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PST : «Avant tout, ces actions expriment une soif de libertés»

Publié le par Mahi Ahmed

PST : «Avant tout, ces actions expriment une soif de libertés»

 

 

 

Communiqué du Parti socialiste des travailleurs, 24 février 2019

 

 

Dénonçant l’impensable tentative de passage en force du cinquième mandat, d’un Bouteflika complètement démuni par la maladie et réduit à un faire-valoir, des milliers de manifestants ont bravé l’interdiction de manifester dans plusieurs villes du pays.

 

Avant tout, ces actions expriment une soif de libertés, castrées durant plusieurs années de dérive monarchique, tout comme elles exigent la cessation de toutes les atteintes à nos libertés démocratiques, notamment nos libertés d’expression, d’organisation, de manifestation et de notre droit de grève.

 

Contrairement à la propagande des tenants du pouvoir, ces manifestations traduisent le rejet populaire de la continuité du régime et de ses institutions illégitimes issues des différentes mascarades électorales comme celle qu’il nous prépare pour le 18 Avril prochain.

 

Elles sont aussi révélatrices du marasme social profond que les politiques libérales d’austérité ont provoque chez les larges masses populaires.

 

Pour le PST, il s’agit notamment de reconquérir en premier lieu, nos libertés et nos droits démocratiques (libertés d’expression, d’organisation, de manifestation, du droit de grève…). Il s’agit aussi de stopper le désastre social engendré par les politiques libérales du régime qui a généré un chômage massif et détruit nos entreprises et d’imposer une politique au service des besoins sociaux, (création d’emplois, augmentation du SNMG, augmentation du pouvoir d’achat…) Enfin il s’agit aussi de préserver la souveraineté nationale contre la soumission aux puissances étrangères qui soutiennent le régime et profitent de nos richesses nationales.

 

Le PST salue la mobilisation populaire, appelle les forces progressistes, politiques et sociales à converger avec le mouvement pour construire ensemble un nouveau rapport de force politique permettant l’élection d’une assemblée constituante souveraine. Une Assemblée constituante représentative des aspirations démocratiques et sociales des travailleurs et des masses populaires. Il s’agit de construire une convergence démocratique antilibérale et anti-impérialiste.

 

Le secrétariat National

Alger, le 24 Février 2019

 

Source : facebook

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MENACE D’INTERVENTION AMÉRICAINE AU VENEZUELA Solidarité contre l’impérialisme

Publié le par Mahi Ahmed

MENACE D’INTERVENTION AMÉRICAINE AU VENEZUELA

Solidarité contre l’impérialisme

 

Alors que le peuple du Venezuela est confronté à une terrible crise économique, sociale et politique, les Etats-Unis mobilisent leurs relais de l’opposition ultralibérale, fascisante et pro-impérialiste locale ainsi que leurs alliés régionaux de droite et d’extrême-droite (Colombie, Venezuela, Argentine…) dans le but clairement assumé de renverser le régime du Président Nicolas Maduro.

S’ingérant grossièrement dans les affaires internes d’un Etat souverain membre de l’ONU et ce, en violation de leur propre légalité internationale, les impérialistes nord-américains et européens ont décidé d’en finir avec un « Etat rebelle » qui refuse de se plier à leur diktat depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez.

Les arguments avancés (la défense de la démocratie, des droits de l’Homme…) ne tiennent pas la route venant de puissances qui soutiennent militairement des régimes criminels (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis…) qui martyrisent le peuple yéménite depuis quatre longues années maintenant. Qui soutiennent politiquement des dirigeants qui emprisonnent leurs contestataires voire assassinent leurs opposants et les découpent en petites morceaux dans leurs propres consulats !

On peut avoir des différents avec le régime du Président Maduro. Aucun régime politique au monde n’est exempt de critiques. Et l’on peut et doit être solidaires de leurs peuples quand ceux-ci se battent pour leurs revendications et droits légitimes. Mais c’est aux peuples que revient le droit de changer la situation et non à des puissances impérialistes et colonialistes qui se permettent d’intervenir militairement aux quatre coins du monde.

Un autre motif d’inquiétude réside dans le silence assourdissant des autorités algériennes qui n’ont pas, à ce jour, réagi officiellement pour exprimer une élémentaire position de solidarité à l’égard du Venezuela menacé par l’impérialisme nord-américain et les régimes de droite et d’extrême-droite d’Amérique du Sud.

Pas un mot de défense des principes de la souveraineté des Etats, du refus des ingérences et interventions étrangères, des menaces, pressions et sanctions impérialistes. Une telle discrétion n’est pas étonnante au moment où Abdelkader Messahel s’apprête à co-présider dans quelques jours à Washington la 4e session du Dialogue stratégique algéro-américain. Le communiqué annonçant cette rencontre émanant du ministère des Affaires étrangères précise que ce cadre de coopération « reflète l’excellence des relations entre l’Algérie et les Etats-Unis » ! Nous n’en doutons pas…

L’absence de condamnation des menaces et manœuvres américaines confirme l’involution négative de la diplomatie algérienne. Alors que les impérialistes massacrent au Yémen et menacent d’intervenir au Venezuela, le pouvoir a reçu Mohamed Benselmane et s’est révélé incapable d’empêcher le retour diplomatique triomphal d’Israël au Sahel : rétablissement des relations avec le Tchad et, bientôt, avec notre voisin malien !

Face à cette situation extrêmement dangereuse, le PST dénonce :

toutes les ingérences et menaces de l’impérialisme américain qui a une longue tradition d'interventions militaires et de soutien à des coups d'Etat et à des dictatures militaires dans la région et de l’impérialisme de l'Union européenne (UE) qui au moyen de manœuvres politico-diplomatiques et de sanctions économiques se fixe également pour objectif de renverser le régime politique d’un Etat souverain.

le silence assourdissant du gouvernement algérien qui deviendrait, s’il devait se poursuivre, un silence complice des impérialistes.

Le PST appelle toutes les forces anti-impérialistes et, plus largement, toutes celles qui sont attachées au droit à l'autodétermination des peuples et à la souveraineté des Etats :

à se solidariser avec le peuple vénézuélien pour défendre sa souveraineté nationale et l'intégrité territoriale du pays,

à apporter un soutien indéfectible à sa résistance en cas d’intervention de l’impérialisme ou de la réaction régionale (Brésil, Colombie…),

à demander au gouvernement algérien de prendre clairement position contre les menaces impérialistes nord-américaines et européennes et d’exprimer sa solidarité avec le peuple et l’Etat vénézuélien menacés par les grandes puissances occidentales,

à se solidariser politiquement avec les travailleurs et les secteurs populaires vénézuéliens, qui ont été dans le passé les acteurs de très grandes mobilisations : insurrection dite du Caracazo en 1989, combat victorieux contre le coup d'Etat anti-Chávez de 2002, création d’espaces d’auto-organisation urbains et ruraux depuis plus de 15 ans…

Notre soutien va aussi naturellement aux organisations de la gauche anticapitaliste qui luttent aujourd'hui pour faire émerger une telle intervention autonome.

 

Alger, le 28 janvier 2019

Le secrétariat national

     du PST

 

 

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Soudan. Le grondement de colère de la jeunesse

Publié le par Mahi Ahmed

Soudan. Le grondement de colère de la jeunesse

 

Par TAREK CHEIKH

Journaliste soudanais.

 

url : https://orientxxi.info/magazine/soudan-le-grondement-de-colere-de-la-jeunesse,2865

 

 

Cette insurrection dont les médias parlent si peu · Voilà un mois que le Soudan est en insurrection, et la jeunesse est en première ligne. Elle se révolte contre un régime militaire en place depuis trente ans et dont la faillite est totale sur les plans économique, social et politique. Pourtant, ce mouvement, similaire à celui qui a saisi le monde arabe à l’hiver 2010-2011 rencontre peu d’échos à l’étranger.

 

Traduit de l’arabe par Nada Yafi.

 

Le 25 décembre 2018 au matin, dans la province d’Al-Jazira, proche de la capitale Khartoum, le cortège présidentiel d’Omar Al-Bachir, voitures sombres aux vitres fumées, fonce à toute allure sur la route. Il vient d’être interpellé sur son passage par un groupe de femmes qui crient : « Dégage ! Dégage ! », tandis que plusieurs jeunes clament : « Liberté, paix, justice » et : « La révolution est le choix du peuple ».

 

L’instant marque un basculement dans la vie du Soudan. La terre semble soudain se dérober sous les pieds du chef de l’État. Il entend pour la première fois depuis son coup d’État de juin 1989, et de la manière la plus directe et la plus claire qui soit, la voix de son peuple s’exprimer à travers ces femmes et ces jeunes. Et cette voix est une alerte suffisante pour que le président quitte précipitamment le lieu de la cérémonie à laquelle il assistait, pour rejoindre la capitale… où la situation n’est guère préférable à celle qui prévaut dans les 25 autres villes où le peuple se rebellait contre le pouvoir dans une saisissante simultanéité.

 

« TA CHUTE ! RIEN D’AUTRE ! »

 

Chaque jour qui passe renforce la conviction des Soudanais : la page Omar Al-Bachir est en train d’être tournée. Le président n’a plus devant lui tout le champ du possible qu’il a sillonné pendant trois décennies, jusqu’à la veille du soulèvement, le 19 décembre 2018. Un grondement de colère semblable à un tremblement de terre a saisi les villes du pays, grandes ou petites, faisant retentir à l’unisson la même clameur : « Dégage ! Dégage ! » Avec le temps, non seulement le mur de la peur semble s’être effondré, mais la peur elle-même a changé de camp, atteignant les forces du régime qui laissent désormais paraître leur désarroi et commettent de faux pas. L’audace des rassemblements en est galvanisée.

