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Les USA prévoient 8 milliards de dollars pour 6 mois de zone d’exclusion aérienne

Publié le par Mahi Ahmed

Les USA prévoient 8 milliards de dollars pour 6 mois de zone d’exclusion aérienne





24 mars 2011


Une étude du Center for Strategic and Budgetary Assessments (CSBA), publiée le 9 mars 2011, étudie le coût probable pour les États-Unis de la mise en œuvre d’une zone d’exclusion aérienne en Libye.

La méthode choisie est celle de l’extrapolation à partir du coût effectif des opérations similaires conduites en Bosnie-Herzegovine, au Kosovo et en Irak. Le coût moyen estimé est de l’ordre de 10 USD par an et par mètre carré. Il s’ensuit qu’une zone d’exclusion aérienne sur le très vaste désert libyen serait particulièrement onéreuse.

Le CSBA estime que le bombardement initial visant à détruire les radars, batteries anti-aériennes et aéroports libyens devrait coûter entre 500 millions et un milliard de dollars. Une fois ce travail réalisé, la mise en œuvre de la zone d’exclusion aérienne devrait coûter 100 à 300 millions de dollars par semaine.

En six mois, la facture se situera donc dans une fourchette allant de 3,1 milliards de dollars minimum à 8,8 milliards maximum. Cette estimation ne porte que sur la zone d’exclusion aérienne et non sur un possible débarquement des Marines au sol.

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Selected options and costs for a no-fly zone over Libya, par Todd Harrison et Zack Cooper, Center for Strategic and Budgetary Assessments, 9 mars 2011, 8 p., 650 Ko.

 

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Le Pentagone achemine des troupes de débarquement vers la Libye

Publié le par Mahi Ahmed

Le Pentagone achemine des troupes de débarquement vers la Libye


Le groupe de combat amphibie Bataan Ready a quitté la base navale de Norfolk en Virginie, mercredi 23 mars 2011, en direction des côtes libyennes (voir photo parue dans la presse locale).

Placé sous le commandement du commodore Steven Yoder, le groupe comprend les trois bâtiments Bataan (navire de classe Wasp, 104 officiers, 1004 marins, 1894 Marines embarqués, 8 avions hybrides MV-22 Osprey et des hélicoptères de type et de nombre indéterminés), Mesa Verde (navire de classe San Antonio, 28 officiers, 333 marins, 699 Marines embarqués, probablement 2 avions hybrides MV-22 Osprey) et Whidbey Island (navire de classe Whidbey Island, 22 officiers, 391 marins, 504 Marines embarqués, 4 navires de débarquement sur coussins d’air LCACs). Il a embarqué le 22e corps expéditionnaire des Marines, basé à Camp Lejeune en Caroline du Nord, avant de partir pour la Méditerranée.

Il rejoindra le groupe de combat amphibie Kearsage (mêmes caractéristiques que le précédent), déjà sur zone. C’est ce groupe qui a récupéré le pilote de l’US Air Force qui s’est éjecté au-dessus de la Libye. L’opération de secours a mobilisé un V-22 Osprey qui s’est donc posé sur le sol libyen.

Au total, ce sont plus de 4 000 Marines qui se préparent à débarquer sur le sol libyen.

Contrairement à la propagande atlantiste [1], la résolution 1973 n’interdit le déploiement de troupes au sol que pour les opérations de protection des populations civiles. Elle les autorise par défaut pour les opérations de mise en œuvre de la zone d’exclusion aérienne.

L’USS Bataan est un des 17 navires qui ont été utilisés comme prisons secrètes de la Navy. Ses cales avaient alors abrité des cages sur trois étages pour séquestrer des prisonniers en eaux internationales et les soumettre à diverses expériences psychologiques [2]. Il aurait été rendu aux activités militaires à la fin du mandat Bush.

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[1] « Quelques mensonges sur la guerre de Libye », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 mars 2011.

[2] « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

 

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La France préparait depuis novembre le renversement de Kadhafi

Publié le par Mahi Ahmed

La France préparait depuis novembre le renversement de Kadhafi
par Franco Bechis*

Selon le journaliste de la droite libérale italienne Franco Bechis, la révolte de Benghazi aurait été préparée depuis novembre 2010 par les services secrets français. Comme le remarque Miguel Martinez du site internet progressiste ComeDonChisciotte, ces révélations, encouragées par les services secrets italiens, doivent se comprendre comme une rivalité au sein du capitalisme européen.
Le Réseau Voltaire précise que Paris a rapidement associé Londres à son projet de renversement du colonel Kadhafi (force expéditionnaire franco-britannique). Ce plan a été modifié dans le contexte des révolutions arabes et pris en main par Washington qui a imposé ses propres objectifs (contre-révolution dans le monde arabe et débarquement de l’Africom sur le continent noir). La coalition actuelle est donc la résultante de ces ambitions distinctes, ce qui explique ses contradictions internes.





24 mars 2011



 

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de Libyan Airlines, Nouri Mesmari, chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi. C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

Le seul -comprenons-nous- qui avec le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).

Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite 204 du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy. Et les deux alliances lui réussissent.

C’est ce dont témoignent des documents de la DGSE, le service secret français, et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle, Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français.

 

L’ex compagnon de Kadhafi, Nouri Massoud El-Mesmari, a fait défection le 21 octobre 2010. Il vit aujourd’hui sous protection des services secrets français.

La réunion. On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari. Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra.

Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.

À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre, il signe un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari. L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre l’arrêt de façon formelle.

Quatre jours plus tard, le 2 décembre, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi. La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du Concorde Lafayette. Et le raïs commence à s’agiter.

La colère du raïs. Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri.

Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’Élysée et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an paraît dans Maghreb Confidential, la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre.

Le 24 janvier, il est transféré dans une prison de Tripoli, accusé d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali. Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.

