale de la France dans son pré-carré ?

S’agissant de l’autonomie des 6ème et 7ème régions du nord du Mali, le procès verbal de cet accord stipule : « Les deux parties ont convenu que les populations des trois régions du nord du Mali géreront librement leurs affaires régionales et locales par le biais de leurs représentants dans des assemblées élues, selon un statut particulier consacré par la loi ». De quelle «autonomie» nouvelle qu’évoquait subtilement le président si ce n’est l’indépendance autoproclamée de l’Azawad dont la France est la cheville ouvrière ?

A l’heure où les impérialistes occidentaux, malgré leurs rivalités internes inhérentes au système capitaliste, s’associent militairement pour recoloniser l’Afrique, ne serait-il pas suicidaire pour notre continent de favoriser sa balkanisation en aidant à la réalisation de leur doctrine « diviser pour régner»? Le Mnla cantonné dans «l’Azawad » land serait une proie encore plus vulnérable pour prédateurs occidentaux qui le dépèceront davantage en (Azawad occidental, oriental, centre, nord, sud…) au gré de leur boulimie d’exploitation en appliquant la même stratégie d’indépendance programmée. Ils inciteront plus tard d’autres populations (Songhaï, Maures, Bambara, Peuls, Dialonke, Mossi, Bambara…) qui vivent dans cette région septentrionale du Mali à proclamer aussi unilatéralement leurs indépendances.

L’exploitation capitaliste des peuples africains se traduit par le bonheur et le bien-être croissant des prédateurs. Le Mnla serait piégé dans des accords de dupes avec les puissances impérialistes qui l’auraient encouragé et soutenu dans sa proclamation unilatérale d’indépendance de l’Azawad le 6 avril 2012.

 

…Les Touareg déchanteront et leur réveil sera brutal. Les peuples africains se doivent d’intégrer dans leurs actions la dimension panafricaine de notre riche continent qui est devenu aujourd’hui au 21ème siècle l’enjeu majeur de géostratégie pour les puissances impérialistes occidentales.

Les puissances impérialistes notamment la France et les Usa sont en rivalité entre elles d’une et d’autre part avec les puissances émergentes notamment la Chine pour l’exploitation des gigantesques ressources minières (pétrole, gaz, uranium, or, phosphate bauxite, manganèse…) du sahara.

La position géostratégique de la région saharo-sahélienne attise aussi les convoitises de ces deux puissances occidentales. A cette effet, depuis 2002, les USA ont élaboré le Pan Sahel Initiative (PSI) qui deviendra en 2004 Trans-Sahara Counter Terrorisme Initiative (TSCI), dont l’objectif officiel est d’aider les forces de sécurité des pays riverains et limitrophes du Sahara (Niger, Mali, Algérie, Tchad, Maroc, Tunisie, Mauritanie, Sénégal, Ghana) à contrôler les frontières et à lutter contre les activités illégales et le terrorisme incarné par Aqmi [Source : globalsecurity.org du 26 mars 2012].

Des manœuvres et entrainements militaires ont eu lieu entre les unités des ces armées africaines et les troupes étatsuniennes sur notre continent. La France, quant à elle dispose des bases en Afrique (Tchad, Djibouti, Gabon, Côte d’Ivoire, Sénégal, Centrafrique) et des accords de coopération ou de défense avec un certain nombre de pays de la Françafrique. Ces structures lui permettent de maintenir sa domination voire de bombarder le palais présidentiel au cas où le dirigeant africain manifesterait des velléités d’indépendance, d’insoumission comme le fut le président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

Certains évoquent la reprise du célèbre plan d’Alain Peyrefitte sur la création d´un Etat pour les Touaregs, chevauchant sur quatre pays, le Nord du Niger et du Mali, le sud de l´Algérie, le sud et l´ouest de la Libye. Partagez-vous cet avis ?

Je partage cette analyse. En effet, l’activisme militaire de la France autour du Sahara l’atteste. La question du Sahara a toujours été l’une des préoccupations majeures de l’impérialisme français suite à la guerre de libération nationale du FLN. L’intérêt de l’hexagone pour cette région africaine est d’autant plus aigu avec la montée en puissance de la Chine dans le domaine économique sur le continent. Cette « intrusion » chinoise dans le pré-carré a affaibli considérablement la suprématie impériale de la France. Son sursaut impérialiste se traduit par un activisme guerrier dans cette région africaine (Libye, Mali, Tchad, Niger, Mauritanie).

La France s’attellerait à concrétiser son vieux projet de 1957 de créer l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Cette structure consistait à rassembler les régions sahariennes d’Algérie, du Mali, de Mauritanie, du Niger et du Tchad dans un ensemble unique sous contrôle de l’ancienne puissance coloniale. Les troubles qui affectent cette région ces dernières années par exemple celui du nord Mali frontalier avec le Sahara algérien, impliquerait la France.

