L'Europe condamne Hezbollah et se condamne à l'impuissance au Proche-Orient

Publié le par Mahi Ahmed

L'Europe condamne Hezbollah et se condamne à l'impuissance au Proche-Orient

par A. Benelhadj

 «La vraie sécurité ainsi que la défense et la promotion d'un ordre libéral dépendent toujours de la détention et de l'usage de la force militaire. C'est pourquoi, sur les grands problèmes stratégiques et internationaux qui se posent aujourd'hui, les Américains sont des Martiens et les Européens des Vénusiens.» Robert Kagan, La puissance et la faiblesse, 2003.

Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis ce lundi à Bruxelles, ont décidé d'inscrire Hezbollah libanais sur la « liste des organisations terroristes » de l'UE. L'inscription sur cette liste va avoir deux conséquences : un gel des avoirs du Hezbollah et l'interdiction de visa d'entrée dans l'UE pour les personnes concernées.

Les raisons explicites justifiant ce verdict mi-figue mi-raisin (seule la « branche armée » est visée) ne sont pas claires et vont éloigner davantage l'Europe de toute possibilité d'influence sur le cours des événements au Proche-Orient. C'est d'autant plus sérieux que l'Union Européenne est concernée et intéressée par ce qui s'y passe, dans une certaine mesure infiniment plus que les Etats-Unis.

On peut évoquer les importations d'hydrocarbures cruciales pour l'économie de l'Union et les grandes routes maritimes qui la lient à l'Asie émergente. On peut y ajouter la proximité géographique et la dynamique européenne avec l'ouverture aux pays de l'Est du continent.

Cela a commencé avec l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie en janvier 2007. Des négociations sur la base des critères de Copenhague ont été entamés avec la Turquie (en octobre 2005 et ouvertes officiellement en juillet 2010), quelles que soient les controverses entretenues en Europe associées à l'idée d'une telle intégration. L'Ukraine sera sans doute avec la Biélorussie ou la Moldavie (l'Islande, en attendant la Suisse et la Norvège, la galaxie ex-Yougoslave et pourquoi pas d'autres pays comme les pays du Caucase ?) sur la liste des futurs pays candidats qui auraient vocation à rejoindre l'Union. Naturellement, l'élargissement sans approfondissement préalable de l'Union et de l'Euroland, dans un contexte de crise économique et financière, a été à plusieurs reprises débattu.

Mais cela est une autre question. Le fait est qu'il n'est pas certain que ce type de décision hostile à Hezbollah – dont on peut ne pas partager les conceptions et la politique – contribue à davantage de paix dans la région et soit si conforme que cela aux intérêts de l'Europe.

On ne peut comprendre cette décision qu'en la rapportant à l'évolution globale des relations internationales depuis la fin de la « Guerre Froide » et aux tentatives américaines de contrôler plus étroitement les pays de la région en raison de leur importance géostratégique. Parallèlement, Israël continue sa politique de fait accompli en Palestine fidèlement à un plan établi avant 1948.

Comment expliquer la décision européenne ?

 Les ministres ont justifié leur décision en ce que la « branche armée » de Hezbollah a été reconnue coupable d'avoir été lié à des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen. A l'appui de cette accusation, il est fait référence à l'attentat à l'aéroport de Bourgas (Bulgarie) le 18 juillet 2012 qui avait fait sept morts - cinq Israéliens, un Bulgare. Les Européens citent également la condamnation en mars à Chypre d'un membre « présumé » du Hezbollah accusé d'avoir planifié une attaque contre des intérêts israéliens sur l'île (AFP le L. 22/07/2013 à 13h44).

Pourtant ce réquisitoire n'a objectivement que peu de consistance. L'auteur de l'attentat de Bourgas demeure à ce jour non identifié. Seulement de vagues présomptions : « il y [aurait] des pistes nettes menant vers le Hezbollah », a récemment affirmé le ministre bulgare de l'Intérieur, Tsvetlin Yovtchev. Il en est de même de la personne appréhendée à Chypre.

C'est bien léger pour fonder une accusation et une décision aussi graves.

Cohérence israélo-américaine.

