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Le rapport de la mission des observateurs arabes en Syrie

Publié le par Mahi Ahmed

Le rapport de la mission des observateurs arabes en Syrie

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Le Rapport de la Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie
6 – Le Secrétariat général a demandé aux États membres et aux organisations non gouvernementales arabes de notifier les noms des candidats devant rejoindre la Mission d’observation en Syrie. Et à la lumière de cette procédure, la Mission d’observation des observateurs de la Ligue arabe est constituée – à ce jour - par 166 membres en provenance de 13 pays arabes et de six organisations non gouvernementales arabes concernées.

Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie

Au Nom d’Allah, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux
{Certes, Nous avons proposé la responsabilité aux Cieux, à la terre, et aux montagnes : ils ont refusé de l’assumer, et l’ont redoutée, alors que l’Homme l’assuma, car lui, il se permet de persister dans l’injustice et de persister dans l’ignorance.} : Saint Coran.

Rapport

Le Chef de la Mission des observateurs de la Ligue Arabe en Syrie de la période du 24/12/2011 au 18/01/2012 :

Premièrement : Considérations juridiques.
1 - Le conseil de la Ligue arabe a adopté la résolution numéro 7436 en date du 02/11/2011 l’inscrivant comme plan de travail arabe annexé à la résolution, et il a salué l’approbation du Gouvernement syrien de ce plan. Il a également souligné la nécessité de s’engager à la mise en œuvre immédiate et complète du contenu de ce plan et de l’ensemble de ses parties.
2 - Le conseil de la Ligue arabe a adopté la résolution numéro 7439 en date du 16/11/2011 approuvant le projet de protocole sur le statut juridique et les fonctions de la Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie chargée de vérifier l’application des termes du plan arabe pour résoudre la crise en Syrie et de fournir une protection pour les civils syriens. Il a demandé au Secrétaire général de la Ligue des États arabes à prendre les mesures appropriées pour désigner le président de la Mission d’observation de la Ligue arabe et à prendre les contacts nécessaires avec le gouvernement syrien afin de signer le Protocole d’accord.
3 – Le conseil de la Ligue arabe a adopté la résolution numéro 7441 en date du 24/11/2011 qui demandait au Secrétaire général d’envoyer une mission d’observateurs de la Ligue arabe auprès de la République arabe syrienne qui doit s’acquitter de ses missions en conformité et dans les plus brefs délais avec les dispositions du Protocole dès sa signature.
4 – La République arabe syrienne et le Secrétariat général de la Ligue des États arabes ont signé, le 19/12/2011, le Protocole sur la constitution de la Mission composée d’experts militaires et civils des États arabes et des candidats d’organisations non gouvernementales concernés par les droits de l’homme devant se rendre sur le territoire de la République arabe syrienne. Il est à noter que l’article V mentionne que la Mission d’observation envoie des rapports périodiques sur ses conclusions au Secrétaire général de la Ligue des États arabes et au Gouvernement syrien en vue de soumettre son rapport – pour examen et prise des mesures adéquates – au Conseil des ministres par le biais du Comité ministériel désigné pour le suivi de la situation en Syrie.
5 - Le Conseil de la Ligue arabe a approuvé en date du 20/12/2011, la nomination du général Mohammad Mustafa Ahmed al-Dabi de la République du Soudan en qualité de Président de la Mission d’observation de la Ligue arabe.

Deuxièmement : Constitution de la Mission
6 – Le Secrétariat général a demandé aux États membres et aux organisations non gouvernementales arabes de notifier les noms des candidats devant rejoindre la Mission d’observation en Syrie. Et à la lumière de cette procédure, la Mission d’observation des observateurs de la Ligue arabe est constituée – à ce jour - par 166 membres en provenance de 13 pays arabes et de six organisations non gouvernementales arabes concernées.

Troisièmement : Visite en Syrie d’une délégation du Secrétariat général.
7 – Dans le cadre de la préparation de la mission, une délégation préliminaire du Secrétariat général s’est rendue auprès de la République Arabe Syrienne le 22/12/2011 pour discuter de tous les préparatifs logistiques nécessaires à la Mission.
8 – En application des dispositions du Protocole, le Gouvernement syrien a confirmé sa disponibilité à fournir toutes les facilités, à livrer l’équipement technique nécessaire au travail de la mission, à garantir la liberté de circulation pour tous les membres de la mission sur l’ensemble du territoire syrien, à assurer la sécurité de ses membres et à ne pas entraver ou empêcher sur le plan sécuritaire et administratif la réalisation des objectifs de la Mission. Il a également insisté sur son engagement à respecter la liberté de la Mission d’organiser les rencontrer et les réunions nécessaires et de fournir à cet effet une protection complète à ses membres tout en mettant en relief la responsabilité des membres de la mission en cas de leur insistance à visiter les zones sur lesquelles les services de sécurité auraient mis en garde contre leur visite. Il a également confirmé son engagement de permettre l’entrée au territoire syrien des journalistes et des médias des pays arabes et internationaux en conformité avec les listes nominatives et avec les règlements en vigueur en Syrie.

Quatrièmement. L’arrivée du chef de la Mission en Syrie et ses visites à caractère exploratoire.
9 – Le général Mohammed Ahmed Mustafa al-Dabi, chef de la Mission d’observation auprès de la République arabe syrienne, est arrivé le samedi soir 24/12/2011. Il a tenu une série de réunions avec M. Walid Mouallem, ministre des Affaires étrangères, et avec des fonctionnaires du gouvernement syrien qui ont confirmé leur volonté de coopérer pleinement avec la Mission et sont désireux de la réussite de sa mission et leur disposition à faciliter la visite pour surmonter tous les obstacles rencontrés, comme cela a été déjà convenu sur les engagements en matière de logistique et de sécurité garantie pour la Mission.
10 – La partie syrienne a averti qu’il y a certaines zones qui ne seront pas en mesure d’être garanties par les forces de sécurité qui ne peuvent assurer la protection des accès tant pour eux que pour les observateurs craignant leur exposition à la colère des citoyens. Le Chef de la Mission considère que cette situation est par contre favorable à un contact direct avec la population et avec l’opposition sans la surveillance du gouvernement. Il s’agit ainsi de lever la barrière de la peur et mettre les citoyens à l’abri d’éventuelles poursuites ou conséquences qu’ils pourraient redouter des autorités syriennes.
11 – Le chef de Mission a terminé les préparatifs de la mission sur le terrain tant sur le plan technique que sur la fourniture des moyens de transport et des dispositifs de communication nécessaires pour le démarrage de la mission. Il a également rencontré les membres de la délégation qui venaient d’arriver en Syrie et il les a informés sur les obligations de leur mission et des termes de référence pour effectuer le travail selon les dispositions du protocole. Ensuite, les membres de la Mission ont prêté le serment de réaliser leur mission sur la base du texte que le chef de la Mission a préparé à cet effet.
12 – Le 27/12/2011, le chef de la Mission, accompagné par 10 observateurs, a effectué une visite à caractère exploratoire à la ville de Homs considérée comme l’une des zones les plus sensibles, celle qui a vu des actes de violence et d’affrontements armés entre les militaires et l’opposition syrienne et où il y a encore quelques barrières de sécurité qui séparent les quartiers.
13 - Après son arrivée à Homs, le chef de mission a immédiatement rencontré le Gouverneur de la ville qui a expliqué qu’elle souffre de la propagation de la violence du fait des groupes armés, des cas d’enlèvements, des actes de sabotage des installations étatiques et civiles, du grand manque de nourriture en raison du siège imposé par les groupes armés dont le nombre est estimé à 3.000 membres. Le Gouverneur de la ville a souligné l’échec de toutes les tentatives pour arriver à une accalmie malgré l’effort des hommes du clergé et des dignitaires de la ville qui ont demandé le recours aux moyens adéquats pour régler le problème des soldats et des équipements pris en otage à l’intérieur du quartier de Bab Amrou.
14 – La mission a visité certains quartiers résidentiels (Bab Amrou, Karam as Zeytoun, Khalidiya, Ghouta) sans gardes de protection. Elle y a rencontré un certain nombre de citoyens, les opposants qui ont manifesté contre l’état de terreur, l’état de siège et la violence dont ils souffrent de la part des forces gouvernementales. Elle a vu les effets de la dévastation et la destruction des quartiers le long des périphériques. Cette visite a eu lieu alors que s’effectuaient de tirs nourris entre les antagonistes. La mission a constaté un échange de tirs nourris dans Bab Amrou entre l’armée et l’opposition. Elle a également vu quatre véhicules militaires dans certaines zones incitant le véhicule de la Mission à quitter les lieux. De retour au chef-lieu de la province, il a été convenu avec le gouverneur de maintenir sur place cinq membres de la Mission à Homs pour le lendemain afin de continuer à faire l’évaluation de la situation sur le terrain et de rencontrer le plus grand nombre possible de citoyens.
15 – Immédiatement après le retour de Homs, le chef de la Mission a tenu une réunion avec la partie gouvernementale et lui a demandé de faire retirer les véhicules militaires de la ville, d’arrêter la violence, de protéger les civils, de procéder à la levée du siège et d’assurer la fourniture de nourriture en plus d’échanger les cadavres entre les deux parties.
16 - La partie syrienne a confirmé, lors de la réunion, l’évacuation de la ville et des quartiers de toutes les formes de conflits armés, sauf le maintien de trois véhicules militaires en panne et encerclés. Il a été demandé l’assistance de la Mission pour la récupération d’un véhicule militaire aux mains des groupes armés contre la libération de quatre membres des groupes et l’échange de cadavres tués (5 de chaque partie). Il a été convenu la permission de l’acheminement des denrées alimentaires de base vers la population de la ville ainsi que l’envoi du véhicule de nettoyage pour enlever les déchets. Il a été convenu, à la fin de la réunion, sur une autre visite de la mission à Homs, le lendemain, accompagné par le major général Hassan Sharif coordinateur de la sécurité de la partie gouvernementale.
17 – Cette visite a été l’occasion de faire connaissance avec une des figures de proue de l’opposition agissant en qualité de responsable de l’information dans l’Assemblée nationale et avec qui s’engagea un long débat sur l’offre faite par le gouvernement syrien ainsi que sur le meilleur moyen de mettre en œuvre cet accord. Ainsi s’est réalisé le retrait et la récupération de tous les véhicules militaires, l’échange des corps des morts, l’entrée des camions chargés de la nourriture et la libération de trois prisonniers et deux femmes de leurs familles en présence de la Mission. Ceci a conduit à calmer la situation dans la ville.
18 – Cinq jours après le déploiement des observateurs de la Mission dans cinq secteurs, la commission ministérielle arabe a demandé au chef de la Mission de présenter aux autres membres du Comité un rapport sur sa mission. Il s’est donc dirigé vers Le Caire et le 01/08/2012 il a donné un exposé oral devant le comité. Il a été décidé de poursuivre la Mission et de présenter un rapport final comme prévu à la fin de la période déclarée dans le Protocole en l’occurrence le 19/1/2012.
Le chef de la mission est revenu à Damas pour poursuivre ses fonctions et faire face à certaines difficultés survenues de la part des parties pro-gouvernementales et des parties de l’opposition, surtout après les déclarations qui ont suivi la réunion du Comité et communiquées aux médias, mais cela n’a pas d’incidence sur le travail de la mission et son déploiement étendu et progressif dans des zones multiples.
19 – Durant la période écoulée, depuis l’arrivée de la Mission et à ce jour, la Mission a reçu de nombreuses correspondances émanant du Comité syrien chargé de la coordination avec la Mission qui indiquent les pertes humaines et matérielles subies par les institutions et les offices du gouvernement syrien à la suite à des actes de sabotage – selon leurs propos – qui ont affecté – comme ils le mentionnent – tous les secteurs vitaux et les services publics dans l’État syrien.

Cinquièmement : Le déploiement de la Mission des observateurs de la Ligue des États arabes en Syrie.
20 – La mission a déployé ses membres sur 15 secteurs couvrant 20 villes et régions dans l’ensemble de la Syrie, selon les dates indiquées ci-dessous. La raison de la différence de ces dates est la faiblesse de la préparation administrative, technique, y compris l’arrivée de véhicules et des personnes, en tenant compte du fait que la distribution a été équilibrée où chaque secteur a été doté de 10 membres, presque de toutes les diverses nationalités arabes. Ces détachements de la Mission se sont déployés dans les secteurs, les provinces et les villes de Syrie comme suit :
- le 29/12/2011 la Mission a fait démarrer les 6 secteurs de Damas, Homs, le Rif de Homs, Idlib, Doura Hama.
- le 04/01/2012 a été lancé le secteur d’Alep.
- Le 09/01/2012 ont été lancés les deux secteurs de Lattaquié et de Deir Al-Zour. Cependant le 01/10/2012, ils sont retournés à Damas après une exposition à des attaques ayant provoqué des blessures sur deux observateurs à Lattaquié ainsi que des pertes matérielles sur les véhicules.
- Le 10/01/2012 s’est déployé un secteur à Qamishli et Hassaka.
- Le 12/01/2012 s’est déployé un secteur à Damas.
- le 13/01/2012 4 secteurs ont démarré couvrant Souida, Abu Kamal Abu, Deir Zor, Palmyre, Sokhna, Banias et Tartous.
- Le 15/01/2012 ont été lancés les deux secteurs couvrant Raqqa, Lattaquié et Thora.

Annexe 1: répartition détaillée indiquant le nombre d’observateurs, de leurs nationalités et des lieux de leur déploiement

21 – La répartition des membres des groupes de la Mission s’est effectuée en mettant à leur disposition ce qui suit :
- Carte topographique de la région.
- Code de conduite de l’observateur.
- Les fonctions du chef de secteur.
- Les fonctions de l’observateur
- Du matériel et de l’équipement technique nécessaire (ordinateurs – Caméras – matériel de communication … etc.)

22 – Il a été ouvert également une salle d’opération au siège du bureau de la Ligue arabe à Damas. Cette salle exploitée 24 heures par jour est directement liée à la salle des opérations de la Ligue arabe au Caire et aux différents groupes déployés sur le terrain en Syrie. La salle d’opération reçevait les rapports quotidiens des équipes de terrain et tenait à jour l’information et les directives pour assurer de part et d’autre le suivi et l’observation. Le nombre important de tâches a obligé la Mission à ouvrir une salle d’opération annexe au sein de la résidence de la Mission à Damas. Sa vocation était de coordonner la répartition du personnel de la Mission, les comités de suivi, le comité des détenus, le comité des médias, les ressources financières. Elle assure la liaison coordonnée avec la salle d’opération du bureau de la Ligue.
23 – La Mission a rencontré à Lattaquié et à Deir Al-Zour des difficultés en provenance des citoyens loyaux envers le gouvernement et tout particulièrement à Lattaquié où des milliers de personnes se sont rassemblés autour des voitures de la Mission, scandant des slogans en faveur du président et des slogans hostiles à la mission. La situation est devenue hors contrôle allant jusqu’à l’agression contre les observateurs occasionnant des blessures mineures à deux d’entre eux et la destruction intégrale du véhicule blindé chargé du transport des membres de la mission. La situation est revenue à la normale après que la question a été abordée par le chef de la Mission qui a pris contact avec la commission suprême syrienne chargée de la coordination avec la Mission. Malgré cela, le chef de la Mission ordonna aux chefs des secteurs de retourner immédiatement à Damas. Ensuite, il a rencontré Monsieur le ministre des Affaires étrangères à qui il a présenté une protestation officielle très ferme ; de son côté, la partie syrienne a dénoncé avec vigueur cet incident et a présenté des excuses officielles, tout en expliquant que l’incident n’était nullement prémédité. Pour confirmer ses bonnes intentions, Monsieur le vice-ministre des Affaires étrangères a rencontré des membres de la mission de Lattaquié et leur a expliqué que le gouvernement syrien allait corriger très rapidement les dysfonctionnements afin d’assurer la sûreté et la sécurité du personnel des missions, où qu’ils soient, et s’est excusé pour les événements qu’il considérait comme regrettables et involontaires. Enfin, les membres de ces deux secteurs ont été redéployés vers de nouveaux secteurs après leur avoir accorder un repos de 4 jours.

