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Projet de la loi de finances 2016 : L’oligarchie contre la société

Publié le par Mahi Ahmed

Projet de la loi de finances 2016 : L’oligarchie contre la société

dimanche, 29 novembre 2015 07:18

Nouredine BOUDERBA

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires. Elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciale. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale. (Déclaration universelle des droits de l’homme)

En 2014, pour la première fois depuis des décennies, le montant des importations a dépassé celui des exportations, ces dernières étant constituées à 99 % des hydrocarbures et de leurs dérivées. En date du 08 novembre 2015 le ministre du commerce a affirmé que les opérations de surfacturation représentent environ 30% du montant des importations annuelles soit 20 milliards de dollars de transfert illicite de devises à l’étranger" et ce uniquement pour l’année 2014.

Et curieusement une grande partie des experts, occupés jusque-là à opérer des tirs croisés contre la baguette de pain et le sachet de lait subventionnés, se sont empressés à remettre en cause ces chiffres donnés par un ministre du commerce en exercice. Il est vrai que par sa déclaration, il a apporté une fausse note à la symphonie orchestrée contre les transferts sociaux et les subventions. Pourtant le montant estimé de ces transferts illicites (l’équivalent de 1 651 Mrds de Dinars) dépasse le montant total consacré aux transferts sociaux pour l’année 2014 (1 609 Mrds DA). Il représente même 7,73 fois le montant de la totalité des subventions aux prix des produits alimentaires tant décriées (213 Mrds de DA). Le ministre des finances veut rassurer en affirmant devant l’APN que "les réserves de change, de l’ordre de 121 milliards de dollars à fin 2016, couvriront largement les importations de l’Algérie pendant 23 mois". Il n’a pas dit deux années ou trois années mais 23 mois car le premier argentier du pays n’improvise pas et a le sens de la précision puisqu’il nous dit « Nous avons une vision stratégique. Nous savons pertinemment quelles seraient les recettes de l’Algérie mois par mois jusqu’à 2019 ». Et 23 mois d’importations nous donnent un montant annuel de 63 milliards de DA soit un montant supérieur à celui enregistré pour 2014 (58,6 milliards de dollars).

le débat sur le projet de loi de finance 2016 aurait dû être l’occasion pour une évaluation sans complaisance de cette hémorragie et pourquoi il aura suffi de quelques mois de baisse des prix du pétrole pour mettre en évidence la fragilité des équilibres macro-économiques du pays malgré des recettes cumulées qui dépassent les mille milliards de dollars ces dernières 15 années. Pourquoi chercher puisque le bouc émissaire est vite trouvé ? Ce sont les dépenses sociales tirées par la boulimie l’algérien lambda qui « coute très cher » à l’état et qui doit se préparer à supporter le fardeau d’une austérité qui ne veut pas dire son nom.

Cette austérité a été inaugurée par la loi de finance complémentaire 2015, dictée par l’oligarchie, qui a décidé de financer ses cadeaux fiscaux par la population laborieuse puisque la rente pétrolière s’amenuisait avec la chute des prix du pétrole. Malgré la chute des revenus du pays, la LFC 2015 n’a pas manqué d’octroyer de nouveaux cadeaux fiscaux au patronat et aux riches. De nouvelles exonérations fiscales (TVA) et réductions des taux (IBS et des droits de douanes) avaient été décidées. Le taux d’imposition de l’impôt sur le patrimoine avait été relevé à 100 millions de DA (En 2013 ce seuil avait connu un premier relèvement de 30 MDA à 50 MDA). Une amnistie fiscale partielle appelée pudiquement "Mise en Conformité Fiscale Volontaire" avait été décidée pour les auteurs de malversations financières tandis que les fraudeurs de la sécurité sociale en défaut d’affiliation ou de paiement voyaient leurs pénalités effacées. Pourtant les dizaines de milliards de pénalités effacées, annoncées par la presse, ne se sont pas répercutées par des nouvelles affiliations à la SS selon les prévisions de clôture 2015 de la CNAS établies après l’échéance accordée aux fraudeurs. Mais le plus beau cadeau a été la réduction de 2 à 1 % du taux de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) qui, il faut le rappeler, constitue la ressource principale des budgets des collectivités locales. Et pour compenser le manque à gagner pour ces budgets suite à cette réduction on a décidé d’imposer d’avantage le pauvre citoyen y compris les smicards habitant les logements sociaux ou précaires : Augmentation des droits de timbres fiscaux pour tous les documents administratifs, augmentation de la taxe foncière, doublement des tarifs de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et augmentation des taux de la taxe d’habitation. Cette dernière taxe, en plus de sa hausse est dorénavant généralisée à toutes les communes (jusqu’à 2015 cette dernière était perçue uniquement dans les communes chefs-lieux de daïra pour les Wilaya autres que, Alger, Oran, Constantine et Annaba).

Avec le projet de loi de finance 2016 l’oligarchie passe à une vitesse supérieure dans le but de s’accaparer des richesses nationales quitte à ne laisser derrière elle que précarité, pauvreté et désolation.

1- En plus de reconduire toutes les mesures impopulaires de la LFC 2015, ce projet prévoit, à son tour, d’instaurer, au profit du patronat, d’autres réductions (taxe de publicité foncière) et exonérations fiscales (annulation de l’obligation de réinvestir une partie des bénéfices réalisés grâce aux avantages fiscaux. ...)

2- Mais le plus grave nous vient de cette OPA sur le patrimoine public, qui vise la privatisation totale des entreprises publiques, l’annulation du droit de préemption, l’ouverture aux financements extérieurs, la remise en cause de la règle 51/49%, la main mise sur le foncier...). Ne dit-on pas que l’appétit vient en mangeant !

3- Et comme les prévisions ne semblent pas annoncer un relèvement des prix du pétrole on a décidé que c’est au pauvre citoyen de supporter le fardeau. Les prix de l’électricité, de l’eau et des carburants vont connaitre des augmentations. Ces augmentations toucheront de plein fouet 80 % de la population en érodant d’avantage son pouvoir d’achat déjà entamé par la dévaluation du dinar (- 40 % de sa valeur à ce jour). La dévaluation du dinar se répercutera sur les prix des produits de consommation au trois quart importés) et l’augmentation des prix énergétiques et de l’eau vont se répercuter sur le reste, plus particulièrement les produits agricoles et le transport.

La généralisation de la précarité guette 80 % de la population et non uniquement le premier quintile (les 20 % les plus démunis soit 8 millions) comme veulent nous le faire croire les décideurs et les experts néo libéraux. En Algérie le gouvernement lui-même a reconnu qu’il y a 12 millions de personnes à qui il arrive de ne pas trouver quoi manger ou faire manger leurs enfants en annonçant qu’en 2015 1.7 millions de ménages avaient bénéficié du couffin de ramadan (selon l’ONS 2014 un ménage, des premiers quintiles, est constitué de 7 personnes en moyenne). En réalité le nombre des démunis est supérieur à 12 millions car beaucoup de pauvres, par dignité, refusent de subir l’humiliation imposée par les procédés de distribution des couffins de ramadan. Le FCE lui-même a identifié 24 millions d’algériens (3.4 millions de ménages) démunis, soit 60 % de la population totale, dans son plaidoyer-catastrophe remis au 1er ministre le 27/07/2015. Dans ce plaidoyer le forum, confondant le montant total des « transfert sociaux (1 711 Mrds de dinars) » avec celui du « soutien aux prix alimentaires (225.5 Mrds de dinars) » propose de supprimer la totalité des transferts sociaux (soutiens à la santé, à l’éducation et aux démunis compris) en contrepartie d’une insignifiante allocation (de 20 à 46 DA par personne et par jour) à octroyer aux 3.4 millions de ménages ayant un revenu inférieur à une fois et demie le SNMG. En vérité ils sont plus que 24 millions car le FCE considère qu’avec un salaire supérieur à 1.5 fois le SNMG (30 000 DA/mois par exemple) on n’est pas démuni en Algérie. L’amère réalité nous dit que le taux des algériens qui vivent dans l’extrême pauvreté, la pauvreté ou la quasi-pauvreté dépasse 80 %. Les dispositions de ce PLF 2016 conjuguées aux effets de la dévaluation du dinar s’apprêtent à faire basculer dans la pauvreté ou la précarité les 4/5éme de la population. Autant dire que c’est la fracture sociale qu’on continue à vouloir provoquer à un moment où la nécessité de la construction d’un front intérieur est une nécessité de survie pour le pays afin de faire face à l’appétit vorace de l’impérialisme et à la montée du danger terroriste aux frontières et à l’intérieur du pays.

Au sujet des subventions de l’électricité et des carburants :

Il n’y a pas de consensus international autour des politiques de subvention énergétiques ni même sur leur définition. Ainsi les institutions au service des multinationales (FMI , IEA, OCDE, Banque mondiale) considèrent qu’est subvention « tout ce qui ne conduit pas les agents producteurs de combustibles à recevoir l’entièreté de la rente qui se fixe par rapport au prix international pour les énergies exportables, ce que contestent les économistes des pays exportateurs et de l’OPEP. Ceux-ci considèrent légitime de prendre le coût marginal de long terme interne comme benchmark, puisque cela relève d’un choix politique qui revient à faire bénéficier les consommateurs locaux de la rente, et non pas la compagnie pétrolière nationale et au-delà le budget public » (Voir IEA et al. 2010 cités par Dominique FINON). Pour le capital international la subvention à la production ne dérange pas pourvu qu’elle aille dans les coffres des multinationales mais la subvention à la consommation, en vigueur dans les pays producteurs, destinées à préserver le pouvoir d’achat des populations serait la cause de tous les malheurs de l’humanité et de l’environnement.