 

La rue s’organise désormais, dans une résolution sans faille, pour renverser le pouvoir. Les promesses de réformes du président n’y font plus rien, pas plus que les accusations portées contre les traîtres à la nation, les saboteurs et autres agents provocateurs. Le peuple a résumé sa détermination par une expression adressée au président Al-Bachir qui en dit long et qui a fait le tour du pays : « Ta chute ! Rien d’autre ! » Autrement dit, en finir avec trente ans d’un pouvoir autocratique des plus sanguinaires, des plus destructeurs et des plus douloureux de l’histoire du pays, avec des guerres meurtrières dans trois régions, le Darfour, le Kordofan du Sud et le sud du Nil Bleu. La fin de cette époque aura clos l’expérience la plus ratée d’un pouvoir de Frères musulmans dans le monde arabe.

 

LE SOUTIEN DES PARTIS D’OPPOSITION

 

Avec la montée en puissance du mouvement populaire s’est accélérée l’action des principaux partis politiques d’opposition et leur coordination, notamment le Front révolutionnaire soudanais (Nidaa As-Soudan) conduit par le parti nationaliste Oumma dirigé par Sadek Al-Mahdi et la coalition des forces du Consensus national (I’jmaa) conduit par le Parti communiste, alliés aux forces du Rassemblement des professionnels et autres forces diverses. La pression se fait plus forte chaque jour sur le parti du Congrès national au pouvoir et son chef Omar Al-Bachir pour obtenir la destitution.

Cette action des forces politiques réitère la méthode éprouvée lors des deux précédentes révolutions populaires, celle d’octobre 1964 qui a renversé le gouvernement du maréchal Ibrahim Abboud et celle d’avril 1985 qui a balayé le pouvoir du général Gaafar Nimeiry, mais avec une nouvelle configuration : dans le passé la révolution éclatait dans la capitale et était conduite par les syndicats et l’intelligentsia, soutenus par les partis politiques, et ces composantes étaient sans doute plus mûres que le soulèvement actuel. La révolution actuelle représente cependant un phénomène étonnant par la détermination inédite des forces de la jeunesse. Le soulèvement a pris de court le gouvernement par sa vigueur, par le niveau de conscience et l’organisation des masses, accompagnées par les partis politiques de l’opposition. Un mouvement populaire aux objectifs clairs et à la volonté affirmée de bâtir un autre avenir. Les villes et les provinces du pays ont surpassé par leur mobilisation la capitale Khartoum et la deuxième plus grande ville du Soudan, Wad Madani, apparaissant comme la véritable force motrice du changement face à un pouvoir de fer et de feu. Et c’est l’émergence de la jeunesse qui a surtout marqué ce soulèvement, surprenant tous les protagonistes, au pouvoir comme dans l’opposition.

 

UNE LONGUE PÉRIODE DE MATURATION

 

Le pouvoir avait cru modeler à sa guise la jeune génération par un véritable matraquage idéologique à travers les programmes scolaires, directement inspirés des idées des Frères musulmans. La pensée religieuse était omniprésente, diffusée de manière constante, et servait à masquer la corruption au profit d’une classe parasitaire de nouveaux riches qui avaient fait main basse sur les ressources du pays. L’enseignement introduisait une rupture avec l’histoire du pays. L’endoctrinement religieux conjugué à la répression des libertés était tel que l’ancienne génération désespérait d’une relève, estimant que la jeunesse avait sans doute perdu sa boussole. Et pourtant, trente ans plus tard, tel un génie échappé de sa bouteille, la jeunesse est bien là, mue par une forte volonté de changement, selon un programme conforme à son mot d’ordre :« liberté, paix, justice ».

 

Les jeunes, notamment les étudiants, ont toujours été étroitement associés aux mouvements de lutte. En 1948, le mouvement pour l’indépendance avait façonné leur action. Le mouvement des « diplômés » (khirrijine) est né des séquelles du soulèvement de 1924 férocement réprimé par les forces coloniales britanniques. La révolte armée brutalement écrasée avait laissé un goût amer et produit un temps de latence avant que la jeunesse ne se réveille de nouveau, à travers un mouvement pacifique inspiré de la lutte du Mahatma Gandhi, adoptant même l’appellation de « congrès » des diplômés. Cette longue période de maturation devait durer plus de deux décennies avant de déboucher sur une nouvelle explosion, six ans après la formation de ce mouvement du Congrès des diplômés, explosion qui devait ensuite aboutir à l’indépendance du Soudan en 1956.

 

Le soulèvement conduit par la jeunesse aujourd’hui se produit quasiment au moment où le pays célèbre le 63e anniversaire de son indépendance. Le mouvement actuel a lui aussi connu une lente maturation de trente ans avant que la jeunesse ne sorte dans les rues dans une explosion de colère contre le règne des Frères musulmans portés au pouvoir par un coup d’État. À une différence près : paradoxalement, le mouvement des diplômés avait autrefois, au temps du colonisateur, pu mettre à profit une éducation reçue dans les établissements d’un État moderne, et bénéficier de libertés relatives. Toutes choses que le mouvement islamiste s’est acharné à déconstruire, et cela dès les premiers jours de sa prise de pouvoir, triste exemple de gâchis et d’abus à l’échelle d’un pays. La jeunesse qui a grandi sous sa férule a pu constater une dégradation incessante de ses conditions de vie. Elle a vécu dans deux mondes parallèles, celui dont parlent les anciens, celui du récit populaire d’un « Soudan prospère » selon les termes d’Omar Al-Bachir, et celui de la dure réalité : régression de l’éducation, effondrement de la production, recul de la santé publique, cherté de l’alimentation. Si les précédentes révolutions avaient fini par installer un pouvoir religieux féodal, le soulèvement actuel emmené par les jeunes veut construire une nouvelle société qui ne soit pas otage du religieux, un État où prévaudraient la liberté, la justice et la paix. Si cette révolution arrive à ses fins, elle pourra briser le cercle vicieux : coup d’État/révolution/coup d’État qui a fait tant de tort au développement de la vie politique au Soudan.

 

DESSERRER L’EMPRISE DU RELIGIEUX

 

Les jeunes demeurent cependant exposés aux tiraillements entre les diverses forces de la révolution, parmi lesquelles se trouvent des éléments de l’ancien système, dominé par les deux plus grands partis du Soudan, celui de l’Oumma dirigé par Sadek Al-Mahdi et le Parti démocratique unioniste conduit par Ahmed Al-Mirghani. Les deux communautés religieuses représentées par ces deux partis sont les dignes héritières des régimes renversés au Soudan. Une bonne partie des groupes de jeunes au sein du mouvement révolutionnaire estime que ces deux formations ne sont pas étrangères à la dégradation du pays et à sa régression. Ils pensent que la réussite de l’actuelle révolution dépendra de sa capacité à desserrer, dans toute la mesure du possible, l’emprise du religieux sur le pouvoir. Ces jeunes rejettent avec force la vision de Sadek Al-Mahdi qui préconise un atterrissage en douceur, à savoir : un démantèlement de la structure de l’ancien régime, mais un maintien du personnel politique en place dans la nouvelle architecture. Ils considèrent la présence des deux fils respectifs de Sadek Al-Mahdi et d’Al-Mirghani auprès du président Omar Al-Bachir, en tant que collaborateurs dans le système actuel, comme le signe d’une alliance invisible et une trahison des aspirations du peuple à un changement véritable. Ils décèlent dans l’agenda des deux partis religieux et du mouvement islamiste un accord tacite pour lutter contre toute réelle volonté d’affranchissement de la société et de construction d’un État moderne.

 

D’où la route tortueuse qui s’ouvre devant le mouvement des jeunes. Les slogans que répètent les rassemblements, les chansons et les poèmes qui circulent sur les réseaux sociaux font écho à la littérature du Parti communiste opposé au pouvoir, ce qui attise les craintes non seulement du pouvoir, mais également des deux grandes formations à caractère religieux. Celles-ci hésitent à soutenir un soulèvement où leurs propres militants se trouvent pourtant engagés. Il était tout naturel que les jeunes se retrouvent dans les mots d’ordre et les thèmes de l’abondante littérature révolutionnaire du Parti communiste , connu pour sa longue résistance. Il était tout naturel de les voir s’inspirer de figures légendaires telles que le poète Mahjoub Chérif et Houmeid. Ce qui rapproche également ces jeunes de la vision du Parti communiste et d’autres partis progressistes, c’est leur profonde conviction que la seule issue possible aux crises du Soudan réside dans l’édification d’un État séculier fondé sur le respect du droit, respectueux de toutes les ethnies, de toutes les composantes tribales et de toutes les cultures.

 

UNE RÉVOLUTION TOURNÉE VERS LE MONDE

 

Comparée à celles qui l’ont précédée, cette révolution est singulière, différente à bien des égards, par son moteur comme par ses aspirations. Une vision réaliste du monde la guide, une vision qui entend adopter certains éléments de l’environnement mondial, pour peu qu’ils soient synonymes de progrès et de lumières. Elle marque un renversement des notions et des valeurs : la jeunesse s’adresse à toutes les classes sociales, comme au monde entier, et dans toutes les langues. La révolution actuelle ne mise pas sur un environnement arabe dont les gouvernements se taisent par peur du changement et de la contagion d’un mouvement pourtant pacifique. C’est une révolution qui recherche plutôt la solidarité internationale de toutes les forces de paix, dans un monde post-industriel, et qui tente de faire entendre son message à travers les médias.

 

Cette révolution des masses et le mouvement des jeunes qui la porte sont toutefois promis à des moments difficiles. Ils devront relever de nombreux défis, tant au niveau domestique qu’international. Ils se heurteront sans nul doute aux forces contre-révolutionnaires, farouchement opposées à tout vrai changement, qu’elles soient locales, régionales ou mondiales.