Selon l’universitaire malien Dr ASSADEK aboubacrine, un deal a été conclu entre la France et le Mlna en ces termes : « Le deal convient que la France s’engage à soutenir financièrement, diplomatiquement et stratégiquement les séparatistes jusqu’au bout (c’est-à-dire jusqu’à l’atteinte de leur objectif). En contrepartie, les séparatistes devront s’engager à éradiquer l’Aqmi du nord du Mali et aussi à confier aux sociétés françaises l’exploitation du pétrole du nord.» [Sites : Blogregardscroises du 7.04.2012, Rfi du 10.04.2012 et Médiapart du 18.04.2012]

La question du Sahara fut déjà à la veille des indépendances des colonies africaines, une des préoccupations majeures de la France. En effet, elle voudrait amputer l’Algérie de son sud (Sahara algérien), provoquant ainsi l’échec des premières négociations franco-algériennes d’Evian entre le 20 mai et le 13 juin 1961 et les pourparlers de Lugrin du 20-28 juillet 1961. Le Front de Libération Nationale(FLN) organisa des manifestations populaires dans tout le pays. Comme un seul homme, le peuple algérien a pour exprimer son indéfectible attachement à l’intégrité du territoire national et son soutien au FLN et auGouvernement provisoire de la République Algérienne(GPRA).

On suspecte notamment la main des services de renseignements français dans cette nouvelle crise malienne ? Etes-vous de cet avis ?

Mouhammar Khadafi

Les guerres de l’ombre ou secrètes que mènent les services secrets occidentaux pour recoloniser l’Afrique sont une réalité. En Libye comme en Côte d’Ivoire, les agents de la DGSE étaient en action. Il en est de même pour le Mali aujourd’hui. Au Mali,le deal conclu entre la France et le Mnla évoqué précédemment se trouve renforcé par la croisade guerrière dirigée par la France contre la Libye, son rôle dans les prises d’otages au Niger et Mali, ses implications militaires au Niger, en Mauritanie et au Tchad dans les affaires d’otages.

Cette cartographie qui épouse les contours du Sahara et qui cerne l’Algérie, confirme si besoin est, les interventions des services de renseignements français. Cette guerre de l’ombre est un prélude à la « vraie ouverte» contre l’Algérie et pour cause.

Dans cette région, la République Algérienne Démocratique et Populaire(RADP) est incontestablement la plus puissante et importante. Elle est aussi indépendante, insoumise depuis la victoire du FLN en 1962 sur l’impérialisme français. La RADP empêche de facto la réalisation du projet de 1957 d’Alain Peyrefitte de la création d´un état saharien Touareg, le contrôle de la bande Saharo-sahélienne (riches en richesses minières stratégiques) par les puissances occidentales.

En conclusion la RADP doit être déstabilisée voire détruite afin de voir se réaliser les projets des impérialistes. Le quotidien algérien Le Temps d’Algérie du 11 septembre 2011 écrit : “Les services de renseignements français qui organisent le trafic de missiles libyen, un lot de 20 000 Sam 7 russes et Stringer américains passé aujourd’hui aux mains d’Al Qaïda au Maghreb (Aqmi), avaient planifié au début des années 1990, la révolte des Touaregs dans le nord du Mali. Une rumeur sur la prétendue arrestation de Akhamoukh, véhiculée par ces services secrets au moment de l’affaire Hadj Batou, avait été exploitée pour élargir l’insurrection dans l’Azaouate à la région de Tamanrasset”.

D’autres sources affirment par ailleurs que parmi les 7 otages occidentaux détenus au Sahara par Aqmi, l’un d’entre eux serait un agent des services secrets français, la DGSE. Cette guerre secrète que mène la France sous prétexte d’infiltrer les réseaux terroristes afin de les combattre ou de libérer les otages, n’aurait-elle pas aussi d’autres objectifs que ceux invoqués?

L’Algérie a connu des années noires, elle a su faire face courageusement toute seule et vaincre les terroristes. A qui profiterait une nouvelle déstabilisation de ce pays africain? Curieuse coïncidence ou pur hasard, on observe les accointances entre les impérialistes occidentaux et Al quaïda ces derniers temps : En Libye, M. Abdelhakim Belhaj, l’un des chefs militaires rebelles, aujourd’hui gouverneur militaire de Tripoli, un djihadiste bien connu des services secrets américains et son groupe, ont été aidés par Sarkozy-Obama-Cameron et les bombes de l’Otan pour prendre le pouvoir a Tripoli au sein du CNT.