Sixièmement : La mise en œuvre de la mission, en conformité avec les dispositions du Protocole
24 - Le chef de la Mission tient à souligner que cette observation qui concerne les 24 termes du Protocole est une synthèse de l’évaluation des secteurs, elle est rédigée à partir des indications fournies par les chefs de secteurs au cours de leur rencontre avec le chef de la Mission le 17/1/2012.
A- La surveillance et le suivi de l’application intégrale de la cessation de toutes les formes et de toutes les sources de violence dans les villes et les quartiers.
La violence et sa source dans les villes et les quartiers :
25 - Lorsque les observateurs ont été déployés dans les différents secteurs, ils ont repéré au début de leur mission des actes de violence commis par les forces gouvernementales et des échanges de tirs avec des éléments armés à Homs et Hama. En raison de l’insistance de la mission de faire arrêter tous les actes de violence et de provoquer le retrait des véhicules et du matériel, alors a commencé le processus inverse : enregistrer un retour au calme progressif.
Les derniers rapports de la récente mission enregistrent un calme remarquable et une réelle retenue de la part des sources et des canaux de la violence.
26 - La Mission a observé dans les deux secteurs de Homs et Hama des actes de violence du fait des groupes armés contre les forces gouvernementales, qui ont fait des tués et des blessés parmi les troupes gouvernementales. Dans certaines situations, les forces gouvernementales ont recours à la violence comme réaction aux attaques perpétrées contre ses membres. Les observateurs de la mission ont noté que les groupes armés ont recours aux bombes thermiques et aux missiles anti-blindage.
27 – La Mission a été témoin dans les secteurs de Homs, Idlib et Hama des actes de violence contre les troupes gouvernementales et contre les citoyens entraînant de nombreux décès et blessures. C’est le cas de l’explosion de l’autobus civil, tuant huit personnes et blessant plusieurs autres, dont des femmes et des enfants ; celui du sabotage à l’explosif d’un train chargé du transport du diesel ainsi que d’autres événements à Homs, dont la destruction de l’autobus de la police tuant deux d’entre eux, l’attaque à l’explosif du pipeline de carburant, et autres attentats de moindre importance.
28 – La mission a noté l’émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies ont montré que ces rapports n’étaient pas crédibles.
29 – La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu’il ya des exagérations médiatiques sur la nature et l’ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements et des manifestations qui ont eu lieu dans certaines villes.
B – La vérification que les manifestations pacifiques étaient à l’abri tant des attaques des services de sécurité syriens que des opérations de sape menées par des groupes organisés
30 - L’observation des rapports récents reçus par les chefs d’équipes sur le terrain en conjugaison avec la réunion tenue directement avec le chef de la Mission du 17/01/2012 pour la préparation de ce rapport montrent qu’il y a des manifestations pacifiques dans certaines régions. Les partisans comme les adversaires de l’autorité n’ont été soumis à aucune répression. Il est à noter que les frictions observées étaient dirigées contre la Mission ou entre les partisans et les opposants du régime sans qu’il y ait à signaler des pertes, et ce depuis le dernier exposé qui a eu lieu avec le comité ministériel sur la Syrie lors de sa réunion du 08/01/2012
31 – Les rapports sur le terrain et les déclarations des chefs de secteurs mettent en évidence que les opposants parmi les citoyens syriens informent la mission de ses rassemblements et en profitent pour faire du déploiement de la Mission un bouclier faisant obstruction à l’intervention des forces de sécurité. Ce phénomène a commencé à s’estomper progressivement.
32 – La mission a reçu également de l’opposition à Homs et Doura des réclamations demandant le maintien de la présence des observateurs de la Mission, exprimant peut-être leur crainte de subir des agressions après le départ de la Mission.

C- L’Assurance de la libération des détenus du fait des événements actuels.
33 - La Mission a reçu des communiqués en provenance de l’extérieur de la Syrie faisant état du nombre de détenus syriens s’élevant à 16237. Elle a reçu des communiqués en provenance de l’opposition à l’intérieur de la Syrie faisant état du nombre de détenus syriens s’élevant à 12005.
Les équipes de terrain de la Mission se sont attelées à vérifier la validité de ces chiffres découvrant ainsi l’existence de déclarations contradictoires, des informations incomplètes, inexactes, et la présence de noms dupliqués. La Mission poursuit son investigation avec les agences gouvernementales concernées pour parvenir à la véracité des chiffres.
34 - La Mission a remis au Gouvernement syrien toutes les listes reçues et provenant de l’opposition de l’intérieur et de l’étranger, tout en exigeant la libération de ces détenus conformément à la mise en œuvre du Protocole.
35 – En date du 15/1/2012, le Président Bachar al-Assad a promulgué un décret dont les termes et le contenu sont l’octroi d’une amnistie générale pour les crimes commis dans le contexte des événements qui sont survenus depuis le 15/03/2011 jusqu’à la date de publication du présent décret. L’application de ce décret incombe aux autorités gouvernementales compétentes afin de libérer des détenus dans les différentes régions par vagues successives à l’exclusion des personnes poursuivies pour d’autres affaires judiciaires. La Mission avait pour rôle de superviser la libération des détenus et de suivre l’actualité du problème avec le gouvernement, en assurant la pleine coordination avec le gouvernement et en interpellant le gouvernement qui est tenu d’apporter des réponses.
36 – Le gouvernement syrien a rapporté le 19/1/2012 que 3569 détenus ont été libérés par les juridictions militaires et civiles. La mission a vérifié, jusqu’à ce jour, la libération effective de 1669 détenus. Et la Mission continue de poursuivre la mise en application de ce décret tant avec le gouvernement qu’avec l’opposition jusqu’à la confirmation définitive de la libération de tous les détenus, et ce en présence des Observateurs de la Mission ou par l’authentification des documents relatifs à cette procédure.
37 – La Mission a constaté, à ce jour, que le nombre total de détenus libérés par le gouvernement syrien est comme suit :
- Avant le décret d’amnistie: 4035 détenus.
- Après le décret d’amnistie: 3569 détenus.

Soit un total de 7604 prisonniers libérés comme rapporté par le gouvernement.
38 – La mission a enquêté sur la validité du nombre de détenus qui ont été libérés et elle est parvenue, à ce jour, à mettre en évidence les éléments suivants:

- Avant le décret d’amnistie 3483 détenus libérés.
- Après le décret d’amnistie 1669 détenus libérés.
Portant le total des détenus libérés que confirme la Mission à 5152 détenus. La Mission poursuit son travail de vérification sur le terrain et continue d’effectuer le suivi auprès du gouvernement syrien afin de libérer les autres détenus.
D – L’assurance du retrait et de l’évacuation de toutes les formes d’expression armée des villes et des quartiers qui ont vécu ou peuvent vivre des manifestations et des mouvements de protestation.
39 – La Mission a confirmé à travers les rapports des chefs d’équipes sur le terrain et sur la base de la rencontre directe effectuée entre tous les chefs de secteurs de la Mission du 17/1/2012, que tous les véhicules militaires, les véhicules blindés et l’armement lourd ont été retirés de l’intérieur des villes et des quartiers même s’il persiste toujours une présence sécuritaire qui se reflète par les monticules de terre, et par certaines barricades dans les principaux édifices et places publiques, mais ces barricades sont hors d’atteinte des citoyens. À ce titre, il faut noter ici que lors de la rencontre du chef de la Mission avec le ministre syrien de la Défense le 05/01/2012, ce dernier l’a assuré de sa disponibilité à l’accompagner dans tous les sites et villes désignés par le chef de la Mission, où la Mission pourrait y soupçonner la présence de forces armées et d’armement non retirés afin que sur place les ordres de retrait et d’évacuation émanant du ministre de la Défense viennent combler sur-le-champ et immédiatement les manquements ou les violations observées sur le terrain.
40 - La présence de véhicules blindés (transporteurs, de troupes) sur certains postes de contrôle, l’un à Homs, et certains dans Madaya et Zabadani proche de Damas, a été signalée. Et de fait, ils ont été immédiatement retirés de Homs. Il a été permis de s’assurer également que les habitants de Zabadani et Madaya avaient conclu un accord bilatéral avec le gouvernement qui a abouti au retrait immédiat des barrières et des véhicules militaires.
E – Vérification des agréments accordés par le gouvernement syrien aux médias arabes et internationaux, et enquête sur les possibilités offertes à ces médias de se déplacer librement dans toutes les régions de la Syrie
41 – Le gouvernement syrien, par la voix de son ministre de l’information, a confirmé avoir accordé l’agrément à 147 divers médias arabes et étrangers depuis le début de décembre 2011 et jusqu’au 15/01/2012. 112 divers médias étrangers nouveaux ont visité le territoire syrien en plus des 90 médias déjà présents sur le territoire syrien qui disposent de correspondants permanents.
42 - La Mission a suivi cette question et a observé la présence de 36 médias arabes et étrangers et un certain nombre de journalistes dans un certain nombre de villes syriennes. Elle a reçu quelques plaintes qui indiquent que le gouvernement syrien a accordé des autorisations pour certains médias d’opérer en Syrie pour une durée n’excédant pas 4 jours considérés comme durée insuffisante de leur point de vue, en plus de ne pas permettre leur déplacement à l’intérieur du pays à moins d’indiquer au préalable leur destination et de demander une autre certification pour se rendre à certaines zones sensibles. Le gouvernement syrien se dit prêt à accorder aux médias des mandats de 10 jours renouvelables.
43 – Des rapports et des déclarations de certains secteurs de la Mission montrent l’existence de restrictions gouvernementales sur le déplacement des médias dans les secteurs de l’opposition, incitant ces journalistes à se déplacer, dans de nombreux cas, derrière le déplacement de la mission, pour exercer leurs fonctions.
44 - La ville de Homs a été le témoin de l’assassinat d’un journaliste français travaillant pour France 2, et de la blessure d’un journaliste de nationalité belge. Sur ces deux cas, le gouvernement et l’opposition ont échangé les accusations sur la responsabilité de chacun dans ces incidents et ils ont publié, chacun, des déclarations condamnant la partie adverse. Le gouvernement syrien a constitué une commission gouvernementale d’enquête sur l’incident pour déterminer ses causes. Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l’opposition.
Annexe 2 : Identification des médias qui ont été observés sur place par la Mission et des médias qui sont entrés en Syrie (selon les déclarations officielles)

Septièmement : Les obstacles rencontrés par la mission.

A- les observateurs
45 – Il n’a pas été tenu compte, dans certains cas, de la nomination d’experts dans le domaine de l’observation capables d’assumer leurs responsabilités et disposant d’une expérience préalable dans le domaine.
46 - Certains observateurs n’ont pas évalué le poids réel de leurs responsabilités ni l’importance de faire prévaloir les intérêts arabes sur les intérêts personnels.
47 – Durant le travail de terrain a été constaté le manque flagrant de compétence de certains observateurs à affronter la complexité et à faire face aux situations difficiles qui sont pourtant au cœur de leurs prérogatives, sachant que la spécificité de ces fonctions nécessite des qualifications singulières et des spécialités adéquates avec la mission d’observateur.
48 – Un certain nombre d’observateurs participant à la Mission présentent un âge trop avancé alors que d’autres présentent un état de santé déficient les rendant ainsi inaptes à exercer les fonctions pour lesquelles ils ont été proposés.
49 - Vingt deux (22) observateurs se sont excusés de ne pouvoir continuer d’accomplir leur mission pour des raisons personnelles, certains ont avancé d’autres arguments factices que le chef de mission a jugés inacceptables, alors que d’autres se sont avérés agissant pour leur propre agenda.

Annexe 3 : dévoilement de la liste des observateurs de la mission d’observation de la Ligue des États arabes qui n’ont pas poursuivi leur mission.
50 – Le manque d’engagement de certains observateurs, la violation de leurs obligations et du serment prêté le jour de leur engagement, l’entrée en contact avec des responsables de leurs pays d’origine et la communication avec transfert des informations sur les activités de la Mission d’une manière exagérant la situation réelle. Tout ceci a conduit certains fonctionnaires à une compréhension erronée de la situation réelle présentée à tort comme sinistre, et à évaluer les résultats probants acquis sur le terrain d’une manière malsaine.
51 – Certains observateurs des secteurs ont exigé un hébergement similaire à celui de leurs homologues résidents à Damas sinon à une rétribution correspondant à la différence des standings d’hôtels, de lieux d’hébergement ou de séjour à Damas, ou bien encore à vouloir demeurer sur place à Damas et ne pas se rendre sur le terrain. Cette situation se passe de tout commentaire.
52 – Les situations à risque dans certains endroits, la peur de certains observateurs d’accomplir leurs devoirs dans cette atmosphère de risque, le manque de véhicules blindés dans chaque poste d’observation et des gilets pare-balles ont fini par avoir un impact négatif sur la performance des fonctions et l’exercice des obligations de certains membres de la Mission.

Commentaire du Chef de la Mission sur les observateurs :
53 – Certains observateurs, malheureusement, voyaient leur présence en Syrie comme un voyage d’agrément et de loisir, mais ils ont été surpris par la réalité du terrain, par le déploiement à travers les secteurs, et par le maintien dans des postes d’observation en dehors de la capitale, se trouvant ainsi confrontés à des difficultés auxquelles ils ne s’attendaient pas et n’y étaient pas préparés.
54 - Le déficit de sensibilisation des observateurs au terrain et de connaissance de la région et de sa géographie ainsi que le manque de véhicules blindés et de gilets pare-balles ont eu un effet désastreux sur l’esprit de certains observateurs.
55 – La confrontation de certains observateurs aux provocations des partisans tant de l’opposition que du gouvernement a eu également un impact négatif sur leur moral.
56. Malgré toutes les remarques qui ont été émises, on dira que le rendu de beaucoup d’observateurs a été remarquable, et mérite compliments et considération. Les quelques maladresses enregistrées vont être corrigées avec la pratique et les instructions qu’il faut.

B. Les contraintes sécuritaires :
57. Malgré l’accueil favorable réservé par le Gouvernement aux membres la Mission et son chef et son assurance de ne pas vouloir imposer des restrictions sécuritaires de nature à entraver l’activité de la mission, il n’en demeure pas moins que le Gouvernement a essayé, par le biais d’une stratégie bien ficelée, d’empêcher que la mission n’arrive au fin fond des régions et il s’est employé à la distraire par des questions relevant de son seul intérêt. Mais la mission a fini par juguler ces manœuvres pour poursuivre son entreprise et a dépassé les obstacles érigés devant elle.

C. Moyens de communication :
58. La mission des observateurs se met en contact avec différents groupes en passant par le réseau national syrien, plus précisément les téléphones portables et les télécopies. Etant donné que ces moyens de communication sont indisponibles par moments, cela rend impossible la prise de contact.
59. Le nombre de téléphones satellitaires Thuraya mis à la disposition de la Mission sont au nombre de 10. Mais en raison de difficultés de liaisons par satellite, leur utilisation s’est trouvée compromise à l’intérieur des bâtiments. Les téléphones cellulaires et les télécopies les ont remplacés pour l’envoi des rapports quotidien, mais ce sont deux moyens de communication non sécurisés.
60. Quant aux moyens de communication dont devaient disposer les observateurs Qataris, ils ont été saisis sur les frontières jordaniennes nonobstant leur réclamation par le chef de la Mission. Mais quand bien même les autorités syriennes consentiraient à les autoriser, ils seraient insuffisants pour couvrir tous les sites et toutes stations.

61. Comme la Mission ne disposait pas de quoi établir et maintenir la communication au sein d’un même groupe, l’ambassade chinoise a mis à la disposition de la Mission 10 talkie walkie. Ceux-ci n’ont été utilisés que dans trois secteurs.

62. Le réseau internet est indisponible dans certaines régions, et irrégulier, dans certaines autres régions dont la capitale.

63. Il n’existe pas de caméras à bord des voitures, qui auraient facilité la mission des observateurs dans les zones dangereuses.

C. Moyens de transport :

64. Le total des voitures utilisées par la Mission est au nombre de 38 (23 voitures blindées et 15 non blindées) dont 28 sont des 4×4 et les 10 autres de simples berlines, sachant que la nature de la mission des observateurs aurait impliqué que toutes les voitures soient des 4×4 blindées. Ainsi le nombre actuellement disponible est insuffisant dans la mesure où il ne permet pas de se déplacer dans toutes les zones chaudes.

65. La Mission a procédé à la location de voitures sur le marché local pour les utiliser dans le cadre de son travail. Mais devant les troubles déclenchés par l’arrivée des groupes d’observateurs sur le terrain, les sociétés de location ont résilié les contrats, soucieuses qu’elles étaient de la sécurité de leurs chauffeurs et de leurs voitures.

66. La Mission a rencontré des problèmes pour trouver des chauffeurs en raison du refus de membres de l’opposition à ce que des chauffeurs liés à des organismes de sécurité gouvernementale accèdent à leurs régions. Ce qui a finalement obligé les observateurs à conduire eux-mêmes les voitures.

67. Certains observateurs ont demandé à utiliser les voitures que leurs pays respectifs ont envoyées, ce à quoi s’est opposé le Président de la Mission qui a procédé à la distribution des voitures suivant les besoins de chaque secteur.

