Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Disparition du Professeur Pierre Chaulet

Publié le par Mahi Ahmed

Disparition du Professeur Pierre Chaulet

 

UN HEROS

par K. Selim

«Il est parti ce matin». Un message bref à l'émotion contenue que l'ami a envoyé ce matin du 5 octobre pour annoncer le départ de Pierre Chaulet, le militant, l'acteur, le témoin, le médecin, le professeur… Et on a beau avoir été préparé, savoir qu'il a reçu depuis plusieurs jours l'extrême-onction et qu'il était entouré par les siens dans ces instants ultimes, ce départ bouleverse. Profondément.

Pierre Chaulet a été dans le sens le plus élevé et le plus complet du terme un homme universel, un héros. Un parcours extraordinaire qui a été un défi à tous les déterminismes sociaux, historiques et culturels. Dans notre histoire tourmentée et impitoyable, la plupart de ceux qui se sont engagés dans le combat l'ont fait parce qu'il n'y avait pas d'autre choix possible face à l'ordre colonial. Pour ceux-là, le combat anticolonial était dans l'ordre des choses. Il n'y avait pas d'options… Cela n'enlève rien ni à leur mérite ni à leur courage. Pierre Chaulet, lui, ne manquait pas d'options qui pouvaient lui permettre de préserver sa dignité et ses convictions sans emprunter des chemins abrupts, rudes et incertains. Il a choisi d'emprunter ces chemins de crête en homme libre. En juste, sans compromission. Et ce choix puissant demeure exemplaire. Car, justement, il n'était guidé par rien d'autre que par un attachement total à une haute idée de la justice et de l'humain.

Engagé, bien avant le début de la guerre de libération, dans le catholicisme social (syndicat ouvrier, scout), il est déjà un «indigné» devant le sort réservé aux plus faibles, aux plus pauvres. Il est déjà hors du groupe restreint, hors de la «communauté» et dans l'universel, dans l'humain. Il fait partie, aux côtés de Fanon et de bien d'autres, de ceux qui ont confirmé l'universalité du combat des Algériens. Et il a fallu, on le devine malgré une modestie non feinte qui ne s'étale pas sur la question, un courage héroïque pour que les convictions se traduisent, de manière conséquente, dans les actes, dans l'engagement, dans le combat. Il y a eu dans cette histoire algérienne beaucoup de couleuvres à avaler, de vicissitudes, voire des vilenies, mais elles n'ont jamais altéré chez lui la certitude que le choix de l'humanité qu'il a fait est supérieur à celui de la «communauté» ou de la «race».

Ce «catholique pas très catholique» n'a jamais regretté son choix d'être du côté des humbles. Et il l'a poursuivi, après l'indépendance, par un patient travail dans le domaine de la santé publique. Le fait que l'Algérie d'aujourd'hui soit loin de correspondre aux attentes d'un des combats les plus durs n'y change rien. Le révisionnisme ne fait pas partie de la culture des justes. Pour l'honneur de l'humanité et pour le bonheur des Algériens et de leur histoire, des hommes comme Pierre Chaulet ont existé. Ils sont les témoins constants d'un rejet du repli sur soi, les défenseurs d'une vision généreuse, ouverte et fraternelle de l'Algérie. Son attachement à ces convictions l'a naturellement conduit au combat pour l'indépendance et à l'engagement résolu au sein du FLN historique. Il a choisi l'Algérie.

Une arabophone lui a écrit que malgré ses difficultés en langue française, elle lisait le livre le «choix de l'Algérie» comme s'il était écrit en arabe. Il lui a répondu, il y a quelques jours encore, que cela tenait probablement au fait que le livre et ses phrases «ont été pensés en Algérien». C'est bien cela. Cet homme, en tant que médecin, professeur, journaliste et militant, a constamment pensé en «Algérien». Il est bien un héros humain, de sensibilité et d'engagement. Celui que ses convictions arrachent au confort et aux identités assignées et poussent vers ces hautes terres où l'on prend tous les risques. Pour notre génération, celle des quinquagénaires qui ont l'âge de ses enfants, Pierre Chaulet fait partie de nos repères mentaux et éthiques. Et on n'arrive pas, comme c'est toujours le cas pour les héros authentiques, à en parler au passé. C'est comme le djebel Djurdjura, on ne le voit pas nécessairement de toutes les contrées du pays mais on le devine, là, solidement ancré dans la terre algérienne, à nous rappeler le meilleur de nos combats et à nous inciter à rejeter la fatalité et la résignation. A chercher le meilleur en nous. Honneur au juste.

RÉDA MALEK, COMPAGNON DE PIERRE CHAULET

Il était sur tous les fronts...

Par Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE - Samedi 06 Octobre 2012 - Lu 494 fois

Taille du texte :

Pierre Chaulet (à gauche) et Réda Malek, des compagnons de longue date

Il avait connu Pierre Chaulet, aux premières heures de la Guerre de libération. Reda Malek, ancien chef du gouvernement et ancien directeur du quotidien El Moudjahid, organe central du FLN, relate dans cet entretien les qualités de celui qui a sacrifié toute sa vie au service de l'Algérie.

L'Expression: Le moudjahid Pierre Chaulet est décédé. Vous qui l'aviez connu, quel était son rôle pendant la guerre de Libération?
Réda Malek: Encore une fois, l'Algérie perd l'un de ses dignes fils. Un brave et valeureux, qui a défendu l'Algérie durant toute sa vie. Très jeune, il était épris de justice. Tôt, il manifesta sa prise de conscience et ses positions pour défendre le peuple algérien, broyé par la machine coloniale. Il faisait partie de ces Français d'origine, qui militaient aux côtés du peuple algérien, et aux premiers rangs, contre le colonialisme français. Il faisait partie de cette mouvance menée avec bravoure par l'archevêque d'Alger, le Cardinal Duval, Henri Alleg, André Mandouze, professeur à l'Université d'Alger, qui fonda en 1954 la revue «Consciences maghrébines», dans laquelle Chaulet avait affiché ses positions anticolonialistes. Fidèle à ses engagements humanistes et chrétiens, il dénonça les effets du colonialisme sur les colonisés mais aussi les survivances de l'idéologie coloniale et ses effets bien réels sur la société française actuelle.

Que dire de Pierre Chaulet en tant qu'homme et militant de la cause algérienne?
C'est un humaniste, un militant des causes justes. Un intellectuel averti et avisé. Que c'était, dès son jeune âge, un militant politique anticolonialiste, honnête, fermement engagé et responsable, qui a mis toute sa vie au service de l'Algérie pour son indépendance, mais aussi pour que l'Algérie des justes soit bâtie. Très jeune, Pierre Chaulet manifestait déjà son identité politique. Ainsi, bien avant la Révolution, il s'est montré un militant politique anticolonialiste, honnête, fermement engagé et responsable, faisant partie de ceux qui, par leur engagement dans l'action politique auprès du FLN, sont arrivés à conduire le destin du peuple algérien à son émancipation. Ne s'arrêtant pas là, Chaulet a continué son combat politique. Il était aux côtés des Algériens durant toute sa vie. Arrive le 1er Novembre, il rejoint les rangs de la Révolution algérienne à Alger en véritable militant de la cause algérienne s'engageant corps et âme. Ainsi, tôt, il se retrouva aux premiers rangs de la Révolution. Aux côtés d'Abane Randane, Benyoucef Benkhedda, et le docteur Lamine Debaghine, il se distingua par sa présence et son utilité avérée.
Grâce à lui, les dirigeant du CCE, direction centrale du FLN, se sont frayé un chemin durant la «Bataille d'Alger», pour fuir la capitale et rejoindre le maquis. En effet, c'était lui qui avait fait sortir Abane Ramdane d'Alger pour rejoindre le maquis avant de prendre le chemin vers la Tunisie. Ses activités ne s'arrêtaient pas là, il avait même rejoint la rédaction d' El-Moudjahid en 1956, où nous avions beaucoup travaillé ensemble. Il était d'un apport considérable. En plus de ce travail à l'intérieur des rangs de la Révolution algérienne, Pierre Chaulet, en compagnie d'André Mandouze, avait surtout servi de pan pour lier et renforcer les relations entre le Gouvernement provisoire de la république algérienne (Gpra) et l'église catholique que dirigeait l'archevêque, le Cardinal Duval, plaidant tous ensemble pour l'indépendance de l'Algérie. C'est dire, à l'évidence, que Pierre Chaulet se trouvait sur tous les fronts du combat mené par le peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance. Son refus de l'arrogance, de l'oppression et l'injustice du système colonial sont autant de facteurs qui l'ont poussé, ainsi que son épouse Claudine Chaulet, à s'engager dans la Révolution. Ils étaient des progressistes et des militants de gauche. L'injustice révoltante est ce qui a guidé Pierre et Claudine à faire leur choix. C'est ce qui les a poussés à agir, à travailler dès le début dans le cadre du FLN, et à faire le choix de l'Algérie. Ils étaient Algériens à part entière.

Peut-on dire, donc, que Pierre Chaulet a inscrit son combat pour les causes justes même après l'Indépendance?
Après l'Indépendance, Pierre Chaulet resta en Algérie et décida lui et ses compagnons de lutter contre la tuberculose et se sont lancé le défi d'éradiquer cette maladie. Ils ont, en effet, réussi à relever ce défi.
Et encore, il a milité pour une médecine publique et gratuite. Il en a toujours mis son art et son génie au service de la médecine publique. Il l'un des membres fondateurs de l'APS, à Tunis en 1961.
Le Pr Chaulet a acquis la nationalité algérienne en 1963 conformément aux principes du FLN contenus dans l'appel du 1er Novembre 1954, qui a déclenché la guerre de Libération. Puis arriva, le terrorisme, le révolté, l'homme aux causes justes ne savait pas se taire. Il ne cachait pas ses positions, c'était même impossible pour lui d'assister indifférent au mal qui frappait de plein fouet l'Algérie. Il s'est toujours senti le devoir d'agir et de servir l'Algérie. D'où, les groupes terroristes lui ont adressé des menaces de mort.
C'était à la Rue Didouche Mourad que les terroristes lui ont bien signifié qu'il sera, à son tour, assassiné. Il quitta l'Algérie, mais sans tarder il y revient. Avec sa femme Claudine, ils ont d'ailleurs immortalisé leur combat et leur choix pour défendre et vivre en Algérie. Ainsi, ils ont co-écrit leurs mémoires: «Le choix de l'Algérie: deux voix, une mémoire», (sortie en 2012 aux éditions Barzakh. Dans ce livre, l'Algérie se retrouve elle-même, se reconnaît comme dans un miroir en ce qu'elle a de meilleur. Peut-on être plus Algérien que ce couple de souche française dont la rectitude, le courage et le sang-froid restent indissociables de l'une des plus prodigieuses insurrections nationales du XXIe siècle? Et enfin, il faut bien dire et le répéter que pour l'Algérie, Pierre Chaulet constitue un symbole de la Révolution algérienne et son ouverture sur le monde universel.

LE PROFFESEUR ET MOUDJAHID PIERRE CHAULET EST DÉCÉDÉ HIER À L'ÂGE DE 82 ANS

Aux côtés de Krim et de Abane

Par Brahim TAKHEROUBT - Samedi 06 Octobre 2012 - Lu 543 fois

Taille du texte :

Le couple Chaulet

Ni les arrestations, ni les intimidations, ni le harcèlement de la police n'ont pu le dévier de son combat pour une Algérie libre.

Farouche militant anticolonialiste, le professeur Pierre Chaulet nous a quittés hier à l'âge de 82 ans à Alger des suites d'un cancer qui le rongeait depuis plusieurs années. L'annonce de sa mort très largement répercutée par nos médias on line et ensuite la Radio nationale a semé l'émoi au sein des patriotes algériens et de tous ceux qui connaissent la valeur de cet homme d'exception. Né le 27 mars 1930 à Alger, Pierre Chaulet a lutté contre le colonialisme français aux côtés de figures emblématiques de la Révolution algérienne. Il était un grand ami de Abane Ramdane et de Krim Belkacem. L'histoire de la guerre de Libération est chargée d'anecdotes, de faits d'armes. Lorsque le défunt Chaulet et son épouse Claudine transportaient et faisaient déplacer ces chefs de la révolution avec leur mythique Citroën Chevrolet.
Combien de fois, en effet, Abane ou Krim avaient échappé aux barrages de l'armée française alors qu'ils étaient transportés par le Pr Chaulet? Lui et son épouse étaient des membres actifs des réseaux clandestins du FLN. Ni les arrestations, ni les intimidations ni le harcèlement de la police n'ont pu le dévier de son combat pour que l'Algérie se libère du joug colonial.
Le Pr Chaulet a été expulsé en France durant la Guerre d'Algérie mais a réussi, avec sa femme Claudine qui avait également épousé la cause algérienne, à rejoindre le FLN en Tunisie où il a continué ses activités de résistant à la fois comme médecin et comme journaliste au journal El Moudjahid. Il est l'un des membres fondateurs de l'agence de presse algérienne APS, à Tunis en 1961. A Tunis, il retrouve Abane à la rue des Entrepreneurs où était le siège du journal El Moudjahid.
Il a effectué des opérations secrètes avec les combattants du FLN. De même qu'il a accompli avec brio et conviction de nombreuses missions pour le Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra) en Tunisie et dans d'autres pays.. D'origine française, le Pr Chaulet a acquis la nationalité algérienne en 1963 conformément aux principes du FLN contenus dans l'appel du 1er Novembre 1954, qui a déclenché la guerre. Fonctionnaire de l'Etat algérien en qualité de professeur de médecine, il était expert de la tuberculose auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1981. Pierre Chaulet est notamment connu pour son travail remarquable dans la lutte contre la tuberculose, qu'il a initiée au lendemain de l'indépendance. Il a été élu à la première Assemblée populaire communale de la ville d'Alger, élu comme vice-président de l'Observatoire national des droits de l'homme (1992-1996), puis chargé de mission pour la santé auprès du chef du gouvernement (1992-1994). Durant la tragédie nationale des années 1990, il a été menacé de mort et forcé à un exil de plus de quatre ans. A son retour, et bien qu'ayant pris sa retraite, il a apporté sa contribution d'expert OMS et de consultant en santé publique au ministère de la Santé et au Conseil national économique et social. Avec Claudine, qui a été professeure de sociologie à l'Université d'Alger, il a co-écrit un livre relatant leur itinéraire: «Le choix de l'Algérie: deux voix, une mémoire», sorti en 2012 aux éditions Barzakh. Les sacrifices de ce grand homme sont-ils vains? Son héritage intellectuel, politique et de militant est-il parvenu aux nouvelles générations? Il y a quelques années, il confiait à des amis qui lui sont proches qu'il aurait souhaité apporter sa contribution au plan politique dans son pays, l'Algérie. L'indépendance du pays acquise, le Dr Chaulet a attendu, attendu... mais on n'a jamais frappé à sa porte pour le solliciter ne serait-ce que pour une carrière diplomatique.
Ainsi meurent les héros. Dans la grandeur et la dignité. Selon un de ses proches, le Pr Chaulet a demandé à être enterré à côté de la tombe d'Henri Maillot, un autre pied-noir qui avait rejoint les rangs des indépendantistes, au cimetière chrétien d'El Madania à Alger.