A propos de cet homme, le quotidien français Le Monde daté du 26.08.2011 écrit : « Plus connu de la CIA sous le nom d’Abou Abdallah Al-Sadek, il est l’un des fondateurs et même l’émir du Groupe islamique combattant (GIC) libyen, une petite formation ultra radicale qui, dans les années précédant le 11 septembre, possédait, au moins deux camps d’entraînement secrets en Afghanistan »

Une configuration similaire de cette alliance contre nature est en cours en Syrie contre le président Bachar Al Assad. L’Algérie et son juteux Sahara échapperaient t-ils à ce plan diabolique des impérialistes? Il est de notoriété publique que le prétexte de «lutte» contre Aqmi et autres groupuscules terroristes au Sahara, invoqué par les prédateurs occidentaux, masque en réalité leur farouche volonté de s’incruster et d’installer leurs bases militaires. Ils pourraient ainsi garantir le pillage à ciel ouvert et à haut débit des immenses richesses minières de la région saharo-sahélienne au détriment de l’Afrique.

Le schéma classique de la nouvelle stratégie des impérialistes pour recoloniser l’Afrique et les autres pays du sud dirigés par des présidents insoumis, repose sur les actions déstabilisatrices des services secrets.

Voici par exemples quelques pays qui sont dans la ligne de mire, en cours de déstabilisation ou ceux déjà victimes: l’Algérie de Bouteflika, la Libye de Kadhafi, la Côte d’Ivoire de Gbagbo, le Zimbabwe de Mugabe, la Corée du Nord de Kim Jong Un, l’Iran d’Ahmadinejad, le Venezuela de Chavez, Cuba de Castro, la Bolivie de Morales, la Syrie de Bachard Al Assad…

Les puissances impérialistes envoient leurs agents sur le terrain fomenter des troubles, infiltrer et dévier les mouvements normaux de revendications sociales existants de leurs objectifs initiaux, livrer une guerre médiatique en relatant généralement les prétendus massacres des populations civiles par les régimes… La suite vous la connaissez. Les puissances impérialistes encore appelées « communauté internationale » imposent alors une résolution au conseil de sécurité permettant ainsi de légitimer les bombardements des pays, de capturer ou d’assassiner les dirigeants wanted et enfin de recoloniser légalement les pays et pratiquer le pillage à haut débit et à ciel ouvert avec l’aval du Conseil de sécurité de l’Onu.

 

Hier, les pays tels Haïti, Irak, Côte d’Ivoire, Libye étaient victimes de cette guerre de l’ombre. Au Mali, cette guerre est en cours. A qui demain le tour? L’Afrique doit réagir énergiquement et collectivement contre cette guerre de recolonisation qui nous est imposée. C’est une question de survie de notre continent et des peuples.

Selon l’agence chinoise Xinhua du 26 mars 2012 : « Le Ministère français des Affaires étrangères a réitéré le 26 mars son exigence du «retour à l’ordre constitutionnel » au Mali. Pour vous c’est une déclaration de guerre. Pourquoi ?

L’impérialisme français a toujours eu un mépris atavique à l’égard des états subsahariens. Ce constat est insupportable, humiliant et dégradant pour l’Afrique. Les indépendances nominales de 1960 n’ont rien changé dans l’attitude de la France car elle détient tous les leviers qui lui permettent d’asservir nos états. Les déclarations du Ministère français des Affaires étrangères sur le «retour à l’ordre constitutionnel » est effectivement une déclaration de guerre contre le peuple malien qui a osé lever la tête.

Cette déclaration est aussi un ordre qui traduit cette réalité du rapport « Maître-Esclave » que la France voudrait maintenir pour l’éternité contre la volonté d’émancipation des peuples du pré-carré français d’Afrique. Il serait utile de rappeler les trois principaux leviers qui permettent à la France de tenir en laisse les états du pré-carré français d’Afrique :

- La Monnaie : Parmi les premières mesures de rétorsion imposées par la France contre le CNRDRE et les organisations affiliées, la plus importante est le blocage des avoirs dans les banques des pays membres de la Cédéao. Le Mali appartient à la zone monétaire du FCFA que dirige la France. Une asphyxie monétaire et économique du pays aurait des effets immédiats.

Rappelons pourquoi cette monnaie est contraire au développement de l’Afrique. Créé le 26 décembre 1945 par la France, le FCFA « Franc des Colonies françaises d’Afrique » est appelé à partir de 1958 « Franc de la Communauté Française d’Afrique ». Il est utilisé par quinze (15) anciennes colonies françaises d’Afrique. Le FCFA étant lié à l’Ex-Franc Français (FF) se retrouve aujourd’hui sans l’avis des africains avec une dévaluation sans précédent dans la zone Euro (1 euro = 655,957 CFA).

Une telle parité monétaire permet aux puissances impérialistes, notamment à la France de piller nos ressources naturelles et non de les acheter à leur juste prix. De plus, se sont les multinationales occidentales qui spéculent en bourse sur les cours des matières premières. Afin de garantir la stabilité de FCFA avec un taux de change fixe arrêté la France, cette dernière a imposé aux 15 pays africains de placer 65% de leurs recettes d’exportation encore appelées réserves de change en devises étrangères sur un compte du Trésor français.Une domination et un vol qui ne permettront jamais un développement de nos états et le bien-être des masses populaires africaines.

