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الدولة المدنية والإسلاميون

Publié le par Mahi Ahmed

الدولة المدنية والإسلاميون

 

طيب تيزيني
 - 2011 / 8 / 30
المحور: مواضيع وابحاث سياسية
 

مع اندلاع الثورات العربية منذ ما يزيد على نصف عام، راحت تبرز مجموعة من الاستحقاقات السياسية والفكرية والقضائية والتعليمية وغيرها، استجابة للمطالب الجديدة. وإذ كانت هذه الاستحقاقات تشكل مطالب عامة لجموع المنتفضين، إلا أن بعضها له خصوصية محددة بالنسبة لفريق أو آخر منهم. وهذا ينطبق على مسألة الدولة المدنية وموقعها من الفكر الإسلامي السياسي الراهن. وسنلاحظ أن ذلك ذو تاريخ بعيد في العالم العربي، بل يمكن القول إنه يعود إلى أواخر العهد النبوي في القرن السابع الميلادي، وذلك في سياق هجرة النبي الكريم من مكة إلى المدينة. ويستمر حتى العصر الحديث، وبروز إرهاصات أولية باتجاه حالة من النهوض والتنوير، خصوصاً انطلاقاً من أواخر القرن الثامن عشر، وحتى القرن التاسع عشر وما أعقبه من تحولات كبرى في مصر وسوريا والعراق وتونس، وأخيراً ما حدث في إطار المرحلة الناصرية منذ منتصف القرن العشرين وحتى سبعينياته.


لقد فرضت المسألة المعنية هنا نفسها على الجميع ضمن حالة مفتوحة ومركّبة من التفسير والتأويل الشرعي، المُقرّ بها عموماً وإجمالاً. فهي مسألة لا يمكن إقصاؤها أو تأجيلها، لارتباطها الحيوي بشؤون الناس، إنها مسألة الحكم والسلطة والمرجعيات، التي تحتكم إليها، وقد جاء "دستور المدينة" ليؤكّد على أنها تفرض نفسها على الجميع. وكان النبي الكريم من الحصافة بحيث إنه وضع يده على "آلية" مناسبة لفهم العلاقة بين النص والواقع، ومن ثم لإدراك أن النص "الثابت" من أجل امتلاكه مصداقية، يجب أن يفهم متحركاً، وقد قاد ذلك إلى التمييز النسبي بين متطلبات الواقع وبين الإطار النصي الذي يستوعبها. وهذا ما أنتج تعددية القراءات ومسوغاتها الشرعية. تلك كانت المشكلة، التي رافقت التطور التاريخي الإسلامي- العربي، وهي تبرز الآن في مرحلتنا بقوة، وكان على القوة الإسلامية العربية، والحال كذلك أن تقتحم الآفاق عبر تجاربها العلمية الصعبة وقراءاتها النظرية، وتصل إلى حالة أو حالات من العقلانية والتوازن المجتمعي والتنوير الأخلاقي إضافة إلى التجذّر في وطنها العربي ذي الفسيفساء الرحب، بحيث تعيد النظر نقدياً وبحسب قانون التوازن بين الواقع والعقل، في ما تأخذ به من آراء ومبادئ، وهذا ما راحت مجموعات إسلامية تضعه موضع الفحص والتدقيق، وذلك على نحو يحقق حداً ضرورياً ومتطوراً من التجادل الفهمي بين المشكلات التي تواجهها الآن في ربيع الوطن، وبين الفكر الإسلامي في سياق وهج هذا الربيع.

ولا شك أن قراءة نظرية وسياسية متحركة وعقلانية جديدة، تأخذ في التحقق لدى مجموعات ونخب من الإسلاميين العرب، معلنة أن "مرحلة أو مراحل" التعصّب والانغلاق التاريخي في الفكر الإسلامي السياسي العربي لم تعدْ مقبولة، وهي إن استمرت، فإنها تسيء للواقع المشخص، كما للعقيدة المأخوذ بها، على حدْ سواء. ومن شأن هذا أنه قد يفتح آفاقاً جديدة من المعالجات العقلانية والمدنية والديمقراطية لِما نواجهه راهناً.

إن إقراراً بضرورة تأسيس منظومات فكرية تستجيب لاحتياجات العالم العربي من مثل دولة مدنية تقوم على حقوق الناس جميعاً وبمعزل عن انتماءاتهم الدينية والمذهبية والطائفية، إنما هو استحقاق يقف أمام الإسلاميين والقوميين واليساريين والمدنيين جميعاً لتحقيقه. ونرى أن ذلك حين يأخذ حقه من الاهتمام، فإنه يستجيب لطبيعة المرحلة الجديدة تاريخياً في العالم العربي. أما ذلك (ضمنه سوريا)، فيعني مرحلة النهوض، التي يتمثل حاملها الاجتماعي والسياسي والثقافي في المقولة التالية: من أقصى اليمين الوطني والوطني الديمقراطي إلى أقصى اليسار الوطني والوطني والقومي الديمقراطي.


 

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La Libye, un modèle pour la redivision du Moyen-Orient

Publié le par Mahi Ahmed

La Libye, un modèle pour la redivision du Moyen-Orient

 

Par Bill Van Auken

Le 30 aout 2011

wsws.org

 

Une rubrique de Philip Zelikow, intitulée « La chute de Kadhafi renouvellera le printemps arabe, » et publiée lundi sur le site Internet du Financial Times, donne un aperçu des objectifs ambitieux poursuivis par Washington et les autres principales puissances impérialistes dans leur soi-disant intervention « humanitaire » en Libye.

Zelikow est un ancien conseiller au Département d’Etat conduit par Condoleezza Rice dans le gouvernement de George H.W. Bush durant la période de l’effondrement du bloc soviétique. C’est un conseiller expérimenté et qui jouit de la confiance de l’establishment politique américain, au point même d’avoir été pressenti pour le poste de directeur exécutif de la Commission d’enquête sur les origines des attentats du 11 septembre. A ce poste, il fut la personne sur qui reposait la responsabilité d'occulter le rôle joué par le gouvernement américain dans les attentats terroristes du 11 septembre.

Proche du Projet pour le nouveau Siècle américain (PNAC) et l’un des auteurs de la doctrine de guerre préventive prônée par Bush, Zelikow a une expérience approfondie, à la fois théorique et pratique, de la poussée de l’impérialisme américain à exercer son hégémonie sur l’ensemble du Moyen-Orient.

Zelikow débute sa rubrique en faisant tomber les arguments de ceux qui sont à la droite du Parti républicain et qui s'opposaient à la guerre en Libye au motif que c'était de l’« interventionnisme libéral. » Il rejette cet argument, disant que ce n’est qu’un simple malentendu « alimenté par une certaine rhétorique, notamment du gouvernement. » La guerre, écrit-il, a été lancée en raison de « l’histoire particulière [de la Libye]et d’une géographie du pays qui ont dûment justifié des calculs pragmatiques de la part des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de bien d’autres pays, selon lesquels il fallait saisir cette occasion pour aider les rebelles à se débarrasser de ce régime tout particulièrement dément. »

En d’autres termes, les principales puissances impérialistes ont reconnu dans les événements en Libye des circonstances leur permettant de « saisir l’occasion » de mener une campagne militaire en faveur d’un changement de régime aux fins d’établir un contrôle rigoureux sur ce pays d’Afrique du Nord riche en pétrole.

Ces circonstances ont été en partie conditionnées par les soulèvements en Tunisie et en Egypte et leur écho au sein de la population libyenne sous la forme de manifestations contre le régime Kadhafi, qui ont été impitoyablement réprimées. Et ces circonstances ont aussi été en partie déterminées par le caractère de la Libye : un pays de moins de 6,5 millions d’habitants, ayant les plus vastes réserves pétrolière du continent africain et disposant d’un long littoral méditerranéen exposé directement à l’Europe méridionale.

Après avoir lutté jusqu’à la fin pour garder au pouvoir les régimes dictatoriaux de Moubarak et de Ben Ali en Egypte et en Tunisie, les impérialistes ont vu l’occasion d'utiliser le soi-disant « printemps arabe » comme alibi pour s’emparer du contrôle de la Libye, alors même qu’ils exploitent, au même titre que les élites dirigeantes locales, l’absence d’une direction révolutionnaire pour rétablir leur domination en Tunisie et en Egypte.

C’est ce qui a donné lieu à la guerre menée soi-disant pour des « raisons humanitaires » et pour « protéger des civils libyens, » des prétextes que Zelikow rejette à juste titre comme n’étant que de la rhétorique.

Comme le fait bien comprendre l’ancien responsable du Conseil de sécurité nationale (NSC) au Département d’Etat, ce processus ne s'arrêtera pas à la Libye. La guerre libyenne, dit-il, « renouvellera une dynamique. » Il poursuit en disant : « Le combat en Syrie, en s’intensifiant lentement, passera davantage encore au premier plan. »

En d’autres termes, ce qui est en jeu ce n’est pas simplement la prise de contrôle d’un pays, ce qui, en soi, est déjà important, mais plutôt le réaménagement d’une région tout entière.

Et qui, selon Zelikow, se trouve à l’avant-garde de ce « printemps arabe » soi-disant démocratisant ?

« Une grande partie de la poussée de la politique du printemps arabe provient actuellement des Etats du Golfe persique, tels l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis (EAU) et le Qatar, » écrit-il. « C’est leur heure. Le gouvernement saoudien joue un rôle crucial dans l'isolement actuel de la Syrie par la diplomatie arabe. Les EAU, avec les Saoudiens, ont trouvé les fonds nécessaires qui ont permis aux dirigeants intérimaires de l'Egypte de ne pas se soumettre aux aides proposées sous conditions par les institutions financières internationales. Le gouvernement qatari a joué un rôle vital dans la révolution libyenne. »

Le « printemps arabe » est « leur heure? » Ces soi-disant champions de la démocratie et de la libération des masses arabes sont un assortiment de monarchies absolues où les opposants risquent d’être torturés, emprisonnés sans procès et même décapités. Ils régentent des sociétés dans lesquelles la vaste majorité de la population sont des travailleurs immigrés opprimés et privés de tout droit et où les femmes sont privées des droits fondamentaux.

Ces croisés en faveur de la « démocratie » en Libye et en Syrie sont bien sûr ces mêmes régimes dictatoriaux qui ont organisé la répression militaire des protestations nationales au Bahreïn qui revendiquaient des droits démocratiques en opposition au règne dictatorial de la dynastie d’Al-Khalifa. Avec le soutien tacite de Washington, une multitude de gens ont été tués, plusieurs centaines ont été interpellés et des milliers ont perdu leur emploi durant la répression continue au Bahreïn.

Proclamer ceci comme l’« heure » de régimes tellement odieux c'est projeter un cauchemar de répression et de régression sociale sur les peuples de l'ensemble du monde arabe.

Zelikow poursuit son éloge aux monarques du Golfe persique, fous de pétrodollars, par un commentaire bizarre. « Je me sentirais mieux, » écrit-il, « si, pour coordonner la stratégie, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, et ces trois pays organisaient régulièrement des discussions de groupes de travail au niveau des hauts responsables et à un rythme quasi quotidien. Mais peut-être le font-ils. »

Qui Zelikow croit-il tromper ? Non seulement la politique est « coordonnée » à un niveau supérieur, mais les forces spéciales qatari ont collaboré sur le sol libyen avec des agents secrets, des troupes d’opérations spéciales et du personnel militaire « sous contrat » américains, britanniques et français pour organiser et diriger les soi-disant offensives rebelles. Si ces régimes sont maintenant présentés comme l’avant-garde du « printemps arabe » c’est parce qu’ils sont les plus asservis à la politique américaine au Moyen-Orient.

Qu’est-ce que cet initié de la politique étrangère et du renseignement voit comme perspective pour la Libye et le monde arabe en général ? Est-ce que de nouveaux régimes répressifs représentant les anciennes élites dirigeantes apparaîtront – comme il semblerait que cela soit le cas en Egypte ou en Tunisie ? Est-ce que « des extrémistes islamistes… prendront le contrôle ? » Ou est-ce que « des sociétés plus ouvertes sur le modèle connu à l’Ouest » émergeront ?

Zelikow suggère qu’une alternative « nouvelle et originale » pourrait émerger ; une alternative qui « ne corresponde pas à ces catégories préconçues. »

« Considérons les dilemmes auxquels les nouveaux dirigeants de la Libye seront confrontés au début, » écrit-il. « Leur économie repose essentiellement sur le complexe pétrolier que l’Etat voudra contrôler. Leur politique commencera à partager le pouvoir et les ressources entre plusieurs groupes rivaux comblant le vide laissé par la disparition de la dictature. Les dirigeants seront las des combats et du chaos. Plutôt que de réimposer une nouvelle dictature pour faire entrer tout le monde dans un modèle unique et en payer le prix avec les revenus pétrolier et gaziers, le cours naturel sera de conclure des accords, conférant une plus grande autonomie à diverses communautés et des parts du revenu national. Ce n’est pas inhabituel. Des communautés multi-ethniques dans des pays tels la Libye, l’Irak et la Syrie expérimentent ou expérimenteront des solutions fédérales ou même confédérales. Dans cette partie du monde, c’est le modèle du 'tout Etat', fils décrépit de la décolonisation, qui est en train de s’écrouler. Ce modèle unitaire et étatiste a été le vecteur de tout ce clientélisme et il est en train de faire place à quelque chose de nouveau. »

Ici, ce « quelque chose de nouveau » semble par contre avoir tous les aspects de quelque chose de très vieux ou du moins de quelque chose datant du 19ème ou du début du 20ème siècle. Ce qui est proposé ici ce n’est pas l’épanouissement de l’autonomie démocratique mais plutôt le plus grand redécoupage impérialiste du Moyen-Orient depuis que la Grande-Bretagne et la France ont imposé leur système de mandats coloniaux après la Première Guerre mondiale.

