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On me fait un procès d’inquisition comme on l’a fait pour Copernic

Publié le par Mahi Ahmed

On me fait un procès d’inquisition comme on l’a fait pour Copernic »

« Pourquoi en sommes-nous arrivés à cette situation ? Pourquoi ce glissement vers un rigorisme, vers un Islam d’étroitesse d’esprit, alors que l’Islam est la religion des penseurs »

Le destin a rattrapé le jeune Bentounès à 25 ans pour succéder à son père comme guide de la zaouia alawiya qui fête cette année son centenaire. Retour sur un parcours hors du commun en compagnie d’un homme qui a toujours combattu les intégrismes.

 

Mostaganem : De notre correspondant

  On reconnaît la tarîqa alawya à son ancrage dans la modernité, d’où vient cet héritage ?

Incontestablement du cheikh El Alaoui en personne. Mon grand-père, mon père et moi-même n’en sommes que les continuateurs. Souvenons-nous, au début des années 1920, cheikh El Alaoui s’affirmait déjà comme un homme des médias. C’est unique dans l’histoire des zaouias qu’un cheikh prenne conscience de la nécessité de communiquer. Il avait créé deux journaux, et lorsque l’administration coloniale avait ordonné à l’imprimeur de ne pas tirer El Balagh, le cheikh a acheté une rotative. Cette dernière est encore là, c’était pour ne plus dépendre de personne et avoir son autonomie. Ma grand-mère me racontait que très jeune, son père l’attachait avec une corde afin qu’elle puisse se baigner sans risque dans une piscine qu’il avait aménagée en bord de mer. Nous sommes en 1920 ! Cheikh El Alaoui n’avait aucun complexe vis-à-vis de l’Occident. Dès le début, il avait acquis la conviction qu’il fallait être au cœur de la modernité et de la civilisation occidentale, de s’interroger et comprendre que les enjeux futurs dépendent de l’harmonie entre l’Orient et l’Occident. Il cherchait un équilibre entre une matérialité humanisée et une spiritualité affranchie des traditions empiriques et rétrogrades.

  Comment cette ambiance vous a baigné ?

J’ai vécu dans cette ambiance, au milieu d’oulémas (savants de la foi) qui m’apprenaient le Coran, la charia, Sidi Khlil… On apprenait par cœur des livres entiers, ce qui nous embêtait un peu en tant qu’enfants, mais il fallait les apprendre ! A côté de ça, nous avions des sages qui remettaient tout en question, voire en dérision ! Ce qui cultivait notre esprit critique, une éducation de l’ouverture, où il n’y avait aucune vérité acquise. Il n’y avait aucun tabou et tout était pétri dans la sincérité, c’est important la sincérité.

  Ce qui explique cette caractéristique chez la tarîqa, l’absence de tabous, alors que Mostaganem était connue pour son rigorisme ; filles et garçons, dès le jeune âge, apprennent à se côtoyer et activer en mixité…

C’est vrai que filles et femmes sont présentes dans nos activités, mais c’est ce qui caractérise une école de la vie. Nous sommes totalement ancrés dans la tradition, mais nous sommes également dans la modernité. C’est un mixage d’une tradition millénaire et d’une modernité assumée. Nous sommes conscients que si on refuse à nos jeunes de vivre dans leur temps, ils vivront cachés. C’est pourquoi nous voulons qu’ils s’assument pleinement, dans une ouverture d’esprit et en toute responsabilité.

  Il y a également cette absence totale du voile…

Il est préférable de vivre pleinement, dans la société, sans se cacher derrière un habit imposé. Il est préférable pour la femme de s’habiller comme elle le souhaite, avec ou sans voile. Nous voulons lui enlever le voile intérieur, celui qui est dans les esprits, c’est ça l’ouverture que nous enseignons.

  Comment expliquer qu’à la zaouia ça marche alors que le voile est imposé par la société ?

Parce qu’à la zaouia, nous enseignons la liberté. Nous cherchons à rendre à l’homme sa liberté, Dieu dit « La Ikraha fi Din », « pas de contraintes en religion », Dieu n’impose rien à personne. Comment un homme peut-il s’arroger ce droit ? Pourquoi notre société s’est figée ? Tout le monde sait que partout tout le monde boit de l’alcool, prend de la drogue, et la société fait semblant de ne pas savoir, alors que les maux sociaux sont une réalité !

  A la disparition de votre père, vous aviez 25 ans, étiez-vous préparé à ce lourd héritage ?

Préparé ? Je n’en sais rien. J’avais quitté le pays pour ne jamais y revenir. J’avais construit ma vie ailleurs.

  En faisant quoi ?

J’étais en France et j’avais mes salons de prêt-à-porter. J’avais mes mannequins et je produisais en Turquie et vendais en Afghanistan, en Inde, au Pakistan, en Grèce, au Mexique, au Maroc. J’avais obtenu la représentation de marques françaises et j’envisageais d’ouvrir des boutiques dans le Golfe. En 1973, les prix du pétrole ayant flambé, j’aurais pu finir « bêtement » comme un richissime homme d’affaires, j’aurais gagné beaucoup d’argent et gâché ma vie.

  Ça devait être très dur, à 25 ans, de laisser tomber autant de projets…

Au début, ce fut très dur ! D’abord, j’ai refusé de succéder à mon père, mais la décision avait été prise par les sages, à mon insu, bien avant que je n’arrive de l’étranger. Puis, une fois l’enterrement effectué, on est obligés de désigner un successeur par la remise par les grands sages de leurs chapelets. A ce moment, je fus stupéfait, je leur disais : « Vous vous trompez de personne », et je le criais haut et fort ! J’avais alors des cheveux longs, je portais un jean et un blouson en cuir comme les jeunes de l’époque, et je leur disais que je n’en voulais pas ! J’étais convaincu que je n’avais plus rien à faire avec eux, dans ce pays… Puis voilà, je me retrouve avec cet héritage sur les bras. Je ne savais pas par où commencer, puis il y avait ces sages qui m’entouraient de leur bénédiction et de leur affection. Ce sont eux qui vont m’aider à comprendre ma nouvelle mission. J’allais vivre une année avec un feu dans ma poitrine. La nuit, je hurlais de douleur, ma femme en est témoin, je vomissais tout ce que j’avalais, j’ai consulté plusieurs médecins, sans que personne ne trouve de remède. Puis progressivement, je rentrais dans mon nouveau destin, ce fut une sorte de renaissance ou de réincarnation. Un être s’éteignait et l’autre renaissait dans un même corps. J’acceptais ce rôle malgré moi, car je ne suis pas un savant ni un intellectuel, je ne suis que ce que l’on m’a appris, un serviteur ! C’est ma place, je la connais, Dieu merci.

  Dans l’histoire, y a-t-il un antécédent où un si jeune disciple succède au maître ?

Oui, mon propre père, El Hadj El Mehdi ! Il a été cheikh à 24 ans et c’était le premier cheikh sans barbe ! Il est mort à 47 ans.

  C’est très jeune pour mourir…

En effet, après avoir vécu toute la guerre d’Algérie, puis l’indépendance et la construction du nouvel Etat algérien, il y eut les brimades et l’humiliation, la prison et l’exil forcé à Jijel. Après tant d’injustices, on cherchait à le « casser » et on y est parvenu. Il est mort dans la solitude et le dénuement, sans jamais céder. Il a toujours gardé le cap dans l’espoir que ce pays retrouve son héritage et sa dignité et osera revenir à lui-même.

  Vous voulez dire vers la vérité ?

Oui ! Notre peuple doit impérativement faire le constat des longues années d’échec qui l’ont amené à cette terrible situation où l’Algérien tue l’Algérien, où les enfants innocents sont égorgés, où les filles, les femmes innocentes, les vieillards périssent par une sorte d’absurdité généralisée, une folie collective. Détruire son pays, détruire les siens, au nom de principes qui n’ont aucun sens.

  C’est au nom de ces mêmes principes qu’un groupe fait pression pour faire retirer votre livre ?

Faudrait-il qu’ils le lisent ! C’est trop facile de jeter l’opprobre sur une œuvre sans l’avoir vu ni consulté.

  On est loin de la modernité, ces gens-là sont-ils porteurs de modernité ?

Si je donne un sens à la modernité en disant qu’elle est d’abord responsabilité, je dirai qu’ils sont irresponsables. On ne peut pas juger ou mal juger quelque chose parce l’on n’aime pas quelqu’un.

  En l’occurrence ces miniatures persanes, c’est un patrimoine du monde musulman, où est le problème ?

Tout à fait. J’ajouterai qu’elles sont exposées dans les plus grands musées du monde, comme Topkapi (en Turquie), et ce, depuis leur création.

  Alors que vous vous reproche-t-on ?

Ce ne sont pas ces miniatures qui sont visées, elles ne sont qu’un prétexte. Ce qu’on me reproche, ce sont ces photos du XIXe siècle, prises pour perpétuer les instants les plus précieux de notre patrimoine commun. Ce sont les photos des mausolées qu’on a détruits, et moi je demande seulement ce que sont devenus les mausolées des martyrs d’Ouhoud ? Où est le mausolée des martyrs de Badr ? Où sont les mausolées de Sayyda Khadidja et de Sayyada Aïcha, la première musulmane et la mère des croyants ? Où est la maison du Prophète Sidna Mohammed ? C’est ça qui dérange en réalité ! Cette histoire que l’on nous cache, dont on ne veut pas parler. C’est notre histoire, et nos enfants sont en droit de la connaître pour mieux se préparer à un monde qui ne pardonne pas aux faibles. Sous prétexte d’une religion qu’ils ont transformée en une idéologie manipulable. Au service de qui ? De quels intérêts ? Qui est derrière ces actions ? Je le dis avec sérénité, regardez d’où vient le salafisme et vous comprendrez tout. Prenons nos responsabilités et lisons l’histoire. Cheikh Khaled n’a rien inventé, il a tout simplement retrouvé des documents qu’il met à l’appréciation des musulmans. Je les mets également entre les mains des chercheurs, afin qu’ils s’en emparent et qu’ils disent ce qui s’est réellement passé. Pourquoi en sommes-nous arrivés à cette situation ? Pourquoi ce glissement vers un rigorisme, vers un Islam d’étroitesse d’esprit, alors que l’Islam est la religion des penseurs, des philosophes, des lumières. Avec cette cabale, nous sommes revenus au Moyen-Âge chrétien, avec ses procès en inquisition. On me fait un procès d’inquisition comme on l’a fait pour Copernic. Mais tout ça est fini ! C’est fini ! Je ne pense pas que l’Algérie d’aujourd’hui puisse accepter ça. Les Algériens ont envie de retrouver l’Islam de leur terroir, celui des leurs aïeux, tolérant, ouvert, qui prépare l’homme par une éducation responsable, ouverte sur la modernité sans rien renier de son patrimoine.