D. Les médias :
68. La Mission a fait l’objet d’une propagande médiatique féroce depuis le commencement de ses travaux et qui se poursuit aujourd’hui. Certains médias ont même publié des déclarations infondées en les imputant au Président de la Mission. Ils se sont également employés à exagérer certains faits de sorte que la réalité s’en est trouvée altérée.
69. Ce traitement médiatique faussé a contribué à augmenter la frustration des syriens et a nui au travail des observateurs. Il a également utilisé certains observateurs aux fins de nuire à la réputation de la Mission et son Président et faire échouer la mission.

Point huit : Les besoins essentiels de la Mission en cas de prorogation:

Ajouter cent nouveaux jeunes observateurs, avec une préférence pour les militaires.
30 nouvelles voitures blindées.
Des gilets pare-balles légers.
Des appareils photos transportables dans les voitures
Des moyens de communication élaborés.
Des lunettes de vision nocturne

Neuvième point : la réforme :
70. L’objectif visé par le protocole est la protection des citoyens syriens en engageant le gouvernement syrien à arrêter les violences, à libérer les détenus et à retirer l’armée des villes et zones habitables comme première étape visant à aboutir à un dialogue entre les différentes parties syriennes qui se concrétiserait politiquement. Le cas échéant, l’opération des observateurs s’enliserait sans réaliser sur le terrain les résultats escomptés.
71. La Mission a constaté l’existence d’un élément armé non visé par le Protocole et dont l’apparition (antérieure à son arrivée) a été la conséquence de l’utilisation excessif de la violence de la part des forces de sécurité à l’occasion des manifestations qui ont appelé à la chute du régime. Cet élément armé agresse dans certains secteurs les forces de sécurité syriennes et les citoyens syriens, ce qui provoque une réaction de la part du Gouvernement. Les citoyens innocents qui se trouvent en étau, en paient un lourd tribu en morts et blessés.
72 Dans toute la Syrie, la Mission a été favorablement reçue par l’opposition. La présence de la Mission a inspiré un sentiment de confiance chez les citoyens qui les a incité a lui présenter leurs doléances, et ce malgré la crainte éprouvée par l’opposition devant autant de franc-parler, car pesait encore sur elle la crainte des arrestations dont elle avait souffert avant l’arrivée de la Mission en Syrie, si l’on exclut la période qui a suivi la parution du dernier communiqué du comité interministériel, qui a vu l’intensité de la violence se réduire progressivement.

73. La Mission a également constaté la bonne disposition du Gouvernement à réussir sa mission et l’aider à dépasser toutes sortes d’obstacles. Le Gouvernement a également facilité la tenue de toutes sortes de rencontres sans exception et n’a pas cherché à imposer des restrictions quant aux déplacements des observateurs et les rencontres qu’ils effectuèrent avec les citoyens syriens, qu’ils soient au nombre des pro-gouvernementaux ou des opposants.

74 La Mission a relevé un état de grave frustration dû à l’injustice et l’oppression éprouvées par les Syriens. Ceux-ci sont néanmoins convaincus de la nécessité d’une résolution pacifique et arabe la crise syrienne, sans l’internationaliser, pour qu’ils puissent vivre en paix et sécurité, et pour que se réalisent les réformes et les changements escomptés. La mission a pris également connaissance du fait qu’une partie de l’opposition a pris les armes, notamment à Deraa Homs Hama et Edleb, en réaction à la grande souffrance du peuple syrien, à son oppression par le régime politique et à la corruption qui a touché tous les secteurs de la société, sans compter la pratique de la torture et les atteintes aux droits de l’homme.
75. L’occurrence de certains évènements est une évolution pouvant creuser davantage le fossé entre les diverses parties et accroître leur amertume. Les conséquences de ces évènements sont graves : pertes en vies humaines et divers dommages matériels. Il s’agit plus précisément des explosions qui ont pris pour cible les bâtiments, les trains et les véhicules de ravitaillement en carburant, les forces de police, les institutions médiatiques et le transport par pipeline.
Certaines de ces opérations ont été revendiquées par l’Armée Libre, d’autres par des parties armées liées à l’opposition.

76. La Mission a procédé à l’exécution de sa tâche de la manière la plus conforme à ce qui a été stipulé dans le Protocole, à travers une présence quotidienne sur le terrain, en observant une neutralité et une indépendance garantissant une perception fidèle et transparente de la réalité. Et ce malgré les difficultés rencontrées et le comportement de certains éléments indisciplinés.

77. La durée d’un mois fixée par le Protocole pour le travail de la Mission ne suffit pas à l’accomplissement des préparatifs administratifs, elle est a fortiori insuffisante pour l’accomplissement du travail lui-même, dont la durée effective n’a été que de 23 jours. C’est une durée insuffisante eu égard au grand nombre de stipulations du Protocole dont il faudrait s’acquitter et à la nécessité de côtoyer les syriens pendant une assez longtemps s’étendait sur quelques mois et parfois de nombreuses années.

78. La crédibilité de la Mission a été mise en doute auprès des téléspectateurs et auditeurs arabes et étrangers qui suivent certains médias usant de techniques d’information visant à déformer les réalités. Il demeure difficile de juguler cette difficulté sauf à faire bénéficier la Mission d’un soutien politique et médiatique. Et quand bien même ressurgiraient alors certaines lacunes, cela n’en demeure pas moins normal dans ce genre de missions et d’activités.

79. La Mission est arrivée en Syrie après que des sanctions aient été imposées à ce pays pour l’amener à accepter le Protocole. Malgré cela, la Mission a été bien reçue tant par les militants progouvernementaux que par les opposants ou même le Gouvernement lui-même. Mais demeure la question quant à la façon par laquelle la Mission poursuivra son travail. Il est à relever dans ce sens que la tâche assignée à la Mission, telle que fixée par le Protocole, a subi quelques changements au vu des évolutions du terrain et des violentes réactions qui ont parfois suivi de la part de parties non citées par le Protocole. Autant d’évènements rendant nécessaire un changement et une évolution dans la nature de la tâche dévolue à la Mission. Il est alors nécessaire de rappeler que le point de départ demeure l’arrêt de toute violence pour que la Mission puisse accomplir sa tâche dans un climat susceptible de déblayer la route, in fine, vers l’accord politique.

80. Si accord il y a, quant à la fixation de la durée de travail de la Mission, il faudra que celle-ci dispose des équipements et des moyens de communication et de transport nécessaires à l’accomplissement de sa mission sur le terrain.

81. D’un autre côté, mettre un terme au travail de la Mission après une si courte durée aura raison des résultats positifs – même incomplets – réalisées jusque là. Cela aboutirait également sur le terrain à un état de chaos, étant donné que les parties concernées ne sont ni prêtes ni disposées à présent à entamer le processus politique devant résoudre la crise syrienne.

82. Les intentions des uns et des autres à l’égard la Mission, depuis sa constitution, n’ont pas été sincères et pour ainsi dire pas sérieuses. Avant même que la Mission entame son travail et avant même l’arrivée des observateurs, une campagne féroce a pris pour cible la Ligue arabe et le Président de la Mission. L’intensité de cette campagne s’est renforcée pendant la mission. La Mission souffre encore d’un manque de soutien politique et médiatique l’empêchant de mener à bien sa tâche. Si la durée de cette mission devait se prolonger, les objectifs du Protocole ne pourraient se réaliser que moyennant l’apport d’un tel soutien qui renforcerait la Mission et permettrait de faire aboutir la Solution Arabe à la crise.

Dixième point : les recommandations :

83. A la lumière de ce qui a été énoncé, et considérant ce qui a été réalisé en termes de résultats conformément aux dispositions du Protocole que le Gouvernement syrien s’est engagé à exécuter, je suggère:

La nécessité d’apporter toutes sortes de soutien administratif et logistique que requiert la Mission en vue de bien s’acquitter de sa tâche.

D’apporter un soutien médiatique et politique en vue de créer un climat propice à l’accomplissement convenable de la mission.

D’insister sur la nécessité d’accélérer le processus politique et lancer le dialogue national en parallèle avec le travail de la Mission en vue de favoriser un climat de confiance permettant la réussite de la Mission et évitant un vain maintien en Syrie.

Que Dieu nous aide.

Le Président de la Mission
Lieutenant Général Mohamed Ahmad Moustapha El Dabi
_________________________________________________

Traduit de l’arabe par Omar Mazri, Safwene Grira et Ahmed Manai

 

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CROIRE EN DIEU AU XXIE SIÈCLE

Publié le par Mahi Ahmed

CROIRE EN DIEU AU XXIE SIÈCLE

La conviction des scientifiques

Par Pr Chems Eddine CHITOUR - Samedi 04 Fevrier 2012 -

La Terre est une poussière dans le tohu-bohu, une sorte de chaos initial universel que Dieu a mis en ordre

«La probabilité que notre univers soit issu du hasard est comparable à celle d'un archer réussissant à planter sa flèche au milieu d'une cible carrée de 1 cm de côté et située à l'autre bout de l'univers.» Trinh Xuan Thuan (Astrophysicien)

Le titre assez provocateur est là pour attirer l'attention sur l'existence de Dieu dans ce XXIe siècle où la science réalise des prouesses et où l'homme est de plus en plus barbare. «Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis.» Pourtant, des scientifiques et non des moindres -ne confondant pas leur travail scientifique avec leur conviction personnelle- sont dans le doute. Beaucoup d'entre eux ont fait le saut. Ils revendiquent leur croyance en un «principe créateur» qui règle d'une façon parfaite le mouvement de l'Univers.
Plus on plonge dans l'infiniment petit, plus on trouve que les limites nous échappent, Plus on plonge dans l'infiniment grand, on s'aperçoit que la Terre est une poussière dans le tohu-bohu, une sorte de chaos initial universel que Dieu a mis en ordre. De l'infiniment petit à l'infiniment grand, l'homme se donne un sentiment de puissance bâti sur du vent et chaque événement survenu le remet à sa place. Le mythe de Prométhée a toujours accompagné l'homme ce tard venu dans la création, dans sa folie des grandeurs insultant de ce fait, l'ordre harmonieux du monde qui fait que chaque astre tourne sur une orbite et il suffirait d'une petite erreur dans «les calculs», dans la précision des vingt constantes universelles pour que le système de l'univers tel que nous le voyons n'ai jamais paru. Et pourtant, il est là disent les physiciens, depuis le big bang il y a 15 milliards d'années.

Ce que dit la Physique
On sait justement que le big bang nous a fait découvrir une histoire imprévue et fantastique. Il a eu une naissance, grandiose, il grandit maintenant, et peut-être connaîtra-t-il un jour la vieillesse, et la mort. L'histoire connue commence alors que l'univers avait déjà atteint l'âge de 10-43 secondes. - le temps de Planck. Avant, on ne sait rien. Cette période inconnue est d'une brièveté inouïe: A cet «âge» de 10-43 secondes l'Univers était vraiment tout petit: il était alors des millions de milliards de fois plus petit qu'un atome! Il était chaud, une fièvre gigantesque, cosmique! Des milliards de milliards de degrés! Puis, pour une raison inconnue, que les scientifiques ne s'expliquent pas, le vide si vivant s'est mis à enfler. C'est comme si quelqu'un a donné le signal du début. En moins de temps, nous dit Françoise Harrois-Monin, qu'un battement de cil (entre 10-43 et 10-32 seconde), son volume a été multiplié par 1050! Et sans que l'on sache pourquoi, sont apparues les premières particules de matière. Après cette barrière fatidique des trois cent mille ans, des nuages de gaz se sont formés. Ils donnèrent naissance aux milliards de galaxies pendant près de 15 milliards d'années. Une minuscule poussière - Notre Terre - en faisait partie. (1)
Le «visage de Dieu»? C'est l'expression qu'utilisa l'astrophysicien George Smoot (prix Nobel 2006) lorsque le 23 avril 1992, il réussit, grâce au satellite Cobe, à prendre des photos de la naissance de l'Univers tel qu'il émergeait des ténèbres cosmiques tout juste 380.000 ans après le big bang. Depuis, cette expression a fait le tour du monde. Les frères Bogdanov, auteurs d'un ouvrage: «Le visage de Dieu», résument pour Anne Catherine Renaud leur ouvrage: Oui, Dieu existe. L'image d'un ordre extrêmement précis est associée à la première lumière qui précède le big-bang. Robert W.Wilson tout à fait par hasard, en 1965, a découvert le rayonnement fossile, qui est l'écho de l'immense explosion originelle.(2)
Cette réflexion élégante du mystère de l'harmonie de l'univers nous est donnée par une série d'entretiens du philosophe Jean Guitton avec les deux astrophysiciens biens connus Igor et Grichka Bogdanov. Ecoutons-les: «Rappelons-nous que la réalité tout entière repose sur un petit nombre de constantes cosmologiques: moins de quinze. Il s'agit de la constante de gravitation, de la vitesse de la lumière, du zéro absolu, de la constante de Planck, etc. Nous connaissons la valeur de chacune de ces constantes avec une remarquable précision. Or, si une seule de ces constantes avait été un tant soit peu modifiée, alors l'univers - du moins tel que nous le connaissons -, n'aurait pas pu apparaître. Un exemple frappant est donné par la densité initiale de l'univers:si cette densité s'était écartée un tant soit peu de la valeur critique qui était la sienne dès 10-35 seconde après le big bang, l'univers n'aurait pas pu se constituer. Aujourd'hui, le rapport entre la densité critique de l'univers et la densité critique originelle est de l'ordre de 0,1; or il a été incroyablement près de 1 au départ, jusqu'à laquelle nous remontons. L'écart avec le seuil critique a été extraordinairement faible (de l'ordre de 10-40) un instant après le big bang de sorte que l'univers a donc été «équilibré» juste après sa naissance. Ceci a permis le déclenchement de toutes les phases qui ont suivi.»(3)
Ceci rejoint la probabilité de l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan cité plus haut. De plus, «l'origine de la vie, déclare Francis Crick, prix Nobel de Biologie, paraît actuellement tenir du miracle, tant il y a de conditions à réunir pour la mettre en oeuvre». Nous sommes donc en présence du mystère de la création de l'Univers, de la vie sous toutes ses formes et de l'avènement de l'homme ce tard venu dans l'échelle du temps. De même, George Ellis, astrophysicien anglais avoue que l'ajustement si précis des lois de l'univers est un miracle: ´´Un ajustement stupéfiant se produit dans les lois de l'univers, rendant la vie possible. En réalisant cela, il est difficile de ne pas utiliser le terme ´´miracle´´ sans prendre position sur le statut ontologique de ce monde´´ (G.Ellis, le principe anthropique)Enfin, Paul Davies, célèbre astrophysicien britannique, s'émerveille lui aussi de l'ajustement de cette horloge: ´´Il y a pour moi des preuves très fortes que quelque chose se passe derrière tout ça...on a l'impression que quelqu'un a ajusté ces nombres des lois de la nature afin de créer l'univers...la sensation d'un dessein intelligent est débordante´´ (P.Davies, l'empreinte cosmique, p.203.)