Après avoir supprimé le « modèle unitaire et étatiste, » qualifié par Zelikow de « fils décrépit de la décolonisation, » la voie est libre pour une véritable re-colonisation de la région. Ou, plus exactement, de la plus grande partie de la région. L’on peut difficilement soupçonner Zelikow de proposer la fin du « modèle unitaire et étatiste » en Israël.

Avec l’élimination du « modèle étatiste » dans un pays comme la Libye, l’on se débarrasserait probablement aussi du préoccupant problème du contrôle par l’Etat des ressources pétrolières, permettant ainsi à Exxon-Mobil, BP, Chevron et à d’autres groupes énergétiques de revendiquer la propriété directe des champs pétroliers, de prendre le contrôle de la production et d'évincer des marchés les concurrents en Chine, en Russie et en Inde.

Zelikow conclut en disant: « Les étrangers peuvent contribuer à tout ceci en mettant à disposition des informations, des idées et de l’incitation. Mais les étrangers ne seront pas les décideurs. » Bien sûr que non, tout comme les étrangers de l’OTAN n’ont fait « qu’aider » les « rebelles » en Libye.

Zelilow s'était fait largement connaître dans les cercles de l’establishment américain durant la période de l’effondrement de l’Union soviétique et de la bureaucratie stalinienne en Europe de l’Est. Il était alors conseiller principal pour les questions de sécurité durant la guerre du Golfe persique de 1990-1991. Il s'était fait l'avocat de la politique qui a conduit à l’invasion de l’Irak en 2003, une guerre qui fut rendue possible par la liquidation de l’URSS. A présent, il est en train de proposer que l'on intensifie cette politique de façon significative.

Sa rubrique sur la Libye sert à confirmer que la guerre là-bas n’a rien à voir avec de l’humanitaire ni avec les droits de l’homme mais qu'elle représente l'assujettissement brutal d’un ancien pays colonial. Et c’est un avertissement : La Libye n’est que le début d’une poussée impérialiste visant à réorganiser l’ensemble du Moyen-Orient. Compte tenu des intérêts conflictuels entre les principales puissances impérialistes même, ce processus risque de provoquer des affrontements bien plus sanglants dans un avenir proche.


Article original, WSWS, paru le 24 août 2011
http://www.wsws.org/articles/2011/aug2011/zeli-a24.shtml


 

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Leçons libyennes

Publié le par Mahi Ahmed

Leçons libyennes

L’OTAN et les groupes rebelles libyens viennent de chasser Kadhafi du pouvoir. Cela a demandé six mois. Cela a nécessité un déploiement impressionnant de l’effroyable machine de guerre intégrée de l’OTAN. Les mosaïques de rebelles, aux forces disparates et rudimentaires au début, ont été soutenues par des systèmes éprouvés d’entrainements et de formations militaires, de systèmes logistiques et médiatiques de pointes des pays occidentaux engagés, sans cesse adaptés aux capacités de nuisances des forces en présence. Une guerre asymétrique d’un type nouveau depuis la deuxième guerre du Golfe, était ainsi engagée conduite sur les plans stratégiques, militaires, politiques et médiatiques par les puissances occidentales avec à leur t^te les USA.

Le despote libyen défait, quo vadis en Liye et dans la région?

Le cas de cette guerre de Libye, puisqu'il faut , me semble-t-il l'appeler ainsi, est riche en enseignements pour un pays comme le nôtre mais aussi pour tous les peuples des périphéries occidentales. Une périphérie occidentale est déterminée en fonction de l'intensité des intérêts de l'Occident et surtout de sa première puissance.

De nombreuses leçons doivent être tirées :

Nous ne manquerons pas d'y revenir.

Aujourd'hui je emets en lignes des textes qe j'ai publiés en 2001, 2002 , 2009, 2011 et qui, je le pense ,montre combien un débat productif est nécessaire pour avancer.

La guerre de Libye et ses suites montre , à l'évidence, combien nous avons besoin de travailler:

a) sur la maîtrise du réel en mouvemnet,

b)sur l'élaboration du sens qui peut mener notre société vers la liberté , le progrès, la justice

sociale et en faire un acteur productif au sens large du terme En n'oubliant pas ,comme l'avait affirmer Le Général Giap à Alger que "l'impérialisme est un mauvais éléve et que sa nature exploiteuse et oppressive ne peut changer sans le changement des rapports de forces mondiaus en sa défaveur.

c) sur comment construire l'Etat National démocratique et de progrès dont nous avons tant besoin,

d) sur le développement du mouvement social et civil capable d'imposer politiquement et pacifiquement la fin du système autoritaire, corrompu, népotique qui s'est lourdement éloigné de l'esprit du premier novembre 1954 et le passage à un Etat démocratique, de progrès et de justice sociale,

e)sur la refondation des organisations politiques , sociales et culturelles  des forces sociales  dont l'histoire des luttes pour la liberté, le travail ,les droits sociaux, le savoir et la culture, c'est à dire pour le progrès et la justice sociale, voire le socialisme, ont profondément marqué celle de notre peuple durant la nuit coloniale, pendant la guerre de libération nationale et après l'indépendance nationale. Et ceci en liaison avec les marques et les impératifs du temps et de la projection de ce dernier dans le futur.

 

 

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Quelques éléments sur les évolutions actuelles au Moyen-Orient et au Maghreb

Publié le par Mahi Ahmed

Quelques éléments  sur les évolutions actuelles au Moyen-Orient et au Maghreb

Par Mahi Ahmed

 

 

Le 3 Avril 2011

 

Il s’agit d’un avis brut

 

 

L'effervescence qu'on observe actuellement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ne peut relever du spontanée. C'est le résultat, je pense, d'un double mûrissement.

 

Premier mûrissement :

Les Etats nationaux de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont accumulé, au cours des cinquante dernières années, au travers de multiples processus historiques (coups d’Etat, régimes autocratiques,

Nationalistes, autoritaires et répressifs, une riche expérience individuelle et surtout collective où les luttes pour les droits matériels et sociaux, voire démocratiques ont développé la conscience de diverses classes et couches sociales qui, de plus en plus font le lien entre leurs problèmes quotidiens et de long terme avec la nature de l’Etat.

De fait les événements actuels soulignent une émergence active :

-       de la jeunesse et surtout ses détachements sensibles à une certaine modernité et dotés d’un certain niveau de formation ;

-        des femmes de toutes les catégories professionnelles et sociales

-       des différentes catégories des couches moyennes (corporations professionnelles)

-       de représentant du capital privé patriotique etc.

Un tel mûrissement et l’impopularité accrue des pouvoirs autoritaires en place corrompus, népotiques  régionalistes, poussent à la conjugaison des forces en vue d’un changement encore imprécis quant aux orientations qui doivent le porter et aux formes d’alliances politiques et sociales qui doivent le réaliser.

Ce mûrissement est à peu près le même dans tous les pays de cette région, certes avec des niveaux de qualités et de cohésion différents

 

Deuxième mûrissement :

 

Les pays composant cette région ont une haute sensibilité géostratégique soulignée par au moins les facteurs suivants :

1° la situation géographique charnière entre l'Asie , l'Afrique et l'Europe ,assurant de surcroît des voies d'accès maritimes et terrestre d'une importance vitale en ces temps de mondialisation, où les pôles asiatiques en émergences accélérée , bousculent sérieusement les rapports de forces économiques et politiques jusqu'ici dominants.

2° Les réserves énergétiques et de matières premières dont la réduction relatives augment leur caractère précieux et aiguisent la compétition pour leur maîtrise.

3°La problématique des nouvelles matières premières, des technologies du futur et de la structuration de la nouvelle division internationale du travail ainsi que de la nécessaire réorientation du cours actuel de la mondialisation dominée par le capital financier spéculatif etc.

4°Les phénomènes démographiques et migratoires.

5) l’impératif de recompositions régionales et internationales des rapports de forces et des institutions régionales et internationales qui y sont rattachées.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord par leur profondeur asiatique et Africaine , par leur intensité géostratégique et les réserves énergétiques et de matières premières qu’ils recèlent ainsi que du potentiel démographique et migratoires qui les caractérisent, acquièrent , de ce fait, un degré d’urgence dans la programmation occidentale.

Or les pays de cette région de culture arabo-musulmane sont le résultat d'une triple restructuration ou évolution historique :a) la recomposition par la Grande Bretagne , la France et les USA de l'Empire Ottoman à la suite de la première guerre et à l'aube de la première révolution socialiste en Russie;

b) l'éruption du mouvement national arabe avec la révolution égyptienne de 1952 après la création d'Israël

c) l'ampleur du mouvement de libération national avec la révolution algérienne avec ses prolongements internationaux

Tout cela dans un contexte international qui :

- n’a pas encore stabilisé les contrecoups du séisme provoqué par la dislocation l’URSS et la disparition du système socialiste mondiale malgré toutes les guerres et restructurations régionales et au niveau des institutions internationales opérées depuis 1990 ;

- subit des déséquilibres hautement dangereux provoqués par les dynamiques d’une mondialisation néolibérale dominée par le capital financier international ;

- fait face à l’émergence de nouveaux pôles puissants et en développement accéléré comme les membres du BRIC, mais surtout la Chine et l’Inde ;

- enregistre un certain délitement des rapports de forces de ce qu’on appelait la triade USA-Europe-Japon)

-n’arrive pas à dépasser les effets de la crise financière mondiale de 2008 et du rapport de celle-ci à l’économie réelle,

-etc.

 

Il me semble que les facteurs internationaux apparaissent, sous certains aspects comme les catalyseurs des évolutions que nous observons et des formes de solutions qui se dessinent.

C’est ce qui peut expliquer un peu ce qui se passe chez nous ainsi que la position non explicitée de l’Algérie en ce qui concerne la Libye.

Cette intervention massive et coordonnée, préparée de longue date au niveau des puissances qui voient leurs intérêts immédiats et de long termes rattachées au contrôles des ressources énergétiques , aux voies d’accès stratégiques, à l’intensité des flux migratoires en direction de leurs pays ou de l’ensemble géopolitique auquel elles appartiennent, acquière un caractère néocolonial et doit être analysée en tant que telle et combattues en tenant le plus grand compte, en ce qui nous concerne de nos intérêts liés :

-à l’unité de notre territoire national et à l’intangibilité de nos frontières ;

-à la préservation de notre unité nationale et de notre identité multiple ;

-à la défense de nos richesses naturelles ;

-à ce que devrait être notre influence géostratégique aux niveaux du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne et du monde arabe mais aussi en direction de l’Europe et d’autres régions du Monde.,  

Nous avons un gouvernement incompétent fragilisé, soumis à de multiples pressions extérieures.

Car l’enjeu central, pour ce qui concerne l’ensemble des pays composant cette aire géographique, c’est l’Etat National. Celui-ci doit être défendu et refondé pour le mettre aux niveaux des multiples défis auxquels nous devons faire face.

Mahi Ahmed

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LA DEUXIÈME GUERRE US DU GOLFE,

Publié le par Mahi Ahmed

 

LA DEUXIÈME GUERRE US DU GOLFE,

LES SIGIFIANTES DYNAMIQUES DU RÉEL

ET NOUS

 

Par Mahi Ahmed ( Dr.Ing.)

 

 

W . Bush  a déclenché ,ce 20 mars, la troisième guerre du Golfe. Celle-ci doit être hautement technologique et digitalisée. Elle doit aussi servir de modèle pour les nouvelles guerres impériales et impérialistes du vingt et unième siècle. W. Bush   a ,en même temps, lancé au monde entier et a ses institutions internationales  et particulièrement à l’ONU un affront exemplaire leur signifiant, pour lui et son administration , leur insignifiance actuelle. Les gouvernants arabes se retrouvent de nouveau face à leurs faiblesses , à leur archaïsme , à leur corruption et dépravation  ,à leur impuissance et à leur incapacité à réagir efficacement, comme aux temps des mouvements ascendants de libération nationale, à une telle humiliation et surtout aux dangers qui menacent pour le long terme leurs peuples. Ce n’est pas le dictateur Saddam Hussein et ses méfaits à l’égard de son peuple et de ses voisins qui sont la véritable raison de cet acte historique unilatéral qui fait trembler l’humanité avec les effets d’un puissant séisme planétaire et dont les conséquences, sur le long terme, sont encore imprévisibles. Pour le court terme ces conséquences signifient d’abord la mort et la désolation pour le peuple irakien.

Les dirigeants américains mettent en œuvre, de la sorte, leur nouvelle doctrine d’actions et de guerres préventives et donnent un signal fort au commencement de la nouvelle restructuration du monde , des relations internationales et surtout d’une nouvelle acception du droit international.