Tous les pays du monde ont recours aux subventions dans les différents domaines mais curieusement 90% des études, menées par ces institutions au niveau mondial, sont consacrées aux pays en voie de développement. Et bien sur ces études, reprises en chœur par certains de nos experts recommandent aux pays producteurs de supprimer ces subventions qui seraient la cause de la surconsommation de l’énergie, du réchauffement de la planète et des déséquilibres budgétaires. De plus ces subventions profiteraient 7 fois plus aux riches qu’aux pauvres.

Ainsi l’inondation du marché mondial par l’Arabie Saoudite (11, 505 millions de barils/jour en 2014, presque 2 fois son quota) qui fait chuter les prix du pétrole de 120 $ à 46 $/baril est encouragée par le capital international pour qui cette surproduction ne provoquerait ni surconsommation ni augmentation des gaz à effet de serre qui seraient plutôt l’œuvre du goinfre algérien qui gaspillerait l’énergie subventionnée et polluerait l’environnement.

Pourtant dans les tous les pays du monde les dépenses de consommation des ménages ne sont pas, dans leur totalité, supportées directement par ces derniers. Les dépenses de santé, d’éducation, de logement et de transport sont en partie plus ou moins importantes supportées par l’état ou la sécurité sociale. Cette prise en charge par la collectivité de la satisfaction d’une partie des besoins socio-économiques s’effectue par le biais de la redistribution fiscale et sociale. Elle prend la forme d’une subvention aux prix des produits à leur production ou consommation comme elle peut intervenir sous forme de prestations individuelles ou collectives prises en charge sur le budget de l’état ou de la sécurité sociale.

En Algérie, comme dans la majorité des pays en développement, les transferts sociaux et les subventions jouent un rôle important dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté. Ils représentent une composante majeure de la protection sociale des populations car les prix internationaux élevés pour la nourriture et l’énergie sont hors de portée des revenus de la population. Les salaires en Algérie sont très bas et, ce n’est un secret pour personne, l’impôt sur le revenu composé dans sa quasi-totalité par la contribution des salariés a, depuis 2011, dépassé l’impôt sur les sociétés. Les experts nous disent "C’est normal, dans tous les pays du monde l’impôt sur le revenu est supérieur à l’impôt sur les sociétés-dixit Mr Lamiri ». Cette affirmation est vraie pour les pays développés pour la simple raison que la part des salaires dans le PIB y est partout supérieure à 50 % atteignant même 75 % pour certains d’entre eux alors que pour l’Algérie elle est à peine égale à 27,0% (calculée selon les données du ministère des finances 2014) alors qu’elle était de 34,7 % en 1993 . Même dans les pays voisins l’impôt sur les sociétés est supérieur à celui des salariés bien que le ratio salaires/PIB est supérieur à celui de l’Algérie et dépasse les 35 %.

Même avec les subventions les prix à la consommation ne sont pas aussi bas pour un algérien. Selon les statistiques françaises (UFC-Que choisir-2014) le prix d’un litre d’essence super à la pompe représentait le salaire moyen de moins de 05 minutes de travail pour un français alors qu’à la même année un algérien devait travailler 6 minutes 20 sec pour s’acheter un litre d’essence. Pour se procurer un litre de lait Il fallait 30 secondes de travail à un français contre 7 min à un algérien, 14 minutes à un français contre 40 min à un un algérien pour un litre d’huile, 5 min contre 6 heures 25 min pour un kg de viande de bœuf. Pour s’acheter une chaussure à bas prix il fallait 1 heure de travail à un français contre 10heures à un algérien et enfin pour consulter un médecin généraliste un français devait travailler 1 heures 24 min alors que l’algérien devait le faire pendant 5 heures.

Il n’est pas vrai de dire qu’il y a surconsommation en Algérie :

Certains experts nous répètent souvent que l’algérien est un goinfre coupable de surconsommation et de gaspillage mais évitent soigneusement de nous préciser leur référence et leurs normes et lorsqu’ils leur arrivent de donner des chiffres ils nous balancent souvent des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité. Or que nous apprennent les chiffrent officiels ?

L’analyse de l’évolution de la part de la consommation des ménages dans le PIB en comparaison avec celle de l’Investissement met en évidence l’iniquité de la répartition des richesses en Algérie au profit du capital et au détriment des citoyens qui vivent de leur labeur. La part de la consommation des ménages était égale à 61,8 % en 1989 soit une valeur très proche de celles enregistrées dans les pays voisins et dans les pays de l’OCDE. Depuis 1990 et sous l’effet du programme d’ajustement structurel imposé par le FMI, ce ratio n’a cessé de diminué pour atteindre 51,6% en 1995, 41,6% en 2000 et 30,2% en 2008. A partir de 2009 et suite à la hausse relative des revenus salariaux elle a commencé à se redresser légèrement pour se situer à 36,4 % en 2014 mais sans jamais atteindre ses niveaux des années 1980. A titre de comparaison la part de la consommation des ménages dans les pays voisins ainsi que la moyenne observée dans tous les pays de l’OCDE a, depuis les années 1980 oscillé entre 60 % et 70 % du PIB. En 2013 elle était égale à 60,8% au Maroc, 68 % en Tunisie, 80,8% en Egypte et 61,8% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cette baisse de la consommation des ménages en Algérie s’est faite, bien sûr, au profit des entrepreneurs à travers la formation brute du capital fixe dont le ratio FBCF/PIB après avoir oscillé entre 20 et 25 % de 1989 à 2007 a explosé pour dépasser dès 2009 celui de la "consommation des ménages"/PIB (soit 36,7% contre 36,4% en 2014). Pourtant cette évolution de l’investissement ne s’est pas traduite, ces dernières années, par des taux de croissance économique en rapport avec ce ratio. Même exprimée en dollars 2005 constant (pour tenir compte de l’inflation) la consommation par an et par habitant des ménages en Algérie est inférieure à 1000 dollars alors qu’elle dépassait 1200 dollars durant la période 1981-1987.

L’enquête sur la consommation des ménages pour 2011 réalisée par l’ONS a mis en évidence que la part des dépenses globales pour l’alimentation a été de 41,78% en 2011 Mais une analyse par déciles permet d’affirmer que 80 % de la population (D1 à D8) consacrent plus de 50 % de leurs dépenses réelles (hors loyers fictifs) à l’alimentation (Ce coefficient budgétaire dépasse 60% pour les 30 % d’algériens les plus démunis contre 28 % seulement pour les plus aisés (D10)). Certains ont conclu hâtivement que les algériens sont des boulimiques qui ne pensent qu’à leur ventre (comprenez l’algérien lambda car les riches n’y consacrent que 28 %).

En 1857, le statisticien prussien Engel mettait en évidence que "plus une famille est pauvre, plus grande est la proportion de ses dépenses consacrée à l’alimentation ". Cette loi continue d’être pertinente aujourd’hui à tous les niveaux de développement et dans toutes les régions du monde. Elle met en évidence la pauvreté qui sévit en Algérie et les inégalités qui l’accompagnent comme l’illustrent les ratios ci-dessus mais aussi l’écart qui sépare le niveau de vie de l’algérien de celui d’un citoyen des pays de l’OCDE puisqu’en moyenne ce dernier ne consacre que 15 % à l’Alimentation.

En matière de consommation d’énergie les antis subventions ont recours parfois à la surenchère en guise d’arguments afin de frapper les esprits. Ils nous disent par exemple « qu’encouragée par les bas prix, la consommation énergétique de l’Algérie a triplé entre 2005 et 2014 » et « la consommation moyenne d’énergie de l’Algérien est le triple de la moyenne mondiale » – El watan du 05/10/2015- .

En réalité, entre 2005 et 2014 la consommation n’a augmenté que de 73 % et non 200 % (APRUE). En 2012, par habitant et par an un Algérien a utilisé, en moyenne 1 237 kg d’équivalent pétrole (kgep) d’énergie contre une moyenne mondiale de 1 898 kgep/hab et 4 182 kgep pour un citoyen des pays de l’OCDE. Même comparé aux citoyens de tous les pays exportateurs du pétrole du monde l’Algérien est celui qui consomme le moins d’énergie en comparaison avec le Libyen (2 729), l’Iranien (2 883), le Vénézuélien (2 558) et très nettement au-dessous de la consommation moyenne d’un résident des pays du Golf (supérieure à 6 000 kgep/hab dans chacun d’entre eux).(données banque mondiale 2015).

La même constatation peut être faite en matière de consommation d’électricité. En 2012, l’Algérien a consommé en moyenne, 1236 kwh contre une moyenne mondiale de 3 064 kwh par habitant (8 082 kwh/hab pour les pays de l’OCDE). Là aussi l’Algérien se retrouve dernier au classement en comparaison avec ce que consomment en moyenne les citoyens dans la totalité des pays exportateurs du pétrole. Cette consommation est de 2762 kwh/hab en Iran, 3413 au Vénézuéla et 4707 en Libye. Au même moment un citoyen des pays du golf a consommé entre 8 400 kwh/an (Arabie saoudite) et 16 000 kwh/hab (Qatar). Même en Tunisie (avec 1 411 kwh/hab/an) et en Egypte (1 700 kwh/hab), pays importateurs de pétrole et de gaz la consommation d’électricité par habitant a été supérieure à celle de l’Algérie. (BM-2015)

Même en termes de développement durable, en 2011 le taux d’émission de CO2 en Algérie (3.316 tm/hab) est largement inférieur à la moyenne mondiale observée (4.94 tm/hab) et à celui enregistré dans chacun des pays producteurs d’hydrocarbures. (BM-2015).

