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La raison à l’épreuve des grandes crises historiques:vidéo de Losurdo

Publié le par Mahi Ahmed

La raison à l’épreuve des grandes crises historiques

Par Dominique de Losurdo

Voir la vidéo sous ce link : http://www.gabrielperi.fr/spip.php?page=video&id_document=699&id_article=1166&lang=fr

 

 

Publié dans Vidéos et photos

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Issiakhem au MaMa: Une expo à la dimension de l’artiste

Publié le par Mahi Ahmed

Issiakhem au MaMa

Une expo à la dimension de l’artiste

le 29.12.10

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Le regard  pénétrant de l’aigle,  le visage osseux aux couleurs grises d’une tempête qui s’annonce, les dents serrées comme pour contenir une colère exacerbée, Issiakhem, disparu il y a déjà 25 ans, accueille ses visiteurs au MaMa d’Alger par cet  autoportrait n° 2 de 1976.

C’est une affiche et elle annonce le programme de façon subliminale comme pour dire : «Visiteurs, si vous cherchez la beauté des choses, passez votre chemin. Ici, je vous renvoie ce que j’ai vu de la souffrance, que de la souffrance». L’avertissement se ressent  furtivement. Le long de la galerie, c’est un silence religieux entrecoupé de murmures et chuchotements de visiteurs dont on peut décrypter l’émotion dans le regard.  Le peintre submerge par sa secrète présence et sa singulière personnalité. Il donne une atmosphère inhabituelle au Musée national d’art moderne et contemporain d’Alger (MaMa) avec l’exposition d’un important catalogue  pour la commémoration du 25e anniversaire de sa disparition le 1er décembre 1985 à l’âge de 57 ans. Mort dans le dénuement, l’artiste a laissé à la postérité un héritage dont on ne pouvait soupçonner la dimension. 

L’œuvre commence par un autoportrait datant de 1948. C’est le N° 1.  Il finit sa tumultueuse carrière  par un Adieu qu’il réalise en un troisième  autoportrait daté de 1985, année de sa mort,  dédié à Zoulikha, la sœur de son ami Abdelhamid Benzine et, par dérision, à la chimiothérapie qui le dénude et l’amaigrit.  Le cou est démesurément allongé comme pour mettre en évidence la vulnérabilité de ce corps malade qui lutte pour la survie. Les traits géométriques sont esquissés en lignes droites, les lèvres serrées, la pâleur inonde d’un ocre jaune, le dos est  vouté.  Issiakhem est alors au crépuscule de sa vie. Mais le brasier interne qui le dévore, depuis l’explosion de la grenade laissée par l’armée américaine à l’origine du  traumatisme infantile, n’est pas éteint pour autant.  Il a encore la force de travailler. Son regard sombre exprime la  lucidité face à la mort cette «Suprême Infirmière» qui signera sa fin.
A 57 ans, Issiakhem était psychiquement dans la plénitude de son art.


Femme modèle !  


Les trois étages du musée sont  surchargés  de ses émotions.  Cette expo a réussi  l’exploit de regrouper des œuvres éparpillées chez des collectionneurs avisés et des musées nationaux et lever le voile de l’oubli sur cet homme, encore inconnu,  qui a marqué son temps par une rupture avec une époque où les arts plastiques étaient peu impliqués dans les sujets de société. Il a  tourné le dos aux couchers de soleil et aux natures mortes. Combien même il a fréquenté Racim et a été tenté par la miniature. Il a fait un autre choix ; celui de  poser un regard vif sur la souffrance humaine  induite par la sauvagerie de la guerre et ses effets dévastateurs lisibles sur les corps des rescapés, qui traînent leur solitude en marge des cités. Ses modèles, « Femmes chaouias »  « Femme»   «Mariée » sa «Berberie inachevée» de 1968 ou «Vieille femme kabyle» flamboyantes de couleurs chaudes ou quasiment monochrome, traduisent une relation complexe à la femme sujet de souffrance. 

A lire cette exposition du MaMa, le visiteur finit par se persuader qu’Issiakhem a exprimé ce que nul auteur ne pouvait rendre par des mots. Et pour cause !  C’est un enfant de la guerre traversé par la guerre sur un parcours de vie d’une quarantaine d’années. Il a connu très peu la paix.  Secret mais incisif,  Issiakhem a peu parlé de lui-même et il se confiait peu aux journalistes à l’exception de Azegagh de Révolution Africaine qui l’accompagnera jusqu’aux derniers moments ou Mohamed-Saïd Ziad du quotidien El Moudjahid. L’évènement médiatique fut  sans doute la première interview accordée à Halim Mokdad pour El Moudjahid Culturel. Très lié à Kateb Yacine qui le laissait taguer ses toiles par des mots abstraits en parfaite harmonie avec le sujet, Issiakhem n’aurait jamais vendu une seule de ses toiles.
C’était contre ses principes. L’exposition qui dure jusqu’au 31 janvier 2011 est un évènement unique. Saura-t-on réaliser la même  performance dans le futur ?

 

Rachid Lourdjane

Source : El Watan du 29.10.2010

Publié dans Economie et société

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Tunisie:L’informel absorbe le chômage

Publié le par Mahi Ahmed

L’informel absorbe le chômage

le 29.12.10 |

Le marché informel demeure une «bouffée d’oxygène sociale pour les sans-statut, les commerçants non patentés, les industriels non agréés et les salariés sans ressources fixes», a indiqué Mondher Benarous (université de Limoges, centre d’économie régional du Limousin) dans son article sur l’économie informelle en Tunisie : «Le secteur informel en Tunisie, répression ou organisation ?»



Bien qu’il ne soit pas mesuré de manière précise, ce secteur de l’informel dans l’économie tunisienne contribue à 20% du PIB, d’après les estimations de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat ainsi que l’évaluation de certains hommes d’affaires. Selon ces sources, ce secteur emploie au moins 31,4% de la population active non agricole.
De l’avis de cet universitaire, l’informel assure un rôle social et de survie que le secteur structuré est incapable de remplir. La politique de mise à niveau de l’industrie tunisienne n’est pas sans conséquences sur le plan social. Cette politique est lourde de «menaces pour l’emploi et les salaires», a démontré Mondher Benarous.


De nombreux secteurs n’ont pas été préparés à l’ouverture. Le textile, la principale industrie, représentant près de 50% des exportations tunisiennes en 2004, a été fragilisée par ce processus d’ouverture, ce qui a conduit au maintien d’un niveau de chômage élevé. Celui-ci varie, selon les sources, de 13 à 20%. La population active augmente chaque année de 85 000 nouveaux travailleurs pour 65 000 emplois créés. Le chômage a touché surtout les universitaires. Le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur est en augmentation depuis plusieurs années. En revanche, l’économie n’évolue pas au  rythme de la formation. Entre 1997 et 2007, le nombre de chômeurs ayant le diplôme universitaire a été multiplié par trois, passant ainsi de 121 000 à 336 000.
L’ouverture du marché tunisien a remis en cause les bases fixées par le régime politique. Les différences entre les régions et les catégories socioprofessionnelles ont tendance à s’accroître. Les difficultés liées à la lente refonte du secteur économique n’ont pas profité à la population dont la majorité est restée à l’écart du développement économique.

Au début des années 2000, les Tunisiens commençaient à changer leur culture de consommation. Les citoyens tunisiens ont adopté un mode de consommation basé sur le crédit.
Le logement représente, ainsi, la principale source de leur endettement. Le remboursement des crédits immobiliers pèserait pour près de 40% sur les revenus des ménages, selon la presse tunisienne.
Selon des chiffres de la Banque centrale de Tunisie, publiés en 2006, le total de la population active endettée atteint 668 000 personnes pour une population d’environ 10 millions d’habitants.