Ce que disent les scientifiques de l'existence de Dieu
On dit que beaucoup de scientifiques ont un rapport à Dieu de plus en plus net car basé sur une foi qui n'est pas celle du «charbonnier». Pour l'écrivain Jim Holt dans son livre ´´La Science a ressuscité Dieu´´, il écrit: ´´Je me rappelle avoir vu il y a quelques mois un sondage dans le magazine scientifique ´´Nature´´ qui indiquait que presque la moitié des physiciens, biologistes et mathématiciens américains croyaient en Dieu, et pas seulement en une abstraction métaphysique mais en une entité qui se soucie des affaires humaines et qui entend nos prières, c'est-à-dire le Dieu d'Abraham, d'Issaac et de Jacob´´http://www.thesigns.fr/ces-scientifiques-qui-reconnaissent-levidence/ 25 Août, 2011 (4)
Ainsi, même si «on a longtemps pensé que la science allait chasser la fonction religieuse, c'était une erreur», comme le souligne l'astrophysicien Hubert Reeves. On rapporte l'angoisse d'Einstein qui n'hésitait pas à écrire que «la science s'arrête aux pieds de l'échelle de Jacob». Si Einstein est respecté et écouté, il n'en est pas moins, à la fin de sa vie en butte aux jeunes physiciens qui proposent une théorie basée sur les incertitudes (Heisenberg, Bohr). Einstein n'adhère pas à cette vision probabiliste de la réalité. Pour lui, Dieu ne joue pas aux dés. Il refuse que le résultat d'une expérience ne puisse être unique et prédit avec certitude.
Dans ce qui suit nous allons rapporter, et sans être exhaustif les réflexions de scientifiques connus. Le savant anglais Sir William Herschel (1738-1822), fondateur de l'astronomie stellaire écrit:»Plus le domaine de la science s'étend, plus nombreux deviennent les arguments puissants et irréfutables prouvant l'existence d'un Créateur éternel à la puissance illimitée et infinie. Les géologues, les mathématiciens, les astronomes et les naturalistes ont tous collaboré à bâtir l'édifice de la science qui est, en vérité, le socle de la Grandeur suprême de Dieu l'unique» (4)
Le plus grand nom de la bactériologie, Louis Pasteur affirme: «Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène.» William Thomson (1824,1907) fondateur de la thermodynamique, disait: «La science affirme positivement l'existence d'un pouvoir créateur qu'elle nous pousse à accepter comme un article de foi.» il dit aussi: «Ne soyez pas effrayés d'être des penseurs libres. Si vous pensez suffisamment fort, vous serez contraints par la science à croire en Dieu.» Thomas Edison (1847,1931) celui qui inventa l'ampoule electrique affirme: «J'admire tous les ingénieurs, mais surtout le plus grand d'entre eux: Dieu!». (4)
Anthony Flew est un des plus grands philosophes athées de ce siècle, il a choisi l'athéisme à l'âge de 15 ans, et après l'avoir défendu pendant plus de 54 ans, à 81 ans il annonce avec regret: «Comme les gens ont été certainement influencés par moi, je veux essayer de corriger les énormes dommages que j'ai dû occasionner.» Il affirme, expliquant les raisons de son retour: «Les recherches des biologistes sur l'ADN ont montré, par la complexité presque inconcevable des arrangements nécessaires pour produire [la vie], qu'une intelligence devait nécessairement être impliquée.» Max Planck, physicien allemand fondateur de la physique quantique moderne disait: «Toute personne s'intéressant sérieusement à la science, quel que soit le domaine, lira les inscriptions suivantes sur la porte du temple de la connaissance: «Crois.» La foi est une caractéristique dont ne peut se passer un scientifique.» (Max Planck, Where Is Science Going?, Allen & Unwin, 1933, p. 214 (4)
Ancien directeur à la Nasa, l'homme qui a fait alunir Armstrong, Werner Von Braun a déclaré: «On ne peut être confronté à la loi et à l'ordre de l'univers sans conclure qu'il doit exister une conception et un but derrière tout ça... Plus nous comprenons les complexités de l'univers et ses rouages, plus nous avons des raisons de nous étonner de la conception inhérente qui le sous-tend... Etre forcé de ne croire qu'en une seule conclusion - que tout dans l'univers soit apparu par le fait du hasard - violerait l'objectivité de la science elle-même... Quel processus aléatoire pourrait produire le cerveau d'un homme ou le système de l'oeil humain?...» (Dennis R. Petersen, Unlocking the Mysteries of Creation, Creation) (4)
Dembski, un des savants mathématiciens renommés de notre époque, souligne que la science est une tentative pour comprendre le monde: «Le monde est la création de Dieu, et les savants dans leur compréhension du monde reconstituent simplement les pensées de Dieu. Les savants ne sont pas des créateurs mais des découvreurs... La chose importante concernant l'acte de création est qu'elle révèle le Créateur. L'acte de création porte toujours la signature du Créateur.» (William Dembski, The Act of Creation) Enfin, le physicien Mehdi Golshani, de l'Université de Technologie Sharif à Téhéran, dans une interview à Newsweek, a souligné sa croyance en Dieu et que la recherche scientifique complète la religion: «Les phénomènes naturels sont les signes de Dieu dans l'univers et les étudier est pratiquement une obligation religieuse. Le Coran demande aux humains de «parcourir la terre, et de voir comment Il a initié la création». Les recherches sont un acte d'adoration, puisqu'elles révèlent les merveilles de la création de Dieu. «Science finds god news week 20 Jully 1998 (4)

Dieu pour les philosophes
Les philosophes sont en première ligne de par leur vocation à s'interroger sur l'existence ou non de Dieu. Peut-on décider qu'un événement est bon ou mal. Si «Mais alors, que deviendra l'homme, sans Dieu et sans immortalité? Tout est permis, par conséquent, tout est licite?» Personne n'a rien à nous dire sur notre manière de vivre. En effet, s'il n'y a pas de Dieu, alors il n'y pas de règles objectives qui dictent ce qui est bon ou mauvais. Par conséquent, dans un monde sans Dieu, qui est en droit de dire ce qui est bien ou mal? Est-ce par exemple par hasard que l'univers s'est formé? Pour le philosophe Jean Guitton: «(...) Ni les galaxies et leurs milliards d'étoiles, ni les planètes et les formes de vie qu'elles contiennent ne sont un accident ou une simple «fluctuation du hasard.» Nous ne sommes pas apparus «comme ça», un beau jour plutôt qu'un autre, parce qu'une paire de dés cosmiques a roulé du bon côté. Pour les frères Bogdanov: les lois de probabilité indiquent que ces ordinateurs devraient calculer pendant des milliards de milliards d'années, c'est-à-dire pendant une durée quasiment infinie, avant qu'une combinaison de nombres comparable à ceux qui ont permis l'éclosion de l'univers et de la vie puisse apparaître. Autrement dit, la probabilité que l'univers ait été engendré par le hasard est pratiquement nulle.(...)» (3)
Jean-Paul Sartre (1905-1980) est un philosophe et écrivain français qui reçut le prix Nobel de littérature en 1964. Il est considéré comme étant le fondateur de l'existentialisme athée, un courant de pensée et une forme d'athéisme qui aborde et la question de l'existence de l'Homme sans référence à un être divin et qui prétend que Dieu et la nature humaine sont des concepts inéxistants. Vers la fin de sa vie, Jean-Paul Sartre s'est mis à reconnaître l'existence d'un créateur. Voici ci-dessous ce que rapporte le magazine américain «National Review» (Examen National) le 11 juin 1982. L'article a été écrit par Thomas Molnar, professeur de littérature française à l'université de Brooklyn: Au printemps1980 un mois avant sa mort, le Nouvel Observateur publie une série d'interviews que Sartre a eues avec l'un de ses amis, Pierre Victor (Benny Levy) «Je ne pense pas être le résultat d'un pur hasard de simple poussière de l'univers mais plutôt quelqu'un qui était attendu, préparé, en bref, un être que seulement un créateur aurait pu créer et cette idée d'une main créatrice se réfère à Dieu.» Après sa mort, sa compagne Simone de Beauvoir publie la «cérémonie des adieux» dans laquelle elle attaque Sartre «Tous mes amis, tous les sartriens me supportent dans ma consternation» (5). Enfin, il faut mentionner à en croire les éditeurs du magazine «Wired», qui rapportent en 1996 qu'en réalité, Jean-Paul Sartre se serait converti au judaïsme probablement influencé par son ami et confident Benny Levy, juif orthodoxe (6).
Il y aurait de fait un consensus des scientifiques sur l'existence d'un horloger transcendant réglant l'univers et de ce fait observant les actes des humains qui ont le vertige de la puissance, eux qui ne sont qu'une poussière dans l'espace et un battement de cils dans le temps de la civilisation humaine dont l'homme est à tort si imbu.

1. Chems Eddine Chitour: Science, foi et désenchantement du monde. Réed. OPU 2007
2. Anne-Catherine Renaud: Les frères Bogdanov: «Le visage de Dieu» Le Matin 05.06.2010
3. Jean Guitton, Igor et Grichka Bogdanov. Dieu et la science, Entretiens Ed Grasset 1991.
4. Les scientifiques confirment les signes de Dieu http://www.dieu-existe.com/scientifique-confirme-signes.php
5. Magazine Wired, L'espoir maintenant: Les interviews de 1980 mai 1996
6. La conversion du fondateur d'une des branches de l'athéisme http://www.thesigns.fr/conversion-jean-paul-sartre/ 29 Décembre, 2011.

 

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L'islamisme, vecteur de pénétration du capital financier mondial

Publié le par Mahi Ahmed

L'islamisme, vecteur de pénétration du capital financier mondial

par Rachid BENDIB *

L'anomie qui caractérise la scène algérienne souligne que la crise est une crise générale, dans la mesure où toutes les sphères (économique, politique et idéologique) sont touchées.

La crise est donc la crise d'un système (ou d'un Etat rentier) dans sa totalité et ce dernier exhibe, comme particularité essentielle, la rente en tant que rapport social dominant.

La crise reflète, dès lors, un procès entre le «mode de distribution rentier» (M.D.R) ou le monde ancien qui ne veut pas mourir et le mode de production capitaliste (M.P.C.) ou le monde nouveau qui ne parvient pas à naître. Et l'articulation du mode de distribution rentier en dépérissement apparent et du mode de production capitaliste en devenir sur la base de la domination relative du premier, constitue l'essence de la crise algérienne et caractérise une période de transition particulière. Or le renversement (où le M.P.C. impose sa propre dynamique au niveau local) de la domination, processus nécessaire au dépassement de la crise, semble, paradoxalement, incompatible avec la dynamique du capital financier mondial, fraction dominante de l'heure du capital mondial. Dans cette optique, l'irruption de l'islamisme, en tant qu'idéologie en vogue, aurait alors pour rôle essentiel de répondre aux intérêts du capital financier au niveau mondial, d'une part et de veiller à la sauvegarde des intérêts des couches rentières au niveau local, d'autre part.

DE L'ARTICULATION DU M.D.R. ET DU M.P.C.

Ainsi, dans le cas algérien, une première phase (périodes de l'importation de quincaillerie et de biens de consommation qui englobent les années 70 et 80) recouvre le moment du développement du M.D.R. (à travers un discours nationaliste percutant), lequel a pratiquement annihilé tout développement du M.P.C.. Cette phase (en particulier sa deuxième période) n'a quasiment engendré que des couches rentières et des couches clientes. Une deuxième phase (qui démarre dans les années 80 et qui se caractérise initialement par un amenuisement relatif de la rente pétrolière), par contre, favorise la décadence du M.D.R. mais réalise les conditions de l'accumulation primitive du capital (apparition de la force de travail libre en particulier) et renforce l'émergence des classes fondamentales du M.P.C. (la bourgeoisie et le prolétariat). Cependant, cette deuxième phase ne recouvre pas une alliance de classes entre les rentiers du système d'une part et une couche bourgeoise en formation d'autre part. Au contraire les intérêts des deux couches sont essentiellement antagonistes. Car, la reproduction du système rentier ne peut que retarder la mise en place d'un procès de production capitaliste réel. Et un procès de production capitaliste ne peut éclore que dans la mesure où le saupoudrage de la rente sur diverses couches sociales (i.e. les couches clientes) est arrêté pour permettre au capital (i.e. l'extorsion de la plus-value) d'assurer sa domination en tant que rapport social. La reproduction du rapport fondamental du M.D.R. (la rente) est donc incompatible avec la reproduction du rapport fondamental du M.P.C. (le capital).

Par conséquent cette deuxième phase nie la possibilité d'une alliance entre les couches rentières et la bourgeoisie ascendante car la reproduction du M.D.R. ne reproduit pas les conditions de son propre dépassement. Le développement de l'un des modes exige de fait le dépérissement de l'autre.

Cette situation particulière révèle la nonpossibilité d'émergence à terme d'un compromis de classes et dévoile en outre le paradoxe algérien : la «classe politique» algérienne (dans ses versions nationalistes, islamistes, etc.) dans sa quasi-totalité, développe le discours de la rente alors que le discours du capital est pratiquement absent. La classe politique algérienne, matérialisée par une foultitude de clones (les partis politiques et les groupes d'intérêt qui développent un discours et un seul, i.e. le discours de la grande fratrie), est de fait le produit du système rentier. Et en tant que tel, cette classe ne peut représenter que le monde ancien (i.e. le monde de la rente et des rentiers) qu'elle tente, sous divers maquillages, de maintenir en vie (cf. ses slogans-fétiches sur les constantes nationales, l'identité nationale, la personnalité nationale, la réconciliation nationale, etc.).

Et c'est ainsi que les couches sociales infantilisées par la logique rentière et marginalisées par la soi-disant économie de marché perdent tout repère, pour autant que la majorité des individus qui composent ces couches ne semble pas avoir atteint le stade de citoyens. Le système (ou l'Etat-rentier) finit alors par créer le vide (économique, social et culturel) autour de lui. Et comme la nature a horreur du vide, ce dernier n'attend que son remplissage. Les couches marginalisées peuvent, dés lors, constituer une masse amorphe apte à servir tout discours ou projet qui leur donne, au moins, l'illusion d'être des êtres humains à défaut d'être des citoyens.

L'ISLAMISME OU LA PERENNISATION DU MODE DE DISTRIBUTION RENTIER

Le courant islamiste (présent au sein du pouvoir depuis l'indépendance) a alors toute la latitude pour «travailler» la société en canalisant la misère économique (due à une paupérisation croissante), sociale (due à la destruction des solidarités traditionnelles), et culturelle (due à la destruction de tout repère donnant un sens au vécu quotidien) vers le mot d'ordre d'«Etat islamique». L'islamisme apparaît, à priori, comme l'unique moyen apte à pérenniser un système qui semble se fissurer sans retenue.

Et le fardage religieux d'un discours essentiellement politique ne peut que voiler la reproduction des couches rentières en tant que couches dominantes. Car l'application de la charî'a (notion à laquelle se réduit le discours islamiste) n'empêcherait nullement les rentiers du système de se reproduire en tant que tels et les couches marginalisées de se renouveler en tant que telles, étant donné que les deux pôles feraient partie d'une communauté de croyants régie par des commandements divins. L'application de la charî'a faciliterait, en fait, la reproduction du monde ancien (le mode de distribution rentier) et retarderait l'émergence du monde nouveau (le mode de production capitaliste).

Dans cette optique la référence au discours islamiste ne peut que faciliter la «métamorphose»(1) des rentiers du socialisme spécifique en rentiers de l'économie de marché (comprise comme économie de bazar). En outre la référence au discours islamiste désarme les couches marginalisées par la distribution de la rente. Car ces couches ne peuvent pas, à priori, se révolter contre un ordre prétendument divin. Enfin la référence à de soi disant critères divins permet de pallier l'essoufflement du discours nationaliste qui n'est plus porteur malgré la cacophonie officielle.

Le «discours islamiste» et, dans une moindre mesure, le «discours nationaliste» se rejoignent alors pour tenter de pérenniser le système rentier en accentuant la pratique de la prédation au niveau objectif et en développant au niveau subjectif la «théorie de l'agression externe», i.e. l'ennemi principal est toujours présenté comme un ennemi externe qui manipule des «égarés» pour porter des coups à la nation et/ou pour dénaturer l'«islam authentique».

Ainsi les soi-disant nationalistes et les soi-disant islamistes représentent en fait non pas les deux pôles de la contradiction principale du moment, mais un seul et même pôle voilé et maquillé différemment selon les contraintes de l'heure. Et ce maquillage a un rôle primordial pour autant qu'il matérialise la politique de pérennisation du système auquel s'attachent les couches dominant l'Etat-rentier.

Ces dernières représentant dans les faits des couches sociales archaïques ne peuvent se reproduire en tant que telles que dans la mesure où elles voilent leur nature vraie, i.e. des couches prédatrices dont l'objectif ultime est d'accaparer la plus grande part du gâteau-rentier(3). Ainsi la quasi-identité des discours de divers partis politiques prend un sens dans la mesure où le projet social de chacun de ces soi-disant partis se réduit à une course de position par rapport au robinet de la rente. Les contradictions de classe continueront ainsi à être voilées et la formation sociale algérienne continuera à tourner en rond.

En tournant en rond, sous la domination de l'idéologie islamiste, la formation sociale algérienne continuera à être dominée par des couches rentières indigènes (portant probablement des habits spécifiques et une barbe hirsute ou taillée) lesquelles auront l'appui certain du capitalisme mondial. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les intérêts bien compris du capitalisme mondial (sous la domination du capital financier mondial en tant que fraction dominante) requièrent qu'au niveau économique, les économies pourvoyeuses d'hydrocarbures soient réduites à des pipelines et à des gazoducs sans robinets d'arrêt tandis qu'au niveau politique ces mêmes économies soient régies par un système (le système rentier) qui ne remette pas en cause le discours dominant du capital financier mondial, i.e., le discours néolibéral.