Au sujet des prix de l’électricité et des carburants

Comme noté plus haut tous les pays en voie de développement producteurs d’hydrocarbures subventionnent les prix de l’énergie en prenant comme référence le cout marginal de long terme afin de faire bénéficier leur population et non les multinationales ou les capitalistes locaux de la rente . C’est ce que veulent annuler les néo libéraux pour orienter ce différentiel vers le capital pudiquement désigné sous le vocable investissement même s’ils nous disent que ce différentiel pourra être orienté vers la santé et l’éducation. Pourtant, ne craignant nullement la contradiction les antis subventions, dès qu’on leur parle santé, nous assènent que les soins coutent très cher à l’état et qu’il appartient au citoyen de mettre la main à la poche ou que la quantité n’a pas donné de résultats dans l’éducation et qu’il faut cibler la qualité maintenant en instaurant une sélection par l’argent bien sûr.

Le FMI, La banque mondiale, les spécialistes locaux, certains politiques et le gouvernement pour justifier l’augmentation des prix de l’électricité et des carburants nous balancent que « tous les pays abandonnent les subventions, le Koweït les a supprimées, les émirats arabes ont fait de même ainsi que les USA. Or qu’en est-il en réalité ?

En octobre 2014 Le Koweït a triplé le prix du diesel et du kérosène, carburants qui sont très peu consommés en les portant de 19 cents de dollar à 59 cents par litre mais a maintenu intacte la subvention de l’électricité et de l’essence qui est le carburant le plus utilisé dont le prix à la pompe est toujours 0.22 cents de dollars le litre. A titre comparatif en 2014 le litre d’essence coutait 0.27 cents de dollars le litre. En Arabie Saoudite le litre d’essence coute s (0.16 cents de dollars) et au Venezuela 0.08 cents de dollar le litre.

Mais le plus important est que les « subventions d’énergie » représentent une très grande part dans le revenu des algériens comparativement à ces pays qui ont des salaires autrement plus élevées qu’en Algérie. L’Arabie Saoudite par exemple a dès le début de l’hiver arabe, que certains appellent printemps, décidé d’octroyer l’équivalent de deux mois de traitement à tous ses fonctionnaires qui bénéficiaient déjà de très haut salaires. Ce qui est le ca s de tous les pays du Golf.

Faut-il cibler les transferts sociaux ?

Le gouvernement a déclaré vouloir supprimer les transferts sociaux et les subventions en les remplaçant par des transferts ciblés en direction des démunis

Les sociologues suédois Walter Korpi et Joakim ont identifié ce qui est connu sous le vocable du paradoxe de la redistribution qui stipule que « plus les programmes sont ciblés vers les pauvres, plus leur qualité et leur taille s’amenuise, jusqu’à ne plus permettre de réduire véritablement la pauvreté et l’inégalité » (Korpi et Palme, 1998). Amartya Sen a noté pour sa part que « les bénéfices destinés exclusivement aux pauvres finissent souvent par être de pauvres bénéfices » (Sen, cité dans Mkandawire, 2005). Plusieurs études confirment que les mesures universalistes réduisent davantage la pauvreté que les programmes ciblant directement les pauvres, notamment parce que la taille du budget consacré aux mesures sociales n’est pas fixe (Pontusson, 2005 ; Mahler et Jesuit, 2006).

En 2012 un rapport de l’OCDE, organisme qui a pourtant toujours défendu le ciblage, notait que dans les pays ou les transferts ne sont pas universalistes mais ciblés « les inégalités du revenu disponible des ménages comme le taux de pauvreté sont nettement supérieurs à la moyenne de l’OCDE » (Inégalités de revenus et croissance : le rôle des impôts et des transferts-OCDE-2012.).

En 2014 l’OCDE, toujours, va plus loin en affirmant que "Lorsque les systèmes de transferts sociaux sont fortement ciblés, les baisses des dépenses sont davantage susceptibles de nuire aux plus démunis " (OCDE : panorama de la société 2014) et qu’au "Brésil les revenus du travail ont contribué pour 58% au recul des inégalités entre 2001 et 2011. Les transferts sociaux viennent en seconde position avec une contribution de 23 % tandis que les transferts monétaires conditionnels (transferts ciblés) y ont contribué pour 13 % ». (OCDE novembre 2014).

Comme on le voit le ciblage ne vise qu’à réduire la protection sociale et ne fera que creuser les inégalités et augmenter la pauvreté.

Mais où trouver l’argent pour financer le budget de l’état ?

1- Bien sûr relancer la croissance par la relance de l’investissement productif et la lutte contre les compradores

2- La création de l’emploi et l’augmentation du taux d’activité surtout des femmes qui avec 15 % est l’un des plus faibles au monde

3- La lutte contre la corruption, l’instauration de la démocratie, de la transparence et de la justice sociale gages de la mobilisation et de la cohésion de la nation.

4- En 2013, les exonérations et autres réductions fiscales se sont élevées à 1 150 milliards de dinars (chiffres du ministère des finances) soit l’équivalent de 14.74 milliards de dollars sans contrepartie réelle pour l’économie.

5- Le rapport de la cour des comptes pour l’exercice 2011 fait ressortir un montant édifiant de restes à recouvrer (RAR) de l’ordre de 7 937 milliards de dinars au 31 décembre 2011.

6- Tous les, spécialistes évaluent l’évasion fiscale au bas mot à 300 milliards de dinars.

7- En 2013, six (06) millions 349 mille occupés sur un total (dix) 10 millions 788 mille relevaient du secteur privé dont 3 millions salariés et 3 millions 349 mille non-salariés (ONS 2013). Le nombre des travailleurs salariés non déclarés à la sécurité sociale était de 4 millions 578 mille. Par statut trois salariés sur quatre (75,5 %) du secteur formel n’étaient pas affiliés contre deux indépendants sur trois (69%) pour le secteur informel. Autrement dit c’est dans le secteur formel que la plus grande fraude est enregistrée.

Calculée sur la base du salaire national moyen du secteur privé (ONS 2014) le montant de l’évasion sociale pour l’année 2014 est estimée ainsi à 650 milliards de dinars soit pratiquement l’équivalent de la totalité des pensions de retraite servies par la CNR et la CASNOS cette année. La moitié de cette évasion relève du secteur privé formel.

En conclusion les députés de la présente APN resteront l’histoire quel que soit leur vote. Ils seront les représentants du peuple qui auront su dire non au bradage du patrimoine national tout en préservant la cohésion de la nation ou plutôt ceux qui ont légalisé ce bradage avec toutes ses conséquences annoncées.

Alger le 27 novembre 2015

Nouredine BOUDERBA

nbouderba@yahoo.fr

Publié dans Economie et société

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Le rapport du Pentagone qui prouve le soutien US aux islamistes

Publié le par Mahi Ahmed

Le rapport du Pentagone qui prouve le soutien US aux islamistes

mercredi 25 novembre 2015

La France devient ce soir un Etat policier et l’idée que Daesh puisse infiltrer les réfugiés syriens suscite l’inquiétude.

La question fondamentale est : comment le monde peut se débarrasser de l’Etat islamique ? Avant de laisser un énième homme politique vous dire ce qui doit être fait, vous devez savoir ce que les politiques savient de Daesh il y a 3 ans et les décisions qu’ils prirent malgré cela. Ces informations personne d’autre ne vous les donnera.

https://youtu.be/Utcj93H9zwQ

La preuve que le gouvernement américain souhaitait l’émergence de Daesh en Syrie. Sur le plan militaire, la coalition intensifie ses attaques aériennes, plus de huit mille à ce jour. Nous sommes en train de neutraliser les Leaders de l’Etat islamique, ses commandants…

Cela ne fait aucun doute : Les Etats-Unis et ses alliés doivent arrêter Daesh.

Après les attaques de Paris qui ont fait 130 victimes, plus de 350 blessés et qui ont verrouillé le pays, il ne fait aucun doute que Daesh doit être éradiqué. Peu après les attaques de Paris Daesh a enregistré cette nouvelle vidéo, dans laquelle ils affirment qu’ils attaqueront bientôt les Etats-Unis, y compris Washington D.C.

Il ne fait en tout cas aucun doute que Daesh représente une menace sérieuse pour tous en particulier pour les populations d’Irak et de Syrie, décimées par ce groupe terroriste.

Rien qu’en Syrie, neuf million de personnes ont été déplacées ou ont fui le pays, ce qui rend les révélations qui vont suivre encore plus exaspérantes.

Sept pages d’un document secret du Pentagone ont fuité il y a quelques mois, publiées par l’organisation Judicial Watch.

Le Rapport date de 2012 et détaille les dangers de ce que le gouvernement américain faisait en Syrie à l’époque.

Rappelez-vous qu’en 2012, Daesh tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas.

A la page 3 de ce document, nous trouvons trois faits sur la situation en Syrie :

1) en interne, les évènements prennent une tournure clairement sectaire ;

2) Les salafistes, les Frères musulmans et Al Qaïda en Irak sont les trois grandes forces insurrectionnelles en Syrie.

3) L’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition alors que la Russie, la Chine et l’Iran soutiennent le régime.

Soyons clairs : en 2012, notre Département de la défense affirmait que la Russie, la chine et l’Iran soutenait le régime d’El Assad, et les Etats-Unis, ses alliés du Golfe tels que le Qatar, l’Arabie saoudite, soutenaient les opposants à Bachar el Assad,

Mais le Département de la Défense a également déclaré que les forces à la tête de cette opposition étaient les Frères musulmans et Al Qaïda en irak, et ce que l’on appelle les salafistes. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme « salafiste » c’est un mouvement conservateur ultra-orthodoxe de l’islam sunnite. La doctrine se résume à une approche fondamentaliste de l’islam. Cela vous dit quelque chose ? Le salafisme repose sur les mêmes croyances que le wahhabisme dans lesquelles Daesh puise ses croyances radicales et sans merci.