Djedjiga Rahmani

http://www.gabrielperi.fr/spip.php?page=video&id_document=699&id_article=1166&lang=fr

Publié dans Information

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Kamal Zakher. Coordinateur du Front laïc copte (FLC)

Publié le par Mahi Ahmed

Kamal Zakher. Coordinateur du Front laïc copte (FLC)

«Il faut instaurer un Etat républicain et civil»

le 29.12.10

Pour ce leader politique de confession chrétienne, les musulmans et les coptes vivent en symbiose. Il récuse l’idée qui consiste à faire croire que la minorité chrétienne est persécutée. Seule l’instauration d’un véritable Etat républicain civil pourrait permettre aux chrétiens et aux musulmans de vivre leur citoyenneté, préconise le coordinateur du FLC.

- Quelle est la situation actuelle des chrétiens coptes ?


Les chrétiens coptes ne sont pas dans une situation naturelle. Depuis la révolution de juillet 1952, qui a vu l’Egypte passer du pluralisme politique vers une situation du parti unique avec l’Union socialiste, il ne fallait qu’aucune voix ne dépasse celle de la révolution. La rue égyptienne s’est du coup trouvée exclue de la vie politique nationale. Avec l’arrivée d’Anouar El Sadate au pouvoir, le conflit s’est accentué entre lui et les mouvements extrémistes religieux. Dans ce conflit, les Coptes se sont trouvés, malgré eux, «l’essence», et cette situation dure jusqu’à présent. Ainsi, et avec tous les pouvoirs successifs, les Coptes ne jouissent pas de leurs droits à la citoyenneté dans son acception politique. Je ne dis pas qu’ils sont persécutés, parce que le terme est trop fort, mais plutôt qu’ils subissent des formes de discrimination de la part du pouvoir politique. Cela apparaît dans les domaines de l’éducation, de la culture et dans les mosquées les plus extrémistes. Et tant que l’Etat traitera les Egyptiens non pas en tant que citoyens, mais comme étant des confessions, l’exclusion et la discrimination des Egyptiens musulmans et coptes en particulier alimenteront les tensions.

 

- Certains observateurs locaux disent que les Coptes veulent avoir «un Etat dans un Etat…»


Non, je ne le pense pas. Cette accusation ne repose sur aucun fondement logique, pour la simple raison que l’intégration entre musulmans et chrétiens coptes est entière. Les Coptes ne vivent pas dans un endroit isolé, mais dans chaque endroit du pays, on trouve des Coptes et ils vivent en harmonie avec les musulmans. Il faut dire qu’en Egypte, l’Etat central est constitué depuis des siècles ; il est impossible d’imaginer qu’une catégorie, aussi religieuse soit-elle, pourrait vivre en dehors de cet Etat.


-
Mais l’extrémisme religieux se manifeste du côté de l’église orthodoxe et cette dernière exerce un contrôle important sur la communauté chrétienne copte…


Je ne suis pas tout à fait de cet avis. Il faut savoir que nous vivons la conséquence des attaques dues au fait de discriminations et qui conduisent au bout du compte à un repli pour se protéger et protéger l’identité copte. Je dois souligner que même si l’église est très présente dans la vie sociale, elle n’est pas hégémonique. Des courants de pensées traversent la communauté copte. Nous sommes, nous-mêmes, un mouvement qui milite pour la laïcité, d’autres sont militants des partis politiques, et des figures importantes coptes sont très actives dans le mouvement «Kifaya». Ce sont autant d’exemples qui battent en brèche l’idée qui consiste à ne pas voir les Coptes en dehors de la religion.


-
Le discours des Frères musulmans vous fait-il peur ?  

 
Non pas du tout. Pour nous, ils ne sont qu’un produit médiatique. On les a vus lorsqu’ils étaient à l’Assemblée du peuple (Parlement) en 2005. Ils n’ont abordé aucune question de grande importance qui pouvait intéresser la société et l’avenir du pays. Leurs actions et interventions portaient sur des questions très secondaires, telles que les habits de telle chanteuse ou de tel chanteur. Nous n’avons pas à les craindre, car ils ne sont qu’un phénomène verbal. Cependant, il y a nécessité urgente d’instaurer un Etat civil et laïc pouvant permettre à chaque Egyptien de jouir de tous ses droits et qui garantisse la liberté de conscience. C’est le seul salut si nous voulons éviter d’ouvrir la porte à un Etat confessionnel.

 

Hacen Ouali

http://www.elwatan.com/actualite/il-faut-instaurer-un-etat-republicain-et-civil-29-12-2010-104973_109.php

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Les coptes face au régime Moubarak

Publié le par Mahi Ahmed

Ils subissent la discrimination du pouvoir

Les coptes face au régime Moubarak

le 29.12.10

Lors de son traditionnel message de Noël, le 25 décembre,  le pape Benoît XVI a évoqué «la douleur et les épreuves des communautés chrétiennes en Irak et dans tout le Moyen-Orient». Il a dénoncé les mouvements fanatiques qui «les harcèlent des rives du Nil aux villes irakiennes».
 

 

Le Caire (Egypte). De notre envoyé spécial

 

Mais qu’en est-il réellement de leur situation en Egypte où vivent 12 millions de chrétiens coptes, la plus importante communauté chrétienne dans le monde musulman ? Sont-ils persécutés ? Ou bien vivent-ils en communion avec les musulmans ?
Dans les rues du Caire où les églises côtoient les mosquées, il est difficile de distinguer le chrétien du musulman. Sauf ces femmes qui se baladent avec une croix autour du cou sans que personne ne leur jette un regard menaçant – chose impossible à Alger – et d’autres avec leur foulard. «Nous n’avons aucun problème avec nos frères musulmans, nous sommes tous des enfants d’un même pays. Nous vivons dans le respect mutuel. Nous vivons, travaillons et divertissons tous ensemble et chaque Egyptien vit et pratique sa religion en toute liberté. Le problème ne s’est jamais posé au niveau de la société», nous assure Nancy, gérante d’une pharmacie sur le boulevard du 26 Juillet, au centre du Caire.  Pourtant, les affrontements entre coptes et forces de l’ordre, le 25 novembre dernier, dans le district de Gizeh, autour de la restauration d’une église et l’échec des candidats chrétiens à conquérir des sièges au Parlement, remettent au goût du jour et posent une nouvelle fois la question de la place qu’occupe cette minorité religieuse dans ce pays, le plus peuplé du monde arabe. Si certains parlent de «persécution», dans la vie de tous les jours, les chrétiens coptes eux-mêmes récusent ce terme car il ne correspond pas à la réalité.


Saints mais pas saufs !


C’est ce qu’affirme George Ishak, une des figures politiques égyptiennes de confession chrétienne : «Le terme persécution n’existe pas dans le dictionnaire égyptien. Musulmans et chrétiens respirent le même oxygène, mangent le même pain et vivent dans des maisons communes. La coexistence entre enfants de la communauté nationale n’existe dans aucun endroit au monde comme c’est le cas en Egypte. Mais c’est le régime qui fabrique des conflits entre les deux communautés pour détourner le regard des Egyptiens de leurs préoccupations réelles», a analysé ce membre fondateur du mouvement d’opposition Kifaya. Il a souligné, par ailleurs, «des formes  de discrimination entre les Egyptiens lorsqu’il s’agit de nomination à des postes de responsabilité sensibles, à  la construction des lieux de culte». Aux abords du Nil, tout le monde est convaincu que les chrétiens n’ont pas de problème avec leur concitoyens de confession musulmane, mais plutôt avec un régime politique qui excelle dans les techniques de division entre les deux communautés aux fins d’occuper l’opinion publique nationale à des batailles d’arrière-garde. «Depuis l’arrivée de Anouar Sadate, le pouvoir joue avec la religion. Il a abusé dans l’utilisation de la religion dans son rapport à la société pour mieux la contrôler et avoir ainsi le monopole de la religion. Mais on a eu l’effet contraire, avec l’islamisation de la politique, avec la montée des Frères musulmans d’un côté et le renforcement de l’église orthodoxe de l’autre, qui est en passe de devenir un Etat dans un Etat», a analysé le directeur du Centre des recherches arabes et africaines du Caire, Hilmy Sharawy.  