Or, l'islamisme et l'idéologie qu'il véhicule répondent tout à fait aux conditions du capital financier mondial, fraction dominante de l'heure du capital mondial. En effet, n'ayant pas les moyens théoriques pour saisir l'essence du capitalisme en tant que mode de production ou système, l'islamisme (au même titre que l'économie néoclassique, qui sert de base théorique au discours néolibéral) ne perçoit, au niveau économique, que le marché qu'il réduit à un lieu d'échange de marchandises en occultant l'historicité du système capitaliste et la spécificité du marché capitaliste qui est essentiellement un moment du procès de valorisation du capital. Cette appréhension du marché par l'islamisme ne peut que conforter les visées hégémoniques du capital mondial sur les formations sociales pourvoyeuses d'hydrocarbures. Ces dernières, sous la domination des courants islamistes, se suffiront du rôle que leur assigne le capital mondial, étant donné qu'elles se contenteront d'activer dans le commerce puisque les islamistes ne comprennent pas et ne peuvent pas comprendre la logique du système capitaliste mondial (dont les intérêts sont opposés à tout développement des forces de la production des économies pourvoyeuses d'hydrocarbures) en particulier et la théorie des systèmes en général.

Au niveau politico-idéologique, l'islamisme avance, malgré les apparences, une vision du monde qui ne peut servir que l'impérialisme en général et le sionisme en particulier. En effet n'ayant pas les moyens théoriques pour saisir les contradictions de classes au niveau interne, la dynamique du capitalisme à l'échelle mondiale et les enjeux du moment à la même échelle, l'islamisme est, par nature, incapable de lutter efficacement contre la logique du capitalisme mondial puisqu'il ne la comprend point. N'appréhendant le monde qu'au travers un prisme religieux, l'islamisme ne voit que des chocs de cultures là où il y a essentiellement contradictions d'intérêts, néo-colonialisme et exploitation de peuples. Et dans cette vision, l'islamisme devient un allié objectif du capitalisme mondial d'une part et un allié subjectif du sionisme d'autre part En effet la nature de vestige colonial de l'entité sioniste est évacuée de l'analyse pour être remplacée par un «différent religieux». Ce différent religieux est ainsi appréhendé comme la contradiction principale dont le dépassement se réglerait par une confrontation de «textes sacrés». Or une confrontation de textes sacrés ne peut point être dépassée puisque ces textes sont, par définition, invariants. En outre, les intérêts bien compris de l'entité sioniste requièrent que les états arabes en général et ses voisins en particulier soient dominés par des courants islamistes et régis par la charî'a. En effet, l'entité sioniste ne peut survivre à long terme en tant qu'entité basée sur la religion que dans la mesure où ses voisins proches et lointains seraient aussi régis par la religion. L'entité sioniste perdrait ainsi son caractère anachronique et s'intégrerait «naturellement» à la région.

L'islamisme ne constitue, dès lors, point un dépassement de la logique rentière du système mais une idéologie de remplacement dont l'objectif ultime est de pérenniser la rente en tant que rapport social dominant3. Alors que le patron pouvait satisfaire le client en lui offrant des miettes de rente, le cheikh pourrait proposer aussi bien des miettes de rente que l'Eden à ses ouailles. En fait, l'islamisme sert essentiellement à endormir la masse qui serait incapable de réaliser que l'humanisation de l'homme est un procès sans fin et que la première condition à l'humanisation de l'algérien en particulier (et l' «homme arabe» en général), est sa liberté que garantit, au stade actuel de l'histoire humaine, la démocratie dite bourgeoise, laquelle démocratie, si elle venait à s'imposer en Algérie et dans les sociétés arabes, serait l'ennemi à abattre aussi bien du capital mondial que du sionisme4.

Dès lors et au regard des contraintes de l'heure (mondialisation des rapports de production capitalistes) le discours porteur de progrès ne peut être ni le discours nationaliste, ni le discours islamiste mais le discours de la démocratie pour autant que cette dernière signifie la destruction de la rente en tant que rapport social dominant et son remplacement par le travail d'une part et l'émergence de tous les marginalisés sur la scène politique d'autre part.

Le courant démocratique que pourraient porter toutes les couches sociales marginalisées par la distribution de la rente est, dés lors, condamné à initier et à participer à la transformation objective et subjective des clients et des ouailles en citoyens d'une part et à dénoncer les leurres proposés par le discours rentier dans ses versions nationaliste et/ou islamiste d'autre part. Ce processus ne peut cependant pas se réaliser à court terme mais requiert une stratégie de long terme à travers laquelle le courant démocratique s'impose comme alternative réelle en dévoilant et en réalisant sa nature vraie, i.e. l'incarnation de la rupture avec l'ordre rentier et l'idéologie du monde nouveau, au niveau interne et le fer de lance, aussi paradoxal que cela puisse paraître, d'une remise en cause de la domination du capital mondial au niveau externe.

* Département d'Economie Université de Annaba

Notes:

1- Au niveau apparent, la métamorphose s'opère à travers une ‘omra (au frais de la princesse en général) et le remplacement de la bouteille de pinard par un chapelet scintillant.

2- Dans la jungle les prédateurs qui s'allient et coopèrent, les lycaons par exemple, sont plus efficaces que les prédateurs solitaires.

3- Il est curieux de constater que les «révolutions arabes» sont supportées par un Etat archaïque et inféodé au capitalisme mondial comme le Qatar.

4- Dans cette optique, on peut comprendre la position des puissances impérialistes et d'intellectuels sionistes qui participent activement aux processus de domination des courants islamistes sur les sociétés arabes en général.

Source : Quotidien d’Oran 04.02.2012

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Libye : le FMI fait semblant

Publié le par Mahi Ahmed

Libye : le FMI fait semblant

On continue à faire semblant, malgré tout. Le problème est que les mensonges, qui ont accompagné la «révolution» arrivent de moins en moins à entretenir l'illusion d'une «démocratie» en marche. La bande interlope censée représenter la «Libye nouvelle» n'aide pas à la tâche. Les «révolutionnaires» ne semblent pas prêts à se départir du pouvoir, qui leur a été offert par les bombardiers de l'OTAN, sans s'assurer de leur part de richesse. Dur, dur de mentir encore et encore sur un pays dont l'avenir est des plus sombres. Malgré tout, la «communauté internationale», moins triomphante quand même, continue de faire comme si tout s'était bien passé. C'est ainsi que l'on peut expliquer la visite de Christine Lagarde, présidente du Fonds monétaire international. Malgré tout, elle a fait des appréciations et donné des orientations pour sortir le pays d'une situation financière «précaire». On remarquera, en passant, que personne ne s'est étonné de cette soudaine «précarité» d'une économie qui irriguait les banques en faillite et l'Afrique. Mais ce serait trop demander au cynisme incarné et aller trop loin, au gré de ceux qui ont, à la fois, détruit le pays et «gelé» ses avoirs souverains, au nom du soutien à la «révolution». Toujours est-il que la dame du FMI est inquiète de la situation et envisage d'aider à combler le déficit budgétaire. Le rapport qu'elle a amené sous son bras indique que «l'Etat se finance en empruntant à la banque centrale et en tirant sur ses dépôts. La contrepartie sur le bilan de la banque centrale est une création de monnaie, principalement à travers un accroissement des billets en circulation ainsi que des soldes des comptes des banques commerciales à la banque centrale». Une très mauvaise affaire qu'on tente d'atténuer en tablant sur environ 70% de croissance en 2012. Trop facile, pourrait-on dire, quand il s'agit de partir de zéro. C'est pour cela qu'on ne parle que d'aider la Libye à relever «les défis essentiels», sous réserve que «la situation sécuritaire sera normalisée». Suivent des recommandations sur les conditions à mettre en place, surtout l'équilibre macroéconomique. Pour ne rien gâcher, le pouvoir croupion, qui contrôle à peine ses bureaux et les communications avec ceux qui l'ont installé, a des projets de développement de la finance islamique. Le FMI a donc proposé de l'aider à rédiger la législation, «en s'assurant que des principes législatifs et comptables adéquats soient en place, le personnel de régulation bien formé, et les produits de banque islamique présentés au grand public de manière transparente». Le FMI n'étant pas habilité à mettre de l'ordre dans le tumulte qui rend impossible toutes ses recommandations, se contente de réciter ses recettes habituelles. Reste au CNT de se débrouiller avec les hordes qui occupent le territoire et se le disputent sans concession. Des hordes qui ne l'ont jamais fait figurer dans leur hiérarchie et qui ne reconnaissent pas en lui la moindre autorité. Mais la présidente du FMI se devait de faire le voyage. Il le fallait bien pour que ne soit pas démenti que la Libye soit bien ce pays «libéré» et en voie de démocratisation.

Par Ahmed Halfaoui

Source : Les Débats du 05.02.2012

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Des dictatures conservatrices à l'islamisme politique assumé

Publié le par Mahi Ahmed

Des dictatures conservatrices à l'islamisme politique assumé

par Abderrezak Dourari*

Nous avons, à maintes fois, caractérisé les régimes arabes en insistant sur leur nature à la fois dictatoriale et conservatrice adossée à la légitimité religieuse.

FONCTIONNEMENT DES REGIMES DICTATORIAUX PROPICE A L'ISLAMISME

Ces régimes néo-patrimoniaux qui reposent sur la légitimité charismatique, conscients de leur illégitimité démocratique, ont exploité la seule ressource qu'ils partageaient avec la population : la religion et la tradition de façon plus large saupoudrées de quelques mesures populistes. C'est ce qui explique la trop médiatique présence rituelle de ces dictateurs à la mosquée à l'occasion des fêtes religieuses prosternés et topologiquement en position inférative devant l'Imam pour suggérer que leur autorité participe de l'autorité religieuse. Leur foi autant que leur modernité n'est qu'un paraître affiché : le premier adressé au regard de la population que la bigoterie fascine, et le second à celui de l'Occident quand bien même il se limite au seul mode de vie à l'occidentale sans ses fondements intellectuels et culturels.

Leur combat le plus conséquent a toujours été mené contre les courants modernistes avec comme cible privilégiée, la gauche. L'islamisme politique en tant qu'idéologie traditionnaliste et conservatrice radicale et violente a été soit suscité, soit encouragé par ces régimes. Illégitimes, le compagnonnage avec l'islamisme leur servait de légitimation double :

l à l'égard des populations en en appelant à leur affect et leur imaginaire collectif plutôt favorable à l'autorité religieuse idéalisée, dont les acteurs historiques sont sacralisés par le discours dominant et officiel, à tel point qu'on baigne plus dans une mytho-histoire faite d'anges et de démons, qu'une histoire humaine dont les acteurs sont comptables devant les sociétés et le jugement évolutif des Hommes… L'exemple religieux est coupé de son contexte historique, transcendantalisé puis érigé en une puissance argumentative ultime que la mosquée autant que l'école, appareils idéologiques d'Etat, inculquent par réitération tout en affirmant péremptoirement l'infériorité de la raison et de la science par rapport à la foi et à ses diverses formes de manifestation !! Evidemment, contre tout esprit de citoyenneté ou même de droit de l'homme ou d'Etat de droit (notions dites impies), il est signifié itérativement et intensivement par les moyens de diffusion les plus puissants (les réseaux de mosquée, près de trente mille (?) en Algérie ; l'école, 18000 (?) en Algérie ; les mass médias sous monopole du pouvoir…) « l'obligation d'obéissance à Dieu, au Prophète et aux donneurs d'ordre parmi vous ! » Le fatalisme cultivé dans la société renforce le renoncement aux droits et libertés individuelles et collectives des personnes, concepts, d'ailleurs jamais connus, auquel il est préféré l'individu simple membre d'une communauté à laquelle il est totalement assujetti.

L'autre aspect consiste en l'inculcation de la spécificité arabe et islamique absolue ainsi qu'un sentiment de suffisance injustifié à l'égard de toutes les nations lors même que les peuples arabes croupissent dans la pauvreté, l'analphabétisme et l'arriération économique et mentale les plus anachroniques.

Les dictatures conservatrices ont pour seul programme celui de se maintenir au pouvoir et aux privilèges. Pour cela leur action est simple : ils répriment férocement et/ou corrompent sans limite les opposants dans l'impunité la plus totale. Ils rusent pour simuler l'appropriation des idées les plus populaires dans la société et les promeuvent comme s'ils en étaient les auteurs, tout en s'attelant à détruire sans scrupules les organisations originales qui leur ont donné naissance. Ainsi le discours islamiste est adopté et les organisations islamistes réduites pour ramener leur nuisance à un niveau qui permet de les utiliser comme moyen de négociation contre l'occident et contre les modernistes : ils gèrent des équilibres disent-ils.

Sinon comment a-t-on d'abord reconnu le FIS en flagrante violation de la constitution de 1989, puis interrompu un processus électoral avec les risques que cela comporte, pour ensuite pratiquement organiser la prise du pouvoir par les islamistes notamment à travers les lois promulguées comme l'obligation des Algériens d'observer le Ramadhan, ou d'organiser l'inquisition religieuse (les empêcher de changer de religion, la chasse aux couples, le harcèlement policier des femmes qui fument ou qui ont un habit osé selon eux…), d'imposer la diffusion des adhân à travers tous les médias publics et à l'heure d'Alger ! La restriction du nombre de débits de boisson, la réduction des lieux de distraction et notamment des salles de spectacle (cinéma, théâtre, conservatoires) …et surtout la loi sur la réconciliation nationale qui a mis les bourreaux de l'Etat et ses défenseurs sur un même pied d'égalité ! Le projet de la grande mosquée d'Alger qui coûte le prix de six hôpitaux équipés pour une utilisation si réduite en est un autre « gage » de bonne conduite à l'égard de l'islamisme. Le système éducatif et universitaire a été laminé est carrément mis sous la botte idéologique de l'islamisme grâce en partie à la politique linguistique d'arabisation qui a propagé le conservatisme islamique et bloqué l'ouverture sur le monde par la clôture linguistique qui se surajoute à la clôture dogmatique. D'autres présidents ont laissé pour la postérité d'autres ouvrages ; Pompidou, le centre Pompidou ; Mitterrand, la bibliothèque Mitterrand…

Même les programmes universitaires de médecine et de philosophie ont été remaniés pour leur plaire, car l'interdiction de faire des dissections n'est pas conforme même à la pratique médicale d'Ibn Sina en son temps! Le plus important peut-être est l'interdiction de la pensée critique couplée au noyautage et la déstructuration des organisations et partis modernistes y compris les syndicats autonomes et la posture en retraite de l'Etat sur la question de tamazight (Vs arabo-islamisme)…Car ce sont les libertés individuelles et les organisations qui tirent la société vers l'avant.

l à l'égard de l'occident avec lequel ils sont tenus de transiger et à l'égard duquel ils se comportent comme de petits élèves en attente de l'assentiment du maître. Ils sentent le besoin de montrer que, eux, les gouvernants sont supérieurs à leur société et donc aptes à être acceptés comme égaux des occidentaux qu'ils protègeraient des islamistes ennemis par la répression. Se comparer en matière de démocratie à l'Angleterre (la Magna Carta Libertatum, 1215, « la grande charte des libertés » confirmée par Edward1 et le parlement anglais dans le confirmatio cartarum le 12/10/1297, qui a influencé la charte universelle des droits de l'homme et la constitution des USA, mais aussi inspiré tout le mouvement démocratique moderne) et à la France (Le Siècle des Lumières, 1670-1820, qui a consacré la primauté de l'esprit scientifique et que la révolution newtonienne a illustré, et en politique la théorie du contrat de John Locke, La Révolution de 1789) est un anachronisme, un luxe immérité (en feignant de manquer de temps pour se mettre à jour) et un subterfuge enfantin car l‘Algérie de 2012, loin d'avoir avancé, n'est même pas comparable en matière de libertés démocratique à l'Algérie des années 1990! Au fait existe-il une charte des libertés dans l'histoire islamique et arabe ?

En Algérie, un chef de gouvernement avait menacé de « les lâcher »(les islamistes armés) contre les modernistes, appelés pour la cause laïco-assimilationnistes, si ces derniers persistaient dans leur attitude de refus des injonctions du pouvoir, et ce, en pleine déconfiture de l'Etat dans les années quatre vingt dix. En Egypte, plusieurs assassinats d'intellectuels ont eu lieu sans qu'ils aboutissent à un jugement…Un professeur de littérature a été contraint de divorcer par les tribunaux sous l'instigation de cette idéologie soutenue par El-Azhar… L'interdit qui frappe la pensée critique dans ce monde dit arabe est tellement patent et violent qu'il relève de la phobie cognitive. En effet l'islam a opéré une rupture cognitive avec la pensée rationnelle et scientifique à tel point que les auteurs du 14ème siècle comme Ibn Taymiyya et ses épigones sont cités aujourd'hui encore comme autorités incontestables presque élevés au rang de participant de la révélation. Le grand complice des pouvoirs dictatoriaux et conservateurs dans cette œuvre macabre d'annihilation de l'intelligence est évidemment l'islamisme politique qui, lui, passe à l'acte d'élimination physique adossé à des fetwas fondées sur des valeurs nées de circonstances particulières (asbâb at-tanzîl=circonstances de la révélation) vécues par les protagonistes de l'Expérience de Médine du temps prophétique, puis transcendantalisées et devenue un véritable récit de fondation…

Ce n'est pas par hasard si les sciences sociales dans le monde dit arabe ne sont pas reconnues par les pouvoirs dictatoriaux et par l'islam politique et que le savoir de manière générale est socialement hétéronymisé. Elles sont décriées pour être des sciences juives, comme si la physique de Newton et d'Einstein étaient, elles, islamiques !!!