Retournons à ce document page 5, section 8C, le Département de la Défense nous prévient, je cite :

« Si la situation se détériore, il est possible qu’un état salafiste déclaré ou non déclaré, s’établisse dans l’Est de la Syrie, et c’est exactement ce que les puissances qui soutiennent l’opposition, veulent, afin d’isoler le régime syrien considéré comme un élément stratégique de l’expansion du chiisme (Irak et Iran), »

Donc, ce que vous devez savoir, c’est que d’après ce rapport du Département de la Défense qui a fuité, les forces d’opposition ( Etats-Unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar, etc. voulaient qu’un groupe salafiste ou d’islamistes radicaux prenne le contrôle de l’Est de la Syrie, dans le but d’isoler et de renverser le régime du président syrien, Bachar Al Assad.

Le projet était donc de renverser Assad mais trois ans plus tard, Assad est toujours au pouvoir, et le groupe terroriste le plus violent et radical au monde s’est établi dans certaines régions d’Irak et de Syrie et étend sa terreur en Europe.

Voilà donc la vraie question : pourquoi le public américain croirait-il des hommes politiques qui affirment savoir comment éradiquer Daesh, alors qu’aucun de nos leaders n’a jamais admis le rôle que notre pays a joué dans la création de ce problème.

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la visite de Poutine en Iran vidéo

Publié le par Mahi Ahmed

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Impact économique sur les relations Russo-Turques

Publié le par Mahi Ahmed

Impact économique sur les relations Russo-Turques

PAR JACQUES SAPIR · 25 NOVEMBRE 2015

L’incident entre la Russie et la Turquie, qui a abouti à la destruction d’un appareil de type SU-24 de l’aviation russe en Syrie après le tir d’un missile depuis un F-16 de l’aviation turque aura certainement des conséquences diplomatiques profondes. Mais, c’est avant tout dans le domaine économique que ces répercussions pourraient être les plus significatives et entraîner causer des problèmes à l’économie turque.

Etat des lieux

Avant cet incident, la Russie et la Turquie étaient liées par de nombreux contrats commerciaux. La Russie approvisionne la Turquie en gaz (gazoduc Blue Stream) et avait le projet de développer le gazoduc Turkish Stream dans les prochaines années. Un contrat pour la construction d’une centrale nucléaire a par ailleurs été signé entre les deux pays. Les entreprises turques sont très actives en Russie, que ce soit dans le domaine du commerce et du bâtiment (BTP). Les entreprises turques ont réalisé de nombreuses constructions dans les grandes villes de la Russie. Par ailleurs, ces flux de commerce ne concernent pas seulement les biens. Le commerce des services est aussi très développé.

Ici, il faut signaler que le tourisme russe est très développé en Turquie, en particulier sur la côte. On a estimé à plus de 2 millions de touristes le nombre des touristes russes en Turquie. C’est essentiellement sur ce point que des mesures de rétorsion de la part de Russie pourraient rapidement déséquilibrer l’économie turque.

Impact sur la balance commerciale

Les flux de revenus engendrés par les activités touristiques sont comptabilisés dans la balance des services en ce qui concerne la balance commerciale. Le tourisme russe en Turquie est considéré, du point de vue de la balance commerciale de la Russie comme une « importation » de services (car de l’argent russe sort de Russie pour être dépensé à l’étranger). Sur l’année 2014, on constate les flux suivant (en millions de dollars des Etats-Unis) :

Tableau 1

Balance commerciale pour les services entre la Russie et la Turquie pour 2014 (par trimestres) en millions de dollars

“Exportations” vis-à-vis de la Turquie

“Importations” vis à vis de la Turquie

Solde

T1

724,424

951,562

-227,138

T2

827,959

3 079,822

-2 251,863

T3

854,468

4 507,810

-3 653,342

T4

554,562

1 181,885

-627,323

Total 2014

2 961,412

9 721,079

-6 759,667

Source : Banque Centrale de Russie

On constate la forte saisonnalité par trimestre de ce flux. Cela traduit bien les mouvements induits par le tourisme. On peut alors estimer autour des deux tiers les montants directement liés au tourisme, ce qui représenterait environ 6,4 milliards de dollars US. Si l’on suppose que le tourisme russe en Turquie sera réduit de 80% en 2016, cela implique une réduction des « importations » vis-à-vis de la Turquie d’environ 5,13 milliards de dollars. Le déficit commercial de la Russie vis-à-vis de la Turquie passerait alors de 6,759 milliards de dollars à 1,63 milliards de dollars.

Impact sur la Turquie

Que représenterait cette disparition de 5,3 milliards de dollars pour l’économie turque ? En réalité, chaque dollar dépensé par un touriste étranger en Turquie implique des consommations intermédiaires importantes, qu’il s’agisse de la nourriture, du transport, de l’entretien des logements…Il y a donc un coefficient multiplicateur entre la dépense nette des touristes et l’ensemble de la dépense dans l’économie turque. Ce multiplicateur est estimé entre 1,4 et 1,6 dans le cours terme (probablement plus, autour de 2 dans le long terme).

L’impact sur le PIB de la Turquie pourrait alors être estimé entre 7,2 et 8,2 milliards de dollars. Rapporté au PIB de ce pays, qui est estimé à 800 milliards de dollars en 2014, cela impliquerait une perte de 1% du PIB. Cela peut paraître insignifiant. Mais, une perte du PIB de 1% concentrée dans le secteur des services et régionalement aussi très concentrée (la côte), combinée à la perte de la recette en devise, pourrait avoir des conséquences importantes sur l’économie turque.

Impact sur la Russie

La balance commerciale pour le secteur des services fait apparaître en 2014 un déficit de 55,2 milliards de dollars pour la Russie, déficit qui est plus que compensé par un excédent dans le domaine des biens. La Turquie représente la plus grande source à la fois des importations de service et de ce déficit.

Tableau 2

Rang des pays par importance dans les « importations » de services de la Russie (en 2014, en milliers de dollars)

9 721 079

TURKEY

7 522 668

GERMANY

6 607 853

UNITED STATES

6 249 741

UNITED KINGDOM

5 698 093

CYPRUS

4 753 948

FRANCE

4 024 946

FINLAND

3 596 002

EGYPT

3 554 703

SPAIN

3 475 814

NETHERLANDS

3 419 044

ITALY

3 273 879

IRELAND

3 201 975

SWITZERLAND

2 515 755

THAILAND

2 380 638

GREECE

2 224 418

BELARUS

2 171 232

CZECH REPUBLIC

2 054 363

CHINA, P.R.: MAINLAND

1 930 292

UKRAINE

1 643 589

UNITED ARAB EMIRATES

1 548 933

AUSTRIA

1 520 323

LUXEMBOURG

1 496 598

PANAMA

1 226 104

ISRAEL

1 033 383

BULGARIA

Source : données de la Banque Centrale de Russie

Tableau 3

Rang des pays par importance dans le solde négatif de la balance des services de la Russie (2014, milliards de dollars)

-6 759 667

TURKEY

-3 554 376

EGYPT

-3 350 473

GERMANY

-3 220 915

FRANCE

-3 190 977

SPAIN

-2 930 141

UNITED STATES

-2 801 738

FINLAND

-2 737 126

CYPRUS

-2 469 502

THAILAND

-2 247 424

ITALY

-2 237 279

GREECE

-1 780 611

NETHERLANDS

-1 705 383

UNITED KINGDOM

-1 425 039

IRELAND

-1 044 702

CZECH REPUBLIC

-1 018 503

UNITED ARAB EMIRATES

Source : données de la Banque Centrale de Russie

Deux pays apparaissent ici comme importants du fait des flux de tourisme, la Turquie et l’Egypte, auxquels il faut ajouter bien entendu la France, Chypre et la Thaïlande. Si l’on estime une forte réduction du tourisme en Egypte du fait de la crainte d’attentats et en Turquie, pour des raisons politiques, c’est probablement un total de 7,5 milliards de dollars qui sera en cause, dont entre 50% et 75% pourraient revenir vers l’industrie touristique russe.

Non seulement on aurait alors un impact non négligeable sur l’économie turque, mais on pourrait s’attendre à un fort développement de l’industrie touristique en Russie, avec un effet sur le PIB de probablement +0,6% à +0,8%.

Il n‘est pas dit que les mesures de rétorsions du gouvernement russe seront limitées au seul tourisme. Elles pourraient, aussi, toucher les activités dans lesquelles les entreprises turques sont très actives, comme le bâtiment. La Turquie peut donc s’attendre à une perte direct et indirect d’au moins 8 milliards de dollars, et peut-être 10 milliards, pour 2016.

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Russie-Turquie

Publié le par Mahi Ahmed

Russie-Turquie

PAR JACQUES SAPIR · 24 NOVEMBRE 2015

La destruction d’un appareil russe, dont l’équipage semble avoir été tué, par des avions de chasse turcs constitue un incident extrêmement sérieux, dont les conséquences peuvent être incalculables. L’attitude du gouvernement turc apparaît ici comme profondément irresponsable et provocatrice. Le fait que le gouvernement turc ait demandé une réunion de l’OTAN, comme si il avait été la puissance agressée, est un autre sujet de préoccupation.

La destruction d’un chasseur bombardier russe de type SU-24 à la frontière Syro-Turque est un incident d’une extrême gravité. Le gouvernement turc affirme que l’avion avait violé les frontières de la Turquie. Compte tenu de la configuration du terrain, il est effectivement possible que l’avion ait survolé une petite langue de territoire turc. Mais, ce survol, s’il a eu lieu, a été de très courte durée, au plus une dizaine de secondes. Or, le gouvernement turc prétend que ses avions de chasse avaient prévenu l’avion russe de sa soi-disant incursion depuis au moins 5 de minutes avant d’ouvrir le feu (avec un missile). Ceci ne correspond pas à ce que l’on peut connaître de la situation locale. A la vitesse de croisière d’un SU-24 (environ 15 km/min), cela impliquerait que l’avion ait pénétré de 30 à 37 km à l’intérieur du territoire turc. Or, ceci est contredit par la carte radar publiée par les autorités turque à l’appui de leurs dires.