Quand des musulmans défendent les Chrétiens


M. Sharawy, qui fut bras droit de l’ancien président Gamal Abdenasser, dénonce le fait que des coptes ne soient pas considérés par le pouvoir comme étant des citoyens à part entière : «Il est inadmissible que l’on continue de les discriminer à cause de leur religion. Ils recèlent des compétences importantes dans tous les domaines, l’éducation, la médecine, le commerce, l’administration, la recherche…, mais aucun copte n’occupe un poste de recteur d’université ni de mouhafez (wali) ; pareil au sein de l’armée. Le régime les prive des postes de responsabilité, et ce, malgré leurs compétences», a regretté M. Sharawy. C’est une loi non écrite, le pouvoir de Sadate l’a érigée en mode de gouvernance et Hosni Moubarak perpétue la tradition.
Le journaliste Ahmed Badr, qui suit les questions coptes pour le quotidien cairote Dostour, met l’accent sur «les obstacles» qui se dressent devant les coptes dans la pratique de leur religion. «La discrimination à l’égard des coptes commence par la constitution de pays dans son article 2 qui dit que l’Islam est la religion de l’Etat et toutes les lois tirent leur substance de la charia. Depuis le président Sadate, non seulement la construction des églises est interdite, mais aussi la moindre restauration et réparation ne peut se faire sans l’autorisation des services de sécurité.»  Ce qui est  intéressant en Egypte, ce sont les musulmans qui prennent la défense des chrétiens. «Le pouvoir prive le pays des compétences chrétiennes et Dieu sait qu’elles sont nombreuses et dans tous les domaines», a estimé le politologue Hassan Nafaâ.

Même si la paix règne souvent entre les deux communautés, parfois il arrive que des conflits éclatent entre chrétiens et musulmans. «Les mariages mixtes provoquent souvent des rixes et les extrémistes des deux camps mobilisent leurs troupes. L’église copte supporte mal qu’une chrétienne épouse un musulman, car elle se convertit à l’Islam. Il y a eu des cas où l’église a séquestré des femmes qui ont épousé des musulmans, ce qui provoque des affrontements entre les familles des deux conjoints», indique le journaliste Ahmed Badr. Au sein de la communauté copte d’Egypte, l’église orthodoxe apparaît comme un ciment qui donne de la cohésion aux Egyptiens de confession chrétienne. Elle exerce une influence telle que certains observateurs cairotes l’assimilent à un Etat dans un Etat. «Face à une discrimination du pouvoir, l’église orthodoxe a pu regrouper autour d’elle un maximum de chrétiens dans l’espoir de sauvegarder une culture aussi vieille que l’Egypte. Souvent l’Eglise sous l’actuel patriarche Shenouda III ne respecte pas les lois de la République», a estimé Hilmy Sharawy. Paradoxalement, le patriarche Shenouda III, né 1923 à Assiout (Sud), à la tête de l’Eglise depuis 1972, affiche un soutien inconditionnel au régime Moubarak. Il est même favorable à la succession de son fils Gamal. Entre lui et le nouveau maître de la mosquée d’El Azhar, cheikh El Tayeb, il y a une entente parfaite. Réputé pour sa radicalité, le patriarche a interdit depuis longtemps à ses fidèles le pèlerinage à la ville sainte, Jérusalem, «parce qu’elle est sous occupation israélienne». Il est aussi un farouche opposant à la normalisation avec l’Etat d’Israël. Les musulmans parlent de ses positions avec fierté.


Le poids de l’église orthodoxe


Le rôle presque hégémonique de l’église orthodoxe se fait aux dépens de la participation des chrétiens à la vie politique nationale. «Rares sont les coptes qui investissent le terrain politique, même si nous avons des figures importantes qui sont soit au sein du régime ou dans l’opposition», a estimé le politologue Hassan Nafaâ.
Les dernières législatives ont donné raison au politologue. Seuls les candidats qui se sont présentés sous la bannière du Parti national démocratique (PND) du président Moubarak ont pu obtenir un siège au Parlement. Le ministre des Finances, Youssef Boutrous Ghali, fils de l’ancien secrétaire général de l’ONU, est l’un des rares candidats à avoir gagné aux législatives. Historiquement, les coptes militent au sein du Wafd, un parti laïc qui a pour mot d’ordre «la religion est pour Dieu et la patrie pour tous». Le drapeau du parti est un croissant avec une croix sur un fond vert. La candidate malheureuse, Mouna Mkeram Abid, qui s’est présentée sous la casquette du Wafd, avait dénoncé «le PND d’avoir éliminé tous les candidats coptes qui ne se sont pas présentés sous ses couleurs».

«Une manœuvre du pouvoir qui fait tout pour montrer un électorat musulman hostile aux candidats coptes», estime la candidate. Ensuite, le raïs intervient et nomme sept coptes parmi les dix au Parlement. La Constitution égyptienne donne au Président le pouvoir de nommer dix députés au Parlement. Après avoir orchestré la marginalisation des coptes dans tous les domaines de la vie, Moubarak apparaît, aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale, comme le protecteur de la minorité chrétienne ! Grosse manipulation qui ne trompe plus personne en Egypte. Aux abords du fleuve éternel comme dans tout le territoire égyptien, où chrétiens et musulmans se côtoient, il est vraiment difficile de parier sur une «guerre des religions», pour peu que la dictature du Caire n’invente des conflits pour des raisons de survie.

Hacen Ouali

http://www.elwatan.com/actualite/les-coptes-face-au-regime-moubarak-29-12-2010-104972_109.php

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Bilan 2010 : conjoncture favorable mais évolution structurelle problématique