LE PROFFESEUR ET MOUDJAHID PIERRE CHAULET EST DÉCÉDÉ HIER À L'ÂGE DE 82 ANS

Aux côtés de Krim et de Abane

Par Brahim TAKHEROUBT - Samedi 06 Octobre 2012 - Lu 544 fois

Taille du texte :

Le couple Chaulet

Ni les arrestations, ni les intimidations, ni le harcèlement de la police n'ont pu le dévier de son combat pour une Algérie libre.

Farouche militant anticolonialiste, le professeur Pierre Chaulet nous a quittés hier à l'âge de 82 ans à Alger des suites d'un cancer qui le rongeait depuis plusieurs années. L'annonce de sa mort très largement répercutée par nos médias on line et ensuite la Radio nationale a semé l'émoi au sein des patriotes algériens et de tous ceux qui connaissent la valeur de cet homme d'exception. Né le 27 mars 1930 à Alger, Pierre Chaulet a lutté contre le colonialisme français aux côtés de figures emblématiques de la Révolution algérienne. Il était un grand ami de Abane Ramdane et de Krim Belkacem. L'histoire de la guerre de Libération est chargée d'anecdotes, de faits d'armes. Lorsque le défunt Chaulet et son épouse Claudine transportaient et faisaient déplacer ces chefs de la révolution avec leur mythique Citroën Chevrolet.
Combien de fois, en effet, Abane ou Krim avaient échappé aux barrages de l'armée française alors qu'ils étaient transportés par le Pr Chaulet? Lui et son épouse étaient des membres actifs des réseaux clandestins du FLN. Ni les arrestations, ni les intimidations ni le harcèlement de la police n'ont pu le dévier de son combat pour que l'Algérie se libère du joug colonial.
Le Pr Chaulet a été expulsé en France durant la Guerre d'Algérie mais a réussi, avec sa femme Claudine qui avait également épousé la cause algérienne, à rejoindre le FLN en Tunisie où il a continué ses activités de résistant à la fois comme médecin et comme journaliste au journal El Moudjahid. Il est l'un des membres fondateurs de l'agence de presse algérienne APS, à Tunis en 1961. A Tunis, il retrouve Abane à la rue des Entrepreneurs où était le siège du journal El Moudjahid.
Il a effectué des opérations secrètes avec les combattants du FLN. De même qu'il a accompli avec brio et conviction de nombreuses missions pour le Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra) en Tunisie et dans d'autres pays.. D'origine française, le Pr Chaulet a acquis la nationalité algérienne en 1963 conformément aux principes du FLN contenus dans l'appel du 1er Novembre 1954, qui a déclenché la guerre. Fonctionnaire de l'Etat algérien en qualité de professeur de médecine, il était expert de la tuberculose auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1981. Pierre Chaulet est notamment connu pour son travail remarquable dans la lutte contre la tuberculose, qu'il a initiée au lendemain de l'indépendance. Il a été élu à la première Assemblée populaire communale de la ville d'Alger, élu comme vice-président de l'Observatoire national des droits de l'homme (1992-1996), puis chargé de mission pour la santé auprès du chef du gouvernement (1992-1994). Durant la tragédie nationale des années 1990, il a été menacé de mort et forcé à un exil de plus de quatre ans. A son retour, et bien qu'ayant pris sa retraite, il a apporté sa contribution d'expert OMS et de consultant en santé publique au ministère de la Santé et au Conseil national économique et social. Avec Claudine, qui a été professeure de sociologie à l'Université d'Alger, il a co-écrit un livre relatant leur itinéraire: «Le choix de l'Algérie: deux voix, une mémoire», sorti en 2012 aux éditions Barzakh. Les sacrifices de ce grand homme sont-ils vains? Son héritage intellectuel, politique et de militant est-il parvenu aux nouvelles générations? Il y a quelques années, il confiait à des amis qui lui sont proches qu'il aurait souhaité apporter sa contribution au plan politique dans son pays, l'Algérie. L'indépendance du pays acquise, le Dr Chaulet a attendu, attendu... mais on n'a jamais frappé à sa porte pour le solliciter ne serait-ce que pour une carrière diplomatique.
Ainsi meurent les héros. Dans la grandeur et la dignité. Selon un de ses proches, le Pr Chaulet a demandé à être enterré à côté de la tombe d'Henri Maillot, un autre pied-noir qui avait rejoint les rangs des indépendantistes, au cimetière chrétien d'El Madania à Alger.

Notes biographiques

Par Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE - Samedi 06 Octobre 2012 - Lu 258 fois

Taille du texte :

 

Militant da la cause algérienne, Pierre Chaulet s'est mis du côté des justes dès son jeune âge. Né à Alger le 27 mars 1930, de parents catholiques sociaux engagés dans le syndicalisme, eux-mêmes nés en Algérie. Après ses classes primaires et secondaires suivies au Collège Notre-Dame d'Afrique, il fait ses études de médecine à Alger, tout en s'engageant dans le scoutisme catholique et le syndicalisme étudiant. Au début des années 1950, il participe activement à des contacts entre les responsables des mouvements de jeunesse algériens (scouts, étudiants, mouvements éducatifs confessionnels ou non, mouvements de jeunesse politiques). Il contribue à la création de l'Association de la jeunesse algérienne pour l'action sociale (Ajaas) en 1952, et devient membre du comité de rédaction de la revue Conscience Maghribine (1954-1956). Avant 1954, il afficha déjà ses prises de position d'anticolonialiste aux côtés des Algériens. Il écrivait dans la Revue, fondée par André Mandouze, «Conscience maghrébine». Puis arriva le déclenchement du 1er Novembre, Pierre Chaulet milita à Alger dans le FLN (transport, hébergement de militants clandestins, soins aux malades et aux blessés, diffusion des tracts et d'El Moudjahid ronéoté) et notamment pour les contacts avec la presse étrangère. Parallèlement, nommé interne des Hôpitaux d'Alger sur concours fin 1954, il entreprend des études de spécialité en pneumo-phtisiologie. Il épouse, en septembre 1955, Claudine Guillot. Ils auront trois enfants: Luc en 1956, Anne en 1959, Eve en 1964. Et après l'Indépendance de l'Algérie, Pierre Chaulet, la nationalité algérienne est officiellement reconnue, en même temps qu'à son épouse, en raison de leur participation à la lutte de Libération nationale. Médecin spécialiste en tuberculose et maladies respiratoires, il passe en 1967 le premier concours algérien d'agrégation de médecine. Il dirige à partir de 1971, jusqu'en février 1994, un service hospitalo-universitaire au CHU de Beni Messous (Alger). Durant cette période, il contribue, par l'enseignement et la recherche appliquée sur le terrain (en tant que directeur d'un programme de recherches), à l'élaboration, à la mise en oeuvre et au développement du Programme national de lutte contre la tuberculose, ainsi qu'à la définition de stratégies de prise en charge des principales maladies respiratoires dans les services de santé en Algérie. Il est nommé expert (en tuberculose) de l'Organisation mondiale de la santé depuis 1981 jusqu'à ce jour. Ne s'arrêtant pas là, entre 1967 à 1971, Pierre Chaulet sera délégué élu à l'Assemblée populaire communale d'Alger de 1967 à 1971, il sera membre du Comité algérien de soutien à la Palestine en 1970 et coordinateur de la délégation algérienne à la Conférence mondiale des chrétiens pour la Palestine en 1970. Il est élu vice-président de l'Observatoire national des droits de l'homme de 1992 à 1996, nommé à cette instance par le président Mohamed Boudiaf. De juin 1992 à février 1994, il est chargé de mission (pour le secteur de la santé) auprès du chef du gouvernement (Belaïd Abdesselam, puis Réda Malek). Le moudjahid Pierre Chaulet est décédé ce matin, le 5 octobre 2012.

 

Publié dans Information

Partager cet article

Repost 0

Tunisie : extraits de la presse au sujet des débats sur les salafistes

Publié le par Mahi Ahmed

Tunisie : extraits de la presse

 

Le torchon brûle entre Marzouki et les islamistes radicaux

 

Hezb Ettahrir le taxe d’«apostasie» et l’invite à se taire !

 

Le parti islamiste Hezb Ettahrir vient de réagir de façon très virulente aux déclarations du Président de la République Moncef Marzouki relatives à l’islamisme radical et à l’inscription de la Chariâa dans la Constitution.

Dans un communiqué transmis hier aux médias, ce parti considère que les déclarations de Marzouki aux médias américains sont déplorables. « Les déclarations de Moncef Marzouki, supposé être le président de la République, à des médias étrangers sont abjectes. Elles méritent d’être condamnées et sanctionnées », précise le parti islamiste dans son communiqué. Et d’ajouter : «le fait que Marzouki parle de ses concitoyens (salafistes, islamistes) à l’étranger d’une façon irrespectueuse est une honte. Les chefs d’Etat qui se respectent et qui respectent leurs peuples ne vendent pas leurs problèmes contre une contrepartie financière ou politique, sachant que ceux qui agissent de la sorte sont considérés comme des agents à la solde de l’étranger.

 

Dans ce communiqué intitulé « Invitation et directe et franche à Marzouki de garder son cocon et de se taire», Hezb Ettahrir estime que «le fait que Marzouki se présente aux Occidentaux comme étant un responsable hostile à l’alternative islamiste et garant de la non-inscription de la chariâa dans la constitution du pays et dans ses lois est considéré comme étant une apostasie et une injustice ». Le parti excommunie, ainsi, de façon indirecte le chef de l’Etat laïc et le fondateur du parti du centre-gauche, le Congrès pour la République. Un précédent très dangereux dans la mesure où ce parti islamiste a été légalisé en juillet dernier en dépit de son refus catégorique des règles du jeu démocratique.

 

Califat islamique

 

Hezb Ettahrir est, en fait, une branche tunisienne d’un parti éponyme fondé en 1953 en Arabie Saoudite et en Jordanie par le cheikh Taqiuddin Al-Nabhani, un Palestinien diplômé de l’Université Al Azhar du Caire qui fut instituteur et juge islamique. Ce parti n’a pas cessé d’essaimer, depuis, de par le monde. Ses leaders s’étaient, dès le départ, résolus à créer des branches portant toutes le nom de Hizb Ettaahrir dans la plupart des pays musulmans, d’autant plus que le but avoué du parti est l’établissement d’un Etat islamique couvrant l’ensemble du monde musulman.

 

La branche tunisienne du parti panislamique a été créée au début des années 80. Dès sa constitution, cette branche s’est organisée en cellules appelées Halakat, (cercles). Il s’agit de petits groupes d’études voués à la propagation de l’Islam et du message du parti qui recrute aussi bien des ouvriers que des cadres et des étudiants en se basant essentiellement sur les livres et les brochures écrits par le Cheïkh Al- Nabhani. Bien qu’elle se présente comme une organisation non violente, la branche du Hizb ut-Tahrir a subi une forte répression. De nombreux dirigeants et membres du parti ont été régulièrement arrêtés et emprisonnés. Cette vague de répression qui s’est poursuivie aussi bien sous le règne de Bourguiba que sous celui de Ben Ali s’explique essentiellement par la nature de la thèse défendue par ce parti et qui remet en cause les systèmes politiques existants.

 

Hezb Ettahrir estime, en effet, la démocratie « n’est qu’une illusion entretenue par le capitalisme mondial ». Partant de ce principe, ce parti défend l’idée d’un changement radical en rupture avec le système capitaliste mondial et fondé sur la religion musulmane. Au plan politique, le parti prône un régime politique basé sur le retour au Califat.

Walid KHEFIFI

Quand Marzouki leur crache leurs vérités en face

Pour avoir dit la vérité sur cette nébuleuse qu’est le radicalisme islamiste, Marzouki est désormais considéré comme un « apostat » ! Par qui ?


Rien moins que par le plus obscur, le plus outrancier des partis religieux et qui se nomme par anti-symbolisme « Hezb Ettahrir », « Ettahrir » se traduit par « libération » terme à connotations révolutionnaires parce que « libératrices » et déclinant forcément à gauche. Or pour ce Hezb (ce parti, admirez l’euphémisme en passant), il ne s’agit pas plus de parti que de libération car l’essence de cette secte, oui cette secte, se réclame d’un panislamisme tirant sa légitimité de l’application exégétique de la Chariâa telle qu’elle la réinvente, telle qu’elle la module au détriment de la tolérance religieuse elle-même, quintessence métahistorique de l’Islam.