Carte fournie par le gouvernement turc

Via CNN-Turquie

Mais, il y a une autre explication possible. Cela implique implicitement, si cette information est vraie, que la Turquie entendait faire régner une « zone d’exclusion aérienne » au-dessus de la Syrie, et ceci sans mandat ni délégation des Nations-Unies. Les avions turcs auraient ainsi tiré depuis une position juridiquement illégale.

Le gouvernement russe prétend que l’avion n’a jamais pénétré l’espace aérien turc. Il se fait que l’appareil s’est écrasé en territoire syrien. Cela implique, au minimum, qu’il volait vers la Syrie au moment où il a été touché par un missile (sans doute un missile air-air tiré depuis un F-16 de l’aviation turque). On ne peut pas exclure, au vu de la zone où l’appareil s’est écrasé, qu’il ait été atteint alors qu’il volait au dessus du territoire syrien. Si cela est vrai, nous sommes devant une seconde illégalité commise par la Turquie.

L’aviation turque est connue pour violer, de manière régulière depuis des années l’espace aérien de la Grèce mais aussi de Chypre. On s’interroge donc sur la soudaine sensibilité de la Turquie à la défense de ses frontières, elle qui fait preuve de la plus grande insouciance quant il s’agit des frontières d’autrui. A l’illégalité de l’action vient alors s’ajouter l’impudence d’une puissance qui se considère, dans cette zone frontalière, en pays conquis.

Au delà de cette situation, l’attitude du gouvernement turc autour de la crise syrienne et de DAESH soulève de nombreux problèmes:

Le gouvernement turc, sous prétexte d’intervenir contre les forces islamistes bombarde en réalité les combattants kurdes qui, eux, se battent bien contre DAESH. On a eu d’autres exemples de cette attitude hypocrite lors du siège de Kobané.

Le gouvernement turc tolère, et c’est le moins que l’on puisse en dire, la contrebande de pétrole qui est l’une des sources de financement de DAESH. On sait aussi que si le gouvernement turc fermait ses frontières avec la Syrie, DAESH serait rapidement étouffé financièrement[1]. On sait, enfin, que les avions russes (et américains) s’attaquaient systématiquement à ce trafic en bombardant les colonnes de camions de DAESH qui transportent le pétrole jusqu’à la frontière turque.

Des journalistes indépendants qui enquêtaient sur les collusions possibles entre l’appareil d’Etat turc et DAESH, et en particulier sur de possibles livraisons d’armes, ont été emprisonnés ou tués.

Quant à la crise des réfugiés, que l’Europe connaît depuis l’été 2015, elle apparaît comme fortement liée à la volonté du gouvernement turc de faire pression sur l’Union européenne. Ce gouvernement avait d’ailleurs obtenu une forme de reconnaissance de l’importance de son action pour la gestion de cette crise.

Dans ces conditions, quand Vladimir Poutine parle d’un « coup de poignard dans le dos », il a entièrement raison[2]. Ce coup de poignard ne vise pas que la Russie mais l’ensemble des forces internationales qui luttent contre DAESH. Mais, si la Turquie a pu se permettre de donner ce coup de poignard, c’est aussi parce qu’elle est un pays membre de l’OTAN et qu’elle sait que la Russie n’exercera pas de représailles militaires contre elle. Dès lors, il convient de s’interroger sur le jeu politique joué tant pas la Turquie que par les Etats-Unis, qui prétendent pourtant lutter contre DAESH. On attend, avec un intérêt, de voir quelle sera la réaction américaine à cet incident, et si les Etats-Unis exerceront alors les pressions qui s’imposent pour ramener le gouvernement d’Erdogan à de meilleures dispositions.

Pourtant, les relations économiques sont étroites entre la Russie et la Turquie, du gazoduc reliant la Russie à la Turquie via la Mer Noire, aux nombreuses entreprises turques qui travaillent en Russie, et en passant par les touristes russes, nombreux, qui vont passer leurs vacances en Turquie. Dès lors, on ne peut que s’interroger sur l’attitude du gouvernement turc. Estime-t-il que, protégé par l’OTAN mais aussi par ses liens économiques multiples avec la Russie, il peut tout se permettre ? Est-on en présence d’une lutte de clans au sein de la grande-bourgeoisie turque, et le clan qui soutient Erdogan règle-t-il ainsi ses comptes avec d’autres factions qui pourraient être liées au commerce avec la Russie ? Enfin Erdogan, dont la position politique reste fragile en dépit de sa victoire lors des récentes élections, a-t-il décidé de jouer sur la carte nationaliste en réveillant la vieille inimitié entre la Russie et la Turquie ?

Une leçon de ces événements s’impose. Plus que jamais, le gouvernement français doit prendre ses distances à la fois vis-à-vis de la Turquie mais aussi vis-à-vis de l’organisation militaire de l’OTAN, dont on voit aujourd’hui qu’elle pourrait être utilisée comme paravent par un gouvernement irresponsable.

[1] http://www.lalibre.be/actu/international/si-la-turquie-ferme-sa-frontiere-daech-s-ecroule-564b659a3570bccfaf1b9a68

[2] https://www.rt.com/news/323262-putin-downing-plane-syria/

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La France en guerre Une bataille déjà perdue ?

Publié le par Mahi Ahmed

La France en guerre Une bataille déjà perdue ?

Philippe Leymarie

La France tétanisée, l’état d’urgence pour trois mois, la république martiale, les descentes de police, les renforts militaires, la limitation des libertés, la multiplication des bombardements aériens au dessus de la Syrie : l’Organisation de l’Etat islamique (OEI) aurait-elle déjà gagné une bataille, à Paris, depuis ce funeste vendredi 13 ? « Il aura fallu payer le prix du sang pour que les Français comprennent qu’ils sont en guerre », estimait dès le lendemain des massacres sur France Inter le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre et professeur à Sciences-Po, pour qui il s’agit d’un « retour au réel », suivi aussitôt d’un « virage sécuritaire de Hollande » (1).

par Philippe Leymarie, 20 novembre 2015

« Vos guerres, nos morts »… Submergés par l’émotion, accablés par le chagrin, transportés parfois par la colère et la révolte contre l’injustice : nous avons été tout cela, ces jours-ci, à l’évocation du sort de ces cent vingt-neuf jeunes hommes et femmes exécutés au hasard, dans des lieux de convivialité, de ces centaines de traumatisés dans leurs corps et leurs âmes, par le malheur de leurs proches. « Les attentats de vendredi ont visé le fait de profiter de la vie, en allant voir un match, boire un verre, écouter de la musique », constate la neuropsychologue Sylvie Chokron. « Le risque est de voir se développer dans l’inconscient la peur de la vie » (2).

Quelque chose n’a pas marché

Lire « Ebriété guerrière », La valise diplomatique, 17 novembre 2015.La population a-t-elle été assez protégée ? « Le Bataclan a été le Sedan de l’opération Sentinelle », estime Jean-Dominique Merchet sur son blog Secret Défense, faisant référence à la ligne Maginot du siècle dernier, contournée par les Allemands. Cette fois encore, alors que les effectifs de l’opération militaire Sentinelle, déclenchée sur le territoire national à la suite des attentats de janvier, étaient « scotchés » autour des sites réputés « sensibles », l’adversaire s’attaquait à des terrasses de café, à une salle de spectacle et — heureusement sans succès, dans ce cas — au principal stade du pays.

« On a perdu une bataille terrible », conclut Merchet, pour qui l’investissement sur Sentinelle depuis janvier — un demi-million d’euros par jour, 175 millions par an — aurait pu sembler peu coûteux, comparé aux 32 milliards d’euros du budget défense, si seulement le dispositif avait pu empêcher les carnages du vendredi 13…

Si le combat contre un adversaire usant de méthodes terroristes et s’en prenant à la population est par essence inégal, voire impossible à gagner, il semble tout aussi évident que le déploiement sur le territoire national, en mode « surveillance et dissuasion », de militaires équipés et entraînés pour les crapahutages sous d’autres latitudes, fait pour rassurer quelque peu l’opinion au lendemain des attentats de janvier, est inadapté, inefficace et par ailleurs trop voyant (et d’ailleurs assez mal vécu par les intéressés).

Marteau-pilon

Les attentats de ces derniers mois ont prouvé également qu’en dépit de l’activité soutenue des services français — une dizaine de milliers d’agents, en incluant les renseignements militaires, qui ont déjoué six projets de type terroriste depuis le printemps 2015, d’après le ministère de l’intérieur, dont quatre fomentés par le belge Abdelhamid Abaaoud (3) — il a été impossible d’anticiper plusieurs attentats majeurs, dont ceux du vendredi 13, menés par des équipes nombreuses, équipées, coordonnées, qui ont répandu la terreur et contraint l’exécutif à annoncer un train de mesures, dont des restrictions significatives des libertés.

Et la question surgit, pas seulement de la part de la droite (elle-même responsable, en son temps, de l’affaiblissement du dispositif de sécurité, avec la suppression de douze mille postes de policiers et gendarmes entre 2007 et 2012), mais aussi de toute la société civile : l’état d’urgence, les assignations, les renforts de police, les contrôles aux frontières, les bombardements plus intensifs… Que nos gouvernants ne les ont-ils pas lancés plus tôt, dans la foulée des attentats contre Charlie et l’Hyper Cacher, en janvier ?! N’était-ce pas déjà assez grave ?