  Qu’enseignez-vous à vos disciples pour les éloigner du salafisme ?

Que la vie est sacrée. La vie de la sœur, du frère, du voisin, celle d’un Noir, d’un Japonais, d’un Russe, elle est sacrée. Ensuite, il faut qu’il apprenne la raison critique, que ça vienne de lui-même, de son for intérieur. Enfin l’altérité, l’autre c’est notre miroir, il peut nous guérir de nos propres maux. Puis il y a la préservation de la nature, Dieu nous a confié un paradis, nous devons le préserver. A travers ce centenaire du Cheikh El Alaoui, nous avons invité de nombreux universitaires, afin qu’ils nous parlent des dangers que nous faisons courir à notre environnement.

  Justement, pourquoi avoir organisé ce colloque à l’université, alors que la zaouïa dispose de suffisamment d’espace ?

Parce que l’université est la maison du savoir. Contrairement à d’autres, nous voulons aller au-delà des limites et des tabous et nous ouvrir sur l’universel. Nous aimons les provocations positives, celles de mettre face-à-face nos universitaires et ceux venus de trente-quatre pays amis nous faire partager leur expérience et leur optimisme. Je veux une Algérie vivante, une Algérie libre, je souhaite que mes concitoyens vivent dans un pays libre, sans aucune contrainte. « Pas de contrainte en religion » : c’est le Coran, ce n’est pas cheikh Khaled qui le dit ! Je veux que mon pays ne vive plus dans l’hypocrisie. J’ajouterai enfin que l’Islam n’est la propriété de personne, chaque musulmane, chaque musulman est responsable. Je le souligne avec force : sans la femme, aucun avenir pour l’Islam !

Bio express : Président d’honneur de « Terres d’Europe », fondateur des Scouts musulmans de France et membre de la consultation de l’Islam de France, président honoraire de l’Association internationale des amis de l’Islam, cheikh Khaled Bentounès est sur tous les fronts du dialogue interreligieux. Il est également auteur de L’homme intérieur à la lumière du Coran et Le soufisme, cœur de l’Islam.

 

Par Yacine Alim

Source : El Watan 31.07.09

Publié dans Information

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Les Damnés de la terre

Publié le par Mahi Ahmed

Les Damnés de la terre

Un texte incandescent

30-07-2009

 

Par Mohammed Bouhamidi 
 
En un peu plus de trois cents pages de l’édition ENAG de son livre les Damnés de la terre, Fanon déroule un texte foisonnant qui, pour des raisons intéressantes à explorer –passionnantes même par certains côtés–, éclipsera Peau noire masques blancs et l’An V de la révolution algérienne dans les mémoires et les références. On y retrouve cette soif de comprendre dans leurs racines les rapports de la domination raciale et coloniale, cette colère contre l’injustice et contre l’absurde de ses légitimations pseudo théoriques, cet engagement total de la personne dans le processus mental et pratique pour les briser, bref cette attitude de combat théorique et politique qui imprègne de bout en bout Peau noire masques blancs. Comparé, l’An V de la révolution algérienne apparaît comme un texte plus posé, si j’ose dire. Cet aspect a son importance à la fois théorique et personnelle.     

Un contexte personnel difficile
Fanon écrit les Damnés de la terre dans l’urgence entre mars et juin 1961. Une année avant, sa voiture avait sauté sur une mine près de la frontière algéro-marocaine dont il sort avec la fracture de seize vertèbres. A Rome, la voiture du représentant du FLN qui l’attendait pour le guider vers l’hôpital saute dans une explosion et lui-même échappera à un autre attentat. Il sait, depuis 1960, qu’il est atteint de leucémie mais surtout Fanon assiste à la naissance des indépendances africaines. L’Union française, autre version du Commonwealth, va favoriser le transfert de la gestion des anciennes colonies vers des «bourgeoisies nationales». Ainsi Fanon désigne-t-il les groupes sociaux organisés en partis qui vont récupérer les pays en question. Il en voit les effets immédiats au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et dans d’autres pays. Les élites arrivées au pouvoir, le plus souvent avec l’aide des anciennes
puissances coloniales, abandonnent immédiatement les aspirations populaires à la récupération de la terre et à une véritable indépendance, s’entourent de conseillers issus de l’appareil d’Etat colonial, suivent à la lettre les conseils et les orientations des anciennes puissances coloniales et se proclament «leaders» historiques ou «zaïms» avec une tendance prononcée au pouvoir personnel et à l’autoritarisme.
Il a littéralement sous les yeux une vaste opération de «dessaisissement» des masses des fruits de leurs luttes antérieures.
Avec pour corollaire des atteintes à la démocratie et aux débats qui auraient prolongé les luttes populaires pour construire les indépendances autour des besoins des peuples. Il voit, au contraire, les élites, arrivées au pouvoir, reconduire les politiques et les mécanismes des anciennes puissances coloniales. Il perçoit déjà que ces élites vont prendre la place des colons, se comporter comme eux. Il les voit surtout développer une peur panique des peuples. Fanon dit les masses.

Naissance du néocolonialisme
Et c’est effrayées par ces masses et leur radicalisme que ces élites bourgeoises se retournent vers l’ancienne puissance coloniale pour assurer leur sécurité
et leur pouvoir. Il cite une des protestations des jeunes Sénégalais qui se plaignaient que Senghor ait confié aux Européens l’encadrement du jeune Etat
sénégalais. «Au lieu d’africaniser l’encadrement, il a africanisé les Européens !» La doléance et la réalité ont dû frapper durement Fanon pour qu’il la reprenne. C’est de cette réalité que Fanon tirera  sa formule que le colonisé ne veut pas chasser le colon mais le remplacer, dormir dans son lit et si possible avec sa femme. Fanon constate. Il n’invente pas. Mais il faut le lire avec une profonde honnêteté pour comprendre ce qu’il apporte de nouveau par rapport aux autres idéologies politiques en œuvre dans la conscience des gens et notamment l’«anthropologie» qui postulait encore et toujours à une nature du nègre et de l’Arabe pour rajeunir sa vieillerie qu’ils sont incapables de se diriger sans l’assistance du Blanc.
Il faut réserver une place spéciale au marxisme dans ce panorama. Ce dernier est à la fois une idéologie politique portée par des hommes et des partis
qui ont effectivement libéré des peuples de l’emprise coloniale. Et Fanon le sait à partir de la Chine et du Vietnam et d’autres exemples, dont Cuba.
Il est aussi une grille de lecture scientifique qui a déjà abordé à travers Marx, Engels, Lénine, Trotski, Mao, Ho Chi Min, la question coloniale et montré ses liens étroits avec le développement du capitalisme puis son passage au stade impérialiste. Fanon connaît au moins en partie les textes de ces hommes puisqu’il s’y est intéressé lors de ses études en France. Mais alors qu’est-ce qui le laisse insatisfait ?
La question est d’une importance capitale, car, justement, Fanon reproduit ou fait la même découverte que Marx : la science a pour objet les rapports
entre les hommes et non les hommes eux-mêmes.

Hegel et Marx
 Il l’a déjà montré dans Peau noire masques blancs. Il s’est bien battu contre tous ceux, psychiatres ou spécialistes des «sciences humaines», qui postulaient à une essence de l’homme. Il a le mieux, entre tous, montré combien «l’anthropologie est la servante du colonialisme» et du néocolonialisme, devrions-nous ajouter. Cette remarque sur le marxisme ne met pas en avant les critiques ultérieures, justifiées ou non, sincères ou de mauvaise foi, qui viendront de certains représentants de ce courant. Elle concerne ont fait une question clé de la philosophie dont les Européens une source de leurs réflexions. Elle
est une question clé aussi de la préface de Jean-Paul Sartre qui, malgré la sympathie, voire l’empathie, qui rapprochait les deux hommes, souffre
d’un malentendu fondamental qui explique, à lui seul, l’adresse ultérieure de Josie  Fanon, épouse de Frantz, à François Maspero, dans laquelle elle exigeait que cette préface ne figure plus en ouverture de ce livre. La cause, pour elle, en était le soutien de Sartre à Israël. Avouez que le malentendu devait être sérieux pour qu’une question coloniale aussi claire que la échappe dans sa réalité au grand philosophe français et pousse Josie à cette demande.
Reprenons : dans un article précédent, j’ai parlé de cette critique fanonienne de la dialectique du maître et de l’esclave qui est une des sources de la pensée sartrienne que la relation Blanc/Noir ou colon/colonisé n’a rien à voir avec la relation qu’examine Hegel. Elle n’en est pas un cas particulier.

Un changement d’objet
Tout le premier chapitre des Damnés de la terre en est une illustration par le rappel insistant et convaincant de Fanon que la relation colon/colonisé est une relation de pure violence. Mais une relation d’extériorité.  Il tire sa puissance et sa force d’une supériorité économique et technologique qui le «libère», si j’ose dire, de l’exploitation du colonisé ou de sa seule exploitation. La pensée de Fanon va évoluer, se préciser. On peut même avancer qu’elle va changer d’axe. Même s’il ne le formule pas explicitement, la lecture des Damnés de la terre pose la relation colon/colonisé comme un cas particulier de la lutte des classes.
Mais de la lutte de classe à l’échelle mondiale. Une lecture encore plus attentive, plus poussée, montre qu’il ne s’agit pas d’un moment de cette lutte de classe mais d’un segment. La différence est qu’un segment relève d’une tâche historique, donc de plusieurs générations, et qu’un moment relève d’une tâche politique, celle d’une génération ; la génération en charge de hisser le drapeau national sur la terre des ancêtres.  Le changement d’axe est fondamental. Si le rapport Blanc/Noir ou colon/colonisé est un segment de la lutte de classe, alors la couleur de la peau, la race ou la religion changent de position, s’installent dans un autre rapport comme facteurs politiques ou historiques. Et c’est bien le changement manifeste et latent, le changement réel, dans la pensée de Fanon : son obsession devient la formation, la constitution de la conscience nationale. Fanon indique en creux et en relief que la question
révolutionnaire par excellence pour les colonisés est la question nationale. Pas comme nous le comprenons, nous Algériens, qui, par la vie concrète de notre nationalisme avons connu l’opposition entre question nationale et question sociale et, par élargissement, entre question nationale et question culturelle opposant les révolutionnaires qui postulaient à la nécessité de la restauration de l’Etat national pour entreprendre les réformes culturelles souhaitées par les ulémas ou pour résoudre la question sociale. Non, pas de la manière dont nous la comprenons, nous Algériens. Fanon découvrait une nouvelle facette des mythes anticoloniaux avec le discours de Senghor qui revenait sur le mythe de la négritude pour en faire une sorte d’idéologie d’Etat, d’orientation
générale pour les pays nouvellement indépendants.