Prenons un exemple : si le Tchad vend du pétrole pour une valeur d’un milliard de dollars, il a l’obligation de laisser un dépôt de 650 millions de dollars sur son compte domicilié au Trésor Français à Paris. Cet argent enrichit de toute évidence l’hexagone. La Banque de France dispose ainsi et gratuitement d’importantes réserves en devises étrangères et de liquidités permettant à l’état français de faire face aux dépenses courantes alors que les travailleurs africains cumulent des retards de paiement de plusieurs mois parfois par manque de liquidités. Cette servitude coloniale monétaire est aussi caractérisée par l’absence d’une politique monétaire indépendante conforme au développement et aux intérêts des peuples, car la France dispose le droit de véto au sein des conseils d’administration des Banques centrales africaines (BEAC et BCEAO).

- La Défense et la Sécurité : Les accords militaires et de sécurité conclus avec les états africains, la présence des bases militaires françaises sur le continent, permettent à l’hexagone de tout surveiller et d’exercer des pressions militaires sur les gouvernements.

- La Diplomatie : Elle dépend de deux premières. Les états de la Françafrique, non seulement sont pillés économiquement, mais ils constituent un socle sur lequel la France s’appuie pour pouvoir avoir encore le statut de puissance moyenne à l’Onu en faisant entendre sa voix. Au demeurant, rappelons que les dirigeants (Gouverneurs-délégués) de la France en Afrique, imposés aux peuples et soutenus par Paris, votent comme un seul homme derrière lui à l’Onu.

 

Ces Harkis de l’impérialisme français sont aussi coupables de la tragédie ivoirienne, libyenne et de la recolonisation de ces deux pays. Au niveau de la crise malienne, nous avons assisté à l’exécution servile des oukases de la France contre le Mali par les Harkis de la Cédéao dirigés par Ouattara.

…Ce dernier furieux par la manifestation de soutien au CNRDRE organisée par le MP22, brûlait d’impatience pour envoyer 3000 hommes grâce à la logistique de l’armée française d’occupation en Côte d’Ivoire pour massacrer les maliens et rétablir l’ordre colonial. Quelle humiliation pour notre continent !

Vous considérez la crise malienne comme une recrudescence des agressions impérialistes occidentales contre l’Afrique, afin de la recoloniser ? Pouvez-vous explicitez davantage ?

En l’espace d’une année, deux guerres de rapine et de recolonisation ont été livrées contre l’Afrique. La Côte d’Ivoire et la Libye sont aujourd’hui sous occupation impérialiste occidentale. La crise malienne est une extension de la croisade guerrière contre la Libye. Cette guerre embrasera incontestablement toute la région Saharo-salienne.

Mais cette fois-ci, la stratégie de l’impérialisme est d’abord de déstabiliser, d’affaiblir puis d’occuper toute la région Saharo-sahélienne qui renferme de gigantesques ressources stratégiques (Pétrole, gaz, uranium, wolfram, or) mais aussi pour sa position géostratégique. Le vieux projet d’Alain Peyrefitte de 1957 de création d´un état saharien Touareg est sorti des tiroirs de la Françafrique. La proclamation unilatérale de l’indépendance de l’Azawad le 6 avril 2012 au nord du Mali par le Mlna n’est pas fortuite. Elle concrétise le dessein de la France.

Si le Mali a été choisi en premier pour ce projet saharien, c’est pour la proximité immédiate de l’Azawad avec le Sud algérien où se trouve la ville la plus importante de tout le Sahara, Tamanrasset. D’une part et d’autre part le Mnla a conclu un deal avec la France. La présence de la République Algérienne Démocratique et Populaire (RADP) indépendante et insoumise dans cette région du Sahara, empêche incontestablement la concrétisation du grand projet impérialiste pour le Sahara par conséquent, cet état africain est dans la ligne de mire des prédateurs occidentaux qui rêvent par ailleurs de le plonger dans le chaos, le dépecer à l’instar de la Libye. L’impérialisme impose à l’Afrique des guerres de recolonisation. Nous avons le devoir et le droit de nous défendre.

Cette « gangrène » qui a touché la Libye (actuellement en proie à une guerre civile généralisée), la Côte d’ivoire et maintenant le Mali, va-t-elle s’étendre à d’autres pays africains ou s’arrêter à ce niveau ?

La crise monétaire et économique du système capitalisme qui frappe les puissances impérialistes depuis 2008, la montée en force des pays émergents Brésil, Russie, Chine, Afrique du Sud (BRICS) notamment la Chine, se traduit par le déclin irréversible des anciennes puissances occidentales.

Dans l’espoir de pouvoir maintenir leur rang politique sur la scène internationale, leur haut niveau de vie par le pillage des ressources des pays du sud, les puissances impérialistes se sont fixés pour objectif la recolonisation de l’Afrique, cet « espace vital ».