 

TAREK CHEIKH

Journaliste soudanais.

 

 

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Le Rojava en Syrie, entre compromis et utopie

Publié le par Mahi Ahmed

La Fédération démocratique du nord et l’est de la Syrie, qu’on appelle aussi le Rojava, traverse une période dangereuse pour son avenir. Attaquée par la Turquie, qui a envahi le canton d’Afrin et qui menace d’étendre son agression, au moment même où elle contribue à liquider l’organisation de l’État islamique, elle tente de négocier un compromis avec un régime syrien qui traîne les pieds.

 

 

CHRIS DEN HOND

Vidéo-journaliste et auteur de plusieurs reportages, notamment sur les Kurdes, les réfugiés palestiniens et Gaza

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Les «gilets jaunes»: pourquoi et comment en être?

Publié le par Mahi Ahmed

Les «gilets jaunes»: pourquoi et comment en être?

alencontre.org/europe/france/les-gilets-jaunes-pourquoi-et-comment-en-etre.html

Par Alain Bihr

 

Il n’est plus nécessaire de rappeler l’ampleur d’un mouvement qui n’a eu d’égale que la surprise générale qu’a provoqué son déclenchement et que prolongent sa durée et sa radicalisation. Par contre, son existence même et son devenir continuent à poser quelques questions théoriques et politiques.

 

Les caractéristiques sociologiques du mouvement

 

Les reportages journalistiques à chaud tout comme les témoignages de militants ayant pris part au mouvement de blocages permettent d’en souligner l’hétérogénéité en termes de composition de classe qui contraste avec sa concentration spatiale[1].

 

Sa composition pluriclassiste ne fait guère de doute, le gros en étant cependant constitué par des prolétaires (ouvriers et employés, salariés ou non), auxquels s’ajoutent des membres des couches inférieures de l’encadrement (agents de maîtrise, techniciens) ou de la petite-bourgeoisie (artisane essentiellement, souvent des auto-entrepreneurs, mais aussi paysanne et même intellectuelle, par exemple des infirmières libérales) et même des éléments du petit patronat. On peut aussi relever la présence de femmes et de retraité-e-s bien plus importante que dans les mobilisations dont nous avons l’habitude.

 

Si cette hétérogénéité n’a pas nui au mouvement, c’est que tous et toutes partagent un certain nombre de points communs ayant rendu possible leur convergence. Ce sont autant de victimes des politiques austéritaires pratiquées par l’ensemble des gouvernements depuis près de quatre décennies. Elles se sont traduites pour elles par la dégradation de leurs conditions d’emploi, de travail et de rémunération; par la difficulté grandissante de «joindre les deux bouts en fin de mois»; par l’angoisse grandissante du lendemain pour soi et pour les siens (les enfants notamment); par la dégradation ou même la disparition des services publics et équipements collectifs auxquels elles pouvaient naguère encore avoir accès; par le sentiment de n’être plus représentées (prises en compte et en considération) par personne (notamment les organisations syndicales, professionnelles, politiques), si ce n’est quelquefois les maires (mais qui ont de moins de moins de pouvoir); par le sentiment d’être abandonnées et laissées à elles-mêmes et d’être franchement méprisées, par des gouvernants qui n’ont plus d’yeux, d’oreilles et de voix que pour «les premiers de cordée»!

 

Ces «dépossédés» disposent cependant encore de cette force collective qu’est la solidarité locale, basée sur des liens de parenté et de voisinage, faite de connaissance et de reconnaissance réciproques, mais aussi de toute une «économie souterraine» d’entraide, d’échanges de services, de dons et de contre-dons, qui assure au-delà de la survie la possibilité de «s’en sortir». Sans quoi on ne s’expliquerait pas que des hommes et des femmes aient participé aux opérations menées par les «gilets jaunes», dans la froidure de novembre, plusieurs jours de suite et jusqu’à plus de dix dans certains cas.

 

La seconde caractéristique sociologique notable du mouvement est sa localisation dans le rural périurbain. C’est que les catégories sociales précédentes sont de plus en plus expulsées des centres urbains et même des périphéries urbaines immédiates sous l’effet de l’augmentation des prix du foncier et de l’immobilier urbains et de l’étalement spatial des villes (développement du rurbain). D’autre part, dans cet espace, la dépendance à l’égard de l’automobile individuelle est maximale: il y faut au moins une automobile par ménage non seulement pour aller au boulot, mais aussi pour faire ses courses, emmener les enfants à l’école et aux activités périscolaires, se rendre chez le médecin, effectuer les démarches administratives indispensables, participer aux activités associatives locales, etc., du fait de la concentration grandissante des équipements et des services, privés ou publics, dans les centres ou les périphéries urbains, de l’absence ou de la carence des moyens de transport en commun, de la préférence accordée à l’habitation individuelle favorisant la dispersion de l’habitat.

 

D’où, le caractère contraint des dépenses de carburants pour ces ménages[2] et, par conséquent, vu leur précarité budgétaire, l’extrême sensibilité de ces populations au prix des carburants. Ce sont leur augmentation continue au cours de ces derniers mois, suivant en cela le cours du pétrole sur le marché mondial, et l’annonce de leur augmentation prochaine (au 1er janvier : + 6,5 centimes par litre de gazole, + 2,9 centimes par litre de SP95) sous l’effet de l’alourdissement de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) qui ont constitué la goutte d’eau qui a mis le feu aux poudres ! D’autant plus que, parce que le gazole a été longtemps sous-taxé relativement aux autres carburants, le parc des voitures individuelles compte encore aujourd’hui plus de 60% de véhicules à moteur Diesel. D’où aussi le choix de leurs modes d’action (bloquer ou filtrer la circulation automobile pour sensibiliser les automobilistes) et le choix du symbole de ralliement (le fameux gilet jaune).

 

Des caractéristiques politiques et idéologiques du mouvement

 

La composition sociologique du mouvement suffit pour l’essentiel à en expliquer les limites originelles sur le plan politique et idéologique. Ses revendications immédiates se sont limitées à exiger une baisse du prix des carburants, notamment des taxes entrant pour 60% dans ce prix. Mais cette dimension antifiscale ne s’en est prise qu’à un aspect mineur de la politique fiscale du gouvernement, sans remettre en cause l’ensemble de celle-ci, notamment l’augmentation de la fiscalité indirecte au bénéfice de la fiscalité directe et, au sein de cette dernière, de la fiscalité sur les revenus du travail au bénéfice des revenus du capital, donc des hauts revenus et des grandes fortunes: voir la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (les entreprises: IS), la flat tax sur les revenus du capital, la suppression des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu (IRPP), la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF)[3]. Et les «gilets jaunes» n’ont pas davantage immédiatement contesté l’affectation des recettes fiscales (le volet dépenses publiques) au bénéfice là encore du capital (voir par exemple le crédit compétitivité emploi – CICE – d’un montant de quelque cent dix milliards sur cinq ans) au détriment du travail (les coupes claires dans le financement des services publics et des équipements collectifs, dont une partie constitue la part socialisée du salaire). Mais pareilles limites n’étaient a priori pas étonnantes de la part de populations qui n’ont eu jusqu’à présent, pour l’immense majorité d’entre elles, aucune expérience ni formation politiques et dont c’étaient souvent la première mobilisation revendicative.

 

C’est en tirant argument de pareilles limites immédiates que différentes voix se sont fait entendre pour discréditer le mouvement ou, du moins, jeter la suspicion sur lui. Passons sur le mépris ordinaire de «premiers de cordée» pour le «bas peuple». Plus étonnantes et inquiétantes ont été celles de ces voix en provenance de la gauche et même de l’extrême gauche. Le mouvement a ainsi été qualifié de poujadiste. Dans la seconde moitié des années 1950, le poujadisme a été un mouvement essentiellement composé d’éléments de la petite-bourgeoisie (notamment commerçante) et du petit capital menacé par la pénétration du grand capital (en devenir oligopolistique) dans certaines branches de l’industrie, du commerce et des services ainsi que par la mise en place des institutions caractéristiques du compromis fordiste entre capital et travail salarié (notamment la Sécurité sociale). Alors que le présent mouvement est à dominante des éléments du prolétariat menacés par le démantèlement continu des acquis du compromis fordiste. Seul point commun: l’antifiscalisme; mais alors qu’il a été un point de fixation pour le mouvement poujadiste, le présent mouvement des «gilets jaunes» l’a déjà dépassé, comme on le verra plus loin.

 

Nos «belles âmes» de gauche et d’une partie de l’extrême gauche ont aussi accusé ce mouvement d’être à la traîne de la droite dure et de l’extrême droite. Ces accusations ont été lancées sur la base de l’observation de propos, slogans ou comportements sexistes et racistes au sein des collectifs de «gilets jaunes»; de la présence dans des collectifs de symboles ou de marqueurs de la droite ou de l’extrême droite nationaliste (le drapeau tricolore, La Marseillaise); du soutien immédiat recueilli par les «gilets jaunes» de la part de des leaders d’extrême droite ou de la droite extrême (Le Pen, Dupont-Aignan, Vauquiez) tendant de récupérer le mouvement à leurs fins propres et de la participation de militants d’extrême droite à certains de leurs collectifs.