À la différence des Etats-Unis et des Pays-Bas, qui ont placé sur leur liste noire le Hezbollah dans son entier, estimant qu'il était impossible de distinguer ses branches politique et militaire, les Européens limitent leur décision seulement à la branche armée du parti libanais[1]. La Grande Bretagne n'avait fait qu'anticiper la décision du reste des membres de l'UE, limitant sa condamnation à sa composante militaire.

La position de ces deux pays, il faut le reconnaître, ne manque pas de cohérence. Les Américains, comme les Israéliens, ne font aucune séparation pertinente entre le civil et le militaire, que ce soit dans le domaine économique ou dans le domaine nucléaire. Ces distinctions sont à l'usage des perdants et de leurs experts en déclinologie qui prolifèrent ces dernières années sur le « vieux continent ».[2]

L'état de paix est un état d'exception. L'état de guerre, un régime normal dans les relations internationales. «Le désordre est l'état naturel du monde, la forme organisée y est l'exception.» écrit, hobbesien à sa manière, J. Attali.

Washington a probablement raison de s'inquiéter à propos de la « bombe » iranienne. Mais comment reprocher à Téhéran de vouloir se doter d'une arme dont on sait depuis ses origines (le Général de Gaulle l'a très vite compris pour le compte de son pays) qu'elle est exclusivement une arme politique qui permet à un pays d'exister et d'être entendu sur la scène mondiale, par ses adversaires et par ses partenaires.

Comment reprocher aux Américains – dès lors qu'on a intégré leur logique de domination - de vouloir dissuader l'Iran de les dissuader (pour reprendre le concept gaullien de « force de dissuasion ») ?

Israël use de ce procédé avec raffinement. Peu importe que l'on croie qu'il ait ou non la bombe. Qu'il soit disposé ou non à l'utiliser « en cas de nécessité ». Cette incertitude – jamais levée - crée l'effet politique désiré. « L'ambiguïté créatrice » dont s'est servie Shimon Perez pour faire avaler tant de couleuvres à Arafat et le balader de Barcelone à Oslo.

Car cette arme est, chacun l'a compris, un fusil à un coup.

Ne s'use que si l'on s'en sert.

Depuis longtemps les Etats-Unis et d'Israël insistent pour que les Européens se décident à condamner Hezbollah et persuadent les plus rétifs d'entre eux (il en est) à s'y résoudre.

Il a leur donc fallu quasiment un an pour découvrir les prétextes qu'ils utilisent aujourd'hui pour franchir collectivement le pas. Pourquoi ce délais et surtout pourquoi ne pas condamner Hezbollah dans sa totalité ?

Le contexte syrien et le souvenir cuisant de l'été 2006.

En réalité, la condamnation tardive de Hezbollah n'a que peu à voir avec l'attentat en Bulgarie ou un d'un vague projet d'attaque ourdie par un vague membre de cette organisation libanaise.

Israël et les Etats-Unis continuent leur politique de démantèlement de l'axe Iran/Syrie/Hezbollah. Avec derrière tout cela, la Russie poutinienne pour cible fondamentale afin d'achever complètement la « fin de l'histoire ». En attendant de débarrasser le Pakistan de son armement nucléaire…

C'est l'entrée en scène de Hezbollah sur le champ syrien et la contre-offensive du régime d'Assad enregistrant succès sur succès, qui est à l'origine de cette condamnation qui va être complétée par un armement plus efficace des légions qui mettent la Syrie à feu et à sang. Pour abattre le régime d'Assad.

Israël a en outre un souvenir cuisant de la défaite que lui a infligée le parti de Cheikh Nasrallah au cours de l'été 2006. L'invincibilité de « Tsahal » a été gravement écornée, ce que les Israéliens n'ont pas oublié.[3]

Et Nasrallah ne s'est pas fait faute de le rappeler en réponse à la décision européenne : « Celui qui pense qu'un groupe de résistance qui a affronté pendant 33 jours la plus forte armée de la région (...) se soumettra à cette décision stupide est ignorant et se fait des illusions » (Reuters le J. 25/07/2013 à 02h25)

Il est à peu près certain, à suivre toutes les négociations avortées depuis Oslo et les illusions qu'elles ont suscitées, que les perspectives de tractations israélo-palestiniennes, difficilement arrachées par le Secrétaire d'État américain semble-t-il, n'ont qu'un intérêt dilatoire à l'avantage unilatéral d'Israël. Netanyahu a sûrement raison de proclamer que l'ouverture des négociations avec les Palestiniens est « vitale » pour Israël. Et les commentateurs en Israël auraient tort de penser qu'il s'agit de déclaration cosmétique seulement conçue à l'intention de l'électorat le plus extrême, notamment celui qui soutient mordicus les colons qui occupent la Cisjordanie. Il importe que les Palestiniens déclarent y croire. Même s'ils n'y croient plus…