L'ISLAM POLITIQUE ET LA JUSTICE POSITIVE

L'islam politique, loin d'être idiot, fait flèche de tout bois contre ce qu'il considère comme ses ennemis et les harcèle y compris par l'instrumentation de la justice de droit positif, nationale ou internationale, qu'il ne reconnait pas et condamne pour impiété car régie par les lois autres que celles de Dieu ! Que dire des tribunaux présidés par des femmes !! On en a vu l'expérience en Egypte contre les intellectuels critiques et modernistes, on en voit l'usage contre les élites militaires, politiques et intellectuelles algériennes qui s'opposent à l'imposition de leur hégémonie, notamment depuis les législatives de 1991, au profit d'un projet de société démocratique que le pouvoir en place a trahi : Le slogan « mon projet de société est l'Algérie » participe d'une fumisterie qui en dit long sur l'intentionnalité d'un pouvoir qui s'est fait le continuateur de la conception de la nature de l'Etat qui a conduit à l'assassinat d'Abane Ramdane et l'avortement de la plateforme de la Soummam.

Cela arrangeait les affaires de qui ? On s'en doute un peu

Le fait d'avoir attendu que le contexte électoral s'installe dans l'Algérie de 2012 pour porter plainte pour atteinte aux droits de l'homme durant les années 1990, autorise des suspicions légitimes. Même s'il s'agit d'adeptes d'une idéologie qui déclare ouvertement ne reconnaitre ni les droits de l'homme ni ceux de la personne, en s'illustrant d'une cruauté insoutenable qui, cette fois, s'est présentée paradoxalement comme victime. Les tenants de cette idéologie n'ont toujours pas fait, que l'on sache, amende honorable sur cette question même au titre de déclaration de principe sans lendemain. Ont-ils jamais dénoncé le terrorisme exécuté au nom de l'islam ou déclaré respecter les droits et libertés individuelles et considérer les individus en pays d'Islam comme citoyens égaux en droit et en devoir quelle que soit leur sexe ou leur confession ? Quels sont les droits et statuts de ce qu'ils appellent les kuffâr et murtadd et autres sans religion? Finiront-ils par restituer ces concepts- substantivés et transcendantalisés qui renvoyaient à l'époque à des groupes sociaux en compétition pour le pouvoir- à leur contexte historique c.à.d. la naissance conflictuelle de l'Expérience de la cité de Médine au début du 7ème. Siècle? Quel est le statut de la femme ? Continueront-ils à considérer son corps comme une tare et un tabou à cacher en leur imposant des effets vestimentaires datant des Cananéens et qui oblitèrent son être de la scène sociale ? Le peuple est-il considéré comme détenteur de la souveraineté ? Continueront-ils à se comporter comme les détenteurs du jugement dernier en lui substituant leur jugement d'ici bas qu'ils s'empressent d'exécuter en violentant ou assassinant des personnes humaines car jugées par eux comme non personne ? Reconnaissent-ils le droit des personnes concitoyens ou autres de vivre sereins dans leur pays en choisissant de ne pas aller au paradis ? Reconnaitront-ils enfin la suprématie du droit positif, la démocratie, le respect des minorités, pour régir équitablement selon le droit universel, dans ce monde, les intérêts des citoyens différents? L'esprit scientifique critique de l'histoire et des idées sera-t-il libre de procéder à l'examen de toutes les questions qui touchent à l'homme y compris ses croyances ? Ou continueront-ils à criminaliser celui-ci au seul avantage de l'apologie ? Au plan international évolueront-ils vers la considération des rapports internationaux comme des rapports entre nations et Etats et non pas entre croyants de religions concurrentes ? Reconnaitront-ils le droit international ?

En fait sont-ils prêts aujourd'hui à faire évoluer leur perception du monde, ainsi que leur système cognitif qui fonctionne sur la récurrence prégnante du modèle de l'expérience de Médine, rejointe par le biais des auteurs classiques notamment Hanbalites et leurs épigones wahhabites, pour maintenir l'idée d'une validité atemporelle de la protestation islamique première. Concrètement dépasseront-ils le manifeste du parti islamiste « Al-Farîdha l-Gha'iba » (=l'obligation canonique absente) ouvrage rédigé par l'égyptien Muhammad Abdessalam Faraj (exécuté avec les assassins de Anouar Sadat le 15/04/1982) totalement inspiré de la pensée d'Ibn Taymiyya (as-siyâsa ashar'iyya= la politique légitime, qui devrait rappeler des choses aux protagonistes de Sant ‘Egidio) et qui est devenu un véritable paradigme de la pensée et de l'action islamiste. Pour rappel, l'auteur de l'ouvrage polémique qui fait écho à ce livre, Faraj Fodda (al-haqîqa al-gha'iba= la Vérité absente), a été assassiné.

Par ailleurs, le fait que le pouvoir ait empêché un débat dans la société sur la question de la pensée islamiste, matrice du terrorisme, et de ses tenants et aboutissants, le fait d'avoir fait l'impasse sur une commission vérité et justice et forcé la promulgation de la réconciliation, le fait que ceux qui ont été derrière cette horrible tragédie, traumatisme profond qui a marqué les Algériens et surtout les Algériennes, n'ont été l'objet d'aucun procès et que la justice s'en soit désintéressée… tout cela discrédite les institutions de l'Etat aux yeux de la société algérienne et à ceux des Etats étrangers.

Qu'est-ce qui empêche la justice algérienne de se déclarer compétente dans les crimes contre l'humanité commis sur son territoire ou sur des territoires tiers au titre des mêmes principes qui fondent l'action des tribunaux suisses ou belges ?

L'ISLAMISME N'A PAS SUSCITE LES REVOLTES DES PEUPLES ARABES

Même si tout mène à croire que les dictatures ont tout fait pour imposer cette perspective islamiste après leur chute, on le voit bien, comme son alter ego, l'arabisme, l'idéologie islamiste n'a pas, ne pouvait pas, déclencher les révoltes arabes contre la dictature, la corruption et la marginalisation sociale et politique. Ils ont protesté au nom des droits universels de l'homme et demandé aux instances internationales, autrefois décriées par les régimes arabes et les islamistes, d'intervenir pour sauver ces peuples de l'extermination promise par les dictateurs. Les partis islamistes n‘ont pas été les acteurs de ces révoltes. Ce sont les populations contre les dictatures. Les peuples des sociétés arabes ont rejoint le cours normal de l'histoire en devenant acteurs de leur destinée. Ils l'ont montré et confirmé par la chute inimaginable de plusieurs féroces dictatures. Cette victoire est la leur. Ils la doivent à leur mobilisation, à leur résistance, le sang versé et aux moyens d'information technologiques comme les réseaux sociaux que les dictatures n'ont pas pu censurer. (On comprend mieux pourquoi la télévision n'a jamais été libéralisée en Algérie!) Leurs mots d'ordre n'ont rien à voir avec ceux des islamistes dont le discours n'a jamais été censuré dans ces dictatures contrairement à celui des modernistes. Si les islamistes se permettent d'attaquer les espaces de libertés dans les pays qui viennent à peine de se débarrasser des dictatures, c'est qu'ils procèdent de ces mêmes dictatures (voir en Tunisie où ils s'empressent de fermer le champ des libertés par l'instigation de violences publiques et en traînant devant la justice (encore!!) le directeur de Nessma-tv pour avoir simplement programmé une fiction, Persépolis, qui ne leur agrée pas, et qu'ils ne sont pas obligés de voir, car la télécommande suffit).

Les islamistes ont toujours profité des soulèvements des autres pour s'insinuer comme alternative (voir le cas de l'Iran et des plus récents). Ils attribueront cette nouvelle donne à la volonté de Dieu. Mais ces peuples qui se sont soulevés et jeté à la poubelle de l'histoire des dictatures vieilles de plusieurs décennies ne sont pas morts. La chute des dictatures conservatrices qui faisait écran à cette dictature islamiste sous-jacente permettra maintenant de mettre ces peuples directement face aux islamistes qui auront à gérer effectivement des Etats complexes avec des problèmes inextricables. Ils seront pour une fois contraints à produire des programmes de gouvernement et non pas de simples slogans creux comme « l'Islam est la solution ». Les peuples les contraindront soit à changer (ce qu'ils semblent promettre en adoptant pour la première fois l'Etat civil et non pas islamique), soit à partir (dégager) et permettront par leur vigilance de faire déplacer bien des frontières épistémologiques (la pensée islamiste et conservatrice prégnante), politiques (les catégories politiques à l'œuvre dans les sociétés arabes) et feront aussi face, en partie, à eux-mêmes pour se positionner définitivement comme acteur et sujet libre de leur destinée.

*Prof. Chercheur universitaire



Source : Quotidien d’Oran du 04.02.2012

 

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CHANTAGE SECURITAIRE ET STRATEGIE DE LA TENSION

Publié le par Mahi Ahmed

CHANTAGE SECURITAIRE ET STRATEGIE DE LA TENSION

par K. Selim

A quel jeu se livre le Conseil suprême des forces armées (CSFA) en laissant la main à la rue pour instaurer un climat de terreur dans le pays ? Le massacre extravagant auquel se sont livrés des soi-disant supporters du club de football de Port-Saïd, à l'issue du match qui opposait leur équipe à la grande formation d'Al-Ahly du Caire, a-t-il été sciemment provoqué ou résulte-t-il d'une incroyable incompétence des responsables sécuritaires ?

Pour tous les observateurs locaux, qui sont loin d'adhérer unanimement à la théorie du complot, la réponse à ces deux questions est finalement assez secondaire. Qu'elle ait été organisée froidement ou que cette éruption ait pris par surprise l'exécutif, le CSFA porte l'entière responsabilité politique du carnage de Port-Saïd. Il reste malgré tout qu'aucune explication convaincante n'a été fournie pour justifier l'incompréhensible passivité de forces de police connues pour leur brutalité et leur propension à une violence disproportionnée dans la gestion des mouvements de rue. De surcroît, tous s'étonnent que les «supporters » d'une équipe victorieuse se laissent emporter à ce point par une ire vengeresse totalement hors de propos. Les soupçons de manipulation sont donc très lourds, d'autant que l'histoire de l'Egypte abonde en précédents de provocations de tous ordres. Tous ont en mémoire le grand incendie du Caire de 1952, qui avait abouti à la fin de la monarchie et dont les instigateurs n'ont jamais été identifiés.

Mais les événements de Port-Saïd approfondissent le sentiment d'échec de la transition démocratique conduite par les militaires. Et ce n'est pas le limogeage du chef de la sûreté et du gouverneur de la province qui suffira à calmer l'exaspération de la majorité des Egyptiens, écœurés par la gestion du CSFA.

De fait, beaucoup d'acteurs politiques estiment que la déflagration de Port-Saïd, après quelques jours de levée – partielle – de l'état d'urgence en vigueur depuis la mort de Sadate en octobre 1981, est une indication très claire d'une stratégie de la tension décidée par les chefs de l'armée. Le roman d'amour entre le peuple de la place Tahrir et l'armée s'achève dans la désillusion et le sang. Déjà échaudés par la répression sauvage qui s'abat sur les activistes, les militants qui ont chassé le vieux dictateur considèrent que l'armée, entièrement acquise à sa cause mais qui s'était résignée à le lâcher, fait du Moubarak sans Moubarak.

La bourgeoisie militaire, qui entend conserver la haute main sur le pays, n'entend pas céder le pouvoir sans un maximum de garanties et veut que, démocratie ou non, le rapport de force actuel soit maintenu. Et c'est tout l'enjeu d'une démarche extrêmement dangereuse fondée sur un chantage sécuritaire à l'endroit des classes moyennes et des partis qui ont remporté les élections. Sous cet angle, la passivité des policiers de Port-Saïd est la confirmation d'un message sans équivoque. «Sans nous, c'est le chaos», disent clairement les militaires à tous ceux qui auraient beaucoup à perdre d'une déstabilisation brutale aux conséquences imprévisibles.

Il reste à voir si ces manœuvres ne risquent de dépasser leurs concepteurs. Les déséquilibres égyptiens sont très profonds : plus de 40% de la population survit dans des conditions de misère absolue et une dynamique de violence pourrait faire exploser le pays. L'Egypte entre dans une phase de très grande incertitude.


Source : Quotidien d’Oran du 06.02.2012

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Interview avec Ahmed Brahim, secrétaire général du Mouvement Ettajdid

Publié le par Mahi Ahmed

Champ civique - Interview avec Ahmed Brahim, secrétaire général du Mouvement Ettajdid

« Nous comptons sur la responsabilité historique de nos partenaires pour créer un grand parti démocratique unifié »

 

Les élections du 23 octobre ont été un moment historique en ce qu’elles ont pu créer, dans la transparence et l’ensemble des règles démocratiques, les conditions de la reconstruction de l’édifice républicain . Un édifice dont les fondements avaient été ébranlés tout au long des dernières décennies et notamment sous la dictature de Ben Ali.
Mais l’expérience politique de la phase post-électorale a replongé le pays dans un tourbillon de troubles sociaux et économiques que les nouveaux édiles semblent peiner à contrôler.
Parallèlement , des initiatives émanant soit de partis politiques ou encore de la société civile, appelant à la lutte contre la violence et à sauver le pays de la dérive politique, sociale, économique et culturelle ont été engagées.
Nombreuses sont les parties qui ont adhéré à ces tentatives visant à reconfigurer le paysage politique national et les rapports de force qui y prévalent: personnalités politiques, partis, associations, artistes et hommes de culture...
Les idées-force de cette tendance se recoupent avec les principes fondamentaux sur la base desquels s’est constitué le Pôle démocratique moderniste (PDM):réformiste, moderniste et bannissant le recours à la violence. Le Mouvement Ettajdid entre autres s’est exprimé sur cette question et a annoncé dans un communiqué son adhésion à l’appel.
De nouvelles alliances entre partis seraient-elles en gestation? Les formations politiques dites de «l’opposition» seraient-elles en train de reconsidérer leur rôle dans une éventuelle nouvelle configuration de l’échiquier politique? S’agit-il d’une stratégie découlant des déceptions électorales du scrutin du 23 octobre? Autour de ces questions et d’autres, nous nous sommes entretenus avec M.Ahmed Brahim, secrétaire général du Mouvement Ettajdid. Interview.

Vous avez relancé votre idée d’un gouvernement de compétences. Dans quelle mesure cette proposition est compatible avec le rapport de force issu des élections du 23 octobre?
Cette idée, nous l’avions énoncée avant, pendant et après les élections. Elle part de la spécificité des élections de la Constituante. Il ne faut pas confondre avec les élections parlementaires. Le but de ces dernières élections était de doter le pays d’institutions républicaines qui traduisent les valeurs et les objectifs de la révolution, et ce, dans un délai d’un an, conformément au décret -loi et aux engagements pris par la majorité des partis politiques. Bien sûr, il y a une politique d’urgence économique et sociale, notamment; c’est ce qui explique que cette politique d’urgence soit décidée par l’Assemblée constituante, dans un esprit de consensus national et que, surtout, l’exécution de cette politique soit confiée à un gouvernement qui soit affranchi des considérations partisanes. Plus de trois mois ont été dilapidés, depuis les élections, dans les tractations à propos de la part des uns et des autres, en sièges et en portefeuilles. Nous en sommes aujourd’hui au même point: aucun programme et le gouvernement reconnaît qu’il n’est pas en mesure d’en présenter un . Le Premier ministre a avoué devant la Constituante qu’il n’y avait pas de mesures concrètes et qu’il fallait attendre le budget de la loi de finances complémentaire. Cela remet donc l’idée de gouvernement de compétences sur le tapis. En fait, il s’agit de tirer les leçons de l’échec de la démarche adoptée jusqu’ici et qui opérait en fonction de ce raisonnement: nous sommes la majorité, c’est nous qui gouvernons! L’ampleur des problèmes est telle que visiblement, aucune alliance de partis n’est capable de les résoudre toute seule.

Le PDM a pris part aux dernières manifestations appelant à défendre les libertés, quel bilan faites-vous de ces manifestations?