L’Etat national, but de la contre-révolution
 Cette position ne contenait pas seulement en germe la division des peuples nord-africains et sud-sahariens encore en lutte comme l’Algérie, l’Angola, l’Afrique du Sud, le Mozambique, etc. Ce qui était, en soi, gravement préoccupant pour ce militant passionné de la cause anticoloniale. Elle réveillait en lui cette insatisfaction profonde qu’il exprimait dans Peau noire masques blancs. Si la négritude lui semblait une première réponse –disons– acceptable au racisme, une réponse d’éveil, un pis-aller qu’il critiquera quand même sévèrement en la comparant à une illusion. Proposée comme idéologie d’Etat et comme idéologie des Etats nègres, elle frappait au cœur le contenu même des luttes anticoloniales : la constitution d’Etat nationaux. Elle montrait aux peuples une voie erronée : celle de la poursuite d’un mythe qui les menait à la recherche d’une chimère et dans l’abandon de la réalité de leur servitude, non pas la peau mais le rapport colonial. Fanon va mettre le doigt sur la plaie mortelle de cette idéologie : face à l’image massive du Noir idiot et retardataire du raciste, négation des différences entre Noirs ou entre Arabes ou entre Arabes et Noirs –ils sont tous les mêmes- elle offre également une image massive : tous les Noirs sont les mêmes. Or, les luttes nationales et les indépendances montrent les diversités entre les peuples noirs et les peuples arabes d’ailleurs. La condition noire est une fausse condition et on ne pouvait plus dans le feu de la lutte, c’est-à-dire dans l’empoignade avec le réel, se nourrir de chimères. C’est dans ce livre que Fanon refaçonne l’objet de sa théorie, l’ajuste, le reconstruit à un autre niveau du concret : le rapport Blanc/Noir devient un cas particulier du rapport colon/colonisé, c’est-à-dire un cas particulier du rapport capital/travail. Bien sûr, cet ajustement n’enlève rien à l’importance de Peau noire masques blancs. C’est dans ce premier ouvrage qu’il fait le pas décisif au plan  théorique et c’est là qu’est le cœur de sa découverte. C’est parce qu’il a franchi un «seuil» épistémologique dans cette première œuvre qu’il a pu ensuite «voir» la réalité et élaborer ce «concret de pensée» qui lui a permis et nous permet de
comprendre –de saisir– cette diversité culturelle, sociale, ethnique, linguistique dans ce qu’elle a de condition partagée : la condition coloniale. Fanon voit donc les indépendances échapper aux peuples, mises au service de bourgeoisies débiles et prédatrices. Il voit surtout avec Senghor la contre-révolution en marche par l’instrumentalisation des contre-mythes coloniaux contre les Etats nationaux. 
Il serait étonnant que Fanon ignore les dissensions qui naissaient au grand jour dans la direction de la révolution. Il n’était ni aveugle ni sot. Et il serait étonnant que ces dissensions n’aient pas agi sur lui et n’ait pas coloré ses analyses.
Voilà brièvement le contexte et les  premières remarques sur les Damnés de la terre. Voilà ce qui lui donne ce caractère incandescent. Un texte à la croisée de son engagement, de ses espérances, de son besoin de comprendre, de sa passion pour la justice et la libération qu’il voit se déliter dans ces indépendances africaines dévoyées, ce besoin de nous éclairer sur les enjeux et sur les axes de luttes. L’incandescence de ce texte, sa beauté, la fusion qu’il opère entre théorie pratique et rêves d’une humanité à naître comme Marx disait que le socialisme nous sortirait de la préhistoire de l’humanité –et je le rappelle exprès pour les marxistes vulgaires qui s’en sont pris à Fanon– est celle-là même qui allume nos maquis, nos cellules citadines, nos manifestations de décembre 1960 et illumine nos sacrifices et cette folie d’un peuple quasiment désarmé en voie de défaire la quatrième puissance du monde soutenue par l’OTAN. De cette incandescence, il nous faudra tirer ce que Fanon découvre, éclaire, avance comme connaissances dans les prochains articles.

Source : La Tribune 30.07.09

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Le cinéma arabe entre vision classique et vision moderne

Publié le par Mahi Ahmed

Le cinéma arabe entre vision classique et vision moderne

Préservation de l’authenticité des œuvres cinématographiques arabes et maîtrise des nouvelles techniques

30-07-2009

Par Reda Cadi

Parmi les conférences qui ont marqué la 3e édition du Festival du cinéma arabe d’Oran, se distingue celle qui a engagé la réflexion sur les voies et moyens pour préserver le cachet spécial du cinéma arabe et, en même temps, en le dotant des technique modernes susceptibles d’améliorer la qualité des films proposés au public. Ce qui a conforté l’appel du secrétaire d’Etat à la Communication auprès du Premier ministre, M. Azzeddine Mihoubi, relatif à la création d’un fonds de soutien arabe à la création cinématographique. Un fonds qui permettra la productivité en tenant compte des bonnes technicités, pour parvenir à concilier l’authenticité des œuvres cinématographiques arabes et la maîtrise des techniques cinématographiques modernes. Une conclusion sur laquelle se sont accordés tous les critiques de cinéma ayant participé aux travaux de la conférence. Une conférence qui s’est inscrite sous le sigle du «cinéma arabe entre vision classique et vision moderne». Les participants y ont mis l’accent sur la nécessité d’acquérir les techniques contemporaines et de préserver l’authenticité dans les œuvres cinématographiques». Parmi eux, il convient de souligner l’intervention du critique de cinéma égyptien, Kamel Ramzy. Ce dernier a affirmé, à raison d’ailleurs, qu’il y’avait dans les œuvres cinématographiques arabes classiques une touche de modernité malgré l’absence d’utilisation de techniques modernes. Il a évoqué la difficulté dans l’écriture du scénario, en soutenant l’idée selon laquelle les films classiques sont un gage de réussite de tout travail cinématographique. Le critique marocain, Mustapha El Mesnaoui, a apporté de l’eau au moulin de son collègue égyptien tout en estimant que «la question de la vision classique chez les cinéastes arabes repose au plan artistique sur le récit, c’est-à-dire (le dialogue), en négligeant la photo avec toutes ses caractéristiques et les acoustiques». En ce qui concerne la modernité, le même critique a laissé entendre «qu’elle connaît des résistances de la part du public qui rejette les nouvelles œuvres cinématographiques qui ne s’adaptent pas à l’évolution du temps». Le critique jordanien, Adnane Madanet, a, quant à lui, abordé le sujet des nouvelles techniques et des productions cinématographiques, deux choses qui vont de pair, sans quoi l’artiste ne peut réaliser son œuvre. Quant au volet de la maîtrise des nouvelles techniques, le même critique estime que le besoin se fait sentir car les conditions de projection dans les salles de cinéma à caractère commercial sont toujours gérées par des techniques traditionnelles qui nécessitent tout un savoir-faire. Il a ajouté, dans ce contexte, que la numérisation a quelque chose de bon pour avoir réglé des problèmes qui se posaient pour la confection des films, mais elle doit aussi se réadapter avec les techniques de projection traditionnelles. La question qu’il a posée est de savoir comment utiliser ces techniques sans que le cinéma ne perde son identité, voire son authenticité. M. Madanet a mis, également, l’accent sur l’importance de la préservation de l’identité nationale et l’authenticité de «l’histoire dans l’utilisation des techniques dans les œuvres cinématographiques», en déclarant que «ce n’est qu’à partir de là qu’on pourra dire que c’est un film dans la forme et dans le fond». Le critique palestinien, Bechar Brahim, a abordé, dans son intervention, le nouveau cinéma palestinien, en disant que «le nouveau cinéma palestinien cherche à marquer la présence en force de la question palestinienne dans l’actualité mondiale à travers l’image après des années d’absence et de léthargie». «Le cinéma palestinien s’est transformé, aujourd’hui, en un moyen de tous les espoirs pour refléter fidèlement le vécu des Palestiniens sous le joug de l’occupation israélienne», a souligné le même intervenant. En ce qui concerne la production cinématographique palestinienne, M. Azzeddine Mihoubi a souligné que «les travaux cinématographiques palestiniens ne sont pas uniquement dirigés vers le monde arabe mais également aux autres pour faire connaître sa cause». Le secrétaire d’Etat a, également, appelé à renouveler les liens avec l’histoire comme question primordiale, déclarant qu’il faut accorder «notre intérêt à l’histoire du cinéma». En réponse à une question d’un artiste au sujet du financement des travaux cinématographiques des gouvernements des pays arabes, le secrétaire d’Etat a souligné que «chaque pays à sa propre politique dans ce domaine» et que cette question a besoin de grands investissements.

Source : El Watan 30.07.09

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Polémique autour du livre Soufisme, l’héritage commun

Publié le par Mahi Ahmed

Polémique autour du livre Soufisme, l'héritage commun

Le HCI accepte l'arbitrage des Oulémas

Suite au débat médiatique suscité par le contenu de l'ouvrage de cheikh Khaled Bentounès, le Haut-Conseil islamique (HCI) appelle à l'apaisement et déclare accepter « l'arbitrage » proposé par l'auteur du livre.

 

De même, le HCI « souhaite que soit mis un terme à ce débat tendu entre la zaouïa alawiya et l'Association des oulémas algériens ». Dans un communiqué dont a été destinataire hier la rédaction d'El Watan, les responsables de l'institution tiennent à souligner que toutes les remarques formulées depuis la parution du livre polémique n'avaient été qu'« amicales, après avoir lu l'ouvrage de la zaouïa que celle-ci a fait parvenir avec la dédicace de l'auteur ».

Amicales » ne semble pourtant pas être le terme le plus approprié pour décrire le déferlement de critiques ciblant cheikh Khaled Bentounès. Le litige portait, dans un premier temps, sur « la forme » de l'ouvrage, à savoir sa jaquette et quelques illustrations, l'une montrant le portrait de l'Emir Abdelkader entouré d'une étoile de David, les autres des effigies du Prophète et d'autres figures de proue de l'Islam. Ce qui est formellement proscrit par la tradition musulmane, une fetwa d'Al Azhar interdisant la représentation du Prophète, de sa proche famille et de dix de ses compagnons. Pour se défendre, cheikh Bentounès a argué que ces images n'étaient que des miniatures anciennes, perses pour quelques-unes, qui datent de plusieurs siècles. Pour le HCI, ces illustrations « anciennes, sous forme de miniatures et d'images populaires, sont loin d'être fiables. Ce qui est surprenant, c'est que certaines images sont osées ».

