Travailleurs du Sud

Publié le par Mahi Ahmed

Travailleurs du Sud

Les syndicalistes dénoncent

les multinationales et l'UGTA

Ces entreprises, installées dans notre pays avec facilité et sans aucun apport quelconque,

agissent aujourd'hui dans une impunité totale.

Des syndicalistestravaillant au sein des entreprises multinationales de catering installées à Hassi- Messaoud et opérant dans le suddu pays ont tenu à dénoncer hier, lors d'une conférence de presse organisée à la maison des syndicats à Alger, les conditions de travail et les pratiques «humiliantes» des responsables de ces entreprises. Ces derniers sont, pour la plupart , «étrangers» et «pas forcément qualifiés pour occuper leurs postes». Ces entreprises, installées dans notre pays avec facilité et sans aucun apport quelconque, agissent aujourd'hui dans une impunité totale au mépris des loiset de la législation du travail. Dressant un tableau peu reluisant de la situation des travailleurs au sein de ces entreprises, ces syndicalistes dénoncent, par ailleurs, «le silence de l'UGTA ainsi que celui des différentes institutions de l'Etat qui ont été saisies». Yacine Zaïd, secrétaire général de la section syndicale du groupe Eurest- Compass, forte de près de 1300 adhérents, a été licencié de son poste depuis le 30 juillet 2007 pour avoir osé créer une section syndicale et dénoncer «les pratiques esclavagistes et humiliantes des responsables d'Eurest».

«Ils brassent des millions de dollars pour leurs actionnaires américains et juifs et nous traitent comme des animaux» s'insurge-t-il.

 

Depuis  son licenciement, il fait face à un acharnement et un harcèlement continus de la part de son exemployeur qui a déposé contre lui plusieurs plaintes auprès de la justice. «Je ne me rappelle plus combien de plaintes ils ont déposé contre moi, ni combien de fois j'ai comparu devant un juge» affirmet- il. Réduit financièrement depuis, il a continué à plaider sa cause par différents moyens, entre autres la création d'un blog sur le Net. Livré à lui-même, il affirme avoir «reçu

le soutien de plusieurs organisations syndicales à travers le monde, mais pas celui-de l'UGTA». D'ailleurs, indique-t-il « le secrétaire général de l'Union de Wilaya de Ouargla, Slimane Skir, avait même procédé au gel de la section syndicale, ce qui a permis à Eurest de me licencier ». Il affirme, également avoir rencontré le secrétaire général de l'UGTA, Sidi Saïd, qui lui avait promis d'intervenir plusieurs fois, mais «sans aucune suite». Son collègue, Amar

Merzoud, chef cuisinier à Eurest, est également licencié de son poste, en compagnie de 20 autres travailleurs et poursuivi en justice pour «incitation à la grève». Aujourd'hui, après plusieurs procès, il a fini par avoir gain de

cause, mais la direction d'Eurest refuse de le réintégrer dans son poste. « Ces gens méprisent la justice algérienne, sinon, comment expliquer qu'ils refusent d'exécuter une décision de justice ? » s'interroge-t-il. De son côté, Nouar Ali affirme avoir été licencié, lui aussi, de son poste au sein de l'entreprise Miswaco pour ses activités syndicales. A son tour, il a sollicité l'UGTA pour une quelconque aide, mais «notre appel est resté lettre-morte » indique-t-il. Indiquant que la boite américaine et dirigée par un Egyptien, «importe même les produits alimentaires d'Egypte, alors que

ceux-ci existent sur le marché algérien », il assure que « c'est un lobby égyptien installé à différents niveaux de la société qui bloque la création d'une section syndicale». Par ailleurs,il indique avoir entièrement perdu confiance en

l'UGTA, mais il ne désespére pas de faire aboutir leur cause et de recouvrer leurs droits. Ces syndicalistes affirment qu'ils comptent ester l'UGTA en justice pour abandon et non assistance à des travailleurs lésés dans leurs droits. Cela intervient, ironie du sort, alors que l'UGTA célèbre le cinquantième anniversaire de la disparition de son fondateur, Aïssat Idir.

Boudjemaâ Medjkoun

Publié dans Economie et société

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