Cette manifestation à laquelle nous avons appelé a été motivée par la nécessité d’être vigilant. Il fallait donner un sens à cette expression politique organisée. C’est pour cela que nous agissons pour l’unification des forces démocratiques, y compris au sein d’un grand parti populaire qui serait le résultat d’efforts convergents des divers partis, des diverses personnalités partageant le même socle de valeurs et ayant la même conscience des spécificités et des exigences de cette étape dans l’histoire du pays. Celle-ci exige qu’il y ait un rééquilibrage des rapports de force, de sorte que l’alternance au pouvoir devienne possible. C’est pourquoi nous sommes engagés avec d’autres partis dans cette opération que nous concevons comme étant une opération de co-construction qu’il faut se garder de confondre avec l’absorption par un quelconque parti et dans laquelle chacun des partis doit faire l’effort de dépasser ses intérêts propres. Et d’être prêt à se fondre pour que l’on forme, ensemble, un parti large, tout à fait nouveau qui transcende les intérêts propres de chaque parti et qui transcende également toutes les considérations de leadership.
Un appel pressant pour cette unification porteuse de valeurs républicaines. Chacun de nous doit faire l’effort nécessaire pour un dépassement de soi, pour réussir ce processus d’unification.

Le scrutin du 23 octobre a consacré l’atomisation de l’échiquier politique national. Le PDM a engagé des rapprochements avec d’autres partis. Pensez-vous que ce genre d’opération a de l’avenir?
Les résultats ont reflété le morcellement dans lequel était l’échiquier. Avant la formation du Pôle, nous étions, à Ettajdid, les premiers à appeler à l’unité. Malheureusement, cet appel n’a pas été entendu. Les déséquilibres flagrants que les résultats mirent en évidence ont montré que cette option unitaire était bien nécessaire avant les élections. Le choc provoqué en faveur d’Ennahdha a réveillé les consciences. Il y a eu une vague immense en faveur de l’unité où, souvent, l’opinion démocratique était en avance sur les partis. Le devoir de ceux-ci est de ne pas décevoir cette attente. Nous avons commencé, tout de suite après les élections, des pourparlers avec des partis tels que le PDP, Afek Tounès, le Parti du travail et on s’est trouvé d’accord sur la nécessité de construire ensemble, dans le respect mutuel et sur un pied d’égalité, un grand parti unifié qui soit à la fois porteur de valeurs démocratiques et conscient des exigences de la justice sociale. Il y a eu une certaine tendance à réduire cette opération de construction à une forme de ralliement à l’un des partis de la place. Tout en appréciant positivement toute forme de dépassement de la situation, nous pensons que la voie la meilleure pour réussir l’unification est celle de la co-fondation. Nous nous engageons résolument sur cette voie et nous comptons sur la responsabilité historique de nos partenaires pour créer ce grand parti démocratique unifié. Notre congrès, que nous avons retardé de quelques semaines pour le rapprocher des autres initiatives, est appelé à jouer un rôle important dans ce processus unitaire et nous pensons qu’il doit aboutir dans les délais les plus proches, peut-être même avant la fin du mois de mars.

Pour sa part, le PDP a engagé une opération similaire avec deux autres partis (Afek Tounès et le nouveau Parti républicain), en espérant d’élargir davantage l’initiative. Est-ce que vous envisagez de rejoindre cet ensemble ou avez-vous d’autres projets?
Nous sommes condamnés à travailler en concertation. Nous pensons qu’il doit y avoir une convergence de tous les efforts vers un véritable parti de type nouveau où chacun des partis doit dépasser ses intérêts propres et toutes les considérations étroitement partisanes. Le parti unifié doit être le résultat du dépassement des égoïsmes, une forme de renaissance qui ne soit pas la continuité de l’un des partis. Il faut qu’un signe fort soit donné pour que des milliers de Tunisiens puissent adhérer à ce parti entièrement nouveau. Nous en sommes à la phase des pourparlers pour l’unification comme un processus de co-construction . Il y a une convergence: le Parti tunisien du travail, les indépendants du Pôle et d’autres groupes et personnalités et nous espérons que cette démarche de co-fondation sera également adoptée par nos amis du PDP, de Afek Tounès, du Parti Républicain et d’autres.

M. Béji Caïd Essebsi a fait une déclaration, récemment, appelant à la formation d’un front centriste. Plusieurs partis se réclamant des familles destourienne et bourguibienne ont répondu présent à l’appel. Vous semblez apporter une appréciation plutôt positive à cette initiative. Comment le Mouvement Ettajdid ,qui est une mouvance de gauche, peut-il se rallier à des initiatives centristes?
Les initiatives et pourparlers se réclament tous d’une tendance centre-gauche.Y compris Ettajdid. Nous pensons être porteurs d’une sensibilité populaire soucieuse de mettre en œuvre un modèle de développement qui prenne en charge les revendications des travailleurs, des jeunes à la recherche d’un emploi et des régions déshéritées. Ce grand regroupement, cette sensibilité doit regagner les revendications de la majorité du peuple. C’est ce qu’on sous-entend peut-être par centre ou centre-gauche. Du reste, l’appel de M.Béji Caïd Essebsi ne s’adresse pas aux sensibilités destouriennes, mais à l’ensemble de ce grand courant national de réformateurs qui a marqué l’histoire du pays, depuis Kheïreddine Bacha. En tant que mouvement Ettajdid, nous sommes partie intégrante de ce mouvement réformateur, partisans du progrès et de la modernité, en harmonie et en continuité avec tout ce que notre patrimoine comporte d’éclairé et, en même-temps, attachés à notre identité arabo-musulmane et ouverts aux valeurs universelles dont essentiellement la liberté, la citoyenneté et la justice sociale. Si on pense en termes d’alternative crédible, il est évident que ce large front auquel a appelé M.Essebsi doit être le plus ouvert possible, sur la base de ces principes et de ces valeurs de démocratie et et de progrès, tout en étant en rupture avec toutes les formes de despotisme.
La construction d’un large front capable de présenter une alternative et de proposer de véritables chances de succès aux prochaines élections, répond à une nécessité historique, dictée par l’intérêt national.

La Troïka se trouve mise à mal, en raison de l’inexpérience, mais aussi en raison du manque d’homogénéité au sein même de chacun des trois partis. Comment voyez-vous l’issue de cette situation?
Il y a la manière dont la Troïka a été formée. L’absence de toute plateforme claire semble en avoir fait une alliance de circonstance et quoiqu’en disent certains, à propos d’une alliance stratégique, il y a, c’est l’évidence même, une domination du parti Ennahdha dont les tentations hégémoniques se confirment de jour en jour. C’est une alliance gouvernementale de circonstance, fondée sur une appréciation erronée de l’étape historique et de la nature même de cette phase transitoire. Composite, elle se heurtera tôt ou tard, non seulement à l’ampleur des problèmes économiques et sociaux, à laquelle la Troïka n’est nullement préparée, mais aussi et surtout à la conception même du type de société et des valeurs fondamentales de la République devant être inscrites dans notre Constitution. Nous pensons que tous ceux qui sont porteurs de valeurs républicaines vont devoir choisir.

Les opérations de rapprochement qui se trament sur la scène politique nationale, ne préfigurent-elles pas:
– Une recomposition de l’échiquier politique

– Une motion de censure contre le gouvernement actuel?
Pour le moment, nous pensons que la phase actuelle a besoin d’un consensus national. Or, les conditions de ce consensus se heurtent encore à la logique de la Troïka et en particulier à celle du mouvement Ennahdha, fondée par la légitimité des urnes. C’est au nom de cette légitimité des urnes qu’on a abouti à une forme d’hégémonie lors de la discussion de la loi de l’organisation provisoire des pouvoirs. Cette hégémonie semble continuer, pour ce qui concerne les commissions chargées au sein de l’ANC, de rédiger la Constitution. Il y a une tentation d’imposer des principes étrangers à ce que devraient être une République démocratique et citoyenne digne de la Tunisie révolutionnaire, en ce 21e siècle. Si cette tentation persiste, si les intérêts nationaux sont soumis, comme il y a tout lieu de le craindre, aux tentations idéologiques d’Ennahdha, aux intérêts et calculs, le pays risque d’aller vite vers une crise d’une extrême gravité. Nous pensons qu’il n’est pas trop tard pour rectifier le tir et qu’il est encore possible d’épargner à notre pays des soubresauts. Et il appartient aux uns et aux autres de l’empêcher. Nous ne voulons pas parier sur l’échec du gouvernement, mais le gouvernement doit tirer les leçons de l’expérience jusqu’ici globalement négative.

Quels sont, à votre avis, les devoirs de l’Etat à l’égard des groupes salafistes en général et des groupes salafistes armés, comme ceux qui viennent de se manifester à Sfax?
Il faut que la position à l’égard des divers groupes qui prétendent imposer leurs vues, d’un autre âge, à notre société, en recourant à la violence verbale et physique et en faisant fi des lois, soit clarifiée. L’excès de compréhension, pour ne pas dire de complaisance, manifestée par Ennahdha à ces groupes, a trop duré. Il est temps que le gouvernement, et le mouvement Ennahdha en particulier, se prononcent clairement, faute de quoi, et les événements de Bir Ali Ben Khélifa le montrent, le pays risque d’être entraîné vers un cycle extrêmement dangereux pour sa sécurité.

Au sein du PDM et à l’intérieur d’ Ettajdid, des voix discordantes commencent à se manifester. Est-ce à propos des perspectives d’avenir?
Il y a eu, juste après les élections, des interrogations, légitimes, sur l’échec, ses raisons...Nous avons discuté démocratiquement toutes les questions liées à la performance du parti et du Pôle et tiré les leçons, ensemble.
Aujourd’hui, je peux vous assurer que, aussi bien dans la préparation de notre congrès historique qu’à propos de la nécessité historique de fonder un grand parti démocratique et populaire qui transcende tous les partis y compris le nôtre, il y a une unité réelle au sein de la direction comme parmi les cadres et au sein du parti en général.

Auteur : Interview conduite par F. M.

Ajouté le : 06-02-2012

 

Publié dans TUNISIE Spécial

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Egypte: Les Frères Musulmans au seuil du pouvoir

Publié le par Mahi Ahmed

Egypte: Les Frères Musulmans au seuil du pouvoir

 

Par René Naba

Le 5 fevrier 2012

renenaba.com

 



Paris – Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans devront faire le dur apprentissage de la gestion quotidienne des conflits sociaux du pays et veiller à la neutralisation des interférences externes dans la détermination de la nouvelle diplomatie égyptienne; un fait qui suppose la prise en compte des profondes aspirations d’un peuple frondeur et tombeur de la dictature et les impératifs de puissance que commande la restauration de la position de l’Egypte dans le Monde arabe. Sur fond de concurrence avec la mouvance rivale salafiste, cette épreuve est infiniment plus redoutable que près de cinquante ans d’opposition déclamatoire souvent à connotation sinon démagogique à tout le moins populiste.

1- Ce que Nasser pensait de Frères Musulmans

En Egypte, les partis religieux ont totalisé près des deux tiers des sièges du Parlement. En Tunisie En-Nahda a raflé 41,47% des sièges et au Maroc, les islamistes ont obtenu 107 des 395 du parlement.
La montée en puissance des Frères musulmans dans le Monde arabe à la faveur des consultations post printemps arabe, sur fond de drainage massif de pétrodollars, remet en mémoire les relations conflictuelles entre Nasser, à l’époque le chef charismatique du combat nationaliste arabe, et la confrérie, la plus ancienne formation politique d’Egypte, et sans doute du Monde arabe.

A l’intention des lecteurs arabophones, voici que Nasser pensait des Frères Musulmans

Et pour les lecteurs non arabophones, ci-joint un résumé des propos de Nasser tels qu’ils ont été diffusés dans ces deux vidéos:

Sur la 1ère vidéo

Nasser indique avoir cherché à nouer une coopération avec les Frères musulmans d’Egypte, en 1953, à son arrivée au pouvoir: La première revendication de responsable de la confrérie a été d’imposer le port du voile aux personnes de sexe féminin. «J’ai refusé car je considérai cela comme un retour en arrière. Mon interlocuteur n’avait pas réussi à imposer le voile à sa propre fille et il voulait l’imposer aux dix millions de femmes égyptiennes».

Sur la 2eme vidéo

«L’impérialisme et le colonialisme ont fourni armes et argent aux Frères Musulmans. Lors d’un de mes entretiens avec le dirigeant de la confrérie, l’homme à barbe m’a déclaré que le socialisme est contre la religion. …
Réponse de Nasser: Mais la religion prescrit elle que le pouvoir soit détenu exclusivement par une seule famille , que cette famille dispose de toutes les ressources du pays et de réduire l’ensemble de la population au statut d’esclaves?

Un des aspects de la question, notamment la collaboration avec les Etats-Unis et l’Arabie saoudite a été traité dans «Les Révolutions arabes et la malédiction de Camp David» René Naba, Editions Bachari Mai 2011 (1).

II- Quand la CIA finançait les Frères musulmans.

De son côté, le journaliste Ian Hammel a apporté des informations complémentaires dans un article paru dans l’hebdomadaire français le Point en date du 6 décembre 2011 et intitulé «Quand la CIA finançait les Frères musulmans».
Dans le papier de Ian Hammel, on y lit notamment: «Les services secrets américains ont longtemps soutenu la confrérie, née en 1928 en Égypte. Saïd Ramadan, mort à Genève en 1995, fondateur des Frères musulmans et père de Hani et Tariq Ramadan.

Le Fonds E 4320, conservé aux archives fédérales à Berne, concerne Saïd Ramadan, le gendre d’Hassan Al-Banna, fondateur des Frères Musulmans égyptiens. Poursuivi par le régime nassérien, réfugié en Suisse en 1959, Siad a crée le Centre Islamique de Genève, le premier institut de ce genre en Europe. Il est par ailleurs l’un des fondateurs de la Ligue Islamique Mondiale inspirée parles Saoudiens.

Une note confidentielle des services secrets suisses datant du 17 août 1966 évoque la « sympathie » de la BUPO, la police fédérale sur la protection de l’État, pour Saïd Ramadan. Elle ajoute: « Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains. » Un autre document, daté du 5 juillet 1967, se montre encore plus précis. Saïd Ramadan est présenté comme un « agent d’information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu’il a rendu des services – sur le plan d’informations – à la BUPO. »
Toujours est-il qu’une réunion, présidée par le chef du service du Ministère public fédéral, du 3 juillet 1967, décide d’accorder un permis de séjour à Saïd Ramadan, alors que ce dernier aurait dû être expulsé le 31 janvier 1967. Les raisons de cette tolérance ? La possibilité « que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l’un ou l’autre État aujourd’hui qualifié de progressiste ou socialiste ».

Saïd Ramadan et le président américain

Ces documents déclassés vont dans le même sens que l’ouvrage publié en septembre dernier par le journaliste américain Ian Johnson, lauréat du prix Pulitzer, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident (*), on découvre que les Allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont utilisé les Tchétchènes, les Kazakhs, les Ouzbeks, les musulmans vivant en URSS contre les communistes athées. Les Américains ont ensuite pris le relais, soutenant les islamistes contre le bloc communiste et ses satellites. En juillet 1953, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis, et reçue à la Maison-Blanche, parmi eux Saïd Ramadan.
Le 28 octobre 2011, dans un article intitulé « Le rôle mobilisateur de Saïd Ramadan », le site francophone Oumma.com montre la photo du président Dwight Eisenhower entouré des membres de la délégation. Saïd Ramadan est à sa droite. Le président américain estime que, dans ses relations avec les dirigeants arabes, « notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme », relève Ian Johnson. Quelques années plus tard, Saïd Ramadan, réfugié en Europe, traite avec Bob Dreher, un agent de la CIA installé à Munich.

Saïd Ramadan obtient en 1959 un doctorat en droit de l’université de Cologne pour sa thèse La charia, le droit islamique, son envergure et son équité. Il brûle d’envie d’étendre son influence à l’Europe entière. « Installé à Genève, il considérait Munich, à une journée de route de son domicile, comme l’endroit idéal où établir une sorte de base avancée », lit-on dans Une mosquée à Munich. La CIA finançait-elle directement Saïd Ramadan et les Frères musulmans en Europe? Ian Johnson reste prudent, dans la mesure où une partie des archives de l’agence de renseignements ne peut être consultée. « Tout indique que Dreher et l’Amcomlib eurent recours aux moyens financiers et politiques à leur disposition pour donner un coup de pouce au principal représentant des Frères musulmans en Europe », écrit-il. L’Amcomlib, ou American Committee for Liberation from Saïd Ramadan, de nationalité égyptienne, voyageait à cette époque avec un passeport diplomatique jordanien. Apparemment, le gendre d’Hassan el-Banna ne manquait pas de subsides, Une mosquée à Munich raconte ainsi qu’il roulait en Cadillac (2).

