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Demain, nos enfants seront-ils maîtres de l’instrument linguistique ?

Publié le par Mahi Ahmed

Demain, nos enfants seront-ils maîtres de l’instrument linguistique ?

« Qui ne connaît la valeur des mots ne saura connaître les hommes. Lorsque les mots perdent leur sens, les hommes perdent leur liberté. » Confucius.

 

Abdelhamid Benzerari (*)

On déplore trop souvent chez nos élèves l’indigence de la pensée, la pauvreté et l’imprécision du vocabulaire, ainsi qu’une maladresse indéniable à ordonner un développement. Il faut, pour que l’enfant puisse écrire avec autant d’aisance qu’il parle, que s’opèrent une évolution, une maturation de ses possibilités linguistiques. Il faut qu’il puisse se passer de l’appui des circonstances et de l’éloquence de la mimique pour exprimer ce qu’il fait, ce qu’il pense ou ce qu’il sent ; il faut qu’il soit spontanément enclin à une analyse verbale dépouillée de tous les résidus concrets… lorsqu’il désire exprimer quelque chose, et il faut que d’innombrables thèmes formels, infiniment plastiques, infiniment mouvants et cependant impérieux se pressent à la moindre occasion au seuil de sa conscience et appellent des mots ; il faut que ces mots surgissent spontanément, appelés non point par leur composition ou leur sonorité, mais par leur signification et leur rôle grammatical.

« La maîtrise de la langue »

« Apprendre à écrire, comme apprendre à parler, c’est apprendre à penser ». L’élève, dans un monde mouvant, assourdissant d’informations, où il aura sans cesse à se situer, à comprendre et à émettre des messages, sera d’autant plus apte à être un citoyen, un travailleur, un homme heureux qu’il sera maître de l’instrument linguistique. Il parlera, il lira, il écrira. Les expériences d’éducation des adultes et les statistiques montrent combien ces trois actes sont actuellement réservés à un petit nombre et quels obstacles ils constituent pour les autres. Dans nos classes, on remarquera chez les élèves actuellement l’emploi abusif de l’arabe dialectal « envahi » de mots français arabisés (machina, cousina, tomabila, el maço, téléphoni, el trottoir, boulici, dodane (dos d’âne)… à l’écrit comme à l’oral. Les fautes grammaticales, de conjugaison, et d’orthographe sont aussi à déplorer. « La qualité de l’expression verbale est d’être claire sans être banale. » (Aristote). La correction de la langue parlée s’acquiert surtout par la pratique. Sa maîtrise permet et impose, à celui qui s’exprime comme à celui qui reçoit un message, de structurer une pensée que l’effort de formalisation aura mieux précisée. Un apprentissage continu tout au long de la scolarité permettra à l’élève, puis à l’adulte, d’approfondir sa propre réflexion et de comprendre celle de l’autre. Structuration et libération de l’intelligence comme de la sensibilité et de l’imagination sont indispensables à tous et à chacun. Elles s’imposent non seulement dans le cours de l’expression verbale, mais dans toutes les autres disciplines. Ainsi s’affirme le rôle fondamental de décloisonnement de notre langue nationale : il rythme aussi bien la physique que la poésie ; il conditionne tant le savoir que les relations humaines.

La lecture permettra d’abord de comprendre les messages de contrainte ou d’avertissement qui, dans la vie quotidienne, déterminent la possibilité de se mouvoir et d’agir. Elle saura mettre chacun en relation simultanément avec ses contemporains et avec les hommes du passé qui auront émis des messages. Elle fera comprendre le permanent et le différent et l’importance de la forme pour communiquer de façon précise une idée ou un sentiment. C’est dans les livres qu’il trouvera un nouvel aliment aux besoins de son imagination. Les livres lui apporteront l’évocation de mondes inconnus, de milieux nouveaux qu’il ignore, et surtout ils lui offriront de quoi rêver. Rêver, c’est-à-dire transfigurer le réel, et recomposer une réalité nouvelle avec des éléments donnés. On cultivera donc chez les enfants le goût des livres, en n’oubliant pas qu’aimer lire est d’abord une habitude. Il convient de la faire prendre le plus tôt possible, de diriger et de conseiller les lectures. Un des premiers objectifs sera de donner le goût de l’histoire simplement racontée. La plupart des élèves quittent l’école à 16 ans : il leur faut, à cet âge, avoir acquis le goût de la lecture, même non élaborée. Le plus souvent, ils conservent de l’acte de lire un souvenir d’ennui et d’effort non motivé, souvenir qui, l’école terminée, les fait alors renoncer à toute lecture. L’esprit critique, le goût d’exprimer l’imaginaire, la recherche de l’adéquation de la forme à la pensée, le façonnage de la forme elle-même par des jeux (en un mot ce qui permet de jouir de la langue) s’imposent le plus aisément à de jeunes enfants et peuvent les ravir. Encore faut-il continuer tout au long de la scolarité, afin que l’école ne puisse plus être accusée d’étouffer imagination et créativité, poésie et plaisir, tous quatre si nécessaires aux adultes. Volontairement ou non, l’enfant, devenu adulte, changera de métier ; il devra donc apprendre et comprendre de nouveaux langages.

Il devra être motivé plus que contraint ; c’est pourquoi lui est indispensable une compréhension du monde, ce monde qu’il voit mobile, et sur lequel il doit pouvoir exercer son esprit critique et agir. En effet, l’arabe, langue commune, est de façon concomitante langue de spécialistes, voire « jargon ». Sous des formes diverses, il sert à l’administration, au syndicaliste, au poète, au technicien, etc. L’usage de plusieurs de ces « langues » est nécessaire à l’adulte ; il y aura été entraîné dès l’école par un contact fréquent avec des représentants de diverses activités, sous la responsabilité de son maître ; pour ce faire, l’élève sera mis en face de situations réelles qui seules expliquent et justifient ces diversités de la langue. Donc, l’enseignement de la langue nationale s’ouvrira très largement au monde extra-scolaire ; il décloisonnera le monde scolaire lui-même : ne faut-il pas s’exprimer justement en physique, en histoire… ? D’où l’intérêt des enquêtes. Emile Alain, le philosophe français, a écrit : « On n’observe jamais qu’à travers les idées qu’on a ». C’est pourquoi on ne lâchera pas l’enfant sur le terrain de son enquête sans l’avoir muni d’un questionnaire précis, adapté aux conditions particulières du travail à faire. Dans l’institution scolaire, le cours d’arabe, lieu privilégié de la communication, devra réunir les élèves engagés dans des types différents de scolarité.

Il pourra le faire autour de thèmes, d’actions dans l’école ou hors de l’école : la diversité, la prééminence de chaque spécialité rendra tangible la nécessaire solidarité des savoirs et des hommes. Il est indispensable que les élèves aient acquis le maniement de la langue. L’apprentissage progressif de la forme juste accompagne l’affirmation de plus en plus assurée de la pensée (il ne doit pas être un moule imposé trop tôt et par là-même déformant). Cela nécessite aptitudes et apprentissage pour le maître lui-même qui devra se montrer capable d’oublier ses modèles, et d’écouter, pour amener son élève à formuler et à préciser ce qu’il tente de dire. Traditionnellement, en effet, la relation pédagogique va du maître à l’élève ; elle va heureusement de plus en plus souvent aussi de l’élève au maître, encore que trop souvent la forme d’interrogation utilisée par le maître, et aussi la nature de sa fonction faussent cette relation. La relation d’élève à élève, en présence du maître ou sans lui, n’est que trop rarement prise en compte. Une nouvelle forme de relation pédagogique devra habituer les maîtres à écouter les dialogues entre élèves et à juger de la qualité de cette communication par les résultats du travail collectif. Savoir écouter, savoir parler, doivent accompagner savoir lire et savoir écrire. L’élève sera entraîné le plus tôt possible à prendre de plus en plus d’initiatives et à savoir choisir, seul, ou avec la classe, avec ou sans maître. Des textes pourront être choisis par les élèves, des actions, dans l’école et hors de l’école, pourront être imaginées et proposées par eux ; il faudra en des occasions bien précises et à des niveaux qui correspondront à leur maturité leur confier de vraies responsabilités. Ainsi, l’école conduira l’enfant à devenir un homme responsable, ouvert au monde et créateur.

Or, jusqu’ici, l’école, pour des raisons multiples de recrutement de structures, d’habitudes, a tendance à « surprotéger » et par là-même à ne pas faire bénéficier ceux qui la fréquentent de l’enseignement le plus fondamental, celui de la vie. Les enseignants, tout au long de leur carrière, ne sortent guère du monde de l’école. Dans le cadre de leur vie professionnelle (l’école) les élèves, coupés des contraintes et des joies de la vie réelle, n’acquièrent pas la motivation de leur apprentissage et ont tendance à se réfugier dans l’illusion, l’indifférence et parfois le désespoir. Le mode actuel de sélection, les efforts sanctionnés par des épreuves exclusivement individuelles et théoriques ne prennent pas en compte certaines des qualités et des aptitudes les plus fondamentales. Un des rôles essentiels de l’école doit être de donner à ceux qui la quittent l’appétit de l’éducation permanente, qui après l’indispensable formation initiale doit permettre de réduire les inégalités socioculturelles. Ainsi pourraient être recrutés, à tous les niveaux et sur des critères moins abstraitement formels que ceux d’aujourd’hui, des hommes de profession qualifiés et responsables. Mais il ne faut pas pour autant détourner l’âge privilégié qu’est l’adolescence de son rôle de passage et d’élargissement vers la prise de possession du monde, la responsabilité, la création, la réflexion et éventuellement le bonheur.

Pour une pratique rénovée

Compte tenu de l’importance culturelle et sociale d’un tel enseignement :
 l’enseignement de la langue (grâce, entre autres, à la pratique systématique de l’interdisciplinarité) doit être une préoccupation permanente de tous les enseignants, quelle que soit leur discipline personnelle.
 Méthodes pédagogiques, programmes, contrôles, doivent être rigoureusement adaptés aux besoins et aux aptitudes réelles afin d’éviter l’échec répété qui, avec ses conséquences, pèse sur la vie entière.
 L’observation des élèves doit porter non seulement sur les qualités scolaires de base (capacité d’expression et de communication orale et écrite, méthode et rigueur dans la réflexion et dans l’analyse, pertinence du discours), mais aussi des qualités manifestées dans les autres moyens d’expression (artistiques, manuels, corporels). Initiative et responsabilité seront largement prises en compte.
 Inciter les professeurs de toutes les disciplines à faire observer dans leurs classes une pratique correcte et aisée (écrite et orale) de la langue commune.
 Multiplier, en conséquence, les groupes de soutien et de rattrapage pour les élèves qui accusent un retard.
 Développer la pratique de l’auto-évaluation, avec le sens des responsabilités qu’elle implique.
 Sans réduire l’importance de l’écrit, réserver toujours sa place à un entretien oral avec l’élève moins pour contrôler ses réponses que pour écouter ce qu’il a à dire.
 Tous les établissements doivent avoir une bibliothèque et un centre de documentation pluridisciplinaire largement ouverts aux élèves et assez accueillants pour que ceux-ci en prennent volontiers le chemin.
 Les constructions scolaires doivent tenir compte, non seulement des nécessités de l’enseignement proprement dit ,mais de celles que comporte l’animation culturelle sous ses diverses formes.
 Multiplier en classe et hors de la classe des situations favorables à la communication et à l’expression écrite et orale.
 Adapter les exercices oraux et écrits aux intérêts, activités et motivations du groupe-classe.
 Réserver une place importante à l’expression libre sous toutes ses formes.
 Collaborer avec les disciplines d’expression plastique, musicale.
 Donner toute sa valeur à la diction expressive des textes.
 Employer systématiquement les méthodes actives, généraliser le travail indépendant et, par un large système d’options, permettre aux élèves de personnaliser leur culture.
 Développer les exercices créatifs écrits et oraux, en particulier les essais libres et les tentatives poétiques.
 A côté du contrôle du savoir et des normes, faire chaque jour une place importante à l’appréciation de l’imagination et de l’intelligence créative. Théorie et Pratique Linguistique et enseignement de la langue
 1)- La linguistique « moderne », en dépit de la diversité de ses tendances, trouve dès à présent d’innombrables applications dans l’enseignement de la langue. Mais, plutôt que le caractère théorique, on en favorisera l’aspect expérimental, les procédures d’analyse, de découverte et d’appropriation. Pour dominer la richesse d’une science en pleine évolution, le maître doit recevoir une solide formation, puis disposer d’une information qui lui donne le recul nécessaire.
 2)- On insiste sur l’importance d’un enseignement cohérent de la langue orale et sur la nécessité, non d’imposer une norme unique, mais d’étudier et de pratiquer tous les aspects de la langue.
 3)- On propose de remplacer, notamment pour l’orthographe, une pédagogie fondée sur la notion de faute par une autre fondée sur la notion de progression et d’urgence pédagogique.
 4)- La collaboration du professeur d’arabe et du professeur de mathématiques, qui enseignent l’un et l’autre un langage, peut-être particulièrement fructueuse. La classe d’arabe est le lieu d’apprentissage de la communication et de l’expression. Elle contribue à développer la réflexion, l’imagination et la sensibilité. Elle favorise la compréhension du monde. Pour atteindre ces objectifs, se pose la question de l’utilisation de ce matériau qu’est le texte écrit : on entendra ici par cette expression tout ensemble écrit cohérent et signifiant, qu’il soit ou non reconnu comme littéraire.

Approche et étude de texte

L’étude des textes est la meilleure initiation à l’art de composer. Les enfants doivent être exercés à dégager l’idée dominante d’un texte, l’unité d’impression, puis à trouver comment l’auteur a réalisé cette unité par la sélection et la coordination des traits, et aussi par l’allure générale du style et par le choix des termes expressifs. Au cours de l’étude de texte, arrêtons-nous au mot expressif, à la phrase qui peint : étudions-les. Apprécions l’exactitude et la précision de l’observation, le pittoresque de l’image ; puis enrichissons l’écrin de l’enfant, non pour qu’il fasse une réserve de clichés, mais pour qu’il forme sa pensée et son langage. Les textes bien choisis fournissent à la fois des modèles et même des méthodes d’observation, de composition et d’expression. Les fins, c’est d’apprendre aux enfants l’orthographe, d’augmenter leurs ressources de vocabulaire, leurs connaissances de grammaire ; c’est de leur apprendre à lire intelligemment ; et enfin c’est encore, et c’est le plus beau et le plus difficile, d’éveiller en eux le sens littéraire, où entrent, à dose variable selon les rencontres, le discernement d’esprit, le sentiment esthétique, la justesse du sens moral…

Enquêtes, comptes rendus et textes libres

« On n’observe jamais qu’à travers les idées qu’on a », a dit Emile Alain. Tous sont discipline et éducation, c’est-à-dire obéissance à des règles, progression, effort. Ils sont aussi liberté. Et à mesure que se forme la personnalité et que s’enrichit la pensée, nous verrons que la part de la liberté devient plus large. L’observation est à l’origine de tous les exercices d’expression. Elle a besoin d’être dirigée et guidée. Il faut apprendre à l’enfant à observer, lui montrer comment on observe méthodiquement. L’expression d’une pensée rationnelle introduit l’enfant dans le monde des concepts et de l’abstraction. Il est indispensable de lui fournir une matière de manière à lui laisser porter son effort sur l’organisation de cette matière. C’est l’intérêt des comptes rendus. Le compte rendu d’enquête suppose l’établissement d’un plan de recherche, l’utilisation d’un questionnaire et la mise en forme des résultats obtenus. Le compte rendu de leçon ou l’établissement d’un résumé par les élèves devrait théoriquement pouvoir être fait après chaque leçon. Cela suppose que la leçon n’est pas un monologue du maître, mais qu’elle se développe avec la participation constante des élèves avec les mises au point successives qui dégagent les étapes et marquent les acquisitions. L’expression libre est la base de l’éducation. C’est un exercice important et très révélateur. Il doit amener les élèves à exploiter tous les menus événements de leur vie scolaire, individuelle, familiale. La pratique des textes libres est créatrice de joie, d’originalité, de spontanéité, de sincérité.

