LA SITUATION EN LYBIE ET SES REPERCUSSIONS SUR L’ALGERIE

Publié le par Mahi Ahmed

« Analyse à chaud »

Par SACI BELGAT

 

LA SITUATION EN LYBIE ET SES REPERCUSSIONS SUR L’ALGERIE :

 

1-       accélération de l’histoire :

 

Depuis quelques mois nous assistons à une accélération de l’histoire dans la sphère arabo-musulmane. Notre sphère de développement, de vie et de rêve.

Longtemps cantonnés dans des rôles seconds, les peuples de la région relèvent la tête et ce dans un environnement mondial complexe et hostile.

Ce bouillonnement est le résultat de luttes sourdes mais têtues ; souvent  réprimées dans le sang avec la complicité des puissances occidentales sous le prétexte fallacieux de l’islamisme et du terrorisme.

 

QUAND LES PUISSANCES OCCIDENTALES S’EMEUVENT SUR LE SORT DES PEUPLES ARABES :

 

Tous les dictateurs sans exceptions ont défilé et se sont offert les honneurs et les frasques protocolaires et même plus, de ces états qui aujourd’hui les vouent aux gémonies.

En parade face à la critique de leur opinion, ils opposent le pragmatisme des besoins de la lutte anti-terroriste. Derrière cet alignement et les bals protocolaires se dissimulaient mal les contrats juteux des armes, du pétrole et autres.

 

Kadhafi ne sait-il pas offert le luxe de  renverser dans la semoule le président  Sarkozy et sa république !

 

Ce même potentat (Kadhafi)  dans un poker moteur a cru acheter la duplicité des occidentaux, en érigeant un mur protecteur des « invasions africaines » de leurs cotes. De même, qu’il a fait montre d’un zèle hors proportion dans ce qu’on appelle dans leur jargon la lutte anti-terroriste (massacre de la population de Benghazi).

 

Les rapports de force se sont brutalement inversés, la menace d’Al-Qaïda mise en avant un temps par ce potentat pour réprimer en silence son peuple n’est plus opérant.

 

Que s’est-il passé :

·         est ce une fièvre subite d’humanisme qui a embrassé les couloirs de l’Elysée  et des chancelleries occidentales– non l’histoire froide des relations entre états est là pour démentir cette hypothèse,

·         assiste- t-on à un repositionnement stratégique et à un éventuel abandon des priorités lexicales dans la définition de l’ennemi intime.

 

Si tel est le cas, la menace d’Al-Qaïda a t- elle cessé et par quel miracle ? Des questions, des questions, et l’avenir nous fournira des surprises quant aux manipulations de toute sorte de cette entreprise transnationale d’asservissement des peuples arabes.

 

 

Aujourd’hui c’est ce même président Sarkozy qui part dans une croisade qui ne dit pas son nom.

 

Ce qui se déroule devant nous porte la politique et les relations entre états au paroxysme de la lucidité et où les élites du monde arabe doivent encore et plus travailler d’arrache pieds pour garder en éveil leur peuple.

 

On ne peut comprendre quelque chose que si, et seulement si, on porte en bandoulière et tous les jours que dieu fait, les intérêts de son peuple et de sa société.

 

Qu’est ce qui s’est passé de si grave pour les intérêts impériaux de l’occident

 

Les changements en Tunisie et en Egypte ont bouleversé radicalement la donne. Incontestablement, les USA et en particulier la France qui court depuis des lustres derrière son ombre de vieille fille, puissance coloniale ont été pris de court.

Kadhafi un potentat brutal, et une opposition faite de bric et de broc, sans programme alternatif, sans cohésion, sans ancrage dans la société, leur offre une occasion de se placer et de contrôler à leur profit ces changements.

 

En attendant de nouvelles décantations inévitables dans la société Libyenne, il me semble que la première erreur de jeunesse des opposants c’est d’avoir pris les armes. Cette erreur procède de la  confusion entre lutte sociale et politique et lutte d’indépendance.

Si la lutte d’indépendance suggère d’avantage les moyens de la lutte armée, les luttes sociales et politiques sont d’un autre ordre, où les luttes pacifiques et les mobilisations larges et les coalitions frontistes sont les mieux indiquées.

 

Cette pédagogie révolutionnaire a été saisie en Tunisie et d’avantage en Egypte. En Libye et certainement aussi pour des raisons historiques et de maturité du mouvement social, ce fut un véritable cafouillage dont la société n’a pas encore finie de payer le prix des précipitations et de l’amateurisme révolutionnaire.

Ces erreurs saisies et mises à profit par les think tanks de l’Élysée, ces laboratoires d’idées  élaborent  un scénario « thin king. »  Et sa faisabilité.

 

Quelles ont été aussi les manipulations, si non le pousse chef à la prise des armes et à se lancer dans une entreprise de suicide et de risque de partition du pays.

 

Quels dessins régionaux poursuit-on, l’état algérien n’est-il pas en droit de craindre à terme une mise en orbite de cette fameuse république saharienne dont la France officielle n’a pas encore fait le deuil.

 

Sourcilleux des intérêts de la patrie, nous avons l’obligation morale de ne négliger dans ces mouvements historiques aucune hypothèse.

 

 

Acte 1 : on charge BHL le Philosophe  de service aux relents plus que racistes, pour réunir un parterre de pseudo opposants, la république ensuite se charge de labéliser le paquet. Malgré tous les habillages sémantiques, cette entreprise reste une monstrueuse machination de dérèglement, d’un patinage, voir même d’un renversement d’un processus de libération des peuples arabes, qui ne travaille pas les intérêts d’Israël et des pays occidentaux.