 

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Conférence internationale – La Tunisie et la Révolution

Publié le par Mahi Ahmed

 


Conférence internationale – La Tunisie et la Révolution

Pas de risque de dérapage

La Révolution tunisienne ne risquerait pas de déraper ni vers l’extrême droite, ni vers l’extrême gauche, car le peuple tunisien qui l’a accomplie, spontanément, et loin de toute  connotation idéologique , s’est toujours attaché au juste milieu et  si elle a  eu un impact et un écho des plus profonds dans la région maghrébine et arabe, la Tunisie n’a pas cherché à l’exporter, comme l’avaient fait, et le font encore, vainement, d’autres pays.

 

 

Telles sont quelques unes des principales idées développées par les participants à une Conférence internationale de deux jours sur  les derniers changements en Tunisie et leur impact dans la région de la méditerranée, ouverte, ce jeudi 24 mars 2011, à Gammarth, à Tunis, et organisée à l’initiative de la Fondation allemande ‘’Konrad Adenauer Stiftung’’, le Centre des études méditerranéennes et internationales, et le réseau ‘’ EuroMeSCo’’.

Des professeurs universitaires, des spécialistes en sciences politiques et des experts de Tunisie, des pays maghrébins et arabes ainsi que d’Europe ont été invités à animer la rencontre qui est la première du genre à se tenir, en l’espace de deux mois à peine après le triomphe de la Révolution populaire tunisienne, le 14 janvier dernier, avec le renversement total de l’ancien régime du président déchu Ben Ali.

Le Professeur Hans-Gert Pottering, président de la Konrad Adenauer Stiftung, et ancien président du parlement européen, a salué la Révolution populaire tunisienne qui a montré à l’Occident que la stabilité des pays et des régimes qu’il avait soutenus, était, en réalité, une stagnation, soulignant qu’il ne peut pas y avoir, en fait, une stabilité sans liberté, sans démocratie et sans respect des lois. ‘’La Révolution tunisienne a montré, également, que la croissance économique ne peut pas être séparée de la consécration des droits politiques, car elle a été une Révolution de la dignité et de la liberté, a-t-il ajouté, mettant l’accent sur la nécessité de protéger ce mouvement exemplaire des risques de dérapage vers l’extrémisme de tout bord, et assurant les tunisiens de l’appui et du soutien de l’Europe en vue de concrétiser  les principes révolutionnaires pour lesquels ils ont combattu la dictature et l’autoritarisme.

Dilemme

Mr Taieb Baccouche, ministre de l’éducation du gouvernement provisoire et président d’honneur de l’Institut arabe des droits de l’homme, a écarté l’éventualité de tout dérapage idéologique pour la Révolution tunisienne, car, a-t-il dit, le peuple tunisien refuse l’extrémisme et a toujours prôné et préféré la voie du juste milieu, avec une ouverture évidente au progrès et à la modernité. ’’Politiquement parlant, le peuple tunisien est un peuple qui penche davantage vers le Centre et je dirai même vers le Centre gauche, a indiqué Mr Taieb Baccouche, analyse qui ne manquera pas de plaire à beaucoup de partis politiques tunisiens se réclamant de cette tendance, en prévision des prochaines échéances électorales.

Après avoir insisté sur la spontanéité et le caractère pacifique de la Révolution tunisienne et son accomplissement en dehors de tout endoctrinement idéologique quelconque, le ministre a rappelé que la principale revendication du peuple tunisien a été la rupture totale avec l’ancien régime et la séparation de l’Etat et du Parti a pouvoir, dans la mesure où la confusion totale entre l’Etat et le Parti a été la plus grande perversion de l’ancien régime et a facilité la mise de l’Etat et de ses rouages au service des intérêts particuliers et de la spoliation des biens du peuple.

Il a évoqué aussi le dilemme devant lequel se trouve le gouvernement provisoire qui est chargé en principe d’assurer la transition démocratique mais qui se trouve face à une explosion de revendications urgentes et légitimes, comme l’emploi, mais difficiles à satisfaire, dans l’immédiat, car elles nécessitent un plan d’action à moyen terme. Il a qualifié ce dilemme de ‘’véritable crise’’.

S’agissant de l’influence exercée par la Révolution populaire tunisienne à l’échelle régionale, le ministre a indiqué que la Tunisie n’avait pas cherché, ni aspiré à exporter sa révolution, mais il y a eu une contagion positive, et il a émis l’espoir que la nouvelle situation créée par les révolutions arabes incitera à instaurer de formes nouvelles de coopération internationale, concernant les questions d’intérêt commun.

Tout en saluant le rôle pionnier de la Révolution populaire tunisienne dans le déclenchement des mouvements de contestation dans la région maghrébine et arabe, les autres orateurs ont signalé la similitude des situations dans les pays arabes concernés, en ce qui concerne la soif et l’aspiration des peuples à la liberté et à la démocratie, aspiration sans cesse exprimée depuis longtemps, et  toujours réprimée, sans pitié, par les dirigeants en place, mais le mérite de la Révolution tunisienne a été d’avoir brisé la barrière de la peur et montré que le changement démocratique dans les pays arabes auquel personne ne croyait, sérieusement, était possible.

Salah  BEN  HAMADI

http://www.pressetunisie.net/letemps3.php

Publié dans TUNISIE Spécial

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Une nouvelle opération coloniale contre la Libye

Publié le par Mahi Ahmed

Une nouvelle opération coloniale contre la Libye

 

Par Domenico Losurdo

Le 20 mars 2011

Le blog de Domenico Losurdo

 



Après avoir bloqué par un veto solitaire une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui condamnait l’expansionnisme colonial d’Israël dans la Palestine occupée, à présent les USA se posent à nouveau en interprètes et champions de la « communauté internationale ». Ils ont convoqué le Conseil de sécurité, non pas pour condamner l’intervention des troupes saoudiennes au Bahrein mais pour exiger et finalement imposer le lancement de la « no-fly zone » et d’autres mesures de guerre contre la Libye.