Le goût de la lecture

Trop peu de choses, par exemple, sont faites pour que le livre aille au lecteur ; l’effort consenti pour le développement des bibliothèques et des bibliobus reste notoirement insuffisant. Les enfants lisent mal et peu ; les parents, qui doivent donner l’exemple et qui eux-mêmes lisent peu ou pas du tout, ne les incitent pas à lire ; le livre est difficilement accessible et perd de son prestige et sa séduction face à des médias d’apparence plus facile, qui sont souvent favorisés. Les horaires de travail et les conditions de transport et d’habitat sont aujourd’hui des obstacles majeurs à la lecture. La déshumanisation de notre société, l’urbanisation anarchique, le déracinement généralisé, le culte de l’arrivisme et du profit, sont également d’autres obstacles à la lecture, considérée soit comme une activité non rentable, soit comme un simple ornement ou une distraction pour qui « a réussi » et donc « a le temps ». Faut-il pour autant attendre que les problèmes soient résolus hors de l’école pour les aborder à l’école ? Celle-ci, notamment par l’enseignement de la langue arabe, a son rôle à jouer dans le processus d’humanisation de la société. La classe d’arabe doit être un lieu d’acquisition de compétences, d’élaboration d’une culture et d’épanouissement de la personnalité.

Il faut que tout professeur se considère comme professeur de la langue arabe. Il faut que la rédaction de la solution d’un problème, d’un compte rendu, d’une observation, soit regardée comme un exercice de style ou de composition. Il convient donc de restructurer l’enseignement de la langue nationale. Par un travail sur les objets spécifiques que sont les textes, la classe d’arabe doit développer les capacités de jugement critique et d’action sur la nature, sur le milieu et sur soi-même par l’étude de textes d’usage quotidien, de textes à caractère professionnel, etc. elle doit aussi permettre à l’élève d’acquérir la maîtrise des langages dont dépendra sa vie, et même simplement sa survie sociale lorsqu’il sera devenu homme. Les méthodes nouvelles, fondées sur la pratique active, vivante et joyeuse de la langue, et aussi sur le principe du travail libre et de l’effort personnel des enfants, ne sont que la conséquence des progrès apportés dans la connaissance des enfants par les études théoriques et pratiques de psychologie infantile et génétique, des progrès accomplis dans la méthodologie, grâce aux expériences raisonnées de gens de métier. Dans ce monde nouveau et mouvant, il ne saurait être question de traiter des textes, de leur approche et de leur étude par référence au seul écrit.

Une masse d’informations et de signaux parvient à l’élève par d’autres voies que la lecture et, à l’intérieur même de la lecture par d’autres voies que celle des textes littéraires. L’écrit non littéraire et le non écrit font aujourd’hui partie du champ de l’information. Tout en ayant conscience de ce que peuvent avoir de frelaté et de dangereux, dans certaines circonstances, les média de l’audiovisuel, on ne saurait avoir, à l’égard de ces formes nouvelles d’expression, une attitude de refus. Ils ne doivent être ni abandonnés à un appareil indifférent à la culture ni envisagés comme innocents et comme pouvant satisfaire aux exigences fondamentales de la formation.

(*) Directeur d’école à la retraite

 

Publié dans Economie et société

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28 Algériens se suicident chaque mois

Publié le par Mahi Ahmed

 

Davantage de fonctionnaires et de mineurs autant de chômeurs et de femmes

28 Algériens se suicident chaque mois

Le phénomène du suicide connaît une évolution inquiétante dans la société algérienne et semble toucher surtout la catégorie la plus fragile des jeunes âgés de 18 à 30 ans, généralement sans profession. En effet, 28 Algériens se suicident chaque mois dont la plupart sont des chômeurs.

Le bilan alarmant des cas de suicide durant le premier semestre de l’année en cours en est l’illustration. Les chiffres obtenus sont effrayants et les causes demeurent souvent mystérieuses ou insondables. Par contre, les méthodes de suicide sont multiples : arme à feu, pendaison, absorption de produits caustiques, immolation par le feu... Le nombre des personnes qui tentent de se suicider connaît une augmentation effrayante dans notre pays, d’autant qu’il s’agit de mineurs qui se donnent la mort à cause de conflits au sein de la famille, la maltraitance, la démission des parents et l’échec scolaire.
Parmi les 164 cas enregistrés par les unités de la GN, 154 sont majeurs, dont une grande partie constituée par la gent masculine, soit 120 cas contre 44 femmes suicidées. Les mineurs sont touchés aussi. Ils ont été 10 à avoir mis fin à leurs jours durant les premiers six mois de l’année en cours. Les tentatives de suicide, qui sont un signe de détresse, sont encore plus nombreuses que les suicides qui aboutissent. 274 tentatives de suicide ont été recensées durant la même période.  L’étude de la gendarmerie fait ressortir que “les femmes ont été beaucoup plus nombreuses à tenter de se suicider, avec 196 tentatives contre 78 pour les hommes”.
Paradoxalement, les femmes tentent mais les hommes réussissent, selon ce rapport.
Les sociologues estiment que les femmes sont plus enclines aux tentatives de suicide qu’au suicide lui-même car “il s’agit d’appels au secours qu’elles lancent plutôt qu’une réelle envie de mourir”. 149 tentatives ont été recensées parmi les personnes âgées entre 18 et 30 ans tandis que 61 étaient âgées entre 30 et 45 ans, 17 tentatives parmi les âgées de plus de 45 ans ainsi que 47 mineurs âgés de moins de 18 ans. Pour ce qui est des raisons menant au suicide, l’étude effectuée par la GN  montre que le phénomène touche particulièrement les couches défavorisées. Si les troubles psychiques sont généralement la cause directe du suicide avec 38 cas, le rapport enregistre cependant 26 cas de suicide à cause des dépressions nerveuses et 22 autres à cause des problèmes familiaux, 3 cas à cause du désespoir et 3 autres liés aux problèmes sociaux. Alors que dans 72 cas, les causes restent toujours mystérieuses.
S’agissant des tentatives, les troubles psychiques restent en effet les principales causes de suicide avec 38 tentatives et 7 autres dues au désespoir, 126 tentatives ont pour cause les problèmes sociaux, 31 à cause des problèmes familiaux, 22 à cause des dépressions nerveuses.
L’échec scolaire est derrière 5 tentatives de suicide, généralement chez des mineurs, 2 à cause de problèmes financiers, et 43 pour diverses raisons inconnues d’autant que, dans la plupart des cas, les familles des suicidés préfèrent le mutisme que révéler les vraies causes.

Les chômeurs en tête de liste des suicidés
Les statistiques font état de la prévalence du suicide chez la tranche d’âge comprise entre 18 et 30 ans avec 67 cas. Suivie des personnes dont l’âge varie entre 30 et 45 ans avec 56 cas, et 31 autres cas ont été enregistrés pour les personnes de plus de 45 ans et 10 cas pour les mineurs. Ainsi, selon l’étude, les chômeurs sont souvent les premiers sur la liste des suicidés. Les chômeurs arrivent en tête du classement du nombre de suicidés avec 100 cas et 206  tentatives de suicide durant les 6 mois. Concernant les professions des suicidés, l’étude relève que parmi les suicidés, il y a 21 fonctionnaires et 9 agriculteurs ainsi que 5 commerçants  alors que 29 autres ont des professions diverses.
Concernant les tentatives en elles-mêmes, les fonctionnaires viennent toujours après les chômeurs avec 29 cas, suivis de 5 étudiants ainsi que 2 fellahs. Un commerçant aussi a tenté de mettre fin à ses jours à cause d’un problème financier. 31 tentatives ont été enregistrées pour des raisons non déterminées.
Les  gens qui se suicident souffrent de manque de confiance en eux-mêmes ou ont des difficultés de contact et de communication au sein de leur milieu familial. Ils sont aussi fragiles et agissent par violence sur leur propre personne, selon l’analyse du rapport.

La Kabylie reste la plus touchée par le suicide
La répartition géographique des suicides fait apparaître que la Kabylie demeure la région la plus touchée par ce phénomène social. 29 cas ont été enregistrés dans la wilaya de Tizi Ouzou durant ce premier semestre, suivie de Béjaïa avec 13 cas, Bouira et Alger avec 12 suicides, talonnées avec 8 cas par les wilayas de Mascara et de Souk Ahras, 6 cas à Oran suivies de 5 cas dans les wilayas de Médéa et Jijel avec 4 cas dans la wilaya de Tlemcen.
Pour les tentatives, le classement de la GN confirme la première place pour la wilaya de Tiaret avec 38  tentatives, suivie de Mascara avec 21 tentatives, Oum El-Bouaghi et Béjaïa avec 19 cas, Bouira et Bordj Bou-Arréridj avec 12 cas et à des degrés moindres Sétif, Tébessa, Skikda, Souk-Ahras.
Les sociologues affirment qu'en Algérie, ce sont “environ 10 000 personnes qui tentent de mettre fin à leurs jours chaque année, pour la plupart des jeunes, dont un millier réussissent leur coup”.
Les spécialistes ont estimé que les principales causes du suicide sont, dans la majorité des cas, impossibles à connaître du fait que ce geste désespéré a toujours été considéré par la société comme étant “un tabou”.
Récemment, un nouveau mode de suicide s’est installé dans notre société, des jeunes et des fois même en famille qui tentent de mettre fin à leur vie en s’immolant par le feu en s’aspergeant d’essence à cause des expulsions de leur domicile ou parce qu’ils sont exclus des listes des bénéficiaires de logements.  Ce rapport reste alarmant d’autant qu’il ne concerne que les statistiques de la Gendarmerie nationale. Du côté des services de police, on a recensé 6 cas de suicide et 81 tentatives chez les mineurs âgés de 10 à 16 ans dont 61 filles, et ce, durant seulement les quatre premiers mois de 2010. Ces enfants ont choisi la mort en se jetant du haut de leur immeuble ou par pendaison alors qu’à leur âge, les enfants s’intéressent à la Play Station, aux dessins animés et même au foot !
Ces mêmes services ont enregistré 247 tentatives de suicide durant les premiers quatre mois de l’année en cours. Dans ce contexte, la gendarmerie appelle à multiplier les campagnes de sensibilisation et l’élaboration d’une stratégie avec tous les services de sécurité et les institutions concernées afin de lutter efficacement et attaquer ce fléau à ses racines, à savoir la prévention et favoriser le dialogue au sein de la famille. Des cellules de prévention contre la délinquance juvénile de la GN sont mobilisées dans ce cadre, conclut l’étude.

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=140135&titre=28 Algériens se suicident chaque mois

Ultime recours

Par : Outoudert Abrous
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Douloureux constat avec ces statistiques qui comptabilisent des départs définitifs de la vie, en toute discrétion, le suicide en Algérie prend des proportions alarmantes.

Le phénomène du suicide prend de l’ampleur et, plus grave encore, il touche des segments de la population qui jusqu'à très récemment étaient non concernés. Il s’agit notamment de la tranche des fonctionnaires, généralement sécurisés par la préservation d’un emploi.
Au-delà des chiffres alarmants qui ne cessent d’augmenter et qui donnent froid dans le dos, il y a aussi ces nouvelles façons de mettre fin à ses jours. De plus en plus de cas d’immolation sont signalés et ont lieu sur des places publiques comme pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’ultime recours du citoyen en bout de course.
Les “motifs” qui amènent à cette décision extrême sont pour la plupart connus pour la tranche des personnes âgées : la perte de l’emploi à cause de la fermeture de son usine, l’exclusion d’une liste d’attribution de logements sociaux, etc. Reste la catégorie des jeunes dont la cause principale est l’absence de communication au sein de la structure familiale, la fille étant généralement le plus souvent exposée à cette exclusion. Il en est ainsi de la déception amoureuse ou du mariage forcé. Le suicide, ici, constitue une alternative au fait accompli que d’autres contournent par un procédé moins radical, la fugue perçue comme un moyen d’échapper au diktat du père ou des frères.
Douloureux constat avec ces statistiques qui comptabilisent des départs définitifs de la vie, en toute discrétion, le suicide en Algérie prend des proportions alarmantes.
En amont, il faut avouer que ce nouveau fléau n’est pas encore appréhendé par les pouvoirs publics qui se contentent de le classer dans la rubrique des cas isolés, alors qu’il y a urgence à s’interroger sur le nombre de suicides qui touchent certaines wilayas, dont Béjaïa et Tizi Ouzou en tête de liste.
Mal-vie, absence de repères, hogra, chômage, il y a un peu de tout cela, mais quand on décide de mettre fin à ses jours, c’est que la confiance en son pays a déjà rendu l’âme.