Publié le par Mahi Ahmed

Bilan 2010 : conjoncture favorable mais évolution structurelle problématique

Par : Mustapha Mekideche

Lorsque je tentais le même exercice à mi-parcours de l’année 2010, j’avais intitulé ma chronique « consolidation macroéconomique mais impact microéconomique encore insuffisant ».Comment les choses ont évolué depuis ? J’essaierai de répondre à cette question en mettant d’abord en évidence les éléments de préoccupation et même d’incertitude et ensuite de repérer les quelques éléments de satisfaction car il y en a malgré tout.
Mais avant d’aborder la première partie de l‘analyse, examinons quelques aspects déterminants du contexte économique  international en 2010. Après le choc brutal résultant de la crise financière internationale, la reprise des activités  s’est opérée dans le reste du monde selon des tendances à géométrie variable et des perspectives encore incertaines. Les pays émergents, moins exposés de façon générale aux chocs externes ont repris, en 2009, le chemin de la croissance même si cette dernière est  plus modeste : 2,5% contre 6,1% en 2008 selon les chiffres du CEPII (L’économie mondiale en 2011, éditions La Découverte). Quant aux pays les plus développés (Etats-Unis, Union européenne, Japon), ils se sont retrouvés, après l’euphorie suscitée par les plans de relance, dans une nouvelle crise celle de leur dette publique. Ainsi la dette publique brute  en 2010 et en pourcentage du PIB est, selon la source citée plus haut, de 227% pour le Japon, 128% pour la Grèce, 119% pour l’Italie, 93% pour les Etats-Unis, 86% pour le Portugal, 84% pour la France, 78% pour le Royaume-Uni, 77% pour l’Allemagne et l’Irlande et 65% pour l’Espagne. Aux plans de relance succèdent de plus en plus des plans de rigueur avec leur impact négatif sur l’emploi (20% de chômage en Espagne) et la protection sociale (prolongation de l’âge de départ à la retraite en France et en Espagne).
Chez nous il y a également des éléments de préoccupation même si, pour le moment, ils n’ont pas la même gravité ni la même ampleur. Ils sont également de nature différente.
 De quoi s’agit-il alors ? D’abord de la perception, exprimée pour la première fois par les pouvoirs publics, des limites du financement public de l’économie pour soutenir de façon permanente la croissance. Cette prise de conscience a été rendue possible par l’ampleur du déficit formel du budget de l’Etat qui atteint  28%  dans l’exercice 2010 avant sa résorption par le Fonds de régulation des recettes (FRR), censé n’être mis à contribution que dans les cas d’une évolution erratique des ressources de la fiscalité pétrolière.
En effet on ne « peut pas continuer à investir 3000 à 4000 milliards DA » dans les programmes pluriannuels d’investissements publics pour reprendre les termes utilisés par le Premier ministre  Espérons tout simplement que la bonne tenue des cours pétroliers qui avoisinent les 90 $ en cette fin d’année ne nous fera pas oublier cette contrainte dure de l’économie nationale. Pour 2011 il faudra donc observer de près l’évolution des recettes de la fiscalité ordinaire et celles des dépenses de fonctionnement.
Il y a également l’augmentation de l’endettement à court terme du système bancaire qui pose problème. On est alors en droit de se demander si l’obligation de recourir exclusivement au crédit documentaire n’est pas une fausse « bonne solution ». Là aussi une évaluation est à faire entre les avantages et les inconvénients de cette mesure à l’effet de la corriger de façon pragmatique comme cela a été fait pour la mesure portant interdiction d’exporter les pâtes et couscous.
Les progrès enregistrés dans l’organisation et la régulation des différents marchés ont été insuffisants cette année encore, comme en témoignent les tensions enregistrés sur un certain nombre de produits qui vont des médicaments au ciment en passant par les fruits et légumes. Ces progrès sont d’autant plus insuffisants qu’ils n’arrivent pas à contenir la progression des marchés informels qui captent, hors circuit bancaire, une part de plus en plus importante de la monnaie en circulation. Des incertitudes persistent enfin au plan sectoriel. L’industrie tarde à redémarrer, y compris dans ses segments porteurs potentiellement de croissance tels que les matériaux de construction, la pétrochimie, la mécanique par exemple. Le secteur des hydrocarbures n’a pas encore ajusté sa stratégie en matière d’aval pétrochimique et en matière d’énergies renouvelables.
Ce secteur devrait également intensifier la recherche et l’exploration dans l’amont hydrocarbures compte tenu des retards importants pris en la matière ces dernières années, retards atténués sans doute par la présence d’une bulle gazière en Europe. Seul bémol le secteur agricole qui confirme, dans les céréales tout au moins, ses performances avec 45 millions de quintaux pour 2010 selon le ministère concerné et 48 millions de quintaux selon l’Institut des techniques des grandes cultures (ITGC).
I y a néanmoins en 2010 quelques éléments de satisfaction même s’ils sont moins nombreux. Ainsi l’inflation a été contenue et n’a pas progressé d’un point  comme cela avait été la tendance affichée annuellement les cinq années précédentes. La politique monétaire de la Banque d’Algérie, en neutralisant les excédents de liquidités,  y a contribué pour une part significative. Le taux de chômage est descendu à 10% selon l’ONS, même si ce chiffre est probablement plus élevé chez les primo demandeurs y compris les diplômés. Enfin  le niveau des importations a été relativement stabilisé.
Je souhaite conclure par une information qui n’est pas sans rapport avec ce que devrait être notre propre approche industrielle et énergétique.
Ainsi Nathalie Kosciusco-Morizet, ministre française en charge des énergies renouvelables, justifie la nécessité de revoir le système de soutien à l’énergie photovoltaïque au motif que « l’on subventionne l’industrie chinoise à coup de CSPE ». Il est vrai en effet que les gros producteurs français d’électricité solaire achètent des panneaux chinois  qui sont moins chers. Je constate simplement  que le protectionnisme est partout y compris chez les plus libéraux. Le tout est de le savoir. 

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=148201

Publié dans Economie et société

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H.Aït Amara : Aurons-nous toujours de quoi manger ?

Publié le par Mahi Ahmed

H.Aït Amara : Aurons-nous toujours de quoi manger ?

Hamid Aït Amara nous a quitté le 11 novembre 2009. Ce grand humaniste et progressiste, un de nos rares spécialistes de la question agraire, explique dans cette interview au journal El-Watan le 10 mai 2008, comment l’Algérie risque fort de ne plus pouvoir subvenir aux besoins alimentaires de sa population dans un avenir prévisible. Il en désigne les causes : les conditions naturelles défavorables à l’agriculture d’une part, et d’autre part les politiques agricoles marquée du sceau de l’ultra libéralisme. L’issue dans ce domaine comme en d’autres passe par l’affirmation d’une ambition nationale portée par un projet de développement indépendant.

 

 

La question peut sembler farfelue ou angoissante. Elle n'en est pas moins sérieuse. Dans cet interview à El-Watan, Hamid Aït Amara, enseignant d’économie agricole à l’université d’Alger est catégorique :      « Nous avons un avenir alimentaire des plus sombres » . Nous ne produisons pas assez et nous n'aurons pas toujours l'argent pour importer.

Il dissèque les raisons ayant généré la crise alimentaire en Algérie qui se résument en une idée : le suivi servile des politiques libérales de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale, mais aussi au potentiel agricole de l’Algérie qui est très faible. Il y a peu de terres, à peu près 8 millions d’hectares pour reprendre les chiffres officiels pour 34 millions d’habitants, soit 0,24 hectare par habitant. Il en faut 0,60 au minimum pour pouvoir nourrir la population. Donc, on n’a pas assez de terres.

 

Il faut revenir à une politique nationale de développement agricole et produire ce qu’on peut produire. Une politique agricole qu’il faut construire avec des paysans en les motivant à la sécurité alimentaire du pays et en leur donnant les moyens.

 

Quelles sont, selon vous, les causes de la flambée des prix des produits alimentaires sur les cours mondiaux ?

 

Il faut aller aux racines de la crise. On peut dire que la population mondiale augmente, que la demande augmente et bien d’autres raisons invoquées ici et là, mais les racines de la crise alimentaire, qui va d’ailleurs s’approfondir, viennent des politiques initiées par l’OMC. Et en quoi consistent ces politiques ? Il faut découpler les aides agricoles des prix ; aligner les prix intérieurs sur les prix extérieurs ; ouvrir les marchés. Il faut déprotéger les agriculteurs de manière à créer une anarchie globalisée de façon à ce que les plus compétitifs produisent à des coûts plus bas et nourrir la planète. Cela voudrait dire que ceux dont les productivités sont les plus faibles doivent se retirer du marché. Cette politique de l’OMC a produit des effets, d’abord sur les pays excédentaires, comme la Communauté économique européenne qui n’est pas d’accord fondamentalement avec ce que préconise l’OMC. Mais néanmoins, ces pays ont baissé les prix intérieurs, découplé l’aide de la production, installé des quotas de production, comme pour le lait par exemple. Quand le lait a augmenté, il manquait 500 000 vaches en France, et ce, à cause des quotas laitiers. Ils ont mis en place tout un système, comme les mises en jachère. On vous paie et vous ne cultivez pas ! Ce qui représente 3 millions d’hectares et c’est loin d’être négligeable. Sachant que le rendement à l’hectare est de 100 quintaux, cela fait des quantités importantes de céréales qui sont retirées du marché. Cette politique de l’OMC, mise en place depuis 1995, a progressivement désorganisé, « dérégulé » et déstructuré les politiques nationales, et représente la cause fondamentale de la crise actuelle. Certes, il y a d’autres paramètres qui interviennent. On sait comme je vous l’ai déjà dit plus haut que la population mondiale augmente, que la demande augmente, qu’il y a de plus en plus de personnes qui mangent plus de viande et qu’une partie des céréales sert à produire cette viande, mais l’essentiel, ce sont les causes structurelles et non conjoncturelles, à savoir l’échec agricole de l’OMC.

 

Est-ce que le recours aux biocarburants a fait flamber les prix des céréales ?

 

Non. Certes, il y a une partie des céréales comme le maïs qui est utilisée pour le bioéthanol, ce qui fait augmenter les prix du maïs. Mais, ce ne sont pas les biocarburants et les agrocarburants qui sont les causes fondamentales. Ceux qui avancent ces explications veulent cacher l’échec des politiques de l’OMC. Ils veulent dissimuler la théorie du libre-échange et néolibérale pour que rien ne change.