Nous sommes interpellés et placés , chacun à son niveau, devant nos responsabilités et devant notre conscience. Notre pays et ses forces vives, tout d’abord ,doivent savoir analyser et tirer toutes les leçons de la longue crise dans laquelle nous sommes particulièrement plongés depuis plus d’une décennie. Nous devons être en mesure , aujourd’hui surtout que la menace impérialiste nous vise aussi directement ou indirectement, de  développer des élans patriotiques, aguerris et ajustés par l’expérience vécue au plus profond de notre chaire et de notre être ,  qui fortifient l’unité d’action et clarifient les indispensables visions et orientations pour libérer, par le savoir, l’intelligence individuelle et collective  et forger notre géni national ,seul capable d’assurer nos capacités de résistance aux assauts multiples des forces qui cherchent , à tous les niveaux, à régenter le monde et à violenter les richesses de ses diversités formées au cours des âges. Personne et encore moins les américains impériaux , ne pourra construire ,à notre place, notre bonheur et surtout celui de nos enfants et nous faire avancer dans le sens de l’Etat de droit, de la démocratie et de la modernité .

Nous vivons certes des moments d’une très grande tension. Nous devons , cependant, rendre intelligibles ces réalités que l’on veut nous imposer. Quels sont les facteurs qui ont poussé W .Bush à un tel acte provoquant cette crise majeure ?

 

Une crise majeure

 

Le conseil de sécurité de l’ONU avait vécu , le 14 février 2003, des heures décisives de son histoire et de celle de l’organisation dont il a la lourde charge depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce ne sont pas les rapports des chefs des inspecteurs de l’ONU , certes importants ,  qui soulignent cette historicité . Celle-ci est surtout le fait des positionnements, des visions stratégiques et politiques concernant l’évolution de notre monde de même que des processus de formation de nouveaux rapports de forces internationaux . Les visions et les contenus que l’on donne aujourd’hui aux concepts de la paix , de la stabilité internationale, régionale ou nationale et de la guerre révèlent l’orientation ou le sens que l’on veut imprimer à l’évolution et au développement de notre monde. La mise en valeur de L’ONU et l’affirmation de nouveaux rapports de forces  au sein de son assemblée générale et surtout de son conseil de sécurité en faveur de la paix et de la stabilité internationales de même que d’un exercice actif du droit international ont mis les dirigeants US actuels et leurs alliés vassalisés dans une situation d’isolement international insoutenable. La coordination diligente et procédant d’une habilité diplomatique de haute qualité entre la France , l’Allemagne et la Russie a fait entrevoir des stratégies alternatives à celles qui fondent la nouvelle doctrine américaine. L’Europe , particulièrement avec la mise en avant de ses deux locomotives que sont l’Allemagne et la France, a montré avec un soutien populaire immense le rôle qu’elle entend jouer dans les recompositions géopolitiques en cours, y  compris sur la plan militaire.

Les gigantesques manifestations du 15 février 2003 pour la paix et contre la guerre en Irak, synchronisées dans de très nombreux pays et surtout dans les pays dont les gouvernements sont en faveur d’une telle guerre préventive comme les USA, l’Angleterre , l’Italie ou l’Espagne, ont administré de nouveau aux responsables politiques arrogants et ignorants des réalités profondes et  aux faucons qui les orientent, un sévère avertissement dont les retombées ne tarderont pas à émerger durablement au niveau des dures et complexes batailles pour le présent et pour le futur qui s’annoncent. Un tel mouvement contre la guerre et pour une paix universelle continue , s’amplifie et s’approfondit ,y compris au cœur de l’Amérique profonde avec une mobilisation exemplaire , y compris, de forts groupes d’hommes de culture allant des universités jusqu’à Hollywood. Ce mouvement exprime aussi de manière assez explicite un attachement à une certaine idée de la démocratie et de la justice sociale  .

Les progrès continus et accélérés réalisés dans la mise en oeuvre de la résolution 1441 du conseil de sécurité et surtout dans l’élimination des armes de destruction massives en Irak,  affirmés par les chefs inspecteurs eux-mêmes au cours des réunions du conseil de sécurité de l’ONU des 7 et 18 mars 2003, n’ont pas ébranlé la détermination des dirigeants américains et de leurs alliés historiques britanniques , malgré leur isolement avéré, d’imposer la guerre à la communauté international.

Une grave récession économique frappe sérieusement les pays    

occidentaux dits développés . Elle remet en question la nature et la portée des processus de la mondialisation qu’ils  ont engagées en ignorant, avec arrogance  et une assurance démesurée, la force et la solidité des dynamiques lourdes du réel à l’échelle des nations , des Etats et des régions et particulièrement dans ce qu’elles expriment notamment au niveau de l’évolution historique , de la culture et des identités des peuples.  Il faut entendre par dynamiques lourdes du réel, ces lignes de forces, à caractère objectif, qui émergent au cours du développement historique des sociétés et de l’humanité et qui marquent durablement, c’est à dire pour une période historique longue, l’évolution, au sens général. Ces dynamiques du réel sont en quelque sorte les réflexions de  l’histoire dans le  réel vécu et qui marquent et modulent ,à des niveaux divers ,notre action , notre mode de vie et de pensée. Elles ne peuvent être figées. Elles portent la forme que lui impriment les générations successives en fonction des facteurs sociaux,  culturels et de civilisation nouveaux qu’elles auront intégrés. On ne peut transformer une société par des flux mécanistes d’exportation ou d’importation  de systèmes de valeurs dont l’émergence et la fortification des racines , c’est à dire leur nécessité et leur validité,  se situent ailleurs et dans des conditions historiques déterminées. La réalité crue montre qu’on  ne peut  imposer aux peuples, sinon en ignorant le fond et la forme de leur Être en devenir, l’exercice de la démocratie ou l’appropriation de certaines valeurs par la force et encore moins par une intervention militaire colonisatrice. Cela ne peut être que l’œuvre de processus complexes déterminant leur évolution historique et où les processus extérieures portent aussi leurs marques.

Cette guerre est fondée sur des objectifs stratégiques visant une restructuration mondiale globalisée . Elle entend marquer le début d’une phase historique nouvelle fortifiant la suprématie multipolaire américaine ( militaire , économique , politique et culturelle) et surtout le rayonnement universel d’une certaine idéologie « libérale », certes déjà ancienne, mais subissant aussi les subtiles transformations qu’imposent les processus économiques, sociaux et culturels développés par l’évolution planétaire de la modernité et des dynamiques de la mondialisation. Les ondes de choc d’une telle guerre ébranlent déjà les équilibres , les stabilités et les rapports de forces construits aussi bien après la deuxième guerre mondiale qu’au lendemain de l’effondrement de l’URSS et du système socialiste. L’OTAN vacille et les contradictions diverses qui la traversent ,avec son élargissement et l’extension de ses champs d’intervention, prennent de l’ampleur comme vient de le montrer , fait unique dans son histoire , l’usage du veto opéré par la France , l’Allemagne et la Belgique pour refuser un diktat américain leur enjoignant d’engager l’OTAN dans la préparation active de la guerre contre l’Irak , sous le prétexte de défendre la Turquie face à une éventuelle attaque irakienne. Comme le montre aussi le louvoiement de cette même Turquie, considérée jadis comme un pilier de la stratégie des USA et de l’OTAN , à obtempérer aux injonctions américaines d’ouvrir son territoire et ses frontières aux troupes devant envahir l’Irak par le Nord tout en soulignant ses prétentions sur le nord kurde irakien.

Pourtant l’histoire du vingtième siècle a donné à l’humanité des leçons exemplaires.

 

l’histoire et ses enseignements

 

L’histoire constitue, tout à la fois, une profonde et vigilante mémoire collective, enrichie en permanence par l’expérience humaine. Elle est aussi une conscience nationale et universelle constamment  en éveil . L’histoire actionne ses ressorts, souvent engourdis par les longues phases d’apparente stabilité et de progrès continus, lorsque des crises majeures redoublent d’intensité et semblent mener les nations et l’humanité vers des points d’inflexions historiques. Elle nous rappelle ses enseignements et place les acteurs des rapports de forces dominants devant leurs responsabilités et pousse les peuples, tous les peuples, à peser de leurs poids réel sur le cours de leur évolution  politique , économique et sociale.

La doctrine que tente de mettre en œuvre avec une telle détermination l’actuelle administration américaine  plonge le monde dans une telle crise majeure. Dans un article que nous avons publié dans le Quotidien d’Oran le 25.04.02 avec le titre « La doctrine W .Bush : une stratégie de domination et de coercition globalisée » ,nous écrivions ce qui suit « L’accentuation de cette tendance depuis les événements du 11 septembre 2001 montre, à l’évidence, que l’objectif central poursuivi(par cette doctrine) n’est pas seulement l’éradication du terrorisme, si tenté qu’on  puisse en venir à bout sans s’attaquer à un traitement de fond et adapté de ses causes profondes. Ce qui est visé, c’est la pax américana mondiale telle que W.Bush l’a formulée dans sons discours sur l’état de la nation : « Nous avons une grande occasion durant cette phase de guerre de conduire le monde vers des valeurs (américaines !) qui apporteront une paix durable »(traduit par nous).

Nous vivons donc, avec cette doctrine de W. Bush,  des temps historiques similaires à ceux où le dogmatisme idéologique primaire  appuyé sur le populisme et la puissance militaire et économique déclenchait des processus de domination et de guerre incontrôlables et que l’humanité a payé et continue de payer chèrement. »

L’histoire du vingtième siècle semble n’avoir pas encore livré toutes  les profondeurs de ses enseignements. Certaines des leçons qui en ont été tirées, particulièrement après la deuxième guerre mondiale, et qui se rapportent à l’importance de la paix et de la stabilité internationales  pour la survie de l’humanité, ont subi les chocs que les deux superpuissances dominantes  ont produits, développés et déployés pour donner une consistance aux acceptions des concepts de la paix et de la stabilité qui maintienne un équilibre instable de leurs rapports de forces , un équilibre fondé sur les  forces de la dissuasion et de la terreur.

Pourtant à l’échelle de l’histoire , l’humanité a vécu jusqu’à la chute du mur de Berlin, malgré l’exacerbation des tensions qui se sont développés ici ou là, non seulement la période de paix la plus longue mais aussi, au niveau général, et ce en dépit des criantes et injustes inégalités, une étape de développement économique et social marquée par des progrès politiques, sociaux et des acquis civilisateurs colossaux. Les valeurs démocratiques et leur traduction dans la pratique sociale et politique sont devenues, en même temps, une réalité et une aspiration mondiales. Le système colonial s’est écroulé, en démasquant sa nature inhumaine, sous les fougueux assauts des mouvements de libération nationale et l’action des rapports de forces internationaux en présence. Les États-nations, constitués après la seconde guerre mondiale, intégraient avec plus ou moins de bonheur et surtout avec les forces et les faiblesses de leur jeunesse et ,pour certains ,de leurs fortes aspirations à la libération , au développement et au progrès, les processus complexes de la confrontation entre deux systèmes sociaux mondiaux antagoniques. Toutefois, les problèmes relevant de la paix et de la stabilité internationales, malgré la vivacité de certains foyers de tensions, ont toujours pu  trouvé des formes politiques pour leur règlement et leur dépassement.

Il est vrai, certes, que les notions de  paix et de stabilité ne peuvent être détachées des visions et des idéologies en présence concernant l’édification et le développement des sociétés de même que les relations et les rapports de forces internationaux. Mais de telles notions ont été et restent toujours soumises à l’épreuve et aux contraintes de l’évolution historique. Elles ne peuvent avoir qu’une acception dynamiques tenant le plus grand compte du réel en mouvement. La paix et la stabilité internationales se sont révélées comme des impératifs de notre temps et comme des facteurs s’élevant au niveau de valeurs devant fonder notre culture sociale et politique à l’ère de la globalisation. Elles nécessite un approfondissement continu et une intégration heureuse dans tous les processus formateurs de nos consciences.

La nouvelle situation internationale dont nous observons l’évolution  depuis la dislocation de l’URSS et la première guerre US du Golf,  est foncièrement caractérisée par des mouvements profonds donnant naissances à des processus d’instabilité et d’aiguisements des tensions internationales géopolitiques, territoriales, économiques ethniques ,religieuses etc. De tels mouvements relèvent surtout des équilibres géostratégiques rompus et non encore remodelés dans l’intérêt bien compris de la paix et de la stabilité internationales. Ils relèvent aussi de l’action non suffisamment maîtrisée des dynamiques de la mondialisation animées principalement par l’idéologie néo-libérale et qui sont à la base de la sévère crise économique mondiale actuelle , des mouvements planétaires d’exclusion sociale et de déchéance humaine et de l’étendue et de  la profondeur du fossé qui sépare les pays développés des pays pauvres ou sous-développés. Une telle évolution de la situation internationale ne peut ,en effet, consolider ni la paix ni la stabilité mondiales. Elle  mets ces derniers sérieusement en danger en développant des menaces toujours plus dangereuses.