 

A quoi s’attendent ces « libérateurs des âmes impies », ces agitateurs de mirages paradisiaques ?

 

Que la Tunisie laïque dont le Chef de l’Etat se fait le garant, renonce à ses acquis et inscrive les fondements de l’outrance dans sa constitution ? Qu’adviendrait-il du combat avant-gardiste de la femme tunisienne, du dialogue des religions, du respect des minorités si, par malheur, ces illuminés imposaient leur islamisme obscurantiste ?

 

Marzouki était dans son rôle en dénonçant ces dérives. Du coup on le taxe d’apostasie et pourquoi pas de traîtrise dès lors que les membres de Hezb Ettahrir lui reprochent d’en avoir parlé à l’étranger – et extrême ironie – aux Etats-Unis, pays qui a fait le lit de l’intégrisme mondial ! C’est dans ce genre de situation que se retrouve une démocratie mielleuse et un peu trop béate. Bourguiba qui a (peut-être) eu tort d’interdire Ennahdha, serait parfaitement inspiré d’interdire Hezb Ettahrir. Car c’est simple : ils utilisent l’appareil démocratique – ils ont bien eu leur visa grâce à la démocratie - pour la retourner aussitôt contre lui. Non que Bourguiba fût un démocrate. C’était même un dictateur. Mais un dictateur suffisamment illuminé pour reconnaître les illuminés faisant commerce de la religion.

 

Raouf KHALSI


Parti Socialiste

«Il faut que cette 3ème phase se conjugue entre la légitimité électorale et la légitimité des accords», déclare Mohamed Kilani, secrétaire général

 

• «Le problème des Salafistes sera un des sujets à discuter dans le cadre de l’initiative de l’UGTT»

• «Le socialisme est en général de Gauche. Il est du côté des classes populaires et des ouvriers. Nous n’avons pas besoin de lui ajouter quelque chose de plus»

• «La situation est difficile et périlleuse. Des rassemblements politiques sont en train de se constituer. Ils ne sont pas totalement définis »

• «Ce n’est pas Nida Tounès qui a commis tous les abus et toute la violence que la Tunisie a connus depuis le 14 janvier»

 

La Parti Socialiste de Gauche, vient d’opter pour la concision de sa dénomination qui s’appellera désormais Parti Socialiste.


Mohamed Kilani, son secrétaire général explique au Temps, les raisons qui ont poussé à ce changement et sa lecture de la situation politique dans le pays, les alliances qui se préparent. Il évoque aussi, les problèmes sociaux, l’initiative de dialogue entreprise par l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), la violence qui s’installe, les Salafistes, les dernières déclarations de Rached Ghannouchi à propos de Nida Tounès…

Le Temps : Pourquoi avez-vous concis le nom de votre parti, pour devenir Parti Socialiste au lieu de Parti Socialiste de Gauche ? 

Mohamed Kilani : Le socialisme est en général de Gauche. Ce qui le situe généalogiquement du côté des classes populaires et des ouvriers. Nous n’avons pas besoin de lui ajouter quelque chose de plus. Cet ajout, nous l’avons enlevé, pour alléger le nom afin qu’il soit facilement identifiable. C’est une question de réceptivité et de résonance…Nous avons plus de 120 partis. Faciliter la communication est essentiel. En plus, il y a des difficultés dans le contact des militants de base avec la population, surtout dans les régions intérieures. Une mauvaise propagande a associé malgré elle la Gauche à l’athéisme. Dans les discussions dès qu’un militant se présente comme étant d’un parti de Gauche, on lui pose la question de la croyance en Dieu. Il faut bien éviter ces faux problèmes. Le raccourci le permet.

Quelle est votre analyse de la situation politique dans le pays ? 

La situation devient menaçante et pourrait s’envenimer davantage pour devenir périlleuse. Des rassemblements politiques sont en train de se constituer. Rien n’est encore défini. C’est ce qui va déterminer la prochaine architecture politique du pays. Les grands pôles sont en formation. On y trouve le pôle démocrate avec Nida Tounès, le Parti Républicain, Al-Massar, le Parti Socialiste. Le Parti du Travail Patriote Démocrate dirigé par Abderrazak Hammami, le rejoindra après son prochain congrès. Le Front de Gauche populaire est un autre pôle. Ennahdha et son entourage présentent un autre pôle. Reste à situer la position d’Ettakatol et le CPR. Il y a des tractations entre le Front populaire et Moncef Marzouki. Il se peut que des accords se préparent. Cela débouchera-t-il à une alliance avec le CPR ? Les choses ne sont pas définitivement arrêtées. La tendance est à un regroupement de 4 ou 5 grands pôles pour les prochaines élections.

Qu’en est-il sur le plan social ? 

La situation devient de plus en plus intenable avec la hausse des prix et les mouvements de contestation qui s’accentuent. La réponse du gouvernement d’Ennahdha se traduit par une punition collective de villages entiers. Nous ne savons pas si Ennahdha à elle seule et la Troïka vont pouvoir maîtriser la situation. Il y a le problème des Salafistes.

La violence politique ne vous inquiète pas ? 

Si. Le problème des Salafistes se pose avec acuité. Après des actions aussi violentes que celle contre l’ambassade américaine, nous ne savons pas comment va être jugulé ce genre de phénomène. Ce paramètre va-t-il continuer à faire son jeux jusqu’aux prochaines élections ? Nous ne savons pas si ce problème va être résolu avec Ennahdha et le pouvoir en donnant aux Salafistes un cadre pour leur action.

Que pensez-vous de l’initiative de dialogue de l’UGTT ? Qu’est-ce que vous allez

soumettre au débat ? 

Nous soutenons cette initiative. Le problème des Salafistes sera un des sujets à discuter dans le cadre de l’initiative de l’UGTT. La violence politique s’installe. La question de la sécurité des personnes et des biens se pose. Tous ces problèmes vont être débattus pour qu’il y ait un climat favorable à des élections démocratiques. C’est une situation difficile. Il faut des efforts conjugués de toutes les parties pour aboutir à des élections démocratiques. La Tunisie a besoin de dépasser cette 3ème phase de transition. Il faut que cette 3ème phase se conjugue entre la légitimité électorale et la légitimité des accords qui pourront être conclus pour garantir des élections qui vont donner lieu à une situation politique nouvelle de stabilité et de reprise de la vie économique et sociale normale.

Rached Ghannouchi, vient de déclarer que Nida Tounès est plus dangereux que les

Salafistes. Qu’en dites-vous ? 

Je lui réponds que ce n’est pas Nida Tounès qui a commis tous les abus et toute la violence que la Tunisie a connus depuis le 14 janvier. Ce sont les Salafistes et leurs alliés. Rached Ghannouchi se trompe de personnes et de cible. Je ne peux expliquer sa comparaison que par une certaine haine envers Nida Tounès qui est un mouvement très large et démocratique. Eannahdha a plusieurs ex-Rcédistes avec elle dans les régions et ministères. Pourquoi est-ce que Rached Ghannouchi voit le RCD du côté de Nida Tounès et non chez lui ? Parce que Nida Tounès peut mettre son projet en échec. C’est pourquoi, il hausse le ton et monte de cran avec des qualificatifs politiques arrogants et revanchards.

Que faut-il faire avec les ex-Rcdistes ? 

Il faut appliquer la loi contre ceux qui ont commis des crimes. Ils doivent comparaître devant la justice. On ne va pas éternellement parler du RCD. Je suis étonné quand Rached Ghannouchi parle de Révolution et contre-révolution. Il y a eu des circonstances qui mènent à la Démocratie. Ce n’est pas une Révolution au sens classique et moderne du terme. Nous sommes toujours dans le même système économique et social. Les contre-révolutionnaires sont ceux qui pratiquent la violence et veulent un Etat despotique. Certes il y a certains Rcdistes qui veulent réinstaurer une nouvelle dictature. C’est fini pour eux. Les forces nouvelles qui sont venus après le 14 janvier, nous ne les avons pas vus avant. La majorité était ailleurs, à cause de la répression. Cette répression avait été dirigée contre ceux qui voulaient imposer par la force un régime despotique. C’était une lutte entre deux dictatures, celle de Ben Ali et la leur. Toutefois, le mouvement démocratique les a soutenus. Nous aussi, nous sommes contre la répression et l’injustice. Ils doivent s’arrêter là où ils devront l’être. Ils ne vont pas nous briser la vie à cause de la lutte contre Ben Ali. Rached Ghannouchi garde encore ses anciennes rancunes et son attitude revancharde contre ses anciens bourreaux. Il doit agir de manière civilisationnelle et démocratique.

Propos recueillis par 

Hassine BOUAZRA

 

 

Publié dans TUNISIE Spécial

Partager cet article

Repost 0

Syrie… Entre la bataille d’Alep et la déstabilisation turque

Publié le par Mahi Ahmed

Syrie… Entre la bataille d’Alep et la déstabilisation turque

Léon Camus

jeudi 4 octobre 2012

 

Jeudi 27, Vladimir Poutine tançait à la télévision russe les Occidentaux pour avoir « semé le chaos en Syrie et n’être plus en mesure de l’arrêter » ! [Afp]. Oui en effet, en dépit des coups de boutoirs, des opérations coups de poings, des commandos qui frappent et qui s’égaillent aussitôt leur forfait accompli, le régime se maintient… contre vents et marées. À telle enseigne que les états-majors politiques, admettent navrés que rien de décisif ne devraient intervenir dans les douze mois à venir : pas de changement de régime en vue. Seul un attentat décimant les caciques du régime de Damas et le clan de Bachar et Assad pourrait changer la donne. Le double attentat à la voiture machine infernale, le 26 septembre contre le quartier général de l’armée à Damas, puis les combats qui s’ensuivirent à l’intérieur des bâtiments, s’inscrivent dans cette option de dernier recours, l’assassinat politique. L’idéal serait, de ce point de vue, de parvenir à abattre Bachar el-Assad lui-même ! Voilà quelle est la seule carte qu’il reste à jouent aux stratèges de la terreur, l’élimination physique des dirigeants syriens, surtout les têtes du « clan » Assad puisque que la tentative de « libérer » Alep semble désormais tourner à l‘eau de boudin !

La Bataille d’Alep

Jeudi 27, Abou Fourat, officier déserteur responsable de la brigade islamiste al-Tawhid, la plus médiatisée des unités rebelles d’Alep, annonçait une offensive générale contre les positions de l’armée : « Ce soir, soit Alep sera à nous, soit nous serons défaits » [InfoSyrie 29 sept. 2012]. Ce 2 octobre, non seulement Alep n’est pas tombée malgré un soutien extérieur massif 1, mais du bazar – inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité – il ne reste que cendres. Une défaite qui s’est traduite par « l’incendie des commerces de la Vieille ville : des centaines de boutiques devenues la proie des flammes. Stratégie de la ville brûlée, déjà utilisée par quelques ultras de la Commune de Paris en 1871, et qui a une double motivation : freiner l’avance de l’armée, punir une ville qui s’est refusée à la Révolution ».

Un holocauste patrimonial à mettre au compte de ces libérateurs qui n’attendent pas d’être les maîtres du terrain - et du pouvoir central ! - pour commencer à persécuter les communautés chrétiennes. Un fanatisme islamisme fanatique qui « ne fait que s’exacerber dans l’adversité : le couvent franciscain Saint-Antoine de Padoue de Ghanassié a été attaqué et incendié par une bande dans la nuit de jeudi à vendredi. Quinze chrétiens du quartier de Soulaymanieh - au centre d’Alep - auraient été enlevés puis abattus par les rebelles… Toute cette journée du 27 septembre, ceux de l’Armée syrienne libre – ASL - ont pilonné au mortier les quartiers à majorité chrétienne de Souleymanieh, Azizieh et Midane qui les ont repoussés d’où ils avaient été chassés déjà les semaines précédentes » [Ibidem infosyrie.fr].

Chrétiens et Kurdes

Mais ce n’est pas uniquement dans le brasier d’Alep que les Chrétiens sont malmenés et meurtris. À Rome, Zenit, organe officieux du St Siège, reprenant l’agence vaticane Fides, titrait le 25 septembre « Syrie : dramatique rafle des chrétiens de Rableh - 280 personnes prises en otage »… « La rafle des chrétiens intéressant la zone du village de Rableh, situé à la frontière libanaise, dans l’ouest de la Syrie, se poursuit. Après la maxi prise d’otages du 24 septembre, qui a concerné 150 personnes, aujourd’hui, 25 septembre, 130 autres civils qui ont été arrêtés et enlevés dans la zone par des bandes armées dans le cadre d’une opération qui a créé au total un groupe de 280 otages »… On ignore le sort réservé à ces malheureux, mais, quasiment depuis le début des événements voici dix-huit mois, ce type d’exaction est régulièrement intervenu indiquant une « fâcheuse tendance » de la part de la guérilla à terroriser par la violence ceux qui ne basculent pas spontanément dans leur camp. En Algérie, lors de la « guerre d’indépendance », le FLN terrorisait – au sens littéral - de la même façon ses propres coreligionnaires pour les forcer à épouser la « bonne cause » !