 

D’ailleurs, quelques mesures de guerre avaient déjà été entreprises unilatéralement par Washington et par certains de ses alliés : comme le démontrent l’approche de la flotte militaire étasunienne au large des côtes libyennes et le recours à l’instrument colonialiste classique de la politique de la canonnière. Mais Obama ne s’est pas arrêté là : ces jours derniers il avait plusieurs fois intimé à Kadhafi de façon menaçante d’abandonner le pouvoir ; il avait appelé l’armée libyenne à opérer un coup d’Etat. L’aspect le plus grave est encore ailleurs. Avec la Grande Bretagne et la France, les USA ont depuis quelques temps lâché leurs agents pour mettre les fonctionnaires libyens face à un dilemme : ou passer du côté des rebelles ou bien être déférés à la Cour pénale internationale et passer le reste de leur vie en prison, en tant que responsables de « crimes contre l’humanité ».

  

Pour couvrir la reprise des plus infâmes pratiques colonialistes, l’habituel, gigantesque appareil multimédia de manipulation et désinformation s’est déchaîné. Et, pourtant, il suffit de lire avec un minimum d’attention la presse bourgeoise elle-même pour s’apercevoir de la tromperie. Jour après jour on a répété que les avions de Kadhafi bombardaient la population civile. Or voici ce qu’écrivait Guido Ruotolo sur La Stampa du 1er mars (p. 6) : « C’est vrai, il n’y a probablement eu aucun bombardement ». La situation a-t-elle radicalement changé les jours suivants ? Sur le Corriere della Sera du 18 mars (p. 3) Lorenzo Cremonesi rapporte de Tobrouk : « Et comme il est arrivé déjà dans les autres localités où l’aviation est intervenue, il s’est agi tout au plus de raid d’avertissement. "Ils voulaient faire peur. Beaucoup de bruit mais pas de dégât", nous a dit par téléphone un des porte-parole du gouvernement provisoire ». Ce sont donc les révoltés eux-mêmes qui démentent le « génocide » et les « massacres » invoqués pour justifier l’intervention « humanitaire ».

  

A propos des révoltés. Jour après jour ils sont célébrés comme des champions de la démocratie dans toute sa pureté, mais voici en quels termes a été racontée leur retraite face à la contre-offensive de l’armée libyenne par Lorenzo Cremonesi sur le Corriere della Sera du 12 mars (p. 13) : « Dans la confusion générale, des épisodes, aussi, de saccage. Le plus visible est celui de l’hôtel El Fadeel, où ils ont emporté des téléviseurs, des couvertures, des matelas en transformant les cuisines en poubelles, les couloirs en bivouacs crasseux ». Il ne semble pas que ce soit vraiment le comportement d’un mouvement de libération ! Le moins qu’on puisse dire est que la vision manichéenne du conflit en Libye n’a aucun fondement.


De plus. On dénonce chaque jour les « atrocités » de la répression en Libye. Et lisons maintenant ce qu’écrit sur l’International Herald Tribune, à propos du Bahrein, Nicholas D. Kristof : « Pendant ces dernières semaines j’ai vu des cadavres de manifestants, tués presque à bout portant par des coups d’armes à feu, j’ai vu une jeune fille se tordre de douleur après avoir été tabassée, j’ai vu le personnel d’ambulances être frappé pour avoir tenté de sauver des manifestants ». Encore : « Une vidéo du Bahrein semble montrer des forces de sécurité atteindre à quelques mètres d’eux, avec une grenade lacrymogène un homme pas très jeune et désarmé. L’homme tombe à terre et essaie de se relever. Ils l’atteignent alors à la tête avec une autre grenade ». Si tout cela ne suffit pas, qu’on se souvienne que « ces derniers jours les choses vont beaucoup plus mal ». Avant même que dans la répression, c’est d’abord dans la vie quotidienne que la violence s’exprime : la majorité chiite est obligée de subir un régime d’ « apartheid ».

  

Pour renforcer l’appareil de répression sont à l’oeuvre des « mercenaires étrangers » et des « chars d’assaut, armes et gaz lacrymogènes » étasuniens. Le rôle des USA est décisif, comme l’explique le journaliste de l’ International Herald Tribune, en rapportant un épisode qui est en lui-même éclairant : « il y a quelques semaines un de mes collègues du New York Times, Michael Slackman, a été capturé par les forces de sécurité du Bahrein. Il m’a raconté qu’on a même pointé les armes sur lui. Craignant que quelqu’un ne tire, il sortit son passeport et cria qu’il était journaliste américain (étasunien, NdT). A partir de là l’humeur changea tout d’un coup ; le leader du groupe s’approcha et prit la main de Slackman, en s’exclamant chaleureusement : « Ne vous inquiétez pas ! Nous, nous aimons les américains ! ».

  

En effet la Cinquième flotte étasunienne est basée au Bahrein : il n’est même pas utile de dire qu’elle comme devoir de défendre ou imposer la démocratie : évidemment, pas au Bahrein ni même au Yémen, mais seulement... en Libye et dans les pays qui, tour à tour, sont pris dans le collimateur de Washington.

 

Pour répugnante que soit l’hypocrisie de l’impérialisme, elle n’est pas une raison suffisante pour passer sous silence les responsabilités de Kadhafi. Même si historiquement il a eu le mérite d’avoir chassé la domination coloniale et les bases militaires qui pesaient sur la Libye, il n’a pas su construire un groupe dirigeant suffisamment large. De plus, il a utilisé les profits pétroliers pour bâtir d’improbables projets « internationalistes » à l’enseigne du « Livre vert », au lieu de développer une économie nationale, moderne et indépendante. Et a ainsi été perdue une occasion en or de mettre fin à la structure tribale de la Libye et au dualisme de vieille date entre Tripolitaine et Cyrénaïque, et d’opposer une solide structure économico-sociale aux manœuvres renouvelées et aux pressions de l’impérialisme.

 

Et nous avons cependant d’un côté un leader du Tiers Monde qui de façon grossière, confuse, contradictoire et bizarre suit une ligne d’indépendance nationale ; de l’autre un leader qui, à Washington, exprime de façon élégante, polie et sophistiquée les raisons du néo-colonialisme et de l’impérialisme : eh bien, seul celui qui est sourd à la cause de l’émancipation des peuples et de la démocratie dans les rapports internationaux, ou même celui qui se laisse guider par l’esthétisme plutôt que par le raisonnement politique, peut se ranger avec Obama (et Cameron et Sarkozy) !