Une telle évolution a pris une courbe particulièrement menaçante avec l’affirmation et l’aiguisement de deux prétentions  géostratégiques. La première prétention est idéologique. Elle est celle qui affirme que l’échec de l’expérience historique du socialisme signifie la victoire du capitalisme, dans sa version « néo-libérale moderne », et qu’il n’existe pas d’autre alternatives , pour tous les peuples du monde, que celui-ci. Cette prétention est celle du néo-conservatisme dont on observe le développement et l’intégration internationale comme vient de le montrer l’alliance active qui s’est formée autour de W. Bush et des orientations élaborées par les idéologues fondamentalistes libéraux formés à l’école de Reagan et de Thatcher.

 La deuxième prétention est politique. Elle est relative au rôle impériale que les USA veulent s’attribuer en tant qu’unique superpuissance mondiale , rôle que met en oeuvre avec une précision déroutante la doctrine W . Bush et l’action actuelle de ce dernier. Ces deux prétentions sont étroitement liées. Elles sont portées par l’étroitesse de vue et le fondamentalisme qui les nourrissent. Elles sont délibérément aveugles devant les dynamiques  qui façonnent et modulent, aux rythmes déterminés par les évolutions sociales, économiques, politiques et culturelles, les contenus et les formes des relations et des rapports de forces internationaux. Ces deux prétentions ont pris la forme de thèses fondant et structurant la politique de l’actuelle administration américaine. Les forces politiques et les cercles intellectuels néo-conservateurs  qui les portent , notamment aux USA,  se sont vus confortés dans leurs position avec l’intervention horrible et féroce  d’un terrorisme international d’un type nouveau fondé sur l’islamisme politique. Les attentats du 11 septembre 2001 contre les symboles de la puissance américaines à New York et à Washington ont déclenché les processus de ce qu’un politologue allemand  de l’université Humboldt de Berlin appelle « la physique de la puissance ». La puissance américaine conduite par les faucons néo-conservateurs , frappée dans sa chaire par le terrorisme international, a pris conscience de l’immensité de sa force et surtout de sa force militaire si celle-ci était exercée et rendue perceptible à tous ceux qui l’ignorerait. Elle a aussi saisi le caractère asymétrique des confrontations auxquelles elles devra faire face et développé , de ce fait, la théorie des guerres asymétriques. C’est réellement  une vision militariste et non pacifique et civilisatrice que développent et mettent en pratique les théoriciens et stratèges du Pentagone , du département d’Etat et des officines comme l’ « American Entreprise Institute ».

Ainsi cette deuxième guerre américaine du Golfe, en provoquant une crise internationale majeure , pose en terme majeur aussi, la nécessité du positionnement des Etats et des nations sur le caractère et la nature de l’ordre mondial nouveau dans lequel ils veulent s’inscrire. Un tel positionnement doit agir pour la construction d’un système international équilibré, régi par un droit international reconnu et applicable par tous et fondé sur la paix et la stabilité internationales , sur la démocratie nationale et internationale , sur le progrès et la justice sociale. Un tel système international doit rejeter et combattre les velléités militaristes, colonialistes ou impérialistes. Il doit être un catalyseur du libre développement des sociétés.

L’administration de W. Bush et sa puissante armada vont , cela ne fait pas de doute, gagner leur deuxième guerre du Golf. Mais les séquelles de cette guerre-ci seront terribles non seulement aux niveaux humain et matériel mais aussi au niveau politique et géostratégique à l’échelle de la région du Moyen-Orient et au plan international. Construire la paix et faire retrouver aux nations , aux Etats et aux régions une stabilité dynamique nouvelle, est une tâche hautement plus complexe et plus difficile.

Une telle construction passe nécessairement , pour des pays en développement comme le nôtre, par une revitalisation de l’État nation . Celle-ci doit reposer sur une refondation de l’Etat qui prenne en compte les signifiantes dynamiques du réel de notre société , de notre environnement régional et international et orientée surtout par une vision de progrès , de modernité et d’ouverture sur le monde qui fortifie notre identité nationale et lui donne les bases nécessaires, s’appuyant sur le savoir , la science , le travail et la créativité, pour faire avancer notre société , résoudre ses problèmes existentiels et lui permettre de résister avec succès aux velléités de domination et de peser de façon constructive sur les rapports de forces internationaux. Nous devons être en mesure , notre dure expérience nationale nous l’impose aujourd’hui , l’humiliation qu’inflige W.Bush aux gouvernants et aux peuples arabes et musulmans par son intervention musclée en Irak nous l’enseigne, savoir tordre le coup au populisme dévastateur et aux fléaux qu’il charrie et construire le système démocratique et de libertés qui décuple les élans créateurs de notre jeunesse , de nos cadres et travailleurs , de nos entrepreneurs de toutes les catégories sociales et fortifie leurs confiance dans l’avenir et dans celui  de leurs enfants et de leur seul et unique Algérie.

 

 

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LES ENJEUX INTERNATIONAU DE LA GUERRE DITE D’AFGHANISTAN ET NOUS

Publié le par Mahi Ahmed

25.10.01

Les enjeux internationau de la guerre dite d’Afghanistan et nous

Par Mahi Ahmed

Le 11 septembre 2001 a provoqué un point d’inflexion d’une portée qualitative de très long terme dans la stratégie globale américaine et de l’Occident dans son ensemble. L’évolution de la situation internationale, qui prend un contenu et des formes se précisant de jour en jour, aura un impact historiquement sérieux pour chaque pays.

Cet impact doit être repéré et maîtrisé finement au niveau des dynamiques et des facteurs divers qui lui donnent naissance et susceptibles de le transformer. Il doit être modulé favorablement aux intérêts du pays, du progrès et de la paix.

 Il risque sinon de déterminer durablement des formes nouvelles de dépendances nationale et régionale. Nous avons essayé de montrer, dans une contribution publiée dans le Quotidien d’Oran du 18 octobre dernier, certaines lignes de force des réadaptations stratégiques qui s’élaborent à Washington et ailleurs et se mettent en place en même temps. Nous assistons de nouveau à une idéologisation dogmatique de la politique (au sens large). Celle-ci est modulée aux rythmes des impératifs occidentaux de la mondialisation. Ses coûts sont mis en rapport avec les enjeux économiques mondiaux de très long terme et de maîtrise à l’échelle des pays, des régions et des continents des influences occidentales politiques, culturelles et autres.

 Le Congrès américain n’a-t-il pas dégagé promptement une enveloppe de cinquante milliards de dollars au Président Bush (alors qu’il n’en demandait que vingt) pour préparer et déclencher la riposte planétaire aux attaques du terrorisme international contre les symboles de la puissance économique et militaire de l’Occident ?

 Les autres puissances occidentales qui comptent, comme l’Angleterre, l’Allemagne, la France, le Japon, le Canada ou l’Australie, n’ont-elles pas mobilisé leurs forces militaires y compris celles de l’OTAN en les mettant en quelque sorte, pour les besoins de la cause commune, sous commandement américain ? N’ont-elles pas aussi réservé avec diligence des chapitres budgétaires spéciaux liés à ce qu’elles appellent les exigences de sécurité intérieure et extérieure, donnant au concept de sécurité une acception large et surtout idéologique étroite ? Dans son discours devant le Congrès le jeudi 20 septembre 2001, le Président Bush a déclaré: « Toutes les nations dans toutes les régions ont maintenant une décision à prendre, soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes ». Et toute nation qui choisit de ne pas être placée devant une telle alternative binaire, Bush la menace d’être « considérée par les Etats-Unis comme un régime hostile ». Donald Rumsfeld, le secrétaire d’Etat à la Défense américain, lors de son dernier voyage au Moyen-Orient et en Asie pour préparer la guerre, a comparé la guerre déclenchée le 7 octobre 2001, avec tout ce qu’elle suppose comme déploiement de forces militaires et autres à l’échelle de la planète, à la guerre froide, c’est-à-dire une guerre complexe, idéologique d’abord, mais aussi militaire, économique, subversive, etc. ayant comme aire d’intervention le monde entier. Tony Blair, Gerhard Schröder, Jacques Chirac ou le secrétaire général de l’OTAN Robertson considèrent tous que la civilisation occidentale est sérieusement menacée et qu’il convient de la défendre avec tous les moyens à disposition et de prévenir tout ce qui peut mettre en danger les valeurs qui la portent. Jamais auparavant une activité aussi intense de concertation et de coordination occidentale, de nature stratégique et opérationnelle, n’a été déployée que depuis le 11 septembre dernier. En parlant de la nécessaire riposte au terrorisme international et de la guerre déclenchée en Afghanistan, les dirigeants américains parlent « d’une campagne de longue durée... pouvant prendre des formes multiples... et concerner plusieurs pays... ».

 De fait, la lutte contre le terrorisme international est complexe et relève du long terme. Cependant il convient, pour le combattre avec efficacité, d’analyser ses causes profondes et immédiates, les forces sociales et politiques qui y recourent, les ressources humaines, financières et techniques sur lesquelles il s’appuie. Jürgen Habermas, le plus grand philosophe allemand vivant, a dit à ce sujet: « Les sources de la violence existent bien avant le déclenchement de celle-ci. » Mais la forme militaire globalisée et idéologique étroite donnée aux opérations engagées depuis quelques semaines sous la direction des USA par les pays occidentaux, laisse apparaître des enjeux stratégiques de long terme. Ces enjeux interpellent chaque pays. Le Président Bush vient de déclarer à Shanghaï où il assistait à la conférence de l’APEC: « Toutes nouvelles menaces appellent de nouvelles stratégies ». De quoi s’agit-il ? Jan H. Kalicki, politologue, chercheur scientifique au centre international Woodrow Wilson et conseiller pour les questions énergétiques du Président Clinton, écrit dans le Foreign Affairs du 12.10.2001: « Les pays autour de la mer Caspienne - la Russie au nord, le Kazakhstan et le Turkménistan à l’est, l’Iran au sud et l’Azerbaïdjan à l’ouest - disposent de loin des plus grandes réserves mondiales de pétrole et de gaz. Ensemble avec les pays voisins, l’Arménie, la Géorgie, la Turquie, l’Ukraine et l’Ouzbékistan, ils sont en outre pour les USA d’un grand intérêt économique, politique et stratégique. L’OPEP continuera de dominer le marché de l’énergie pendant des décennies encore. Cependant les gisements de pétrole et de gaz du bassin de la Caspienne pourraient contribuer, pour l’avenir, à rendre plus large la base d’approvisionnement énergétique et à garantir sa sécurité».

 Kalicki ajoute: « Dans la région de la Caspienne se trouvent l’allié de l’OTAN, la Turquie, l’ennemi d’hier, la Russie, un Iran turbulent et de jeunes Etats en danger. Dans cette région se croisent les routes de l’Europe de l’Ouest et de l’Extrême- et Moyen-Orient. Cette région s’est transformée en une arène pour le commerce d’armes de destruction de masse, pour les terroristes, pour le trafic de drogue et cela parce que nombre de gouvernements y sont très faibles».

Ainsi apparaît clairement que la maîtrise stratégique, politique, économique et militaire de l’Asie centrale à l’instar de l’Europe centrale ou de la région des Balkans devient un enjeu de premier plan pour les USA et l’Occident. Son intensité et sa sensibilité se sont considérablement accrues avec la féroce manifestation du terrorisme international à New York et Washington le 11 septembre.

 D’un autre côté, l’ordre mondial nouveau sous la direction de l’unique superpuissance, annoncé par Bush père lors de la guerre du Golfe, ne s’est pas installé. Bien au contraire, l’unilatéralisme des dirigeants US effraie et est mis en cause, y compris par les alliés historiques et éprouvés. L’Europe se construit à pas de géant. Elle s’élargit selon un plan élaboré et minutieusement programmé dans le temps et dans l’espace, y compris au sud de la Méditerranée. Elle tisse des relations solides avec la Russie.

 Elle se dote d’institutions et de moyens d’interventions diplomatiques et militaires. L’Europe devient de plus en plus un pôle de l’alliance occidentale fortement compétitif bouleversant les rapports de forces économiques et stratégiques au niveau de la triade. Alors que les USA rentrent dans une phase de récession, l’Europe enregistre encore une croissance positive même si elle est de moindre importance que celle prévue. Le Japon peine à sortir de sa récession continue et désarticule en quelque sorte la stabilité des systèmes, principalement financiers sur lesquels reposent les processus de la mondialisation qui ont été accélérés au cours de la décennie 90.

 La nouvelle économie et les technologies de pointe comme la biotechnologie n’arrivent pas encore à prendre l’élan sur lequel a misé l’économie américaine et qui devait porter l’essor de la mondialisation.

 Le mouvement anti-mondialisation prend de l’ampleur et de la consistance comme on a pu le constater au sommet du G7-G8 de Gênes. L’idéologie néo-libérale qu’on croyait triomphante et guidant les processus de la mondialisation fait face à un rejet mondial de plus en plus concerté et organisé.

 L’Etat nation que cette idéologie voulait détruire au nom d’une vision dogmatique et foncièrement égoïste de la liberté, affirme avec force sa nécessité particulièrement pour les pays du tiers monde.