Quant aux Kurdes, minorité non arabe de confession sunnite, à Alep entre autres, ils n’ont pas hésité à faire le coup de feu contre les groupes de francs-tireurs. Le quotidien La Croix publiait le 27 septembre le témoignage d’un étudiant kurde d’Alep, pourtant favorable à la « révolution » qui résumait assez bien la position de sa communauté : « Les Kurdes de Syrie n’aiment pas le régime syrien. Mais ils craignent encore plus l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans, majoritaires dans les rangs des révolutionnaires. En février 1982, lors de la répression de l’insurrection des Frères musulmans contre le régime de Damas, dans la ville de Hama, les Kurdes étaient restés à l’écart. Les Frères ne l’ont pas oublié ». En clair, alors que Bachar al-Assad, ayant accordé la nationalité syrienne à 300 000 Kurdes sans nationalité au cours de l’été 2011, cette minorité forte de plus de deux millions d’âmes, ne veut en aucun cas que son territoire servent de base arrière et de point de départ pour une éventuelle offensive… comme ce fut le cas du Kurdistan irakien en 2003 qui constitua l’un des points de départ de l’assaut convergent lancé sur Bagdad. 2

Hollande souligne devant l’ONU « l’urgence » d’une action en Syrie et au Sahel

Observons que M. Hollande, le 24 sept. à la tribune de la soixante-septième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a placé la Syrie au premier rang de ses préoccupations et des urgences internationales, déclarant superbe, son intention de reconnaître le gouvernement de transition syrien aussitôt que constitué. Mais l’annonce n’était pas nouvelle : la position de Paris n’a pas varié d’un iota depuis le 27 août dernier [Afp] et la prétention de M. Hollande d’instaurer une « zone tampon » au nord de la Syrie. On voit à Alep que cela n’en prend guère le chemin.

Entre nous soit dit M. Hollande devrait plutôt s’intéresser en priorité au climat d’anomie – d’anarchie – qui se développe en France, et pire dans la « France profonde ». Son attention devrait à ce titre se concentrer davantage sur le démantèlement de ce qui restait de notre sidérurgie et sur la recrudescence inouïe de petits meurtres tranquilles qui émaillent aujourd’hui la vie de nos institutions scolaires… les lynchages à coup de marteaux, de pioches et de couteaux de deux jeunes gens à Échirolles dans l’Isère le 28 septembre n’en étant que la dernière, et visible, manifestation en date. Mais l’Élysée a d’autres chats à fouetter… « La France s’occupe de fournir aux rebelles syriens de l’argent et de l’artillerie pour le compte des États-Unis, qui ne veulent pas se salir les mains avant les élections présidentielles de novembre » [William Engdahl interrogé sur la chaîne Russia Today] !

Parce qu’il ne faudrait pas perdre de vue qu’en 18 mois de conflit et une trentaine de milliers de victimes – dont 8000 parmi les forces armées et de sécurité d’après le médecin général de l’hôpital militaire Tishrin à Damas. [Afp. 30 août] - aucun accord n’a été possible entre les différentes composantes de l’opposition dont les membres sont pour la plupart « extérieurs » à la communauté nationale syrienne depuis des décennies… ayant choisi l’exil et la « résistance » à Londres, Paris, Berlin ou Stockholm ! Rappelons à ce propos, que la tragédie syrienne est beaucoup moins une « guerre civile » qu’elle n’est mais une agression extérieure. À l’instar du Liban à partir de 1975, nous avons affaire à une guerre multinationale mettant aux prises des forces militarisées, financées, armées et entraînées par des puissances étrangères… Ici l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis avec l’appui logistique, l’encadrement et les armes – « non létales » affirme sans rire le Secrétaire d’État Hillary Clinton - des États-Unis, d’Israël, de la Turquie et, last but not least, de la France socialiste.

Une opposition donc, étrangère à sa terre natale et dans les profondes divisions reflètent les divergences de motivations géopolitiques des différents mentors et sponsors de ses composantes antagonistes… Turcs néo-ottomans soutenant les Frères musulmans en Syrie comme ils le font en Égypte et en Tunisie, tout en conservant un droit de regard sur la Libye voire le Yémen, mais rendus prudent par la question kurde…

Petite géopolitique turque du drame syrien

Le gouvernement turc du Parti pour la Justice et le Développement – AKP - sachant pertinemment que l’éclatement de la Syrie en entités géographiques ethno-confessionnelles pourrait entraîner – peut-être inéluctablement – la création d’un grand Kurdistan, lequel empiéterait nécessairement sur le territoire turc. Ce qu’Ankara n’a eu de cesse de combattre par le fer et par le feu depuis la proclamation de la République turque en 1923. 3 Notons que les Kurdes syriens – environ 8% des 22,5 millions de Syriens en 2011 – sont globalement neutres et, quoique le président du Conseil national syrien – qui a vu le jour le 1er oct. 2011 à Istanbul - soit l’un d’entre eux, Abdel Basset Sayda, exilé en Suède depuis 1994. Reste que cette présidence kurde toute symbolique n’a pas d’incidence notable sur une communauté qui entend demeurer extérieure aux événements en cours [voir supra].

De la même façon le gouvernement Erdogan doit prendre en compte le profond mécontentement des populations turques auxquelles sont imposées des camps de « réfugiés ». En fait des bases de transit avant de monter au front nord, Alep et sa région… que les forces djihadistes s’efforcent de « libérer » afin d’y établir une tête de pont en territoire syrien. L’incessante circulation d’hommes en armes exaspèrent les locaux dont les diverses communautés, sunnites, alaouites, chrétiennes vivent en bonne intelligence. Une crainte fondée de voir, comme au Liban maintenant, s’exporter un conflit qui bouleverserait un équilibre social jusqu’à ce jour bien établi 4. Ajoutons que les 400 000 alaouites de la région frontalière d‘Antakya multiplient les pressions sur Ankara afin d’écarter toute implication de la Turquie dans un conflit qui pourrait risquer de déborder au-delà des frontières syriennes.

En outre, le gouvernement turc ne peut pas ignorer la dimension Alévie - chiites également mais d’origine Turkmènes qui représentent 20% des 75 millions de Turcs - lesquels dans un contexte de confessionnalisation du conflit pourraient faire ressortir en Turquie même des antagonismes ancestraux et raviver des plaies encore purulentes : les deux communautés, Alévis turcs et Alaouites syriens, ethniquement distinctes, appartiennent cependant à deux communautés considérées de longue date comme des parias par les sunnites. De sorte qu’Alévis et Alaouites partagent un passé commun de persécution qui, le moment venu, pourrait les conduire à faire cause commune. On comprendra facilement que le gouvernement sunnite d’Ankara mesurera à l’aune de ce risque ses engagements dans le chaos syrien.

Les Alaouites le dos au mur ne peuvent plus reculer

Quant à ces persécutions, non seulement elles ne sont pas un mythe mais elles placent aujourd’hui deux millions d’Alaouites syriens le dos au mur, ce qui devrait les conduire à se battre jusqu’au bout… parce qu’ils se verront d’avance condamnés au retour de leur ancienne condition servile ! Ou pire, ils devront faire face aux pogroms et aux vengeances que ne manqueront pas d’exercer contre eux les takfiristes dépêchés en Syrie par les monarchies wahhabites, et plus encore les Frères Musulmans autrefois massacrés à Hama par le père de Bachar, Hafez el-Assad. Dix à vingt mille morts dit-on… ce qui avait néanmoins réglé pour un moment la question de l’islamisme et assuré la paix civile.

Pour mieux comprendre les dispositions mentales des Alaouites derrières lesquels s’alignent, bon gré, mal gré, les autres minorités, druze et chrétienne qui ont elles aussi tout a craindre de la vindicte islamiste. Pour ce faire, reportons-nous au propos d’Alain Chouet 5, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, un fin connaisseur déjà cité dans ces colonnes…

Bachar el-Assad « a derrière lui deux millions d’Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d’une mainmise islamiste sur le pouvoir, seule évolution politique que l’Occident semble encourager et promouvoir dans la région. Quand je suis allé pour la première fois en Syrie en 1966, le pays était encore politiquement dominé par sa majorité musulmane sunnite qui en détenait tous les leviers économiques et sociaux. Et les bourgeois sunnites achetaient encore – parfois par contrat notarié – des jeunes gens et de jeunes filles de la communauté alaouite dont ils faisaient de véritables esclaves à vie, manouvriers agricoles ou du bâtiment pour les garçons, bonnes à tout faire pour les filles. Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Je vous en donne ici une description rapide et schématique qui ferait sans doute hurler les experts mais le temps nous manque pour en faire un exposé exhaustif. Issus au Xe siècle aux frontières de l’empire arabe et de l’empire byzantin d’une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux mêmes sous le nom d’Alaouites – c’est à dire de partisans d’Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l’Islam que peuvent l’être les chamanistes de Sibérie. Et cela ne leur a pas porté bonheur... Pour toutes les religions monothéistes révélées, il n’y a pas pire crime que l’apostasie. Les Alaouites sont considérés par l’Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au XIVe siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l’ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n’a jamais été remise en cause et est toujours d’actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans. Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l’actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s’autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leurs tortionnaires. Il leur a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l’erreur classique des parvenus lors de l’indépendance de leur pays en 1943. Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l’Institution militaire n’était qu’un médiocre instrument de promotion sociale, ils n’ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l’encadrement de l’armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c’est-à-dire aux minorités : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites et surtout Alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu’ils s’en servent pour voler les riches et se venger d’eux. C’est bien ce qui s’est produit en Syrie à partir des années soixante ».

Chacun aura compris à cette lecture dans quel pétrin la France s’est fourrée pour complaire servilement, et imbécilement, aux néoconservateurs de Washington, Londres, Tel-Aviv et Bruxelles siège de l’Otan… Supposons d’ailleurs que, sous le label usurpé de « socialistes », ce sont justement des néoconservateurs internationalistes et mondialistes qui dirigent les destinées de la France et de l’Europe… sans jamais consulter évidemment les peuples des États membre de l’Union européenne. Suivant en cela le principe énoncé par le plagiaire gauchard Alain Minc – condamnation du 28 nov. 2001 par le TGI de Paris - qui en avril 2005 voyait dans l’institution du référendum - à la veille de la consultation relative au Projet de Traité constitutionnel - une « vérole antidémocratique ». L’ex Garde des Sceaux Élisabeth Guigou, cet autre parangon de démocratisme social-libéral, lui fera écho en nov. 2008, cette fois à l’occasion d’une réunion de la Trilatérale à Paris : « Pour sauver l’Europe, il faut en finir avec les referendum qui sont un processus destructeur ». À bon entendeur, salut !

Notes

(1) Soutien logistique destiné aux cinq autorités locales des « zones libérées » des provinces de Deïr al-Zor, d’Alep et d’Idlib selon l’Agence Reuters 5 sept. 2012.

(2) On peut voir à ce sujet un reportage à contre courant de la Radio Télévision Belge - RTBF – du 27 sept. 2012 tourné Antakya, ville qui abrite le QG de l’Armée syrienne libre. La séquence démarre sur le témoignage d’un membre connu de l’ASL d’origine syro-canadienne, qui avait déjà déclaré en août dernier à la BBC « avoir bénéficié d’une formation militaire dans un camp d’entraînement turc situé dans les environs d’Adana ». Autrement dit à proximité immédiate de l’une des plus importantes bases aériennes américaines Incirlik où se trouverait entreposé – disent les mauvaises langues – un nombre indéterminé de vecteur nucléaires de l’Otan.http://www.rtbf.be/info/media/video...

(3) Le Traité de Sèvres signé en août1920 entre les vainqueurs et la Sublime Porte démantèle l’Empire et accessoirement postulait la création d’un État kurde et d’une Arménie indépendante. Mais le sursaut national dirigé par Atatürk renverse la tendance. Le Traité de Lausanne le 24 juil. 1923 aux termes duquel l’Anatolie et la Thrace orientale sont rendues à la Turquie… 1 million 600 000 Grecs sont échangés contre 385 000 musulmans présents en Grèce. 300 000 Grecs du Pont-Euxin et Cilicie n’auront pas la chance d’être échangés et devront se convertir à l’islam et adopter langue turque. Les derniers Arméniens survivants sont expulsés. La République est proclamée le 29 octobre.

(4) « Le facteur religieux dans la politique syrienne de Recep Tayyip Erdogan depuis le soulèvement populaire contre le régime de Bachar el-Assad ». Bayram Balci - CERI-Sciences Po & Carnegie Endowment, Washington DC.

(5) Alain Chouet, « La syrie dans la tourmente de printemps arabes » IHEDN Nice le 27 juin 2012.

Source : http://www.geopolintel.fr/article534.html

Partager cet article

Repost 0

Trois millions d'ouvriers indonésiens en grève, 200 000 manifestants dans les rues de Djakarta contre la précarité généralisée et les salaires de misère

Publié le par Mahi Ahmed

Trois millions d'ouvriers indonésiens en grève, 200 000 manifestants dans les rues de Djakarta contre la précarité généralisée et les salaires de misère

 

Ce sont près de trois millions d'ouvriers Indonésiens qui ont arrêté le travail ce mercredi pour exiger des hausses de salaires et protester contre la précarisation massive du travail.

 

Le secrétaire de la Confédération des syndicats indonésiensYonis Raweyai a formulé les revendications des grévistes autour de trois axes : hausse du salaire minimum ; assurance sociale et sécurité sociale pour tous les travailleurs ; et révision de la loi qui permet aux entreprises privées d'embaucher des travailleurs précaires sur des contrats de un an sans aucun droit social.

 

« Nous mettons en garde le gouvernement : nous pouvons continuer à faire des dégâts à l'économie du pays, si on continue d'ignorer nos trois revendications principales », a souligné le responsable de la Fédération des métallurgistes indonésiens Said Iqbal.

 

Les syndicalistes indonésiens dénoncent depuis des années la pratique du travail intérimaire comme un système d'exploitation illégal, privant les travailleurs de tous leurs droits, à la retraite ou à la sécurité sociale entre autres.

 

« Les travailleurs précaires n'ont aucun droit », s'indigne un autre dirigeant de la Fédération des métallurgistes indonésiens Ridwan Pandjaitan.

 

Plus de 200 000 travailleurs ont défilé depuis Bekasi, dans la banlieue de Djakarta, jusqu'au centre-ville de la capitale brandissant des drapeaux rouges sous le mot d'ordre : « Travailleurs unissons-nous. Nous ne pouvons pas être vaincus ».