Ce n’est en tout cas pas faute d’avoir légiféré : seize textes antiterroristes ont été adoptés en quinze ans, et le dernier il y a quelques mois (la loi sur le renseignement, qui facilite les écoutes (4)). Le juge Marc Trevidic, qui vient de passer dix ans au pôle antiterroriste de Paris — mais qui vient d’être muté à Lille, en vertu d’une règle de rotation qui tombe bien mal… — estime que ce corpus de lois est amplement suffisant, qu’il suffisait de s’en servir, à condition bien sûr de disposer du personnel nécessaire (magistrats, greffiers, enquêteurs, gardiens).

Les articles 421-1 et 421-2 du Code pénal, en particulier, qui sont « tout à fait contradictoires avec les libertés publiques », comme le souligne Jean Guisnel, sont aussi « d’une redoutable efficacité » : ce « marteau-pilon juridique » permet aux magistrats et aux policiers de surveiller et d’interpeller quiconque est à leurs yeux susceptible de s’engager dans une action terroriste, y compris s’il n’y a pas le moindre élément de réalisation. Reste que la machine judiciaire et pénitentiaire ne suit pas toujours…

Renforts à tous les étages

Etoffer à nouveau maintenant les effectifs de police et gendarmerie ? C’était déjà le cas, notamment dans les secteurs du renseignement, de la lutte contre le cyberterrorisme, particulièrement choyés depuis quelques années. Mais l’objectif d’ouvrir cinq mille postes dans les deux ans, annoncé par le président Hollande dans la foulée des attentats, paraît difficile à tenir, en raison notamment de l’engorgement des centres de formation (5).

A deux vitesses

Autre annonce : le projet de création d’une garde nationale, en s’appuyant sur les réservistes — une force intermédiaire de renfort, plus spécialisée dans la surveillance et le maintien de l’ordre intérieur que ne le sont les militaires (notamment ceux déployés actuellement au titre de l’opération Sentinelle) ? Mais cela reviendrait à consacrer une armée à deux vitesses. Et n’est-ce pas déjà la mission de la gendarmerie — cette force de police de statut militaire, déployée dans les campagnes, et à l’occasion dans les villes (avec notamment ses unités de gendarmerie mobile), beaucoup plus proche de la société civile que ne le sont à priori les soldats ?

La décision du président Hollande d’annuler le plan de diminution d’effectifs militaires jusqu’en 2019 donne en tout cas un sérieux coup d’oxygène aux armées, qui pourront renforcer les unités opérationnelles, retrouver des marges pour l’entraînement, et développer des secteurs comme la cyberdéfense ou le renseignement, tout en sauvant une partie des services de soutien dont la disparition était programmée. Et donc continuer à guerroyer sur plusieurs théâtres simultanés, comme c’est le cas actuellement.

Finalement, en ajoutant les annonces faites lundi au Congrès sur le renforcement des effectifs de policiers, gendarmes, personnels pénitentiaires, douaniers, etc. — soit 15 000 postes créés ou maintenus — toutes les réductions opérées en leur temps par l’ex-président Sarkozy auront été compensées. Mais une partie des recrutements et formations (notamment celle des analystes, des enquêteurs) prendront du temps, et il faudra veiller à ce que ces effectifs supplémentaires soient placés aux bons endroits (et non affectés à des gardes statiques, des emplois administratifs, etc.).

Blessures de guerre

Quant à assigner à résidence, voire interner l’ensemble des fichés « S » (comme « sûreté »), comme le demande sans cesse la droite ? La plupart des dix mille personnes concernées (selon Jean-Jacques Urvoas, député PS spécialiste des questions de sécurité) ne savent pas qu’elles sont « S » : ce moyen de signalement est destiné à alimenter les dossiers de police, et à justifier le moment venu d’éventuelles surveillances plus étroites ; il n’a pas de portée judiciaire, et n’est pas en soi une indication, et encore moins une preuve de délit. La mise sous contrôle permanent d’un effectif d’individus aussi important nécessiterait en outre un personnel décuplé de police et gendarmerie.

La guerre, disent-ils

François Hollande l’a mentionnée à dix reprises dans son discours devant le Congrès, lundi à Versailles : on sait que ce président, détenteur de records d’impopularité, endosse volontiers la posture de chef des armées, ou de « grand » du monde, qui lui redonne à chaque fois et pour un temps la stature perdue sur le terrain politique.

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Des avions de chasse Dassault à la « une » du journal de Dassault

Capture d’écran de la page Facebook du « Figaro », 19 novembre 2015

La formule ne fait d’ailleurs pas l’unanimité : la guerre, c’est en principe pour l’extérieur, avec une armée sachant la « faire », un ennemi en bonne et due forme, des règles d’engagement, des conventions internationales (6), etc. La « guerre contre le terrorisme » est-elle d’ailleurs le bon moyen pour annihiler (« éradiquer », dirait François Hollande) Daech (acronyme arabe désignant l’OEI) ? L’ex-premier ministre Dominique de Villepin estime que, pour combattre un adversaire conduit d’une main aussi invisible, opportuniste, et ne respectant aucun cadre, il faut non pas du pilonnage militaire, mais de la politique, une vision, de la ruse ; il soutient qu’il n’y a pas d’exemple où la « guerre contre le terrorisme » n’ait conduit à plus de chaos, et invite à se souvenir que « nous avons en grande partie enfanté nous-même Daech ».

Mais, pour ce qui est des attentats de ces derniers mois dans l’Hexagone, tout ramène effectivement à la guerre : la volonté d’en découdre et d’affronter l’adversaire, le type d’armes utilisé, le professionnalisme des attaquants, leur formation et tutelle à distance, sans parler des « blessures de guerre » qu’ont eu à traiter les médecins urgentistes.

Quant à la guerre menée par la France à l’extérieur, même si elle a longtemps été limitée, pratiquement invisible et presque indolore, elle est permanente depuis cinq ans, et sur plusieurs fronts : après l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Libye, la Centrafrique, le Mali, le Sahel maintenant, et aujourd’hui l’Irak, la Syrie — au nom des « responsabilités historiques de la France », de ses « devoirs de membre permanent du Conseil de sécurité » et… de son souci de garder une influence internationale, que ne lui autorise plus sa relative faiblesse économique.

A trop déclarer la guerre sans la mener vraiment, et comme cela a longtemps été le cas à propos de la Syrie, ne prend-on pas le risque de grandir l’adversaire, de l’exciter, de susciter encore plus de pratiques terroristes (comme l’a montré l’exemple afghan) ? « On ne peut mener la guerre à Rakka sans être en guerre en France », estimait l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin sur France Inter, le 16 novembre, en s’en prenant aux « attitudes de coq de village » à propos des trois frappes délivrées par l’aviation française en l’espace de six semaines — dont un premier bombardement, le 8 octobre, sur une ex-base militaire de l’armée syrienne à Rakka, servant apparemment de centre d’entraînement à la mouvance francophone de cette organisation : l’opération avait pour but d’éliminer plusieurs chefs identifiés de ce groupe, dont peut-être l’un des instigateurs des attentats de vendredi à Paris.

Depuis, les autorités françaises s’attendaient à une réplique de Daech sous une forme ou une autre, et auraient dû, selon certains, avertir au moins la population, suggérer ou imposer des mesures de prudence ou de protection, multiplier les contrôles sur les axes de transport et frontières, même si — pour le politologue Gilles Kepel, sur France Inter le 15 novembre — « il y aurait eu des attentats avec ou sans intervention en Syrie ».

Cycle des représailles

« Pouvait-on imaginer que cela n’aurait pas de répercussions sur le territoire français ? », se demande encore le sénateur Raffarin qui, tout en ne se voulant pas dans le camp des « guerriers », estime que, si on fait la guerre comme on le proclame sur tous les tons ces jours-ci, il faut se mettre en situation de la gagner, avec :

• à l’intérieur, un investissement plus massif qu’annoncé par le président Hollande en matière de sécurité (surveillance, assignations, portiques, contrôles aux frontières, etc.) ;

• et à l’extérieur, la mise sur pied d’une coalition unique forgée après accord avec la Russie et l’Iran, en sortant pleinement de l’ambiguïté à la française (le « d’abord Bachar », puis le « ni Bachar ni Daech » de Fabius) ou à la turque (Ni Bachar ni les Kurdes), dotée de moyens militaires significatifs et coordonnés ;

• à quoi le traditionnel belliciste Bernard-Henri Levy ajoute un engagement des troupes occidentales au sol, au nom d’un « No boots on their ground, more blood on our ground » (Pas de bottes sur leur terre, encore plus de sang sur la nôtre) (7).

Depuis les attentats du vendredi 13 à Paris, le cycle des représailles est enclenché : les raids nocturnes des Rafale et Mirage français sur Rakka, la capitale du califat de Daech, ont été quotidiens, à partir de leurs bases en Jordanie et aux Emirats arabes unis. Avec des bilans toujours impossibles à établir. Et la certitude que les troupes de Daech ont pris des dispositions pour se mettre à l’abri.

Certains voient dans la montée des opérations-suicide le signe que Daech, dont l’expansion a été tout de même contenue par les bombardements aériens, cherche à mettre en œuvre un plan de désencerclement, en portant la guerre au maximum chez l’adversaire. Dans cette optique, certains experts du renseignement se demandent si les carnages de Paris sont une opération de vengeance isolée, à destination spécialement de la France, qui en appelle éventuellement d’autres sur l’Hexagone ou si c’est un élément d’une séquence plus « internationale » : attentat (anti-kurde et anti-opposition) à Ankara, en Turquie, attentats (anti-chiites) à Beyrouth et Bagdad la veille et le matin des tueries à Paris ; avion russe abattu au dessus du Sinaï… et maintenant une opération annoncée à Washington ?