O. A.

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=140136

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السياسة والاقتصاد في أزمة متفاعلة في العراق

Publié le par Mahi Ahmed

السياسة والاقتصاد في أزمة متفاعلة في العراق


كاظم حبيب

المحور: مواضيع وابحاث سياسية

منذ نهاية الانتخابات البرلمانية الأخيرة في العراق (2010) يعيش المجتمع وكذا الدولة والحكومة في أزمة سياسية طاحنة عجزت القوى الفائزة إلى الآن عن إيجاد حل لها ولمن يتولى رئاسة الوزراء. ويتوقع الجميع معجزة سحرية تحل الخلاف بين القائمة العراقية ودولة القانون أولاً, وبين دولة القانون وبقية قوى التحالف الوطني الجديد الذي شكله البيت الشيعي أخيراً ثانياً. وليس هناك من طريق غير الضغط الشعبي الذي يفترض أن يتصاعد ليفرض على "الفائزين" تشكيل الحكومة وفق برنامج يرجو الإنسان أن لا يكون طائفياً مؤذياً لهوية المواطنة والمواطن.
استثمرت القوى الإرهابية هذه الأزمة المستمرة والصراع والفراغ السياسي لتصعد من عملياتها العدوانية والقتل في صفوف الشعب العراقي, هذه القوى التي استعادت عافيتها نسبياً بع الضربات التي تلقتها قبل ذاك وأعادت نشاطها الدموي في مناطق لم يكن متوقعاً وجودها بهذه الكثافة وحرية الحركة التي تتمتع بها والفعل العدواني ضد الشعب العراقي. هذا الفراغ السياسي القائم , الذي لا يمكن أن تسده حكومة تصريف أعمال غير مقبولة عملياً من عدد غير قليل من القوى الفائزة, قد عمق من المشكلات الاقتصادية التي يعاني منها الاقتصاد العراقي ومن الحياة المعيشية الصعبة التي تعاني منها نسبة عالية من سكان العراق وخاصة في مناطق الوسط والجنوب والموصل. فالحكومة على امتداد سنواتها الأربعة المنصرمة لم تنتبه إلى مشكلات الاقتصاد ولم تجد وقتاً لوضع إستراتيجية تنمية وطنية, وبالتالي واصل العمل العفوي في الوزارات وبالوجهة التي كان يدعو إليها البعض من المسؤولين عن الملف الاقتصادي, واصل وجهة ونهج اللبرالية الجديدة, رغم عدم توفر مستلزمات مثل هذا النهج الرأسمالي المتطرف في البلاد.
حين كنا نستمع إلى السيد وزير التخطيط وهو يتحدث إلى القنوات الفضائية, كنا نسمع منه شكوى مرة متكررة عن عدم وجود إستراتيجية للتنمية الاقتصادية في العراق, وكنا نتساءل بحق: من هو المسؤول عن وضع إستراتيجية التنمية الوطنية, أليس هو وزير التخطيط وجهازه الفني؟ أليس من واجب هذا الوزير قبل غيره تشغيل جهازه الفني وبالتعاون مع الوزارات الأخرى لوضع إستراتيجية التنمية الاقتصادية والبشرية, ومن ثم توزيعها على خطط خمسية وسنوية للتنمية الحكومية والقطاع الخاص, كمشروع يطرح على مجلس الوزراء للمناقشة والإقرار ومن ثم يرفع إلى مجلس النواب ليصدر بقانون؟ لقد كانت الشكوى غريبة, وكل شيء أصبح غريباً عجيباً في العراق, رغم كون الرجل اقتصادي متخصص لا بد وأنه يعي واجبه الاقتصادي والفني, وربما كان لا يجد من يدعم عمله وينشط دوره لإنجاز هذه المهمة!
كل الدلائل التي تحت تصرفنا تشير إلى أن أغلب المسؤولين عن الملف الاقتصادي في العراق يلهثون, بوعي أم بدونه, وراء نهج اللبرالية الجديدة في السياسة الاقتصادية والاجتماعية. والسؤال المشروع في هذا الصدد هو: ماذا يعني اختيار نهج اللبرالية الجديدة في السياسة الاقتصادية للعراق في الفترة التي أعقبت سقوط الدكتاتورية؟
ليست اللبرالية الجديدة بنت اليوم, بل هي نتاج فترة ما بعد الحرب العالمية الأولى وأن طرأ عليها بعض التغيير, فإنها حافظت على أسسها العامة. فقد طرح ميلتون فريدمان (الولايات المتحدة) وفريدريك أوغست هايك (النمسا) منذ العقد الرابع من القرن العشرين فكرة اللبرالية الجديدة بوهم القدرة على معالجة عواقب الحرب العالمية الأولى وعواقب أزمة الكساد العام في الفترة 1929-1932/1933 بإطلاق العنان لقوى السوق لتتحكم بمسيرة الاقتصاد في الدول الرأسمالية المتقدمة وعلى الصعيد العالمي. إلا أن جون مينارد كينز كان لهم بالمرصاد ومن مواقع الرأسمالية ذاتها التي استندا إليها وانطلقا منها الاثنان لمعالجة ما خلفته الحرب وفترة الكساد الأعظم. وإذ كان الاثنان يركزان على قوى السوق الحرة, كان كينز يركز على دور الدولة الخاص لتحريك النشاط الاقتصادي لتجاوز الأزمة واستعادة الاقتصاد لعافيته. وكانت البطالة الكبيرة وتردي مستوى المعيشة والخوف من المستقبل ترهق كاهل تلك المجتمعات والعالم حينذاك. (راجع في هذا الصدد: أولريش شيفر, انهيار الرأسمالية. المعرفة رقم 371 لسنة 2010 ومصادر كثيرة أخرى).
إن ما تسعى إليه اللبرالية الجديدة في العراق, وأن تباينت في بعض جوانبها وتعددت اتجاهاتها, هو ضمان ما يلي في وجهة نشاط الاقتصاد الوطني العراقي:
1 . الالتزام بتنفيذ نهج صندوق النقد الدولي والبنك الدولي في الاقتصاد العراقي وما يطلق عليه بـ"سياسات التثبيت الاقتصادي والتكييف الهيكلي" التي في أغلب نقاطها تتعارض مع واقع وحاجة الاقتصاد والمجتمع في العراق.
2 . إبعاد الدولة عن أي نشاط اقتصادي وخدمي أو إقامة قطاع دولة اقتصادي وترك ذلك للقطاع الخاص.
3 . خصخصة كل ما لدى الدولة من مشاريع اقتصادية وخدمية, إذ ليس للدولة أي شأن فيها.
4 . إبعاد الدولة عن الرعاية الاجتماعية الضرورية في بلد كالعراق للمحتاجين والمعوزين من الأشخاص الفقراء والعائلات الكادحة والفقيرة.
4 . إبعاد العراق عن التصنيع أو تحديث الزراعة بشكل خاص والإبقاء قدر الإمكان على علاقات الإنتاج المتخلفة, إضافة إلى استمرار الضعف في مراكز البحث العلمي النظري والتطبيقي.
5 . تشجيع مواصلة الباب المفتوح في التجارة الخارجية أمام السوق العالمي ورفض وضع قيود لحماية الإنتاج الصناعي والزراعي, والذي هو بأمس الحاجة إلى الحماية الجمركية.
6 . مواصلة استيراد السلع من الأسواق الدولية وإغراق الأسواق المحلية بها, بما يتعارض وحاجات الناس ومتطلبات التنمية والتثمير الإنتاجي.
7 . عدم تنفيذ سياسة مالية تعتمد مبدأ الضريبة التصاعدية على الدخل المباشر لأفراد المجتمع, والذي يزيد من مصاعب العيش على الفقراء ويزيد الرفاهية للأغنياء بشكل خاص.
إن كل المؤشرات التي لدينا من دول أخرى مارست اللبرالية الجديدة في أمريكا اللاتينية أو في أفريقيا أو في آسيا تشير إلى أن هذه السياسة قادت وتقود بالفعل إلى ظاهرة ملموسة هي تفاقم فجوة الدخل بين الأغنياء والفقراء لصالح الأغنياء وزيادة وتوسيع فجوة الفقر عمودياً وشاقولياً في المجتمع. وهذا يقود بدوره إلى تشديد التناقض الاجتماعي وتحوله تدريجاً إلى صراع سياسي ومن ثم نزاع طبقي متفاقم.
فهل مثل هذه السياسة يحتاجها العراق بعد تحرره من نظام استبدادي مقيت وأربعة حروب داخلية وخارجية مدمرة وقمع متواصل دون هوادة ومصالح طبقية متناقضة؟ لا أرى ذلك في كل الأحوال. ليس هناك من يريد القفز فوق الرأسمالية أو تجاوزها, إذ ليست هناك إمكانية من هذا النوع. ولكن ليس من واجب الدولة أيضاً إطلاق العنان لقوى السوق الحر لتلعب دورها غير المسيطر عليه لتخلق المزيد من المشكلات السياسية والاجتماعية على خلفية المشكلات الاقتصادية وتعميق التناقضات والصراعات الطبقية وتغييب أهمية وجود سلم اجتماعي لتحقيق التنمية الضرورية.
إن القوى والعناصر المدافعة عن نهج اللبرالية الجديدة تتوزع, كما أرى, على ثلاث خانات, وهي:
** إما إنها لا تدرك مفهوم اللبرالية الجديدة ولا تعي عواقبه على المجتمع وعلى العلاقات بين الفئات الاجتماعية في هذه المرحلة الحرجة من تطور العراق. وهو اضعف الاحتمالات, ولكنه من جانب أخر أسوأها, إذ من غير المعقول أن يلتزم سياسي بنهج لا يدرك فحواه ولا نتائج تطبيقه.
** وإما إنه ملزم بتطبيق هذه النهج بسبب ارتباطه بقوى دولية تحتضنه وتلتزمه سياسياً لأي سبب كان.
** أو إنه يحمل فكراً ونهجا يتطابق مع قوى اللبرالية الجديدة في الدول الرأسمالية المتقدمة, وخاصة الولايات المتحدة الأمريكية, ومن مواقع الدفاع عن مصالحه وليس مصالح الاقتصاد الوطني والشعب.
إن ترك قوى السوق تمارس دورها العفوي في العملية الاقتصادية لا يعني في ظروف العراق الراهنة سوى إبقاء العراق متخلفاً وحيد الجانب, اقتصاداً ريعياً واستهلاكياً يستهلك ما ترده من موارد مالية نفطية لتغطية أقيام وارداته السلعية السنوية المتعاظمة ولا ينمي الإنتاج المحلي, سواء أكان صناعياً أم زراعياً, ولا ينمي التثمير الإنتاجي ولا يحقق التراكم الرأسمالي الضروري لإغناء الثروة الاجتماعية أو الدخل القومي العراقي. وهذا يعني استمرار وجود البطالة والفاقة في المجتمع. كما يعني تبعية عملية إعادة الإنتاج أو العملية الاقتصادية في العراق للاقتصاد الدولي المعولم وللنتائج السلبية الحادة التي تنشأ عن هذه التبعية.
إن على من يتسلم الحكم في العراق إن يعي مسألة مركزية بأن العراق بموارده المالية المتأتية من النفط الخام يفترض أن توجه للتنمية الاقتصادية عبر الدولة أيضاً بعدة اتجاهات أساسية, وهي:
1. استخدام تلك الموارد لمواصلة تطوير وتحديث قطاع النفط الخام. كما لا بد من تحديد سقف الإنتاج النفطي بحاجات العراق للموارد المالية السنوية واحتياطي مناسب يعزز موقع الدينار العراقي وسعر صرفه. فالنفط مورد طبيعي ناضب لا نحتاجه ليومنا هذا فحسب, بل نحتاجه للأجيال القادمة أيضاً ولا يمكن توقع الكف عن استخدامه ببدائل أخرى خلال سنوات القرن الحادي والعشرين.
2. أن تأخذ الدولة بنظر الاعتبار ثلاث مسائل مهمة في وضع إستراتيجية التنمية, وهي:
أ. تغيير بنية الاقتصاد الوطني, ب. الاهتمام بالتخطيط الإقليمي أو الجغرافية والتنسيق الفعال بين حكومة إقليم كردستان والحكومة الاتحادية, إضافة إلى التنسيق مع مجالس المحافظات بهذا الصدد, ب. ربط التنمية الاقتصادية بالتنمية البشرية, اي بالتربية والتعليم والثقافة والبحث العلمي وتحسين مستوى حياة ومعيشة الشعب.
3. تنمية وتطوير القطاع الصناعي والقطاع الزراعي بحيث يشاركان في تغيير بنية الاقتصاد الوطني وبنية المجتمع وبنية تكوين الدخل القومي ويحولان الاقتصاد الريعي الاستهلاكي إلى اقتصاد إنتاجي استهلاكي.
4. المشاركة في تطير قطاع الخدمات الإنتاجية والخدمات العامة بما يلبي حاجات ويساعد على دعم القطاع الحكومي العام والقطاعين الخاص المحلي والأجنبي ويسهل دخول الاستثمارات الأجنبية إلى الاقتصاد العراقي.
5. أن تساهم الدولة في الرعاية الاجتماعية وللسنوات طويلة قادمة, إذ من غير المعقول والمقبول أن تتخلى الدولة عن هذه المهمة وتساهم في تعميق التناقضات الاجتماعية التي تظهر موضوعياً في بلد يسير على النهج الرأسمالي الاستغلالي.
6. إن مثل هذا التوجه يساهم في توفير الأرضية والشروط الضرورية لنشاط القطاع الخاص أيضاً في البلاد, إذ لا يمكن تصور تخلي الدولة في بلد كالعراق عن واجباتها الاقتصادية والاجتماعية, وهو لا يتعارض مع تأمين مستلزمات حركة القطاع الخاص والأجنبي وفق رؤية إستراتيجية واضحة للتطور الاقتصادي والاجتماعي المنشود في العراق.

كاظم حبيب

 

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L’arrogance néolibérale

Publié le par Mahi Ahmed

L’arrogance néolibérale

 