 

La manifestation était encadrée par plus de 10 000 agents de police et 4 000 militaires.

 

Les forces de police ont reconnu la présence dans la manifestation de plusieurs centaines de milliers de travailleurs, ainsi que la fermeture de 700 entreprises, de 80 complexes industriels autour de la capitale.

 

Il est nécessaire de rappeler que le salaire moyen d'un ouvrier en Indonésie équivaut à un peu moins de 150 euros par mois, dans un pays qui compte encore 30 millions de pauvres.

 

L'économie indonésienne s'appuie encore sur le cadre fixé par la dictature de Suharto dans les années 1970 et 1980, avec une libéralisation de l'économie indonésienne, un nivellement vers le bas des conditions de travail et des droits sociaux censé attirer les capitaux étrangers.

 

65% des travailleurs salariés indonésiens sont employés en contrat précaire selon les chiffres de l'OIT. Les droits syndicaux sont fortement limités dans la pratique : le droit de grève est conditionné à l'aval du patron, tandis qu'il est strictement interdit dans la fonction publique.

 

L'Indonésie, avec sa législation laxiste envers les capitaux étrangers, a pu attirer de grandes multi-nationales de l'industrie textile, ou encore électronique dans ses « zones franches industrielles », équivalent des ZES chinoises.

 

Les grands groupes de chaussures de sport, tels Nike ou Adidas, sont ainsi régulièrement dénoncés par les associations de défense des droits du travail pour leurs pratiques d'exploitation, et leur recours massif au travail des enfants.

 

Sources : Morning Star, Financial Times, BBC, Asia Times

 

Partager cet article

Repost 0

Près d'un jeune employé sur deux précaires dans l'Union européenne révèle l'OIT

Publié le par Mahi Ahmed

La précarité a doublé chez les jeunes depuis le début de la crise

Près d'un jeune employé sur deux précaires dans l'Union européenne révèle l'OIT

 

Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Selon une étude de l'Organisation internationale du travail (OIT), le nombre de jeunes employés en contrats temporaires a quasiment doublé depuis le début de la crise, touchant en moyenne un jeune européen sur deux.

 

Les jeunes sont les premiers touchés par la pratique des contrats précaires. Selon les chiffres de l'enquête: « On compte jusqu'à 70% de contrats temporaires chez les jeunes contre 20% chez les autres adultes ».

Dans la période 2008-2011, le taux de contrats précaires a augmenté en moyenne de 3,6 points dans l'Union européenne, avec des augmentations significatives en Espagne (+ 11,8 points) et en Irlande (+ 20,7 points).

 

Dans cinq autres pays, l'Italie, le Luxembourg, la Pologne, le Portugal et la Slovénie, l'augmentation a été de l'ordre de 10 points.

 

Il convient de rappeler qu'en 2008, selon les chiffres de l'Union européenne (Eurostat), 71% des jeunes espagnols de moins de 20 ans travaillaient avec un contrat temporaire, 68% des jeunes allemands et tout de même 61% des jeunes français étaient frappés par ces contrats précaires.

 

Le taux de chômage des moins de 25 ans s’élève par ailleurs officiellement à 51% en Espagne, 36% en Italie et au Portugal et 22% en France.

 

Selon le responsable de l'étude, Ekkehard Ernst, la conclusion en à tirer, c'est que les jeunes sont « piégés dans des contrats temporaires » et ont « peu de perspectives » d'obtenir un contrat à temps plein.

 

Dans la situation actuelle, « de nombreux jeunes perçoivent l'emploi temporaire comme la seule manière d'entrer sur le marché du travail » et le risque est que les jeunes « soient employés durablement sous des contrats temporaires, avec de maigres perspectives de carrière et une évolution moindre en termes de salaires ».

  •  
  •  
  •  

 

Partager cet article

Repost 0

Déclaration de Sergey Lavrov à la 67e Assemblée générale de l’ONU

Publié le par Mahi Ahmed

 

 

Déclaration de Sergey Lavrov à la 67e Assemblée générale de l’ONU

Déclaration de Sergey Lavrov à la 67e Assemblée générale de l’ONU

par Sergueï Lavrov

Réseau Voltaire | New York (États-Unis) | 28 septembre 2012

 

 

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Plus de 18 mois la situation au Proche-Orient et dans l’Afrique du Nord (POAN) reste un ganglion de la politique mondiale. Les changements survenus dans les pays de la région s’entrelacent avec les problèmes-clé des relations contemporaines internationales et exigent de tout le monde une approche coordonnée, la renonciations aux schémas idéologisés simplifiés et aux doubles standards.

La Russie soutient constamment les peuples dans leurs aspirations à l’autodétermination de leur sort pour tracer la voie vers les modèles plus efficaces de la gestion de l’état. Nous croyons très important que ces modifications se réalisent par voie sans violence ni ingérence extérieure. Nous sommes convaincus : tous les membres de la communauté intenationale doivent être intéressés de ce que la région POAN soit pacifique, stable, démocratique, exempt de conflits intérieurs et interétatiques. Jusqu’à présent il reste impossible d’avoir l’unité des efforts des joueurs extérieurs pour créer les conditions d’obtention de ces buts.

L’approfondissement du conflit en Syrie provoque une inquiétude particulière. Nous nous prononçons toujours pour que les forces consolidées fassent le gouvernement et ses opposants cesser la violence, les mettent autour de la table des négociations pour élaborer le compromis sur le contenu et les rythmes des réformes, qui arrangerait tous le syriens et assurera la sécurité et les droits de tous les groupes ethniques et confessionnelles. C’est ici que repose le fond du consensus proclamé dans le Communiqué de Génève « Groupe d’actions » coordonné comme développement du plan K.Anan.

Nous appelons tous les participants du « Groupe d’actions » de confirmer intégralement leurs obligations de Genève. C’est la voie la plus courte pour que les gens en Syrie cessent de périr. Nous avons proposé d’adopter par le Conseil de sécurité de l’ONU la résolution qui aurait approuvé le Communique de Génève à titre de base des pourparlers sur la commencement de la période transitoire, mais cette proposition a été bloquée. Ceux, qui s’opposent à la réalisation du communiqué de Génève assume une grande responsabilité. En insistant sur le cessez-le feu par le gouvernement et en favorisant l’opposition à l’intensification des actions militaires, ils poussent la Syrie dans l’abîme de la guerre intestine sanglante. La militarisation du conflit continue, on entend les appels à l’intervention ouverte. Les organisations extremistes, y compris « Al-Qaïda », se sont activées et elles réalisent les actes contre la population et l’infrastructure civile. Le nombre des crimes de guerre qui sont faits par les forces governementales et de l’opposition augmente, ce qui est fixé dans le rapport récent de la Commission du Conseil de l’ONU des droit de l’homme.

En désapprouvant toute violence d’où qu’elle provienne, la Russie est convaincue, qu’il existe encore la possibilité pour les actions collectives. Il faut faire les pas pratiques vers l’élimination de la crise par le cessez-le-feu, la libération des prisonniers de guerre et des ôtages, la fourniture d’aide humanitaire supplémentaire. Ça va créer les conditions pour l’établissement du dialogue intersyrien. Nous supposons que l’expérience M. Brahimi, représentant spécial de l’ONU et de la Ligue des États Arabes, va aider à coordonner les accords avec appui de la communauté internationale. La Russie va prêter son concours dans l’accomplissement de sa mission.

Les transformations dans les pays du Proche-Orient ne doivent pas cacher la tâche de la résolution du problème palestinien. L’obtention du règlement arabo-israélien complet, équitable et solide, un des résultats duquel sera la création de l’état palestinien indépendant, viable, et territorialement ininterrompu, qui coexiste en paix et sécurité avec Israёl, serait un apport important dans la normalisation de la situation dans toute la région. L’initiative pacifique arabe conserve pleinement son actualité, et nous soutenons les efforts de la Ligue des États Arabes de sa promotion.

Je voudrais souligner l’importance de la réalisation de la décision sur la convocation en 2012 de la Conférence sur la création au Proche-Orient de la zone exempte des armes d’extermination massive et des moyens de ses transport. C’est incontestable, qu’il est nécessaire d’assurer la participation dans cette Conférence de tous les états de la région, qui doivent accorder eux-mêmes entre eux les accords-clé. Là aussi LAE est appelée à jouer son rôle important.

Dans l’ensemble nous appuyons le développement des liens plus étroits de l’ONU avec les structures régionales. Quant à notre partie de la paix je veux noter que le mémorandum de coopération entre le secrétariat de l’OTSC et le Département de l’ONU des opérations de soutien de la paix est signé aujourd’hui. Je suis sûr que ça va contribuer à l’éfficacité des efforts collectifs de garantie de la sécurité et de la stabilité.

Toutes nos actions doivent reposer sur la base solide des Statuts de l’ONU, dans lesquels il n’y a rien qui nous donnerait le droit de nous occuper du remplacement des régimes. C’est inadmissible d’imposer aux peuples la structure de leurs états. Poutine V.V., le Président de Russie, s’en est exprimé avec une netteté extrême dans son allocution au Kremlin le 26 septembre dernier.

Toute la succession d’événement dans le monde arabe et dans les autres régions nous dit de la politique sans avenir, qui est capable d’aboutir à l’accumulation dangereuse des désaccords interethniques et interconfessionnaux dans les relations internationales. Nous considérons comme obligation de tous les états de protéger les sentiments religieux des gens de toutes confessions contre les provocations et l’outrage. Avec cela, bien sûr, les attaques terroristes ne peuvent pas avoir de justification où qu’ils sont commises – en Lybie, en Syrie, en Iraque, au Yémen ou quelque part ailleurs. Les agression des diplomates et du personnel de l’ONU sont absolument inacceptables.

En général nous sommes convaincus qu’aujourd’hui, quand le monde traverse la période transitoire qui se caractérise par l’instabilité dans l’économie, la politique et les relations entre les civilisations, la capacité des états membres de l’ONU de s’appuyer sur les normes concertées de conduite, de négicier le règlement commun des menaces à la stabilité globale, a une importance particulière. On ne peut pas admettre que les action irresponsables au profit immédiat mènent à l’ébranlement de tout le système du droit international. L’interprétation volontaire des principes de base tels que la renonciation à la non-utilisation de la force ou à la menace de la force, le règlement pacifique des conflits, le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des états, la non-ingérence dans les affaires intérieures, est grosse de danger pour la construction mondiale.

Ce sont les principes-clé des Statuts de l’ONU, qui confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité au monde. En avançant la réforme de l’Organisation des Nations Unies il est nécessaire de conserver la capacité du Conseil de sécurité d’exercer ces fonctions. Leur érosion aurait privé la communauté internationale du mécanisme primordial d’élaboration des approches collectifs au réglement des situations de crise.

Il est à noter bien à propos de l’instrumentation forcé dont l’ONU posséde. La mise en application des sanctions, conformément aux Statuts, est attribuée à la compétence exclusive du Conseil de sécurité. Les décisions doivent être prise en commun avec la compréhension nette que les sanctions ne doivent pas favoriser l’isolation de tel ou tel état, mais l’incitation au dialogue au fins de régler les questions apparues chez les membres de l’ONU. Le moment de principe : les sanctions doivent être vérifiées et ne doivent pas apporter de souffrances à la population. Naguère on a discuté dans le Conseil de sécurité de l’ONU la question des limites humanitaires des sanctions, mais peu à peu la discussion est tombée dans l’oubli. On croit important de la renouveler.

Dans le Conseil de sécurité de l’ONU une question des conséquences de mesures unilatérales, appliquées par un état ou un groupe d’états au détour de l’ONU pour l’avancement de leur buts politiques est déja mûre. Nous n’avons pas de doutes que de telles sanctions de caractère extraterritorial affaiblissent l’unité de la communauté internationale, nuisent à l’efficacité de ses efforts.

Les restrictions économiques et financieres, appliquées par les USA contre la Cuba reste depuis des années une illustration de l’influence nйgative des sanctions unilatérales. La Russie avec la majorité écrasante des membres de la communauté internationale plaide pleinement pour l’annulation la plus rapide de ce blocus qui est un vestige de l’époque de la « guerre froide ».

La question la réalisation en pratique des décisions du Conseil de sécurité sur les sanctions contre les joueurs non-gouvernementaux et les formation illégales transfrontalières exige l’attention particulière.

Dans l’ensemble, les événements des dernières années ont montré que les actions unilatérales en violation du droit international, réalisées au détour des décisions du Conseil de sécurité de l’ONU ou falsifiant l’essence de ces décisions, mènent à rien de bon.

Évidemment, les normes juridiques dans les affaires internationales vont se modifier au besoin. Mais cette modification doit être faite avec le maximum de responsabilité, avec la prise complète de conscience des risques liés. Ce n’est que le consensus qui paurrait en être critère. On ne peut pas admettre que les violations du droit international passent pour leur « développement créateur ».

Tout cela concerne les discussions autour de la conception de « la responsabilité de la protection ». Son examen doit passer sur la base des approches accordés pendant le sommet de l’ONU en 2005, qui ont confirmé la nécessité du respect des principes des Statuts en ce qui concerne la réaction aux conflits à l’intérieur des états. Le problème de la protection de la population civile - c’est une question trop importante pour l’utiliser dans ses buts politiques. Les initiatives, formulées par le Brésil et par certains états, qui peuvent aider à l’avancement vers le consensus, contribuent à la compréhension de la non-unicité du concept de la « responsabilité de la protection ».

Il ne faut pas oublier, que les pères-fondateurs de l’ONU ont accordé et ont approuvé dans leur sagesse les Statuts de l’Organisation dans lesquels les principes de la réglementation de la construction mondiale multipolaire sont implantés. Aujourd’hui, quand la période anormale bipolaire de la « guerre froide » est terminé, quand il devient évident, que dans le monde contemporain il ne reste plus de place pour unipolarité et que la réalité internationale ne peut être que policentrique, une chance unique a apparu de réaliser pleinement le potentiel initial des Statuts de l’ONU.