 

Bien qu’à de multiples reprises les «gilets jaunes» aient déclaré se vouloir «apolitiques» (il est vrai que l’apolitisme est plutôt de droite), répondons quand même aux accusations précédentes. Outre que les actes et paroles racistes ou sexistes sont restés minoritaires en leur sein, les «gilets jaunes» n’ont malheureusement pas le monopole ni du sexisme ni du racisme. De ce point de vue, des militants et organisations de gauche et d’extrême-gauche feraient bien de balayer devant leur propre porte. De plus, attendre qu’un mouvement populaire spontané soit idéologiquement pur pour le soutenir et y intervenir, c’est se condamner à l’impuissance et mettre la charrue avant les bœufs: exiger comme point de départ ce qui ne peut être qu’un point d’arrivée. Par ailleurs, il est discutable de faire du drapeau tricolore et de La Marseillaise des marqueurs de la seule droite ou extrême droite nationaliste; on peut tout aussi bien rappeler l’héritage révolutionnaire qui y est attaché, le seul à la disposition de populations privées de tout autre héritage révolutionnaire. Enfin et surtout, ce n’est pas tant la présence d’éléments de la droite et l’extrême nationalistes dans le mouvement des «gilets jaunes» dont il faut s’alarmer que l’absence de la gauche et de l’extrême gauche pour leur faire contrepoids et les chasser du mouvement.

 

Critique de l’attitude des organisations syndicales et politiques de gauche

et d’une partie de l’extrême gauche

 

Dans leur ensemble, ces organisations se sont en effet tenues à l’écart de ce mouvement, au moins dans un premier temps. Du côté politique, on a assisté à un soutien du bout des lèvres du côté du PS (pas encore remis de sa déconfiture de l’an dernier) et du PC (occupé par son congrès), à un soutien plus résolu du côté de la FI, du NPA ou d’AL (Alternative libertaire) mais sans pour autant appeler à une participation massive au mouvement – quelques individualités mises à part (Ruffin, Besancenot, Poutou). Quant aux organisations syndicales, elles ont présenté un dégradé d’attitudes allant de l’indifférence à la franche méfiance confinant à l’hostilité (le pompon revenant comme d’habitude à la CFDT, dont le secrétaire général y aura vu «une forme de totalitarisme») – à l’exception de quelques structures locales ou fédérales (CGT métallurgie, Sud industrie, SUD PTT, FO Transports) et, bien évidemment, de ceux de leurs militants ou membres qui ont, au contraire, plus ou rapidement fait le choix contraire.

Les raisons d’une telle attitude sont multiples. Y ont eu leur part les critiques précédentes du mouvement, assorties de l’accusation de rouler pour le patronat… de l’industrie de transport routier, qui a soutenu le mouvement du fait de sa revendication-phare, avant de se rétracter rapidement en protestant contre les blocages routiers. Plus profondément, il faut sans doute incriminer l’hostilité de principe à l’égard de mouvements sociaux spontanés (le mouvement des «gilets jaunes» est parti d’une pétition qui a circulé dans les «réseaux sociaux») de la part d’états-majors qui ont l’habitude de faire défiler leurs troupes où et quand eux seuls l’ont décidé. Enfin, il faut encore pointer leur extériorité à l’égard de toute cette partie des couches populaires dans laquelle ces organisations n’ont pas (plus) aucune implantation et qui leur est devenue aussi étrangère et invisible qu’elle l’est pour le pouvoir. Ce qui en dit long sur leur manque d’ancrage dans le «pays réel» et a valu à ces soi-disant avant-gardes de se retrouver à la traîne d’un mouvement populaire, au moins à ses débuts.

 

Évidemment, pareille attitude est non seulement une erreur mais une faute politique grave. Le mouvement des «gilets jaunes» est certes composite, partagé entre des tendances divergentes, gros de possibles contraires. Sa plate-forme revendicative initiale était pauvre et son horizon politique limité (pour ne pas dire inexistant). Mais son potentiel de lutte était et reste énorme, comme l’ont déjà prouvé l’enrichissement de la première et l’élargissement du second[4]. Et c’est précisément la mission des organisations syndicales et politiques anticapitalistes d’intervenir en son sein et à ses côtés pour amplifier accélérer ce double processus et orienter le mouvement dans un sens globalement favorable aux intérêts de classe de ses membres. Reste à déterminer comment.

 

Propositions pour pérenniser, étendre et renforcer le mouvement

 

Surtout ne pas intervenir en donneurs de leçons et, encore moins, en donnant l’impression de vouloir récupérer le mouvement au profit d’une organisation quelconque ou d’un programme politique défini. Défendre au contraire l’autonomie intégrale du mouvement par rapport à l’extérieur et la démocratie interne. Et se contenter de défendre, en son sein, un certain nombre de propositions parmi lesquelles je livre les suivantes à la discussion.

 

Quant aux formes d’organisation. Promouvoir la démocratie assembléiste dans les collectifs. Faire de chaque rassemblement un lieu de discussion et de délibération. Défendre l’autonomie des collectifs locaux tout en plaidant pour la plus large coordination possible entre les collectifs locaux sur une base territoriale définie par eux. Mandater strictement les délégués aux coordinations en question. Ne pas accepter l’institution de soi-disant représentants nationaux chargés de négocier avec le gouvernement. Mais chercher autant que possible à favoriser le rapprochement avec les organisations et mouvements qui se seront déclarés favorables au mouvement et lui auront apporté leur soutien, sans tentative d’instrumentalisation de part ou d’autre, à commencer par celles et ceux (essentiellement les organisations syndicales et les mouvements lycéens et étudiants) qui sont déjà engagés dans des actions revendicatives sur leur terrain propre. Car le potentiel de mécontentement et de révolte est immense dans l’ensemble du pays, comme l’ont prouvé le samedi 1er décembre des scènes d’émeute à Paris mais aussi en province (Marseille, Saint-Étienne, Le Puy-en-Velay, Tours), qui n’ont pas été le fait des seuls «casseurs» habituels.

 

Quant au contenu revendicatif. Proposer l’élaboration d’une plate-forme revendicative intégrant des revendications immédiates tout en défendant la nécessité de les élargir et de les approfondir. A titres d’exemples :

 

Baisse immédiate du prix des carburants par l’intermédiaire de la TICPE, qui constitue actuellement la quatrième source de recettes fiscales de l’Etat (après la TVA, l’IRPP, et l’IS). Institution d’un prix administré de manière à éviter les dérapages à la pompe.

Forte revalorisation des principaux revenus dont vivent les couches populaires mobilisées: porter le Smic et les pensions de retraite au niveau du salaire médian actuel (environ 1700 €); revalorisation équivalente de l’ensemble des prestations sociales; porter les minima sociaux au-delà de l’actuel seuil de pauvreté (par exemple à 1200 €).

Adoption et mise en œuvre urgente d’un plan de lutte contre la misère. Relogement de tous les SDF dans des logements vacants comme la loi l’y autorise.

Instaurer un encadrement des loyers. Lancement d’un programme pluriannuel d’isolement de l’ensemble des logements, sociaux ou non, financés sur fonds publics, en commençant par ceux occupés par des ménages en état de précarité énergétique.

Allègement de la fiscalité indirecte (par exemple élargissement du panier des biens et services soumis au taux de TVA réduit avec imposition d’un prix plafond – pour éviter que les commerçants n’empochent la différence). Allègement de la fiscalité directe pesant sur le travail (par exemple des taux de la CSG). Alourdissement de la fiscalité directe sur le capital, les hauts revenus et les grandes fortunes: rétablissement des tranches supérieures de l’IRPP ; augmentation du taux d’imposition des revenus de la propriété au titre de protection sociale ; forte taxation de la part des profits distribués sous forme de dividendes ; augmentation du taux de l’IS ; rétablissement de l’ISF. Suppression du CICE et de l’ensemble des niches fiscales, dont le montant sera réaffecté au financement des différentes mesures écologiques et sociales énoncées par ailleurs.

Adoption d’un moratoire sur la dette publique. Ouverture d’une procédure d’audit de cette dette pour en déterminer la part illégitime qui ne sera pas remboursée.

Élaboration d’un cahier revendicatif contre la dégradation des services publics et, inversement, pour le renforcement de ces services, notamment en matière de transports (réouverture de lignes locales de chemin de fer fermées, gratuité des transports en commun), de santé (institution d’une période de présence obligatoire des jeunes médecins dans les déserts médicaux, réouverture des hôpitaux et services hospitaliers fermés, en les dotant de moyens supplémentaires) et d’éducation (aucune fermeture de classe dans le primaire, institution d’une distance minimale à parcourir par les élèves de l’enseignement secondaire et mise en place de ramassage scolaire systématique, des moyens supplémentaires pour les activités périscolaires).

Abrogation de l’ensemble des mesures visant au démantèlement de la protection sociale : abrogation des mesures de déremboursement des médicaments ; plan d’urgence pour pouvoir les hôpitaux publics de moyens supplémentaires et abandon de toute subvention aux cliniques privées ; instauration d’un droit à la retraite pour tous après 30 ans d’activité sur la base de 75% du meilleur revenu brut d’activité plafonné à deux fois le SMIC.[5]

Quant aux formes d’action. Sans abandonner les opérations de blocage ou de filtrage de la circulation automobile aux abords des villes (pour discuter avec les automobilistes, les inciter à rejoindre le mouvement, leur faire connaître les revendications), adopter des formes d’action adaptées aux revendications précédentes (par exemple blocage ou occupation de services publics pour appuyer les revendications des personnels de ces services et informer les publics des revendications à leur sujet; investissement des mairies, des conseils départementaux et régionaux, des permanences des députés et sénateurs pour les contraindre à relayer les revendications précédentes).

 

Mais, surtout, il me paraît nécessaire de privilégier les actions décentralisées mais coordonnées en province plutôt que des actions centralisées sur Paris: pour permettre au maximum de personnes d’y prendre part ; pour permettre aux collectifs locaux de rester maîtres de leurs décisions et de leur calendrier ; pour paralyser progressivement le pays ; pour épuiser le gouvernement et ses soi-disant «forces de l’ordre» en les obligeant à multiplier leurs points d’intervention et leur déplacement.