 De plus, la persistance de foyers de tensions historiques comme celui du Moyen-Orient et de la question palestinienne agissent comme des volcans incontrôlables et susceptibles d’alimenter non seulement le terrorisme international, comme vient de le montrer Ben Laden et son Internationale islamiste, mais aussi une déstabilisation radicale de toute une région dont l’intérêt stratégique, économique et militaire pour les USA et l’Occident n’échappe à personne.

Il apparaît ainsi que l’enjeu de la mise en place et de la stabilisation d’un ordre international nouveau animé et dirigé en premier lieu par les USA et neutralisant des puissances comme la Russie, la Chine ou d’autres dans des mécanismes d’institutions internationales rénovées comme l’ONU, etc., revêt une importance et une urgence soulignées.

 Rien ne sera plus comme avant, dit-on aux USA et dans les pays leaders de l’Occident. L’alliance avec les USA devient le critère principal de l’appréciation des relations internationales. L’idéologisation de la politique internationale à sens unique prend une ampleur inquiétante dans les débats politiques des sphères dirigeantes et dans nombre de médias occidentaux.

 Le recours à la guerre pour le règlement de problèmes politiques, sociaux, culturels ou identitaires devient le moyen privilégié et jugé efficace d’une politique globale et planétaire. L’Afghanistan meurtri des décennies durant en fait aujourd’hui l’expérience.

On s’oriente vers une restructuration internationale de grande ampleur. Seuls les pays y trouveront leurs justes places qui sauront en prendre conscience, maîtriser les dynamiques qui l’animent, mettre au point des stratégies de long terme susceptibles de renforcer les résistances pour imposer un ordre international démocratique plus juste et qui mette les processus de la mondialisation au service d’un développement équilibré visant la satisfaction d’abord des besoins élémentaires de l’humanité.

 L’Algérie de par ses ressources énergétiques qui l’élèvent au rang de pays majeur et de sa situation stratégique exemplaire est sérieusement concernée par les enjeux internationaux actuels. Elle risque d’apparaître comme un maillon faible modelable à merci, parce que déstabilisée par plus d’une décennie de guerre non dite contre un terrorisme islamiste féroce et par un système de pouvoir anachronique

 

 

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« LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE DU XXIe SIÈCLE » :

Publié le par Mahi Ahmed

09.10.01

 

« LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE DU XXIe SIÈCLE » :

LA STRATÉGIE OCCIDENTALE À L’ÉPREUVE DU TERRORISME INTERNATIONAL

 

Par MAHI AHMED 

 

 

Le 7 octobre 2001 a commencé la « première guerre mondiale » du 21iéme siècle .Elle est informatisée et digitalisée .Elle est globale . Elle est portée par des technologies de très haute précision . Elle est menée par la première puissance mondiale s’appuyant sur une alliance internationale englobant la presque totalité des États de la planète . Elle se déroule simultanément sur des champs divers , combinés en rapport avec les objectifs établis, et relevant du militaire , de la diplomatie , du renseignement , du financier ,du culturel ,du social etc. L’ennemi prend une forme nouvelle , complexe ,difficilement repérable dans l’espace et dans le temps ,une forme inédite dans l’histoire .Ce n’est pas un État constitué et reconnu . C’est une nébuleuse hétérogène , multinationale et multiethnique . L’ennemi d’aujourd’hui est mû par un islamisme politique et idéologique sorti des entrailles de l’histoire des pays musulmans mais aussi des profondeurs des processus déterminant le cours actuel de la mondialisation néo-libérale . Cet ennemi est imprévisible dans ses formes et ses moyens  d’action terroristes . Un tel terrorisme international n’hésitera pas à utiliser , contre l’ennemi qu’il aura ciblé , tout moyen de destruction de masse, de quelque nature qu’il soit  et quelques que soient ses conséquences . Un tel ennemi de nature fascisante est de fait un ennemi de toutes les nations , un ennemi de l’humanité . Le combattre avec détermination est une nécessité historique . Comment  le combattre est une question qui relève foncièrement de la maîtrise stratégique préservant la paix et le développement équilibré et stabilisant de l’humanité .

Le 21é siècle place ainsi le monde dans une situation radicalement nouvelle , prometteuse et dangereuse à la fois . Celle-ci exige de cerner et de maîtriser  les dynamiques qui la portent au niveau des ressorts pouvant mettre en danger la stabilité et la sécurité de la planète  . Le terrorisme international , aujourd’hui dans sa forme islamiste , prenant demain un autre visage , met singulièrement à l’épreuve la stratégie occidentale dominante . Les Talibans , El Quaida et Ibn Laden ,créatures indélicates et déloyales de l’occident , doivent certes payer chèrement leur implication directe dans le terrorisme international islamiste .Le peuple afghan ,victime séculaire des invasions et des occupations , doit-il subir encore les affres d’une guerre foudroyante ? Cela justifie-t-il cette première guerre mondiale du 21é siècle annoncée et déclenchée par le Président Bush ? Quelles stratégies nouvelles plus adaptées et plus partagées sont-elles nécessaires pour le nouveau millénaire qui commence dans une angoisse globalisée .

Le 11 septembre 2001 a marqué de pages noires l’histoire des USA , de l’Occident et aussi de toute l’humanité . Le moteur économique et le cœur du monde occidental ont été férocement frappés à New York et à Washington par des attaques kamikazes de l’internationale islamiste utilisant des moyens de destruction inédits .Le choc est planétaire . L’archaïsme de l’âge de pierre qui fait mouvoir l’islamisme idéologique et politique à une échelle internationale se sert avec compétence de la très haute technologie et des techniques de l’information les plus sophistiquées pour rendre plus percutants la férocité et l’aveuglement de ses élans terroristes .  La première puissance mondiale , les USA , a montré au monde entier , pour un temps , devant l’atrocité des frappes terroristes et le caractère hautement spectaculaire de leurs formes, sa déstabilisation , sa vulnérabilité de même que les faiblesses et les failles des stratèges du système mondial dominant .

La compassion et la solidarité avec les familles des victimes et avec le peuple américain a été à la dimension de l’humanité et de l’humanisme . Le sursaut patriotique et national américain a été exemplaire .

La condamnation du terrorisme islamiste et du terrorisme en général a pris ,à cette occasion , une dimension véritablement internationale au niveau des peuples ,des gouvernement et de institutions multilatérales. Cela suffit-il ? Le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau . Les formes diverses qu’il prend  , au fil des contextes historiques , et qui ne change en rien sa nature et ses formes inacceptables  , a besoin d’être appréhendé dans les profondeurs des réalités complexes nationales et globales qui autorisent son avènement . L’Algérie et le peuple algérien disposent , dans ce domaine , d’une solide expertise , théorique et pratique .Celle-ci a été et continue d’être payée chèrement , entourée d’une sous-estimation , voire de jeux de déstabilisation dangereux des grandes puissances menacées maintenant par le terrorisme internationale .

Il est nécessaire cependant de constater , au niveau des centres de décision politique ,d’information et d’analyse des pays développés , une perception unilatérale de cet événement majeur du 11 septembre 2001 . Le chancelier allemand Gerhard Schröder a parlé d’une attaque contre le monde civilisé (le monde occidental ) . Certains responsables politiques ou experts déclarés en politique et stratégie internationales s’embourbent dans les théories et thèses , que les réalités et le temps finiront par mettre à bas , du choc des civilisations de Samuel Hutington développées après la chute du système socialiste mondial . D’autres encore s’évertuent à recommander la mise en mouvement d’une véritable croisade des temps modernes contre le Mal incarné dans l’islam et d’œuvrer pour le triomphe du Bien représentée par la civilisation judéo-chrétienne occidentale .Tous jugent que la riposte doit être d’abord militaire pour éradiquer les responsables et punir ceux qui les ont directement ou indirectement aidés . Un événement de cette nature et de cette dimension globale impose , selon nous , une réflexion multidimensionnelle plus approfondie , partagée par la communauté internationale et à la mesure de la portée mondiale actuelle des USA et du poids qu’ils représentent dans les processus de la mondialisation .

L’occident semble vouloir , encore une fois , malmener l’histoire et la mémoire historique . Mais celles-ci rattrapent toujours  les responsables politiques et les acteurs faiseurs d’histoire et modulent le cours des événements historiques . N’est-ce pas la trilatérale ,ce cercle multinational de réflexion , d’analyse et de propositions,  mis en place dans les années 70 pour élaborer les visions et les objectifs stratégiques susceptibles de favoriser la suprématie du monde occidental , qui a recommandé l’instrumentalisation de la religion pour affaiblir et miner de l’intérieur l’URSS et les pays socialistes et contenir les mouvements sociaux et politiques contestataires. C’est sur la base de telles recommandations , qu’entre autre , a pu s’organiser , se développer et rentrer en action l’islamisme politique de la fin du vingtième siècle . C’est ainsi que l’internationale islamiste a pu étendre ses tentacules avec un soutien avéré ,financier , politique et logistique des USA  ,de l’Arabie Saoudite etc. Les USA ,par CIA interposé , ont injecté plus de 500 millions de dollars par an pour soutenir , manipuler et surtout organiser militairement les groupes de l’internationale islamiste dans la lutte contre l’occupation soviétique en Afghanistan . Cette internationale islamiste a fonctionné comme instrument de l’occident tant que cela correspondait à ses visions théocratiques et archaïques tendant à instrumenter politiquement la religion à des fins de prise du pouvoir et de mouvement de réislamisation. Elle l’a fait en Afghanistan ,au Soudan et ailleurs . Mais dés qu’elle a constaté , avec la fin de la guerre froide , au cours des années 90 , que les objectifs stratégiques de l’occident et les siens ne se trouvaient plus sur le même niveau et donnaient des signes d’antagonismes durables ,elle a réadapté ses stratégies aux conditions nouvelles et les a orientés dans les directions suivantes :

  1. 1.     déstabilisation des pays musulmans les plus vulnérables avec comme objectif la prise du pouvoir comme cela a été opéré en Afghanistan ,au Soudan ,en Algérie ,en Tunisie ,en Egypte et ailleurs ,
  2. 2.     donner une dimension internationale à la lutte islamiste par le renforcement international de son organisation ,de son action et par son idéologisation internationale contre l’occident , « ennemi historique » de l’islam ,par la modernisation et la globalisation des ses moyens et méthodes d’action .

L’ événement du 11 septembre 2001 qui nous préoccupe ici et que nous essayons de comprendre dans ce qui le détermine en profondeur n’est , en fait , qu’une réplique , d’une forte magnitude certes , du séisme planétaire qui a provoqué l’effondrement du système socialiste mondial  et qui a mis brutalement le monde entier dans une situation planétaire nouvelle. De fait ce séisme avait rompu , par un coup de Big-Bang , un équilibre international de nature politique , idéologique , militaire , économique social et culturel sur lequel et autour duquel (même s’il s’agissait d’un équilibre instable ) ont été fondés , des décennies durant , des systèmes sociaux et politiques différents voire antagoniques . L’antagonisme des systèmes sociaux dominants a déterminé et fondé les stratégies les plus diverses. Les puissances occidentales , les USA en tête , avait perçu cette rupture comme une victoire du modèle capitaliste de développement sur le modèle socialiste . C’était encore une fois une approche mécaniste privilégiant la démarche système de domination et d’influence à celle qui met au centre de la réflexion et de l’analyse les hommes et leurs sociétés .  C’est là que réside  une des causes fondamentales des dérives stratégiques occidentales  depuis la péréistroika de Gorbatchev  et singulièrement depuis la chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’URSS . L’occident a dressé un constat  de caractère statique,  du moins au niveau des Etats et de l’économie , que le monde était devenu un et  unipolaire, c’est à dire régi par l’économie , la pensée et les valeurs libérales . L’occident a négligé , consciemment ou inconsciemment trois éléments essentiels dans l’élaboration et la mise en œuvre de ses adaptations stratégiques :

  1. 1.     l’effondrement  de l’URSS et du système socialiste mondial signifiait avant tout l’échec d’une expérience historique qui voulait fonder théoriquement et pérenniser dans la pratique la justice sociale globale . Ce n’était pas l’échec d’un idéal , de repères de progrès et de justice sociale que l’humanité  , forte de sa riche expérience et dans toute sa diversité ,continue de porter en elle .C’était surtout l’échec d’une pratique et d’un modèle mis en œuvre par une dogmatisation ,une instrumentalisation et une burocratisation de la pensée socialiste .
  2. 2.     La situation mondiale nouvelle créée après la chute du mur de Berlin imposait une réadaptation du système des relations et des rapports internationaux , la recherche de mécanismes nouveaux susceptibles d’assurer l’équilibre et la stabilité du monde . Une telle réadaptation devait concerner le politique ,l’économique ,le social  ,le culturel .Les fonctions respectives de l’ONU ,de l’OTAN ,de la BIRD ou du  FMI etc devaient être revues et placées au niveaux des exigences nouvelles et surtout au niveau des perspectives de construction d’un monde multipolaires mais équilibré construisant démocratiquement les fondements dynamiques de son développement économique ,social et culturel , de sa stabilité et d’une paix durable .
  3. 3.     Le cours de la mondialisation favorisé par le développement impétueux des sciences et des techniques de l’information et de la communication et par la fin de la guerre froide ne pouvait être compris comme une mécanique planétaire d’extension des marchés et de soumission des États et des peuples aux exigences de l’économie néo- libérale et à la culture qu’elle sous-tend . La mondialisation relève certes de l’unicité de l’humanité sur notre planète et du cours inexorable de l’histoire . Elle ne peut cependant connaître de succès global que si elle devient une œuvre commune des États et des peuples ,respectant leurs identités historiques respectives et s’orientant sur un développement économiques ,sociaL et culturel toujours plus adapté aux besoins fondamentaux des sociétés ,sur la préservation de la nature et de la paix mondiale .