L'état d'instabilité en Egypte, où l'élimination de Morsi ne se déroule pas aussi «pacifiquement » que Washington l'aurait souhaité, avec un retour progressif des Frères Musulmans dans la posture d'opposants relativement inoffensifs qui est la leur depuis des décennie, invite à la plus grande prudence dans la gestion du «dossier» palestinien[4]. C'est la même raison qui expliquait la « discrétion» apparente d'Israël tout au long de la guerre à l'Irak, à la Libye de Kadhafi ou lors de la déstabilisation de la Syrie. Discrétion, cela tombe sous le sens, ne veut pas dire inaction…

Abbas a freiné des quatre fers et jusqu'au bout à ne consentir à ces négociations que si Israël acceptait au moins de geler le processus de colonisation. On devine la forte pression exercée sur lui par les monarchies du Golfe. Il n'ignore pas que l'accord (aussitôt dénoncé par Hamas) qu'il a concédé au Secrétaire d'Etat John Kerry met en jeu sa légitimité si les tractations devaient s'achever comme d'habitude par un fiasco et une continuation du fait accompli en Palestine.

Se contenter d'exiger de la partie israélienne un engagement sur le gel de la colonisation, alors qu'à chaque fois que les Etats-Unis s'avisaient de le faire, les Israéliens lançaient en réponse de nouveaux programmes de constructions, comme la semaine dernière autour de Jérusalem, c'est de la part de Abbas prendre là un risque inconsidéré. Mais a-t-il vraiment le choix ?

Crépuscule européen.

Face à cela, une cacophonie européenne qui décide sans vraiment (se) décider.

Pourquoi cela ?

Dans un chapitre au titre pompeux intitulé « Le monde que l'Amérique a créé », R. Kagan (op. cit. p. 111) l'explique à sa manière : « Les Américains doivent se souvenir que l'Europe actuelle – à la fois l'Europe intégrée et l'Europe faible – est en grande partie la résultante de leur propre politique étrangère depuis un siècle ». Est-ce peut-être pour cela que Washington s'est décidé à tout reprendre en main… ? Kagan écrivait cela au moment où de Villepin ovationné, au Conseil de Sécurité, déclamait son opposition à la guerre américaine à l'Irak, en février 2003.

Avant que l'Europe – ex-PECO compris - ne bascule complètement dans le camp atlantiste. Avant que la France ne rompe avec une vieille stratégie gaulliste – peu à peu érodée - et ne place en avril 2009 ses forces armées sous commandement américain.[5]

Avec en perspectives (à observer la différence abyssale entre les budgets de défense), la disparition prévisible des industries militaires européennes ou, au mieux, leur confinement à des niches industrielles et à la sous-traitance dans les programmes du Pentagone.[6]

En sorte que la décision européenne est à la fois confuse et inapplicable. Avec une condition péremptoire que les commentateurs ne semblent pas avoir retenue : L'accord politique trouvé doit impérativement être transcrit juridiquement pour entrer en application – et pour cela reposer sur des « preuves ».

Il faut se rendre à l'évidence, la mise en œuvre de la décision européenne va s'avérer complexe car, outre la démonstration des attendus sur laquelle elle a été fondée, « il est très difficile d'identifier les membres de l'aile militaire », selon Waddah Charara, professeur de sociologie à l'université libanaise et auteur de « l'Etat Hezbollah ». « Nous en connaissons peut-être une vingtaine. C'est l'appareil sécuritaire, et non pas militaire, qui est le plus efficace et le plus dangereux chez le Hezbollah ». Selon lui, « les restrictions et les ambiguïtés de la décision de l'UE laisse une latitude assez large au Hezbollah, d'autant que ce parti a toujours avancé masqué et possède de nombreux relais pour agir ».

Sans doute, les pays européens tentent de ménager leurs relations avec le Liban qui avait pourtant appelé avec force les Européens à ne pas franchir le pas des sanctions, faisant valoir que le puissant mouvement représentait une « composante essentielle de la société » libanaise[7].

