Quand ramadhan et rentrée scolaire se télescopent

Publié le par Mahi Ahmed

Quand ramadhan et rentrée scolaire se télescopent

par Kharroubi Habib

Les familles à revenus moyens ou modestes auront toutes les peines, pendant ce mois de ramadhan, à s'assurer quotidiennement une «meïda» conforme aux us et coutumes culinaires qui sont de tradition durant la période du jeûne. D'autant qu'il leur faut en même temps ménager leur budget en prévision de la rentrée scolaire qui, cette année, se fera en plein ramadhan.

 Donc, déjà qu'elles ne peuvent pas se permettre de «folies ramadhanesques», elles devront s'astreindre à un resserrement de ceinture question dépenses consacrées à cette «meïda». La rentrée scolaire est effectivement synonyme d'une saignée financière à laquelle les faibles revenus ne peuvent faire face s'ils se laissent aller à garnir copieusement leurs assiettes.

 Pour la raison donc que cette année, la rentrée scolaire coïncidant avec le ramadhan, la majorité des familles dans le pays vont être à la peine financièrement, beaucoup d'entre elles vont être dans une gêne pécuniaire impossible à résoudre.

 Les années précédentes, certaines ont eu la possibilité de recourir au «crédit consommation» qui leur permettait de compter sur un appoint financier. La loi de finances complémentaire 2009 a mis fin à ce recours. Il leur faut par conséquent «jongler» avec les seules maigres rentrées d'argent dont elles disposent. Exercice qui relève de l'exploit, compte tenu de la cherté de la vie qui, pendant le mois de ramadhan, atteint des pics inaccessibles.

 Les familles qui sont dans l'angoisse de ne pouvoir passer un mois de ramadhan décent au plan de la table de jeûne et d'assurer une rentrée scolaire digne à leurs rejetons, auront «apprécié» les commentaires décalés de l'Unique, qui n'a pas tari sur la stabilité des prix et, paraît-il, leur «abordabilité» pour tous les consommateurs. Il faut croire que les journalistes de l'Unique vivent sur une autre planète !

 C'est, semble-t-il, sur la même planète qu'eux que le ministre du Commerce a élu domicile. Pourtant, c'est sur des marchés algériens, plus exactement ceux de la wilaya de Tipasa, que Benbada s'est rendu la veille du début du ramadhan. Il n'a pas vu que les prix ont flambé, devenant hors de portée des bourses des familles à faible revenu. Nous ne ferons pas injure à ce ministre de croire qu'il a pensé que sa virée dans ces marchés va avoir un effet dissuasif sur les spéculateurs et autres prédateurs qui les peuplent.

 L'on sait comment ce genre de visite est organisé et à quelle théâtrale mise en scène il donne lieu. A Benbada, il n'a été donné de voir que du «bon et du correct», tout le monde faisant assaut en sa présence des meilleures et des plus généreuses dispositions. Lesquelles se sont évanouies aussitôt le ministre reparti à son bureau.

 Le seul espoir, très tenu, qu'ont les consommateurs est que «par miracle» se réalise la prédiction du ministre du Commerce prévoyant que la flambée des prix qui fait s'emballer le marché ne dure pas tout le mois de ramadhan. Ce qui permettrait peut-être à certains d'entre eux de d'envisager la rentrée scolaire avec un peu moins d'appréhension.

 Source: Le Quotidien d'Oran du 12.08.2010

Publié dans Economie et société

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