Ainsi l’Occident , poussé par les stratèges  et les théoriciens du néo-libéralisme et par l’insatiabilité des multinationales , a  laissé se développer un cours débridé de la mondialisation animé par les lois féroces des avantages concurrentiels ,de la maximisation outrancière des profits , par la spéculation financière et boursière à grande échelle , par l’extension effrénée et non régulée des marchés ,par les sciences du management à visage inhumain .L’occident a tout misé sur le marché et le développement chaotique de l’offre et mis à leur services ses stratégies politiques et diplomatiques . Il a négligé les hommes dans la complexité de leur Être , les société et surtout la complexité de leur histoire , de leurs identités ethniques et culturelles .  Une telle démarche que le cadre de cette contribution ne permet pas de développer encore plus , laisse observer les évolutions suivantes :

hyper-concentration de méga-multinationales et renforcement de leurs puissances et de leurs influences dans les champs de l’élaboration et de la décision politique.

affaiblissement voire effritement de l’État-nation, constructeur , régulateur et stabilisateur de la Nation et de la société.

effacement et ravalement spectaculaires des organisations internationales formées  après la fin de la deuxième guerre mondiale comme l’ONU , la BIRD , le FMI etc au rang d’institutions d’appui  .

mise en place de cadres de concertation  d’élaboration et de décision  stratégiques mondiales limité aux sept pays les plus développés comme le G7 .

élargissement de l’OTAN et sa transformation en une force de frappe mondiale de l’occident au service de la défense de ses intérêts  et de ses valeurs. Etc.

Le résultat de tels processus , c’est l’exclusion à l’échelle des peuples et des États , c’est la pauvreté et l’ignorance galopantes, c’est l’humiliation insupportable activant les fibres ethniques , religieuses et autres . La stratégie occidentale est réellement mise à l’épreuve  . La voie empruntée depuis le 7 octobre dernier demeure celle de la force militaire et de la coercition . Elle ne peut , à elle seule , stabiliser le monde ni au niveau des valeurs universelles ni au niveau d’un développement économique et social plus juste . C’est là une affaire qui appartient d’abord aux peuples .L’Algérie , plus que tous les autres pays , est interpellée pour provoquer le sursaut anti-terroriste ,démocratique et républicain dont elle a besoin d’urgence .

 

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LA PREMIÈRE ANNÉE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE

Publié le par Mahi Ahmed

21.12.01

 

LA PREMIÈRE ANNÉE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE

Par MAHI AHMED 

 

La première année du troisième millénaire vient de s’achever. Elle laisse des situations historiques lourdes ainsi que de nombreuses et sérieuses interrogations sur les menaces terribles qui pèseront  sur la stabilité et l’avenir de l’humanité et de notre planète. Une décennie avant le commencement de ce nouveau millénaire, le monde, au sens plein et entier du terme,  était soumis avec forte intensité aux chocs tectoniques de deux dynamiques majeures dont les mécanismes et les effets étaient soumis à des rationalités diverses et dont les cohérences relevaient encore, comme l’histoire nous le montre, de logiques de domination par la contrainte militaire et idéologique. Ces deux dynamiques majeures sont d’un côté la fin de la division du monde en deux blocs antagoniques régis par les doctrines et les politiques de l’équilibre de la terreur et de l’autre côté l’accélération impétueuse de ce que l’on appelle communément la mondialisation fondée sur une révolution continue des NTIC (nouvelles techniques de l’information et des communications). A l’époque , notre pays était encore sous le choc des dramatiques événements d’octobre 88. Il faisait face aux assauts redoublés d’un islamisme politique déchaîné et ignare. Il subissait l’inertie lourde d’un Etat et d’un système de pouvoir anachronique parce ne prenant aucun compte des impératifs et des nécessités du temps. De nombreuses voix qualifiées ou ayant l’Algérie non seulement au cœur mais surtout au cerveau essayaient, cependant, de percer l’imperméabilité des murs dressée devant elles pour les étouffer, pour attirer toutes les attentions sur les enjeux du troisième millénaire et sur l’importance de prendre avec détermination toutes les mesures et dispositions nécessaires pour y faire face et y prendre avec intelligence et savoir-faire toute notre place. Les gigantesques manifestations du 10 Mai 1990 pour une Algérie , libre, républicaine et démocratique étaient, devons-nous l’oublier,  l’expression d’aspirations fortes, pétries dans les ténèbres de la nuit coloniale , portée par l’élan libérateur du 1er Novembre 54 et trempées dans la sinueuse et déclinante expérience de l’édification nationale, pour une Algérie moderne, forte économiquement et culturellement, attachée à son histoire et à son identité, déployant et fortifiant sans cesse le génie créateur de ses forces vives et surtout de sa jeunesse.

Le troisième millénaire marque, de fait, une étape d’une qualité nouvelle jamais égalée dans l’histoire et dans l’évolution de l’humanité. Il porte en lui tous les facteurs d’une transformation de fond de la civilisation universelle. Il modèle déjà des recompositions géopolitiques, économiques et sociales  de long terme et d’une portée historique considérable. Une culture envahissante à l’excès, fondée et propulsée par la pensée marchande et l’idéologie néo-libérale  tente, non sans succès, de réduire les cultures nationales et populaires et de s’imposer comme style universel de vie.

Cette première année du troisième millénaire est particulièrement significative de ce qui attend les pays et les peuples, voire les nations,  qui osent montrer des velléités à se soustraire aux dynamiques fortement engagées de la mondialisation et des développements imprimés aux rapports de forces entre les trois composantes principales du monde dit développé. Elle a été riche en événements qui marqueront durablement de leurs empreintes les évolutions du futur. C’était une année aussi qui a laissé poindre des courants multiples de résistances multiformes à l’unilatéralisme à dimensions planétaires de la superpuissance restante. Cet unilatéralisme, ayant pour objectif un monde unipolaire, a été initié, faut-il le rappeler  par Bush père avec le lancement de la guerre du Golfe appelée, avec quelle symbolique, « Tempête du désert ».

Cette première année du troisième millénaire a dégagé, déjà , à l’échelle internationale, des lignes de forces majeures  dont les influences et les effets animeront et moduleront dans la durée les évènements à impact historique  à l’échelle du monde entier .

Ainsi, l’occident, représenté principalement par les trois pôles de la triade, entend agir comme une force planétaire cohérente dans ses fondements idéologiques et politiques exprimés par une économie de marché à consonance néo-libérale. Il entend régenter les différentes aires géographiques qui lui sont encore extérieures et soumettre  les peuples et les nations qui y vivent aux valeurs et à l’ordre de l’occident qu’on veut présenter désormais comme universels. L’année 2001, avec l’avènement de l’administration Bush Junior, a été,  dans ce sens , particulièrement riche. Il n’ y a qu’à observer comment l’intervention militaire sous la houlette de l’OTAN devient un facteur normalisé pour pacifier et stabiliser les régions ou les pays à haute intensité géostratégique et recelant des capacités de résistance liée à leurs identités massifiées par la force de leurs évolutions historiques. C’est le cas de la région des Balkans où les dernières poches de résistance, en Yougoslavie et en Macédoine, ont été en 2001, réduites et soumises au nouvel ordre régnant prenant la forme de protectorat de l’ère de la mondialisation. C’est le cas, depuis le 7 Octobre 2001, et suite, dit-on aux événements tragiques et barbares du 11 septembre 2001 de New York, de l’Afghanistan et de toute la région de l’Asie centrale dans et autour  desquels continue de se déployer l’invincible armada multinationale du 21é siècle. Cette région du monde est travaillée en profondeur, particulièrement depuis plus d’une décennie, par des processus complexes de recompositions géostratégiques, politiques, sociaux et culturels. Elle a été rongée jusqu’aux os par l’archaïsme d’un islamisme politique de l’âge de pierre qui l’a plongée dans le dénuement et l’errance . Elle est aujourd’hui une aire d’expérimentation, à large échelle, des stratégies et tactiques de même que des techniques de guerres appelées asymétriques.

C’est le cas aussi de la région du Moyen Orient dont l’intensité géostratégique est fortement modulée par les recompositions en cours et par les nouvelles ouvertures énergétiques mondiales, développant des facteurs d’instabilités concentrés autour de la question palestinienne, du statut d’Israël,  des trônes chancelants des pays du Golfe et du sous-développement économique et social dominant les autres pays. Cette région a été soumise au cours de l’année 2001 à l’arrogance guerrière et humiliante à merci d’Israël et de Sharon refusant au peuple palestinien ses droits nationaux et opérant, avec le soutien sournois de l’administration américaine, une colonisation dont les objectifs réels dépassent la petite Palestine et visent la région entière. C’est une région où le choc des civilisations peut être des plus redoutables et où les scenarii de pacification planétaire mis en œuvre dans d’autres régions imposent des adaptations plus complexes et étalées dans le temps. Mais c’est une région dont les métamorphoses profondes sont suivies avec une  vigilance aiguë par les différentes parties de l’Occident et plus spécialement par les USA, prêtes à chaque instant à y appliquer les stratégies éprouvées ailleurs quitte à y recomposer toutes les données considérées jusqu’ici comme immuables.

Les autres régions du monde sont aussi soumises, avec des dynamiques plus souples ou moins visibles, aux mêmes stratégies de pacification et d’intégration au giron occidental. L’Amérique dite latine en fait une expérience particulière. Le Mexique, membre important de l’ALENA qui lui a fait  subir les affres de la spéculation boursière à grande échelle et qui l’a plongé dans une crise économique sévère , a vu s’installer en 2001, avec une couverture démocratique, un nouveau pouvoir formé, comme le dirait Benjamin Barber au moule Mac World et se moulant volontiers au modèle imposé ou déposé, comme on veut. Les deux autres géants de cette région, le Brésil et l’Argentine se débattent , certes d’une façon inégale, dans une grave instabilité économique et politique, où les forces politiques dominantes sont soumises à des pressions multiples les poussant à mettre en application les plans de sauvetage concoctés pour eux dans les institutions internationales de stabilisation stratégique. L’Argentine avec ses 320 Milliards de dollars de dette extérieure, devenue insolvable, malgré ses nombreuses richesses et son potentiel humain, offre de nos jours le triste spectacle de la valse des Présidents démissionnaires sitôt désignés, de la rage d’un peuple mené à la ruine par sa classe politique et mis dans l’incapacité, malgré ses manifestations, à changer fondamentalement la situation.

L’économie mondialisée, malgré les manifestations de récession qu’on observe aux USA, au Japon ou ailleurs n’a rien perdu des caractéristiques qu’elle a forgées au cours de la décennie passée. Celles-ci ont pris, au cours de 2001,  plus de consistance et de profondeur avec les méga fusions de multinationales, l’élargissement des champs des technologies du futur comme la biotechnologie etc., le développement de la productivité, de la qualité et du management , les fonctions d’orientation et de contrôle du G7-G8 de même que le rôle plus opérationnel de l’OMC et les adaptations en cours de la BIRD et du FMI. Si les nouvelles technologies appuyées sur l’Internet connaissent certaines inflexions négatives liées aux multiples et nécessaires stabilisations et développement des systèmes complexes de consommations mondiaux, leur avenir, comme moteur essentiel de la globalisation, semble rester intact. L’avènement de l’Euro  va sûrement renforcer cette tendance et exacerber la compétitivité comme l’indiquait M. Duisenberg, Président de la banque centrale européenne le 31 décembre dernier.

La pauvreté et l’exclusion sociale se sont encore plus  étendues et aggravées en 2001 dans les pays dits du tiers-monde. Elles ont aussi gagné, à un autre degré, de larges couches sociales des pays dits développés.

 

Ainsi l’année 2001, inaugurant le premier siècle du troisième Millénaire, se présente comme une année d’aggravation des tensions aux plans militaires, économiques et sociales. C’est une année qui a dessiné clairement la forme d’hégémonie occidentale qui entend s’imposer partout. Cette année a montré aussi que les processus en cours peuvent être durables si les ressorts des nations et des identités portés par la rationalité, la modernité et surtout le savoir démocratisé n’y opposent pas les résistances intelligentes et adéquates pour pousser l’humanité et la planète vers des équilibres qui fondent une paix réelle et permettent à chaque nation, forte de son génie de construire avec bonheur son avenir tout en fortifiant les solidarités internationales.

Notre pays doit prendre la mesure des empreintes que l’année 2001 à donné aux évolutions. Il ira encore plus à sa perte et à sa soumission , comme aujourd’hui l’Argentine, si toutes les forces saines ne saisissent pas que la priorité réside dans le dépassement du système actuel de pouvoir, dans la refondation démocratique et républicaine de l’Etat, dans la construction persévérante d’une école fondée sur la rationalité, dans le développement d’une culture qui fortifie par l’ouverture notre identité nationale. Ce n’est que grâce aux  capacités sans renforcées de nos cadres, de nos scientifiques, de nos travailleurs,  que nous serons en mesure de développer nos connaissances , contribuer au développement du savoir et prendre ainsi toute notre place dans ce monde et faire agir valablement notre modeste influence sur ses évolutions.