Il n’est pas facile de le faire. Les relations internationaux éprouvent le déficit manifeste de crédit. C’est là que nous voyons la raison principale qui entrave l’avancement pratique de l’approbation des bases universelles de la sécurité égale et indivisible – que ce soit sur l’espace euroatlantique, dans la région Pacifique ou dans les autres parties du monde. Cette état de choses est en contradiction évidente aussi bien avec la conception de la sécurité collective implantée dans les Statuts de l’ONU qu’avec l’interdépendance profonde du monde contemporain dans lequel la plupart de défis et de menaces sont communs pour tout le monde et portent le caractère transfrontalier.

Le renforcement du crédit et des origines collectives dans la vie internationale avec l’accent sur la recherche par voie de négociations des compromis pourraient atténuer le niveau de l’instabilité, d’avancer dans le règlement des situations de crise non seulement au Proche-Orient, mais autour de l’Iran, l’Afghanistan, sur la péninsule de Corée et partout dans le monde..

Le but final des efforts de règlement des conflits est la garantie du droit à la vie et des autres droits fondamentaux de l’homme : politiques, économiques, sociaux. Les événements des dernières années confirment que sans paix solide et sans développement durable le respect des droits de l’homme devient impossible. Le souci des droits de l’homme doit servir à son tour à la garantie de la sécurité et du développement de la personne, et ne pas être un prétexte pour l’ingérence illegale sans les affaires intérieures des états.

La Déclaration universelle des droits de l’homme proclame que chacun a le droit à l’ordre internationale sous lequel ses droits seront respectés. Ceux, qui recourent à la force militaire et aux sanctions en détour des Statuts de l’ONU, qui réalisent la prestation illégale des armes, qui blanchit les terroristes, violent brutalement ce droit, fixé dans la Déclaration mentionnée.

La Russie se prononce pour la réalisation de la Déclaration universelle des droits de l’homme et le respect des valeurs traditionnelles, sur lesquelles la civilisation humaine est fondée et qui sont communes pour toutes les religions mondiales. C’est la base moral de la vie de la société contemporaine, c’est le mortier qui cimente les nations et les peuples.

Au cours des dernières années ces valeurs sons soumises aux essais liés aux manifestations de l’immoralité, de l’extrémisme, de l’intolérance raciale. Les actions de plus en plus entêtées de ceux qui se référant à la liberté de la parole favorisent la héroïsation des nazis et de leurs complices, profanent la mémoire des victimes de la guerre et des vainqueurs du fascisme ne peuvent ne pas inquiéter. Des faits pareils sont incompatibles avec les engagements pris dans le cadre des Statuts de l’ONU.

Je veux rappeler que le Pacte international sur les droits civils et politiques prohibe directement la propagande de la guerre et l’attisement du désaccord national et religieu. Cela veux dire que la liberté de la parole et de la réunion ne peut pas étre utilisée à titre de justification de la propagandes des opinions nazis, extrémistes et d’autres pour les attaques de telle ou telle religion en violation des principes de base et des normes du droit international.

Hier, le Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme a approuvé sur proposition de la Russie la résolution sur la corrélation des droits de l’homme et des valeurs traditionnelles. Il est regrettable que certains êtats occidentaux ont voté contre ce document si actuel.

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs,

L’avancement vers le partenariat réel dans les relations internationales n’est possible que sur la base égale en droit et du respect mutuel. Tout le cours des choses ne nous laisse aucune alternative à la conjonction des efforts pour la construction du système démocratique internationale durable et équitable. Probablement on peut un certain temps résister à cette tendance objective, essayer de conserver le vieil ordre des chose. Mais de nouvelles victimes, souffrances et destructions feront le prix de cette résistance. Essayons de faire preuve de sagacité et de ne pas nous mettre du parti de l’histoire des siècles passés, mais de l’histoire qui se déploie aujourd’hui sous nos yeux et qui a tant besoin de notre sagesse collective.

Merci.

Sergueï Lavrov

Partager cet article

Repost 0

Pourquoi Chavez ?

Publié le par Mahi Ahmed

Version intégrale de la tribune sur Chavez publiée par Le Monde

samedi, 6 octobre 2012 / Ignacio Ramonet /

Président de l’association Mémoire des Luttes

, / Jean-Luc Mélenchon

Dans ses pages « Débats », Le Monde daté du 5 octobre dernier, a publié une tribune intitulée « Hugo Chavez, un homme diffamé ». Il s’agit en fait d’une version tronquée. Nous publions ci-dessous la version intégrale du texte signé par Jean-Luc Mélenchon et Ignacio Ramonet, en signalant en rouge les parties manquantes.

Sur son site web, en revanche, Le Monde en a publié la version intégrale, amputée toutefois des notes de pied de page. Elles sont ici rétablies.

Pourquoi Chavez ?

Par JEAN-LUC MÉLENCHON ET IGNACIO RAMONET

Hugo Chavez est sans doute le chef d’Etat le plus diffamé du monde. À l’approche de l’élection présidentielle au Venezuela, le 7 octobre, ces diffamations redoublent d’ignominie. Tant à Caracas qu’en France. Elles témoignent du désespoir des adversaires de la révolution bolivarienne devant la perspective (que les sondages semblent confirmer) d’une nouvelle victoire électorale de Chavez. Un dirigeant politique doit être jugé sur ses actes, et non sur les rumeurs colportées contre lui. Les candidats font des promesses pour se faire élire ; rares sont ceux qui, une fois élus, les tiennent. Dès le début, la promesse électorale de Chavez a été claire : travailler au profit de ceux, majoritaires dans son pays, qui vivaient dans la pauvreté. Et il a tenu parole.

C’est le moment de rappeler ce qui est vraiment en jeu dans cette élection au moment où le peuple vénézuélien va voter. Le Venezuela est un pays très riche en raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures. Mais presque toutes ces richesses étaient accaparées par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu’en 1999, le peuple n’en recevait que des miettes. Les gouvernements successifs, démocrates-chrétiens ou sociaux-démocrates, corrompus et soumis aux marchés, privatisaient à tout va. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivait sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996). Chavez a placé la volonté politique au poste de commande. Il a mis les marchés au pas et stoppé l’offensive néolibérale puis, grâce à l’implication populaire, il a permis à l’Etat de se réapproprier les secteurs stratégiques de l’économie. Il a recouvré la souveraineté nationale. Et a ensuite procédé à une redistribution de la richesse au profit des services publics et des laissés pour compte.

UN ÎLOT DE RESISTANCE DE GAUCHE AU NEOLIBERALISME

Politiques sociales, investissements publics, nationalisations, réforme agraire, plein emploi, salaire minimum, impératifs écologiques, accès au logement, droit à la santé, à l’éducation, à la retraite... Chavez s’est également attaché à la construction d’un Etat moderne. Il a mis sur pied une ambitieuse politique d’aménagement du territoire : routes, chemins de fer, ports, barrages, gazoducs, oléoducs. En matière de politique étrangère, il a misé sur l’intégration latino-américaine et privilégié les axes Sud-Sud, tout en imposant aux Etats-Unis des relations fondées sur le respect mutuel... L’élan du Venezuela a entraîné une véritable vague de révolutions progressistes en Amérique latine, faisant désormais de ce continent un exemplaire îlot de résistance de gauche contre les ravages du néolibéralisme. Un tel ouragan de changements a complètement chamboulé les structures traditionnelles de pouvoir au Venezuela et entraîné la refondation d’une société jusqu’alors hiérarchique, verticale, élitaire. Cela ne pouvait lui valoir que la haine des classes dominantes, convaincues d’être les propriétaires légitimes du pays. Avec leurs amis protecteurs de Washington, ce sont elles qui financent les grandes campagnes de diffamation contre Chavez. Elles sont allé jusqu’à - en alliance avec les grands médias qu’elles possèdent - un coup d’Etat le 11 avril 2002. Ces campagnes se poursuivent aujourd’hui et certains secteurs politiques et médiatiques européens les reprennent en chœur. La répétition étant - hélas - considérée comme une démonstration, des esprits simples en viennent à croire que Hugo Chavez incarnerait « un régime dictatorial où il n’y a pas de liberté d’expression ».

Mais les faits sont têtus. A-t-on déjà vu un « régime dictatorial » élargir le périmètre de la démocratie au lieu de le restreindre ? Et donner le droit de vote à des millions de personnes dépourvues jusque là de carte d’électeur ? Les élections au Venezuela n’avaient lieu que tous les quatre ans, Chavez en organise plus d’une par an (14 en 13 ans). Dans des conditions de légalité démocratique reconnues par l’ONU, l’Union européenne, l’Organisation des Etats américains, le Centre Carter, etc. Chavez démontre qu’on peut construire le socialisme dans la liberté et la démocratie. Il en fait même une condition du processus de transformation sociale. Il a prouvé son respect du verdict populaire en renonçant à une réforme constitutionnelle refusée par les électeurs lors d’un référendum en 2007. Ce n’est pas un hasard si la Foundation for Democratic Advancement (FDA), du Canada, dans une étude publiée en 2011, situe désormais le Venezuela en tête du classement des pays qui respectent la justice électorale [1]. Le gouvernement d’Hugo Chavez consacre 43,2% du budget aux politiques sociales. Résultat : le taux de mortalité infantile a été divisé par deux. L’analphabétisme éradiqué. Le nombre de professeurs des écoles multiplié par cinq (de 65 000 à 350 000). Le pays détient le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités) le plus performant d’Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC, un organisme de l’ONU) établit que le Venezuela est le pays sud-américain - avec l’Equateur -, qui, entre 1996 et 2010, a le plus réduit le taux de pauvreté. Enfin l’institut américain de sondages Gallup classe le pays d’Hugo Chavez, 6e nation « la plus heureuse du monde » [2].

Le plus scandaleux, dans l’actuelle campagne de diffamation, c’est de prétendre que la liberté d’expression serait bridée au Venezuela. La vérité c’est que le secteur privé, hostile à Chavez, y contrôle largement les médias. Chacun peut le vérifier. Sur 111 chaînes de télévision, 61 sont privées, 37 communautaires et 13 publiques. Avec cette particularité que la part d’audience des chaînes publiques n’est que de 5,4%, celle des privées dépassant les 61% [3] ... Même chose pour la radio. Et 80% de la presse écrite sont contrôlés par l’opposition ; les deux quotidiens les plus influents - El Universal, El Nacional - étant hostiles au gouvernement. Tout est, certes, loin d’être parfait dans le Venezuela bolivarien. Où existe-t-il un régime parfait ? Mais rien ne justifie ces campagnes de mensonges et de haine. Le nouveau Venezuela est la pointe avancée de la vague démocratique qui a balayé les régimes oligarchique de neuf pays dès le lendemain de la chute du mur de Berlin quand d’aucuns annonçait « la fin de l’histoire » et « le choc des civilisations » comme seuls horizons pour l’humanité. Le Venezuela bolivarien est une source d’inspiration où nous puisons sans aveuglement ni naïveté. Mais avec la fierté d’être du bon côté de la barricade et de réserver nos coups à l’empire malfaisant des Etats Unis et de ses vitrines si chèrement protégées au Proche-Orient et partout où règnent l’argent et les privilèges. Pourquoi ses adversaires en veulent-ils tant à Chavez ? Sans doute parce que, tel Bolivar, il a su arracher son peuple à la résignation. Et lui donner l’appétit de l’impossible.

[1] Le Venezuela obtient 85 points ; les Etats-Unis 30 ; le Canada 26 … http://venezuelanalysis.com/news/6336

[2] Etude publiée le 29 avril 2011. http://www.gallup.com/.../Masses-Countries-Worldwide

[3] Mark Weisbrot et Tara Ruttenberg, « Television in Venezuela : Who Dominates the Media ? » (pdf),Center for Economic and Policy Research, Washington, D.C., décembre 2010

Washington, on n’aime pas des élections démocratiques au Venezuela

Par crainte du résultat… /

vendredi, 5 octobre 2012 / Mark Weisbrot /

Co-directeur du Center for Economic and Policy Research (CEPR), Washington DC. Egalement président de Just Foreign Policy.

À 48 heures de l’élection présidentielle au Venezuela, la campagne médiatique internationale de calomnies et de mensonges sur la Révolution bolivarienne et Hugo Chavez est en train d’atteindre des sommets. En premier lieu à Washington où les sous-traitants européens puisent leurs « éléments de langage ».

C’est pourtant aux Etats-Unis qu’un ancien président, Jimmy Carter, a reçu le Prix Nobel de la paix pour le travail que sa fondation, le Carter Center, a effectué pour observer les opérations électorales dans le monde et, le cas échéant, dénoncer leurs carences. Le mois dernier, Jimmy Carter déclarait : « Sur les 92 scrutins que nous avons observés, je dirais que le processus électoral vénézuélien est le meilleur du monde » (http://therealnews.com/../jumival=8935 – écouter, en particulier, à partir de la minute 2’28). En France, cette expérience de terrain n’est jamais citée dans les grands médias. A la place, les élucubrations de commentateurs ou d’éditorialistes qui ignorent tout du Venezuela - du type Daniel Cohn-Bendit ou Alexandre Adler – y tiennent lieu d’ « information ».

On May 30th, Dan Rather, one of America’s most well-known journalists, announced that Venezuelan President Hugo Chávez would die “in a couple of months at most.” Four months later, Chávez is not only alive and campaigning, but widely expected to win re-election. Such is the state of misrepresentation of Venezuela – it is probably the most lied-about country in the world – that a journalist can say almost anything about Chávez or his government and it is unlikely to be challenged, so long as it is negative. Even worse, Rather referred to Chávez as “the dictator” – a term that few, if any, political scientists familiar with the country would countenance.