Le conseil a appelé l'auteur de l'ouvrage à faire amende honorable et à retirer ces images « désapprouvées par la majorité des savants de l'Islam ». Quant à la couverture du livre, elle est jugée « choquante » par le HCI, qui explique que de lier à l'Emir Abdelkader, une éminente personnalité nationale, l'étoile de David est « indécent » tant l'étoile « est devenue symbole du sionisme connu pour son hostilité envers l'Islam ». Pour toute réponse, la zaouïa alawiya a simplement rappelé que cet « emblème » est avant tout le sceau d'un envoyé de Dieu cité dans le Saint Coran.

Débat apaisé

Puis vinrent des « remarques amicales » concernant le contenu du livre et le message « de tolérance interreligieuse et d'ouverture ». Selon le HCI, ces textes « laissent entendre une unification de toutes les religions et c'est là une thèse étrange qui n'a aucun lien avec l'Islam et qui ne peut être appliquée au vu des différends qui caractérisent les relations entre ces religions », ajoutant que « l'Islam prône le dialogue des religions de manière sereine et sur la base du respect mutuel et des spécificités de chaque religion ». « Ce livre contient 840 références et a demandé beaucoup de travail. J'ai essayé de restituer à notre mémoire la place qui est la sienne puis la transmettre à ceux à qui elle appartient », rétorque cheikh Khaled Bentounès. « C'est une simple énumération des étapes de la propagation de l'Islam avec des emprunts repris à titre d'illustration de cette épopée », affirme quant à lui le porte-parole de la zaouïa alawiya, Nasreddine Mouhoub. Suite à ces échanges par communiqués et interventions dans les médias interposés, le ton des échanges montent d'un cran entre les deux « clans ». « Pour nous, cette campagne ne sert ni l'Islam ni les musulmans, par contre elle tend à entretenir la fitna », déplorent les fidèles de la zaouïa, qui accusent leurs détracteurs de « salafisme ». Les deux parties n'en démordent pas : l'une veut la suppression des éléments litigieux contenus dans le livre et l'autre campe sur leur maintien et leur « islamité ».

Cheikh Bentounès en appelle à la médiation et à l'arbitrage des oulémas musulmans. « Nous sommes prêts à poser le problème au niveau de toutes les instances de droit musulman comme l'université d'Al Azhar ou celle des Qaraouiyne », avait-il déclaré. Dans son dernier communiqué, le HCI réagit vivement à « l'allusion aux salafistes ». « Elle ne le concerne pas, le HCI étant connu pour son ouverture d'esprit et son dialogue avec les courants de l'Islam comme avec les autres religions. Mais l'ouverture et la rénovation ne sont le monopole de personne, heureusement », conclut le communiqué.

 

Par Ghania Lassal

Des théologiens Musulmans en parlent

La polémique soulevée suite à la parution du livre* Soufisme, l'héritage commun, de cheikh Khaled Adlène Bentounès, guide de la tarîqa alawiya - notamment à cause de la reproduction de miniatures représentant la personne du Prophète Mohammed - n'a pas laissé indifférents des spécialistes du monde arabe et d'Afrique noire présents au colloque de Mostaganem.

 

Approchés par El Watan pour donner leurs impressions et leurs avis, ces théologiens n'ont pas hésité à livrer ce qu'ils pensent de l'ouvrage. Même s'ils le font parfois avec beaucoup de précautions, nos interlocuteurs ont tenu à minimiser l'évènement, appelant à la sérénité et à la sagesse. Ainsi, cheikh Ahmed Hassen Chahada Eradaydya de Jordanie, qui reconnaît ne pas avoir lu l'ouvrage, le trouve de bonne facture. Ajoutant que même si les oulémas avaient émis quelques réserves, « il ne faut pas tout rejeter. Il n'est pas habituel qu'en Orient on représente le Prophète en image, ce qui ne justifie nullement cette tempête. Que Dieu les aide à retrouver le droit chemin ». Le docteur Mohamed Mahmoud Abou Hachem, d'Al Azhar, nous informe que cheikh Khaled lui aura remis le livre, lui recommandant d'en faire une lecture sans concession. Il l'a également chargé de faire un compte rendu faisant ressortir les aspects positifs et négatifs. M'hamed Hassen Djamel Abou El Hounoud, directeur central au ministère des Habous, en Palestine, et directeur de la radio religieuse palestinienne, déclare avoir pris connaissance du livre, ajoutant que les miniatures reproduites par cheikh Bentounès sont parfaitement connues dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Il souligne que le cheikh n'a fait que « reproduire ces images de notre patrimoine dans le souci de protéger ce patrimoine de la déperdition ». L'auteur n'a pas pris position sur le côté licite ou pas de ces images, préférant en référer aux « docteurs de la foi ». « Pour moi, ajoute-t-il, c'est aux oulémas de se prononcer car cette affaire n'a pas besoin d'un tapage médiatique de cette envergure. Je rappelle que ces images sont connues de tous depuis fort longtemps, donc je ne vois pas pourquoi cette polémique maintenant. »

Venue de l'université de Zagazig, en Egypte, Houda Darwish, responsable du département des religions comparées, souligne que « des livres de miniatures et d'images anciennes existent depuis longtemps. J'ai personnellement lu des livres historiques dans lesquels des images similaires étaient reproduites, ceci ne constitue point une nouveauté pour moi ». Nous lui demandons d'expliquer cette polémique. Elle répond par une parabole, préférant s'en remettre à l'avis des oulémas d'Al Azhar. Cheikh de la tarîqa Ech Chadlya d'Egypte, le docteur Mahmoud Abou Al Feidh, également membre du Haut-Conseil scientifique des confréries soufies, qui affirme avoir le livre de Topkapi (célèbre musée d'Istanbul), reconnaît ne pas avoir encore lu le livre de Bentounès. Cependant, il souligne que « les images des compagnons du Prophète sont répandues chez les chiites », ajoutant « ne pas avoir vu d'image du Prophète ». « Dans toute œuvre, nous sommes à la recherche de la vérité », affirme pour sa part le docteur El Ouazzani du Maroc. « Toute action peut être positive ou négative. » Cependant, ajoute-t-il, « ce n'est pas l'action qui compte mais l'intention. Laissons les spécialistes donner leur avis. S'ils trouvent quelque chose qui va à l'encontre de nos valeurs, nul doute que le cheikh le supprimera ; dans le cas contraire, que son action soit bénie par Dieu ». Nous rappelons à notre interlocuteur que le livre n'a fait que reproduire des œuvres connues depuis des siècles, que le cheikh n'a rien apporté de personnel. Le scientifique marocain abonde dans le même sens, ajoutant que le cheikh n'aura même pas fait acte d'ijtihad ni d'interprétation. Le docteur Djibril Sène, ancien parlementaire sénégalais, affirme avoir été le premier souscripteur et qu'il n'a pas encore lu l'ouvrage. Cependant, dit-il, paraphrasant un proverbe français, « le diable est dans le détail », il soutient que « si les miniatures objets du litige existaient déjà, je ne vois pas où est le problème. Si cheikh Bentounès n'en est pas l'auteur, je ne comprends pas pour quoi on lui fait ce mauvais procès ». Pour ce fidèle, « c'est l'Islam qui traverse une crise, il y a trop de dogmatisme et certains focalisent sur le détail, sur l'image et oublient l'esprit. Il faut revenir à plus de spiritualité pour sauver l'Islam ».

 

Par Yacine Alim

Intolérances

La polémique suscitée par l'ouvrage publié par le chef religieux de la zaouïa alawiya, à propos du soufisme, a de quoi soulever un sentiment d'étonnement mêlé à de l'indignation au regard de la réaction démesurée du Haut-Conseil islamique, et donc du pouvoir politique, à l'égard somme toute d'un travail de recherche intellectuelle d'historien. Au-delà, la représentation du Prophète qui dérange tant le HCI, alors que l'ouvrage n'a fait, semble-t-il, que reproduire ces enluminures persanes que l'on retrouvait jadis dans des maisons sur des tapisseries et qui illustraient la vie du Prophète et de l'argument qui est avancé par l'institution que dirige cheikh Bouamrane pour justifier cette sortie médiatique, c'est plus l'attitude intolérante allant jusqu'à demander le retrait de ces illustrations de l'ouvrage en question qui soulève indignation.

Une démarche inspirée du salafisme ambiant, synonyme d'intolérance, de repli sur soi, bref de la bêtise humaine. C'est ce même état d'esprit qui avait conduit devant des tribunaux des jeunes qui mangeaient un sandwich ou fumaient une cigarette avant la rupture du jeûne, un jour de Ramadhan, ou encore cette jeune femme de Tiaret, arrêtée en possession d'exemplaires de la Bible et que l'on a voulu faire passer pour une « gourou » de secte malfaisante.

Tous les ingrédients pour une chasse aux sorcières semblent être réunis, ici et présentement, une fois de plus, soulevant ainsi le risque de voir désormais tout travail intellectuel qui s'intéressait à l'Islam en tant que religion et civilisation soumis à la loi de « l'imprimatur », de la censure préalable dont semble vouloir s'accommoder le HCI. Alors qu'il y a tant de choses à faire pour rappeler la dimension civilsationnelle de l'Islam et ses apports au développement scientifique et culturel à l'Occident... Ce n'est certainement pas des attitudes pareilles à celle dans laquelle se confinent le HCI et le ministère des Affaires religieuses, qui auraient permis à Ibn Sina, El Farabi ou aux non-musulmans de l'Andalousie et du Maghreb d'amener les contributions aussi riches à la civilisation musulmane et à l'Occident. Et on semble oublier aujourd'hui qu'à chaque fois que l'intolérance a pris le dessus, elle s'est aussitôt accompagnée d'un assèchement intellectuel, d'une aridité scientifique et de l'absence d'esprit critique. Autant de situations historiques qui ont été le prélude à l'affaissement de monarchies, de régimes et de civilisations dont celle de l'Islam. C'est ce que semblent oublier aujourd'hui tous ceux qui cèdent du terrain au salafisme et aux tenants de l'intolérance et adversaires de la libre expression en Algérie.