Décédé en 1995 à Genève, Saïd Ramadan est notamment le père de l’islamologue Tariq Ramadan, et de Hani Ramadan, qui lui a succédé à la tête du Centre islamique de Genève. Interrogé sur les liens éventuels de son père avec les services secrets américains et européens, ce dernier n’a pas souhaité nous répondre.

III – Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien An Nahda, longtemps la bête noire des Occidentaux, s’est vu distingué par le magazine Foreign Policy comme «l’un des plus grands intellectuels de l’année 2011».

Parmi ces 100 plus grands intellectuels figurent une brochette de belliciste à tout crin: Dick Cheney, ancien vice-président de George Bush jr, un des artisans de l’invasion de l’Irak, de même que Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat de George Bush, le sénateur John Mac Cain, le président français Nicolas Sarkozy, le couple Bill et Hilary Clinton, le ministre de la défense de Bush jr et de Barack Obama, Robert Gates, le premier ministre turc Recep Teyyeb Erdogan et l’incontournable roman enquêteur Bernard Henri Lévy.

Et sur le plan arabe, outre Rached Ghannouchi, figurent Waddah Khanfar, l’ancien directeur islamiste de la chaine Al Jazira, époux de la nièce de Wasfi Tall, l’ancien premier ministre jordanien bourreau des Palestiniens lors du septembre noir jordanien de 1970, Waël Al-Ghoneim, responsable pour l’Egypte du moteur de recherche américain Google et animateur du soulèvement égyptien sur Facebook, ainsi que l’ancien Directeur de l’agence atomique de Vienne Mohamed Baradéï et le politologue palestinien Moustapha Barghouti, que nous aurions souhaité être distingué par un autre aréopage que Freedom House ou Global Voice Project.
Rached Ghannouchi a mis à profit son séjour pour rendre visite au « Washington Institute for Near East Policy», très influent think tank fondé en 1985 par M. Martin Indyk, auparavant chargé de recherche à l’American Israel Public Affairs Committee ou AIPAC, le lobby israélien le plus puissant et le plus influent aux Etats-Unis.
Le chef islamiste, longtemps couvé médiatiquement par la Chaine Al Jazira, a pris soin de rassurer le lobby pro israélien quant à l’article que lui-même avait proposé d’inclure dans la constitution tunisienne concernant le refus du gouvernement de collaborer avec Israël.

En trente ans d’exil, cet ancien nassérien modulera sa pensée politique en fonction de la conjoncture, épousant l’ensemble du spectre idéologique arabe au gré de la fortune politique des dirigeants, optant tour à tour, pour le nassérisme égyptien, devenant par la suite adepte de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny (Iran), puis de Hassan Al Tourabi (Soudan), pour jeter ensuite son dévolu sur le turc Recep Tayeb Erdogan, avant de se stabiliser sur le Qatar, soit sept mutations, une moyenne d’une mutation tous les quatre ans.
Du grand art qui justifie a posteriori le constat du journaliste égyptien Mohamad Tohi3ma «Les Frères Musulmans, des maitres dans l’art du camouflage et du contorsionnement mercuriel», article paru dans le journal libanais «Al Akhbar» en date du 1er octobre 2011 reprenant une tribune de Mohamad Tohi3ma, directeur du quotidien égyptien «Al Hourriya». Du grand art. En attendant la prochaine culbute. La prochaine chute ?

Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans d‘Egypte devraient faire preuve d’innovation, par le dépassement du conflit idéologique qui divise le pays depuis la chute de la monarchie, en 1952, en une sorte de synthèse qui passe par la réconciliation de l’Islam avec le socialisme. Cesser d’apparaitre comme la roue dentée de la diplomatie américaine dans le Monde arabe, en assumant l’héritage nassérien avec la tradition millénaire égyptienne, débarrassant la confrérie de ses deux béquilles traditionnelles ayant entravé sa visibilité et sa crédibilité, la béquille financière des pétromonarchies rétrogrades et la béquille américaine de l’ultralibéralisme.

Sous la direction de la confrérie, l’Egypte, épicentre du Monde arabe, devrait prendre en outre l’initiative historique de la réconciliation avec l’Iran, le chef de file de la branche rivale chiite de l’Islam à l’effet de purger le non dit d’un conflit de quinze siècle résultant de l’élimination physique des deux petits fils du prophète, Al-Hassan et Al-Hussein, acte sacrilège absolu fruit sinon d’un dogmatisme, à tout le moins d’une rigidité formaliste.

Répudier la servilité à l’égard des Etats-Unis, bannir le dogmatisme régressif sous couvert de rigueur exégétique, concilier Islam et diversité, en un mot conjuguer Islam et modernité…Tel est le formidable défi des Frères Musulmans au seuil du pouvoir dont la réussite pourrait conférer une légitimité durable et un magistère moral indiscutable à une confrérie dont la mutation pourrait impulser une dynamique de changement à l’épicentre de la gérontocratie pétro monarchique du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme et de la régression sociale, condition indispensable au relèvement du Monde Arabe.


 

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Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie

Publié le par Mahi Ahmed

Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership

Le double veto pour interdire la guerre impériale contre la Syrie

 

Par Thierry Meyssan

Le 5 fevrier 2012

voltairenet.org

 

Contrairement à ce qui s’était passé lors de l’attaque de l’Irak, la France n’a pas défendu les principes du droit international dans l’affaire syrienne, mais s’est ralliée au camp impérial et à ses mensonges. Avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, elle a essuyé une défaite diplomatique historique, tandis que la Russie et la Chine sont devenues les champions de la souveraineté des peuples et de la paix. Le nouveau rapport de force international n’est pas seulement la conséquence de la décadence militaire des Etats-Unis, il sanctionne aussi le déclin de leur prestige. En définitive, les Occidentaux viennent de perdre le leadership qu’ils se sont partagé durant tout le XXe siècle parce qu’ils ont abandonné toute légitimité en trahissant leurs propres valeurs.

Par deux fois, le 4 octobre 2011 et le 4 février 2012, des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont rejeté des projets de résolution sur la situation en Syrie. Cet affrontement a opposé les membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) à ceux de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).

La fin du monde unipolaire

Ce quadruple veto scelle la fin d’une période des relations internationales qui a débuté avec l’effondrement de l’Union soviétique et a été marquée par une domination sans partage des États-Unis sur le reste du monde. Il ne signifie pas un retour au système bipolaire précédent, mais l’émergence d’un nouveau modèle dont les contours restent à définir. Aucun des projets de Nouvel Ordre Mondial ne s’est concrétisé. Washington et Tel-Aviv ne sont pas parvenus à institutionnaliser le fonctionnement unipolaire qu’ils voulaient ériger en paradigme intangible, tandis que le BRICS n’a pas réussi à créer le système multipolaire qui aurait permis à ses membres de se hisser au plus haut niveau.

Comme l’avait anticipé à juste titre le stratège syrien Imad Fawzi Shueibi, c’est la crise syrienne qui a cristallisé un nouveau rapport de forces, et partant de là une redistribution de la puissance que personne n’a pensé, ni voulu, mais qui s’impose désormais à tous [1].

Rétrospectivement la doctrine d’Hillary Clinton de « leadership par l’arrière » apparaît comme une tentative des États-Unis de tester les limites qu’ils ne peuvent plus dépasser, tout en faisant porter la responsabilité et les conséquences de leur test à leurs alliés britannique et surtout français. Ce sont ces derniers qui sont se sont mis en scène en leaders politiques et militaires lors du renversement de la Jamahiriya arabe libyenne et qui ambitionnaient de l’être à nouveau pour renverser la République arabe syrienne, même s’ils n’agissaient qu’en vassaux et sous-traitants de l’Empire états-unien. Ce sont donc Londres et Paris, plus encore que Washington, qui ont essuyé une défaite diplomatique et en supporteront les conséquences en termes de perte d’influence.

Les États du tiers-monde ne manqueront pas de tirer leurs conclusions des derniers événements : ceux qui cherchent à servir les États-Unis, comme Saddam Hussein, ou à négocier avec eux, comme Mouammar el-Kadhafi, pourront être exécutés par les troupes impériales et leur pays pourra être détruit. Au contraire, ceux qui résisteront comme Bachar el-Assad et sauront nouer des alliances avec la Russie et la Chine survivront.

 

L’échec du CCG et de l’OTAN fait apparaître un rapport de force que beaucoup soupçonnaient, mais que personne ne pouvait vérifier : les Occidentaux ont gagné la guerre médiatique et ont du renoncer à la guerre militaire. Pour paraphraser Mao Zedong : ils sont devenus des tigres virtuels.

Durant cette crise, et encore aujourd’hui, les dirigeants occidentaux et les monarques arabes ont réussi à intoxiquer non seulement leurs propres peuples, mais une large partie de l’opinion publique internationale. Ils sont parvenus à faire accroire que la population syrienne s’était soulevée contre son gouvernement et que celui-ci réprimait cette contestation politique dans le sang. Leurs chaînes sattelitaires ont non seulement réalisé des montages fallacieux pour induire le public en erreur, mais elles ont aussi tourné des images de fiction en studio pour les besoins de leur propagande. En définitive, le CCG et l’OTAN ont inventé et fait vivre médiatiquement durant dix mois une révolution qui n’existait qu’en images, tandis que sur le terrain la Syrie devait affronter seule une guerre de basse intensité menée par la Légion wahhabite appuyée par l’OTAN.

Cependant, la Russie et la Chine ayant fait une première fois usage de leur veto et l’Iran ayant annoncé son intention de se battre aux côtés de la Syrie si de besoin, les États-Unis et leurs vassaux ont dû admettre que poursuivre leur projet les absorberaient dans une guerre mondiale. Après des mois de tension extrême, les États-Unis ont admis qu’ils bluffaient et qu’ils ne disposaient pas des bonnes cartes dans leur jeu.

Malgré un budget militaire de plus de 800 milliards de dollars, les USA ne sont qu’un colosse aux pieds d’argile. En effet, si leurs forces armées sont capables de détruire des États en voie de développement, épuisés par des guerres précédentes ou par de longs embargos, comme la Serbie, l’Irak ou la Libye, elles ne peuvent ni occuper des territoires, ni se mesurer à des États capables de leur répondre et de porter la guerre en Amérique.

Malgré les certitudes du passé, les USA n’ont jamais été une puissance militaire significative. Ils ne sont intervenus que quelques semaines à la fin de la Seconde Guerre mondiale face à une ennemi déjà épuisé par l’Armée rouge ; ils ont été défaits en Corée du Nord et au Vietnam ; ils ne sont pas parvenus à contrôler quoi que ce soit en Afghanistan ; et ils ont été contraints de fuir l’Irak de crainte d’y être écrasés.

Durant les deux dernières décennies, l’Empire états-unien a effacé la réalité humaine de ses guerres et a communiqué en assimilant guerre et jeux vidéos. C’est sur cette base qu’il a conduit ses campagnes de recrutement, et toujours sur cette base qu’il a formé ses soldats. Aujourd’hui, il dispose de centaines de milliers de joueurs vidéos en guise de soldats. Par conséquent, au moindre contact avec la réalité, leurs forces armées sont démoralisées. Selon leurs propres statistiques, la majorité de leurs morts ne tombe pas au champ d’honneur, mais se suicide, tandis qu’un tiers de leur personnel sous les drapeaux souffre de troubles psychiatriques rendant inapte au combat. La démesure du budget militaire du Pentagone est incapable de compenser son effondrement humain.

 

L’échec des États du CCG et de l’OTAN est aussi celui de leurs valeurs. Ils se sont présentés en défenseurs des droits humains et de la démocratie, alors qu’ils ont établi la torture en système de gouvernement et que la plupart d’entre eux sont opposés au principe de souveraineté populaire.

Même si l’opinion publique en Occident et dans le Golfe est sous-informée sur ce sujet, les États-Unis et leurs vassaux ont mis en place depuis 2001 un vaste réseau de prisons secrètes et de centre de tortures, y compris sur le territoire de l’Union européenne. Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, ils ont semé la terreur, enlevant et torturant plus de 80 000 personnes. Durant la même période, ils ont créé des unités d’opérations spéciales dotées d’un budget de près de 10 milliards de dollars annuel qui revendiquent des assassinats politiques dans au moins 75 pays, selon leurs propres rapports.

En ce qui concerne la démocratie, les États-Unis actuels ne font pas mystère de ce qu’elle ne signifie pas à leurs yeux « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » selon l’expression d’Abraham Lincoln, mais uniquement la soumission des peuples à leur volonté comme l’ont montré les propos et les guerres du président Bush. Au demeurant, leur constitution récuse le principe de souveraineté populaire et ils ont suspendu leurs libertés constitutionnelles fondamentales en instituant un état d’urgence permanent avec le Patriot Act. Quand à leurs vassaux du Golfe, il n’est pas nécessaire de rappeler que ce sont des monarchies absolues.

C’est ce modèle, qui associe sans honte crimes à grande échelle et discours humanitaire, qui a été défait par la Russie et la Chine ; des États, dont le bilan en matière de droits de l’homme et de démocratie pour autant qu’il soit très critiquable n’en est pas moins infiniment supérieur à celui du CCG et de l’OTAN.

En faisant usage de leur veto, Moscou et Beijing ont défendu deux principes : le respect de la vérité, sans laquelle la justice et la paix sont impossibles ; et le respect de la souveraineté des peuples et des États, sans lequel aucune démocratie n’est possible.

Le moment est venu de de se battre pour reconstruire la société humaine après une période de barbarie.


Thierry Meyssan


[1] "Russia and China in the Balance of the Middle East : Syria and other countries", par Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 27 janvier 2012.

Thierry Meyssan : Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).


 

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Les États-Unis, l'OTAN et des États du Golfe s'apprêtent à confronter l’Iran

Publié le par Mahi Ahmed

Les États-Unis, l'OTAN et des États du Golfe s'apprêtent à confronter l’Iran

 

Par Mondialisation.ca

Le 2 fevrier 2012

 

L’alliance États-Unis-OTAN-Conseil de coopération du Golfe semble se préparer à une confrontation militaire avec l’Iran.

Le site web israélien DEBKA spécialisé dans le renseignement rapporte (citant des sources militaires occidentales) que Barack Obama a « secrètement ordonné aux forces aériennes, navales et de la marine des États-Unis d’envoyer une forte concentration de troupes sur deux îles stratégiques : à Socotra, située dans l’archipel yéménite de l’océan Indien, et Masirah, l’île omanaise située à l’embouchure sud du détroit d’Ormuz.

On dit qu’il s’agit de « la plus importante concentration de la puissance étasunienne dans la région depuis que les États-Unis ont envahi l’Irak en 2003 [lorsque] 100 000 troupes avaient été ralliées au Koweït avant l’invasion ».

En envoyant des troupes par avion dans ces îles « presque quotidiennement » à partir de la base navale avoisinante de Diego Garcia, « à la mi-février, Washington aura environ 100 000 troupes sur place et disponibles pour toute éventualité » selon les sources de DEBKA.

L’article mentionne qu’au début mars, « trois porte-avions étasuniens et leurs groupes de frappe, ainsi qu’un porte-avion français arriveront dans le golfe et la mer d’Oman : […] l’USS Abraham Lincoln, l’USS Carl Vinson, l’USS Enterprise et le porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle ».

DEBKA cite par ailleurs des « reportages indiquant que des forces spéciales, aériennes et navales ont atterri ce mois-ci en Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis ».

Les Saoudiens seraient eux aussi en train de déployer des troupes dans les « régions pétrolières à l’est face au golfe Persique. Mondialisation.ca a couvert cette concentration militaire ainsi que les opérations clandestines sur le terrain en Iran, des sujets qui ne reçoivent pas l’attention des médias dominants.

Des forces spéciales des États-Unis et de leurs alliés ainsi que des agents du renseignement sont déjà sur le terrain en Iran. Des drones militaires étasuniens sont utilisés dans des activités de reconnaissance et d’espionnage. Par ailleurs, des troupes ont été déployées en grand nombre au Moyen-Orient, sans compter le redéploiement des troupes alliées auparavant en garnison en Afghanistan et en Irak.

Neuf mille troupes étasuniennes ont été envoyées en Israël [...] afin de tester de mutliples systèmes de défense aériens, particulièrement le système « Arrow », développé à l’aide des États-Unis pour intercepter les missiles iraniens.

Des reportages suggèrent également une augmentation substantielle du nombre de réservistes déployés au Moyen-Orient. D’autres reportages confirment que des réservistes de l’US Air Force ont été déployés dans des bases militaires en Asie du Sud-Ouest (golfe Persique). (Voir l'article en anglais de Michel Chossudovsky, Beating the Drums of War: Provoking Iran into "Firing the First Shot"?, Global Research, 14 janvier 2012)

Pour plus d’information voir notre dossier sur l’Iran :

Julie Lévesque a collaboré à ce reportage. 

 

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