 

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LA PAX AMERICANA , LE MONDE ARABE ET NOUS

Publié le par Mahi Ahmed

LA PAX AMERICANA , LE MONDE ARABE 

  ET NOUS

 

Par Mahi Ahmed ( Dr.Ing.)

 

Le 4 juillet dernier , jour anniversaire de l’indépendance américaine, W. Bush a exprimé de nouveau sa détermination à poursuivre et à étendre la mise en œuvre de sa doctrine d’intervention préventive. Celle-ci , peut-on l’oublier , a été déjà matérialisée  par une guerre d’enfer contre l’Irak et l’occupation de ce pays ,berceau de l’humanité , plongé dans un chaos indescriptible . Ni l’enlisement , chaque jour aggravé, dans lequel se trouve embourbés les troupes et les émissaires colonisateurs de la puissance américaine, ni les retombées négatives engendrées par cette guerre et cette occupation, tant au niveau du peuple américain  que de l’opinion publique internationale et au niveau d’une grande majorité d’Etats, ne semblent  altérer une telle détermination.

 

LA DOCTRINE W.BUSH EN ACTION

 

Nous vivons de fait  , à l’échelle de la planète  mais plus sensiblement au niveau  des régions géographiques auxquelles nous appartenons de  par notre histoire  , notre identité culturelle, notre faible niveau de développement économique et sociale etc., sous l’action des puissantes dynamiques provoquées par le déploiement géostratégique de cette doctrine visant à imposer la Pax Americana  et à soumettre le monde aux intérêts actuels et de long terme  des USA et surtout de leur pilier néo-conservateur. Les effets de l’application de cette doctrine agissent comme de véritables séismes provoquant de sérieuses déstabilisations et des déstructurations/restructurations massives de tous ordres, imposées par la force, à l’échelle des pays , des régions et du monde. Il faut s’en inquiéter et s’efforcer de rendre lisibles et surtout intelligibles non seulement les lignes de forces qui portent une telle doctrine mais aussi celles qui marquent durablement ses effets.

Qu’observons-nous depuis la défaite et la chute du régime de Saddam Hussein ?

Le monde occidental et l’Europe, en particulier « la vieille Europe » représentée par l’Allemagne et la France , s’accommode déjà des formes imposées de l’hégémonie et de l’unilatéralisme de l’administration américaine , accepte le fait accompli en Irak et cherche, tout en faisant amende honorable, à se construire dans le monde unipolaire en formation des positions favorables à leur croissance économique et à un rapport de forces supportable ,y compris en Europe.

Car il s’agit bien de nous , de notre devenir et de notre avenir et surtout celui des générations qui viennent. On ne peut qu’être sidéré par l’apathie et l’opportunisme s’apparentant à une trahison historique de la plupart des dirigeants des pays arabes face au désastre qui vient de frapper et frappe encore sévèrement l’Irak et surtout le peuple irakien et partant la région.

Nos Etats et surtout leurs dirigeants assistent comme  intimidés , humiliés  et impuissants , à une déclinaison,  fougueuse et déterminée, par les USA et leurs alliés, des plans, découlant de leur nouvelle doctrine , qu’ils ont développés pour les différents champs géostratégiques devant assurer leur domination et le triomphe des contenus qu’ils entendent assurer à leurs valeurs et à leur civilisation.

Le caractère opérationnel, la synergie et l’efficience du management de la communication globalisée, à l’américaine, utilisant tous les moyens d’élaboration , de confection et de diffusion de l’information ciblée, semblent avoir porté , avec le temps et surtout depuis leur intensification au cours de ces dernières années ,et incrustés tels quels,  les contenus déstabilisateurs des messages dont ils avaient la charge dans certaines catégories des masses et de l’intelligentsia arabes. De tels messages , en permanence affinés et adaptés au mouvement des environnements mondiaux et de l’évolution historique par des officines (instituts, fondations , services etc.) spécialisées et installées ou rattachées directement aux états-majors opérationnels comme le pentagone, assènent la modernité du modèle de consommation américain (American Way of Life ), l’universalisme et la supériorité de la civilisation occidentale américanisée de même que des valeurs et de la culture qui lui sont rattachées. De tels messages veulent faire admettre , y compris par la coercition et le recours à la puissance militaire , comme indispensable à l’humanité , à la paix mondiale , au progrès et  à la justice sociale, la suprématie universelle des USA. Ils visent la légitimation du caractère impériale de l’hyper puissance américaine et du droit international qui le fonde et l’appuie.

Les masses et  l’intelligentsia arabes avaient pourtant depuis les années vingt du siècle dernier pétri  le nationalisme arabe et développé  avec plus ou moins de bonheur sa lutte pour la libération nationale , le développement économique et social , la modernité et le progrès général.

Ce qui fait problème aujourd’hui , ce n’est certes pas ce que la civilisation occidentale a apporté à l’humanité comme avancées et comme progrès humains. D’autres civilisations, avant elle, notamment celles qui ont trouvé leurs sources et leur fécondité dans cette région du Moyen-Orient ,  ont aussi apporté leurs contributions et   continuent de le faire et de rayonner. Ce qui est inacceptable,  c’est d’abord cette forme de chauvinisme occidental arrogant, c’est  cette sorte de légèreté intellectuelle et aussi politique qui consiste  à styliser et à vouloir intégrer  par la force une civilisation ou une culture dont les processus de diffusion sont fonction de la complexité des mouvements sociaux et des évolutions historiques. Ce qui choque , c’est cette volonté manifeste, déjà mise en œuvre, d’imposer ( c’est à dire d’exporter ) cette civilisation et cette culture occidentale dans le monde entier.

 

Que nous arrivent-ils donc en tant qu’Etats et Nations arabes ?

 

Quelles sont les causes profondes de nos reculs , de nos défaites ,  de nos incapacités chroniques à peser avec efficience , c’est à dire dans le sens des intérêts de long terme de nos peuples ,dans la détermination des rapports de forces internationaux et dans les évolutions politiques , économiques,  sociales et culturelles qui y sont liées , dans la consolidation et un développement fructueux de la paix et de la stabilité régionales et internationales ? Devons-nous nous contenter, aujourd’hui où l’accélération de l’histoire connaît des rythmes affolants , de discours à caractère populiste  dont la couverture nationaliste avait pourtant ,dans les années cinquante et soixante du siècle dernier , su et pu nous mobiliser largement et avec succès  contre le colonialisme et pour nos indépendances nationales ?

Les Etats Nations arabes formés après la dislocation de l’empire Ottoman , sous l’impulsion des empires coloniaux anglais et  français , ont connu , tout au long du vingtième siècle , des évolutions diverses . Celles-ci ont été marquées principalement par l’émergence et le développement de deux grands mouvements historiques , le nationalisme arabe  et le réformisme  musulman . La naissance et le développement de ces deux mouvements étaient une réaction massive aux affres et à l’humiliation du joug colonial , une réaction organisée , fondée sur les facteurs unificateurs de nos nations et impulsant les évolutions de nos identités , facteurs plongeant leurs racines dans notre  histoire déjà plusieurs fois millénaire avant l’avènement de l’ère chrétienne. Le nationalisme arabe  visait, quant au fond,  à inscrire les sociétés arabes à  majorités musulmanes dans des processus de libération nationale, d’édification d’Etats Nations modernes se nourrissant sans cesse du progrès universel et de la modernité au développement desquels ils apportent leurs contributions tout en préservant et adaptant les fondements de leurs identités culturelles et nationales. Le réformisme musulman constituait une réaction

La deuxième guerre US du Golfe est terminée. L’Irak a été défait au sens propre et figuré par « la première puissance militaire du monde ». Saddam et son régime ont disparu laissant la place à l’occupation étrangère et à un chaos total aggravé par la dislocation de l’Etat national et des institutions qui le portaient . La région du Moyen Orient continue de subir, à la surface et en profondeur , les violents contre-coups de cette féroce guerre digitalisée menée , quant au fond, malgré la formidable et encore impuissante désapprobation de la communauté internationale, contre l’Irak et son peuple.

 Il y a des phénomènes ,qu’ils relèvent de la géostratégie ou tout simplement de dynamiques naturelles,  qui se conjuguent pour nous livrer la terrible réalité du sujet que nous sommes.

 Il y a des tendances d’évolutions politiques et sociétales qui , par les dangers multiples de déchéance historique qu’elles développent  , ne peuvent que souligner le radicalisme du sursaut dont une nation et un Etat comme les nôtres ont besoin s’ils veulent continuer d’exister et  ne pas subir les dislocations et les disparitions qui viennent de marquer ou qui menacent le sort de tant d’autres en Afrique, dans les Balkans ou en Asie centrale. Le radicalisme d’un tel sursaut ne peut signifier l’aventurisme. Il signifie d’abord et avant tout une détermination , forgée par une prise de conscience collective, soit-elle différenciée , des dynamiques lourdes d’ordre interne et externe , qui minent  et menacent dangereusement notre existence en tant qu’Etat et Nation,

Des séismes naturels successifs viennent de frapper durement, encore une fois, notre pays. Il s’agit certes d’une catastrophe naturelle qu’il est difficile de prévoir et de prévenir avec précision étant donné  la complexité des facteurs et des dynamiques géologiques et écologiques qui la provoquent. Cependant l’immensité des pertes humaines et des dévastations de régions entières , les faiblesses graves observées dans la mobilisation des secours, dans les moyens logistiques dérisoires déployés , dans le management général de crise, dans l’opportunité et l’efficience des décisions politiques qui s’imposent pour aujourd’hui et pour demain , donnent à cette catastrophe qui vient aiguiser une crise de société profonde qui perdure un contenu politique éclairant les racines des problèmes auxquels nous sommes confrontés. L’organisation , la maintenance et le développement des capacités nationales de prévention des catastrophes  naturelles et autres  y compris au niveau de la recherche et de la formation spécialisée est un axe stratégique et opérationnel relevant de la sécurité nationale au sens le plus humain et le plus noble. C’est lorsque les crises éclatent et laissent apparaître à la surface , c’est à dire à l’œil nu , les profondeurs des facteurs sociaux , économiques , culturels et politiques qui les nourrissent et les aggravent , que la véritable nature de l’Etat et l’état réel de ce dernier se démasquent au fil des solutions qu’un tel Etat met au point et des moyens qu’il mobilise pour traiter de telles crises. Que l’Etat algérien donne l’impression de ne pas avoir tiré les leçons  des séismes précédents , notamment de ceux survenus depuis un peu plus de vingt ans, pour mettre au point des plans stratégiques de long termes de prévention et de traitement des catastrophes relevant des séismes , indique à l’évidence , au regard des défaillances déroutantes et continues dont il fait montre dans la plupart des domaines  liés à ses missions fondamentales que nous avons affaire à un Etat sinistré. C’est à l’efficience et à la pertinence politique et sociale de la réactivité d’un Etat , dans le temps et dans l’espace, qu’apparaît au grand jour et devient sensible à la collectivité la véritable valeur de cet Etat. Nous sommes devenus l’Algérie de tous les types de séismes, malgré l’immensité et l’immortalité historique de notre mouvement de libération nationale et du puissant potentiel de mobilisation et de création que celui-ci pouvait représenter pour la construction  de l’Etat moderne ,impératif de nos nécessités et de nos besoins projetés dans le long terme et inscrits dans la prise en charge vigilante des évolutions de nos environnements . Un séisme est tout naturellement le produit de dynamiques complexes d’instabilités et de facteurs aléatoires majeures non repérées et non maîtrisées.

Bagdad , la brillante cité historique, est tombée le 9 avril 2003 sous les puissants assauts des hordes impériales  du 21é siècle. Les faits sont là, terribles. Les choquantes réalités  que l’on nous imposent nous bouleversent jusqu’au plus profond de notre être. Mais ces réalités , au lieu de nous aveugler par leur intensité et leur complexité , doivent au contraire nous pousser à les rendre intelligibles , à forcer et forger la lumière en mesure de pétrir nos consciences et surtout nos engagement pour les causes justes et en particulier celles de notre pays. Quelles sont ces réalités ? Quels sont les objectifs stratégiques poursuivies d’abord par les puissances qui les provoquent ? Pourquoi est-il possible , dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui et dans notre sphère culturelle arabo-islamique , que de telles réalités créées en violation du droit international et au mépris de la libre détermination des peuples , puissent être créées et développées ?

La puissance militaire américaine a fait , cette fois-ci en Irak plus que dans la première guerre du Golfe, dans les Balkans ou en Asie centrale, une démonstration affolante de ses potentiels , de son efficience et du haut degré de synergie en temps réel de toutes ses capacités de destructions et de mise hors combat des cibles ennemies poursuivies. Elle entendait signifier au monde entier , alliés des USA compris, par les formes qu’elle a délibérément prises au fil des processus de la crise irakienne, qu’elle était au service d’une idéologie de domination et de coercition de type militariste.