Reda Bekkat

29 juillet 2009

 

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Célébration du centenaire de la tariqa soufie alawiya à Mostaganem

Publié le par Mahi Ahmed

Célébration du centenaire de la tariqa soufie alawiya à Mostaganem

L'information et la communication au cœur des débats

29-07-2009

Synthèse de Sihem Ammour

La troisième journée des travaux de la conférence internationale sur le centenaire de la tariqa soufie alawiya qui se déroule à Mostaganem  a été consacrée aux enjeux et défis de l'information et de la communication. Les participants ont formulé à cet effet des propositions pour une information rationnelle au service de la société et de l'humanité et la nécessité de rationaliser l'information et de respecter la diversité et la différence loin de tout préjugé afin de «pouvoir se connaître, accéder à l'information et la transmettre à autrui en toute objectivité et crédibilité». Dans son intervention intitulée «Technologies modernes et déontologie», Islah Sim, représentant d'Algérie Télécom, a indiqué que «les technologies de l'information et de la communication qui font partie du quotidien et, en particulier Internet, requièrent une formation en matière de déontologie pour que ces moyens ne deviennent pas un outil de nuisance», rapporte l'APS. Il a estimé impérative cette déontologie pour protéger les internautes, notamment les enfants, des messages et produits préjudiciables, ajoutant que cette année a été proclamée année mondiale de protection des enfants contre des méfaits de l'Internet. Quant au  directeur général de la Radio religieuse palestinienne, Mohamed Djamel Abu El Hounoud, il a abordé dans sa conférence la création de la tariqa soufie alawiya en Palestine ainsi que son rôle humanitaire. Rappelons que cette  création est intervenue au terme de la visite du fondateur de la tariqa, cheikh Mostefa Al Alawi, à la mosquée d'El Aqsa après son pèlerinage en 1933. Il a affirmé que la Palestine compte actuellement plusieurs zaouïas de la tariqa alawiya dont les adeptes prônent la lutte contre l'occupation et la propagation de la daawa. Patrick Busquet, ex-directeur de la revue Reporters d'espoir, a insisté lors de son intervention intitulé «Vers
l'alliance de la société civile et des médias», sur la nécessité «de rationaliser l'information au service de la société et non pour semer la discorde et la division». Il a souligné dans cette optique l'important développement qui marque le secteur de l'information dans le monde et ses impacts négatif et positif sur les sociétés dans les domaines politique, culturel, religieux et autres, précisant que «l'information établit désormais les valeurs et celles-ci façonnent notre avenir». Il a ainsi soulevé la nécessité d'un redressement de l'information pour que ces valeurs ne soient pas le produit d'idées fausses et erronées, en
estimant que «l'information doit être un outil de propagation des valeurs de tolérance, d'entraide et de solidarité et non de haine et de discrimination».
 De son côté, Alain Gresh, directeur adjoint du Monde diplomatique, a présenté une communication sur «l'islam dans les médias européens», mettant en relief la déformation exercée sur cette religion et sur les musulmans. Il a souligné à cet effet que les médias occidentaux voient, depuis la chute du régime communiste, «en l'islam une menace pour les valeurs européennes et il faudra y faire face. La presse occidentale attribue tout acte négatif de musulman à l'islam à travers la publication d'articles de violence contre la femme chez les musulmans et d'égalité des sexes en s'abstenant d'en faire autant concernant les autres sociétés». Alain Gresh a également soulevé le fait que «les médias occidentaux traitent le conflit en Palestine comme étant un conflit entre extrémistes musulmans et juifs et non pas une question d'occupation de territoires palestiniens par Israël et une violation des droits de l'Homme». Quant à Alain Le Gouguec, rédacteur en chef de France Inter, il a relevé la confusion qui caractérise les médias modernes, ajoutant que «les médias présentent plus d'informations sur les catastrophes et événements à impact négatif et qui, souvent, déforment la réalité». Par ailleurs, Véronique Rival, directrice de l'Institut des cultures islamiques de Paris, a saisi cette opportunité pour présenter un exposé sur le projet de construction d'une mosquée et d'un institut des cultures islamiques à Paris, dont la réception est prévue en 2012, le qualifiant de plus important depuis la construction de la mosquée de Paris en 1927.  
 En marge des conférences, plusieurs ateliers ont été organisés sur différents thèmes liés à la communication : «la communication, la femme et la culture», «la communication au sein et en dehors des associations», «le Coran et la communication, réflexion sur la méthodologie de travail et de détermination des projets d'étude du Coran». Ainsi, les participants à l'atelier sur le rôle des zaouïas dans la préservation de l'identité nationale ont appelé à la réécriture de l'histoire des zaouïas et des confréries soufies sur la base de références nationales.  

http://www.latribune-online.com/culture/index.1.html

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Cette Tunisie qui nous fascine

Publié le par Mahi Ahmed

DES CENTAINES DE MILLIERS D'ALGÉRIENS Y PASSENT LEURS VACANCES
Cette Tunisie qui nous fascine
28 Juillet 2009 - Page : 3
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Mais qu'y a-t-il donc de si extraordinaire au pays de Ben Ali pour «détourner» les Algériens des principales destinations touristiques comme le Maroc, la Grèce, la Turquie ou l'Egypte?

Affirmer que ce petit pays qui voit les choses en grand fascine véritablement les Algériens n'est pas un coup de publicité gratuite. Ce sont les professionnels du tourisme qui l'affirment en s'appuyant évidemment sur des données de terrain incontestables: 8000 personnes et près de 1000 voitures traversent chaque jour notre frontière Est.
Avec un pareil flux qui pulvérise tous les records, il faut dire que la Tunisie n'est pas n'importe quelle destination pour les touristes algériens. Les prévisions annoncent que près d'un million de touristes algériens, toutes classes confondues, vont fouler le sol tunisien cette année encore. Les villes de Sousse, Nabel, Yasmine-Hamammet de même que l'île de Djerba, pour les plus nantis, vont s'algérianiser l'espace d'un été.
Mais qu'y a-t-il donc de si extraordinaire au pays de Ben Ali pour «détourner» les Algériens des principales destinations touristiques comme le Maroc, la Grèce, la Turquie ou l'Egypte? Par quelle magie les Tunisiens arrivent-ils à détacher les Algériens de la Grèce avec son cortège de mythes, ses montagnes et ses côtes, ses îles et ses villages pittoresques? Comment font-ils pour concurrencer les offres alléchantes d'Istanbul, Antalya, Izmir et Cappadoce en Turquie? Comment arrivent-ils à défier touristiquement la vallée des rois, le Caire, Alexandrie, le Sinaï, Sharm el Sheikh, le pays des pyramides et des momies? Comment font-ils pour supplanter le Maroc avec ses villes impériales, sa cuisine raffinée et ses côtes atlantiques? Pour réussir ce challenge auprès des touristes réputés pour être très exigeants, les raisons sont multiples. Il y a d'abord la proximité (Tabarka est à 2 heures de route de Oum Tboul), la qualité de l'accueil, les prix relativement abordables, les infrastructures qui n'ont rien à envier aux palaces européens et enfin et surtout la sécurité. Mais ces atouts suffiront-ils à un pays pour qu'il prétende attirer les millions d'euros que dépensent chaque année les Algériens qui retrouvent le goût du voyage? La réponse est non, en ce sens qu'entre la Tunisie et l'Algérie il y a une autre qualité de rapports qui remonte à de lointaines dates historiques.
Depuis le soulèvement d'El Mokrani en 1871 quand de nombreux Algériens ont fui la répression coloniale pour s'établir en Tunisie, durant la guerre de Libération quand le FLN avait installé sa base à Ghar Dimaou et le siège du Gpra à Tunis et, plus récemment, quand les autorités tunisiennes ont laissé ouvertes leurs frontières avec l'Algérie, défiant ainsi le reste du monde qui imposait tacitement un embargo alors que l'Algérie était en pleine guerre contre le terrorisme. Finalement, à chaque fois que l'Algérien se sent mal, il se tourne vers la Tunisie et la porte lui est grande ouverte.
Et donc au-delà des offres strictement touristiques qui lui sont offertes, il y a ce côté intrinsèque qui attire l'Algérie vers la Tunisie et ce n'est pas maintenant qu'il a retrouvé le goût du voyage qu'il va troquer son pays d'accueil pour «une poignée d'exotisme».
De leur côté, les Tunisiens ne sont pas restés les bras croisés en priant le bon Dieu que l'amour des Algériens pour leur pays ne s'érode pas. Les Algériens qui s'y sont rendus témoignent de leur savoir-faire dans l'accueil. On se démène pour celui qui nous ramène de la devise, semble être un credo chez nos voisins tunisiens. Le touriste algérien est classé en Tunisie parmi les plus dépensiers puisque l'Algérien dépense pas moins de 500 dollars par semaine, ce qui le classe parmi les clients les plus importants, notamment après la régression du tourisme à cause de la crise financière mondiale.
Selon des rapports tunisiens, le nombre de touristes algériens visitant la Tunisie a atteint 1,2 million de touristes, un chiffre qui place l'Algérien comme revenu important en matière de devises. Il faut dire que tout le génie tunisien est d'avoir réussi le double pari d'attirer et de fidéliser la clientèle algérienne.

Brahim TAKHEROUBT

POSTE FRONTALIER D'EL HDADA
2500 personnes y transitent quotidiennement
28 Juillet 2009 - Page : 2
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La Tunisie demeure la destination préférée des Algériens. L'afflux se fait de plus en plus important en juillet-août aux postes frontaliers algéro-tunisiens.

Il n'y pas d'heure précise pour le passage, les postes frontaliers sont en activité permanente depuis le mois de juin, notamment pour les premiers vacanciers. La journée passée au niveau des postes frontaliers de Sakiet Sidi Youssef, El Hdada et Ouled Moumen, dans la wilaya de Souk Ahras, informe tant sur le trafic du transit des Algériens qui ont choisi la Tunisie pour y passer l'été.
L'afflux est semblablement revu à la hausse cette année, mais il est surtout précoce au vu de l'approche du mois de Ramadhan, prévu cette année pour le 20 août. Une situation qui a poussé les travailleurs à plier bagage pour partir en vacances plus tôt que prévu. Il est 5 heures du matin, température encore ambiante pour les premiers véhicules en file d'attente. Différentes couleurs et différentes plaques d'immatriculation, toutes à la queue leu leu avec le même but: passer quelques jours sur la côte tunisienne.
Les éléments de la Police des frontières et ceux de la Douane veillent à ce que le passage soit le plus rapide possible. Les deux équipes se relaieront: les uns contrôlent les papiers et les personnes, les autres les véhicules. Tout se passe dans une ambiance estivale mais surtout positive, selon certains vacanciers sur place venus de toutes les régions du pays. L'attente n'est que de 10 minutes, au plus 15 minutes.
Cette rapidité dans l'opération de contrôle est due au renforcement du poste de police et de douane en effectifs en vue d'assurer un service 24/24. Et c'est d'ailleurs le cas. Ecoutons un élément de la police des frontières: «Nous travaillons de jour comme de nuit car il y a des vacanciers qui arrivent au poste de frontière tard dans la nuit, voire à 1h ou 2h, notamment ceux qui arrivent de la capitale. De ce fait, nous nous devons d'assurer leur passage dès leur arrivée».
Par ailleurs, l'effet marquant dans les opérations de contrôle c'est la souplesse adoptée par les services algériens qui, dans le souci de permettre à leurs compatriotes estivants de passer un agréable séjours en Tunisie, ne prennent pas en compte les sommes en devises emportées. Même comportement vis-à-vis des ressortissants tunisiens entrant en territoire algérien. C'est pour dire que les facilités à l'égard des touristes sont de mises, une façon de contribuer à la promotion du tourisme dans les deux sens.