Elles déclenchent sans complexe des guerres meurtrières de rapine certifiées par les résolutions scélérates du conseil de sécurité de l’Onu. Hier, c’étaient la Côte d’Ivoire et la Libye. Aujourd’hui, c’est au tour du Mali qui est en déliquescence programmée par les impérialistes. A qui demain le tour si l’Afrique ne s’organise pas collectivement pour se défendre ? Le Mali subirait le même sort suivant la stratégie française éprouvée en Côte d’Ivoire où un nervi de la Françafrique a été imposé et certifié par l’Onu et la France.

Rappelons que la France a sanctuarisé la région nord de Côte d’Ivoire où s’étaient retranchés les rebelles Ouattara et Soro, permettant ainsi à ces derniers de se renforcer militairement avant de les introniser suite au coup d’état de l’armée française le 11 avril 2011 contre le président légitime et insoumis Laurent Gbagbo.

Cette offensive de recolonisation de « l’espace vital » par les prédateurs occidentaux s’étendra à toute l’Afrique si nous laissons faire. Stoppons par tous les moyens cette boulimie de reconquête occidentale de l’Afrique. Nous devons nous organiser collectivement à l’échelle continentale pour vaincre cette guerre qui nous est imposée. C’est la légitime défense car il y va de l’existence de notre continent et des africains.

Malgré la situation actuelle, vous êtes de ceux qui semblent confiant quant au sursaut d’orgueil des enfants de l’Afrique. Dans quelle mesure cela pourrait-il déjouer les complots tramés par les Occidentaux afin de s’accaparer les richesses africaine ?

Les deux événements majeurs du début de ce 21ème siècle qui marqueront à jamais les consciences des masses populaires africaines sont :

- les bombardements du palais présidentiel de Côte d’Ivoire par l’armée française, causant la mort de plusieurs centaines d’ivoiriens, la capture et la déportation à la Haye du président légitime Laurent Gbagbo pour y être jugé par la CPI, un tribunal raciste anti africain

- la croisade contre la Libye par le trio criminel Sarkozy-Obama-Cameron, dirigée par le président Sarkozy. Les bombardements des forces de l’Otan ont causé la mort de plus de 100.000 libyens et enfin l’assassinat du Guide Kadhafi par ces mêmes impérialistes et leurs supplétifs Harkis du CNT de Benghazi. Le pays jadis développé est aujourd’hui transformé en un champ de ruines.

Une conscience militante de lutte anti-impérialiste chez des jeunes prend de l’ampleur. Ils affirment leur attachement au panafricanisme et à la création des Etats-Unis d’Afrique (EUA), un sublime projet initié par le héros africain, le Guide Kadhafi et pour lequel il fut assassiné par les prédateurs occidentaux.

 

La balkanisation de l’Afrique programmée par les impérialistes, sera mise en échec par cette jeunesse conscientisée qui sera le futur de notre continent.

…Les EUA permettront la survie des peuples africains. Si l’Afrique subit encore cette domination occidentale, c’est que certains intellectuels africains, assoiffés de pouvoirs personnels, sont devenus des Harkis des impérialistes occidentaux.

Ils œuvrent en faveur des intérêts de leurs Maîtres occidentaux contre ceux de l’Afrique. Le comportement de traîtres, indigne, abject et criminel de ces «intellectuels-harkis», associé à celui de certains Leaders politiques et chefs d’états africains (Gouverneurs-délégués) de la France en Afrique, a encouragé les impérialistes occidentaux à commettre des crimes contre l’humanité et à infligé des humiliations à toute l’Afrique en 2011.

Ces « Harkis-intellectuels » qui ont applaudi les crimes impérialistes contre l’humanité en Côte d’Ivoire et en Libye, ces « Gouverneurs-Délégués » qui ont voté les résolutions scélérates du conseil de sécurité contre leur mère-patrie, l’Afrique, commencent à sentir la montée en puissance du sursaut patriotique anti-impérialiste de la jeunesse. Ils seront contraints de se soumettre à cette volonté populaire. C’est aussi ça la vraie démocratie et non celle qui a servi de prétexte par les puissances prédatrices pour recoloniser l’Afrique.

La «défense de la démocratie» et la «protection des populations civiles» sont les raisons toujours invoquées par les puissances occidentales pour intervenir militairement et recoloniser l’Afrique. Cependant, force est de constater aujourd’hui que le masque est désormais tombé. En effet, les pays sous occupation (Côte d’Ivoire et Libye) ne sont ni démocratiques, ni pacifiés. L’arbitraire et le désordre sont institutionnalisés et règnent. Face à cette imposture démocratique et à la recolonisation de l’Afrique, la résistance anti-impérialiste s’organisera et triomphera.

 

Je reste optimiste pour l’avenir de l’Afrique car le sentiment de révolte qui tonne chez les jeunes et la paupérisation exponentielle des masses populaires se transformeront en une révolution, qui comme un Tsunami brisera sur son passage les chaînes de l’esclavage.