Le régime du Baath de Saddam Hussein a été défait. Il avait été déclaré par l’administration US  point d’appui du terrorisme international et détenteur d’armes de destructions massives chimiques , biologiques et nucléaires. C’était le prétexte et non la cause réelle de l’invasion et de l’occupation de l’Irak. L’Etat irakien s’est effondré et la nation irakienne est soumise encore une fois à la rude épreuve de l’histoire.

L’Irak, sorti , par une volonté des grandes puissances coloniales anglaises et françaises, du démembrement de l’empire ottoman après la première guerre mondiale, est de nouveau terriblement ensanglanté , détruit et déstabilisé et est l’objet de convoitises et de plans américains de nature  impérialiste  à portées stratégiques profondes et de long terme.

L’Etat national irakien , produit d’un processus complexe d’édification, notamment depuis la révolution de juillet 1958 déclenchée par une forte impulsion du mouvement national de libération arabe ascendant sous la direction d’officiers patriotes vient d’être soumis à des dynamiques de dislocation aux conséquences imprévisibles. Un séisme total a terriblement frappé tous les édifices de l’Etat irakien.  Les forces et facteurs qui l’ont déclenché et assuré ses méfaits doivent être déterminées et faire l’objet d’analyses approfondies et multidisciplinaires.

 

 

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LE NÉO-IMPÈRIALISME ET L’ÉPREUVE DU SENS

Publié le par Mahi Ahmed

LE NÉO-IMPÈRIALISME ET L’ÉPREUVE DU SENS

 

Par Mahi  Ahmed(Dr.Ing.  )2002

 

Le premier anniversaire de l’effroyable et inqualifiable attentat terroriste islamiste  contre les tours jumelles de New York et surtout contre la première puissance mondiale va être célébré dans une atmosphère et une conjoncture internationales guerrières et remplies de tensions hautement dangereuses. La marque que l’on veut imprimer, à cette occasion, au patriotisme américain et à la solidarité internationale avec les victimes du terrorisme et avec le peuple américain procède d’un populisme et d’une étroitesse qui entendent voiler à dessein les véritables enjeux et problématiques qui sont au cœur des dérives globales, régionales et nationales que nous observons particulièrement depuis plus d’une décennie. L’humanité, les peuples et les États  sont placés face à une déterminante épreuve du sens, puisque c’est de  l’absence de ce dernier  ou de son caractère diffus qu’il s’agit.

La menace d’une nouvelle guerre asymétrique US, aux conséquences géopolitiques imprévisibles, contre l’Irak de Saddam Hussein, se précise de jour en jour. Une telle guerre procède des dérives signalées et relève bien de la doctrine de W. Bush . Dans un article publié dans le quotidien d’Oran le 3 Mai 2002 sous le titre : « La doctrine W. Bush : une stratégie de domination et de coercition globalisée » nous écrivions ce qui suit : « Nous sommes témoins, face aux dangereuses évolutions auxquelles nous assistons, d’un aiguisement sans précédent de l’arrogance de la puissance des USA. Celle-ci est alimentée par un engagement et une influence décisifs du complexe militaro-industriel revenu aux commandes réelles. Ce dernier entend faire des multinationales qu’il contrôle de même que des capacités de recherche, d’innovation et de création des Etats Unis, les  leviers sans cesse renforcés d’une domination militaire  au long cours et les placer au niveau de fonctions motrices et dirigeantes des processus d’une globalisation aux couleurs américaines….. . .

Nous vivons donc, avec cette doctrine de W. Bush,  des temps historiques similaires à ceux où le dogmatisme idéologique primaire  appuyé sur le populisme et la puissance militaire et économique déclenchait des processus de domination et de guerre incontrôlables et que l’humanité a payé et continue de payer chèrement…

Les stratégies de domination et de coercition des Etats et des nations n’ont jamais résolu de façon durable les problèmes des peuples. »

Alors que Sharon décime le peuple palestinien et qu’Israël renforce sa puissance militaire y compris nucléaire et de destruction de masse, alors que la pauvreté totale et les fléaux les plus dangereux s’élargissent et se répandent de manière accélérée dans les pays du tiers-monde, alors que le chômage et l’exclusion sociale frappent plus du cinquième des populations des pays développés, l’ONU, les institutions internationales qui comptent , les puissances occidentales dites démocratiques de même que nos pays arabes et les pays du tiers monde jadis si combatifs, sont tétanisés et sans volonté de réaction appropriée par la fougue des « faucons » US des temps de la globalisation. Un néo-impérialisme US, fondé , avant tout, sur une puissance de feu et une logistique militaire inégalables et visant le contrôle planétaire stratégique, géopolitique et économique, et non forcément l’occupation territoriale durable, prend forme et crée les conditions de son installation pour le long terme. Les USA, se sentant au sommet de leur suprématie , rêvent du modèle de l’empire romain aux couleurs étoilées pour les temps de la post-modernité. Le recours à l’histoire, même la plus éloignée, n’est valable, pour les éminences grises de l’actuelle administration US que s’il conforte leurs penchants dominateurs, que s’il justifie des sorties des impasses, économiques, sociales et culturelles provoquées par le système social dominant. On pousse l’insolence jusqu’à taire les expériences historiques ravageuses du colonialisme et de l’impérialisme du dix-neuvième et vingtième siècle. Pourtant de telles expériences résonnent encore fort, pour une part significative,  dans l’histoire et l’évolution actuelle des sociétés et des pays qui en ont été les champs dans tout ce qu’ils connaissent comme retards, comme aliénation, comme dislocation des repères  et dilution des identités. Les USA semblent oublier rapidement les leçons du Vietnam. Mais ce qui frappe l’observateur, ce sont les processus de formation et d’action de ce néo-impérialisme. Ces processus sont impulsés et  alimentés par des fondements théoriques élaborés par des élites intellectuelles en voie de recomposition se réclamant et au service d’un néo-conservatisme aux visées impériales et impérialistes. Ils sont surtout une œuvre soutenue, au niveau du temps et de l’espace , des multinationales gigantesques aux dimensions planétaires contrariées par la puissance de leurs élans , des possibilités incommensurables que  permettent les nouvelles technologies , l’accélération des recherches et des capacités de productivité accélérée d’une part et d’autre part par les résistances qu’opposent encore de façon différenciée les États-nations refusant de se soumettre complètement aux injonctions d’un marché national et international débridé  et restant encore sensibles aux nécessaires stabilités et équilibres des États et des nations, voire même à une certaine idée de la justice sociale. L’État-Nation, pour ce néo-impérialisme en marche, c’est comme Carthage pour les guerres puniques et l’empire romain.

 Depuis le 11 septembre 2001, l’attaque préventive, dans la confrontation binaire entre le bien et le mal, devient, quels qu’en soient les conséquences et les coûts, particulièrement humains, le pôle dominant de la nouvelle doctrine US.

La raison invoquée pour justifiée l’attaque contre l’Irak et son peuple soumis depuis plus de dix ans à un humiliant embargo , au rationnement ,à la malnutrition , à la faim et aux fléaux les plus divers, c’est la détention d’armes chimiques et bio-chimiques de destruction de masse de même qu’une propension à fabriquer des armes nucléaires. Il est vrai que la résolution du conseil de sécurité du 3 avril 1991 exigeait le désarmement de ce pays après la première guerre du Golfe pour engager précisait-elle « une démarche dont les objectifs sont de créer au Proche-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive et de tous les missiles-vecteurs ». Jusqu’en 1998, les inspecteurs envoyés par l’ONU en Irak, ont supervisé , avec l’accord et le concours des autorités en place, la destruction du programme nucléaire, d’une partie substantielle des quantités existantes de missiles et d’armes chimiques.

Mais W.Bush a tracé, après le 11 septembre, les contours de l’axe du mal où l’Irak , en tant que zone stratégique de première ligne au Moyen-Orient et sur le plan énergétique, tient une place urgente pour les recompositions géopolitiques programmées. Ce n’est pas tant Saddam Hussein , dictateur avéré, réprimant férocement les forces démocratiques et progressistes, qui est le véritable problème. Les USA ont fait bon ménage avec de nombreux dictateurs ,en Amérique-Latine, en Asie ou en Afrique au cours du vingtième siècle.

 Parmi les multinationales dominantes, ce sont celles du complexe militaro-industriel et de la finance internationale spéculative qui exacerbent les tensions et les pressions actuelles et prônent l’hégémonie néo-impérialiste, face aux déconvenues qu’elles enregistrent sur les places boursières suite au décollage non encore réussi de la nouvelle économie, aux sérieuses crises et déroutes économiques comme en Argentine , au Brésil ou en Uruguay, aux faillites spectaculaires couvertes d’une corruption et d’une dépravation défiant l’entendement de locomotives comme Enron , Worldcom poussant l’économie US et l’économie mondiale dans des processus de récession aggravée.

Sébastien Mallaby, éditorialiste du Washington Post affirme dans un article du Foreign Affairs d’avril 2002 « que le désordre mondial actuel exige des États-Unis une politique impériale. Brossant un tableau apocalyptique des tiers-mondes où se combinent faillite des États, croissance démographique incontrôlée, violence endémique et désintégration sociale, il estime que le seul choix rationnel serait de revenir à l’impérialisme, c’est à dire à la mise sou tutelles directes des États du tiers-monde menaçant la sécurité de l’occident…,les options non impérialistes ayant démontré leur inefficacité. . .la logique du néo-impérialisme est trop forte pour que l’administration Bush puisse y résister. »

Le conseiller personnel de Tony Blair pour les affaires étrangères, Robert Cooper parle de « l’opportunité d’un nouvel impérialisme libéral » S’adressant à l’occident il dit : « Nous devons, entre nous, agir selon les lois et dans le cadre d’un système de sécurité ouvert et coopératif. Ailleurs, lorsqu’il s’agit d’États situés en dehors du continent pot-moderne européen, nous devons revenir aux méthodes plus dures d’une ère précédente : la force , l’attaque préventive, la ruse , bref tout ce qui est requis pour s’occuper de ceux qui vivent encore de la guerre de tous contre tous du XIXé siècle. » Il ajoute : » ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est une nouvelle forme d’impérialisme, acceptable du point de vue des droits humains et des valeurs cosmopolites, un impérialisme qui a pour but comme tout impérialisme d’apporter l’ordre et l’organisation. » « quand nous agissons dans la jungle, nous devons utiliser les lois de la jungle. » Pour Cooper la jungle c’est l’Afrique, l’Amérique Latine, l’Asie etc. Voilà qui est on ne peut plus clair. Ainsi la perte du sens pour le présent et l’avenir des sociétés et des individus, des États et des Nations , du sens qui fonde et galvanise la jeunesse et toutes les forces saines pour construire une société et une humanité de paix , de justice et de progrès, autorise tous les déraillements intellectuels et politiques possibles.

Le monde semble ainsi , sous nos yeux, comme frappé de folie. Il tourbillonne dans tous les sens, livrant à un marché capitaliste mondial débridé et chaotique et à un unilatéralisme de grande puissance, la maîtrise, directe ou indirecte, de règles et de mouvements de nature hautement complexe qui façonnent pourtant les évolutions sociétales et celle de l’humanité dans son ensemble. Notre planète est gravement touchée au niveau des ressorts qui doivent assurer ses stabilités naturelles et humaines. La bipolarité mondiale, basée sur une contradiction idéologique et sociale fondamentale , maintenue, au fil du temps,  par une adaptation continue de la théorie et de la pratique de l’équilibre de la terreur poussée aux limites extrêmes, a certes été dépassée avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS et du système socialiste. Mais ce dépassement a ouvert les champs du monde et de l’humanité à des désordres multiples , globaux, régionaux, nationaux, ethniques, religieux.

Il y a,  comme une perte, subtilement organisée, des nécessaires visions et orientations à caractère stratégique et relevant des véritables valeurs humaines et sociales, qui sans être rigides ou dogmatiques, construisent , sur le long terme le développement équilibré  des sociétés , des Etats ,des nations et des relations internationales.

En observant l’évolution du monde au cours de la dernière décennie et plus spécialement depuis le début du troisième millénaire, on reste durement frappé par la profondeur et les orientations chaotiques des dynamiques de changements menaçant dans la durée l’humanité et  notre planète et partant  notre société et  notre pays. De telles dynamiques prennent en ampleur, en densité et en capacités de destruction de ce que l’histoire et les civilisations universelles ont patiemment construit dans le sens du progrès, de la rationalité et de la coexistence pour fortifier une stabilité, non statique mais dynamique, des sociétés et des peuples, fondée sur la liberté réelle et le respect des diversités ethniques et culturelles . De telles dynamiques revêtent , de plus en plus,  un caractère global et globalisant, mues par un système capitaliste dominant se servant d’une idéologie néo-libérale extrémiste, adaptée à ses visions des impératifs actuels et futurs d’une globalisation déterminée et orientée, d’abord et avant tout,  par ses intérêts exclusifs. Il importe de repérer de telles dynamiques, de les examiner au niveau des contenus qu’elles véhiculent et des formes qu’elles prennent. Il convient aussi de les rapporter sans cesse aux besoins réels de notre société, dans le présent et à l’avenir, à son développement équilibré et solidaire activé d’abord et avant tout par le développement créateur de ses propres capacités et l’action d’un génie national maintenu en éveil.

 

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