 

Mais cette hausse des prix a coïncidé avec la hausse des prix du baril du pétrole…

 

Il y a des causes structurelles pour la hausse des prix du pétrole. D’abord, il y a l’épuisement prévisible et progressif des ressources. L’Algérie, à titre d’exemple, produit moins de pétrole depuis deux ans. Le pic mondial en matière de production de pétrole est prévu pour 2010, voire 2008. Donc, il y a épuisement des ressources d’hydrocarbures et de ce fait, on a structurellement une montée des prix. Tout le monde sait qu’on va arriver à un prix de pétrole à 350 dollars. C’est la même chose pour la montée des produits alimentaires, elle est due aux politiques restrictives de l’OMC. Les causes conjoncturelles, comme la spéculation, sont négligeables

 

Quelles sont les retombées pour l’Algérie et que préconisez-vous comme remède ?

 

L’Algérie a suivi la politique de l’OMC depuis 1995, en gelant d’abord les prix des céréales. Depuis cette année, les prix des blés dur et tendre et de l’orge achetés aux producteurs n’ont pas bougé. Une petite augmentation de 5% en 2006 et une autre de 2,5% en 2007. Le prix réel est en déflation et une baisse du pouvoir d’achat de céréales de plus de 60% et dans le même temps, on a augmenté le prix des tracteurs, de l’outillage agricole, les prix des engrais. Ce qui fait que la marge brute, c’est-à-dire la valeur du produit diminué des inputs qui ont servi à produire, a fondu. Et la rentabilité de la céréaliculture a été divisée par deux. Voilà la politique algérienne que personne ne souligne. Mais le ministre de l’Agriculture nous dit que malgré tout ça, il y a une augmentation de la production. En tous les cas, les importations prouvent le contraire. Elles ne font qu’augmenter. Aujourd’hui, si on prend en compte les statistiques du ministère de l’Agriculture, on ne produit que 30%, soit 70% sont des importations.

 

Mais que préconisez-vous concrètement pour la relance du secteur agricole algérien ?

 

Les causes de l’échec sont le suivi servile des politiques édictées par le FMI, la Banque mondiale et l’OMC. Mais sachez que le potentiel agricole de l’Algérie est très faible. Il y a peu de terres, à peu près 8 millions d’hectares pour reprendre les chiffres officiels pour 34 millions d’habitants, soit 0,24 hectare par habitant. Il en faut 0,60 au minimum pour pouvoir nourrir la population. Donc, on n’a pas assez de terres. Deuxièmement, on est dans une zone semi-aride, il n’y a pas assez d’eau. Troisièmement, nous sommes dans une dynamique d’érosion terrible. La capacité de production des terres se dégrade. Donc, l’Algérie n’est pas un pays agricole. Elle n’a pas les ressources pour nourrir sa population. On le sait depuis 1930. Lorsque les Français ont découvert les capacités agricoles du pays et la croissance démographique qui arrivait, ils étaient effrayés. En 1943 et 1944 durant la Guerre, l’approvisionnement de l’Algérie était interrompu et on avait rationné le pain à 150 grammes par jour et par homme. Déjà, il n’y avait pas assez pour les 8 millions d’habitants. Nous n’avons pas les capacités pour produire et nous n’avons pas fait la révolution agricole du 20e siècle. On cultive encore comme cultivaient à l’époque les Romains, c’est-à-dire dans le système blé-jachère. Une année je sème, une année je laisse la terre au repos. Il y a 3 millions d’hectares non cultivés sur les 8 millions et sur le reste, on a 10 quintaux à l’hectare. Ce sont les rendements les plus bas. Donc, nous n’avons jamais pris la mesure de la faiblesse du potentiel agricole naturel du pays. Cela dit, il faut revenir à une politique nationale de développement agricole et produire ce qu’on peut produire. Une politique agricole qu’il faut construire avec des paysans en les motivant à la sécurité alimentaire du pays et en leur donnant les moyens.

 

Selon votre analyse, l’Algérie est donc condamnée à importer ses produits alimentaires ?

 

Le problème de l’importation, c’est la dépendance alimentaire. Les pays excédentaires ont accepté de fournir le marché mondial à des prix inférieurs de 30% aux coûts de production, et ils ont payé de leur poche. Chaque jour, ce sont des centaines de milliards d’euros qui sont dépensés pour alimenter le marché mondial à des coûts très bas. A un moment donné, ils ont décidé de vendre au prix de revient à la production. C’est tout à fait légitime. Ces pays ont donc besoin de l’OMC pour dire aux pays ayant de faibles productivités d’arrêter de produire. Et ils ont trouvé des relais dans des pays comme le nôtre pour nous dire qu’il faut adhérer à l’OMC. Et tout ce discours creux, néolibéral, a détruit tout le système productif algérien et nous a rendus dépendants à 100% des hydrocarbures. Maintenant, est-ce que nous aurons toujours de l’argent pour acheter ? Je dis non. Notre pétrole et notre gaz ont une fin. On sait que dans 30 ou 40 ans on aura épuisé nos réserves. Et d’ici là, il y aura d’autres phénomènes extrêmement importants qui viendront perturber le marché, le changement climatique en particulier. L’Algérie va prendre 4 degrés de chaleur en plus et va carrément tourner vers la zone aride. Et on va cultiver quoi ? Donc, nous avons un futur alimentaire des plus sombres. Il ne s’agit pas de dramatiser, mais logiquement, tous les paramètres développés plus haut font que nous allons tout droit vers la catastrophe.

 

Vous préconisez le retour à des politiques nationales. Que faut-il pour développer le secteur agricole algérien, et quelle évaluation faites-vous du PNDRA ?

 

Les premiers qui sont retournés à des politiques nationales sont les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, qui fournit des viandes bon marché, le Brésil, qui a d’immenses territoires à cultiver, l’Argentine et l’Australie. Ce sont eux les premiers mécontents qui ont fait l’OMC agricole. Tout le monde revient au protectionnisme. L’Algérie doit cesser de se faire dicter sa politique de l’extérieur. Les Tunisiens viennent d’augmenter leurs prix des céréales d’un coup à 450 dollars la tonne pour le blé dur et 400 dollars pour le blé tendre. Et nous, on attend la récolte. Pourquoi attendre la récolte pour annoncer l’augmentation des prix. Quand on augmente les prix aux producteurs, on les encourage à produire davantage. Si on baisse les prix comme on l’a fait, de 1995 à 2007 où les agriculteurs avaient perdu 70% de leur pouvoir d’achat, ils ne sont pas incités à produire les céréales. On nous dit que l’Etat a beaucoup investi ces dernières années dans l’agriculture. Le PNDRA représente 3% du PIB agricole (PIBA). Pour la Tunisie et le Maroc, c’est 6%. Donc, on est loin d’avoir fait un effort exceptionnel en matière d’investissement dans le secteur. Au lieu de perdre notre argent, comme on vient de perdre 30% suite à la dévaluation du dollar, mettons-le un peu plus dans l’agriculture. Motivons les paysans, développons les techniques agricoles, encadrons l’agriculture, faisons de la recherche. Certes, nous n’aurons pas l’autosuffisance alimentaire, mais nous ne serions pas dans une dépendance aussi grave, aussi mortelle que celle d’aujourd’hui. L’Algérie a la chance de ne rien exporter pour le moment, pourquoi alors avoir besoin de l’OMC, qui est un instrument de domination des plus forts pour soumettre les économies des plus faibles. Les forces néolibérales chez nous essaient de nous faire entrer dans un système pour valider la politique intérieure de privatisation, d’appel au capital étranger au moment où nos caisses regorgent de capitaux.

http://algerienquestions.over-blog.net/article-h-ait-amara-algerie-aurons-nous-toujours-de-quoi-manger-63766435.html

Publié dans Economie et société

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Voeux

Publié le par Mahi Ahmed

 

 

2011

Sétif (Algérie) sous la neige

neige_est.jpg

 

Pour un monde, une Algérie, de paix, de  progrès, de  démocratie et de  justice sociale

 

 


سنة جديدة سعيدة، أطيب التمنيات

Bonne année

Happy New year

Alles Gute zum neuen jahr

Mahi Ahmed

 

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L’ONU en Côte d’Ivoire, combien de divisions ?