Les ministres européens ne manquent pas d'aplomb à affirmer que leur condamnation n'empêcheront pas l'UE de « poursuivre le dialogue avec tous les partis politiques au Liban », y compris donc le Hezbollah, qui joue un rôle de premier plan, notamment au sein du gouvernement sortant dirigé par le Premier ministre Najib Mikati.

Au demeurant, plus personne dans la région n'accorde le moindre crédit à leur volonté d'agir et encore moins à leurs possibilités de le faire. Les européens ont beaucoup promis et très peu tenu. Bien au contraire. La voix de la France est, dans ce cadre, complètement inaudible et l'avenir de son influence – un temps ressuscitée à l'occasion de son opposition éphémère à la guerre américaine en Irak en 2003 - très problématique.

Aujourd'hui, l'UE, sans défense commune, sans diplomatie ni politique extérieure autonome agit sous tutelle israélo-américaine[8]. Cela compromet de ce fait ses intérêts dans cette région et le rang dans le monde auquel elle aspire en tant qu'ensemble géopolitique intégré, distinct de son allié américain.

Il y a de ce point de vue un décalage significatif entre l'idée d'Europe dépeint par les Pères Fondateurs, la communication de la Commission à Bruxelles et la réalité sur le terrain.

L'Europe ne pèse plus que d'un poids d'appoint dans le règlement des conflits internationaux. Ici et ailleurs. Sinon peut-être à titre de preneur d'ordres, comme en Libye par exemple ou pour financer des constructions que détruisent les Israéliens. De cela, même les Européens ont fini par s'en convaincre. Il suffit d'écouter M. Rocard étaler avec une distanciation étonnante ses vagues à l'âme sur l'Europe que la Grande Bretagne a fabriqué après 1973…

Il est vrai que les hommes politiques aujourd'hui agissent peu et commentent beaucoup. A peine élus, ils trahissent leurs engagements. Est-ce pour cela qu'on ne les distinguent plus des journalistes qui s'aventurent de plus en plus dans des fonctions désertés par ceux qui n'assument plus les mandats que les suffrages leur ont confiés.

La nature (politique) a horreur du vide

Les Israéliens, eux, savent tout cela depuis très longtemps. Et en tirent largement parti. Les médias européens se gardent de rapporter ce qui se murmure dans les couloirs de la Knesset, à chaque fois que les Européens ou les Américains font mine (seulement cela) de les admonester ou de les menacer…

Il faut cependant apporter une nuance à ce tableau : si elle participe comme tous les autres de la stratégie commune dont elle ne peut complètement se départir pour des raisons historiques évidentes, l'Allemagne gagne peu à peu en autonomie et (paradoxalement) profite des contraintes constitutionnelles qui lui ont été imposées après 1945 pour prendre distance autant qu'elle peut avec les initiatives bellicistes engagées en Méditerranée et au Proche Orient. Elle tisse patiemment un réseau d'intérêts qui va de Berlin à Pékin en passant par Moscou et les anciens pays de la Mitteleuropa. Elle y trouve son compte et une éventuelle alternative stratégique future.

Il se trouve des observateurs arabes pour tirer des conclusions hâtives, se réjouissant des difficultés des putschistes égyptiens et des déboires des hordes barbaroïdes en Syrie, ainsi d'ailleurs que du chaos libyen, imaginant (et espérant) des défaites cuisantes des architectes du Nation Building américains.

Ce serait non seulement prématuré, mais ce serait aussi faire peu de cas de l'investissement considérable qui a été affecté à ces opérations. Ce serait mal connaître les stratèges de l'Empire à croire qu'ils renonceront facilement à leurs objectifs et que « tout » ne sera peut-être pas utilisé pour parvenir à leurs fins.

Ce serait aussi mal interpréter le Nobel de la Paix offert à Obama au début de son premier mandat. Car c'est de la « Pax Americana » dont le locataire de la Maison blanche a la charge, pas de la paix mondiale des exaltés de citoyenneté universelle. C'est un peu tout cela, dans une actualité et un contexte particulièrement dangereux, des événements dramatiques qui se font écho au sud et à l'est de la Méditerranée, qui se profile derrière la décision mi-figue mi-raisin des ministres européens des Affaires Etrangères.