Etat final recherché

Le « professionnalisme » des tueurs en tout cas n’étonne pas les connaisseurs. Au sein du gouvernement de Daech, il y a notamment un « ministre des opérations kamikazes ». Les forces de l’organisation sont encadrées par d’ex-officiers de l’armée de Saddam Hussein, dissoute par l’occupant américain, devenus « mercenaires » pour assurer leur survie, ou au nom de la lutte contre la domination chiite : ils peuvent être spécialistes des blindés, des explosifs, de la logistique, etc.

Une coalition-bis ?

Le gouvernement français a par ailleurs consenti à un virage diplomatique dans le sillage des attentats. Bachar Al-Assad, le président syrien, n’est plus l’ennemi numéro un : on verra plus tard. La Russie redevient soudain fréquentable, y compris à un niveau militaire. Le porte-avions Charles de Gaulle, en route avec son escadre depuis mercredi pour la Méditerranée orientale, pourrait même coopérer avec la marine russe, comme l’a souhaité le président Vladimir Poutine.

Reste à tenter de mettre sur pied une stratégie commune entre les pays engagés contre l’OEI. Commentaire à ce sujet du général Vincent Desportes, dans La Croix du 15 novembre : « Vous pouvez déployer toute la force militaire que vous voulez, si vous ne le faîtes pas au service d’une stratégie claire et cohérente, cela ne sert à rien, comme on l’a vu en Afghanistan et en Irak. On n’arrivera à rien tant que les différentes parties prenantes à la lutte contre Daech — Américains, Russes, Iraniens, Saoudiens et Turcs — ne se mettront pas d’accord sur l’état final recherché, c’est-à-dire le futur du Moyen-Orient. Quand ce sera fait, nous pourrons bâtir une stratégie adaptée. La première étape est donc diplomatique, ce qui n’exclut pas de continuer à frapper pour affaiblir Daech ».

Alliés de cœur

Le président François Hollande, justement, doit se rendre la semaine prochaine à Washington et à Moscou, pour obtenir les feux verts des président Obama et Poutine en faveur d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU légitimant une intervention concertée en Syrie. A charge ensuite, pour l’ensemble des pays de la nouvelle coalition ainsi esquissée, de déterminer qui sont ses alliés de cœur ou plus souvent de raison sur le terrain, et à appuyer concrètement leur action.

L’autre démarche post-attentats est de mettre cette fois les Européens « face à leurs responsabilités », selon les mots de François Hollande, en les appelant à s’impliquer sur le terrain militaire en Syrie, ainsi que sur les autres théâtres d’opération où sont engagés les Français, notamment au Sahel ; et en les invitant à compenser au moins financièrement les efforts que Paris assure engager souvent au nom de l’Europe sur des théâtres extérieurs.

La France, précise le site B2 (17 novembre), « veut aussi faire prendre conscience de la nécessité pour les Européens — les Etats membres mais aussi les autres institutions européennes comme le Parlement européen — d’avancer sur certaines mesures législatives ou opérationnelles en matière de lutte antiterroriste, notamment sur l’échange de renseignements. Au passage, l’ouverture de cette clause permet d’avancer vers une reconnaissance d’une exception pour circonstances exceptionnelles du pacte de stabilité dont pourrait bénéficier la France ».

Une demande « d’aide et d’assistance » qui a été aussitôt approuvée par les Européens, mais sans que cela ne les engage en rien à faire la guerre, si l’on en croit Jean-Dominique Merchet, définitivement sans illusions sur « l’Europe de la défense », même dans sa version antiterroriste. Le fameux projet de fichier PNR (Passengers Name Record), en attente depuis plusieurs années, qui permettrait une meilleure surveillance du trafic aérien, n’a d’ailleurs toujours pas été mis en œuvre par les instances européennes.

Philippe Leymarie

Blog du Diplo

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Guennadi Ziouganov a appelé à « ne pas faire monter la fièvre » après l’attaque sur l’avion russe Su-24

Publié le par Mahi Ahmed

Guennadi Ziouganov a appelé à « ne pas faire monter la fièvre » après l’attaque sur l’avion russe Su-24

jeudi 26 novembre 2015, par Comité Valmy

Guennadi Ziouganov a appelé à « ne pas faire monter la fièvre » après l’attaque sur l’avion russe Su-24

Site officiel du Comité central du Parti communiste – KPRF.RU

Radio « Ici Moscou »

Le dirigeant du Parti communiste, G.A. Ziouganov, dans une émission en direct de la station de radio « Ici Moscou « , a souligné la nécessité d’étudier soigneusement les faits.

En même temps, a-t-il dit, l’attaque contre le bombardier russe est probablement liée aux frappes russes sur les installations pétrolières des combattants en Syrie.

* * *

Le journaliste : Je voudrais vous demander tout d’abord : que doit faire la Russie ? Quelles actions devrions-nous entreprendre relativement à laTurquie ?

Guennadi Ziouganov : Tout d’abord il est nécessaire de comprendre ce qui se passe, et de ne pas faire monter la fièvre. Que des forces énormes et puissantes en Amérique et en Europe, et en Turquie, soient intéressées à ce que l’EI continue d’exister et continue à mettre le Moyen-Orient à feu et à sang– c’est tout à fait évident. Ce n’est pas un hasard qu’il soit si difficile de former une coalition. Ce n’est pas un hasard si la coalition menée par les USA se bat paraît-il depuis un an, et l’EI ne fait que se renforcer. Ce n’est pas un hasard si des flots de pétrole ont traversé la frontière turque, revendus ensuite à moitié prix – faisant la fortune des chefs militaires, des services spéciaux, et de bien d’autres.

C’est pourquoi nous devons maintenant élaborer un dossier sur la base d’éléments d’information objectifs, rédiger un rapport ; et à travers tous les canaux – et diplomatiques et militaires – discuter et tenter malgré tout de former une coalition pour étrangler le plus grand mal, qui est l’EI et toute cette bande internationale de criminels.

Le journaliste : Mais la Turquie aussi représente le mal international ?

Guennadi Ziouganov : Au sujet de la Turquie. Poutine vient de dire qu’il y aura des conséquences. Mais, avant que les effets ne se produisent, nous devons réfléchir et comprendre. Je n’exclue pas que beaucoup parmi les dirigeants de la Turquie – à la fois politiques et militaires – sont catégoriquement contre ces provocations. Nous devons savoir qui est derrière eux, comment ils ont fait. Rappelez-vous comment a démarré la Première Guerre mondiale, lorsque Ferdinand a été amené en Serbie, tout le monde avait mis en garde, disant que nous ne devrions pas faire cela.

Le journaliste : Gavrilo Princip, nous savons.

Guennadi Ziouganov : Et puis un massacre sans précédent a été déclenché.

Le journaliste : Guennadi Ziouganov, mais qu’y a-t-il spécifiquement à comprendre, quand les Turcs disent directement : « Notre avion a abattu votre avion ? » Par ailleurs, le Premier ministre turc a déclaré : « Nous faisons ce que nous voulons. Cela nous regarde, c’est notre droit ».

Guennadi Ziouganov : Voyons, il ne dit pas cela.

Le journaliste : Comment il ne dit pas cela ?

Guennadi Ziouganov : Ils disent que l’avion avait violé leur territoire, et ainsi de suite.

Le journaliste : Permettez-moi de citer, Gennadi Andreyevich …

Guennadi Ziouganov : Ne vous énervez pas, et écoutez-moi. Je suis allé dans tous les points chauds et je sais comment commencent les guerres. Elles commencent avec des provocations. Je sais qui est derrière eux. Dès que la Syrie a commencé à être libérée et les flux de pétrole à se tarir, ces provocations sont apparues. En principe, je m’attendais personnellement à ce qu’elles arrivent inévitablement – que ce soit dans l’air, ou sur terre. Eh bien, si vous proposez de déclencher une véritable guerre, alors vous êtes quelqu’un d’irresponsable.

Le journaliste : Peut-être. Guennadi Ziouganov, et vous vous ne le proposez pas ?

Guennadi Ziouganov : Non. Je propose de tenter de réglementer ce processus et continuer à se battre pour former une coalition et pour en finir avec le fléau principal. Parce que si ce fléau s’empare de l’ensemble du Moyen-Orient, alors tout le « ventre mou » méridional de notre pays s’enflammera.

Le journaliste : Si je comprends bien, notre avion a été abattu, et il faut maintenant passer l’éponge, alors ?

Guennadi Ziouganov : Il ne s’agit pas de cela.

Le journaliste : Eh bien, comment réagissons-nous ?

Guennadi Ziouganov : C’est très simple. Je vous ai proposé un moyen de résoudre ce problème.

Le journaliste : Qui est de créer une coalition anti-terroriste pour continuer à se battre contre l’ « Etat islamique » ?

Guennadi Ziouganov : Continuer à construire, renforcer nos efforts pour détruire l’EI, couper les flux financiers, les contrôler à travers le système mondial. Au fait, où va l’argent, les Américains le savent parfaitement. Ils contrôlent le téléphone de Merkel non seulement quand elle parle avec le gouvernement, mais même quand à la maison elle est dans ses travaux de cuisine. Ils sont très bien renseignés. Nos services spéciaux aussi doivent travailler, et les gens qui en sont responsables.

Le journaliste : Gennadi Andreyevich, j’ai compris. Vous dites que c’était une provocation. Ce fut une provocation de la part de la Turquie ? Ou pensez-vous que quelqu’un est derrière la Turquie ?

Guennadi Ziouganov : Je pense qu’il ne s’agit pas de la Turquie.

Le journaliste : Et de qui ?

