Etats-Unis : la férocité libérale

Publié le par Mahi Ahmed

Etats-Unis : la férocité libérale

Jusqu'ici, les Etats-Unis ont réussi, grâce à leur hégémonie économique, à accumuler suffisamment de richesses et à aspirer une grande partie des ressources mondiales. Ils demeurent, par conséquent, la première puissance mondiale. Même si, cependant, la population du pays sombre par millions de personnes dans la pauvreté et dans l'exclusion. Un phénomène qui ne semble pas devoir s'inverser, avec la persistance de la crise qui ne laisse pas encore entrevoir le moindre signe de reprise. Alors que des puissances montantes, dites " émergentes ", comme la Chine, font irruption sur le marché mondial et réduisent dangereusement l'espace vital des multinationales étatsuniennes. Une situation qui laisse présager un effondrement de tout le système mis en place depuis deux siècles, au moins. Même, l'Amérique latine, la " chasse-gardée ", la " profondeur stratégique " de Washington, a connu de profonds changements politiques avec l'émergence de courants populaires, qui ont porté aux pouvoirs des mouvements très peu enclins à céder de leur souveraineté nationale et très soucieux de la préservation de leurs économies de la prédation mondialisée. Ainsi commence à se poser la question de la paix sociale, rendue possible dans le passé par les capacités de l'appareil économique et institutionnel à absorber les demandes d'emploi, à assurer une large distribution de revenu et une consommation qui procède du gaspillage le plus éhonté. Des manifestations, pas seulement inspirées du dit " printemps arabe ", ont eu lieu, qui ont ciblé Wall-Street, le sacro-saint centre du capitalisme international. Une première dans l'histoire du pays et des mouvements sociaux émaillent l'espace public. Dans ce contexte, le président Barak Obama veut soutenir l'idée de réformer le système de santé, qui repose frileusement sur la notion de commercialité des prestations médicales, et exclut toute concession à une quelconque forme de gratuité. Un débat acerbe déchire la classe politique, au point que le vote du budget 2014 est bloqué, quitte à paralyser les institutions publiques (sauf l'armée bien sûr). Paradoxalement, une grande partie de l'opinion publique, voire la majorité, est hostile à une telle réforme, appelée l'"Obamacar ". Au Congrès, ce sont les " républicains " qui sont au front. Obama doit retirer sa loi ou affronter un blocage de l'administration du pays. Une radicalisation de l'ultralibéralisme est apparue, illustrée par le Tea Party, un salafisme en quelque sorte qui prône un retour aux principes fondateurs des Etats-Unis, de la guerre d'indépendance, ceux du dieu-marché. Pour exprimer la férocité du Tea Party, citons l'un de ses représentants, Trent Frank, qui " pense vraiment qu'Obamacare sera la première étape de la transformation quasi-irréversible de l'Amérique en une économie socialiste ". Rien que ça ! C'est dire en une simple phrase, la férocité de l'idéologie qui constitue la politique étatsunienne. Ici, il ne s'agit pourtant que d'obliger les citoyens à souscrire une assurance-santé qu'ils paieront, mais sans que les assureurs-maladie puissent refuser, sous prétexte d'un bilan de santé défavorable, ou appliquer une majoration aux femmes. Nous sommes tout de même à des lieues de la gratuité des soins.  

 

Par Ahmed Halfaoui 

http://pressealgerie.pressdz.com/open-111028-les-deacute-bats.html

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