LE VRAI FRIK ALGERIEN

Publié le par Mahi Ahmed

LE VRAI FRIK ALGERIEN

par K. Selim

Les bonnes nouvelles étant rares en ces temps incertains, il n'y a aucune raison de bouder son plaisir en apprenant que pour la première fois depuis des lustres, le frik dans la chorba et le couscous dans nos assiettes seront algériens. L'Algérie n'a pas besoin d'importer du blé cette année.

 Les performances réalisées par les céréaliers mettent le pays à l'abri des hausses de prix que ce produit hautement symbolique connaît sur les marchés mondiaux. Les mauvais coucheurs auront beau prétendre que la pluviométrie très favorable est pour quelque chose dans cette performance, ils ne réussiront pas à amoindrir le travail remarquable des agriculteurs. La balance des paiements aura meilleure allure avec la disparition, que l'on souhaite très durable, du poste «blé» de la facture des importations. Mieux encore, à l'instar de ce qui s'était passé avec les excédents d'orge placés sur le marché international, l'exportation des surplus de blé est sérieusement envisagée.

 La démonstration est ainsi faite qu'il n'existe pas de fatalité et que les producteurs algériens, placés dans de bonnes conditions et soutenus par des structures professionnelles, peuvent relever des défis que certains s'évertuent à placer hors de portée des compétences nationales.

 La leçon principale que l'on peut tirer de cette bonne nouvelle est en effet bien à ce niveau. Ce qui a fonctionné pourrait être élargi à d'autres secteurs de l'économie nationale. La stimulation de la production, le soutien réfléchi aux producteurs et la protection de la production nationale s'avèrent toujours de très loin supérieurs, à tous points de vue, aux mesures bureaucratiques destinées à contraindre les importations. Et ce succès remarquable pourrait se transformer en avancée décisive dans la filière alimentaire si les transformateurs de céréales, ceux qui produisent la semoule, les pâtes, les biscuits
…, sont encouragés à recourir au blé algérien plutôt qu'aux importations.

 Si des taxations dissuasives sont mises en place pour rendre l'importation moins «juteuse», il est certain que des produits algériens s'installeront solidement sur le marché national et, au fil de l'expérience et de l'accumulation de savoir-faire, pourront concurrencer l'offre importée sur ses propres territoires. Il n'est pas besoin d'annonces spectaculaires, de plans gigantesques et de programmes de financements monumentaux pour construire, secteur par secteur, des stratégies efficaces.

 C'est bien dans la mise en place des structures d'encadrement et de soutien que se joue la qualité de la gouvernance économique et le futur non pétrolier du pays. Le régime des concessions récemment adopté permettra peut-être d'accentuer l'évolution vertueuse du secteur agricole.

 Si tel est le cas, le pays de cocagne des commerçants du monde entier, le marché de déversement à la capacité d'absorption illimitée pourrait bien muer en économie dynamique, capable de créer des richesses et d'offrir des perspectives d'emploi et d'avenir à sa jeunesse.

 L'agriculture se rappelle ainsi au bon souvenir des citoyens et permet de rappeler que les pays les plus avancés industriellement sont également ceux qui disposent d'une assise agricole puissante. Nos céréaliers donnent du baume au cœur et confirment qu'une Algérie productive fait partie du champ des possibles

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5141310

Publié dans Economie et société

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