Un sursaut patriotique est encore possible car notre continent doit exister et devenir la superpuissance du prochain siècle. L’Afrique, vaste continent, dispose en effet, des colossales ressources humaines, naturelles minières… indispensables à son envol vers cet objectif. L’absence manifeste de volonté politique chez certains dirigeants inféodés aux impérialistes et dont la mission est de torpiller le projet des EUA, résisterait-elle encore longtemps à la volonté des peuples tant humiliés, exploités et méprisé par les puissances impérialistes occidentales et leurs valets?

Les peuples algériens et vietnamiens conscientisés, déterminés ont vaincu les puissantes armées impérialistes françaises et étasuniennes. Un tel objectif à l’échelle des EUA serait d’autant plus facile que le niveau global de notre développement s’est largement amélioré en comparaison avec celui de la période des luttes de libération nationale.

Affaiblir le Mali pour le soumettre ? Quels sont les enjeux que représente le Mali dans cette nouvelle crise ? Serait-il une étape pour de nouvelles escalades déstabilisatrice dans la région ?

En permettant aux Touaregs de s’équiper en armements depuis les arsenaux libyens, en les laissant transiter librement par le Niger(qui est sous son contrôle) pour rejoindre au final le nord du Mali, frontalier avec le Sahara algérien (Tamanrasset), l’impérialisme français vise quatre (4) objectifs :

- affaiblir le Mali afin de le contraindre à accepter l’installation de la base militaire française à Mopti car l’opinion publique en général est très hostile à la présence des forces étrangères dans le pays.

- permettre aux entreprises françaises de participer à l’exploitation de l’or (confiée aux canadiennes), à l’exploration du pétrole et d’autres minerais. La France n’a pas digéré que son pré-carré accueille d’autres partenaires économiques.Toute velléité d’insoumission est sanctionné par la déstabilisation programmée du pays.

- affaiblir les relations entre l’Algérie et le Mali, surtout après les accords de paix de Tamanrasset du 6 janvier 1991, signés entre le Gouvernement malien et le Mnla, sous l’égide de la République Algérienne Démocratique et Populaire (RADP).

- contrôler la région Saharo-sahélienne pour sa position géostratégique et ses immenses richesses minières stratégiques. A cet effet, l’impérialisme voudrait à tout prix déstabiliser la RADP voir l’amputer de sa partie saharienne si besoin est, afin de ressusciter le projet de 1957 d’une région française au Sahara. Le choix du Mali pour cette criminelle opération tient à sa proximité directe avec Tamanrasset. La proclamation unilatérale de l’Azawad par le Mlna concoure à ce projet de l’impérialisme français malgré ses déclarations hypocrites sur le respect de l’intégrité du Mali. Son deal avec le Mnla cité plus haut montre son vrai visage.

Avec l’instabilité en Libye et au Mali comment voyez-vous le rôle et la place de l’Algérie au milieu de ce brasier, si l’on peut le qualifier ainsi ?

La République Algérienne Démocratique et Populaire(RADP), je préfère l’appelle littéralement car cela évoque dans l’esprit de tous les patriotes africains révolutionnaires l’épopée glorieuse de la lutte de libération du pays, héroïquement menée par le Front de Libération Nationale (FLN) contre l’impérialisme français.

Ce même impérialisme hexagonal a repris aujourd’hui le haut de pavé en déclenchant des guerres de rapine et de recolonisation de l’Afrique par exemple en Côte d’Ivoire, en Libye et en cours de réalisation au Mali. Ce brasier allumé à dessein par les impérialistes en Afrique pour la balkaniser selon leur principe de« diviser pour régner ».

Ces guerres de recolonisation, nous incite à relire l’histoire des luttes de Libération de notre continent. L’exemple de la RADP reste une source d’inspiration et à ce titre, nous estimons qu’elle a un rôle historique important à jouer dans la lutte anti impérialiste et contre la recolonisation de l’Afrique. Nous avons dans des déclarations de notre Parti, ACTUS/prpe, relatives aux situations en Côte d’Ivoire, Libye et Mali, fustigé les guerres impérialistes de la France en Afrique.

Nous avons exprimé notre solidarité avec le peuple algérien, qui en 1962 a infligé une cuisante défaite aux troupes coloniales françaises, arrachant son indépendance. Cette humiliation infligée à la France par les vaillants moudjahidines ou « Fellagas » de l’Armée de libération nationale (ALN) bras armé du FLN, resterait encore tenace dans la mémoire de la puissance coloniale qui voudrait à tout pris prendre sa revanche afin de piller le pétrole et le gaz dont elle en est dépourvue.

Après l’exécution de son plan criminel en Libye, au Mali, deux états frontaliers de la RADP, l’impérialisme français ne s’arrêterait pas en si bon chemin. La déstabilisation de la RADP prendrait son envol par l’activation des antagonismes régionaux (Berbères, Kabyle, Arabe, Touareg…) ou des réseaux confessionnels islamistes (Aqmi, Gia, GSPC)…

Cependant, nous souhaitons et espérons que l’esprit révolutionnaire et nationaliste du FLN d’antan, resurgisse afin d’infliger un second échec à toute velléité de balkanisation et de reconquête de la RADP. Cette dernière est dans la ligne de mire des prédateurs occidentaux notamment de la France qui rêve encore de réaliser son projet du Sahara français de 1957. Après l’indépendance du pays, la RADP a aidé de nombreux mouvements de libération des pays du sud.