Publié le par Mahi Ahmed

L’ONU en Côte d’Ivoire, combien de divisions ?

jeudi 23 décembre 2010, par Philippe Leymarie

Durcissement en Côte d’Ivoire : la France et l’Allemagne, après la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, recommandent à leurs ressortissants de quitter le pays. En dépit de mesures unanimes de boycott, y compris en Afrique même, M. Laurent Gbagbo – dont les forces contrôlent Abidjan et asphyxient le réduit où est retranché M. Alassane Ouattara, le président élu – s’accroche à la présidence, avec le soutien, ou au moins l’indifférence, d’une fraction importante de la population, notamment dans la capitale économique, et le sud « utile » du pays (cacao, pétrole, ports). La « communauté internationale » paraît impuissante à faire respecter le verdict d’un scrutin qu’elle a elle-même financé et contrôlé, après de multiples tentatives de normalisation politique.

 « L’intention de M. Gbagbo, et les forces de sécurité qui lui sont fidèles, est clairement d’étrangler la mission des Nations Unies et d’étouffer le gouvernement du président élu, Alassane Ouattara. Nous ne pouvons pas permettre cela », avait répété, le 21 décembre dernier, le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki Moon, évoquant un « défi direct et inacceptable à la légitimité de l’Organisation des Nations Unies », et dénonçant des « enlèvements, meurtres et propagation de discours de haine à la radio et télévision d’Etat », ainsi que la présence de « mercenaires dans le pays, notamment d’anciens combattants du Libéria, recrutés pour cibler certains groupes de la Côte d’Ivoire de la population ».

Dans la foulée, le mandat de la force de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, qui devait prendre fin le 31 décembre 2010, a été prolongé de six mois par le Conseil de sécurité, le 20 décembre dernier. Il n’est donc pas question pour l’ONU d’évacuer le pays, comme l’avait exigé le président Gbagbo. L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), lancée en 2004 en vertu de la résolution 1528 du Conseil de sécurité, comprend dix mille casques bleus, policiers et civils. Son siège, à Abidjan, a essuyé la semaine dernière des tirs de la part d’hommes armés, vêtus de tenues militaires. Les mouvements des casques bleus sont entravés par les soldats du Centre de commandement des opérations de sécurité (les CRS locaux), de la garde républicaine et des fusillers-marins – les forces d’élite fidèles à Laurent Gbagbo. Les règles d’engagement actuelles permettent aux soldats de l’ONU de tirer uniquement pour riposter.

En dépit de ces pressions, le chef de l’Onuci, le Coréen Yj Choi, a réaffirmé le 20 décembre que « l’Onuci a été et restera impartiale sur tous les plans, y compris militaire », ajoutant qu’il « faut une bonne dose de mauvaise foi pour qualifier notre dévouement et notre impartialité militaire comme prise de parti en faveur d’un des belligérants et comme contribution à la violence ». Yj Choi a notamment dénoncé l’envoi « de jeunes gens armés aux domiciles des personnels des Nations unies pour frapper à leur porte et demander la date de leur départ, ou entrer pour y effectuer des fouilles sous prétexte de chercher des armes. »

Faible capacité

Des centaines de casques bleus ont pris position autour du QG de M. Ouattara, installé à l’hôtel du Golf, pour parer au pire, ce qui leur vaut des menaces virulentes, relayées par la Radio-Télévision ivoirienne (RTI). « La mission de l’Onuci s’avère compliquée et dangereuse », a expliqué de son côté Alain Leroy, le secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix :

- En raison de la faiblesse de leurs effectifs, les casques bleus – qui sont d’ailleurs répartis sur tout le pays – peuvent difficilement contrôler une métropole aussi vaste qu’Abidjan, avec plusieurs millions d’habitants.

- En outre, la composante militaire de l’Onuci – 8 000 hommes – est disparate, avec des troupes en provenance d’une cinquantaine d’Etats, majoritairement le Bangladesh, dont les effectifs sont de 3 000 hommes [1], la Jordanie (850 hommes), le Pakistan (750 hommes), et plusieurs contingents africains (Maroc, Togo, Niger, Bénin, Ghana).

- Enfin, les soldats de l’ONU – qui ne sont déployés, en principe, qu’avec l’accord du pays d’accueil, et dans une optique pacifique – ne sont ni autorisés, ni entraînés, ni équipés pour des missions de type offensif. Cette culture ne les porte pas à prendre des risques, pas plus que des initiatives, même s’ils ne méritent pas toujours la faible considération que leur accordent les « vrais » militaires, prompts à moquer leur « faible capacité opérationnelle ».

Licorne en force

Faute de pouvoir espérer un retrait volontaire, certains proches du président sortant ont imaginé des tactiques de harcèlement. Ainsi, selon le journal Le Temps, au sortir d’une réunion avec la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d’Ivoire (Fesci), le patron de la jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI), Konaté Navigué, a décidé d’« un train de mesures pour convaincre les agents et soldats de l’Onuci et les soldats français de la force Licorne de s’en aller : il s’agit de ne plus laisser leurs personnels se ravitailler dans les magasins, les stations-services, ou se soigner dans nos hôpitaux. S’ils se sentent à l’étroit, ils partiront. »

Autre composante de ce qu’on appelle, en Côte d’Ivoire, les « forces impartiales » : la force française Licorne. Elle compte actuellement 900 hommes [2], regroupés au sein du « BATLIC », qui occupe les anciens quartiers du 43ème BIMA, à Port-Bouët, sur la lagune d’Abidjan – unité dissoute en 2009, à la demande du président Laurent Gbagbo, qui souhaitait la fermeture de cette base française historique, suite aux affrontements de Bouaké et Abidjan en 2004, et à sa mésentente avec le président Chirac.

« Depuis le vote de la résolution 1721 (1er novembre 2006), et conformément à l’accord politique de Ouagadougou (signé le 4 mars 2007), souligne le ministère français de la défense, la principale mission de la force Licorne est de soutenir l’Onuci : la force française constitue une force susceptible d’agir au profit de la force onusienne, celle-ci intervenant en soutien de l’action des forces armées ivoiriennes. Par ailleurs Licorne peut, si besoin est, assurer la sécurité des ressortissants français et étrangers ».

Non intervention française ?

Les effectifs de Licorne, une force provisoire qui agit sous mandat des Nations unies, sont considérés comme une « réserve », ou une force de réaction rapide au profit de l’Onuci. Ils ont eu à former des instructeurs des forces ivoiriennes spécialisés dans le contrôle des foules, à l’approche de l’élection présidentielle du 30 octobre.

Ces soldats, relevés tous les quatre mois, ont l’autorisation de riposter en cas d’agression, mais n’interviendront pas, assure le gouvernement français : « Ce n’est pas aux soldats français de s’interposer et ils ne le feront pas », a ainsi affirmé, à plusieurs reprises, Michèle Alliot-Marie, la ministre française des affaires étrangères. Mais cette posture ne sera pas facile à tenir si une guerre civile ouverte se déclenche, et si les étrangers, notamment français, sont menacés.

Indice de cette montée des périls : à l’issue d’une réunion du conseil de défense, à l’Elysée, le 22 décembre, le gouvernement français – qui jusqu’ici avait assuré que ses ressortissants n’étaient ni concernés, ni menacés par le conflit actuel – a recommandé à ses ressortissants (estimés entre 14 000 et 15 000, dont la moitié auraient la double nationalité) de « quitter provisoirement la Côte d’Ivoire, dans l’attente d’une normalisation de la situation », s’ils en ont la possibilité, et ceci « par mesure de précaution, bien que les ressortissants étrangers ne soient pas menacés jusqu’à présent », a indiqué le porte-parole du gouvernement, M. François Baroin.