Souplesse et vigilance
Une famille de Bouira, interrogée à ce sujet, relève: «La rapidité du contrôle aussi bien des policiers que des douaniers est un bon signe auquel s'ajoutent la positivité des rapports ainsi que les facilité accordées par ces services aussi bien pour nous que pour les Tunisiens qui viennent passer des vacances chez nous.» «C'est là la bonne volonté de vouloir faire du tourisme un secteur important en attirant les touristes avec quelques facilités, sans porter atteinte au pays bien naturellement», a ajouté M.Aït S.M., banquier de son état, qui part pour une dizaine de jours à Hammamet en emportant avec lui la coquette somme de 8000 DAT et 300 euros.
Outre les congés habituels, l'arrivée prochaine du mois sacré de Ramadhan a accéléré les départs en vacances, ce qui a augmenté le trafic au niveau des postes frontaliers avec l'augmentation du nombre des estivants, les familles notamment. Les statistiques record enregistrées sur les lieux font état de 2500 personnes/j et plus de 900 véhicules qui transitent par ces postes de frontière.
L'année 2008, avec un trafic moindre, il a été enregistré quelque 200 personnes et 100 voitures. Quant aux destinations préférées des Algériens, certaines personnes interrogées au niveau du poste d'El Hdada avouent être plus attirées par Sousse, d'autres par Nabel, d'autres par contre, Hammamet et El Kef.
Le conducteur d'un 4X4, à son bord une famille de quatre personnes et immatriculé dans la wilaya de Béjaïa, nous dira: «Je suis un habitué de la ville de Sousse. Chaque année j'y passe un séjour avec mes deux enfants et ma femme, cette ville typiquement touristique exerce son charme sur moi.» Affichant un timide sourire, le conducteur ajoute: «Les villes de mon pays sont plus belles, me diriez-vous, je vous dirais qu'elles ne sont pas touristiques du tout!»
En effet, c'est là un point de vue partagé par une famille de Oued Souf qui, après avoir passé quelques jours sur la côte de Annaba la Coquette, déçue, décide de plier bagage et de se rendre en Tunisie pour rattraper le temps gâché des vacances.
Le conducteur d'une 407 «Nové», en apparence un «bourge», puisque le chef de famille un homme environ la cinquantaine, nous révèle: «J'ai trouvé Annaba, mais pas la Coquette, alors j'ai décidé d'aller en Tunisie, précisément à l'île de Djerba.» Djerba la Douce, où beaucoup d'Algériens se rendent pour un séjour en véritable touriste.
Une autre catégorie se rend par contre à la petite ville de Tabarka, juste pour prendre un café, ou un repas, notamment ceux habitant El Kala, ville côtière du poste frontalier d'Oum Etboul dans la wilaya d'El Tarf.
Pour 30 euros, un transitaire peut entrer en Tunisie, faire une tournée et dîner dans l'un des hôtels ou restaurants, pour rentrer en fin de journée.
C'est pour dire que le même rythme d'activité est observé au niveau de ce passage frontalier Est du pays. La police des frontières et le poste des douanes activent sans relâche, donnant l'impression d'une fourmilière où chaque élément accomplit sa tâche avec exactitude. H/24 sont les horaires de ces équipes qui travaillent par intermittence, permettant le contrôle et le passage vers d'autres postes dans les meilleurs délais.
Immatriculés à Constantine, Khenchela, Sétif, Skikda et d'autres wilayas, mais surtout Annaba, les véhicules se suivent en files indiennes pour subir le contrôle d'usage avant d'entamer les grandes vacances.
Sur le nombre des passagers, il y a lieu de noter que le chiffre n'est pas moindre que celui des autres postes frontaliers situés dans la wilaya de Souk Ahras, puisque les statistiques retenues jusqu'à ce jour donnent plus de 4000 personnes/j et plus de 1500 véhicules.
C'est une augmentation record, ont affirmé les pronostics des experts tunisiens versés dans le secteur du tourisme qui, lors de leur dernière rencontre avec leurs homologues algériens à l'hôtel Sabri à Annaba en mai dernier, avaient tablé sur un million de touristes algériens pour l'été 2009.
Si pour les postes implantés respectivement sur les wilayas de Souk Ahras et El Tarf les statistiques font état de chiffres record, qu'en est-il alors des autres points de passage à l'image de ceux de Tébessa et d'El Oued?
Par ailleurs, si les Algériens se rendant en Tunisie sont attirés par le tourisme de ce pays voisin et ami, les Tunisiens par contre sont attirés par le gasoil algérien car le poste frontalier de Sakiet Sidi Youssef, à lui seul, a enregistré en une seule journée l'entrée de 300 voitures qui retournent presque la même journée avec des réservoirs pleins de mazout et chargés d'autres produits...

Wahida BAHRI

 

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Travailleurs du Sud

Publié le par Mahi Ahmed

Travailleurs du Sud

Les syndicalistes dénoncent

les multinationales et l'UGTA

Ces entreprises, installées dans notre pays avec facilité et sans aucun apport quelconque,

agissent aujourd'hui dans une impunité totale.

Des syndicalistestravaillant au sein des entreprises multinationales de catering installées à Hassi- Messaoud et opérant dans le suddu pays ont tenu à dénoncer hier, lors d'une conférence de presse organisée à la maison des syndicats à Alger, les conditions de travail et les pratiques «humiliantes» des responsables de ces entreprises. Ces derniers sont, pour la plupart , «étrangers» et «pas forcément qualifiés pour occuper leurs postes». Ces entreprises, installées dans notre pays avec facilité et sans aucun apport quelconque, agissent aujourd'hui dans une impunité totale au mépris des loiset de la législation du travail. Dressant un tableau peu reluisant de la situation des travailleurs au sein de ces entreprises, ces syndicalistes dénoncent, par ailleurs, «le silence de l'UGTA ainsi que celui des différentes institutions de l'Etat qui ont été saisies». Yacine Zaïd, secrétaire général de la section syndicale du groupe Eurest- Compass, forte de près de 1300 adhérents, a été licencié de son poste depuis le 30 juillet 2007 pour avoir osé créer une section syndicale et dénoncer «les pratiques esclavagistes et humiliantes des responsables d'Eurest».

«Ils brassent des millions de dollars pour leurs actionnaires américains et juifs et nous traitent comme des animaux» s'insurge-t-il.

 

Depuis  son licenciement, il fait face à un acharnement et un harcèlement continus de la part de son exemployeur qui a déposé contre lui plusieurs plaintes auprès de la justice. «Je ne me rappelle plus combien de plaintes ils ont déposé contre moi, ni combien de fois j'ai comparu devant un juge» affirmet- il. Réduit financièrement depuis, il a continué à plaider sa cause par différents moyens, entre autres la création d'un blog sur le Net. Livré à lui-même, il affirme avoir «reçu

le soutien de plusieurs organisations syndicales à travers le monde, mais pas celui-de l'UGTA». D'ailleurs, indique-t-il « le secrétaire général de l'Union de Wilaya de Ouargla, Slimane Skir, avait même procédé au gel de la section syndicale, ce qui a permis à Eurest de me licencier ». Il affirme, également avoir rencontré le secrétaire général de l'UGTA, Sidi Saïd, qui lui avait promis d'intervenir plusieurs fois, mais «sans aucune suite». Son collègue, Amar

Merzoud, chef cuisinier à Eurest, est également licencié de son poste, en compagnie de 20 autres travailleurs et poursuivi en justice pour «incitation à la grève». Aujourd'hui, après plusieurs procès, il a fini par avoir gain de

cause, mais la direction d'Eurest refuse de le réintégrer dans son poste. « Ces gens méprisent la justice algérienne, sinon, comment expliquer qu'ils refusent d'exécuter une décision de justice ? » s'interroge-t-il. De son côté, Nouar Ali affirme avoir été licencié, lui aussi, de son poste au sein de l'entreprise Miswaco pour ses activités syndicales. A son tour, il a sollicité l'UGTA pour une quelconque aide, mais «notre appel est resté lettre-morte » indique-t-il. Indiquant que la boite américaine et dirigée par un Egyptien, «importe même les produits alimentaires d'Egypte, alors que

ceux-ci existent sur le marché algérien », il assure que « c'est un lobby égyptien installé à différents niveaux de la société qui bloque la création d'une section syndicale». Par ailleurs,il indique avoir entièrement perdu confiance en

l'UGTA, mais il ne désespére pas de faire aboutir leur cause et de recouvrer leurs droits. Ces syndicalistes affirment qu'ils comptent ester l'UGTA en justice pour abandon et non assistance à des travailleurs lésés dans leurs droits. Cela intervient, ironie du sort, alors que l'UGTA célèbre le cinquantième anniversaire de la disparition de son fondateur, Aïssat Idir.

Boudjemaâ Medjkoun

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Evolution économique et monétaire: Le satisfecit de la Banque d'Algérie

Publié le par Mahi Ahmed

Evolution économique et monétaire: Le satisfecit de la Banque d'Algérie

par Synthèse M. M.

Dans son rapport sur l'évolution économique et monétaire, la Banque d'Algérie estime que «l'année 2008 a été marquée par des performances financières historiques», en raison des recettes pétrolières records.

«Après huit années de gestion macro-économique saine en Algérie, l'année 2008 s'est caractérisée par des performances financières historiques à en juger notamment par la solidité marquée de la position financière extérieure nette», affirme le rapport de la Banque d'Algérie qui considère que ces «performances financières» ont pu être réalisées dans un contexte de «grave crise financière internationale» marqué, durant le dernier trimestre 2008, par «une récession synchronisée au niveau des économies avancées et une propagation des effets négatifs de cette crise aux pays émergents et en développement». L'institution financière nationale préconise de «continuer à gérer au mieux cette période de crise économique internationale, tout en poursuivant la mise en place des conditions nécessaires pour davantage de diversification de l'économie nationale».

 Durant l'année 2008, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une progression «grâce au dynamisme des secteurs du bâtiment et travaux publics, de l'industrie et des services» malgré la «récession du secteur des hydrocarbures» qui connaît sa «troisième année consécutive de baisse de la valeur ajoutée» et la «contre-performance de l'agriculture». La croissance hors hydrocarbures a dépassé le seuil des 6% pour la deuxième année consécutive, au moment où l'inflation a augmenté à 4,4% contre 3,5% en 2007, affirme le document de la Banque d'Algérie adressé à l'APS.

