A propos de ta contribution « débat sur le coup d’état avorté de 1990 »

Publié le par Mahi Ahmed

« A propos de ta contribution « débat sur le coup d’état avorté de 1990 »

Ce n’est certainement pas que sur ce sujet où on a fait à peu près faux, le M.C.I dans sa globalité regardait par la lorgnette de l’histoire. Il a sacrifié et mis sous le boisseau le Marxisme en tant que théorie vivante pour  s’en tenir uniquement à la  fermeté idéologique « nécessaire » face à l’adversaire. Le soutien aux dirigeants de l’URSS primait sur toute autre question et notamment et y compris sur les intérêts spécifiques des peuples.

Sadek HADJERES a eu raison de regarder du côté du PCF et signifier qu’au moment de la lutte de libération, les intérêts nationaux sont rentrés en conflit avec l’internationalisme tel qu’il était compris par le parti communiste français.

Je crois qu’il n’ya pas mieux que de reprendre in extenso  le passage sur la question

« Peut-on rattacher certaines des approches unilatérales ainsi constatées à la prégnance ou à l’incompréhension de formules lapidaires, ambiguës ou détachées de leur contexte telles que : « les prolétaires n’ont pas de patrie », « la religion opium du peuple” ou “Ni Dieu ni César ni tribun” ? D’un côté les communistes français se dégageaient à juste titre de ces étroitesses en deçà des Pyrénées ; ils réconciliaient la Marseillaise et l’Internationale, ils glorifiaient la fraternité de lutte patriotique entre “ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas ». D’un autre côté, et dans le même temps, au-delà des Pyrénées, les mêmes sous-estimaient ou contrecarraient l’élan libérateur des valeurs nationales d’autres peuples tels que ceux du Maghreb. »

Ce regard critique vaut aussi pour la période post- indépendance et sur de nombreuses questions aussi  bien  nationale qu’internationale.

 

De ce point de vue même  l’adhésion aux conclusions du XXVI  congrès du PCUS  fût formelle.

Aucune correction fondamentale ne fut apporter au disfonctionnement stalinien, au contraire on a continué à noyer le débat dans  des formules lapidaires sans incidences sur la vie.

La tare spécifique du Stalinisme en est exactement la subordination et l’effacement des intérêts stratégiques des peuples et des nations devant l’unité militarisée du M.C.I et de son bras séculier le P.C.U.S. Cette formulation sclérosée et abstraite de l’unité de classe a été reconduite à tous les échelons de commandement des partis communistes. Elle devient le substrat sur lequel s’est greffé toutes les déviations et autoritarismes de gauche.

S’en éloigner ou tenter une critique, une virgule à la marge coûte à son protagoniste, parti ou individu, le rang très méprisé de paria. La formule consacrée de l’époque était « exclu pour déviationnisme de droite ».

 

Il me semble, en laissant aux historiens indépendants le soin de tout analyser,  que chaque fois que l’on s’éloigne de la démocratie, du débat et de la fermeté imposée par les conditions présentes de la lutte c’est l’organisation dans sa totalité qui en pâtit. La production intellectuelle,  est débarrassée de tout ce qui fait sa singularité à savoir les avis contradictoires. Nous l’avons en même temps que l’ensemble du M.C.I expérimenté à notre détriment.  La démonstration nous fut donnée par les fondateurs du Marxisme. Force est  de retenir que la période de MARX et de LENINE a été la plus démocratique et la plus féconde  en matière de production intellectuelle.

Ces deux théoriciens dirigeants avaient sur les autres la faculté intellectuelle du débat le plus aiguisé, le plus exigent mais en même temps le charisme des grands dirigeants.  Ils n’ont pratiquement pas eu à user de méthodes coercitives pour s’imposer. L’audace de LENINE  dans la NEP l’a poussé jusqu’à envisager un dépassement du capitalisme en lui empruntant  ses techniques managériales. On imagine le renversement de situation, si la direction Bolchevick de l’époque en a appliqué dans le principe et la méthode ce nouveau programme de gouvernement.  L’expérience à postériori nous apprend que chaque fois que l’on s’éloigne du débat, les lunettes théoriques sont inadaptées, la vue est trouble et les objectifs sont mal sériés.

Chaque fois que la théorie cède devant les bavardages et les formules grossières convoquant au poids du nombre de citation de K.MARX, V.I. LENINE et de A. GRAMSCI, c’est les entourloupettes sujettes à tous les reniements qui s’annoncent dans ce vacarme, et c’est justement ce qui s’est passé dans notre « maison ». 

Généralement quand on s’adonne à cet exercice c’est qu’on manque de confiance en soi, même dans les   sciences de l’investigation  rien ne se reproduit  à l’identique. Chaque moment invite sa propre voie et c’est comme ça qu’on fait  montre de son intelligence à ouvrir les voies les moins couteuses en larmes et en sang à ceux qu’on est cens é conduire à la victoire.

A postériori et dans l’état de déliquescence organisationnel du M.C, il est simple d’en parler, de commenter. Aussi, le faire sans un programme et sans volonté tenace de reconstruction d’un vrai parti de gauche marxiste relèverait du simple voyeurisme.