 

Par-delà les propositions précédentes, qui peuvent et doivent être débattues collectivement au sein du mouvement, c’est surtout la nécessité et l’urgence d’intervenir au sein de celui-ci pour lui permettre d’aller le plus loin possible qui ne devrait plus faire débat au sein des organisations syndicales et politiques anticapitalistes. Et, quelle que soit son issue, ce mouvement aura révélé l’existence d’un immense champ de couches populaires qui doit constituer une véritable terre de mission pour ces organisations dans les mois et années à venir. Sans quoi il ne faudra pas s’étonner et se plaindre de voir ces couches populaires céder encore un peu plus aux sirènes de l’extrême droite qui sauront, pour leur part, y attiser le ressentiment, y semer la xénophobie et racisme et y favoriser le repli identitaire. (2 décembre 2018)

 

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[1] A ces deux sources d’information, je me permets d’en ajouter une troisième, plus restreinte spatialement mais plus directe et plus compréhensive, plus subjective aussi. Depuis plusieurs années, je passe les deux tiers de mon temps dans un petit village en Déodatie (la région de Saint-Dié-des-Vosges), ce qui m’a permis d’observer directement bon nombre de phénomènes qui éclairent le déclenchement du mouvement des «gilets jaunes». Lors du premier week-end de mobilisation de ces derniers, dans un rayon de dix kilomètres autour de ce village, ce ne sont pas moins de cinq blocages qui y ont eu lieu (deux aux principales entrées dans Saint-Dié, un à Moyenmoutier, un à La Petite Raon, un à Raon-L’Étape). Le département des Vosges a connu ce weekend-là quelque quatre-vingt points de blocage, la plupart concentrés dans l’est du département, au pied du massif vosgien même, quelques-uns dans des localités que vous aurez du mal à situer sur une carte : Provenchères-sur-Fave, Frapelle, Anould, Le Syndicat, etc.

 

[2] Comme l’a opportunément rappelé Michel Husson, «Les fondements microéconomiques de la connerie», http://alencontre.org/economie/les-fondements-microeconomiques-de-la-connerie.html

 

[3] Selon une estimation de l’OFCE, ce sont les 5% de ménages les plus riches qui seront les principaux bénéficiaires de la politique socio-fiscale de l’actuel gouvernement, qui (indépendamment d’autres facteurs) leur vaudra de connaître une augmentation de pouvoir d’achat de 2,2% fin 2019 par rapport à fin 2017, alors que les 5% de ménages plus pauvres n’y auront gagné que 0,2% : onze fois moins ! Cf. M. Plane et R. Sampognaro, «Budget 2018 : pas d’austérité mais des inégalités», Policy Brief de l’OFCE, n° 30, janvier 2018. https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2018/Pbrief30.pdf

 

[4] Voir par exemple la plate-forme revendicative adoptée le 28 novembre en prévision de la réception d’un certain nombre de délégués à Matignon (qui n’a finalement pas eu lieu) : https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/zero-sdf-retraites-superieures-a-1-200-euros-salaire-maximum-a-15-000-euros-decouvrez-la-longue-liste-des-revendications-des-gilets-jaunes_3077265.html?fbclid=IwAR0JFfwjPHMqH28JEzSiLtdKp3_YuHGxEPoZAIhNBznMn6OIC4qaZXydFeA Cf. aussi la vidéo visible à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=gJV1gy9LUBg. Ainsi que la liste des revendications dans les «cahiers de doléances» publié, ce 2 décembre 2018, sur le site alencontre.org [https://alencontre.org/europe/france/france-debat-les-cahiers-de-doleances-des-gilets-jaunes.html]

 

[5] Une bonne partie de ces mesures font déjà partie de la plate-forme revendicative signalée dans la note précédente.

 

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Le MS21 et les « gilets jaunes »

Publié le par Mahi Ahmed

Le MS21 et les « gilets jaunes »

 url : http://ms21.over-blog.com/2018/11/le-ms21-et-les-gilets-jaunes.html

 

 

Depuis une semaine, le pays est en proie à des convulsions dont l’ampleur et le caractère spontané ont sidéré la classe politique dans son ensemble y compris dans les zones éloignées des métropoles, mais également les syndicats et leurs dirigeants et bien entendu l’oligarchie financière et la bourgeoisie compradore.

 

Ecologie ou politique fiscale inégalitaire ?

 

La réalité

 

Qu’on y regarde d’un peu près : la réalité saute aux yeux. Au congrès des maires, contre toutes leurs attentes et malgré ses engagements, Macron se défile. Il invite certains de ces maires à un dîner à l’Elysée, invitation à laquelle bien sûr un certain nombre a répondu. Quant aux autres, et peut-être les mêmes, ils protestent avec autant de constance que d’inefficacité depuis des mois, voire des années… ils protestent contre la situation faite aux territoires et plus particulièrement à ces territoires ruraux éloignés des métropoles. Qu’ils se lamentent ou qu’ils y prêtent la main, qu’est-ce que cela change ? Depuis bien longtemps, dans ces territoires, il n’y a pas ou plus de transports en commun, la poste a disparu, les écoles regroupées imposent aux enfants des heures de transport épuisant, les services publics, les commerces, les médecins sont absents. Déserts économiques, déserts sociaux, déserts culturels… Il faut bien prendre sa voiture pour faire les courses, aller à un rendez-vous ou emmener les enfants participer à des activités ; ne parlons pas du cinéma, du théâtre, des concerts …

 

Des territoires délaissés

 

Au 1er Janvier 2018 la France compte 22 Métropoles. Selon la DGCLI (Direction générale des collectivités locales et de l’intercommunalité) ces métropoles regroupent 39 % de la population, 43% des emplois et 51% du PIB national. Les chiffres parlent d’eux mêmes. Plus de 60% de la population vit hors des métropoles qui concentrent pourtant l’essentiel du travail et de la richesse. Chaque jour, cette France des territoires, ou des quartiers, ou des périphéries, ou des banlieues (c’est fou ce que l’imagination langagière a pu produire en une décennie) se met en branle pour mal gagner sa vie en gagnant son lieu de travail, refaisant le soir le même trajet à l’envers. (On a également trouvé une expression pour qualifier cette transhumance : le déplacement pendulaire !) A-t-on fait des statistiques pour évaluer l’impact environnemental de ces millions de déplacements contraints ? Et c’est sur cette population que les gouvernements font peser la responsabilité du désastre écologique et du changement climatique. Peuple inconscient et égoïste qui a l’audace de refuser une taxe pour atténuer les effets d’une pollution dont il serait pourtant l’auteur ! 

 

Les vrais responsables

 

Rien sur les exonérations de kérosène des avions, le fuel des cargos, des paquebots, rien sur la disparition des petites lignes de chemin de fer, rien sur les sociétés d‘autoroutes que l’on vient d’autoriser à augmenter les péages et qui se goinfrent de scandaleux bénéfices, rien sur le ferroutage, les déplacements dispendieux des privilégiés qui sillonnent le monde pour leur plaisir ou l’usage inconsidéré que fait tel ministre de l’avion au prétexte que Paris ne peut se passer de lui pendant quelques heures. L’argument écologique ne vaut qu’à l’égard du peuple. On songe à Jean de La Fontaine dans « Les animaux malades de la peste », qui évoque, après que les grands fauves aient reconnu leurs crimes, l’âne qui broute d’un pré « la largeur de sa langue » et qui est ainsi traité « Ce pelé ce galeux d’où leur vient tout le mal » et que l’on condamne à mort. Face au mouvement des « Gilets jaunes » on voudrait croire à l’incompétence du pouvoir alors qu’en réalité son seul but est de trouver le moyen de calmer la colère populaire et de gagner du temps pour préserver ses intérêts de classe. Au moment où l’on pourrait croire à son engagement écologique et où il renonce au péage urbain qui aurait pu nourrir le sentiment de déclassement des territoires ruraux, il abandonne l’éco taxe sur les poids lourds favorisant ainsi le lobby du transport routier qu’il ne souhaite pas voir venir grossir les rangs des manifestants.

 

Pour le MS21 plusieurs constats s’imposent

 

Le premier est politique et concerne la rupture évidente entre le peuple (dans son acception la plus large puisqu’aujourd’hui 70 à 80% de la population est favorable au mouvement) et ceux qu’il a élus. La perte de confiance est totale comme en témoigne le refus sans appel de toute tentative de récupération que légitime le positionnement lamentable de nombreux partis y compris de gauche, et de syndicats pourtant chargés de préserver les classes populaires. Faire de cette lame de fond l’expression du rejet de l’impôt pour la disqualifier relève d’une stratégie erronée. Les gilets jaunes ne refusent pas l’impôt mais bien plutôt son caractère scandaleusement inégalitaire et c’est également la raison du fort soutien de la population majoritairement touchée par les ponctions gouvernementales et qui s’interroge en outre sur l’usage fait de ces impôts face à l’abandon des services publics. Le pouvoir macroniste n’est pas disposé à abandonner un pouce du terrain aux classes populaires. Les projets en cours le démontrent assez, qu’il s’agisse de la réforme des retraites, du déploiement des traités internationaux de libre-échange ou des cadeaux fiscaux aux plus riches dans le budget 2019.

 

Le MS21 appelle les représentants élus, politiques, syndicaux, associatifs, à se ressaisir et à soutenir un mouvement qui revendique la justice sociale.

