Hommage à Henri Alleg

Publié le par Mahi Ahmed

Cher André , Cher Jean

 Henri , votre père, mon admirable camarade, vient de nous quitter. Il avait un bel âge. Il avait une vie marquée par un engagement fort et continu pour la cause des déshérités, de la classe ouvrière, contre le système éhonté de l’exploitation de l’homme par l’homme, de l’oppression coloniale, pour la libération nationale et sociale et pour la construction d’une société de progrès et justice sociale.

Son internationalisme était exemplaire et sa fidélité à la cause prolétarienne n’a été ébranlée par aucune des méandres ou des divagations théoriques ou pratiques qui ont marqué le  mouvement communiste et ouvrier international de même que l’URSS et le système socialiste mondial.

J’ai connu Henri dans des moments difficiles où se révèlent les qualités forgées et trempées par un engagement sans cesse mis à l’épreuve de la clandestinité, de la répression, de la  nécessité de la continuité de l’action militante. Son sens de l’organisation, du travail précis et bien fait, d’une discipline consciente, sa soif toujours inassouvie du savoir, sa vivacité frappée d’un humour inépuisable, ont  été, pour moi et tant de camarades, une véritable école où nous avons tant appris.

Henri avait l’Algérie au cœur et il lui a tant donné. La « Question » parle éternellement pour lui et marque  pour l’histoire son dévouement à notre pays.

Les travailleurs, les paysans, la jeunesse, les intellectuels algériens ont pu mesurer, à travers Alger Républicain dont il était le directeur dans les années de braises de la lutte anticolonialiste et dans les premières années de l’indépendance nationale, la force et la valeur de son apport pour faire de journal le défenseur de leurs causes et de la cause nationale.

Puisse Henri reposer en paix. Nous lui serons à ja&mais reconnaissants.

Je vous exprime mes sincères condoléances et vous souhaite beaucoup de courage.

Mahi Ahmed

PS :Ton exemple    A Henri Alleg

Tu as dit un mot plus percutant qu'une balle
Tu as dit un mot plus vivant que nous
Tu as limé l'outil pour éviter la rouille
Je t'ai appelé et l'amande m'a livré
Trois lettres et comme toi j'ai dit NON
Et comme toi j'ai vaincu les monstres


Bachir Hadj Ali
Chants pour les nuits de septembre -1965-
in L'Arbitraire, Editions de Minuit, 1965

 

 

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