Voilà pourquoi je trouve que vos blogs peuvent être la plateforme par laquelle transitent les débats et notre volonté partagée de reconstruire un parti de gauche. Sadek HADJARES et ceux des camarades de l’ancienne direction restent de mon avis extrêmement prudents et pourtant ils  ont  beaucoup de choses à dire notamment aux jeunes qui viennent au combat politique. Reste que  nous sommes en droit non seulement d’exiger la restitution de cette histoire du pays, mais aussi de leur demander de mettre au service de la recomposition de la gauche leur expérience accumulée.

Je sais comme toute la « cuvée  » des amis et des camarades des années 1970 que l’âge est à la fois notre ami et notre ennemi. D’un coup nous avons gagné en sérénité, pour être au fait du  parcours   des uns et des autres, nos pieds sont bien à plat sur la terre ferme et c’est un gros avantage, mais de l’autre nous avons atteint un âge où la moindre hésitation, reculade se paie rubis sur ongle.

C’est un secret de polichinelle de dire que de nombreuses contributions de l’époque du PAGS ont été simplement et surement mise au placard de l’oubli. Le fait de taire ces scories de fonctionnement n’a pas arrêté ou empêché la crise et l’éclatement en vol du parti. En ce temps, il aurait été salutaire de précipiter la crise et de reconstruire l’organisation sur la base d’un débat franc et une base de compromis tout le temps en mouvement.

Au fond, la direction ne connaissait pas très bien l’extraordinaire vivacité des camarades intermédiaires, le peu de confiance qu’elle avait  en leur capacité a  fait que les luttes et dissensions internes ont été confinées à la stricte intimité des cercles de copinage. Ce cordon sanitaire tissé autour d’elle a facilité le travail du  ouï - dire   au lieu d’aider à la clarification des enjeux et au débat viril et franc.

Vu prospectivement la crise du parti, de mon point de vue, révèle des  moments qui nous obligent à débat pour remonter la pente :

 

 

  • Une ligne politique très peu élaborée ; cette ligne a forcé artificiellement sur l’unité dialectique entre les intérêts des masses laborieuses, du pays et  ceux du socialisme « réel » ;

Le système politique de  AHMED  BENBELLA à CHADLI BENDJID a admirablement su jouer de cette ambiguïté et l’a  mis au  profit des intérêts stratégiques des castes qui le compose. Il collait assez bien aux dogmes « anti-impérialistes » pour mieux enfoncer le pays dans la soumission et le reniement historique de ses intérêts.

Au fond, les citoyens et notamment les jeunes ont mille fois raison de confondre ce système d’avec le colonialisme et Il ne revient pas à nous d’adoucir les mœurs de cette frange du peuple vivant. Notre boulot au plan politique c’est justement et simplement de doter ces citoyens en lutte d’une organisation capable d’en faire des acteurs historiques de leur propre destin.

« L’analyse concrète d’une situation concrète » n’a de sens au plan Marxiste que si et seulement si, elle est conduite à son terme. Dans le cas soumis à l’étude c'est-à-dire l’Algérie de 2009, la question principale et principielle revient à l’édification d’une organisation de gauche. A l’évidence, on ne peut être communiste et en même temps impassible et nu comme un ver, sujet à toutes les plaisanteries qui ont cour.

Ceux qui nous connaissent n’arrêtent de nous interpeler et c’est la meilleure reconnaissance posthume pour ceux et celles qui nous ont quittés.  Malgré toutes les sollicitations mafieuses,  nombreux sont restés droits dans leur botte de communistes. C’est ce deuxième moment qui n’est pas inintéressant à analysé,

  • Globalement les camarades composant le gros des troupes des échelons intermédiaires de direction ont sauvegardé l’intégrité et la probité qui fondent les piliers sur les quels se reconstruit une organisation de gauche. Cet atout non négligeable resté en friche doit être au plus tôt investi.
  • Au delà de son aspect anecdotique, ce comportement prouve si besoin est que dans son essence le parti n’était pas ce corps étranger à la société dont glose nos amis ou supposés et nos ennemis.
  • Pour mieux nous assassiner politiquement nos adversaires slaloment en fonction de la tournure du vent et de l’opportunité du piège soit sur notre accoudement au système politique ou notre proximité évidente avec le P.C.U.S. Mais ils oublient et dans une adversité totale,  la quasi majorité des camarades sont restés attachés à leur premier amour politique.
  • La démonstration en est faite que notre peuple est porteur de cette quête de bonheur autant si non plus que d’autres.
  • A ce propos je voudrais exprimer un avis sur la contribution  de SAdek HADJERAS «  théorie et pratique dans le mouvement communiste algérien »,  je ne sais sur quel angle, il analyse l’islamisme, si c’est du point de vue organisationnel  le FIS est l’expression achevée de la droite la plus réactionnaire, il s’apparente  à une organisation fasciste et doit être combattu en tant que tel, par contre la où je le rejoins c’est que l’islam peut être une voie par laquelle s’exprime des revendications radicales et populaires.
  • Dans ce paysage où la religion continuera longtemps à imprégner les luttes politiques, notre place dans le combat ne doit pas emprunter des voies sinueuses – du style « faire plaisir au berger sans contrarier le chacal ».
  • Notre identité de communiste n’est aucunement en décalage par rapport aux principes de justice que se font les masses de l’islam. En ce sens nous n’avons ni à nous renier au plan philosophique ni à nous fondre dans une entité identitaire que l’on croit mono bloque.

Saci belgat

 

  

 

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