Par Ammar Belhimer
ambelhimer@hotmail.com
Une question habite de nombreux esprits, ici et ailleurs : pourquoi malgré tant de dégâts économiques, politiques, sociaux, environnementaux et autres, le capital financier se porte politiquement et idéologiquement comme un charme, au sens où sa domination n’est pas sérieusement contestée pour être en cause dans l’immédiat, alors que ses valeurs continuent à remplir les décharges de la sagesse contemporaine ?
Une telle question m’inspira d’abord une récente lecture de vacance, un roman relativement récent (il date de 2005) de Paul Auster, Brooklyn follies. L’un des personnages du roman, Tom, s’en prend furieusement à «l’endroit odieux» que l’Amérique est en train de devenir par un terrible constat : «Les fous furieux de la droite chrétienne. Les millionnairesàvingtans. com. Télé-Golfe. Télé-Foutre. Télé-Nausée. Le capitalisme triomphant sans plus rien qui s’y oppose. Et nous autres, si suffisants, si satisfaits de nous-mêmes, alors que la moitié du monde crève de faim et que nous ne levons pas le petit doigt pour y faire quelque chose. J’encaisse plus messieurs. Je veux me tirer.» La résignation suggérée par l’auteur est lourde de sens. A quoi serait-elle due ? Il nous vient à l’idée une première explication d’ordre générationnelle : la «vieille garde» encore aux commandes de la production intellectuelle, de l’orientation ou de la direction politique n’a pas pu s’extraire des alternatives éculées, dépassées, construites sur les crises et les ruptures affectant l’économie réelle héritée de l’ère industrielle et des projections conceptuelles du XVIIIe siècle. Il reste encore à créer une nouvelle gauche comme le capitalisme avait enfanté «les nouveaux philosophes» — véritables chiens de garde de la pensée libérale — au lendemain de la crise des années 1970. La Fondation Jean Jaurès, proche du Parti socialiste français, formulait à l’adresse de certains intellectuels invités au débat la question suivante : «Vous rangez-vous dans le camp du philosophe Jean- Claude Michéa qui explique que tous les malheurs actuels du socialisme proviennent de son acceptation, ancienne déjà, des thèses fondamentales du libéralisme politique ou dans celui de la philosophe Monique Canto-Sperber qui considère, elle, que ces difficultés proviennent au contraire de ce que les socialistes n’ont pas encore suffisamment assumé leur proximité idéologique ancienne avec le libéralisme ?». La question ellemême indique plusieurs pistes à suivre – même si les deux penseurs considèrent que l’époque actuelle marque un triomphe durable du libéralisme économique. Les deux pistes sont : pour Monique Canto-Sperber, la nécessité de s’inscrire dans cette perspective pour pouvoir peser sur la réalité et pour Jean- Claude Michéa, plus à gauche, de renier la part de libéralisme politique qui a été intégrée au socialisme pour pouvoir reprendre à la base la lutte contre le libéralisme économique. Jean-Claude Michéa lie les méandres actuels du socialisme à l’individualisme inhérent aux Lumières : à ce titre, le libéralisme économique semble avoir la peau dure parce qu’il est structurellement attaché à l’engrenage des droits de l’Homme et de toutes les fadaises du libéralisme politique dont il est la résultante naturelle. L’histoire du socialisme, et plus généralement du mouvement ouvrier, se résume alors à la corruption progressive et répétée d’une authentique culture collective prolétarienne par les idéaux bourgeois républicains qui structurent les institutions et le champ politique. Monique Canto-Sperber revendique, elle, en revanche, la continuité entre la philosophie des Lumières, le libéralisme politique et le socialisme. Une fort belle contribution apporte une alternative originale à ces deux voies : elle est formulée par Guillaume Duval, rédacteur en chef-adjoint d’Alternatives économiques et auteur de Le libéralisme n’a pas d’avenir aux éditions La Découverte. Sa contribution a pour titre Eloge du ni-ni(*). Duval s’attaque à la croyance commune des deux intellectuels en la domination du libéralisme économique car, «ce faisant, ils confondent le discours dominant et la réalité». Il semble par ailleurs plus optimiste par ailleurs à l’avenir immédiat en reliant ses perspectives révolutionnaires à l’économie immatérielle, non marchande, que nous évoquions au début de notre propos : «Quelle que soit l’ampleur de la domination intellectuelle et médiatique actuelle du discours libéral, de nombreux signes montrent qu’en pratique, le monde n’est pas du tout en train de prendre le chemin du rêve libéral sur le plan économique. Non seulement à cause de la mobilisation croissante de ceux qui s’opposent à la “marchandisation du monde” mais aussi, et probablement surtout, du fait de la dynamique même du capitalisme. Le non-marchand progresse partout.» L’économie non marchande accroît par ailleurs le vieux fossé entre les nations : «Tout d’abord, dans les pays développés, la part de ce qui dans l’économie échappe à une gestion purement marchande – via ce qu’on nomme les prélèvements obligatoires – continue inexorablement de s’accroître au-delà des aléas de court terme (…) Ce qui fait que les pays du Sud ont tant de mal à rattraper les pays riches, ce n’est pas tant leur insertion insuffisante dans le commerce mondial comme le professent le FMI ou la Banque mondiale ils sont la plupart du temps déjà plus ouverts au commerce international que les pays riches. C’est surtout leurs difficultés à construire eux aussi la part non marchande de leur économie : systèmes d’éducation, de santé, de retraites, d’adduction d’eau...» En sortant définitivement d’un monde dominé par les rapports marchands —«pas uniquement grâce à l’action de ceux qui contestent la “marchandisation du monde” mais aussi parce que la dynamique du capitalisme elle-même condamne de plus en plus les mécanismes de marché à jouer un rôle de plus en plus marginal» — on se retrouve face à une évolution paradoxale avec, d’une part, «le risque d’engourdissement bureaucratique et de dérive autoritaire» et, d’autre part, le défi de préserver les acquis du libéralisme politique, avec la tension classique entre défense de l’autonomie des individus et recherche de l’égalité des conditions de vie et des chances, dans un contexte économique qui est, en réalité, de moins en moins libéral. Quant aux instruments idoines pour concilier contraintes et perspectives, ils tiennent à de nouvelles alliances sociales, de plus en plus larges, dans lesquelles le vieux moteur prolétarien relèverait de l’âge de la pierre «Cela ne signifie pas que la gauche politique et syndicale soit désormais condamnée à disparaître ou à ne représenter que les intérêts d’une minorité de salariés relativement privilégiés. Mais pour sortir d’une situation structurellement minoritaire elle doit apprendre à renoncer à se considérer comme “le” représentant “naturel” de l’ensemble du salariat pour penser désormais son projet et sa politique en termes d’alliances entre des couches de salariés dont les intérêts sont substantiellement divergents (…), une alliance des couches moyennes, des couches populaires et des exclus.» Une idée qui gagne à ce qu’on lui donne à temps un contenu concret. «C’est à cela qu’il conviendrait probablement aujourd’hui de se consacrer plutôt qu’à gloser sans fin sur le libéralisme. L’idée qu’on pourrait rénover une idéologie du XIXe siècle vieillie grâce à une idéologie du XVIIIe siècle encore plus dépassée (en tout cas sur le terrain de la réalité économique et sociale concrète) m’a toujours parue étrange», conclut Guillaume Duval. La gauche reprend ainsi, à la grande joie des humanités, le chemin des idées pour un nouveau changement.
A. B.
(*) René Passet, Laurent Baumel, Guillaume Duval, Les Notes de la Fondation Jean- Jaurès: Socialisme et Libéralisme,Tome 1, n°37, mars 2004.

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/07/27/article.php?sid=103612&cid=8

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Les transnationales au centre de la grande évasion

Publié le par Mahi Ahmed

Les transnationales au centre de la grande évasion

jeudi 15 juillet 2010, par Jean-Christophe Servant

 

La lutte contre les paradis fiscaux est encalminée. Réuni fin juin à Toronto, le G20 a réitéré son intention d’appliquer des sanctions contre ces derniers, mais à partir d’une liste établie par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui ne cesse de s’étriquer. Celle-ci ne compte plus que quatorze Etats. « Et encore, les Iles Cook et le Sultanat de Brunei devraient en sortir prochainement. Ils ne restent que quelques confettis représentant 0,2% de la finance offshore alors que les multinationales représentent les deux tiers de la fraude fiscale globale », remarque Jean Merckaert, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). « Pire, note Attac, les pays s’engagent à ouvrir encore davantage les marchés de biens et de services (dont les services financiers !) et à continuer d’éliminer les derniers instruments de protection dont disposent les gouvernements ou les régions vis-à-vis du tout marché [1]. »

1 800 milliards de dollars évaporés

Quelques mois plus tôt, un rapport de l’institut de recherche américain Global Financial Integrity avait révélé les chiffres de l’évasion fiscale sur le continent Africain [2]. Selon ce dernier, les sorties illicites de capitaux auraient représenté 1 800 milliards de dollars sur les quarante dernières années. Cette évasion, précise le rapport, se serait effectuée principalement vers les institutions financières des pays riches, croissant au rythme annuel moyen de 11,9 % ! « Même en optant pour un calcul plus prudent, reposant sur les modèles économiques de la Banque mondiale et du FMI, Global Financial Integrity calcule que le continent aurait ainsi perdu 854 milliards de dollars de capital cumulé entre 1970 et 2008 » précise l’hebdomadaire économique Les Afriques [3].

En pourcentage de PIB, ce phénomène d’évaporation représentait 2 % du produit intérieur brut (PIB) du continent en 1970, 11 % en 1987, 8 % en 2007 et 7 % en 2008. De quoi effacer la dette extérieure de 250 milliards de dollars, tout en disposant de près de 600 milliards de dollars pour lutter contre la pauvreté et favoriser la croissance économique. L’économiste Léonce Ndikumana, directeur du département de la recherche sur le développement à la Banque africaine de développement estime que l’Afrique, sans cette fuite des capitaux, pourrait très bien être le créancier du reste du monde.

Les transnationales, premières fautives

Les monstrueuses prévarications commises par une poignée de dictateurs défunts, du Zaïrois Mobutu Sese Seko au Nigérian Sani Abacha, tout comme celles poursuivies par une poignée de despotes vivant majoritairement sur le pourtour du golfe de Guinée et en Afrique centrale, sont aujourd’hui largement reconnues. En 1999, l’hebdomadaire anglais The Economist estimait ainsi qu’à eux seuls les dirigeants africains possédaient alors 20 milliards de dollars placés sur des comptes bancaires dans un seul paradis fiscal : la Suisse. A la même époque, il avait été calculé que les banques londoniennes détenaient 6 milliards provenant uniquement du Kenya et du Nigeria. Pour autant, le baobab du dictateur africain cache une forêt d’autres délinquants, en « col blanc », qui continuent à discrètement profiter des avantages offerts par la mondialisation des circuits financiers.

Celle-ci a en effet largement contribué à l’intensification de la fuite des capitaux. Ainsi, si l’on ne déplorait que 57 milliards de fuites durant la décennie 1970, l’on comptait en effet pour 437 milliards d’évasion de capitaux africains entre 2000 et 2008. Et si certains « Big Men », à l’instar du Zimbabwéen Robert Mugabe, ont su, par exemple, profiter des avantages fiscaux offerts par un territoire tel que Hong Kong [4], les transnationales, aux côtés des circuits criminels, sont pour leur part aujourd’hui les principales actrices de cette grande évasion fiscale.

La manipulation des opérations commerciales à des fins comptables représenterait 65 % des fuites illicites de capitaux, selon une note de synthèse du Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad), contre 35 % pour les activités criminelles et 5 % pour les versements illicites. « Au cours des 25 dernières années, précise Mike Lewis, du réseau Tax Justice Network, on a assisté à une accélération de la mobilité transfrontalière des capitaux et à l’essor d’un modèle de développement qui pousse les pays du Sud à offrir d’une part, des incitants fiscaux pour attirer les investissements étrangers, et d’autre part, un accès intérieur aux flux financiers internationaux. La libéralisation financière et l’idéologie économique ont favorisé la prolifération de mécanismes permettant aux contribuables fortunés et mobiles ainsi qu’aux entreprises d’échapper à leurs responsabilités fiscales envers l’Etat » [5]. « Dans un certain nombre de pays africains, notamment les nations riches en ressources naturelles, souligne Babatunde Olugboji, responsable du département “Politique africaine” au sein de l’ONG Christian Aid, d’importantes multinationales ont négocié de considérables rabais d’impôts pour elles-mêmes, tandis que d’autres en collusion avec des fonctionnaires du gouvernement fraudent, échappent à l’impôt et exportent ces montants non réglés vers des pays tiers, en général des paradis fiscaux. »

Journaliste au quotidien La Tribune et auteur de La Grande Evasion [6], Xavier Harel note que ces « passagers clandestins de la mondialisation » ont particulièrement su profiter de la « mauvaise détermination » des prix des transferts. Par « mauvaise détermination », il faut comprendre les trucages réalisés sur la tarification des contributions dans les transactions entre les divisions internes des transnationales « La fuite des capitaux à travers la mauvaise détermination des prix de transfert n’a pas besoin des paradis fiscaux pour se produire », précise Xavier Harel [7], toutefois, pour la filiale d’une multinationale produisant, par exemple, le cuivre en Zambie, on est tenté de canaliser ces paiements par les paradis fiscaux. Elle permet (aux entreprises) de domicilier les bénéfices dans des paradis fiscaux (où, par définition, ils ne seront guère taxés) et de laisser les coûts dans les pays où la production se fait (minimisant ainsi les bénéfices qui y sont imposables). [8] »

Dans son rapport, Global Financial Integrity souligne ainsi que cette « mauvaise détermination » du prix des transferts coûterait aux pays en développement entre 98 et 106 milliards de dollars en pertes de recettes fiscales. Bien entendu, note Patrick Smith, responsable d’Africa Confidential, ce trafic sur les prix a en commun avec les autres transactions illégales — du blanchiment d’argent de la drogue à la corruption — « qu’elles utilisent une armée d’élégants juristes, comptables, agents et experts qui cachent l’argent mal acquis dans des paradis fiscaux (...) au moins 11,5 milliards de dollars sont couramment placés dans les paradis fiscaux offshore. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, la traque d’exodes d’une telle ampleur n’est pas considérée comme une priorité par les institutions financières internationales ».

Un continent en voie d’« offshorisation »

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne surveille actuellement que « 84 juridictions et certains pays africains, libres de tout contrôle, sont tentés de faire “cavalier seul” et de se muer en paradis fiscal pour attirer les investisseurs désireux d’échapper à l’impôt » précise le réseau Tax Justice Network for Africa.

« Engagement démontré pour la libération du marché » ; « exemptions de taxes » ; « exonérations temporaires d’impôt » : depuis quelques années, certains pays du continent sont ainsi particulièrement sollicités par des professionnels du droit et du chiffre pour créer une « fiscalité allégée » permettant un « climat favorable à l’investissement » et de rentrer dans le cercle des centres financiers. En Tunisie, le président Ben Ali compte sur « le port financier de Tunis », premier centre financier offshore d’Afrique du Nord, monté par la banque islamique Gulf Finance, pour « intégrer la sphère financière internationale et permettre au pays d’accroître sa notoriété financière en développant des services financiers offshore de pointe ».

Le Maroc est lui aussi en passe de devenir un centre financier international dans les prochaines années. Même ambition au Botswana, qui compte se propulser parmi les premiers hubs financiers du continent, fort de son voisinage avec l’Afrique du Sud. En février dernier, le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, a promis aux hommes d’affaires belges un régime d’imposition souple, identique à un « paradis fiscal ». « Maintenant que le Burundi est redevenu politiquement stable, des dispositions légales ont été prises pour garantir aux investissements étrangers contre les nationalisations et pour assurer un traitement juste et équitable des opérateurs économiques » précisait le chef de l’Etat, réélu en juin 2010. L’île d’Anjouan, dans l’archipel des Comores, vante de son côté sur son site Internet ses services offshore créant un « bon environnement » pour les investisseurs [9].

Le Ghana, bon élève de la Barclays Bank

Actuellement c’est surtout le Ghana, sur le point d’exploiter ses gisements de pétrole et de gaz, qui préoccupe les associations spécialisées dans le combat pour la justice fiscale [10]. Depuis la modification de la loi bancaire ghanéenne en 2005, sous la conduite de consultants internationaux, la Barclays Bank de Londres — 90 ans de présence à Accra — gère des activités offshore pour les personnes non résidentes et les multinationales. Dès 2006, la Banque centrale du Ghana s’inquiétait de l’impact que pourraient avoir sur sa propre politique les pratiques d’un tel centre financier offshore opérant avec un « minimum de régulation ». En janvier dernier, Jeffrey Owens, directeur du centre de la politique fiscale de l’OCDE écrivait au ministre des finances ghanéen, Mr Kwabena Duffuor, pour l’avertir « des risques à ne pas se conformer aux standards internationaux ». Et de souligner : « La dernière chose dont l’Afrique a besoin, ce sont des paradis fiscaux en son sein. »

Pour autant, rien ne semble entraver la dérive du Ghana. 50 % des impôts levés sur les sociétés internationales opérant dans le pays — soit plus de 125 millions d’euros par an — échappent déjà à l’Etat. « Combiné à un soudain afflux de “pétro-dollars”, qu’est ce que cela va donner ? » note la journaliste d’investigation Khadija Sharife [11]. Pour Wilson Prichard, chercheur à l’Institute of Development Studies, « il y a de forts risques qu’un paradis fiscal ouest africain situé dans un pays devenu producteur de pétrole puisse faciliter la corruption et l’évasion à grande échelle de capitaux. Tout comme il pourrait menacer la bonne gouvernance et la croissance économique régionale [12] ».