Une mise en garde similaire a été adressée, au même moment, par le gouvernement allemand à ses ressortissants installés en Côte d’Ivoire, ou désirant s’y rendre : « Une détérioration de la sécurité, ainsi que de nouveaux affrontements et des explosions de violences sont prévisibles après que les deux candidats (...) se sont déclarés vainqueur et se présentent comme le président », a justifié le ministère des affaires étrangères allemand.

La force Licorne est également entraînée et outillée pour la protection des ressortissants français et européens. Elle dispose de véhicules blindés et d’un détachement d’hélicoptères (5 Puma, 3 Gazelle). Elle pourra compter sur des renforts mis en alerte sur les bases de Libreville, N’djamena et Dakar, ainsi que sur les éléments du Commandement des opérations spéciales (COS), stationnés depuis quelques semaines au Burkina Faso. Ils ont été acheminés dans cette région en vue d’une éventuelle intervention pour récupérer les otages français détenus au nord du Mali par Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Les commandos du COS sont – entre autres – des spécialistes de l’exfiltration, de l’évacuation de ressortissants, etc., et ont été déployés dans ce but en Côte d’Ivoire en 2004, au Tchad en 2007 et 2008, etc.

Moyens navals

Des moyens maritimes pourraient également être mobilisés : le transport de chalands de débarquement (TCD) Sirocco, qui croisait dans le golfe de Guinée, au titre de la mission permanente Corympe, vient d’être relevé par le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Tonnerre, plus imposant. En cas de crise, ces bâtiments de la marine sont mis à la disposition des forces terrestres. Ce porte-hélicoptères d’assaut, précise le ministère de la défense, « peut embarquer jusqu’à 16 hélicoptères NH90 ou Tigre. Grâce à ces capacités amphibies, il peut participer à l’exécution d’une opération aéromobile à partir de la mer, en vue, par exemple, d’une évacuation de ressortissants, ou effectuer le transport et le débarquement d’un escadron de chars Leclerc. C’est aussi un véritable hôpital de plus de 50 lits ». Ce bâtiment, le plus lourd de la marine française après le porte-avions, peut accueillir jusqu’à un millier de passagers, ainsi que des états-majors multinationaux (jusqu’à 170 postes de travail).

En outre, à la demande du gouvernement français, le navire de ravitaillement néerlandais Hr. Ms Amsterdam, un des deux navires les plus modernes de la flotte des Pays-Bas, sur le chemin du retour après une mission anti-piraterie au sein des forces de l’OTAN (Ocean Shield) comme européenne (EUNAVFOR Atalanta), a reçu l’ordre de se dérouter vers la Côte d’Ivoire, signale le site Bruxelles2, pour qui la France est chargée de coordonner toute action pour la sécurité des citoyens des États membres de l’Union européenne (UE) dans la région. L’Amsterdam apportera ainsi un soutien maritime aux moyens français déjà déployés sur place, notamment pour approvisionner les navires, et « si nécessaire en fera un appui aux opérations de sécurité », précise-t-on à la Haye.

La solution régionale

Le Nigeria, également, souhaite rapatrier ses diplomates, après un acte hostile ayant visé son ambassade : une attaque sans doute liée à la présidence de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), que le Nigéria assume actuellement. Comme l’ONU, l’Union africaine (UA), l’UE, etc., la CEDEAO a demandé à Laurent Gbagbo de respecter le verdict des urnes. Le président nigérian, M. Goodluck Jonathan, à la tête de l’organisation régionale, a été particulièrement ferme.

Le Nigeria, étroitement soutenu par les Etats-Unis, pourrait – en tant que leader des pays d’Afrique de l’Ouest – avoir un rôle moteur pour l’envoi en Côte d’Ivoire d’une force de paix régionale, qui viendrait en soutien aux casques bleus de l’ONU. Cette solution, discutée au moins en coulisse, dans le cadre du sommet régional convoqué le 24 décembre à Abuja, la capitale nigériane, a l’avantage de contourner le sentiment anti-ONU et anti-Français entretenu par M. Gbagbo et ses fidèles. La force régionale ECOMOG, forte de 2 000 hommes, et encadrée principalement par des officiers nigérians, était intervenue, dans les années 1990, au Liberia et en Sierra Leone, pour mettre fin aux guerres civiles.

Accents patriotes

Tout indique que le temps presse, au vu des éléments suivants :

- Les actions de commandos nocturnes, qui répandent la terreur dans certains quartiers de la capitale, les menaces du ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo, M. Blé Goudé, qui retrouve les accents des Jeunes patriotes de 2004, ou encore les défis des commandants des Forces nouvelles de Bouaké, « capitale » du nord, qui brûlent de « descendre sur Abidjan ».

- Les déclarations du premier ministre, M. Guillaume Soro, selon lequel « il n’y a qu’une solution qui reste, celle de la force », puisque « toute la pression internationale et les sanctions n’ont pas produit d’effet sur M. Gbagbo ».

- Les préparatifs de la Commission européenne, qui a débloqué un crédit d’urgence pour l’accueil éventuel d’une centaine de milliers de réfugiés par les pays voisins de la Côte d’Ivoire.

- La multiplication des sanctions, avec notamment le gel des relations diplomatiques ou consulaires, et celui des paiements, de la part des Nations unies, de l’UE, de la Banque mondiale, etc.

Dans son édition de janvier 2011 (en kiosques le 29 décembre), Le Monde diplomatique reviendra sur la crise en Côte d’Ivoire et son historique, avec un article de Vladimir Cagnolari .

Notes

[1] Le Bangladesh, traditionnel fournisseur de casques bleus, a participé à trente et une missions de maintien de la paix de l’ONU depuis 1988.

[2] Les effectifs militaires français ont beaucoup diminué ces dernières années : en 2004, ils étaient encore de 4 000 hommes, répartis sur tout le pays.

http://blog.mondediplo.net/2010-12-23-L-ONU-en-Cote-d-Ivoire-combien-de-divisions

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Le « Bushisme » et la « scharonite

Publié le par Mahi Ahmed

17.04.02

 

Le « Bushisme » et la « scharonite » 

Par Mahi  Ahmed

 

Sharon persiste dans une guerre d’une envergure d’enfer appelée «Rempart  de protection » contre le peuple palestinien. Ses chars et toute son armada occupent les terres morcelées par les implantations coloniales et le ciel ensanglanté de la petite et frêle Palestine qui ne demande qu’à émerger de la nuit coloniale et trouver sa place historique dans le concert des nations et des Etats libres. Le prétexte qu’il avance, c’est l’action des kamikazes palestiniens, c’est le terrorisme « musulman » frappant inconsidérément des civils israéliens innocents. Il est, en cela, franchement et activement soutenu par W. Bush et son administration. Celle-ci ignore superbement la cause palestinienne, ses causes profondes et immédiates de même que la terrible situation imposée depuis des décennies au peuple palestinien. Elle assujettit toute position ou toute démarche à ses ambitions planétaires. Tous les symboles de l’autorité palestinienne sont sauvagement détruits, les localités palestiniennes occupées par une soldatesque déchaînée et chauffée à l’extrême . Le processus d’Oslo, inscrit dans l’esprit et la lettre de la conférence de Madrid initiée par la communauté internationale, est étouffé et enterré dans la mémoire inconsciente et brisée de dirigeants israéliens qui n’ont rien appris de l’histoire et surtout de celle endurée par la communauté juive mondiale avec l’holocauste, la shoa, histoire qui a favorisé l’émergence de l’Etat d’Israël. Faut-il qu’ils l’oublient et se laissent entraîner par un intégrisme religieux dont les internationales qui sévissent aujourd’hui, puisent leurs inspirations et leurs modèles historiques modernes ? Sharon agit à sa guise avec les moyens militaires et politiques qu’il fixe, refusant d’exécuter les résolutions du conseil de sécurité de l’ONU et se moquant des injonctions de Bush lui demandant avec une fermeté feinte et ambiguë  de retirer ses troupes des territoires palestiniens. Il humilie les représentants de la communauté européenne, lui refusant de rencontrer le Président Arafat. Il ignore avec arrogance la dernière déclaration des quatre (ONU, USA, Union Européenne et Russie) de Madrid. Il pousse l’outrecuidance jusqu’à vouloir donner l’impression d’orienter les opérations de la mission de Colin Powell dans la région, ce dernier ne levant son doigt que pour exprimer sa solidarité avec Israël ou formuler des exigences en direction d’Arafat et des palestiniens soumis à une occupation barbare avec ses lots de massacres et de destructions rappelant Sabra et Chatila ou encore Sébreniça. Cette occupation et ces massacres physiques, moraux et matériels  qui constituent le cœur du problème ne semble pas remuer la conscience de ceux des pays dits développés qui étaient prompts à mobiliser leurs forces armées et  leurs opinions publiques, au nom de la liberté et de la justice, voire des droits de l’homme, lors des différentes situations historiques dans les Balkans au cours de la dernière décennie.