Here is what Jimmy Carter said about Venezuela’s “dictatorship” last month : “As a matter of fact, of the 92 elections that we’ve monitored, I would say that the election process in Venezuela is the best in the world.”

Carter won a Nobel Prize for his work through the election-monitoring Carter Center, which has observed and certified past Venezuelan elections. But because Washington has sought for more than a decade to de-legitimize Venezuela’s government, his viewpoint is only rarely reported. His latest comments went unreported in almost all of the U.S. media.

In Venezuela, voters touch a computer screen to cast their vote and then receive a paper receipt, which they then verify and deposit in a ballot box. Most of the paper ballots are compared with the electronic tally. This system makes vote-rigging nearly impossible : to steal the vote would require hacking the computers and then stuffing the ballot boxes to match the rigged vote.

Unlike in the United States, where in a close vote we really have no idea who won (see Bush v Gore, 2000), Venezuelans can be sure that their vote counts. And also unlike the U.S., where as many as 90 million eligible voters will not vote in November, the government in Venezuela has done everything to increase voter registration (now at a record of about 97 percent) and participation.

Yet the U.S. foreign policy establishment (which includes most of the American and Western media) seethes with contempt for Venezuela’s democratic process. In a report timed for the elections, the so-called “Committee to Protect Journalists” says that the government controls a “media empire”, neglecting to inform its readers that Venezuelan state TV has only about 5-8 percent of the country’s television audience. Of course, Chávez can interrupt normal programming with his speeches (under a law that pre-dates his administration), and regularly does so. But the opposition still has most of the media, including radio and print media – not to mention most of the wealth and income of the country.

The opposition will lose this election not because of the government’s advantages of incumbency – which are abused throughout the hemisphere, including the United States. They will lose because the majority of Venezuelans have dramatically improved their living standards under the Chávez government. Since 2004, when the government gained control over the oil industry and the economy had recovered from the devastating, extra-legal attempts to overthrow it (including the 2002 U.S.-backed military coup and oil strike of 2002-2003), poverty has been cut in half and extreme poverty by 70 percent. And this measures only cash income. Millions have access to health care for the first time, and college enrollment has doubled, with free tuition for many students. Inequality has also been considerably reduced. By contrast, the two decades that preceded Chávez were one of the worst economic failures in Latin America, with real income per person actually falling by 14 percent from 1980-1998.

In Washington, democracy has a simple definition : does a government do what the State Department wants them to do ? And of course here, the idea of politicians actually delivering on what they promised to voters is also an unfamiliar concept. So it is not just Venezuela that regularly comes under fire from the Washington establishment : all of the left and newly independent governments of South America, including Argentina, Ecuador, and Bolivia are in the cross-hairs (although Brazil is considered too big to get the same treatment except from the right). But the State Department tries to keep its eyes on the prize : Venezuela is sitting on 500 billion barrels of oil, and doesn’t respect Washington’s foreign policy. That is what makes it public enemy number one, and gets it the worst media coverage.

But Venezuela is part of a “Latin American Spring” that has produced the most democratic, progressive, and independent group of governments that the region has ever had. They work together, and Venezuela has solid support among its neighbors. This is Lula da Silva last month : “A victory for Chávez (in the upcoming election) is not just a victory for the people of Venezuela but also a victory for all the people of Latin America . . . this victory will strike another blow against imperialism ». South America’s support is Venezuela’s best guarantee against continuing attempts by Washington – which is still spending millions of dollars within the country in addition to unknown covert funds - to undermine, de-legitimize, and destabilize democracy in Venezuela

 

Publié dans Choix d'articles

Partager cet article

Repost 0

La plus importante concentration navale de l’histoire:l’armada américaine au Golfe arabo-persique

Publié le par Mahi Ahmed

La plus importante concentration navale de l’histoire

L’armada américaine au Golfe arabo-persique

Par : René Naba

La plus importante concentration navale de l’histoire contemporaine est déployée dans la zone du Golfe arabo-persique-océan Indien, dans une démonstration de force américaine sans précédent face à l’Iran, alors que le Conseil de sécurité des Nations unies s’est penché depuis le 21 septembre 2007 sur le programme nucléaire iranien avec en arrière-plan, la menace d’une intervention israélo-américaine contre le régime islamique de Téhéran.

Trois porte-avions à propulsion nucléaire, dont le Nimitz, le plus grand porte-avion du monde, ainsi que le Dwight Eisenhower et le John Stennis- soutenus par une quarantaine de bâtiments d’escorte, et près d’une centaine d’appareils de l’aviation embarquée, ont été affectés à cette zone où ils bénéficieront de l’appui de la gigantesque infrastructure militaire américaine en Irak, qui était et demeure le nouveau champ d’expérimentation de la guerre moderne américaine dans le Tiers-monde.

La base navale de Manama (Bahreïn), point d’ancrage de la Ve Flotte américaine dans cette région pétrolifère. D’Israël, le partenaire stratégique des Etats-Unis dans la zone, ainsi que des bases relais de Diégo Garcia (océan Indien) et de Doha (Qatar), qui abrite le poste de commandement opérationnel du CentCom (le commandement central américain) et dont la compétence s’étend sur l’axe de crise qui va de l’Afghanistan au Maroc. Cette armada, plus substantielle que celle massée face à l’Irak, en 2003, et face à l’Afghanistan, en 2001, constitue la plus importante concentration navale depuis le déploiement occidental au large de Beyrouth, en février 1984, qui était intervenu après la prise de contrôle de la capitale libanaise par les milices chiites et les attentats anti-occidentaux contre le quartier général français du Drakkar (59 morts français) et le quartier général américain de l’aéroport de Beyrouth (212 Marines US tués).

Le porte-avions nucléaire Nimitz est en effet, accompagné du croiseur lance-missiles Princeton et de quatre destroyers lance-missiles (Higgins, Chafee, John Paul Jones et Pinckneyles), renforcés par l’escorte de deux autres porte-avions constituant «l’Entreprise Strike Group» : le destroyer USS McFoul, la frégate USS Nicholas, le croiseur cuirassé USS Leyte Gulf, le sous-marin d’attaque USS Alexandria et le bâtiment de soutien USNS Supply, un bâtiment dont l’efficacité a été démontrée dans les affrontements en close-combat avec les forces iraniennes dans le Golfe persique. «Cette concentration tend à marquer la détermination des Etats-Unis à peser, peu ou prou, sur le programme nucléaire iranien en faisant planer la menace d’une intervention militaire. Les trois porte-avions et leur escorte devant avoir, dans l’esprit de Washington, un effet dissuasif pour «empêcher et dissuader certains pays d’agir contre les intérêts nationaux des Etats-Unis».

Le dispositif iranien

Face à une telle concentration, l’Iran a aligné une flotte de sous-marins de fabrication iranienne ou russe, une flotte d’aéroglisseurs, l’une des plus importantes du monde, de ROV (véhicules actionnés à distance), de navires de surface de différentes tailles, d’unités aéroportées comprenant plusieurs escadrons d’hélicoptères, des dragueurs de mines et un important arsenal de missiles antinavires. La flotte sous-marine iranienne comprend également des «sous-marins de poche» de fabrication iranienne.

A en juger par un tel dispositif, tout porte à croire que l’Iran pratiquera la guérilla navale à coup d’opérations commandos, comme tend à le démontrer le dernier coup de main contre une unité britannique au printemps 2007 où Téhéran avait réussi à capturer quinze marins anglais. Mais au vu du dispositif américain, l’Iran ne parait pas devoir se contenter d’opérations de harcèlement, mais pourrait moduler sa riposte en fonction de la frappe adverse et le cas échéant compter sur son propre hinterland stratégique d’une densité démographique sans pareille pour des opérations «derrière les lignes ennemies» avec le concours de leurs alliés régionaux, notamment une large fraction de l’importante communauté chiite du monde arabe implantée au Bahreïn, en Arabie Saoudite, dans la région pétrolifère de l’est du royaume, dans la zone pétrolière du nord du Koweit ainsi qu’en Irak et au Liban, dans la zone limitrophe d’Israël.

Tirant les enseignements des trois dernières guerres du Golfe (1979-89, 1990-91 et 2003), l’Iran a considérablement renforcé sa flotte militaire au cours de la dernière décennie présentant ses nouvelles réalisations au cours de ses deux dernières grandes manœuvres navales. Lors de ces exercices, en avril et en août 2006, l’Iran a présenté les derniers-nés de sa flotte, notamment le dernier torpilleur de patrouille, petit bâtiment efficace dans l’attaque de grands navires de guerre.

Doté d’une technologie de pointe sans doute parmi les plus avancés du monde notamment en ce qui concerne les équipements électroniques, pouvant atteindre une vitesse de pointe de 45 nœuds, le «Joshan» de même que son frère jumeau, le «Peykan», disposent d’une redoutable puissance de feu. Patrouilleur lance-missiles, armé en supplément d’un canon sous-marin de 76 mm, à usage variable, le plus moderne du monde, appelé Fajr, il peut atteindre des cibles sous-marines et aériennes distantes de 19 km. Il peut lancer également plusieurs types de missiles et des roquettes d’une portée dépassant 100 km. L’Iran a également testé une série de missiles antinavires mer-surface, réputés être «les plus rapides du monde». Propulsé à une vitesse de 362 km/h, ces missiles sont destinés à détruire de grands sous-marins.

Les objectifs de guerre et les arguments des protagonistes

Bon nombre d’observateurs inclinent à penser que le président américain serait tenté par l’option militaire contre l’Iran pour «une sortie par le haut», selon le jargon en vigueur dans les cercles atlantistes, en vue de restaurer son prestige terni par l’échec irakien et de consacrer durablement la primauté occidentale dans la gestion des affaires du monde, alors que le leadership américain est ouvertement contesté par ses compétiteurs militaires et économiques, la Chine, l’Inde et à un degré moindre la Russie, l’Afrique du Sud, en ce qui concerne le leadership moral sur l’Afrique, ainsi que le Brésil et le Venezuela de Hugo Chavez, pour l’Amérique latine.

L’Iran, par effet d’aubaine, a acquis une stature de puissance régionale du fait de la politique erratique des Etats-Unis tant en Afghanistan qu’en Irak, où ses rivaux idéologiques les radicaux talibans sunnites et le laïc baasiste irakien ont été éliminés par leur ancien protecteur américain. Il entend se faire reconnaître la place qu’il estime sienne dans le concert régional, qui était en fait sienne il y trente ans lorsque les Américains avaient confié au Chah d’Iran un rôle de «super gendarme» dans le Golfe en proie alors à la rébellion communiste du Dhofar (Sultanat d’Oman) et à la contestation nationaliste du «Front de libération nationale de la Péninsule arabique» tant en Arabie Saoudite qu’au Yémen que dans les Emirats pétroliers.

Les Etats occidentaux considèrent, pour leur part, que la détention de l’arme atomique par l’Iran constitue une menace à la paix mondiale dans la mesure où le régime islamique de Téhéran est de nature anti-démocratique et, du fait de ses alliances avec la Syrie et le Hezbollah libanais, un facteur de subversion intégriste qu’il importe de combattre au même titre que les autres composantes de «l’axe du mal». Ils tirent argument supplémentaire du fait que l’Iran a ratifié le traité de non-prolifération nucléaire qui lui commande de s’abstenir d’accéder à la puissance militaire nucléaire. L’argument gagnerait en crédit si les pays occidentaux observaient la même rigueur juridique à l’égard des autres protagonistes du dossier nucléaire. L’Inde et le Pakistan, par exemple, sont l’un comme l’autre détenteur de l’arme atomique. Bien que ces deux puissances asiatiques antagonistes n’aient jamais ratifié le traité de non-prolifération nucléaire, ils bénéficient néanmoins d’une forte coopération nucléaire de la part des Etats-Unis et de la France.

Il en est de même d’Israël, lui aussi non-adhérent au traité de non-prolifération qui a, lui aussi, bénéficié de la coopération active des Etats occidentaux membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne) pour se doter de l’arme atomique et dont l’arsenal s’élèverait à une centaine d’ogives. En revanche, les Etats arabes notamment l’Egypte, a dû renoncer à l’option nucléaire sous la pression de Washington en contrepartie d’une aide annuelle d’un milliard de dollars, abandonnant de fait la maîtrise de l’espace stratégique moyen-oriental à l’aviation israélienne.

En porte-à-faux devant leur opinion publique dont ils redouteraient un débordement, l’Egypte et la Jordanie ont été autorisées, fin 2006, dans la perspective de l’épreuve de force irano-américaine, à s’engager dans la production nucléaire à usage civil sous contrôle américain, accumulant ainsi un retard technologique de trente ans sur leur voisin israélien. La neutralisation de l’Iran ne répondrait donc pas exclusivement à des considérations de formalisme juridique, -le respect de la légalité internationale, tant bafouée par ailleurs par les Etats occidentaux eux-mêmes-, mais relèverait aussi d’impératifs militaires sous-jacents : le maintien d’une supériorité stratégique d’Israël sur l’ensemble des pays du Moyen-orient réunis, et, au-delà, la persistance de la mainmise occidentale sur les réserves énergétiques de l’Asie occidentale et le contrôle des nouveaux oléoducs stratégiques en construction depuis l’Asie centrale, une des motivations latentes de l’intervention américaine en Afghanistan et en Irak.

Les transactions militaires américaines à destination du Moyen-orient tendraient à accréditer la thèse du primat israélien qui trouve sa justification la plus récente dans le comportement de l’administration américaine à l’égard de ses amis et alliés au Moyen-Orient : le président Bush a en effet, promis à Israël, en août 2007, des fournitures d’armes de l’ordre de trente milliards de dollars sur dix ans, à titre gracieux, en contrepartie de la vente d’équipements militaires d’une valeur équivalente à quatre pays arabes représentant une population de cent millions d’habitants. Dans son approche des problèmes du Moyen-Orient qu’il souhaite équilibrée, Washington offre ainsi gracieusement des armes à Israël, pourtant déjà doté de la bombe atomique, mais en vend, en revanche, à ses alliés arabes.