Aride, complexe, peu médiatisé et pourtant vital, le combat pour la justice fiscale doit plus que jamais mobiliser l’Afrique qui s’interroge sur le rôle et l’utilité de ses impôts...

Notes

[1] « G20 : pas de plans de rigueur pour la finance », Attac France, 25 juin 2010.

[2] « Illicit Financial flows from Africa : Hidden Resource for developpement », mars 2010.

[3] « Fuite des capitaux africains : 854 milliards de dollars évaporés », 29 mai 2010.

[4] « Mugabe’s Home Away from Zimbabwe : Hong Kong », Time, 23 février 2009

[5] « Evasion fiscale internationale et pauvreté », Alternatives Sud, vol. 14, numéro 1, 2007.

[6] Xavier Harel, La Grande évasion. Comment les riches et les multinationales continuent de ne pas payer d’impôts, Éditions Les Liens qui libèrent, Paris, 2010.

[7] « Les passagers clandestins de la mondialisation », IPS, 21 mai 2010.

[8] Voir « On achève bien les mineurs zambiens », Le Monde diplomatique, mai 2009.

[9] The creation of an offshore centre, Anjouan Government and Offshore Finance Authority Website.

[10] « Taxation and Development in Ghana », Christian Aid Ghana, septembre 2009.

[11] « Resource Curse », London Review of Books Blog, 8 juillet 2010.

[12] « Tax Haven risks corruption, OECD warns Ghana », The Guardian, 19 janvier 2010.

http://blog.mondediplo.net/2010-07-15-Les-transnationales-au-centre-de-la-grande

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Afghanistan, l’enlisement et l’aveuglement

Publié le par Mahi Ahmed

Afghanistan, l’enlisement et l’aveuglement

samedi 17 juillet 2010, par Alain Gresh

C’est le 20 juillet que s’ouvrira à Kaboul la première conférence internationale en Afghanistan depuis le renversement du régime taliban en 2001. « Le Conseil commun de coordination et de suivi (CCCS), qui rassemble des représentants des autorités afghanes et de l’ONU, a défini les domaines sur lesquels la réunion se focalisera : développement économique, gouvernance, sécurité et réconciliation, et coopération régionale. » (« Conférence internationale de Kaboul : une réunion préparatoire fixe les objectifs »). Cette réunion se tient alors que jamais depuis 2001 la situation n’a semblé aussi difficile sur le terrain, ce qui suscite des réticences grandissantes dans les opinions européenne et américaine.

Selon un sondage repris par LeFigaro.fr, « Afghanistan : les Américains divisés » (15 juillet 2010), « quelque 44 % d’Américains désapprouvent la façon dont leur président Barack Obama gère la situation en Afghanistan, un pourcentage en hausse depuis le printemps, selon le dernier sondage réalisé par la chaîne de télévision américaine CBS. Ils étaient 37 % à désapprouver sa politique en Afghanistan lors d’une précédente enquête d’opinion CBS datant de mai ».

« Quelque 43 % des individus interrogés continuent d’approuver la politique de M. Obama en Afghanistan (44 % en mai). Mais le pourcentage d’“indécis” sur la question se réduit à 13 %, contre 19 % en mai. Une majorité des sondés estime que la guerre va “plutôt mal” (41 %) ou "très mal" (21 %, contre 12 % en mai), tandis que seuls 29 % jugent que le conflit en Afghanistan se passe “plutôt bien” pour les Etats-Unis. »

Ce sondage a été réalisé quelques jours après le limogeage du commandant en chef des troupes américaines et de l’OTAN et son remplacement par David Petraeus, et alors que les pertes américaines ainsi que celles de l’OTAN n’ont jamais été aussi élevées depuis l’intervention américaine, qui a mis un terme au régime des talibans en octobre 2001. C’est désormais en Afghanistan qu’est concentré le principal contingent de troupes américaines au Proche-Orient, son nombre ayant dépassé celui des soldats présents en Irak.

Le président Obama remplit ainsi la promesse qu’il avait faite durant sa campagne présidentielle, quand il décrétait que l’Irak était une mauvaise guerre et l’Afghanistan la « bonne guerre ».

Mais les doutes sur cette stratégie n’arrêtent pas de croître et les Afghans interrogés ne cachent pas leur pessimisme.

The International Council on Security and Developement a publié le 16 juillet un rapport intitulé « Afghanistan : The Relationship Gap », dont les principales conclusions sont :

74 % des Afghans interrogés pensent qu’il ne faut pas collaborer avec les forces internationales ; 68 % ne croient pas que les forces de l’OTAN-ISAF les protègent ; 65 % souhaitent que le mollah Omar et les talibans soient intégrés au gouvernement ; 80 % pensent qu’Al-Qaida reviendra si les talibans s’emparent du pouvoir.

Norine MacDonald, président et principal chercheur de l’ICOS explique que « la communauté internationale échoue à répondre aux besoins de la population locale ou à comprendre leur vision du monde. Nous échouons à expliquer nos objectifs à la population afghane. Cela offre des possibilités à la propagande des talibans et d’Al-Qaida contre l’Occident et aboutit à des attitudes très négatives à l’égard de nos troupes sur le terrain ».

« 70 % des hommes afghans interrogés pensent que les opérations militaires dans les zones où ils habitent sont mauvaises pour le peuple afghan. 55 % pensent que l’OTAN-ISAF sont là pour des objectifs qui leur sont propres, détruire ou occuper le pays, détruire l’islam. 75 % pensent que les étrangers manquent de respect à l’égard de leur religion et de leurs traditions. 68 % pensent que les forces de l’OTAN ne protègent pas les populations locales. »

Mr Jorrit Kamminga, directeur des recherches à l’ICOS, ajoute : « 61 % des personnes interrogées pensent que, cette année, plus d’Afghans ont rallié les talibans que l’année dernière. (...) 70 % pensent que les officiels dans leur région s’enrichissent en faisant du trafic de drogue. Plus inquiétant, 64 % pensent que les responsables gouvernementaux sont liés aux talibans. »

Il existe toutefois, selon les auteurs du rapport, de « bonnes nouvelles ». 55 % des personnes interrogées estiment que l’OTAN et le gouvernement sont en train de gagner la guerre ; 40 % affirment que la démocratie est importante pour eux et 57 % sont favorables à l’éducation des filles.

L’organisation Oxfam, dans un rapport intitulé « Promises, promises... » (PDF, en anglais, disponible à partir du 19 juillet en français sur le site d’Oxfam France), dénonce elle aussi la politique de la soi-disant « communauté internationale ». Le communiqué qui accompagne ce rapport précise :

« Oxfam demande aujourd’hui aux dirigeants mondiaux présents à la conférence de Kaboul de s’attaquer aux causes responsables des crises de développement et humanitaires qui frappent l’Afghanistan et d’aider le peuple afghan à s’extraire de la pauvreté. »

« Alors que plus de 40 milliards de dollars ont été dépensés pour l’aide en Afghanistan ces neuf dernières années, des millions d’Afghans vivent toujours dans la pauvreté. L’insécurité n’a jamais été aussi élevée depuis la chute des Talibans et les bailleurs de fonds voient de plus en plus à court terme et favorisent les approches militaires. Les Etats-Unis, par exemple, ont considérablement réduit le financement de leurs activités humanitaires, alors que le budget américain pour les activités censées conquérir “les cœurs et les esprits” a augmenté de plus de 2 500 %. »

« Pour Ashley Jackson, responsable de plaidoyer d’Oxfam en Afghanistan : “de nombreux Afghans en ont assez des conférences pendant lesquelles des ministres du monde entier débattent sur l’avenir de leur pays pour finalement n’aboutir à aucun changement concret. Les Afghans veulent du travail. Ils veulent se sentir en sécurité quand ils marchent dans la rue. Ils veulent des médecins dans leurs hôpitaux et de bons professeurs dans leurs écoles. C’est maintenant qu’il faut agir – assez de promesses non-tenues et de rhétorique. Les besoins du peuple afghan doivent être une priorité.” »

« Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner avaient accueilli également une grande conférence internationale sur l’Afghanistan à Paris il y a maintenant plus de deux ans. Pour Nicolas Vercken, d’Oxfam France : “les résultats de la conférence de Paris, à l’instar des autres conférences internationales, ne sont toujours pas visibles sur le terrain. Lors de la conférence de Kaboul, la France doit plaider pour que l’aide soit effectivement distribuée en fonction des besoins, et non pas fortement biaisée en faveur des zones où la présence de troupes internationales est la plus importante. L’aide doit être mise en œuvre par des professionnels du développement, pas par des militaires.” »

C’est le moment qu’a choisi l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées françaises pour défendre les choix occidentaux en Afghanistan dans une tribune du quotidien Le Monde (17 juillet 2010), « En Afghanistan, la guerre demande de la patience », une critique indirecte et peu convaincante des déclarations faites dans ce même journal le 2 juillet par le général Vincent Desportes, commandant du Collège interarmées de Défense (CID), lequel avait déclaré : « La doctrine de contre-insurrection traditionnelle, telle que l’a engagée McChrystal depuis un an, avec un usage restreint de l’ouverture du feu (...) pour réduire les dommages collatéraux, ne semble pas fonctionner. (...) La situation n’a jamais été pire. » Desportes devrait être sanctionné a déclaré le ministre de la défense Hervé Morin.

Un exercice utile pour comprendre le texte de l’amiral Guillaud est de remplacer Afghanistan par Algérie ou Vietnam et on retrouve les mêmes accents qu’avaient les militaires français expliquant dans les années 1945-1954, puis dans les années 1954-1962, comment ils étaient en train de gagner la guerre.

La situation n’a jamais été pire, et ni les Etats-Unis ni les Européens ne semblent prêts à en tirer les conséquences. Ils devraient pour comprendre l’imbroglio qu’ils ont créé en Afghanistan (et au Pakistan) lire l’article d’Ahmed Rashid sur le site de la New York Review of Books, « Petraeus’s Baby »(14 juillet).

http://blog.mondediplo.net/2010-07-17-Afghanistan-l-enlisement-et-l-aveuglement

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حدود الليبرالية

Publié le par Mahi Ahmed

حدود الليبرالية


فريدة النقاش

المحور: ابحاث يسارية واشتراكية

بعد أقل من شهر من رحيل عميدة المراسلين الصحفيين في البيت الأبيض «هيلين توماس» وإحالتها الي التقاعد إثر إطلاقها تصريحات ضد الممارسات الإسرائيلية في فلسطين ومطالبتها للإسرائيليين بالعودة إلي بلدانهم الأصلية وترك فلسطين لأصحابها أي أنها خرجت مطرودة من موقعها، طردت محطة الـ سي.ن.ن الشهيرة الصحفية الأمريكية من أصل لبناني والمتخصصة في شئون الشرق الأوسط أوكتافيا نصر بسبب رأي لها كتبته علي موقع «تويتر» الإلكتروني أشادت فيه بالمرجع الشيعي الراحل «محمد حسين فضل الله» وقالت إنها كانت تحترمه كثيرا.
ومن المعروف أن أمريكا أدرجت منظمة حزب الله التي شارك فضل الله في تأسيسها في لائحة المنظمات الإرهابية الدولية. وتأتي الواقعتان علي التوالي لتكشفا عورات الديمقراطية الأمريكية وتناقضاتها وحدودها وتبرهنان علي قول أحد الكتاب أن أمريكا هي أقرب الديمقراطيات الغربية إلي الدولة البوليسية.
وكان الرئيس السابق جورج بوش الابن قد أصدر بعد واقعة الحادي عشر من سبتمبر 2001 حين قامت طائرات بقصف برجي مركز التجارة العالمي في نيويورك ومقر وزارة الدفاع «البنتاجون» في واشنطن - كان قد أصدر مجموعة من القوانين التي تقيد حريات المواطنين الأمريكيين وتبيح لقوات الأمن التنصت علي هواتفهم ومراقبة بريدهم واحتجازهم بحجة الدفاع عن الوطن ومحاربة الإرهاب المحتمل.. وانطلقت منذ ذلك الحين أوصاف الدولة البوليسية علي النظام الأمريكي.
وعاشت الولايات المتحدة الأمريكية منذ الحادي عشر من سبتمبر 2001 في أجواء مكارثية مجددا وهي الأجواء التي استثمرتها القوي المحافظة الجديدة والتي تحالفت معها القوي الصهيونية ذات النفوذ الواسع في أمريكا لتفرضا حماية علي الممارسات الإسرائيلية وصولا الى استخدام أساليب الابتزاز والبلطجة حتى لا تكون هذه الممارسات موضع نقاش ناهيك عن النقد، وها قد أدى النقاش والنقد إلى الإطاحة بامرأتين داستا علي الأسلاك العارية في دولة تتناقض الشعارات المرفوعة فيها مع الممارسة.
ويتواكب هذا التوجه ضد الحرية مع الأزمة العميقة التي دخل فيها النظام الرأسمالي الأمريكي والتي ازدادت عنفا قبل عامين حين انهارت مؤسسات مالية كبري وانتقلت الأزمة إلى بلدان أوروبا وغيرها من بلدان العالم لتؤكد أن الرأسمالية حين تتحول إلي امبريالية بوصولها إلي مرحلة الاحتكار فإنها تقوم بالتضييق علي الحريات العامة، ويجري تفريغ لفظ الليبرالية من محتواه السياسي والفكري ليصبح شعارا أيديولوجيا فحسب. تتناقض معه ممارسات كل من نظام الحكم والمؤسسات العامة، كما هو الحال مع «هيلين توماس» و«اوكتافيا نصر»، واللتان عبرتا عن آراء وأفكار المفروض أن يجري احترامها من وجهة النظر الليبرالية كما قرأنا أسسها في الكتاب.
وكما يقول الكتاب على الصعيد النظري. تتعلق المنظومة الليبرالية بالحرية وهي تستعمل المفهوم في مستويين، مستوى فردي ومستوى جماعي. في المستوي الأول المفروض أنها تتقبل آراء الآخرين وتدعو الجميع إلى هذا التقبل حتى لو كانوا لا يتفقون مع هذه الآراء التي لا يجوز أن تكون سببا لإلحاق الضرر بأصحابها.
أما في المستوي الثاني فهي تعني التعددية السياسية ووجود منظومة من الحريات العامة المضمونة والمعترف بها والتي يتوافق المجتمع علي حمايتها ويرفض - نظريا- أي مساس بها.
ولكن هذه الممارسات الصريحة المعادية لحرية الرأي، وهي الحرية القابلة للتعدد نظريا تبين لنا أن للديمقراطية الليبرالية حدودا. وأن من يضع هذه الحدود ليس النظام السياسي فقط وإنما تشارك في وضعها بعض المؤسسات العريقة التي من المفترض فيها حماية حرية الرأي والتعبير التي قال لنا الليبراليون الأوائل: إنها مقدسة.
وقبل شهور قام المجلس القومي للسينما الأمريكية الذي يمنح جوائز الأوسكار وهي أشهر الجوائز السينمائية في العالم باستبعاد فيلم «أفاتار» من قائمة الأفلام الفائزة رغم إجماع النقاد علي جدارة الفيلم واستحقاقه للجائزة الكبرى لسبب بسيط هو أنه تضمن نقدا جذريا للسياسة الأمريكية، ولم تشفع «الليبرالية» لا للفيلم ولا للصحفيتين الشجاعتين بسبب بسيط هو اتساع الفجوة بين المبادئ العامة الجميلة لليبرالية وبين السياسة التي هي بنت الأزمة العامة من جهة، وبنت دخول الرأسمالية إلي مرحلة الاحتكار والامبريالية من جهة أخرى وهي تدوس على الحريات بالحذاء العسكري الثقيل. وحرية السوق هي الحرية الوحيدة المقدسة بالنسبة لها.

