La télévision et son rapport avec le pouvoir :Un enseignant en sciences politiques a plaidé pour un débat de fond

Publié le par Mahi Ahmed

Un enseignant en sciences politiques a plaidé pour un débat de fond

La télévision et son rapport avec le pouvoir

Par : Hafida Ameyar

Pour cet universitaire, les pouvoirs successifs ont tenté d’imprimer à ce média un fonctionnement en rapport avec leurs orientations idéologiques.

La deuxième journée du colloque de l’Association Les amis de Abdelhamid-Benzine (Alaab), qui s’est tenue à Riadh El-Feth (Alger), pour examiner les questions d’audiovisuel, s’est distinguée par certaines communications, dont celle de Kamel Sadou, un enseignant de la faculté des sciences politiques et de l’information.
Intitulant son exposé “La télévision dans le projet d’édification d’un État national”, ce dernier s’est penché sur la nature du pouvoir algérien et ses fractions ou de ses “blocs hégémoniques”, dont les conflits finissent par imposer une orientation (politique, idéologique, culturelle et/ou socio-économique) donnée. Pour M. Sadou, si “le bloc hégémonique moderniste”, incarné par le président Houari Boumediene, a permis à la TV algérienne de rattraper un grand retard et d’assurer une couverture sur tout le territoire national, le clan représenté par le nouveau chef de l’État, Chadli Bendjedid, se distingue par la “tentation libérale” avec ses effets sur le champ médiatique, voire par “la déconstruction de cette vision souverainiste”.
Puis est apparue l’heure du terrorisme qui, selon lui, correspond à “la vague néolibérale” et à la  “tentation de régler les conflits entre les blocs hégémoniques par la violence”. Dans cette phase, marquée par “des conflits de compétences, d’intérêts, de médiocrité et de domination de l’idéologie des milieux affairistes, la radio et la TV ont été mises sur la voie de la régression”, a poursuivi
M. Sadou. Plus loin, il a brossé un tableau noir sur ce qu’est devenu le milieu médiatique, surtout audiovisuel, dans un environnement dominé par un “réseau épais de prédation”.
“Aujourd’hui, il est impossible de faire du journalisme dans l’Algérie profonde”, a-t-il affirmé. Cet avis a été complété, plus tard, par notre consœur Salima Tlemçani, qui a admis, à propos du journalisme d’investigation, l’impossibilité de le mener, non pas seulement à l’intérieur du pays, mais également dans toute l’Algérie, en raison des blocages, dont le problème d’accès à l’information et celui des représailles contre “ceux qui donnent l’information”, et de “l’influence des notables”.
Lors du débat, Kamel Sadou a poursuivi sa réflexion à toute voix, alertant sur le “danger d’une influence hégémonique de type transnational” qui menacerait aujourd’hui les fondements de l’État national algérien.
Pourquoi ? Parce que “50 ans après l’indépendance, la question de l’existence de cet État n’est pas réglée” et parce que “les éléments d’effritement existent”. Aussi, l’enseignant plaidera-t-il pour “un débat de fond” sur le sens du sacrifice des martyrs de la Révolution algérienne.


H A

 

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