Au-delà du nucléaire iranien, la Révolution islamique iranienne s’est heurtée dès sa naissance, en 1979, et sous divers prétextes, à l’ostracisme occidental, d’abord via une guerre déclenchée par l’Irakien Saddam Hussein encouragé en sous-mains par les Américains et les Français, ensuite par l’embargo de fait imposé à son économie, enfin par sa diabolisation permanente, quand bien même les Etats-Unis instrumentalisaient la frange la plus radicale de l’Islam sunnite, «les talibans» afghans, dans leur guerre contre l’Union soviétique en Afghanistan.

R. N

Source : Algérienews du 04.10.12

Partager cet article

Repost 0

Dans les pas de Mahmoud Darwich

Publié le par Mahi Ahmed

Dans les pas de Mahmoud Darwich

Par : Abdelmadjid Kaouah

 

«Il y a des morts qui sommeillent dans des chambres que vous bâtirez. Des morts qui visitent leur passé dans les lieux que vous démolissez. Des morts qui passent sur les ponts que vous construirez. Et il y a des morts qui éclairent la nuit des paillons, qui arrivent à l’aube pour prendre le thé avec vous, calmes tels que vos fusils les abandonnèrent. Laissez-donc, ô invités du lieu, quelques sièges libres pour les hôtes, qu’ils vous donnent lecture des conditions de la paix avec les défunts.»

Mahmoud Darwich, «Le Dernier discours de l’homme rouge»

Poète de Palestine, Mahmoud Darwich, est un des plus grands poètes du XXe siècle. Né en 1941 en Palestine, décédé en 2008 aux USA, ses textes sont traduits dans plus de quarante langues et de nombreux comédiens, musiciens, chanteurs, calligraphes, plasticiens y puisent force et inspiration. Devenu pour son peuple un symbole de résistance, celui qui demandait inlassablement (et encore un mois avant sa mort) à être considéré comme un poète et non comme une cause et revendiquait l’honneur d’être un «poète troyen», poète des perdants qui n’ont jamais eu le droit de raconter leur histoire. «Le grand poète est celui qui me rend petit quand j’écris… et grand quand je le lis», disait-il. Darwich, à l’écouter, nous grandit.

«Je suis le joueur de dés
je gagne ou je perds
Je suis votre pareil
ou un peu moins…»

«Le bleu du ciel et le sable de la mémoire» est né de l’envie de quelques amoureux de la poésie de Darwich de faire entendre à Toulouse une des plus belles voix poétiques de contribuer modestement à un dialogue au-delà des frontières, de faire vivre un message de justice et de fraternité, de «cultiver l’espoir» et célébrer la vie.

Porté par la Compagnie Ici, Là-bas et Ailleurs, épaulé par plusieurs partenaires ESAV (Ecole supérieure de l’audiovisuel), Cave-Poésie-Roger Gouzenne, Ciam (Centre d’initiatives artistiques de l’université Toulouse II – Le Mirail), et soutenu par la mairie de Toulouse, «Le Bleu du ciel et le sable de la mémoire» est une invitation à suivre le poète, de terre d’exil en terre d’exil, de la Galilée à New York, de Beyrouth bombardée aux terrasses des cafés de Paris, de la «soie des mots brodés» de Grenade à Ramallah assiégée, de la prison à la liberté.

L’événement se veut un espace de rencontres entre plusieurs expressions artistiques. De Serge Pey et Elias Sanbar qui liront à la Cave Poésie en passant des films proposés par l’ESAV, des «Hymnes gravés» de Koraïchi exposés au Ciam aux débats réunissant les amis du poète -F. Mardam- Bey, B. Breytenbach, Gilles Ladkany… des contes de Palestine à la chorésophie de Michel Raji, sans oublier le poète Abdellatif Laâbi, la voix de Darwich résonnera forte et belle entre les murs de la ville rose pour maintenir la flamme d’une parole qui interroge, bouleverse et ravit.

Du 8 au 15 novembre prochain, des rencontres variées qui conduisent le public de terre d’exil en terre d’exil, de la Galilée à New York, de Beyrouth bombardée aux terrasses des cafés de Paris, de la «soie des mots brodés» de Grenade à Ramallah assiégée, de la prison à la liberté : films avec l’ESAV, poésie bien sûr avec Serge Pey, Bruno Ruiz, Abdellatif Laâbi… et Elias Sanbar, ami de toujours, qui troquera son habit de diplomate palestinien auprès de l’Unesco pour devenir passeur de poésie.

D’abord, du 8 au 21 novembre, la superbe exposition «Une nation en exil, hymnes gravés» de Rachid Koraïchi et Hassan Massoudy au Ciam. Parleront de Darwich et de son œuvre des écrivains, chercheurs, poètes tels Farouk Mardam Bey, traducteur, auteur (Actes Sud), Breyten Breytenbach, peintre et écrivain, Gilles Ladkany… Il y aura aussi de la danse avec Michel Raji, de la musique avec Olivier Brousse, Thierry di Filippo, et des contes populaires de Palestine.

«Il est parti vers son étoile des arènes d’Arles
Le sang de Vincent n’a pas encore séché sur les toiles
Des soleils déments roulent dans le mistral
Les oranges de la saison prochaine auront
Un goût d’outre-tombe
Les rails semblent piailler
Comme des corbeaux prophétiques
C’est d’eux que les hommes ont appris l’art des funérailles
Le Galiléen nous abandonne
A notre vérité
C’est maintenant que commence
Le règne du Maître tourneur
Dans le monde invisible
De l’Indivise parole…»
Mahmoud Darwich repose sur une colline de Ramallah, face à Jérusalem. Sa tombe parle toujours pour son peuple. «Je n’aime pas les fleurs en plastique», disait-il.

A. K.

Source : Algérienews du 04.10.12

Publié dans Choix d'articles

Partager cet article

Repost 0

Le Pacte budgétaire européen

Publié le par Mahi Ahmed

Le Pacte budgétaire européen

De Salim Lamrani

Global Research, septembre 28, 2012

Url de l'article:
http://www.mondialisation.ca/le-pacte-budgetaire-europeen/

Le gouvernement socialiste de François Hollande s’apprête à faire adopter par voie parlementaire le Pacte budgétaire européen, également appelé Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) lequel, en plus d’instaurer définitivement une politique d’austérité, porte atteinte à l’indépendance de la France qui ne pourrait plus décider souverainement de son budget national.

Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), imposé par l’Allemagne d’Angela Merkel, adopté au niveau européen, est en passe d’être ratifié par la France de François Hollande. Ce texte introduit la dénommée « règle d’or » devenue obligatoire pour tous les pays membres de la zone euro et instaure de facto une politique d’austérité, empêchant les Etats de présenter un budget avec un déficit supérieur de 0,5% au Produit intérieur brut[1].

Adopté le 2 mars 2012 par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens, le TSCG sera bientôt soumis au parlement français dominé par le Parti socialiste, par une procédure de majorité simple des deux assemblées, sans qu’aucune modification n’ait été apportée au traité. La règle d’or deviendrait alors loi et interdirait tout déficit public, sous peine de graves sanctions de la part de l’Union européenne[2].

Plus grave encore, la France perd une grande partie de sa souveraineté avec le TSCG. En effet, le parlement français devra obligatoirement soumettre son budget annuel à la Commission européenne, dont aucun membre n’est issu du suffrage universel. Ces derniers pourront effectuer les arbitrages qu’ils jugeront nécessaires, sans avoir aucun compte à rendre aux citoyens, et décider de l’avenir de la nation. Ainsi, le TSCG rend obligatoire l’application de politiques d’austérité en Europe, sans qu’aucune autre voie alternative puisse être explorée[3].

Pour la France, alors que le pays se trouve à la limite de la récession et qu’il conviendrait en toute logique d’injecter des fonds dans l’économie, le retour à l’équilibre budgétaire imposé par le TSCG, qui implique de revenir à un déficit de 3% en 2013, signifie que 33 milliards d’euros redistribués par l’Etat doivent être retirés de l’économie nationale. Cela est valable uniquement si les hypothèses de croissance de l’ordre de 1% sont confirmées, ce qui est loin d’être le cas. Cela suppose que l’Etat réduira inévitablement ses dépenses publiques, ce qui aura un impact social[4].

De la même manière, pour revenir à l’équilibre budgétaire en 2017, comme s’est engagé le président français François Hollande, il faudrait retirer 60 milliards d’euros de la circulation économique. Cela équivaut à la moitié de la somme prévue par le Plan de Relance qui est de 120 milliards d’euros (inférieur à 1% du PIB européen) adopté par l’Union pour tous les pays de la zone euro, destiné à stimuler la croissance[5].

Le Mécanisme européen de stabilité (MES) est officiellement censé venir en aide aux pays en difficulté. Il est néanmoins uniquement destiné aux nations ayant adopté le TSCG. Il s’agit en réalité du moyen trouvé par les partisans du néolibéralisme, symbolisés par Angela Merkel, pour imposer des politiques d’austérité, qui en plus d’avoir de graves conséquences sociales sur les populations, sont économiquement inefficaces[6].

En effet, partout où les plans d’austérité ont été appliqués, que ce soit en Grèce, en Italie, en Irlande, au Portugal ou en Espagne, la crise de la dette, loin de se résorber, s’est aggravée et les conditions de vie des habitants se sont considérablement dégradées, avec une explosion du chômage et une destruction organisée du système de protection sociale et de l’Etat providence.

Les exemples les plus emblématiques sont la Grèce et l’Espagne, où ces remèdes de choc ont été imposés de force. Les résultats sont catastrophiques d’un point de vue politique, économique et social.

Ainsi, en Grèce, après l’application de neuf plans d’austérité avec une hausse massive d’impôts dont la TVA, une hausse des prix, une réduction des salaires (jusqu’à 32% sur le salaire minimum !) et des pensions de retraite, un recul de l’âge légal de départ de la retraite, la destruction des services publics de première nécessité tels que l’éducation et la santé, la suppression des aides sociales et privatisations des secteurs stratégiques de l’économie nationale (ports, aéroports, chemins de fer, gaz, eaux, pétrole), la production a reculé de 20%, le chômage a explosé et la crise de la dette n’a fait que s’aggraver. En effet, celle-ci est aujourd’hui supérieure à ce qu’elle était avant l’intervention des institutions financières internationales en 2010[7].

Après le désastre grec, causé par les politiques d’austérité de la Troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et Fond monétaire international), l’Espagne se trouve à son tour au bord de l’abîme. La même thérapie de choc néolibérale a été appliquée de force au peuple espagnol, avec les mêmes conséquences désastreuses. Le gouvernement de Mariano Rajoy a imposé aux citoyens un « plan de rigueur colossal » selon le journal économique La Tribune, avec une baisse des dépenses de 102 milliards d’euros d’ici 2014 : baisse drastique du nombre de fonctionnaires, des budgets de l’éducation et de la santé et diminution des salaires, hausse des impôts dont la TVA et réduction des allocations familiales, des indemnités de chômage et des pensions de retraite, entre autres. Tout cela, dans un pays frappé par un taux de chômage record de 25%, avec une explosion du taux de pauvreté. De son côté, la Commission européenne, loin de se préoccuper des conséquences sociales et humaines engendrées par ces mesures, « salue l’adoption en Espagne du plan pluriannuel[8] ».

Le TSCG, qui impose les politiques d’austérité comme la seule norme possible, est voué à l’échec et aggravera inévitablement la crise économique en Europe, déjà en pleine récession. En effet, le concept de la « règle d’or » est douteux puisqu’en réduisant la capacité des Etats à s’endetter, on les prive de toute possibilité de réaliser des investissements qui relanceraient la croissance. Les conséquences sociales désastreuses entraîneront une crise politique d’envergure dont nul ne peut prédire l’issue, dans un contexte de résurgence de l’extrême droite partout dans le continent.

Le gouvernement socialiste de François Hollande a l’obligation morale de soumettre le TSCG au peuple par référendum, après un vaste débat public contradictoire sur les enjeux en question. Il en va de l’avenir de la démocratie en France, déjà passablement ébranlée par l’adoption par voie parlementaire du Traité de Lisbonne en 2007, alors que le peuple l’avait rejeté deux années auparavant par référendum.

Article original publié en portugais :

Opera Mundi

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/24575/pacto+orcamentario+europeu+atenta+contra+independencia+da+franca.shtml

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

 


[1]Union europénne, « Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », 2012. http://www.touteleurope.eu/fr/organisation/droit-de-l-ue/les-traites/presentation/le-traite-sur-la-stabilite-la-coordination-et-la-gouvernance-2012.html (site consulté le 29 août 2012).

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Jean-Luc Mélenchon, « Discours de Jean-Luc Mélenchon en clôture des estivales citoyennes du Front de Gauche », Le Parti de Gauche, 26 août 2012. http://www.dailymotion.com/video/xt3yj5_discours-de-jean-luc-melenchon-en-cloture-des-estivales-citoyennes-du-front-de-gauche_news?search_algo=2 (site consulté le 29 août 2012).

[5] Ibid.

[6] Conseil de l’Europe, « Mécanisme européen de stabilité », 2012. http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf (site consulté le 29 août 2012).

[7] Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers monde (CADTM), « Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés », 10 mars 2012. http://www.cadtm.org/Le-CADTM-denonce-la-campagne-de (site consulté le 29 avril 2012).

[8] La Tribune, « L’Espagne s’impose un plan de rigueur colossal », 3 août 2012.

Copyright © 2012 Global Research

 

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 > >>