 

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FERMETURE DE L’ESPACE NOÛN

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FERMETURE DE L’ESPACE NOÛN

Encore une librairie qui disparaît !

Par : Sara Kharfi
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Cette librairie qui a redonné à plus d’un le goût de la lecture fermera définitivement ses portes le 31 juillet.

Lorsqu’on perd un être cher, la plupart du temps, on ne réagit qu’après coup, parce qu’on ne réalise l’importance de celui-ci que lorsque notre vie reprend son court. On constatera alors le vide qu’il aura laissé. Le sentiment de vide est, certainement, le plus triste, le plus pénible que l’être humain puisse ressentir. La vie certes continue, mais la sensation d’incomplétude restera éternellement et se greffera à la personnalité de celui qui reste, pour toujours. Ainsi et c’est avec ce même sentiment que nous accueillons la nouvelle de la fermeture de l’espace Noûn.
Cette librairie qui a redonné à plus d’un le goût de la lecture fermera définitivement ses portes le 31 juillet. On ne reverra plus Nacéra Saïdi présenter les auteurs avec une grande émotion dans la voix et, parfois même, avec des larmes aux yeux. On n’écoutera plus les histoires et autres récits extraordinaires d’Arezki Tahar alias Kiki. Les débats enflammés dans la cuisine de cet espace ainsi que les rencontres conviviales et les discussions sympathiques avec des inconnus autour d’un thé ou d’un café cesseront à jamais. C’est triste ! Le contrat de location expire et le propriétaire ne veut pas renouveler le bail. Les gérants veulent également prendre un peu de recul après nous avoir habitués à ce lieu accueillant. Grâce à Nacéra et Kiki, nous nous sommes réconciliés, quelque peu, avec la lecture. Ils ont réussi à nous faire partager leur amour pour le livre. Acheter un livre est devenu un acte naturel, mais surtout solidaire. Une solidarité envers des créateurs qui révèlent aux lecteurs une part d’eux-mêmes. Dans cette librairie-galerie, des rencontres inoubliables ont eu lieu. Parmi celle-ci, le récital poétique de Linda Khaled dédié à Mahmoud Darwich. Linda avait rencontré le violoniste Amine Khettat lors de la présentation de l’album, à l’espace Noûn, du chanteur Brahim Tayeb. Des liens se sont tissés et ils ont décidé ensemble de rendre hommage au poète de la résistance. Un après-midi mémorable ! Malek Alloula a  fait une halte en ce lieu et a présenté son recueil, le Cri de Tarzan, avec une grave émotion ; Omar Mokhtar Chaâlal a longuement évoqué Abdelhamid Benzine en présentant le roman qu’il lui a consacré (tome I d’une trilogie à venir), Talghouda ; Lyonel Trouillot est venu d’Haïti pour présenter Yanvalou pour Charlie, et parler de la littérature haïtienne d’aujourd’hui. Nous avons appris grâce à cette rencontre que la littérature haïtienne, tout comme d’ailleurs la littérature algérienne, ne peut se décharger du poids de la politique. La librairie Noûn a également abrité la superbe rencontre avec Yussef Bazzi, poète libanais et auteur de Yasser Arafat m’a regardé et m’a souri, dans lequel il raconte son expérience de la guerre. L’ambiance de l’endroit et la liberté de ton ont, bien souvent, permis aux invités de se raconter en toute simplicité, de se confier, de dire leurs rapports aux mots pour dire les maux. Qu’un lieu tel que l’espace Noûn disparaisse n’est pas seulement triste, il est révoltant. Car c’est le métier de libraire qui est en train de disparaître, dans un silence complice de tous. Lorsqu’on entre dans une librairie aujourd’hui, on trouve bien souvent de jeunes vendeurs qui n’ont aucune idée des ouvrages dont dispose la librairie. Ils ne discutent aucunement avec les potentiels acheteurs et orientent très mal. La loi du profit et l’esprit mercantile de certains ont pris le dessus sur tout le reste, c'est-à-dire le contact humain. Beaucoup de librairies ont été contraintes à la fermeture et d’autres ont été menacées. Gérer une librairie est comme avoir une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête, car la situation du livre en Algérie reste encore à son stade embryonnaire et beaucoup de maillons manquent à la chaîne de l’édition. Par ailleurs, on ne peut pas dire avec exactitude qu’étaient nos vies avant l’espace Noûn, mais on sait déjà ce qu’elle sera après la fermeture de cet espace. Vide ! Tâchons donc de garder le meilleur de ce lieu, et “cultivons l’espoir

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=139781

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الكتاب: اليسار العربي رؤيا النهوض الكبير

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الكتاب: اليسار العربي رؤيا النهوض الكبير


نايف حواتمه

 
المحور: قراءات في عالم الكتب و المطبوعات

(نقد وتوقعات)
في طبعته التاسعة والعاشرة: (الآن في مكتبات مصر، ومكتبات السودان) وهو الإصدار الجديد للرفيق نايف حواتمة، الأمين العام للجبهة الديمقراطية لتحرير فلسطين، يضاف إلى مجموعة اصداراته السابقة.
وسبق أن صدر الكتاب مع نهاية عام 2009 بالبلدان العربية:
• الطبعة الأولى: الاهالي للطباعة والنشر – دمشق، بيسان للنشر والتوزيع – بيروت.
• الطبعة الثانية: دار الرسالة التجارية – غزة.
• الطبعة الثالثة: دار الجليل للنشر والأبحاث والدراسات – عمان.
• الطبعة الرابعة: دار المسار- رام لله – فلسطين.
وعلى التوالي تباعاً صدر بالبلدان العربية التالية:
• الطبعة الخامسة: - الجزائر - "الف ورقة" طبعة أولى حزيران (يونيو) 2010 – طبعة ثانية تموز (يوليو) 2010 .
• الطبعة السادسة: - المغرب - "الدار البيضاء" 2010.
• الطبعة السابعة: - تونس – "دار نقوش عربية" 2010.
• الطبعة الثامنة: - اليمن – "مركز عبادة للدراسات والنشر" 2010.
• الطبعة التاسعة: - مصر – القاهرة "دار المسار للنشر" 2010.
• الطبعة العاشرة: - السودان – "دار مدارك للنشر" 2010.

الكتاب، من وحي عنوانه، مهدى إلى قوى التغييروالحداثة. القوى اليسارية والليبرالية. قوى التحرر والتقدم العربية، نحو عالم عربي جديد، عالم الديمقراطية والعدالة الاجتماعية.
في التعريف به كتب الناشرون على غلافه الأخير أي الثاني: «العالم من حولنا يتغير ويتطور، وعلينا نحن العرب أن نتغير ونتطور حتى نلامس ضفاف القرن الحادي والعشرين ونتقدم إلى الأمام».
في هذا الهاجس، يدور الكتاب، في التحليل النظري، والسياسي الملموسين، واشكال التطبيقات العملية في الممارسة السياسية.
* الفصل الأول: اشتق منه عنوان الكتاب وفيه معالجة مطولة لواقع اليسار العربي وأزمته ودوره وفعاليته النظرية والسياسية، وجولة في قراءة متغيرات العالم، وانعكاساتها على مجمل الحالة العربية، فكرياً ونظرياً، ومن موقع المقارنة مع اليسار العربي بشكل خاص . ويحمل الفصل في ثناياه حركة جدل وحوار واسعة، لا تتوقف، تنظر في مسار الشعوب والمجتمعات العربية ومصائرها، بين القديم والجديد، بين قوى التخلف والهزائم والتراجعات، وقوى التحرر والتقدم والحداثة والعصرنة، متطلعا نحو ضفاف القرن الحادي والعشرين.
* الفصل الثاني: وعنوانه في الرؤيا والممارسة، ويضم في صفحاته سلسلة من المقابلات الصحفية التي أجريت مع الرفيق حواتمه من قبل صحف ومجلات وفضائيات عربية، في محطات سياسية مفصلية، تشكل معياراً لتطور الحالتين العربية والفلسطينية ويمكن من خلالها الإطلالة على رؤية حواتمه والجبهة الديمقراطية لمثل هذا التطور؛ إن بما يتعلق بتطوير النظام السياسي الفلسطيني، أو معالجة الانقسام واستعادة الوحدة الداخلية، أو توحيد اليسار الفلسطيني، أو تطوير الفكر الماركسي؛ بتطور وقائع الحياة والاكتشافات العلمية وتراكم الخبرات الميدانية، خاصة وأن حواتمه على صلة بالتجارب الاشتراكية ميدانياً، في الاتحاد السوفييتي السابق، والصين وكوبا، وفيتنام، وكوريا الديمقراطية، فنزويلا وباقي دول أميركا اللاتينية المتطلعة نحو العدالة الإجتماعية، ونحو غد اشتراكي ديمقراطي تصنعه بقواها الشعبية، وزنود عمالها وعرق فلاحيها وقدح زناد وعي مثقفيها.
الفصل الثالث: بعنوان «اليسار العربي الجديد واليسار الفلسطيني» (نموذج الجبهة الديمقراطية لتحرير فلسطين) وفيه سلسلة واسعة من الدراسات والمراجعات العربية والفلسطينية عن واقع اليسار العربي، في جنوب المنطقة العربية ومشرقها، مع تفصيل خاص لدور الجبهة الديمقراطية منذ انطلاقتها في نهاية الستينات، في شق الطريق أمام هذا اليسار فهي الحزب العربي اليساري الأول في صفوف اليسار العربي الجديد، الذي جاهر دون تردد، في تبنيه الماركسيه كدليل عمل يوجه برامجه وتحليلاته.
كما انها أول حزب عربي يساري جديد يتبنى الكفاح المسلح ضد الاحتلال الإسرائيلي طريقاً إلى انجاز البرنامج الوطني الفلسطيني، مما أكسب باقي أطراف اليسار العربي موقعا معنويا في الخارطة الحزبية لبلادها، ومنحها بعداً نضالياً جدياً، وأعاد تقديمها إلى المواطينن باعتبارها الحل نحو الخروج من التخلف والرجعية إلى التقدم والحداثة والحرية والازدهار.
وتسجل شهادات عربية وردت في هذا الفصل قراءة رؤية الجبهة الديمقراطية لمفهوم حرب التحرير الشعبية؛ التي رفعت كشعار من قبل المقاومة الفلسطينية. كذلك يحفل هذا الفصل بالعديد من الأقلام الفلسطينية والعربية التي كتبت احتفاءً بمرور أربعين عاما على ولادة الجبهة الديمقراطية.
* الفصل الرابع: حافل بالوثائق السياسية، ابتداء من وثيقة القاهرة (17/3/2005) وصولا إلى و ثائق الحوار الوطني الفلسطيني الشامل في 26/2/2009 في القاهرة أيضا. وجولة في هذه الوثائق، مدققه ومتأنية ستلاحظ كيف أن بصمات الجبهة الديمقراطية واضحة فيها دون أدنى شك، تحمل في مجملها رؤيتها وسياستها وخطابها السياسي الأمر الذي يؤكد مدى الدور الفاعل الذي لعبته وفود الجبهة إلى جولات الحوار في صناعة النتائج، وان كانت حركتا فتح وحماس قد انقلبتا، كل من موقعه، ولأكثر من مرة، على هذه النتائج ولاسباب فئوية، تعبر عن سياسة استئثارية اقصائية، تفتقر إلى الروح الوحدوية.
الفصل الخامس والأخير: ألبوم صور للقاءات حواتمه مع العديد من القادة السياسيين والمفكرين، في مشرق الأرض ومغربها، عربياً ودولياً، وإن كانت لهذه الصور وظيفة، فهي شهادة حيّة على مدى اتساع العلاقات الوطنية والقومية والأممية للجبهة الديمقراطية لتحرير فلسطين. إن مثل هذه العلاقات هي نتاج طبيعي للدور المميز الذي تلعبه الجبهة، على الصعيد المحلي والعربي والدولي.
الكتاب، كما جاء في مستهله «نتاج جدل وحوار، مباشر وغير مباشر، تفاعلات وتداعيات، بأبعاد فلسطينية وعربية وأممية، رواد ومناضلون، رجالاً ونساءً، قدموا العمر كله لدفع عجلة حياة وتاريخ شعوبنا وبلادنا تحت الشمس وإلى أمام، وما زال الدرب طويلا».

• الكتاب الآن في مكتبات قطاع غزة، الضفة الفلسطينية، سوريا ولبنان، الأردن، الجزائر ، المغرب، تونس، اليمن، مصر، السودان.