 

Mais, en fait, est-il réellement élégant et fin cet Obama qui, bien que décoré du prix Nobel de la paix, ne prend pas un seul instant en considération la sage proposition des pays sud-américains, c’est-à-dire l’invitation de Chavez et d’autres, adressée aux deux parties en lutte en Libye pour qu’ils fassent un effort pour la solution pacifique du conflit et pour le salut et l’intégrité territoriale du pays ? Immédiatement après le vote à l’ONU, allant au-delà de la proposition à peine votée, le président des USA a lancé un ultimatum à Kadhafi et a eu la prétention de le lancer au nom de la « communauté internationale ». Depuis toujours, l’idéologie dominante révèle son racisme en identifiant l’humanité avec l’Occident ; mais cette fois sont exclus de la « communauté internationale » non seulement les deux pays les plus peuplés du monde, mais même un pays-clé de l’Union européenne. En se posant comme interprète de la « communauté internationale », Obama a montré une arrogance raciste pire encore que celle dont faisaient preuve dans le passé ceux qui ont réduit en esclavage ses ancêtres.

 

Est-il élégant et fin ce Cameron qui, pour vaincre chez lui l’opposition à la guerre, répète jusqu’à l’obsession que celle-ci répond aux « intérêts nationaux » de la Grande Bretagne, comme si les appétits pour le pétrole libyen n’étaient pas déjà clairs ? Qui ne sait que ces appétits sont devenus plus voraces encore, depuis que la tragédie du Japon a jeté une ombre pesante sur l’énergie nucléaire ?

  

Et que dire enfin de Sarkozy ? Sur les journaux on peut lire tranquillement qu’au-delà du pétrole, il pense aux élections : combien de Libyens le président français a-t-il besoin de tuer pour faire oublier ses scandales et ses gaffes et s’assurer ainsi une réélection ?

  

Les journalistes et les intellectuels de cour aiment dépeindre un Kadhafi isolé et harcelé par un peuple largement uni : mais pour qui a suivi les événements, il n’a pas été difficile de se rendre compte du caractère grotesque de cette représentation. Le récent vote au Conseil de sécurité a démasqué une autre manipulation : celle qui fabule sur une « communauté internationale » unie dans la lutte contre la barbarie. En réalité, se sont abstenus en exprimant de fortes réserves, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde et l’Allemagne ! Les deux premiers pays ne sont pas allés au-delà de l’abstention et n’ont pas mis leur veto pour une série de raisons : mais il ne faut pas perdre de vue qu’il n’est toujours pas facile et que cela peut comporter des problèmes de divers types de défier la superpuissance solitaire. Et il ne s’agit évidemment pas que de cela : la Chine et la Russie ont obtenu en échange le renoncement à l’envoi de troupes de terre (et d’occupation coloniale) ; elles ont évité des interventions militaires unilatérales de Washington et de ses alliés les plus proches, comme les interventions opérées contre la Yougoslavie en 1999 et en Irak en 2003 ; elles ont essayé de contenir les manœuvres des cercles les plus agressifs de l’impérialisme qui voudraient délégitimer l’ONU et mettre à sa place l’OTAN et l’ « Alliance des démocraties » ; et, qui plus est, une contradiction s’est ouverte au sein de l’impérialisme occidental conduit par les USA, comme le montre le vote de l’Allemagne.


Si l’on se réfère à un pays comme la Chine dirigé par un parti communiste, on doit observer que le compromis qu’elle a voulu accepter n’engage en aucune manière les peuples du monde.

Comme l’avait expliqué en son temps Mao Zedong, les exigences de politique internationale et les propres compromis de pays d’orientation socialiste ou progressiste sont une chose, une autre par contre est la ligne politique de peuples, classes sociales et partis politiques qui n’ont pas conquis le pouvoir et ne sont donc pas engagés dans la construction d’une nouvelle société. Une chose est claire : l’agression qui se prépare en Libye rend plus urgente que jamais la relance de la lutte contre la guerre et l’impérialisme.

 

18 mars 2011,

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

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Novembre 1954, les errements de la république et l'impératif de changer de paradigme politique

Publié le par Mahi Ahmed

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LA SITUATION EN LYBIE ET SES REPERCUSSIONS SUR L’ALGERIE

Publié le par Mahi Ahmed

« Analyse à chaud »

Par SACI BELGAT

 

LA SITUATION EN LYBIE ET SES REPERCUSSIONS SUR L’ALGERIE :

 

1-       accélération de l’histoire :

 

Depuis quelques mois nous assistons à une accélération de l’histoire dans la sphère arabo-musulmane. Notre sphère de développement, de vie et de rêve.

Longtemps cantonnés dans des rôles seconds, les peuples de la région relèvent la tête et ce dans un environnement mondial complexe et hostile.

Ce bouillonnement est le résultat de luttes sourdes mais têtues ; souvent  réprimées dans le sang avec la complicité des puissances occidentales sous le prétexte fallacieux de l’islamisme et du terrorisme.

 

QUAND LES PUISSANCES OCCIDENTALES S’EMEUVENT SUR LE SORT DES PEUPLES ARABES :

 

Tous les dictateurs sans exceptions ont défilé et se sont offert les honneurs et les frasques protocolaires et même plus, de ces états qui aujourd’hui les vouent aux gémonies.

En parade face à la critique de leur opinion, ils opposent le pragmatisme des besoins de la lutte anti-terroriste. Derrière cet alignement et les bals protocolaires se dissimulaient mal les contrats juteux des armes, du pétrole et autres.

 

Kadhafi ne sait-il pas offert le luxe de  renverser dans la semoule le président  Sarkozy et sa république !

 

Ce même potentat (Kadhafi)  dans un poker moteur a cru acheter la duplicité des occidentaux, en érigeant un mur protecteur des « invasions africaines » de leurs cotes. De même, qu’il a fait montre d’un zèle hors proportion dans ce qu’on appelle dans leur jargon la lutte anti-terroriste (massacre de la population de Benghazi).