 

Acte 2 : la diplomatie française se charge du reste pour réunir un semblant consensus international, fragile et dans les contours juridiques sont à dessin laissés imprécis. En vérité et sachant que l’entreprise risque de s’embourber, il fallait donner du mou à ce processus.

 

Les scories de la ligue  arabe, viennent de l’apprendre à leur dépend. Une première fois quelques uns d’ entre eux (Qatar, Emirats arabes unis, Jordanie, Maroc) ont cru bien faire en confortant l’ami et le protecteur président Sarkozy. Ce soir, on assiste à un recul et une première fissure dans la coalition.

 

Quand on pense que tous les états européens mobilisés à cet effet, comme par hasard sont empêtrés dans des politiques islamophobes (France, Danemark, Angleterre etc.).

 

C’est en France où la république sous l’impulsion de son principal représentant est en chasse de son passé judéo-chrétien.

 

Comment demander aujourd’hui à une zone de culture et de tradition musulmane de se départir d’une de  ses composantes identitaires (même si je n’aime pas trop ce référent), quand les autres mettent en exergue leur ancrage religieux. Là est la question.

 

Tout en accordant à nos peuples de porter si loin qu’ils ne peuvent leur rêve et leur croyance, nous devons rester en éveil, soucieux des avancées et de l’avenir partagée de l’humanité.

 

Eviter ce piège de l’enfermement en ouvrant nos réflexions révolutionnaires au monde qui bouge  et en solidarité avec nos luttes.

 

 

Plus que des questions, l’on se demande si tout n’est pas entrepris pour sauver le soldat Israël et sa politique raciste et d’oppression.

 

Derrière toutes les intentions affichées, un seul, nous semble important à saisir. Cette coalition cherche à contrôler les évolutions futures. Enseigné par l’histoire positive de l’islam, pour aucun motif, elle ne laissera filer une libération démocratique et sociale du monde arabe dont le ventre est encore fécond des siècles de ses lumières.

 

Que peut avoir le Qatar, la Jordanie ou le Maroc avec des luttes démocratiques et d’autonomie des peuples. Aucun de ces trois royaumes n’est un exemple de démocratie et de bonne gouvernance. Derrière, une modernité surfaite, importée se cache au Qatar un système discriminant, raciste où l’étranger (exception   faite des maîtres occidentaux) est  atrocement exploité.

 

Le seul et unique flirt avec la modernité c’est la reproduction  mimétique et réductrice de ce qui a fait la grandeur artistique de la France (Sorbonne, le musée du Louvre), alors que sa propre société en est incapable de produire un foutu tournevis.

 

Acte 3 : ce sera le plus dur c’est de donner un coup de frein aux luttes et à la libération des sociétés arabes, au seul profit d’Israël et des intérêts impériaux de l’occident.

 

Acte 4 : importer et imposer  à des sociétés et des états déstabilisés des oppositions de pacotille, comme, il fut en Irak et en Afghanistan.

 

 Cette entreprise de dévoiement de cette révolution arabe est à l’ordre du jour de tous ces Think-tanks.

 

Là, il me semble encore qu’il faille compter avec le géni des peuples arabes.

Les surprises ne sont pas toutes produites, bien d’autres et de meilleurs sont attendues.

 

 

QUE COMPTE FAIRE L’ALGERIE :

 

Nous sommes véritablement à la croisée des chemins, quels sont les points forts et les points faibles du mouvement social en ébullition

 

Les points forts :

 

·         Ait Ahmed a raison dans sa lettre adressée à son parti (FFS) de souligner le géni du peuple et le fond inébranlable de novembre qui continue malgré tous les coups de boutoir d’étaler sa jeunesse et sa fécondité, ce me paraît la force essentielle de l’Algérie et de son peuple,

Malgré toutes les entreprises de ringardise, il reste le potentiel et le point de rencontre intergénérationnelle. 

·         Un enseignement raisonnée des années de vacillement de la république, où les boute feux sont très peu écoutés,

·         Un dépassement positif  de la ligne de fracture idéologique entre laïcs et islamistes – la société est en dépassement constant de cette fausse ligne de fracture.

·         Un mouvement social vivant et combatif

 

 

Les points faibles :

 

·        Un pouvoir discrédité et en rupture de banc avec la société, en tous les cas il n’est plus porteur de ses rêves et de ses espoirs,

·        Une classe politique infantile, plus près de ses intérêts mercantiles que ceux de la société,

·        Une forte dépendance avec l’ancienne puissance coloniale. La France entretient plus que tout autre état, les scories de la république coloniale- j’en arrive à la conclusion que la république dans son état actuel et le fonctionnement de ses institutions est dans l’ordre des pratiques néocoloniales.

 

Comment éviter le piège libyen :

 

Dans le message du président Bouteflika à l’occasion de la commémoration du19 Mars, en écho aussi à ce qui se passe dans la société, j’ai cru entendre une première inflexion positive.

 

Aucun esprit lucide et porteur des intérêts stratégique de la patrie et du peuple n’entend engager un bras de fer torride avec le système en place.

 

Il s’agit, d’apprendre à combiner de la manière la plus féconde et la plus audacieuse les luttes sociales et politiques, d’avec les ouvertures institutionnelles.

 

Ait Ahmed a raison d’attirer l’attention sur les dangers des précipitations et des manipulations inévitables.

 

La situation au plan international est trop complexe pour tutoyer ce danger, par contre les centres de décision doivent aussi saisir que la sagesse populaire ne signifie en aucun cas un blanc-seing

A leur politique et gouvernance désastreuses.

 

Les changements politiques radicaux sont arrivés à maturité, il s’agit de les traduire de manière sereine et sans concessions sur le fond quant aux intérêts du peuple et de la patrie.

 

 

SACI BELGAT

Le 20 Mars à 20 Heures

 

 

 

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