 

Par ailleurs, l’auto-organisation des gilets jaunes révèle l’épuisement des institutions de la Cinquième République et la nécessité pour le MS21 de s’engager et de promouvoir une démarche constituante afin de rétablir une organisation démocratique dans une France souveraine. La souveraineté nationale et populaire ne pourra s’exercer vraiment que lorsque la France aura retrouvé son autonomie monétaire et financière. A cette condition seulement elle serait en mesure de répondre aux demandes des gilets jaunes. Dans les semaines qui viennent nous allons entrer dans la campagne des européennes ; le MS21 veut utiliser cette séquence pour dénoncer la mondialisation néolibérale et l’économie de marché génératrice de chômage et de concurrence déchaînée.

 

Enfin, les médias dans leur immense majorité tentent de disqualifier ce mouvement. Qu’un groupe de gilets jaunes se livre à des comportements scandaleusement racistes et xénophobes, les journalistes mettent l’accent sur l’événement et, dans la foulée, font que c’est sur l’ensemble des manifestants que pèse la réprobation. Rien d’étonnant : pour les médias, on le sait, le peuple est par nature inculte, primitif et…raciste. 

 

Conclusion provisoire

 

Quand les gilets jaunes, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes – beaucoup de femmes- dénoncent leurs conditions de vie et de travail, quand ils s’engagent dans un mouvement de masse dans des conditions très éprouvantes ils font apparaître en pleine lumière la réalité insupportable d’une société de classes de plus en plus inégalitaire, qui a ses chiens de garde. Ils ont droit à notre respect et à notre soutien. Refuser de voir cela ou tenter de disqualifier ce mouvement est une faute, moralement, socialement et politiquement.

 

Pour en savoir plus : 

 

 Classes dominantes et salariat : http://www.ms21.org/index.php?titre_article=329&categorie=34

 

Classes dominantes et chômage : http://www.ms21.org/index.php?titre_article=330&categorie=34

 

 

 

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Un nouvel ouvrage sur Abdelkader Alloula

Publié le par Mahi Ahmed

 Un nouvel ouvrage sur Abdelkader Alloula

PUBLIÉ AUX ÉDITIONS DU CRASC

 

Un nouvel ouvrage sur Abdelkader Alloula

 

 

Un nouvel ouvrage, dédié au dramaturge Abdelkader Alloula (1939-1994), vient d'être publié à Oran aux éditions du Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc), a-t-on appris samedi auprès du coordinateur de cette publication. «Le théâtre d'Abdelkader Alloula : le texte et la scène» est le titre de ce livre qui se veut «un hommage académique à l’auteur de la trilogie Lejouad/Litham/Legoual», a précisé à l'APS l'enseignant- chercheur Mohamed Daoud. L'ouvrage se propose également de «contribuer à l'enrichissement des sources documentaires au profit des jeunes universitaires versés dans la littérature et les arts dramatiques», a expliqué M. Daoud. «Le contenu reprend plusieurs regards comparatifs autour du parcours et de l'œuvre de Alloula, présentés en 2014 lors d'un colloque international dédié au regretté dramaturge, à l'occasion de la commémoration de la 20e année de sa tragique disparition», a-t-il fait savoir. Les actes de ce colloque sont ainsi mis à la disposition des lecteurs, offrant une lecture multiple de l’œuvre de Abdelkader Alloula, dans toutes ses dimensions artistiques, a souligné M. Daoud. Parmi les thématiques abordées, le coordinateur de la publication évoque, entre autres, le patrimoine populaire, la langue, la traduction et les influences du théâtre universel. Qualifiant Alloula d'artiste «complet» (auteur, metteur en scène et comédien), M. Daoud soutient que «le regretté dramaturge a marqué l’histoire du théâtre algérien de son empreinte indélébile, et ce, en répondant aux exigences de la construction dramaturgique par l’association de plusieurs formes d’expression». «En puisant dans ses diverses pièces dans le patrimoine local (El Halqa, El Meddah, El Gouwal) et universel (Brecht, Gogol, Goldoni, Aziz Nesin), Alloula aspirait à la création d’un genre théâtral nouveau, a-t-il notamment observé. Les pièces que Alloula a mis en scène dans les années 1980-1990 (Legoual, Lejouad, Litham et Arlequin...) ont révélé «une pratique théâtrale singulière, caractérisée par une recherche approfondie sur le discours, la langue, le décor et la mise en scène», a relevé M. Daoud. Ainsi, le nouvel ouvrage revient sur les différents aspects de cette œuvre inachevée qui exige «une continuité et un approfondissement de la part des dramaturges et des chercheurs spécialisés dans cette expression artistique», a-t-il conclu. Pour rappel, Alloula, qui était directeur du Théâtre algérien d'Oran (TAO), fut victime d'un attentat terroriste en mars 1994. Il a été assassiné d'une balle dans la nuque en mars 1994 alors qu'il se dirigeait vers le Palais de la culture pour donner une conférence sur le théâtre, lors d’une soirée du mois sacré du Ramadhan.

 

url : https://www.lesoirdalgerie.com/culture/un-nouvel-ouvrage-sur-abdelkader-alloula-11998/print/1

 

 

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Entretien exclusif avec Mme Lotfi, née Fatima Mechiche : «Le colonel Lotfi était peiné de voir la direction que prenait la Révolution

Publié le par Mahi Ahmed

Entretien exclusif avec Mme Lotfi, née Fatima Mechiche :

«Le colonel Lotfi était peiné de voir la direction que prenait la Révolution»

Propos recueillis par Mohamed-Chérif Lachichi

(in- Le Soir d'Algérie du 20/09/2018)

Propos recueillis par Mohamed-Chérif Lachichi

 

Pour son premier entretien dans la presse nationale, la moudjahida Fatima Mechiche, l’épouse du colonel Lotfi, chef de la Wilaya V, a dû affronter véritablement une nouvelle épreuve. Gravement blessée à la jambe et à la tête au maquis en 1957, Mme Mechiche vécut, pour ainsi dire, toute sa vie avec une santé assez fragile. Hémiplégique depuis 1978, elle est hospitalisée depuis le 18 mars à Genève pour une «rupture d’anévrisme». Elle vient de subir une lourde opération qui nécessite plusieurs semaines d’observation médicale. Assaillie par ses souvenirs personnels dont certains sont, certes, très douloureux, cette femme courageuse et au destin exceptionnel n’en a pas moins tenu à apporter son témoignage, un document bibliographique s’il en est. Il convient de signaler, par ailleurs, que cet entretien qu’elle nous a aimablement accordé n’a été rendu possible que grâce au concours de sa fille, Chahida Ousseimi-Dghine, qui a servi pour la circonstance, à son chevet, d’intermédiaire. Qu’elle en soit remerciée.

Le Soir d’Algérie : Doit-on vous considérer comme une figure de la Révolution ? 

Fatima Mechiche : Non, on ne doit pas me considérer comme telle ! Je ne suis qu’une simple combattante comme de nombreuses jeunes filles qui avaient l'amour de leur patrie et ne pouvaient pas faire autrement que de répondre à l'appel du devoir. Pour moi, les grandes icônes de la Révolution sont mortes au maquis ou sous la torture et dont on ne parle, d’ailleurs, jamais assez. J'ai, pour elles, la plus grande admiration et je suis triste de constater que ces femmes ne sont pas honorées à leur juste valeur et n'occupent pas dans l'histoire la place qu'elles méritent vraiment. Mon mari, Akid Lotfi, et moi avons été liés par l'amour sans limites que nous partagions pour notre pays. Aucun sacrifice n'était trop grand à nos yeux pour défendre l’Algérie et lui rendre sa dignité et sa liberté. C'était, du reste, le cas de milliers d'Algériens et d'Algériennes qui n'ont pas hésité, un instant, à porter secours à notre mère patrie.

Vous vous êtes montrée plutôt discrète jusqu'à présent. Pourquoi une telle réserve ?

Vous savez, survivre à de tels événements et voir tomber les meilleurs vous laissent un sentiment d'injustice et d’humilité. Pourquoi eux, pourquoi moi ? On aurait aimé les rejoindre. Surtout avec les développements au lendemain de l'indépendance… Et tout ce qui en est advenu : tout ça pour ça ! Pourtant, nous avions tout pour «réussir». En 1962, notre jeunesse était enthousiaste et déterminée à vivre libre. Le fameux «El hamas el watani» faisait figure de symbole des luttes de Libération nationale pour les peuples du monde entier. Hélas, un système mis en place bien avant l'indépendance a réussi à récupérer, à détourner et à pervertir ce riche patrimoine. Oui, nous avons été leurrés et cruellement trompés !

Pourtant, vous n'aviez jamais témoigné auparavant au sujet de cette période exaltante et non moins cruciale pour l’Algérie…

Croyez-moi, ce n'est pas l'envie qui m'a manqué ! Il ne s’est pas passé un seul jour sans que je pense à toutes ces jeunes filles et tous ces jeunes hommes qui ont combattu avec tant de courage. Leurs visages ne me quittent jamais. Pour moi, la question a toujours été de savoir : que souhaiteraient-ils ? Que feraient-ils si eux avaient survécu ? Pourquoi moi ? Pourquoi eux ? Ma réserve vient du fait que je ne voulais en aucun cas et en aucune façon pervertir, à mon tour, leur mémoire. La tâche est gigantesque. Encore que pour témoigner, il faut avoir en face un auditoire, une capacité d'écoute. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pas vraiment senti que l'Algérie était prête à entendre ce que j'avais à dire ni de savoir ce que j’ai sur le cœur. De plus, la douleur était trop présente. Elle est toujours là mais je pense que maintenant le moment est venu…

A l’indépendance, vous avez été l'une des rares femmes députées à l'Assemblée constituante et l'unique femme à représenter l'Algérie à l'ONU en 1962 à la tête d’une délégation de… 33 hommes. Qu’évoque pour vous cette période exceptionnelle pour l’histoire de notre pays ? 