Aujourd’hui, plus que jamais, ce devoir internationaliste prend tout son sens et importance en Afrique face à la recolonisation occidentale rampante de notre continent. La RADP devrait perpétrer cette noble tradition révolutionnaire car l’impérialisme n’a guerre changé. Il a muté sous la forme de la « communauté internationale » constituée en réalité des Usa, France et Grande Bretagne. C’est ce trio qui impose au Conseil de sécurité sa volonté impériale par des résolutions scélérates et criminelles en Côte d’Ivoire, Libye. La RADP indépendante et insoumise, ne serait-elle pas la prochaine cible de ces puissances prédatrices ?

Ces dernières ne se seraient-elles pas alliées à Aqmi-CNT en Libye pour assassiner le Guide Kadhafi, tuer 100.000 libyens par bombardements afin d’occuper le pays ? La défense de la RADP commencerait aussi par son aide à tout pays africain visé par les actions multiformes de recolonisation impérialiste. C’est à ce niveau que la patrie du FLN devrait jouer un rôle important décomplexé et ce d’autant plus que la sous-région Saharo-Sahélienne est convoitée par les puissances occidentales assoiffées des ressources minières stratégiques et d’installation des bases militaires. Nous pensons que si la RADP s’était impliquée davantage aux côtés de la Libye, elle aurait incontestablement imposé et entraîné l’Union Africaine (UA) à résister ensemble aux impérialistes.

Entretien réalisé pour la Nouvelle République

par Chérif Abdedaïm

 

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Gros appétits pour le Sahel

Publié le par Mahi Ahmed

Gros appétits pour le Sahel

lundi 23 avril 2012

 

Gros appétits pour le Sahel Tandis que les médias de masse nous abreuvent de détails sur l’ordre constitutionnel, l’islamisme, l’intangibilité des frontières, chaque « expert » (bien payé et pas neutre comme le démontre le documentaire sur « les nouveaux chiens de garde ») trouvant ainsi l’occasion d’étaler son savoir sur des questions qui, pour les puissants de ce monde, sont secondaires.

 

L’ordre constitutionnel n’est respectable que tout autant qu’il n’est pas dérangé par le résultat d’un référendum comme en 2005 en France , l’islamisme est ici encouragé (guerre d’Afghanistan 1979-1989) là utilisé ( Yougoslavie) ou brandi à l’occasion comme un épouvantail alors que les relations les plus étroites sont entretenues avec les pays qui le financent (Arabie saoudite, Qatar) .

Tout ce spectacle hypocrite sert à masquer d’autres enjeux.

La carte qui suit émane d’un club très officiel puisqu’il est une sorte de commission spécialisée de l’OCDE sur le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Rien de plus respectable pour les pouvoirs capitalistes en place puisque l’OCDE est l’institution qui a succédé à l’OECE chargée dés les débuts de la guerre froide de la répartition des crédits Marshall c’est-à-dire de la mise sous contrôle économique par les Etats-Unis des pays de l’Ouest européen. Depuis l’OCDE s’est installée comme bureau de recherche et de planification de l’ordre capitaliste occidental dominant.

Qu’ait été créé au sein de l’OCDE un club SAHEL et AFRIQUE DE L’OUEST suffit à démontrer que cette région du monde est considérée par le capitalisme occidental comme une de ses arrière-cours et qu’il a dans cette zone des projets et des appétits qui ne s’embarrassent pas de la souveraineté des États de la région.

Que dit cette carte ?

1- D’abord sur la population

Que les touaregs sont majoritaires dans la zone Nord du Mali, ce qui est une évidence démographique de longue date et cette partie du territoire malien actuel est appelée AZAWAD, terme revendiqué par le MNLA.

Qu’ils ne sont pas majoritaires au Sud de la boucle du Niger. Là aussi simple rappel des faits.

Mais surtout elle montre que la zone à dominante touareg dépasse très largement le Mali, qu’elle s’étend jusqu’en Libye et qu’elle est donc déstabilisée par la disparition du régime libyen.

2 -Ensuite sur les ressources convoitées :

Le niveau actuel des cours de l’or et les inquiétudes des possédants sur la stabilité des monnaies des pays capitalistes riches a déchainé une ruée mondiale vers le métal jaune

L’accès à de nouvelles sources de pétrole et de gaz est une préoccupante stratégique des Etats-Unis comme de l’Union européenne et ils veulent mettre la main sur les nouveaux gisements avant l’Inde et la Chine. L’Afrique de l’Ouest est donc de ce point de vue le terrain de chasse prioritaire.