 

Les rapports de force se sont brutalement inversés, la menace d’Al-Qaïda mise en avant un temps par ce potentat pour réprimer en silence son peuple n’est plus opérant.

 

Que s’est-il passé :

·         est ce une fièvre subite d’humanisme qui a embrassé les couloirs de l’Elysée  et des chancelleries occidentales– non l’histoire froide des relations entre états est là pour démentir cette hypothèse,

·         assiste- t-on à un repositionnement stratégique et à un éventuel abandon des priorités lexicales dans la définition de l’ennemi intime.

 

Si tel est le cas, la menace d’Al-Qaïda a t- elle cessé et par quel miracle ? Des questions, des questions, et l’avenir nous fournira des surprises quant aux manipulations de toute sorte de cette entreprise transnationale d’asservissement des peuples arabes.

 

 

Aujourd’hui c’est ce même président Sarkozy qui part dans une croisade qui ne dit pas son nom.

 

Ce qui se déroule devant nous porte la politique et les relations entre états au paroxysme de la lucidité et où les élites du monde arabe doivent encore et plus travailler d’arrache pieds pour garder en éveil leur peuple.

 

On ne peut comprendre quelque chose que si, et seulement si, on porte en bandoulière et tous les jours que dieu fait, les intérêts de son peuple et de sa société.

 

Qu’est ce qui s’est passé de si grave pour les intérêts impériaux de l’occident

 

Les changements en Tunisie et en Egypte ont bouleversé radicalement la donne. Incontestablement, les USA et en particulier la France qui court depuis des lustres derrière son ombre de vieille fille, puissance coloniale ont été pris de court.

Kadhafi un potentat brutal, et une opposition faite de bric et de broc, sans programme alternatif, sans cohésion, sans ancrage dans la société, leur offre une occasion de se placer et de contrôler à leur profit ces changements.

 

En attendant de nouvelles décantations inévitables dans la société Libyenne, il me semble que la première erreur de jeunesse des opposants c’est d’avoir pris les armes. Cette erreur procède de la  confusion entre lutte sociale et politique et lutte d’indépendance.

Si la lutte d’indépendance suggère d’avantage les moyens de la lutte armée, les luttes sociales et politiques sont d’un autre ordre, où les luttes pacifiques et les mobilisations larges et les coalitions frontistes sont les mieux indiquées.

 

Cette pédagogie révolutionnaire a été saisie en Tunisie et d’avantage en Egypte. En Libye et certainement aussi pour des raisons historiques et de maturité du mouvement social, ce fut un véritable cafouillage dont la société n’a pas encore finie de payer le prix des précipitations et de l’amateurisme révolutionnaire.

Ces erreurs saisies et mises à profit par les think tanks de l’Élysée, ces laboratoires d’idées  élaborent  un scénario « thin king. »  Et sa faisabilité.

 

Quelles ont été aussi les manipulations, si non le pousse chef à la prise des armes et à se lancer dans une entreprise de suicide et de risque de partition du pays.

 

Quels dessins régionaux poursuit-on, l’état algérien n’est-il pas en droit de craindre à terme une mise en orbite de cette fameuse république saharienne dont la France officielle n’a pas encore fait le deuil.

 

Sourcilleux des intérêts de la patrie, nous avons l’obligation morale de ne négliger dans ces mouvements historiques aucune hypothèse.

 

 

Acte 1 : on charge BHL le Philosophe  de service aux relents plus que racistes, pour réunir un parterre de pseudo opposants, la république ensuite se charge de labéliser le paquet. Malgré tous les habillages sémantiques, cette entreprise reste une monstrueuse machination de dérèglement, d’un patinage, voir même d’un renversement d’un processus de libération des peuples arabes, qui ne travaille pas les intérêts d’Israël et des pays occidentaux.

 

Acte 2 : la diplomatie française se charge du reste pour réunir un semblant consensus international, fragile et dans les contours juridiques sont à dessin laissés imprécis. En vérité et sachant que l’entreprise risque de s’embourber, il fallait donner du mou à ce processus.

 

Les scories de la ligue  arabe, viennent de l’apprendre à leur dépend. Une première fois quelques uns d’ entre eux (Qatar, Emirats arabes unis, Jordanie, Maroc) ont cru bien faire en confortant l’ami et le protecteur président Sarkozy. Ce soir, on assiste à un recul et une première fissure dans la coalition.

 

Quand on pense que tous les états européens mobilisés à cet effet, comme par hasard sont empêtrés dans des politiques islamophobes (France, Danemark, Angleterre etc.).

 

C’est en France où la république sous l’impulsion de son principal représentant est en chasse de son passé judéo-chrétien.

 

Comment demander aujourd’hui à une zone de culture et de tradition musulmane de se départir d’une de  ses composantes identitaires (même si je n’aime pas trop ce référent), quand les autres mettent en exergue leur ancrage religieux. Là est la question.

 

Tout en accordant à nos peuples de porter si loin qu’ils ne peuvent leur rêve et leur croyance, nous devons rester en éveil, soucieux des avancées et de l’avenir partagée de l’humanité.

 

Eviter ce piège de l’enfermement en ouvrant nos réflexions révolutionnaires au monde qui bouge  et en solidarité avec nos luttes.

 

 

Plus que des questions, l’on se demande si tout n’est pas entrepris pour sauver le soldat Israël et sa politique raciste et d’oppression.

 

Derrière toutes les intentions affichées, un seul, nous semble important à saisir. Cette coalition cherche à contrôler les évolutions futures. Enseigné par l’histoire positive de l’islam, pour aucun motif, elle ne laissera filer une libération démocratique et sociale du monde arabe dont le ventre est encore fécond des siècles de ses lumières.

 

Que peut avoir le Qatar, la Jordanie ou le Maroc avec des luttes démocratiques et d’autonomie des peuples. Aucun de ces trois royaumes n’est un exemple de démocratie et de bonne gouvernance. Derrière, une modernité surfaite, importée se cache au Qatar un système discriminant, raciste où l’étranger (exception   faite des maîtres occidentaux) est  atrocement exploité.