C’est bien simple, j'ai été désignée, avec douze autres femmes, pour siéger à la 1re Assemblée constituante qui comptait, notez-le, 400 hommes ! L’année suivante, nous n’étions plus que deux ! Ensuite, je fus la première surprise d'apprendre à la radio que l'on m’a choisie à l’âge de 23 ans pour faire partie de la délégation qui devait représenter notre jeune nation aux Nations unies à New York. Là-bas, j'étais très émue de voir le drapeau algérien flotter dans le ciel de Manhattan, sur l'esplanade de l'ONU, aux côtés des autres nations libres. Ce fut une émotion très vive ! Et pour cause, tout un rêve s’accomplissait. Les attentes et les espoirs des chouhada qui avaient sacrifié leurs vies devenaient enfin réalité. Mais très vite le rêve s'est transformé en cauchemar. Nous avions étés reçus aux Etatas-Unis avec les honneurs, tirs de canon, invitation à la Maison-Blanche, un privilège généralement réservé aux dignitaires des grands pays. Et alors que le président John Fitzgerald Kennedy qui avait soutenu l'autodétermination de l'Algérie nous offrait un pont d’or pour développer notre pays, Ben Bella, lui, a décidé de commettre l’affront de se rendre à Cuba depuis le sol américain. Et si ce n'était pas le défunt M’hammed Yazid qui avait déployé tout son talent de fin diplomate à Washington pour apaiser et rassurer le président Kennedy, les conséquences auraient été encore plus désastreuses. Nous avions, en effet, frôlé une grave crise diplomatique, et c’est le moins qu’on puisse dire ! Ben Bella venait de sceller notre sort et mettre en péril notre avenir en s’aliénant la plus grande puissance au monde. Au lieu de mettre toutes les chances de notre côté, nos espoirs ont vite été anéantis. Personnellement, je rêvais, pour mon peuple, de lendemains meilleurs avec l'entraide de l’ensemble de la communauté internationale, au-delà des divisions politiques et des calculs mesquins. Je rêvais de voir les femmes de mon pays obtenir une reconnaissance de leur immense contribution à l'indépendance du pays et à la hauteur de leur courage. Il n'en a rien été... Bien au contraire, on nous a demandé de retourner à nos casseroles !

Vous êtes montée au maquis à l’âge de 16 ans. D’où vient cet engagement précoce contre le colonialisme ?

Mon père, originaire de Mascara, porte le même prénom que l'Emir Abdelkader, fondateur de l’Etat moderne algérien. Il est né, tout comme lui, dans la plaine de Ghriss. Ma grand-mère était la fille de Benkhodja, un proche conseiller de l'Emir qui a été lâchement assassiné alors qu'il accomplissait la prière d’el-fadjr, et ce, en raison de sa loyauté à l'égard de l'Emir. Quand j’étais enfant, le récit de ma grand-mère, Yamina, avait soulevé en moi un grand sentiment d'injustice. Ma grand-mère adorée s'était retrouvée ainsi, orpheline de son père et même de son identité puisqu’elle a été rebaptisée à la suite de ce meurtre : «Bent el Maghdour», la fille de celui qui a été trahi. L'administration française lui attribua le patronyme de «Megdouri» qu’elle porta toute sa vie durant. Longtemps, elle avait souffert de cette innommable spoliation et du souvenir atroce qui s’y rattachait. Pour ma part, j'ai vivement ressenti sa douleur. Ensuite, à l'école arabe Dar el Hadith à Tlemcen, j’ai pris davantage conscience des injustices, du racisme et de la hogra coloniale. L'enseignement des Oulémas à l’image de Cheikh Bachir El-Ibrahimi et de Cheikh Larbi Tébessi m'ont fortement nourri et ouvert sur un autre univers, celui de la culture et de la richesse de la langue arabe. Je retrouvais une certaine fierté à appartenir à cette civilisation qui était totalement occultée par l'occupant. Après, durant ma scolarité, j’ai eu à subir la frustration de ne pas pouvoir parler ma propre langue sans compter le mépris et d’innombrables humiliations. D'abord à l'école primaire, puis au lycée. Les filles de colons nous traitaient comme des «moins que rien», se moquant de nos prénoms et de «sales Arabes» au quotidien. Enfin, le véritable événement déclencheur survint à la suite d'une altercation avec la surveillante générale, et ce, après avoir osé écrire sur le formulaire de rentrée en 6e de ma petite sœur : «nationalité : Algérienne». J'ai été convoquée et j'ai assumé mon appartenance au seul peuple algérien. On m'a rétorqué que le lycée n'était pas le lieu approprié pour faire état de mes revendications nationalistes. La phrase prononcée à cet égard par la surveillante générale résonne encore dans mes oreilles. «Ici, c'est un lycée pour étudier. Si vous voulez faire de la politique, prenez le maquis !» Ce à quoi j’ai répondu : «Cela ne saurait tarder, Madame !» Trois mois plus tard, je montais effectivement au maquis avec deux de mes camarades. Notre réseau avait été dénoncé et nous étions recherchées…

Vous êtes quasiment méconnue du grand public. Et pourtant vous avez été l'épouse bien-aimée du colonel Lotfi, chef de la Wilaya V, qui, fait marquant, vous écrivait de très belles lettres d'amour, laissées à la postérité. Parlez-nous de cet homme exceptionnel dont on dit qu'il était un «féministe» avant l’heure.

Nous étions deux êtres liés par un destin hors du commun : l'amour inconditionnel pour notre patrie. La vie a voulu que nos chemins se croisent et que nous nous reconnaissions dans cette lutte pour la libération nationale. Sachez que je suis une personne très pudique et mon mari l'était davantage. Quand ma fille, Chahida, a entrepris d'écrire un portrait de son père, je lui ai confié notre correspondance intime pour qu'elle fasse connaître les diverses facettes de la personnalité de cet homme de chair et de sang. C’est comme cela que la dernière lettre qu'il m’avait adressée a été rendue publique. Ceci dit, Lotfi a toujours encouragé et soutenu les femmes pour étudier, se perfectionner, exceller… C'était un visionnaire ! Il avait compris l'importance du rôle de la femme pour notre pays, de son apport indispensable à toute société qui se veut évoluée et respectée.

Dans L’autopsie d’une guerre, Ferhat Abbas rapporte des propos du colonel Lotfi qui est venu le trouver en marge d’une réunion du CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) en janvier 1960, au Caire. Lotfi percevait une «tendance aux méthodes fascistes» des futurs dirigeants de l'Algérie. Vous en avez-t-il parlé ?

Non, entre nous, nous parlions surtout de l'histoire, de notre culture, de notre passé glorieux et de la poésie arabe pour laquelle Lotfi avait une véritable passion. Hafez Ibrahim, Chawky. Et la musique andalouse, Qoum Tara ; le cinéma avec Quand passent les cigognes, Et Viva Zapata !. Il cherchait par tous les moyens à rassembler le peuple algérien, non pas à le diviser. Ceci dit, je voyais qu'il était très peiné et ulcéré de voir la direction que prenait alors la Révolution. Il ne m’en a pas parlé car il ne voulait pas, semble-t-il, me rajouter des soucis supplémentaires car je n'avais que vingt ans et nos conditions de vie étaient plutôt rudes, exilés, loin de notre patrie, sans père ni mère. C'était la guerre et nous la subissions. Ce que je sais est qu’il pressentait qu'il était en danger et qu'il n'avait plus pour très longtemps à vivre…

Sa disparition le 27 mars 1960 à Djebel Béchar en compagnie du commandant Ferradj, de Zaoui Cheikh et Brik Ahmed prête à controverse. Dans quelles conditions est-il mort ?

Personne ne le sait vraiment étant donné que lui et ses hommes ont été tués, à l'exception du guide dont le récit n'a jamais été clair. A-t-il dit toute la vérité ? A-t-il subi des pressions ? Seul Dieu le sait et peut-être que l'histoire le dira un jour. Nous l’espérons mes enfants et moi. Nous attendons que les archives révèlent les faits tels qu'ils se sont passés et que toute la lumière soit faite sur sa mort et celle de ses valeureux compagnons.

On évoque rarement la mémoire du colonel Lotfi. Est-il, selon vous, victime d’un «ostracisme» qui ne veut pas dire son nom ?

Même mort, Lotfi continue à faire de l'ombre ! Cette façon éhontée de commémorer sa mémoire, année après année, sans substance, sans réelle valorisation de son combat et de celui de tout le peuple algérien me fend le cœur.

Je suis en larmes de voir que nos dirigeants traitent nos héros et martyrs avec autant de légèreté et sans véritable transmission de leurs sacrifices auprès des nouvelles générations qui, à force de mensonges, de discours vides de sens se sont détournés pour la plupart de leur histoire.

Baptiser, débaptiser des rues, des hôpitaux, des lycées, des casernes de gendarmeries relèvent d'une réelle aberration. Sans parler de l'insulte suprême de l'aéroport de Tlemcen, qui portait son nom des années durant et qui s'est vu attribuer sans aucune forme d’explication un autre (Messali Hadj, ndlr). C'est une honte, on ne peut disposer ainsi des figures historiques à sa guise comme s'ils étaient des «girouettes».

Cela en dit long sur les véritables raisons qui amènent nos institutions à nommer et à choisir certaines personnes plus que d'autres afin de servir leurs propres intérêts. Mais heureusement, le peuple algérien n'est pas dupe. Bien au contraire : il est très lucide face à cette mascarade que joue actuellement le pouvoir.

Un film, Lotfi, a été réalisé par Ahmed Rachedi et produit par le Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre, un organisme sous l’égide du ministère des Moudjahidine. Qu’en pensez-vous ? 