[1] « Il est bon que l'UE ait décidé d'appeler le Hezbollah pour ce qu'il est : une organisation terroriste », a déclaré le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, en marge de la réunion avec ses collègues à Bruxelles. « Nous avons franchi une étape importante aujourd'hui en sanctionnant la branche militaire, en gelant ses actifs, en perturbant son financement et, ainsi, en limitant sa capacité à agir ».

[2] Pour saisir cette conception exprimée avec une franchise de cow-boy, il faudrait lire le petit livre de R. Kagan, cité plus haut, dans un contexte d'opposition, mal vécue par Washington, entre la France chiraquienne et les Etats-Unis Bushiens : «La puissance et la faiblesse. Les Etats-Unis et l'Europe dans le nouvel ordre mondial » Hachette 160 p. R. Kagan est membre de la Fondation Carnegie qui regroupe une théorie de « faucons » imbibés du mythe du « destin glorieux de l'Amérique ». Ecoutons Kagan : « … si les Etats-Unis ont joué un rôle décisif pour l'entrée de l'Europe dans ce paradis kantien, et s'ils jouent encore un rôle pour que ce paradis soit possible, ils ne peuvent pas eux-mêmes y pénétrer. Ils gardent les murailles mais ne peuvent en franchir le seuil » (p.119). Cela fait penser à la répartie du commandant de l'« USS Alabama » (Tony Scott, 1995) personnage interprété par G. Hackman : « Nous sommes là pour défendre la démocratie, pas pour la pratiquer ».

[3] L'opération « Pluies d'été » (Mivtza Gishmey Kayitz) est son nom de code évocateur en hébreu, choisi par les militaires israéliens, a fait un nombre terrible de victimes libanaises (le quart de la population du pays déplacé) et des dommages considérables aux infrastructures, de la partie sud de Beyrouth à la frontière avec Israël. Ce n'est pas sur ce bilan abominable que repose la défaite israélienne. Si l'on rapportait le nombre de victimes combattantes aux victimes civiles (arrêté début août 2006), le résultat est affligeant pour les « performances » de l'armée d'Israël : 591 libanais tués, dont 509 civils (86.1%), 29 militaires et 53 membres du Hezbollah. Du côté israélien : 93 tués, dont 57 soldats et 36 civils (38.7%) (Associated Press, 06/08/2006, 22h32). L'objectif était récupérer les soldats israéliens « kidnappés » et de détruire Hezbollah. Les soldats n'avaient pas été récupérés et Hezbollah est toujours là. Devant ce fiasco mortifère qui a, malgré le soutien des Etats-Unis qui ont bloqué toute condamnation d'Israël par les Nations Unies, fortement dégradée l'image du pays, les autorités israéliennes avaient dépêché une commission d'enquête pour situer les responsabilités et pour comprendre la cause de cet échec. CQFD.

[4] Obama, tout s'abstenant d'utiliser l'expression « coup d'État » -qui rendrait ipso facto impossible toute coopération avec l'Egypte-, s'est néanmoins déclaré suffisamment préoccupé de la situation actuelle pour reporter sine die la livraison prévue des chasseurs F16 à l'armée égyptienne. « Compte tenu de la situation actuelle en Egypte, nous ne pensons pas qu'il soit opportun de procéder à ce jour à la livraison des F-16 », a déclaré le porte-parole du Pentagone, George Little. (Reuters le mercredi 24/07/2013 à 19h39).

[5] Annoncé « d'abord » à Washington devant le Congrès par le président N. Sarkozy, le 07 novembre 2007. Et seulement après soumis aux députés français le 17 mars 2009. C'est dire…

[6] Les budgets militaires, en période de crise financière des Etats et de résorption impérative des déficits, servent de variable d'ajustement. La réalisation du projet Galileo progresse à vitesse d'escargot et la France achète des drones israéliens et américains.

[7] Le président libanais Michel Sleimane a lui demandé à l'UE de « revoir » sa décision en vue de « préserver la stabilité du Liban » (AFP le mercredi 24/07/2013 à 21h32).

[8] Le plus cocasse en cette affaire est qu'ils ont chargé une baronne britannique de sa diplomatie. Un aveugle qui confie son destin à un paralytique.

 Source: Le Quotidien d'Oran du 31.07.13

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