 

Le seul et unique flirt avec la modernité c’est la reproduction  mimétique et réductrice de ce qui a fait la grandeur artistique de la France (Sorbonne, le musée du Louvre), alors que sa propre société en est incapable de produire un foutu tournevis.

 

Acte 3 : ce sera le plus dur c’est de donner un coup de frein aux luttes et à la libération des sociétés arabes, au seul profit d’Israël et des intérêts impériaux de l’occident.

 

Acte 4 : importer et imposer  à des sociétés et des états déstabilisés des oppositions de pacotille, comme, il fut en Irak et en Afghanistan.

 

 Cette entreprise de dévoiement de cette révolution arabe est à l’ordre du jour de tous ces Think-tanks.

 

Là, il me semble encore qu’il faille compter avec le géni des peuples arabes.

Les surprises ne sont pas toutes produites, bien d’autres et de meilleurs sont attendues.

 

 

QUE COMPTE FAIRE L’ALGERIE :

 

Nous sommes véritablement à la croisée des chemins, quels sont les points forts et les points faibles du mouvement social en ébullition

 

Les points forts :

 

·         Ait Ahmed a raison dans sa lettre adressée à son parti (FFS) de souligner le géni du peuple et le fond inébranlable de novembre qui continue malgré tous les coups de boutoir d’étaler sa jeunesse et sa fécondité, ce me paraît la force essentielle de l’Algérie et de son peuple,

Malgré toutes les entreprises de ringardise, il reste le potentiel et le point de rencontre intergénérationnelle. 

·         Un enseignement raisonnée des années de vacillement de la république, où les boute feux sont très peu écoutés,

·         Un dépassement positif  de la ligne de fracture idéologique entre laïcs et islamistes – la société est en dépassement constant de cette fausse ligne de fracture.

·         Un mouvement social vivant et combatif

 

 

Les points faibles :

 

·        Un pouvoir discrédité et en rupture de banc avec la société, en tous les cas il n’est plus porteur de ses rêves et de ses espoirs,

·        Une classe politique infantile, plus près de ses intérêts mercantiles que ceux de la société,

·        Une forte dépendance avec l’ancienne puissance coloniale. La France entretient plus que tout autre état, les scories de la république coloniale- j’en arrive à la conclusion que la république dans son état actuel et le fonctionnement de ses institutions est dans l’ordre des pratiques néocoloniales.

 

Comment éviter le piège libyen :

 

Dans le message du président Bouteflika à l’occasion de la commémoration du19 Mars, en écho aussi à ce qui se passe dans la société, j’ai cru entendre une première inflexion positive.

 

Aucun esprit lucide et porteur des intérêts stratégique de la patrie et du peuple n’entend engager un bras de fer torride avec le système en place.

 

Il s’agit, d’apprendre à combiner de la manière la plus féconde et la plus audacieuse les luttes sociales et politiques, d’avec les ouvertures institutionnelles.

 

Ait Ahmed a raison d’attirer l’attention sur les dangers des précipitations et des manipulations inévitables.

 

La situation au plan international est trop complexe pour tutoyer ce danger, par contre les centres de décision doivent aussi saisir que la sagesse populaire ne signifie en aucun cas un blanc-seing

A leur politique et gouvernance désastreuses.

 

Les changements politiques radicaux sont arrivés à maturité, il s’agit de les traduire de manière sereine et sans concessions sur le fond quant aux intérêts du peuple et de la patrie.

 

 

SACI BELGAT

Le 20 Mars à 20 Heures

 

 

 

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AUTOCRATIE ET PERTE DE SOUVERAINETE

Publié le par Mahi Ahmed

AUTOCRATIE ET PERTE DE SOUVERAINETE

par K. Selim

Que veulent les Occidentaux en Libye ? Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, présent à la réunion de la guerre de l'Elysée, se pose déjà la question. «Ce qui s'est passé en Libye diffère du but qui est d'imposer une zone d'exclusion aérienne. Et ce que nous voulons, c'est la protection des civils et pas le bombardement d'autres civils».

 Amr Moussa se sent, une fois de plus, le naïf de service dans un jeu occidental bien élaboré. M. Moussa n'a pas bien lu, à l'évidence, la résolution 1973 du Conseil de sécurité qui donne la couverture légale à l'intervention militaire. Bien sûr, elle dispose qu'il ne doit pas y avoir une présence militaire au sol, mais elle autorise tous les moyens pour obtenir le cessez-le-feu et défendre les civils. Cela est suffisamment souple pour des interprétations élastiques.

 Les opinions publiques en Arabistan ne se font guère d'illusion sur les visées prédatrices des Occidentaux. L'invasion «civilisée» et néanmoins sanglante et destructrice de l'Irak est trop proche pour ne pas oublier. Dans les élites du monde arabe, les débats sont vifs. Il y a ceux qui se refusent à défendre Kadhafi et ne lui accordent aucune circonstance atténuante. Pour eux, Kadhafi a tout fait pour que l'on arrive à cette situation. Il a créé chez une partie de son peuple, qui n'est pas moins patriote que lui, une disponibilité à jouer la partie avec les Occidentaux. Avec la conviction, peut-être illusoire, qu'il sera plus facile de se débarrasser de ses amis de circonstance que de ce «père» qui jure que tous les Libyens sont prêts à mourir pour lui.

 En face de ceux qui considèrent que Kadhafi assume la totalité de la responsabilité, il y a ceux qui, à juste titre, n'accordent pas une once de sincérité aux émois des Occidentaux. Ils sont d'ailleurs servis par les faits. Le Bahreïn, qui est une grande base militaire américaine, réprime la majorité de son peuple et importe des forces de répression d'Arabie Saoudite et des Emirats pour les mater. Personne n'a eu l'idée de saisir le Conseil de sécurité alors que les Bahreïnis ont le même droit à la liberté que les Libyens. Le constat est juste.

 Mais doit-on continuellement apprécier les évènements dans notre aire à l'aune de l'usage, forcément intéressé, qu'en font les Occidentaux ? L'oppression subie par les Bahreïnis et admise par les «amis» américains ne doit pas justifier celle que subissent les Libyens.