Ce film, mes enfants Lotfi et Chahida en ont eu vent grâce à leurs connaissances personnelles. Nous n'avons jamais été informés ni consultés par le ministère des Moudjahidine ni même par le cinéaste. Ma fille, lors de la commémoration de la mort de son père à Béchar, en avait parlé ouvertement au ministre de l'époque, M. Mohamed-Chérif Abbas, et lui avait remis son livre, contenant notamment la correspondance entre mon mari et moi.

Elle lui a demandé de me contacter afin de pouvoir détailler les faits tels qu'ils se sont déroulés. Il n'en a rien été. Nous avions également demandé à plusieurs reprises de prendre connaissance du script et du scénario, sans jamais obtenir de réponse ni même une quelconque information. Cette production a délibérément fait l’impasse sur l’avis des témoins encore vivants. Le film est sorti à notre insu et nous avons été choqués par son contenu. Et, d’ailleurs, on a appris que nous n’étions pas les seuls. Pour nous, c’est donc un échec total qui ne représente en rien Lotfi, un homme hors du commun. Une fois de plus, l'histoire sera falsifiée et dénaturée !

Assurément, le jeudi 11 avril 1963 est, pour vous, un jour funeste. Votre mari (en secondes noces, ndlr) Mohamed Khemisti, premier ministre des Affaires étrangères de l'Algérie indépendante, était assassiné par balle sur le perron du Palais Zighoud-Youcef, siège de l'Assemblée nationale. Avez-vous une explication sur le mobile du meurtrier ?

Il a été assassiné sous mes yeux. Nous étions tous les deux en train de sortir de l'Assemblée. Il a été interpellé par un homme qui lui a demandé si c'était bien lui Khemisti et a tiré directement avec un pistolet. Ce qu'il faut savoir est que Mohamed Khemisti était, ce jour-là, sur le point de démissionner du gouvernement.

Il attendait de terminer son discours à l'Assemblée pour annoncer dans l’après-midi son intention de se retirer de la vie politique. Car il était en total désaccord avec Ben Bella, avec lequel il s'était disputé au téléphone à 7h du matin, le jour-même.

Ce qui me réveilla, du reste, en sursaut ! J'avais, dès lors, une mauvaise prémonition… C'était un crime commandité et qui profitait au pouvoir en place. Khemisti avait une vision tout autre pour notre pays.

N'est-ce pas étrange que son assassin n'ait jamais pu être interrogé lors d'un procès et que l'on le retrouve ensuite pendu avec sa ceinture dans sa cellule la veille du coup d'Etat, en juin 1965 ? Il y a là un autre pan de notre histoire sur lequel la lumière et la justice devront être faites !

M. C. L.

Liste des candidats à l’Assemblée nationale constituante algérienne pour le département de Tlemcen :

1- Berrenguer, 2- Bouteflika Abdelaziz, 3- Bouizem Mokhtar, 4- Ben Abdellah Abdessamad, 5- Chérif Belgacem, 6- Kara-Turqui Mahmoud, 7- Khemisti Mohamed, 8- Fatima Mechiche. Septembre 1962.

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Il a présenté hier la machine d’eau ultra pure : Issad Rebrab se lance dans l’industrie pharmaceutique

Publié le par Mahi Ahmed

Il a présenté hier la machine d’eau ultra pure : Issad Rebrab se lance dans l’industrie pharmaceutique

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Said Rabia

18 septembre 2018

C’est un capitaine d’industrie comme on en voit rarement. Déjà la tête d’un groupe, Cevital, qui n’a pas besoin d’être présenté, Issad Rebrab vient de franchir un autre cap en investissant dans l’innovation : cette machine inventée par Evcon Technologie produisant une eau ultra pure, la plus pure qui n’ait jamais existé.

 

C’est en compagnie de ses inventeurs allemands, à leur tête Hooghaard, que le patron de Cevital a présenté hier, au pavillon central de la Safex (Palais des expositions) d’Alger, son «bijou». Le système innovant d’UPWater System d’Evcon est une incroyable révolution qui n’ouvre pas seulement de larges perspectives économiques à Cevital, mais constitue une ingénieuse solution d’avenir aussi bien pour l’industrie pharmaceutique qu’agroalimentaire, le dessalement de l’eau de mer, le traitement des polluants du gaz de schiste, la production de l’eau pure reminéralisée et bien d’autres domaines.

 

Des géants de l’industrie mondiale, des multinationales se mordent déjà les doigts pour avoir laissé passer sous leur nez une telle trouvaille, qui plus est ouvre grandes les portes de la création, du succès, et des solutions innovantes pour l’humanité toute entière. En raison de la croissance de la population, du changement climatique et de l’urbanisation, l’insuffisance hydrique s’aggravera dans les prochaines années.

 

Selon des pronostics, en 2040, 33 pays pourraient souffrir d’un manque extrême d’eau. La technologie d’Evcon apporte la solution. Ce système peut être utilisé dans un large éventail d’applications, affirment ses promoteurs. Grâce à sa conception spéciale, le procédé peut être avantageusement appliqué à des tâches à haute concentration, en commençant par une salinité de flux d’alimentation élevé et en obtenant des taux de récupération élevés, proches de la concentration de saturation, précisent-ils.

 

Dans la présentation de cette innovation révolutionnaire, Issad Rebrab a parlé de la production d’un jus proche de sa composante naturelle. Pas seulement, la machine magique d’Evcon est capable de cristalliser le sel de l’eau de mer, et de traiter le jus de canne pour la production du sucre. Mais le secteur qui tire d’ores et déjà profit de cette technologie, c’est incontestablement l’industrie pharmaceutique. Et Issad Rebrab a déjà mis au point une usine en Algérie qui va produire des poches médicamenteuses, des solutés massifs (sérum glucosé, salé).

 

L’usine s’appelle Pharmatech et elle sera réalisée en 12 mois. Les premiers essais débuteront en septembre prochain. «Le projet est d’une importance capitale pour l’Algérie et les pays africains», affirme son directeur général, Rachid Ghederi, rencontré hier au Palais des expositions d’Alger.

 

Pharmatech produira, selon lui, 100 millions de poches médicamenteuses. La moitié est destinée à satisfaire les besoins nationaux, évalués à 45 millions d’unités, l’Algérie en importe 40 millions, et le reste sera exporté. «Tout est en place», assure notre interlocuteur qui affirme que le projet a eu toutes les autorisations.

 

Dès le départ, dit-il, nous allons nous conformer aux standards, GPM et certification Iso. Le coût du projet, estime-t-on, est d’environ 60 millions d’euros. Evcon Technologie n’aurait jamais existé sans Issad Rebrab, qui a mis en place une autre usine de production de membranes à Larbaâ. L’Algérie sera, selon lui, le cœur de cette industrie. Des pourparlers sont lancés dans plusieurs pays, en Europe, aux Amériques, en Asie et sur le continent africain, pour signer des joint-ventures.

 

On ne vendra pas les machines, mais on installera des stations pour vendre de l’eau ultra pure, précise le patron de Cevital, qui a eu le génie d’ouvrir larges les perspectives pour son groupe, et créer de la richesse pour le pays. En franchissant le pas vers l’innovation, Issab Rebrab se met sur une autre orbite. Tout ce qu’il touche se transforme en or !

 

 

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Plus de 265.000 nouveaux étudiants regagneront dimanche l'Université

Publié le par Mahi Ahmed

Plus de 265.000 nouveaux étudiants regagneront dimanche l'Université

 

 

Plus de 265.000 nouveaux étudiants rejoindront dimanche les bancs de l’université au titre de la rentrée 2018/2019 qui enregistre cette année 1,7 million d’étudiants dans tous les paliers de l’enseignement universitaire.

 

Cette population estudiantine est repartie sur 50 universités, 13 centres universitaires, 32 Ecoles supérieures, 11 Ecoles d’enseignants ainsi que 51 établissements affiliés à d’autres secteurs mais pédagogiquement soumis au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique outre 9 Instituts privés.

En prévision de la rentrée universitaire 2018/2019, les capacités d’accueil et niveau de prestations ont été renforcés, atteignant les 1.452,000 places pédagogiques à la faveur de la réception de 67.100 nouvelles places et de 45.500 nouveaux lits, ce qui portera les capacités d’hébergement à 629.500 lits, en plus de 6 cantines centrales implantées au sein des grands ensembles pédagogiques.

 

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar avait déclaré récemment que son département a mobilisé tous les moyens matériels et humains nécessaire à la réussite d’une rentrée universitaire “confortable”.

 

Il a ajouté que “même si la répartition des capacités disponibles n’était pas égale et différait d’une cité universitaire à une autre, le secteur, ne devrait pas être confronté à de grandes contraintes dans la plupart des cités universitaires, en dépit de l’augmentation des flux successifs d’étudiants”.

 

Pour le ministre, la réception de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre du renforcement des établissements universitaires et la concrétisation des efforts visant à consolider le réseau des Ecoles supérieures, et ce après l’annulation des Ecoles préparatoires, dans leur forme actuelle, et la promotion de celles répondant aux conditions au rang d’Ecoles nationales supérieures.

 

Le ministre a fait état, par ailleurs, de la révision graduelle du système d’orientation en vue de son amélioration en termes de satisfaction individuelle et collective quant à ses résultats, et ce en adoptant le principe de l’équité et du mérite.

Le secteur, a-t-il expliqué, œuvre à la révision graduelle du système d’orientation en vue de le parfaire à partir des principes d’équité et de mérite ainsi que des cadres juridiques et réglementaires régissant l’organisation et le fonctionnement de diverses établissements, à l’instar des statuts particuliers relatifs à l’Université, Centres universitaires et Ecoles supérieures ainsi que l’élaboration des textes d’application relatifs aux domaines de l’orientation, de la formation et de la recherche.

 

 

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