 Le compte courant extérieur a enregistré un excédent de plus de 20% du PIB, en dépit de la hausse soutenue des importations des biens et services, estime la Banque d'Algérie. Quant aux réserves de change, elles ont atteint 143,1 milliards de dollars à la fin 2008. La dette extérieure a été stabilisée à 2,5% du PIB, ce qui permet à l'économie algérienne, ajoute la BA, d'être «résiliente face à la grave crise financière internationale». Autre «performance très appréciable», le rapport de la Banque d'Algérie constate «l'équilibre de la balance des capitaux» durant l'année écoulée. Les finances publiques ont enregistré un «excédent global de 7,6% du PIB» et le Fonds de régulation des recettes (FRR) a atteint 4.280,1 milliards DA à la fin 2008.

 La Banque d'Algérie note que le secteur bancaire algérien a échappé au «risque de contagion financière» en raison d'une «gestion macro-économique saine» et d'une «gestion prudente des réserves officielles». Parmi les mesures prises en 2008 par la Banque d'Algérie, il y a «l'augmentation substantielle des exigences de capital minimum des banques et établissements financiers» et le «renforcement des «reportings» des banques et établissements financiers» pour améliorer la supervision du secteur bancaire, notamment en matière de risques de crédit. «Ces mesures ont pour objectif de consolider davantage la stabilité financière en Algérie et le renforcement de la régulation du système financier émergent comme une priorité au niveau mondial», a indiqué le rapport de la Banque d'Algérie. Toujours en matière de contrôle de la gestion des banques, la Banque d'Algérie rappelle que la nouvelle Centrale des risques sera «plus performante, pourvue de fonctionnalités plus étendues que celles de la centrale existante et avec un compartiment intégrant l'ensemble des crédits aux ménages». Par ailleurs, 5 établissements bancaires et financiers ont fait l'objet de missions d'inspection conduites par la Banque d'Algérie pour l'évaluation de leur dispositif de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

 Pour ce qui est des crédits accordés par les banques publiques en 2008, les entreprises privées et les ménages viennent en tête avec 54% du total des fonds attribués, contre 46% aux entreprises publiques. Le rapport ne fait pas de comparaison distincte entre les crédits accordés aux entreprises publiques et au secteur privé. Les crédits hypothécaires ont, pour leur part, progressé de 16,5% en 2008 pour atteindre 127 milliards DA contre 109 milliards DA un an auparavant.

 Dans un entretien accordé à l'APS, le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci, affirme que «l'Algérie est l'un des rares pays émergents à faible vulnérabilité externe en raison des différentes actions initiées pour renforcer sa position financière internationale et faire face à la crise financière internationale». Le «faible taux d'endettement extérieur», les «réserves de change élevées», un «taux d'inflation faible et des moyens considérables de financement notamment à travers le Fonds de régulation des recettes (FRR)», sont cités parmi les indicateurs fondamentaux de cette «performance».

 

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Le port du hidjab n’est pas obligatoire

Publié le par Mahi Ahmed

LE PRÉSIDENT DE LA TARIQA ALAWIYA S'ATTAQUE AUX SALAFISTES
«Le port du hidjab n'est pas obligatoire...»
25 Juillet 2009 - Page : 24
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«Si la pensée salafiste était une pensée positive, on aurait constaté depuis au moins un siècle les résultats d'un vrai projet politique, économique et culturel.»

Le président de la Tariqa alawiya, Khaled Bentounès s'est attaqué avec une rare virulence aux thèses du courant salafiste dominant en Algérie lors de l'ouverture hier du Congrès international sur le soufisme qui se déroule à Mostaganen et ce, jusqu'au 31 juillet. Il a estimé que le port du hidjab pour la femme ne constitue pas «une obligation religieuse». Aussi, considère-t-il que «la femme ne doit pas céder à la force pour se voiler le visage». Il est bien vrai que de nos jours le foulard est devenu un symbole chargé de connotations religieuses, politiques et sociales. Mais les raisons qui poussent les femmes à le porter ou non sont souvent diverses. Bien qu'il n'y ait pas, en Algérie, de loi interdisant le port du foulard, l'image d'une femme qui, parce qu'elle porte le foulard, serait opprimée et dominée par la société patriarcale dans laquelle elle vit, ne tient plus, car la plupart des jeunes femmes sont directement impliquées dans leur décision de porter ou non un foulard. Le fils spirituel du fondateur de la Tariqa alawiya part même en guerre contre ce courant et met en doute une quelconque contribution de ce courant à l'Islam depuis 1886, date de la création à Paris par Mohamed Abdou et Djamel Eddine el Afgahni du courant salafiste: «Si la pensée salafiste était une pensée positive on aurait constaté depuis au moins un siècle les résultats d'un vrai projet politique, économique et culturel.» Le président de l'association qui s'est, mercredi dernier, exprimé sur les ondes de la Chaîne III a, sans l'ombre d'un doute désigné le courant salafiste de «danger pour elle d'abord et pour l'Islam ensuite». Ce denier estime en effet que la salafia a «donné une mauvaise image de l'Islam» car, à son avis celle-ci a également donné «une mauvaise impression de la religion musulmane auprès des autres». Sur un autre registre, le descendant spirituel du fondateur de la Tariqa alawiya appelle les autorités publiques à «barrer la route aux thèses des salafistes» qui tentent de s'incruster dans les campus universitaires. L'héritier de la Tariqa alawiya depuis 1975, s'est attaqué ensuite aux responsables de l'Association des uléma musulmans qui ont dénigré le contenu de son dernier livre. Il a qualifié les attaques proférées contre lui «d'absurdités». Dans un fascicule édité à l'occasion du centenaire du soufisme en Algérie, le président de cette tariqa, Khaled Bentounès, écrivain, conférencier et pédagogue, a même soutenu que les versets du Coran «ont aussi fait l'objet d'interprétations erronées car décontextualisées et parfois manipulées». Sans vouloir relancer la polémique, cette attaque frontale du président du courant soufi ne devrait pas laisser sans réaction l'Association des uléma. Les salafistes enseignent une version des plus rigoristes, de l'Islam et son livre. Ce courant prône un enseignement remarquablement «suprématiste, machiste et misogyne». Pour ce courant, les compatriotes non musulmans sont des «kouffars» (mécréants), les femmes sont de vraies perverses, et le peuple est «bête et ignorant». Outre la démocratie, la modernité, la laïcité et la liberté (surtout celle des femmes), il pourfend les «innovations» (bidah), la mixité, le théâtre, la musique et à peu près toutes les autres écoles de pensée musulmanes. Il prenait Abou Qatadah Al-Filistini comme référence. Ce «fanatique» qui résidait en Angleterre avait même prononcé des fatwas demandant de tuer les femmes et les enfants en Algérie. C'était le mufti du GIA et des autres groupes de cette mouvance. Selon plusieurs spécialistes de la question, le salafisme est une lecture de l'Islam née dans un contexte de «perdition de la pratique religieuse». Le salafisme est selon d'autres l'Islam originel: monothéisme pur, dogme unique et pur, avec toutes les interdictions et les permissions. Une centaine de conférenciers originaires de différents pays, dont le Japon et l'Indonésie, ont confirmé leur participation au congrès international sur le soufisme de Mostaganem, avec des thématiques variées tels les défis environnementaux, l'agriculture familiale, l'éducation, le développement durable. Des ateliers thématiques et des expositions sont également prévus qui permettront, respectivement, de concrétiser certaines réflexions et d'inviter au voyage à travers histoires, cultures et traditions de différentes régions du monde. Les sept journées de travaux seront consacrées, chacune, à une des thématiques retenues, à savoir la Terre, l'éducation d'éveil, la communication et les médias, la mondialisation, la révélation, la spiritualité et le soufisme et l'avenir.

Hocine ADRYEN

http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-07-25/65929.html

 

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Le partenariat international et la mondialisation(deuxième partie)

Publié le par Mahi Ahmed

  • 2 Le partenariat international d'entreprises ne peut être donné, il se gagne

 

Le partenariat international n'est pas et ne peut pas être une fin en soi pour assurer une présence sur le marché mondial. Il ne peut être qu'une démarche provoquée par des convergences d'intérêts, de complémentarité des avantages comparatifs et concurrentiels et dont l'aboutissement et la durée exigent des partenaires de maintenir (au sens de la maintenance ), d'adapter et de développer en permanence les conditions qui sont à la base de leur partenariat. Le partenariat est une coopération, librement consentie, dans des domaines précis. Il nécessite compréhension mutuelle et surtout une concertation active et une synergie de tous les potentiels communs et de tous les instants au service des objectifs communs. Il ne s'agit plus, de fait, de gagner plus tout seul mais de tout entreprendre pour mettre en action les solutions qui profitent à tous les partenaires.

Le partenariat international est en principe, dans le cadre des caractéristiques actuelles de la mondialisation, une combinaison gagnante des avantages concurrentiels des partenaires. C'est pourquoi, réaliser un partenariat international, doit être considéré, en toute première instance, comme une action qui doit être soumise à des études qui relèvent des différents domaines du management stratégique. Les partenaires potentiels doivent prendre toute la mesure de la viabilité stratégique des objectifs qu'ils se fixent et de ce que ces objectifs, devenus en quelque sorte communs, impliquent. Aussi la recherche du ou des partenaires idoines doit-elle procéder de la conscience :

 

  • ¨ de ce l'on est,
  • ¨ de ce que l'on a
  • ¨ de ce que l'on veut être et avoir.

 

Une telle conscience, accompagnée d'une clarté de la viabilité stratégique de l'objectif poursuivi , intégré , pour ce qui concerne notre pays, dans une démarche d'intérêt national, permet de déterminer l'approche stratégique et opérationnelle pour optimiser les limites des rapports de forces du partenariat et de la répartition des responsabilités. Le partenariat est en effet un rapport entre entreprises et entrepreneurs. Il est surtout un rapport de forces régi par des règles de jeu fixées conjointement par les partenaires. Il est devenu avant tout une exigence économique imposée par les bouleversements historiques provoqués par la révolution informationnelle et la réalité économique mondiale., l'accélération des innovations technologiques et managériales et la fougue de la dynamique de globalisation dominée de nos jours par la finance internationale spéculative. Les processus de fusion, d'association et de filialisation de grands ensembles industriels, financiers, de services et autres, pour leur donner des formes planétaires de global players et les inscrire ainsi avantageusement dans les processus de modelage et de stabilisation des structures de l'économie globalisée, provoquent par les démarches de downsizing, d'outsourcing, de reegineering, etc,  c'est à dire par la mise à niveau et la modernisation adaptées aux trends de la mondialisation, un mouvement intense de satellisation de PME dont le salut stratégique réside désormais dans un partenariat porteur. Cette exigence est encore plus accentuée par les déréglementations-réglementations de l'organisation mondiale du commerce (OMC) et par l'avènement en préparation de l'accord multilatéral sur l'investissement (AMI).Il importe donc pour toute entreprise, qui a le souci constant de créer les conditions optimales nécessaires à l'efficacité de sa présence  sur le marché, de savoir mettre en oeuvre des combinaisons optimales de partenariat , de savoir réexaminer ses objectifs stratégiques , les remettre en cause si cela s'avère nécessaire et s'inscrire dans des profils basés sur l'accumulation du savoir utile et le développement des capacités de son organisation efficiente , de son enrichissement continu et de sa transformation en forces d'innovations stratégiques et opérationnelles orientées vers les besoins actuels ou potentiels du marché mondial qui inclut notre marché intérieur.

