En Israël, le succès se mesure au service combattant

Publié le par Mahi Ahmed

Bienvenue au fascistan

Gidéon Levy - Haaretz

 

publié le mardi 11 août 2009.

 

En Israël, le succès se mesure au service combattant

 

Je suis heureux de vous accueillir à Sparte. Le Fascistan est ici.

Vendredi, Yedioth Aharonoth a consacré ses quatre premières pages aux résultats d’un sondage commandé par l’armée (IDF) et le Ministère de l’Education.

Le titre s’étalait : « Test : être prêt ou esquiver le combat ». Suivait une liste de collèges du pays classés selon le taux de service dans les unités de combat de l’IDF parmi les diplômés du collège.

L’école Sde Eliyahu [1] et la yeshiva Hispin [2] sont en haut de la pile dans un pays où le combat est ce qu’il y a de mieux, mon frère. Dans la plupart des autres pays du monde, y compris des pays moins prestigieux, les écoles sont en compétition sur les réussites éducatives et intellectuelles de leurs diplômés et sur leur futur succès dans la société. En Israël, le succès se mesure par le service combattant.

Tandis qu’Israël traine lamentablement derrière chaque classement éducatif international, il encourage et est fier du service militaire de ses étudiants, un substitut discutable.

Servir dans l’armée est nécessaire. Ceci a peu de choses à voir avec l’éducation. Une armée est une entité qui entraine ses membres à une obéissance aveugle, alors que les écoles doivent éduquer en inculquant la pensée créatrice.

Le travail d’une école est de diffuser la connaissance et des valeurs aux étudiants. A ce registre, elles ont enregistré à échec honteux, l’une après l’autre. Les tests internationaux des années récentes ont révélé le système éducatif israélien pour ce qu’il est, vues les réalisations particulièrement maigres qui ne font qu’empirer. Les résultats du dernier TIMMS (Trends in International Mathematics and Science Study = Etudes sur les développements internationaux en mathématiques et en sciences) enregistrées par nos étudiants les ont placés au 24eme rang en maths et au 25eme en science sur 49 pays participants. Israël est derrière l’Arménie, Chypre et la Malaisie. Dans les examens Mitzav donnés aux élèves des écoles élémentaires et secondaires, le score moyen en maths était 44 et celui en études hébraïques 68. Les résultats des examens PISA laissaient Israël à la 39eme place en science et à la 40eme place en lecture et en mathématiques sur 57 Etats de l’OCDE qui donnèrent le test à leurs étudiants.

Mais on n’a pas besoin de ces examens pour savoir que le niveau d’éducation de ceux qui finissent l’école en Israël est abominable – et ne fait qu’empirer. Sur le long terme, c’est un signe avant-coureur de mauvaises nouvelles pour Israël, bien plus dangereux que le programme nucléaire iranien. Les enfants ne lisent ni livres ni journaux. Les questions posées au hasard à l’école suscitent le ridicule, voire la peur, une fois les réponses reçues. En plus, la violence à l’école augmente, les couteaux ont remplacé les livres et les poinçons ont pris la place des carnets de notes.

Notre substitut pour une bonne école, un éducateur et donneur de connaissance : le service dans les unités de combat, l’opération des checkpoints, les meurtres ciblés, les arrestations et autres routines de l’IDF. C’est ce dont nos écoles sont fières.

Richard Cohen, un journaliste du Washington Post, a écrit récemment sur la fierté de sa classe d’une école de Queens à New York dont trois étudiants remportèrent le prix Nobel, un autre devint un psychologue renommé et un autre encore une joueuse de basket au top niveau.

Récemment, une école de la vallée de Jezreel a revendiqué le mérite d’un ‘exploit’ similaire : huit de ses diplômés servent dans l’unité d’élite Sayeret Matkal. Maintenant on sait que Makif Sulam Zur est une meilleure école que Thelma Yellin à Givatayim ou Ironi Alef à Tel Aviv.

Pourquoi ? Parce qu’elle a été notée 84, Thelma Yalin à reçu une note dérisoire de 46 et Ironi Alef un 58 dans un test national de service combattant.

Le fait que ces deux dernières écoles ait produit certains des jeunes les plus créatifs ces dernières années alors que personne n’a rien entendu de ceux issus de Makif Sulam Zur, à part l’armée, ne compte pour rien.

Le temps est venu pour les écoles d’être jugées par des standards réels, une contribution à la société non mesurée les servicee de l’armée. Il y a d’excellents étudiants qui ont fait d’importantes contributions à la société, dans les domaines de la science, de l’art, des lettres et de l’université, et qui n’ont ne se sont pas embarqués dans des missions provocatrices.

Israël devrait en avoir fini depuis longtemps avec ses douleurs d’enfantement. Il devrait se réveiller de l’époque où le service militaire était peut-être l’indicateur le plus important. Ces jours sont finis. L’IDF opère d’abord comme une armée d’occupation. Servir l’armée n’a rien à voir avec l’acquisition de valeurs ou avec une éducation supérieure.

Les directeurs d’école doivent s’abstenir de tout effort d’adapter la position de leurs institutions d’éducation à l’échelle du militarisme. Ils ont des tâches bien plus importantes.

D’autre part, Tel Aviv, dont les écoles ne semblent pas au sommet de l’échelle du service combattant, ne doit pas se sentir coupable. Il fournit la vraie colonne vertébrale de la société.

La motivation pour le service combattant devrait être laissée à l’IDF, et la tâche d’éduquer aux écoles. Il n’y a pas de rapports entre eux.

[1] Ecole d’un kibboutz religieux de la région de Beisan (Beit Shean) [ndt] [2] Yeshiva hesder (donnant une formation militaire) située dans le Golan syrien occupé [ndt].

source :

http://www.haaretz.com/hasen/spages/1106409.html

 

Publié dans Information

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article