3 - Dernière indication de portée politique et stratégique considérable : « le gaz du bassin de Taoudéni pourrait être exporté via l’Algérie ». Là s’exprime la crainte que l’Algérie et sa société pétrolière nationale la SONATRACH qui a déjà commencé à prendre part aux côtés des sociétés occidentales (Total et ENI en particulier) aux recherches prometteuses en Mauritanie et au Mali devienne le maitre du jeu.

Pour l’empêcher rien de tel qu’un bon gros désordre « islamique » pour mettre le pouvoir algérien, le seul qui conserve encore un peu d’indépendance du Caire à Rabat, sur la défensive.

Mais une autre histoire est possible qui n’est évidemment pas celle que veulent écrire les puissances membres de l’OCDE : que sous la houlette de l’Algérie, qui aujourd’hui a seule les capacités militaires et techniques pour le faire, les pays de la région se mettent d’accord pour exploiter ensemble ces nouvelles ressources pétrolières, les utilisent pour leur propre développement et exportent le reste par un port à construire sur l’Atlantique en Mauritanie ou au Sénégal. Un vrai projet Sud-Sud qui constituerait une véritable décolonisation du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

19 avril 2012

Source : Comaguer

envoi de http://www.michelcollon.info/ 

 

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UN ROMANCIER ALGÉRIEN PART À L’ASSAUT DE LA COLLINE 3

Publié le par Mahi Ahmed

UN ROMANCIER ALGÉRIEN PART À L’ASSAUT DE LA COLLINE 3 

 

C’est le nom du découpage politico-militaire par l’OAS d’une zone dela ville d’Oran en 1962, dont Messaoud Benyoucef retrace, pas àpas, l’histoire tragique.

 

Colline3, de Messaoud Benyoucef. Alma éditeur, 474 pages,19 euros.

 

Messaoud Ben-youcef (né en 1943) a enseigné la philosophie au lycée français d’Oran. Il a dû quitter l’Algérie en 1994, après l’assassinat du dramaturge Abdelkader Alloua dont, par ailleurs, iltraduit l’œuvre en français. Homme de théâtre, sa pièce Au nom du père, créée à Fécamp en 2005, et qui constitue le troisième volet d’une trilogie traitant de l’identité des jeunes issus de l’immigration, lui attira les foudres des associations de harkis.

 

Ce premier roman de près de 500 pages a pour titre un terme emprunté à l’Organisation de l’armée secrète (OAS) durant la guerre d’Algérie pour désigner l’une des dix zones politico-militaires de la ville d’Oran alors essentiellement peuplée d’Européens. Cette colline 3 englobe le centre-ville, le quartier israélite du Mellah et la Médina, ce bloc arabe appelé « le Village nègre » par les Européens. C’est dans ce probable sanctuaire de l’OAS, dans ce possible saint des saints de son dispositif, que se situe l’action du roman.

 

Le quotidien d’Oran, en ces jours de sang

 

Colline 3s’ouvre et se ferme sur les tout derniers mois de la guerre, quelque temps avant puis pendant le cessez-le-feu et la période transitoire censée emmener le pays vers «la libre expression de sa volonté», après 132 années d’occupation. Si la rébellion joue loyalement le jeu, l’OAS tente par tous les moyens de saborder les accords en cours. La contre-révolution blanche fait régner la terreur en ville. Ses abcès de fixation sont la prison et les hôpitaux.

 

C’est sous l’angle de l’absolue confusion et du danger permanent que Messaoud Benyoucef organise son récit. Mitraillages incessants, assassinats à bout portant, véhicules piégés, bombes roulantes, ratonnades et attaques au mortier sur les marchés : tel est le quotidien de la ville d’Oran en ces jours de sang. L’OAS dispose alors de nombreux effectifs, y compris dans la police, les renseignements généraux, et dans une partie de l’armée. L’auteur rend parfaitement compte du climat d’asphyxie de cette période et en pointe les contradictions ; par exemple, lorsque les adversaires d’hier de l’armée de libération nationale (ALN) ne sont plus l’ennemi principal, lequel est désormais l’OAS.

 

Un roman greffé sur la réalité historique

 

Messaoud Benyoucef décortique l’organisation de l’OAS locale avec ses petits patrons paternalistes, mais aussi ses partisans fascistes de l’Occident chrétien (OC) et des membres de la Haganah, la milice d’autodéfense sioniste. Dans cet univers de grand ébranlement collectif, survit tant bien que mal le personnage principal, Samy Halimi (nom juif, identité arabe), jeune homme seul, sans défense, devenu professeur de lettres classiques. Autour de lui, d’abord effacé, gravitent une théorie d’hommes et de femmes aux choix nets, tel Serge Bensaïd (nom arabe mais identité juive), jeune médecin lié aux milices nationalistes arabes…

 

Ce roman greffé sur la réalité historique ressuscite magistralement des heures noires d’une Algérie qui en a connu d’autres.

Muriel Steinmetz

 

Publié dans Information

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