L'Algérie peut intervenir ,et elle le doit , sur l'ensemble des aires qu'offre le marché mondial Elle doit cependant savoir développer la maîtrise de ses environnements économiques et déterminer ,en connaissance de cause les objectifs stratégiques et les types et formes de relations et de rapports internationaux qui favorisent avantageusement et sur le long terme son développement économique .

 

2.1 Les trois niveaux du partenariat

 

Le partenariat peut être réalisé aux niveaux de chacun des trois facteurs principaux de toute entreprise suivants ou de leurs divers  combinaisons possibles :

  • a) du capital
  • b) des technologies et des procès de production
  • c) du management

Ces trois niveaux possibles de partenariat revêtent chacun un caractère complexe qu'il est impérieux , dans toute démarche de partenariat , de considérer comme tel et d'en déceler d'une part :

  • a) les éléments qui renforcent ses propres avantages et,
  • b) d'autre part , ceux qui peuvent avoir un effet multiplicateur et intégrateur des avantages concurrentiels des futurs partenaires et ,
  • c) enfin les éléments qui constituent des points faibles chez le ou les futurs partenaires et qui peuvent agir positivement sur les termes des rapports de forces entre les partenaires.

Une maîtrise étudiée de la profondeur et de l'étendue de la complexité de ces trois niveaux de partenariat peut s'avérer capitale et décisive dans la recherche des secteurs et des formes et formules de partenariat gagnants . Elle est nécessaire pour optimiser ses avantages comparatifs et concurrentiels. Une telle maîtrise passe  par la maîtrise approfondie du fonctionnement de l'entreprise .

 

2.2  Le fonctionnement de l'entreprise

 

L'entreprise repose , comme l'indique le schéma Fig. 1 sur quatre piliers interactifs :

  • 1. l'environnement global de l'entreprise ,
  • 2. les objectifs stratégiques et la politique générale de l'entreprise ,
  • 3. les stratégies d'activités ou sectorielles ,
  • 4. l'organisation de l'entreprise ,

La maîtrise de ses quatre piliers et leur adaptation continue , en fonction des évolutions , permet de cerner , de façon dynamique les deux niveaux essentiels de toute entreprise :

 

  • Ø le niveau de la politique générale

( corporate strategy) )

  • Ø le niveau d'exécution des activités

(business strategy )

 

  • q Le niveau politique générale s'articule autour de quatre relations majeures avec les piliers de l'entreprise:
  • Ø la vision ,
  • Ø la culture ,
  • Ø la légitimité ,
  • Ø le couple image-identité

 

La vision , la culture et la légitimité expriment tous les éléments qui découlent des valeurs et des aspirations dégagées par les managers et les propriétaires et traduits dans l'organisation .

Le couple image-identité reflète l'organisation telle qu'elle est et qu'elle se voit .Il est  à la base des stratégies pour une communication appropriée.

 

Le niveau stratégie d'activités repose sur le couple métiers-missions. Les métiers , c'est le savoir-faire  et les missions , ce sont les besoins à satisfaire . Ce couple détermine l'identification de la relation entre le positionnement concurrentiel et l'avantage concurrentiel .

 

La relation objectifs-activités détermine la planification stratégique et l'organisation opérationnelle . Elle exprime la vision des patrons de l'entreprise .Elle fixe les termes des transactions externes et internes .

 

2.2 L'entreprise et la mondialisation

 

L'entreprise placée dans le tourbillon de la mondialisation , est soumise à l'action conjuguée des quatre facteurs suivants : (slide )

 

  • 1. le nouvel ordre géopolitique caractérisé par

 un monde de plus en plus ouvert , fluctuant et régi par plusieurs centres (économiques ,technologiques , scientifiques , managériaux etc ) notamment ceux de la triade ( USA , EUROPE , ASIE avec comme pilier le JAPON )

 

•2.      le nouvel environnement économique et commercial où :

 

  • Ø l'ère de la stabilité et de la concurrence relative des entreprises connaît ses limites ,
  • Ø les marchés et les économies se transforment aux rythmes des innovations et des progrés technologiques et du management
  • Ø les obstacles à la concurrence poussée aux limites extrêmes tombent à l'échelle de la planète entière sous l'action persévérante des organisations multilatérale comme l'OMC etc ,

 

•3.      les changements dans les technologies de l'information :

 

  • Ø l'informatique est ouverte et en réseaux
  • Ø l'informatique est dynamique et modulaire
  • Ø elle assure des fonctions évoluées d'aide à la décision.
  • Ø Elle est intégrée et relie les entreprises et les services à l'intérieur d'une même entreprise ,
  • Ø Elle intègre données , texte , voix et images dans leurs divers formats ,
  • Ø Elle désenclave les entreprises et favorise les modulations des relations avec l'extérieur ,
  • Ø Elle est abordable du point de vue technique et financier ,

 

  • 4. les changements dans les méthodes de management:

 

  • Ø l'ancien modèle d'organisation pyramidale d'entreprise est dépassé ,
  • Ø le nouveau management est basé sur le travail d'équipes , sur moins ou pas de verticalité , sur l'élimination des méthodes de direction bureaucratiques et hiérarchiques ,
  • Ø le nouveau management est plus fondé sur l'engagement des personnes et des équipes que sur le contrôle ,
  • Ø le nouveau management favorise les organisations tendues vers l'amélioration de la productivité , le développement de la qualité et la réduction des coûts ,
  • Ø le nouveau management est basé sur l'ouverture de l'entreprise et son fonctionnement en réseaux .

 

Ces quatre changements fondamentaux place l'entreprise et son management devant l'impérieuse nécessité de développer en permanence la compétitivité en agissant concomitamment sur l'ensemble des facteurs qui sont à la base de son fonctionnement et en les adaptant aux dynamiques maîtrisées de l'environnement concurrentiel .

 

2.3 L'environnement concurrentiel 

 

Le macro-environnement                                  L'environnement de marché

 

(Ce sont tous les éléments structurels                                    Ce sont l'ensemble des concurrents existants sur le ou les produits de l'entreprise

 

qui encadrent les choix majeurs de

l'entreprise .

Ce sont les variables suivantes :

  • ¨ Les grandeurs macro-économique,
  • ¨ La conjoncture,
  • ¨ Les institutions et les réglementations
  • ¨ L'état des moeurs et des mentalités
  • ¨ La technologie

Ces données doivent être stables pour que

L'entreprise puisse les prendre comme données

 

 

 

L'environnement concurrentiel

 

 

  • ¨ Cet environnement est en fait un véritable système, constitué d'acteurs avec des relations plus ou moins hiérarchisées et interactives..
  • ¨ Ce système concurrentiel peut se décomposer en sous-systèmes intermédiaires appelés sous-systèmes , intermédiaires entre le système productif national ou international et le système propre à chaque entreprise. Les principaux sous-systèmes sont :
  • v La filière de transformation
  • v Le groupe d'entreprise
  • v Le système local de production

Le système concurrentiel comme tout sous-système, a une finalité : augmenter la compétitivité des entreprises ou du système, c'est à dire leur aptitude à faire face durablement à la concurrence.

 

  • Ø L'environnement concurrentiel constitue le pilier modulateur de la raison d'être et du fonctionnement de toute entreprise à l'ère de la mondialisation . C'est , en fait , un véritable système à caractère complexe constitué d'acteurs entretenant des relations formelles ou informelles hiérarchisées ou lâches et surtout interactives . Ce système se compose de sous-systèmes faisant fonction d'intermédiaires entre le système productif national ou international et le système représentant l'entreprise elle-même .
  • Ø La compétitivité de l'entreprise qui traduit sa capacité à faire face durablement à la concurrence et à contribuer à déterminer celle-ci , se mesure à la pondération que prend l'entreprise dans son environnement au sens large .
  • Ø L'environnement concurrentiel d'une entreprise est principalement déterminé par:

 

  • Le macro-environnement: ce sont tous les éléments structurels qui encadrent les choix majeurs de l'entreprise
  • L'environnement de marché: ce sont l'ensemble des concurrents existants sur le ou les produits de l'entreprise

 

2.4  Partenariat et internationalisation

 

Comme nous l'avons vu , l'internationalisation des entreprises est dominée par les grandes firmes multinationales ( FMN ) des trois régions que forme la triade .

Pour ces grandes entreprises le partenariat consiste à proposer un contrat à long terme à différents types de partenaires :

 

  • Sous-traitant
  • Franchisé
  • Concessionnaire
  • Etc

 

Ce contrat fixe les termes du partenariat dont le plus fondamental est le respect de certaines normes de performances relevant entre autres des axes de la qualité , des délais et des prix . Le partenaire bénéficie d'un soutien logistique approprié et parfois important . Il est considéré au cours de la mise au point du contrat de partenariat et surtout après la conclusion de ce dernier comme faisant partie du champ stratégique de la grande entreprise . De ce champ stratégique relèvent aussi les stratégies d'internationalisation . Celles-ci se situent à des degrés plus ou moins développés : stratégies

 

  • v d'exportations: initiées par l'entreprise ou à la demande des clients
  • v d'implantations dans un ou plusieurs pays donnés Celles-ci peuvent commencer par l'ouverture d'un bureau de liaison et commercial , par le montage ou l'acquisition ( y compris en joint-venture ) d'une unité de production .
  • v d'internationalisation: les unités implantées à l'étranger sous forme de filiales ou de sociétés bénéficient d'une certaine autonomie et développent des compétences distinctives appropriées au pays d'accueil .
  • v de multinationalisation: l'entreprise ou le groupe possèdent des filiales ou des sociétés dans au moins quatre pays étrangers . Ces filiales ou sociétés bénéficient d'une autonomie notamment dans la gestion des ressources ( les hommes , les capitaux , les produits )
  • v de transnationalisation des marchés et de globalisation des stratégies: Dans la globalisation , le marché est mondial , indépendant du lieu de production , de conception , de commercialisation .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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