Guennadi Ziouganov : Il s’agit d’un groupe de gens qui sont intéressés dans la préservation de l’EI, intéressés à détruire la Syrie, intéressés à la possession d’une énorme enclave. Le Qatar est intéressé à poser son pipeline à travers la Turquie pour vendre son gaz. Il y a beaucoup de parties intéressées.

Le journaliste : Mais le rôle des États-Unis dans ce jeu ? Ou il n’en ont pas ?

Guennadi Ziouganov : Leur rôle ? C’est le principal fauteur de troubles dans le monde. Si vous regardez la façon dont ils se sont développés depuis plus de 200 ans, on a deux tendances principales : la première est l’extension et la seconde – la provocation. Leur histoire en est pleine : ils ont commencé la guerre l’Espagne à cause du croiseur « Maine », qui était ancré à La Havane ; l’incident dans le golfe du Tonkin a provoqué la guerre au Vietnam. Et les nazis ont commencé à peu près pareil. Donc, ne vous excitez pas. Il est facile de commencer une guerre, mais difficile de la finir.

24 novembre 2015

Texte Russe original : Г.А. Зюганов призвал « не пороть горячку » после атаки на российский Су-24

http://kprf.ru/party-live/cknews/148902.html

traduit par Marianne

Source :

histoireetsociete

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Au Palazzo Vecchio à Florence Le petit parlement de l’Otan appelle à la guerre

Publié le par Mahi Ahmed

Au Palazzo Vecchio à Florence

Le petit parlement de l’Otan appelle à la guerre

par Manlio Dinucci

jeudi 26 novembre 2015,

L’abattage du chasseur russe engagé en Syrie par un chasseur turc made in USA, avec la rupture consécutive entre Moscou et Ankara non par hasard à la veille de l’accord sur le gazoduc qui aurait dû apporter le gaz russe jusqu’au Bosphore, met en évidence de façon dramatique l’événement qui se déroule jeudi et vendredi à Florence : l’Assemblée parlementaire de l’Otan qui, le 12 octobre dernier, avait « recommandé aux gouvernements Otan d’augmenter la dépense de la défense, face à une Russie de plus en plus imprévisible et à la croissante instabilité au Moyen-Orient ».

La session de l’Assemblée parlementaire de l’Otan, qui se déroule au Palazzo Vecchio, n’est pas un « Summit Nato » comme quelqu’un l’a dit. L’Assemblée, en fait, « constitue une institution séparée de la structure Otan ». L’organe politique « décisionnel » de l’Otan est au contraire le Conseil Nord Atlantique, qui se réunit à divers niveaux jusqu’au summit des chefs d’Etat et de gouvernements des 28 pays de l’Alliance : son principe conducteur est qu’« il n’y a pas de votes ou de décisions à la majorité, mais les décisions sont prises à l’unanimité et de commun accord », c’est-à-dire d’accord avec les directives de Washington. Et ce sont toujours les USA qui ont les postes clé dans la structure militaire de l’Alliance : le Commandant suprême allié en Europe est toujours un général ou amiral désigné par le président des Etats-Unis.

Mais alors, si ça n’est pas une institution de l’Otan, à quoi sert l’Assemblée parlementaire réunie à Florence ? Composée de représentants des parlements des pays de l’Alliance, pour la majeure partie membres des commissions défense, l’Assemblée est présidée par l’Etasunien Hon Turner, membre du Congrès faisant partie à la fois de la commission sur les services secrets et de celle sur les services armés. Parmi les cinq vice-présidents on a le parlementaire italien Paolo Alli, Nuovo Centrodestra, ancien bras droit de Formigoni et avec lui sous enquête de la magistrature milanaise. La fonction de l’Assemblée, financée (avec de l’argent public) par les 28 gouvernements, est de « constituer un lien essentiel entre l’Otan et les parlements des pays de l’Alliance », en particulier celle de « sensibiliser les milieux parlementaires sur les principales questions relatives à la sécurité de la zone euro-atlantique, contribuant au renforcement des relations transatlantiques ».

Ce qui se réunit au Palazzo Vecchio à Florence est le Groupe spécial sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (une des cinq commissions dans lesquelles est articulée l’Assemblée parlementaire), dans un séminaire conjoint avec le Sous-comité sur les relations économiques transatlantiques. L’événement, sous l’égide du Sénat et de la Chambre représentés par les présidents Grasso et Boldrini, est promu par le président de la Délégation italienne à l’Assemblée Otan, Andrea Manciulli (Pd). Seront présents plus de cent parlementaires représentant 40 pays : des 28 membres de l’Otan aux pays européens et méditerranéens associés à l’Otan et à d’autres alliés de la rive Sud, jusqu’aux monarchies du Golfe.

Le thème « Le terrorisme international, en particulier celui djihadiste, et son financement » sera traité par certains des plus grands experts, y compris ceux des monarchies du Golfe (Koweit et Bahreïn présents à Florence) qui ont contribué avec des milliards de dollars à la formation et à l’armement de groupes djihadistes et de l’Isis (Etat islamique) dans le cadre de la stratégie USA/Otan. Les mêmes, qui ont participé à la guerre contre la Libye, traiteront le thème « Libye entre entité étatique et conflit civil », avec le ministre des affaires étrangères Gentiloni et le Chef d’état-major de la défense Graziano, c’est-à-dire avec les représentants de cette Italie qui a contribué à démolir par la guerre l’Etat libyen. Le thème « Iran et l’ordre régional émergeant » sera traité par des représentants non pas de l’Iran mais d’Israël, qui a contribué à cet ordre avec des opérations comme « Plomb durci » (invitation démagogique à Florence du Conseil national palestinien) et qui continue à tenir l’Iran sous la menace de ses missiles nucléaires. De « sécurité régionale et internationale » parleront, avec le ministre de l’intérieur Alfano et le sous-secrétaire Minniti avec délégation aux services secrets, les représentants de l’Ukraine, c’est-à-dire de ce régime qui est en train de recruter secrètement des néo-nazis de toute l’Europe lesquels, après avoir été entraînés par des instructeurs étasuniens, se trouvent rapatriés chez eux pour des opérations de type « Gladio ».

Après une intervention en télétransmission de Mogherini, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le séminaire se conclura avec les interventions de la ministre de la défense Pinotti et du vice-amiral Franken du Commandement USA pour l’Afrique (celui qui a ouvert la guerre contre la Libye), lesquels recommanderont à l’Otan de renforcer la « sécurité » par d’autres interventions militaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Dans la ville Médaille d’Or de la Résistance de qui est né l’Article 11 de la Constitution, qui répudie la guerre comme instrument d’offense à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des controverses internationales.

Manlio Dinucci

Edition de mercredi 25 novembre de il manifesto

http://ilmanifesto.info/a-firenze-il-gruppo-speciale-sul-mediterraneo-e-il-medio-oriente-della-nato/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Note de la traductrice :

On trouvera grâce aux liens ci-dessous la liste des membres de la délégation française à l’Assemblée parlementaire de l’Otan :

http://www2.assemblee-nationale.fr/europe-et-international/activites-parlementaires-internationales/les-assemblees-parlementaires-internationales/assemblee-parlementaire-de-l-otan#node_9286

Et coordonnées (avec la photo)

http://www2.assemblee-nationale.fr/instances/fiche/OMC_PO58974. Pour le moment, le site de l’Otan n’indique pas quels membres de cette délégation participeront –à nos frais- à la réunion de Florence.

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Les S-400 russes fermeront le ciel de la Syrie à l’Otan

Publié le par Mahi Ahmed

Les S-400 russes fermeront le ciel de la Syrie à l’Otan

Sputnik

mercredi 25 novembre 2015,

La Russie a décidé de déployer des missiles sol-air S-400 en Syrie en réaction à la chute mardi de son bombardier Su-24 abattu par un chasseur turc dans l’espace aérien syrien.

Les avions de l’Otan devront obtenir le feu vert de Moscou pour survoler la Syrie suite au déploiement des missiles sol-air russes S-400 Triumph dans ce pays, a rapporté la chaîne de télévision américaine CNN.

Les missiles S-400 ont une portée suffisante pour couvrir l’ensemble de la Syrie ce qui signifie un contrôle total de l’espace aérien de ce pays par Moscou, note le correspondant de la CNN Matthew Chance.

Le radar du système S-400 est capable de viser simultanément 300 cibles, et possède une capacité antimissile. 72 missiles peuvent y être chargés simultanément.

L’Etat-major général russe a annoncé mercredi matin sa décision de déployer des missiles sol-air S-400 à la base militaire de Hmeimim, en Syrie, après la chute mardi de son bombardier Su-24 abattu par un chasseur turc dans l’espace aérien syrien. Il a en outre envoyé le croiseur lance-missiles Moskva, équipé de systèmes antiaériens près de la province de Lattaquié, dans le nord-ouest de la Syrie, et a annoncé que ses bombardiers voleraient désormais sous la protection de chasseurs.

Ankara et Moscou connaissent de fortes tensions au lendemain de la destruction de l’avion russe. Mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a annoncé mercredi que la Russie n’avait pas l’intention de faire la guerre à la Turquie suite à cet incident.

Un bombardier russe Sukhoi Su-24 engagé dans l’opération contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie s’est écrasé mardi sur le territoire syrien, à 4 km de la frontière turque. Selon le président russe Vladimir Poutine, le Su-24 a été abattu dans l’espace aérien syrien par un missile air-air tiré par un chasseur turc F-16. La Turquie affirme que l’avion russe a violé son espace aérien. D’après le ministère russe de la Défense, l’avion se trouvait en Syrie, à un kilomètre de la frontière turque

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‪Mohamed Rouane - Nuits Blanche ( Nature Algerie)‬

Publié le par Mahi Ahmed

Publié dans v⁄déos

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