 Tout se passe comme si , depuis les terribles évènements du 11 septembre 2001, une géostratégie nouvelle basée sur l’idéologie d’un néolibéralisme unilatéral de caractère impérial prenait forme visant une domination intégrale sous la houlette de l’unique superpuissance.

La lutte contre le terrorisme, sans que ce concept soit clairement défini et explicité en rapport avec l’évolution et l’histoire des sociétés, est érigée en idéologie primaire et surtout en stratégies politiques et militaires de domination.

 Le monde assiste , comme impuissant , à une colossale déferlante militaire et militariste , orchestrée par les faucons du pentagone et leurs idéologues, quadrillant et tenant sous la menace d’une puissance de feu sophistiquée, jamais mobilisée avec autant d’intensité, des pays et toutes les régions du globe et menaçant sérieusement la paix mondiale .

La guerre d’Afghanistan, si elle a débouché sur la défaite des Talibans et une certaine  dislocation des réseaux d’El kaida , si elle semble avoir crée des conditions favorables à l’installation d’un nouveau pouvoir  et d’un Etat national multiethnique afghans fondés sur la pratique démocratique, n’est pas terminée et n’a pas encore livré les secrets de tous les prolongements géostratégiques qui ont fondamentalement déterminé le contenu et les formes de son déclenchement et de ses multiples développements.

Les faits marquants de ces derniers mois, depuis le 11 septembre 2001, laissent observer la formation d’une nouvelle doctrine américaine de domination planétaire qu’on peut appeler le Bushisme. La Sharonite en est une manifestation contagieuse, une sorte de maladie incurable, un état psychotique aggravée et de démence avancée .Elle est activée et nourrie par le fondamentalisme religieux sioniste. Elle  poursuit des visées politiques propres, populistes et sectaires voire racistes.  Bush et  Sharon se complètent et articulent harmonieusement leurs démarches en fonction de leurs intérêts fondamentaux communs et de leurs intérêts particuliers et conjoncturels. Le Bushisme et la sharonite sont indissociables. Ils représentent, par l’indigence de la pensée qui les porte , par l’élan militariste qui les pousse , par leur duplicité, un danger réel pour la stabilité et la paix mondiales, si on n’en prend pas conscience et si les nécessaires résistances et solidarités internationales ne s’expriment pas avec la vigueur et l’ampleur qui s’imposent. Ce que Sharon se permet aujourd’hui en Palestine et dans cette région du monde si explosive, défiant avec arrogance la communauté internationale y compris certains représentants de son allié le plus sûr comme ces jours-ci Colin Powell, n’aurait pas été possible s’il n’avait pas de convergences idéologiques, stratégiques et opérationnelles fortes avec la ligne actuelle de W. Bush, s’il n’était pas surtout soutenu et porté par l’alliance active des idéologues et stratèges du néo-reaganisme partisans de la ligne offensive  de « l’Amérique aux commandes du monde » comme Dick Cheney le vice-Président, Rumsfeld le secrétaire d’Etat à la défense, Paul Wolfowitz son puissant adjoint et leurs think-tanks. Sharon ne serait rien qu’un bulldozer de la guerre s’il ne représentait pas, sur le terrain, l’incontournable lobby sioniste  international mais aussi américain dont la maîtrise de la finance internationale et des secteurs décisifs comme celui de l’information relève d’une écrasante réalité. La fonction d’Israël de tête de pont des intérêts US dans la région n’a pas changé d’essence dans la politique américaine, indépendamment du parti au pouvoir à Washington. Elle a seulement connu des adaptations de forme liées aux évolutions du contexte international et régional. Une telle fonction est élevée par la classe politique américaine dirigeante au rang de facteur de politique intérieure. La gigantesque manifestation officielle de Washington devant le capitole du 15 avril 2002 de soutien à Israël et à « sa juste lutte contre le terrorisme palestinien et international » et animée par l’envoyé de Sharon, le tristement célèbre Netanyahou, en est une probante démonstration. Cette manifestation a été bénie  et  soutenue par Bush et les institutions US. Elle représente une application vivante du Bushisme qui encourage, arme et finance les élans agressifs et colonisateurs de ceux qu’ils considèrent comme des maillons actifs de ses stratégies régionales et internationales et qui humilie et fait monter les pressions sur ceux qui, comme les palestiniens, osent continuer à lutter pour leur libération nationale et refusent les plans de soumission qu’on veut leur imposer au nom de la sécurité internationale et de la sécurité et de l’intégrité teritoriale d’ Israël.

Le Bushisme ,comme expression idéologique et stratégie opérationnelle du stade néo-libéral du capitalisme globalisé, entend gérer les processus de l’unification planétaire en imposant des mécanismes nouveaux de domination, des formes nouvelles de colonisation, de tutelles et en combattant énergiquement toute velléité s’apparentant aux mouvements historiques de libération nationale. La région des Balkans, l’Asie centrale et certaines parties de l’Amérique latine en sont des théâtres d’expérimentation et d’exécution.

Colin Powell vient de terminer sa mission au Moyen Orient ; sans résultats probants faisant avancer la paix dans cette région. Il n’a surtout pas réussi à montrer à l’opinion publique arabe, israélienne et internationale attachée à la paix que les USA étaient, cette fois-ci décidés à user de tout leur poids pour imposer à Israël non seulement le retrait immédiat de ses troupes des territoires palestiniens occupés mais surtout la cessation de sa colonisation de la palestine. Sa démarche ne pouvait aboutir parce qu’elle était avant tout orientée vers l’exercice de fortes pressions sur le Président Arafat pour qu’il se distancie du terrorisme, le condamne et traduise pour son peuple une telle position comme étant la fin de la résistance à l’occupant et de la lutte pour la libération nationale. Sa démarche ne s’est pas fixé comme objectif premier d’imposer à Sharon d’appliquer les dernières résolutions du conseil de sécurité et la déclaration des quatre de Madrid lui demandant d’arrêter son agression , de retirer ses troupes et de s’engager dans des négociations politiques avec l’autorité palestinienne avec le concours de la communauté internationale. Sa démarche n’a pas été marquée de gestes forts capables de mobiliser la confiance et l’espoir par exemple au sujet du siège intolérable de l’église de la nativité ou une compassion avec les populations palestiniennes de Jennine ou encore la condamnation de la mise à résidence musclée d ‘Arafat. La démarche de Colin était dés le départ piégée. Elle relevait étroitement de la nouvelle ligne stratégique américaine basée sur la lutte contre le terrorisme, en un mot sur le Bushisme. Le terrorisme est une réaction brutale dont la forme est tout à fait condamnable. Les solutions pour endiguer le terrorisme doivent être, elles, mises en rapport juste avec ses racines objectives et subjectives.

La solidarité active des peuples arabes et du monde entier avec le peuple palestinien et ses droit nationaux tels que reconnus par l’ONU, l’engagement renforcé pour la paix et la sécurité dans cette région du monde et une condamnation énergique de la ligne colonisatrice, raciste et belliqueuse de Sharon en arrêtant sans tarder ses méfaits sont les trois facteurs qui peuvent frayer des voies sûres à un processus de paix fructueux. L’occupation et la ligne intégriste de Sharon sont les véritables problèmes.

 

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