 Ce que montre l'évolution de la situation en Libye est qu'une autocratie est devenue, derrière un discours révolutionnaire creux, une menace grave pour la souveraineté du pays et pour son unité. Même s'il ne faut pas taire les visées occidentales, il ne faut pas non plus occulter la responsabilité de ceux qui dirigent la Libye. Sans le système Kadhafi, dont le caractère brutal et humiliant pour les Libyens n'a rien d'une propagande, il n'y aurait pas eu de prétexte pour une intrusion militaire occidentale. En réalité, les Occidentaux connaissent si bien leur «ami» Kadhafi qu'ils n'ont fait qu'attendre pour qu'il le leur apporte.

 Le second aspect de cette affaire est qu'il faut bien admettre que si les Etats voisins s'abstiennent de choisir quand un régime se met à punir sa population, d'autres le feront à leur place. La notion de non-ingérence doit être dépoussiérée.

 Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui n'a que mépris à l'égard de Kadhafi, pose le problème de manière très juste : «Le fait que la majorité des dirigeants arabes et musulmans n'aient pas assumé leurs responsabilités ouvre la voie à une intervention occidentale en Libye. Nous ne savons pas sur quoi cela va déboucher. Cela ouvre la voie à une ingérence étrangère dans chaque pays arabe, nous ramenant à l'époque des occupations, des colonisations et des partitions».


http://www.lequotidien-oran.com/?news=5150761

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Cinq remarques sur l'intervention contre la Libye

Publié le par Mahi Ahmed

Cinq remarques sur l'intervention contre la Libye

 

Par Michel Collon

Le 20 mars 2011

michelcollon.info

 

1. Humanitaire, mon œil ! 2. Qui a le droit de « changer un régime » ? 3. Les buts cachés. 4. La « communauté internationale » existe-t-elle ? 5. Apprendre des précédents médiamensonges.

1. Humanitaire, mon œil !

Vous croyez aux raisons humanitaires ? Obama, Cameron et Sarko sauveurs des Libyens alors qu’ils envoient des troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahrein ? L’Occident soucieux de démocratie alors qu’il protège la répression du dictateur au Yemen ?
Vous croyez que Bernard-Henri Lévy se soucie vraiment de « sauver des Arabes », lui qui applaudissait aux bombardements sur les civils de Gaza ? « Le plus remarquable dans l’affaire, le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la « brutalité » d’Israël. C’est, à la lettre, sa longue retenue » avait-il affirmé.


2. Qui a le droit de « changer de régime » ?

Le peuple libyen mérite certainement un meilleur leader qu’un dictateur qui a rempli les comptes suisses de toute sa famille. Kadhafi a aussi soutenu quelques dictateurs africains détestés.
D’un autre côté, il a fermement soutenu les Palestiniens et nationalisé le pétrole pour assurer des services sociaux à sa population. Le contraire de Moubarak et Ben Ali. Et c’est pour ça que l’Empire voudrait le remplacer par une parfaite marionnette.

Si demain, les Libyens étaient dirigés par un Chavez ou un Evo Morales, pour une véritable démocratie avec une justice sociale, qui n’applaudirait pas ? Mais si c’est pour le remplacer par des agents US comme Karzaï ou Al-Maliki et plonger ce pays dans le chaos pour des décennies comme l’Irak et l’Afghanistan... Comment appeler ça un progrès ?

Chaque peuple a le droit de se débarrasser de dirigeants qui ne lui conviennent pas, mais ce droit n’appartient pas aux grandes puissances impériales : USA, France et Grande-Bretagne. Celles-ci ne poursuivent que leurs intérêts propres. En fait, les intérêts de leurs multinationales.


3. Les buts cachés.

S’il n’y avait pas de pétrole en Libye, jamais l’Occident ne serait intervenu. Il faut quand même rappeler que la plupart des dictateurs africains ont été mis en place et sont protégés par les Etats-Unis ou la France, ou les deux ensemble.

Le véritable but de cette guerre, comme en Irak, c’est de conserver le contrôle du pétrole. A la fois source de profits énormes et instrument de chantage pour contrôler toutes les économies. En fait, les USA n’utilisent pas eux-mêmes le pétrole du Moyen-Orient, mais veulent contrôler l’or noir dans le monde entier. Comme instrument d’hégémonie.

Pour garder ce contrôle, il leur faut absolument sauver Israël. Et pour ça, lui assurer un cordon protecteur de régimes arabes corrompus mais présentant trois qualités :

  • Dociles envers Washington
  • Conciliants avec Tel-Aviv
  • Refusant d’appliquer la volonté de leurs peuples de faire respecter les droits des Palestiniens.


4. La « communauté internationale » existe-t-elle ?

Manipulé par l’argent et les chantages des USA, l’ONU n’est pas démocratique et ne représente pas les peuples. Les grandes puissances (néo)coloniales - USA, France et Grande-Bretagne - prétendent parler au nom de la « communauté internationale ».
Mais leur agression n’est soutenue ni par l’Allemagne, ni par la Russie, ni par la Chine. De plus, le Conseil de l’Europe avait exigé que l’Union africaine donne son acord, pour une intervention en Libye ; or, celle-ci a rejeté l’intervention.

Et toute l’Amérique latine a soutenu l’idée d’une médiation lancée par Hugo Chavez. Pourquoi les Occidentaux ont-ils refusé ? Parce que ce qui les intéressait n’était pas de sauver des gens, mais de s’emparer du pétrole.

En fait, les agresseurs sont une minorité. Comme par hasard, il s’agit des puissances les plus riches et les plus coloniales, et le terme « communauté internationale » est juste un terme de marketing. Car la politique des multinationales (vol des matières premières, surexploitation de la main d’œuvre, destruction de l’agriculture locale et des ressources naturelles, maintien de dictatures, provocation de guerres civiles) maintient dans la pauvreté une grande partie de l’humanité. Les intérêts sont donc entièrement opposés. Parler de « communauté internationale » est donc une imposture politique. Quand les médias reprennent cette expression, ils se rendent complices.