 

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6 – الإنحطاط هو هزيمة العقل

Publié le par Mahi Ahmed

  6 – الإنحطاط هو هزيمة العقل


العفيف الأخضر

المحور: العلمانية , الدين , الاسلام السياسي


إصلاح الإسلام : دراسته وتدريسه بعلوم الأديان
حديث مع العفيف الأخضر
أجراه :
ناصر بن رجب ولحسن وريغ

6 – الإنحطاط هو هزيمة العقل

  n  تستخدم كثيرا مقولة الإنحطاط، لكن مؤرخ العلوم راشد رشدي ينفي مفهوم الإنحطاط نظرا إلى أن العلم الإسلامي تواصل دون انقطاع منذ القرن العاشر إلى اليوم، فما هو تعريفك للإنحطاط ؟
nn سقط العالم الإسلامي في الإنحطاط منذ القرن الثاني عشر في المشرق ومنذ القرن الخامس عشر في المغرب (سقوط غرناطة) كما يقول المؤرخ التونسي هشام جعيط. أولا العلم الإسلامي في القرون الوسطى كان امتدادا للتأمل العلمي اليوناني. العلم التجريبي لم يظهر إلا في القرن السابع عشر. العلم الذي لم يتواصل هو الفلسفة. الحضارة العربية الإسلامية هي حضارة نص وثقافة نقل لا عقل. عامل تخصيبها الأساسي هو العقل الذي وئد في المهد. من هنا ضرورة تعميم الفلسفة منذ الثانوي بل وحتى الإعدادي. في تونس تُدرس الفلسفة في السنتين الأخيرتين من التعليم الثانوي وفي المغرب في السنوات الثلاث من التعليم الثانوي.
الدخول في الإنحطاط في الحضارة الإغريقية كما في الحضارة العربية الإسلامية هو هزيمة العقل الفلسفي أمام الأسطورة في الأولى، وهزيمة العقلانية الدينية والعقل الفلسفي الإسلامي والعقل النقدي في الثانية أمام القراءة الحرفية للنصّين المؤسِّسين القرآن والحديث على يد حزب المحدثين الذي عبّر الترمذي، تلميذ البخاري، عن لامعقوله الديني عندما قال: "من أصاب في القرآن بالرأي فقد أخطأ ومن فسّر القرآن بالرأي فقد كفر"، والرأي عنده هو العقل.

n ما هي هذه الإتجاهات العقلانية الثلاثة؟
nn هي العقلانية الدينية المعتزلية التي اعتبرت الإنسان مسؤولا وحيدا عن أفعاله، والعقلانية الفلسفية الإسلامية السينية والرشدية التي اقترحت قراءة فلسفية للنص والعقلانية الفلسفية النقدية التي بشرت بنبوة العقل "فكل عقل نبي" كما يقول المعري. وممن مثلوا هذا الفكر النقدي في الإسلام الطبيب أبو بكر الرازي والمعتزلي السابق ابن الراوندي وأبو العلاء المعري.

n الترمذي هو من محدثي القرن التاسع وحزب الحديث ظهر في القرن الثامن الميلادي فهو لم يظهر في الانحطاط بل في أوج النهضة الثقافية الإسلامية. فكيف تفسر ذلك ؟
nn الصيرورة التاريخية ليست وليدة الأحداث التاريخية المعزولة. بل وليدة نسيج حدثي واجتماعي أي مسار تاريخي كامل يتصارع فيه اتجاهان متعارضان. اتجاه سائد واتجاه مضاد له. عندما كان الاتجاه إلى المعقول الديني الإعتزالي هو السائد كان الاتجاه إلى اللامعقول الذي مثله حزب القراءة الحرفية هو الاتجاه المضاد. لم تنقلب الأدوار إلا ابتداء من القرن 12 في المشرق حيث غدا الاتجاه إلى اللامعقول الديني هو السائد. أعطي هنا نادرة عن صراع هذين الاتجاهين في القرن التاسع الذي تعايش فيه المعتزلة والفلاسفة والمفكرون الأحرار والمحدثون. الاتجاهان اللذان تصارعا فيه على مستوى العقلانية الدينية هما هل الإنسان مخيّر أم مسيّر ؟ اتجاه المعقول كان ينادي بالتخيير واتجاه اللامعقول بالتسيير. عندما قدم إبراهيم النّظام، أحد متكلمي الاعتزال، من البصرة إلى بغداد وبدأ يلقي دروسه في جامع المنصور تصدى له أحد أنصار التسيير بالسؤال التقليدي آنذاك "يا عم من يجمع بين الزاني والزانية ؟" أجابه "يا ابن أخي نحن في البصرة نقول انه القواد..." وأنتم تقولون أنه الله سبحانه وتعالى.
على أنقاض بشائر العقل ساد اللامعقول التكفيري "من تمنطق فقد تزندق" و "المنطق يقود إلى الفلسفة وما يقود إلى الكفر كفر"... تكفير الفلسفة، حاملة العقل النقدي، مازال متواصلا حتى الآن. دول مجلس التعاون الخليجي لا تدرس الفلسفة في الثانوي باستثناء الكويت التي أدخلتها سنة 2007. المغرب أدخل الفلسفة ابتداء من سنة 2003. وحال الفلسفة في معظم الدول العربية كحال الأيتام على مائدة اللئام.
هنا ينبغي أن نرى أعراض الانحطاط. أما استمرارية العمليات الرياضية فإنها لم تكن حاملة لأي مسار تقدمي ينشر العقلانية في المؤسسات الاجتماعية الأساسية السياسية والاقتصادية والدينية والعلمية والتربوية.

n لماذا هُزم العقل في الحالتين اليونانية والإسلامية ؟
nn أساسا لأن العقل في الحالتين لم يستطع أن يتغلغل لا في النُخب الصانعة للقرار على نحو دائم ولا في الجمهور الواسع كما حقق ذلك العقل الأنواري الذي تغلغل في ألمانيا في النخب الصانعة للقرار. وفي فرنسا في النخب والجمهور المتعلم؛ والسبب عائد إلى ظرف موضوعي هو غياب المطبعة والصحافة في الحالتين اليونانية والعربية الإسلامية؛ في الحالة اليونانية انتصر منشدو الإلياذة والأودسّا في الساحات العامة "أغورا" على العقل الفلسفي، وفي الحالة الإسلامية انتصر الوعّاظ والمحدّثون في المساجد على فقه الرأي الحنفي وعلى العقل الكلامي والفلسفي عند المعتزلة والفلاسفة وطبعا على إرهاصات الفكر النقدي عند المفكرين الأحرار. انتصرت فلسفة الأنوار العقلانية بفضل المطبعة والصحافة، لذلك قال هيجل : "الصحافة هي صلاة الصبح الحديثة"، وكان يستهلّ يومه بقراءتها. فلاسفة الأنوار لم تنتشر كتبهم وإنّما عمّمتها الصحافة على الجمهور الواسع. وهذا ما يجعلني اليوم أكثر تفاؤلا بانتصار العقل الفلسفي والعلمي في أرض الإسلام بفضل ثورة الإتصالات التي بدأت تُُدخله إلى جميع البيوت وجميع الرؤوس. وهنا أُوجّه نداءً إلى كل وسائل الإعلام في العالم العربي والإسلامي وخاصة الفضائيات والأنترنت لتعالج بانتظام مسألة الإصلاح الإسلامي، بل وأتمنى على الأغنياء الواعين بضرورة هذا الإصلاح إنشاء فضائية متخصصة في خدمة الإصلاح الديني عبر النقاش المتعارض بين أنصار الإصلاح الديني وخصومه لتدريب وتطوير الدماغ المعرفي لدى جمهور المشاهدين. كما أقترح تكوين دار نشر تتخصص في ترجمة علوم الأديان وترجمة الكتابات الأوروبية التي طبّقت هذه العلوم على النص اليهودي والمسيحي والإسلامي لنشر ثقافة الإصلاح الديني في أرض الإسلام فتحًا لشهية النُخب والجمهور الواعي للإصلاح. بإمكان إعلام المعقول الديني أن يلعب منذ الآن دور مدرسة المعقول الديني ويساهم في ظهورها. منذ سبعينات القرن الماضي مهدت أفلام مثل "الرسالة" ومسلسلات مثل " عمر بن عبد العزيز" الى تدشين هجمة الإسلام التقليدي والسياسي المتواصلة. لأن سيناريوهاتها كتبت من منظور إسلام الإيمان، إسلام المعجزة، إسلام الفكر السحري الذي يطلب من الواقع إعطاءه نتائج مخالفة لقوانينه؛ إسلام عبادة الأسلاف الذين يُقدمهم إسلام الإيمان للجمهور كأنصاف آلهة "كالنجوم بأيهم إقتديتم إهتديتم"، كما يقول حديث لا شك موضوع، تلهمهم العناية الربانية كل ما يقولون وما يفعلون. وهذا هو الميتا-تاريخ، الذي يصنعه أسلاف تحولوا بعد تحررهم من سجن الجسد إلى أرواح خالصة كلية العلم والقوة. الميتا-تاريخ إذن لا علاقة له بالتاريخ كما وقع فعلا. أحد أبرز أمثلته، أمر عمر للشمس بأن تؤخر غروبها إلى أن ينتصر جيشه في المعركة.
آمل أن يقدم إعلام المعقول الديني المنشود مسلسلات وأفلام مكتوبة من وجهة نظر إسلام التاريخ، أي وقائع التاريخ كما وقعت فعلا أو ترجيحا. التاريخ الذي صنعه أسلاف يخطئون ويصيبون، ويختلفون ويتصارعون ويتحاربون على الولاية لا على الدين كثيرا وغالبا، تمزقهم، كجميع الناس، صراعات غريزية ورغبات متناقضة ومطامح دنيوية لا رائحة للدين فيها. كما فعل ابن عباس، عندما كان واليا لعي على البصرة، فاستولى على أموال بيت مال المسلمين وفر بها إلى مكة. وعندما كتب إليه الإمام علي مطالبا إياه برد الأموال المنهوبة إلى بيت المال قائلا له : "كيف ستلقى الله بأموال المسلمين؟" أجابه ابن عباس "حَبر هذه الأمة" قائلا : "لأن ألقى الله بأموالهم خير لي من أن ألقاه بدمائهم مثلك". إستلهاما لعبادة الأسلاف، المنزهين عن الخطأ والخطيئة، قرر الفقهاء السنة بمذاهبهم الأربعة أن سرقة أموال بيت مال المسلمين لا حد فيها لأن في جمعها شبهة ظلم. بينما قرروا قطع يد السارق، من غير الأسلاف، في ربع دينار وقيل في ربع درهم. مسلسلات وأفلام تلفزيونية عن مثل هذه الوقائع وهي كثيرة، وعن صراع الصحابة على جمع القرآن وحرق المصاحف المنافسة لمصحف عثمان المتداول الآن، تقدم للمشاهد بعض الوقائع التاريخية مثل مشهد ابن مسعود وهو يقول عن مصحف عثمان :"لو كنت أنا الخليفة لأحرقت مصحفه وأبقيت مصحفي" أو مشهد والي المدينة المنورة الأموي وهو يحرق "ألواح" أم المؤمنين حفصة في يوم دفنها، بعد أن أبت على عثمان حرقها مع المصاحف الأخرى. والخلاف على المصاحف لم يكن هينا. إذ أن رسالة عثمان إلى الأمصار كفرت من يحتفظ بالمصاحف المحروقة. مسلسلات وأفلام أخرى أيضا عن الفتنة الكبرى إنطلاقا من كتاب طه حسين وهشام جعيط ومسلسل أو فيلم آخر عن "الفتنة" الدائمة في أرض الإسلام إنطلاقا من كتاب الفتنة للمستعرب الفرنسي جيل كيبيل
Gilles Kepel أي أن الإسلام الإمبراطوري محكوم بجدلية الجهاد الخارجي أو الفتنة الداخلية ومسلسلات و/أو أفلام عن شهداء الإسلام الصوفي مثل الحلاج والسهروردي.
عرض أمثال هذه المسلسلات والأفلام سيكون تدشينا لانطلاق مسار إصلاح الإسلام بقوة بفضل تحرير الوعي الإسلامي الجمعي من رق عبادة الأسلاف النفسي. فعلى ذلك يتوقف نجاح الإصلاح الديني وتاليا انتصار المعقول على اللامعقول. وغرائز الحياة على غريزة الموت حتى لا نغرغر بعد اليوم مع السيد حسن نصر الله "نحن نحب الموت بقدر ما يحبون هم الحياة". هم، هم اليهود.

n ما هو تعريفك للمعقول الديني؟
nn هو دين العقل. يجب أن تتقدّم علوم الأديان الدين حاملة المشعل الذي يُنير له الطريق لإنتاج ما أسماه كانط "دين العقل". وهذه أيضا وظيفة العقل المُؤوِّل عند المعتزلة والفلاسفة لتكييف النصوص الدينية مع قوانين ومقتضى العقل. الدين المنفلت من عقال العقل يتحول إلى خرافة وإرهاب وهو ما نعيشه الآن في أرض الإسلام، بين أشياء أخرى، في الهذيان الفصامي عن اقتراب نهاية العالم بعودة الإمام الغائب في إيران وبالمعركة الفاصلة بين المسيح والمسيح الدجّال في فلسطين عند السنة.

n كيف سيجعل الإصلاح الديني بفضل تدريس ودراسة الإسلام بعلوم الأديان والفلسفة وحقوق الإنسان من المسلم فردًا منفتحا على الآخر؟
nn بفضل تعميم علوم الأديان على المدرسة والجامعة. في أوروبا وفرنسا أظهر استطلاع أخير أن 52 في المائة من الفرنسيين يعتقدون أنّهم : "يجدون حقائق أساسية في كثير من الأديان"، وفقط 6 بالمائة يعتقدون بأنهم : "لا يجدون الحقيقة إلاّ في دين واحد" وهؤلاء هم المتعصّبون.
قارن هذا بما يجري في أرض الإسلام. أراهن على أن 9 من 10 على الأقل من السنّة والشّيعة يعتبرون أن دينهم هو الدين الحق وأن الثاني في ضلال مبين. لن نخرج من النرجسية الدينية التي مازالت راسخة في 6 بالمائة من الفرنسيين إلى التسامح الديني الذي انتشر بين 52 بالمائة من الفرنسيين إلا بتعميم تدريس علوم الأديان والفلسفة وحقوق الإنسان على المدرسة والجامعة وعلى تلك الجامعة الأخرى التي لا جدران لها أعني الإعلام.
الإصلاح الديني كفيل بنقلنا من الجمود الديني إلى التطور الديني وبتعليم المسلمين في داخل بلدانهم الانفتاح على جميع الثقافات واحترام الآخر ويعلم المسلمين في مهاجرهم التأقلم مع التهجين الثقافي أي امتزاج وتساكن عدة ثقافات في رأس شخص واحد. كما قد يحررهم من الخطاب التضحوي الصبياني "نحن ضحايا بريئة للقرية الظالم أهلها" ومن ثقافة "التمس لأخيك سبعين عذرا". وقد يعلمهم عدم التخلي عن ملكة الحكم، وعن التفكير بأنفسهم دونما حاجة للفتاوى... وقد يُدخل العرب والمسلمين الذين تتفشى فيهم الأمية والجهل والتعليم الرديء إلى مجتمع المعرفة الذي دخلته البلدان المتقدمة. إسرائيل تأتي فيه الثانية بعد الولايات المتحدة الأمريكية بينما يقف العالم العربي والإسلامي منه على سنوات ضوئية.
وهكذا يمكن بالإصلاح الديني نقل المسلم النرجسي الحالي من الهذيان الديني إلى العقلانية الدينية وإلى الواقعية والتواضع. وقد يحرره الإصلاح الديني من الرؤية المانوية، من ثنائية الخير هنا والشر هناك، نحن الضحايا وهم الجلاد إلى آخر مسلسل إسقاط كراهيتنا ووساوسنا على الآخرين. وهو السلوك الذي جعل منا كارهين للبشرية ومكروهين منها. وهذا هو الينبوع الأول للإسلاموفوبيا فعسى أن ينقلنا الإصلاح من هذه الرؤية التبسيطية حتى الكاريكاتور للأنا والآخر إلى مفهوم التشعب
complexité عند ادغار موران Edgar Morin القريب من المنزلة بين المنزلتين عند المعتزلة حيث يتساكن الخير والشر تحت سقف واحد. التشعب شبيه بالإله جانوس Janus ذي الوجهين المتعارضين. بالإصلاح الديني، وربما بالإصلاح الديني وحده، يمكننا بمدرسة العقلانية الدينية أن ننتج المسلم المؤمن والعصري في نفس الوقت والذي هو اليوم عملة نادرة. تشخيص المعري لواقع عصره يكاد ينطبق على واقع عصرنا : "اثنان أهل الأرض : ذو دين بلا عقل، وآخر ديّن لا عقل له". بإمكاننا بمدرسة العقلانية الدينية أن نتجاوز هذا الواقع، كما تجاوزته بها الديانات الأخرى المعاصرة، لنصل إلى مسلم ذي دين وذي عقل معا... وتخرج كلياتنا الدينية باحثين ذوي فكر نقدي يمكّنهم من التمييز بين الحقيقة والمعتقد. الحقيقة العلمية تخضع للبرهان إذن عامة، أما المعتقد فلا حاجة له إلى البرهان إذن خاص بكل مؤمن. ولا يجعلهم يضحون بالحقيقة الموضوعية من أجل قناعاتهم الذاتية أي معتقداتهم...، ويميزون بين التاريخ والأسطورة وبين الواقع والرغبة وبين المعقول واللامعقول بل ويبحثون في اللامعقول بالمعقول لكشف منطقه الخاص وإضاءة زواياه المعتمة. أمثال هؤلاء الباحثين ضروريون لنعرف من نحن، وكيف تكوّن الإسلام تاريخيا وما هي المصادر التي استقى منها، وما هي عوائقه التي أعاقته عن دخول الحداثة وما زالت؟ وهكذا سيسقون الفكر الديني بنُسْغ تحليلي جديد أي بحيوية تحليلية جديدة قلما عرفها في تاريخه الحديث بينما تشبع بها الفكر الديني في العالم حتى التخمة. هذا رهان كبير إذا خسره العالم العربي والإسلامي خسر نفسه.
الإصلاح الديني علاج ذهني جماعي من القمع المستبطَن، من الأغلال غير المرئية التي تكبل عقل المسلم وتسترقّه نفسيا وتشده بألف حبل وحبل إلى عبادة الأسلاف ليعيش في القرن الحادي والعشرين كما عاشوا في القرن السابع، وأن يجاهد كما جاهدوا ليعيد خلافتهم من "الأندلس إلى حدود الصين" كما قال قائد الجيش الإسلامي في العراق لصحافيين فرنسيين اخططفهما...

