Le monde est petit, les Brics deviennent grands

Publié le par Mahi Ahmed

Notre supplément économie avec la collaboration de «MAGHREB EMERGENT» : Le monde est petit, les Brics deviennent grands

par Salim Rabia



Le monde est petit. Il le devient chaque jour un peu plus. Quand Sawiris, Nassef pas Naguib, est interdit de voyager par le procureur général égyptien pour une affaire de fraude fiscale présumée, on devine que la révolution est passée par là, même si elle semble tanguer dangereusement à l'heure actuelle. Et quand un Sawiris est cité, le nom de l'Algérie ressort, directement ou indirectement, une sorte de « tag » collant pour le meilleur et le pire. Quand nos enfants deviendront grands, ils apprendront, peut-être, c'est encore en discussion, que des deux Sawiris, ce n'est pas le plus connu en Algérie, Naguib, qui a eu le plus d'influence sur la politique économique algérienne. C'est le relativement peu connu en Algérie, mais néanmoins mondialement célèbre, Nassef qui aura entraîné, sans le vouloir, uniquement par le jeu des affaires via les Bourses mondiales, une bifurcation brusque dans la politique économique de l'Algérie. En vendant toute sa filière ciment à Lafarge, il avait fortement indisposé le pouvoir. On doit donc à cette transaction internationale l'essentiel de la Loi de finances complémentaire 2009, l'introduction du droit de préemption sur les actifs des entreprises étrangères, l'instauration du Credoc… Il y aura une affaire Djezzy alors que Nassef Sawiris retiré du ciment a continué à avoir des affaires en Algérie où il est associé à Sonatrach, dans la Sorfert, un complexe d'engrais à Arzew au fonctionnement fort mystérieux d'ailleurs. Une réalisation du temps… du désormais bien problématique Chakib Khelil. Finalement, l'histoire de la cession de la filière ciment revient. La justice de son pays reproche à Nassef Sawiris d'avoir omis de payer la bagatelle de 2 milliards de dollars d'impôts sur les bénéfices de la vente de la filière ciment à Lafarge. Lui et son père, Onsi, le patriarche, sont donc contraints de ronger leur frein en Egypte. Fini les voyages jusqu'à nouvel ordre ! En Algérie, personne ne sait vraiment si les protagonistes des affaires à numéro de Sonatrach pourraient être « ramenés » en Algérie et contraints d'y rester par décision de justice.

Mais trêve de persiflage, n'est-ce pas, faisons confiance à la justice et aux promesses officielles de ne pas « laissez passer » ! En attendant, on apprend que les banques algériennes, sans distinction de statut, font de bonnes affaires, sur l'absurde Credoc, mais pas seulement. Et que leurs bonnes affaires ne sont pas forcément bonnes pour les investisseurs. Et surtout, on aimerait bien qu'on finisse, enfin, en Algérie, à se mettre d'accord sur les chiffres qui à force d'être clinquants et rose bonbon ne laissent rien voir… jusqu'à ce qu'une «autorité extérieure» vienne nous départager en donnant les chiffres présumés vrais. Pendant ce temps, le groupe de Brics se prépare à se doter d'une banque pour essayer de changer la donne. Il semble que l'Algérie pourrait être invitée à être de la partie. Ce serait triste si le syndrome Sawiris nous en dissuade. C'est dans les Brics que ça se passe ! Et les chiffres, sérieux et incontestés, l'attestent.

Sour ce : Le Quotidien d’Oran

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