Si un peuple est uni et déterminé contre un dictateur, il trouvera la force de le renverser. Mais s’il s’agit d’une guerre civile (et personne ne nie que Kadhafi a également des soutiens importants), la solution de ce conflit n’est pas dans l’agression par les grandes puissances. Partout où elles sont intervenues (Irak, Afghanistan, Yougoslavie), la situation s’est aggravée. Elles ne poursuivent que leurs intérêts indignes, et s’ils l’emportent, le peuple libyen sera appauvri et plus exploité.

Dans le tiers monde, on comprend tout ceci beaucoup plus facilement. Mais dans les pays riches, non. Pourquoi ?


5. Chaque guerre est précédée d’un grand médiamensonge.

Même dans la gauche européenne, on constate une certaine confusion : intervenir ou pas ? L’argument – massue « Kadhafi bombarde les civils » a pourtant été démenti par des sources occidentales et des sources de l’opposition libyenne. Mais répété des centaines de fois, il finit par s’imposer.

Etes-vous certains de savoir ce qui se passe vraiment en Libye ? Quand l’Empire décide une guerre, l’info qui provient de ses médias est-elle neutre ? N’est-il pas utile de se rappeler que chaque grande guerre a été précédée d’un grand médiamensonge pour faire basculer l’opinion ? Quand les USA ont attaqué le Vietnam, ils ont prétendu que celui-ci avait attaqué deux navires US. Faux, ont-ils reconnu des années plus tard. Quand ils ont attaqué l’Irak, ils ont invoqué le vol des couveuses, la présence d’Al-Qaida, les armes de destruction massive. Tout faux. Quand ils ont bombardé la Yougoslavie, ils ont parlé d’un génocide. Faux également. Quand ils ont envahi l’Afghanistan, ce fut en prétendant qu’il était responsable des attentats du 11 septembre. Bidon aussi.


S’informer est la clé

Il est temps d’apprendre des grands médiamensonges qui ont rendu possibles les guerres précédentes.

Investig’Action – michelcollon.info a besoin de votre soutien. Vérifiez l’info, cherchez l’autre point de vue, discutez autour de vous et si vous en avez la possibilité, soutenez-nous afin d’augmenter nos capacités d’info indépendante !

 

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De l’Irak à la Libye, la guerre des vingt ans

Publié le par Mahi Ahmed

De l’Irak à la Libye, la guerre des vingt ans

 

Par Manlio Dinucci

Le 20 mars 2011

ilmanifesto.it

 




La résolution du Conseil de sécurité qui, le 17 mars 2011, autorise à prendre « toutes les mesures nécessaires » contre la Libye rappelle celle qui, le 29 novembre 1990, autorisait l’usage de « tous les moyens nécessaires » contre l’Irak. Il y a vingt ans, profitant de la désagrégation de l’URSS et de son bloc d’alliances, les Etats-Unis et les plus grandes puissances européennes de l’OTAN déplaçaient le centre focal de leur stratégie dans le Golfe, en attaquant en 1991 l’Irak, un des principaux producteurs pétrolifères avec des réserves estimées parmi les plus grosses du monde. Aujourd’hui c’est la Libye qui se trouve dans le collimateur, une Libye dont les réserves pétrolifères sont les plus grosses d’Afrique, le double de celles des USA.

 

Il y a vingt ans l’ennemi numéro un était Saddam Hussein, auparavant allié des USA dans la guerre contre l’Iran (autre gros producteur de pétrole) où Khomeiny était au pouvoir, et, à l’époque, le premier sur la liste de ennemis : ce Saddam Hussein tombé ensuite dans le piège, quand l’ambassadrice des USA à Bagdad lui avait fait croire que Washington serait resté neutre dans le conflit Irak-Koweit. Aujourd’hui l’ennemi numéro un est le chef de la Libye Muhamar Kadhafi, avec lequel la secrétaire d’Etat Hillary Clinton déclarait il y a peu vouloir « approfondir et élargir la coopération ».


Il y a vingt ans, au moment où le Conseil de sécurité autorisait la guerre contre l’Irak, les Etats-Unis et leurs alliés avaient déjà déployé dans le Golfe une imposante force aéronavale (1.700 avions et 114 navires de guerre), qui allait de toutes façons être utilisée sans le feu vert de l’ONU. Même chose aujourd’hui : avant l’autorisation du Conseil de sécurité pour prendre « toutes les mesures nécessaires » contre la Libye, une puissante force aéronavale USA-OTAN était déjà prête et les bases en Italie avaient été activées pour l’attaque. La méthode est la même : jeter d’abord l’épée sur le plateau de la balance politique et utiliser ainsi tous les moyens (échanges de « faveurs » compris) pour empêcher qu’un membre permanent du Conseil de sécurité n’use de son « droit de veto » : en 1990 l’URSS de Gorbatchev vota favorablement et la Chine s’abstint ; aujourd’hui la Russie s’est abstenue avec la Chine, mais le résultat est le même.

   

Aujourd’hui, comme en 1990, l’intervention armée se trouve motivée avec la « défense des droits humains » et la « protection des civils ».  Et on félicite, dans la résolution, les gouvernements arabes qui participent à ce noble effort : comme la monarchie absolue du Bahrein, qui a appelé les troupes saoudiennes pour réprimer dans le sang la lutte de son peuple pour les plus élémentaires droits humains, et le régime yéménite qui est en train de massacrer des civils qui  manifestent pour la démocratie.

 

Aujourd’hui, comme dans la première guerre du Golfe et dans les suivantes -celle contre la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001, l’Irak en 2003- l’Italie continue à jouer son rôle de grégaire aux ordres de Washington. Avec la différence que, tandis qu’il y a vingt ans il y avait encore une gauche engagée contre la guerre, aujourd’hui on a un Bersani (secrétaire du Partito democratico, NdT) qui, à la veille d’une intervention armée avec les mêmes finalités, s’exclame « à la bonne heure ».

 

Edition de samedi 17 mars de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20110319/pagina/03/pezzo/299521/  


Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


 

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