n ناصر بن رجب : مفتاح إصلاح الإسلام في نظرك هو الإنتقال من إعلام وتعليم اللامعقول الديني إلى إعلام وتعليم المعقول الديني بتدريس علوم الأديان والفلسفة وحقوق الإنسان. فكيف يمكن تحقيق هذا الهدف في إصلاح الإسلام الفرنسي والأوروبي؟
nn الإسلام الفرنسي – الأوروبي محظوظ. فليس مطالبا بالإنتقال من اللامعقول السائد إلى المعقول المنشود كما في حالة غالبية البلدان العربية والإسلامية. بل مطلوب منه فقط أن يتصالح مع الدساتير والقوانين الوضعية والنظم التربوية والقيم المشتركة العقلانية العابرة للثقافات المطبقة في الإتحاد الأوروبي. حسبه أن يُعرّف نفسه بالعلمانية والديموقراطية وحقوق الإنسان. وهكذا يستطيع الإسلام الأوروبي أن يقطع مع الجمود الديني السائد في معظم بلدان المنشأ. سرني عندما قرأت لمحمد الموسوي، رئيس المجلس الفرنسي للديانة الإسلاميةConseil Français du Culte Musulman "وهو مغربي"، قوله : "الإسلام الفرنسي ليس الإسلام المغربي ولا الإسلام السعودي". مما يدل على فهم دقيق للمعادلة الدينية المعاصرة وهي أن كل دين هو ابن ظروف الزمان والمكان اللذين يظهر فيهما. وليس وصفة سحرية عابرة للتاريخ كما يتوهم فقهاء الإسلام التقليدي والسياسي. على الإسلام الأوروبي أن يأخذ الدرس من كيفية اندماج الأقلية اليهودية في الأمة الفرنسية. فقد قبلت التخلي عن الشريعة اليهودية مقابل دمج نابليون لها في الأمة الفرنسية العلمانية الوليدة سنة 1807؛ وأن يأخذ أيضا الدرس من تركيا المسلمة وحكومتها الإسلامية التي أعلنت على لسان رئيسها أردوغان أنها تقبل الإنضمام للإتحاد الأوروبي مقابل تخليها عن الشريعة الإسلامية بقبول جميع القيم المشتركة للإتحاد الأوروبي. وقرنت القول بالفعل فعدلت الدستور سنة 2006 بتطهيره من بقايا الشريعة مثل عقوبة الزنا والإعدام ومنع المسلم من تغيير دينه فأصبح لا يختلف في شيء عن أي دستور علماني أوروبي.
فكيف لا يقبل المهاجرون والمسلمون الأوروبيون الإندماج في هذه الثقافة العلمانية التي اندمج فيها اليهود والأتراك؟

n كيف يمكن تحقيق ذلك؟
nn أساسا بتكوين الأئمة تكوينا دينيا حديثا يستلهم برنامج المعهد الأعلى لأصول الدين التابع للجامعة الزيتونية والدساتير والقوانين الأوروبية ووثائق حقوق الإنسان كالإتفاقية الدولية لمنع التمييز ضد المرأة، التي يحسن بهم إستلهامها في خطب الجمعة ودروس المساجد، والإتفاقية الدولية لحماية الأقليات التي ينبغي أن تكون الإطار القانوني لمطالب مسلمي أوروبا وأن يحتكموا للقضاء الأوروبي، وعند الإقتضاء، إلى محكمة حقوق الإنسان الأوروبية ، بدلا من الإحتكام إلى الإنتفاضات والحرائق العدمية .nihilistes
في الواقع توجد ثغرات فادحة أحيانا في تكوين الأئمة. يوم وفاة ملك بلجيكا في التسعينات قال إمام باريسي في خطبة الجمعة : "اليوم نقص منهم واحد" أي من الكفار. وبالرغم من أن إمام الجمعة في جامع باريس معتدل عادة في خطبته إلا أنه ركز مؤخرا خطبته على تفسير الآية السجالية : "وقالت اليهود عزير ابن الله" ... وهذا لا يساعد على حوار الأديان في فرنسا الذي يمارسه بكل شجاعة واقتدار مدير جامع باريس د. دليل أبو بكر. في القرآن الكريم، كما يقول أبو حامد الغزالي، آيات مفضولة وأخرى فاضلة. ويليق بالأئمة استخدام الآيات الفاضلة وهي لا تقل عن 75 آية توصي بالتسامح واحترام جميع الأديان بما فيها الوثنية مثل "لا إكراه في الدين" و "إن الذين آمنوا والذين هادوا والصابئون من آمن بالله وعمل صالحا فلا خوف عليهم ولا هم يحزنون". سلوك مدير جامع باريس دليل أبو بكر ومفتي مرسيليا الشيخ صهيب بن الشيخ قدوة حسنة في هذا المجال لأئمة فرنسا وأوروبا وحتى العالم الإسلامي لنحت إسلام مسالم كيّف تقاليده مع الواقع المعاصر، وفي أوروبا مع واقع المجتمعات الأوروبية.

n ينظر الأوروبيون إلى الإسلام كتهديد، فما العمل لتغيير هذه النظرة؟
nn لن يغير الله ما بقوم حتى يغيروا ما بأنفسهم. المسلمون الأوروبيون مطالبون بالتخلي عن عاداتهم الميتة والمميتة مثل ختان البنات وذبح الأضاحي في المنازل وارتداء الحجاب والنقاب والبرقع وتعدد الزوجات الذي هو في نظري أحد أهم الأسباب لمتاعب المسلمين الأوروبيين، مثلا في فرنسا 30 ألف عائلة متعددة الزوجات أنجبت 600 ألف طفل بمعدل 14.5 لكل عائلة معظمهم فشلوا في المدرسة وهم الذين جعلوا نسبة المسلمين في السجون الفرنسية 27 في المائة من مجموع السكان أي 4 مرات أكثر من وزنهم الديموغرافي في فرنسا.
من مهام الأئمة توعية المؤمنين بخطر تعدد الزوجات والإكثار من الأطفال للحصول على المنح العائلية محولين فلذات أكبادهم إلى سلعة، إلى مجرد وسيلة للربح.
على الحكومات الأوروبية أن لا تغضّ الطرف عن تعدد الزوجات. لا يستطيع التونسي في تونس، التي منعت تعدد الزوجات في 1956، أن يمارس التعدد ويستطيع أن يمارسه في فرنسا وأوروبا التي لم تعرف عادة تعدد الزوجات في تاريخها. تعدد الزوجات جاءت به اليهودية وعنها أخذه الإسلام. لكن تعدد الزوجات لا وجود له لا في يهود إسرائيل ولا في الشتات. كما على الحكومات الأوروبية أن تكافح كل مظاهر العنصرية ضد المسلمين وأن تتبنى جميعا الطريقة الأمريكية في التمييز الإيجابي لصالح أبناء المهاجرين. وعلى المؤسسات الثلاث المؤطرة لمسلمي فرنسا، جامع باريس والمجلس الفرنسي للديانة الإسلامية والفدرالية المغربية لمسلمي فرنسا أن تتعاون فيما بينها لتوعية مسلمي فرنسا بواجباتهم كمواطنين فرنسيين أو ضيوف وأن تدافع عنهم ضد التجاوزات.
مسلمو أوروبا يعيشون في مجتمع حضارة المعرفة أي حضارة الكمبيوتر. الإسلام الذي يمر بإعادة التأسيس لا يمكن له أن يكون في حالة اشتباك أو تناقض مع هذه الحضارة بل عليه أن يكون معها في حالة وئام لذلك على نخب الإسلام الأوروبي أن تعيد إختراع إسلامها أوربيا على مقاس القيم المشتركة والمعايير الأوروبية الجماعية...
إصلاح الإسلام الأوروبي يعني أن يصبح في نهاية المسار إسلاما آخر غير الذي كانه. مختلفا في شعائره وممارساته وطبيعة علاقته مع الآخر، الذي لم يعد ساكن دار الحرب بل أصبح المواطن الذي يشاركه حقوق المواطنة في بلد غدا بلده هو أيضا. هذه روح الإسلام الأوروبي الذي أعيد تأسيسه أي إصلاحه.

n هل لك أن تلخص للقراء في كلمات معدودة الخطوط الكبرى للإصلاح الديني؟
nn للقرّاء ولصنّاع القرار أقول في بداية القرن العشرين كان الخيار إصلاح أم ثورة. وفي بداية القرن الحادي والعشرين غدا الخيار إصلاح أم فوضى دامية على الطريقة الصومالية مثلا. إختارت أوروبا الغربية الإصلاح فقطعت الطريق على الثورة. فهل سيختار العالم العربي والإسلامي الإصلاح لقطع الطريق على الفوضى؟
الفوضى اليوم تعني أن يصبح العالم وكل بلد فيه غير قابل للحكم..
ingouvernable فاختاروا إذن الإصلاح الديني كمدخل للإصلاح الشامل السياسي والإقتصادي والعلمي واللغوي والتربوي. الإصلاح الديني هو اليوم المدخل لقطع الطريق على هجوم الجنون في التاريخ، على تحويل المؤسسات التعليمية والإعلامية إلى منابر للتكفير والفتاوى المضحكة حينا والمبكية حينا، وعلى تحويل المستشفيات إلى مسالخ لقطع الأيدي، وتحويل الساحات العامة إلى أمكنة يتبارى فيها المصابون بالطاعون العاطفي على رجم المحبين وشنق المفكرين الأحرار وتحويل عواصم أرض الإسلام إلى أكثر من طهران يصطاد فيها "حراس الثورة" الشباب الجامعي كما يصطادون الأرانب. المدخل إلى الإصلاح يكون :
1 - بالإنتقال السريع من إعلام اللامعقول الديني إلى إعلام المعقول الديني ومن مدرسة اللامعقول الديني ، التي تُفبرك جموعا من المتعصّبين كلّ واحد منهم مشروع شهيد أي قاتل وقتيل ، إلى مدرسة المعقول الديني والدنيوي الكفيلة بوضع حد للقراءة الحرفية للنّص وبتدريس الإسلام بعلوم الأديان الكفيلة بإخراجنا من الرؤية الجامدة للإسلام بتفكيك الرواية الخيالية حتى الكاريكاتور لنصوصه ولرموزه المؤسِّسة بتكوين نُخب قادرة على التفكير في تراثها وخاصة على إعادة التفكير في مشروعها العقلاني المستقبلي.
2- كما يكون باقتباس التعديلات التي أدخلتها حكومة حزب العدالة والتنمية الإسلامي التركي على الدستور سنة 2006 وهي إلغاء عقوبة الإعدام والزنا والإعتراف للمسلم بالحق في تغيير دينه طبقا للمادة 18 من الإعلان العالمي لحقوق الإنسان.
3- كما يكون بالمبادرة إلى إصدار قوانين أحوال شخصية تستلهم مجلة الأحوال الشخصية التونسية التي دشنت ورشة إصلاح الإسلام التونسي المفتوحة منذ 54 عاما، كما فعل المغرب الذي يحكمه ملك مُصلح يحمل لقب أمير المؤمنين، لوضع نهاية لإقصاء فقهاء الجمود الديني للمرأة من الفضاء العام أي من الشارع والمدرسة وأماكن العمل جاعلين المسلمة المثالية هي تلك التي لا تخرج إلا مرتين. مرة من بيت أبيها إلى بيت زوجها ومرة من بيت زوجها إلى القبر. والحال أن نساء النبي خرجن في حياته وبعد مماته، وعائشة خرجت لقتال علي في معركة الجمل التي أسفرت عن خمسة عشر ألف قتيل، وكانت تلهب جيشها حماسا حتى قال علي أعقروا الجمل وإلاّ فنيت العرب اليوم. وهكذا لم تطبّق أمهّات المؤمنين لا في حياة النبي ولا بعد وفاته آية «وقَرْنَ في بيوتكنّ». فبأي منطق يُطلب من نساء اليوم تطبيقها؟
هذه التدابير الضرورية كفيلة بتدشين مسار الإصلاح الديني لإخراج الإسلام من سكة الندامة الذي أدخلته فيه عصور الإنحطاط إلى سكة السلامة : سكة الإصلاح وحوار الأديان ومصالحة الإسلام مع الحداثة أي مع العالم الذي نعيش فيه.

 

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