Provocation et lâcheté

Publié le par Mahi Ahmed

Provocation et lâcheté

Le pouvoir du crime organisé s'installe et se consolide en Algérie. Couverts au plus haut niveau, et de ce fait, assurés de l'impunité, les promoteurs du terrorisme islamiste redoublent de férocité et de provocation, insultant ainsi la mémoire des citoyens, des policiers, militaires et gendarmes morts pour l'Algérie. Récemment, Ali Benhadj s'est présenté à la mosquée du quartier de l'Appreval, à Kouba, en tant que « dirigeant du FIS », a-t-il précisé, pour fustiger violemment le pouvoir. Pour rappel, dans ce lieu de culte, officiait un imam qui recrutait des terroristes pour le GSPC. Démasqué, il a été arrêté mais malheureusement acquitté. Pis, il a repris ses fonctions au même endroit sans que le ministère des Affaires religieuses y trouve à redire. C'est au tour de Layada de prendre le relais. Dans une interview à la chaîne de télévision saoudienne, Al Arabya, ce criminel s'est dit « fier d'avoir créé le GIA ». Il n'est pas étonnant que les Saoudiens fassent l'apologie du terrorisme islamiste en donnant la parole à un tel individu. Le régime wahhabite avait soutenu la guerre déclenchée contre le peuple algérien par le FIS, estimant que l'instauration de la démocratie en Algérie menaçait à terme toutes les monarchies du Golfe.

Quant à Layada, il n'en est pas à son coup d'essai. Le tôlier de Baraki multiplie déclarations et interviews dans des titres complaisants pour se donner une importance et un rôle qu'il n'avait jamais eus dans le déroulement des événements. Se rendant d'ailleurs compte de la supercherie, les Marocains, chez lesquels il s'était réfugié, l'avaient vite réexpédié dans son pays natal. Condamné à mort, il aurait dû se trouver deux mètres sous terre pour l'horreur unique dans l'histoire de l'humanité que son organisation a imposée à travers le territoire national. Grâce à la « charte pour la paix et la réconciliation nationale », il se retrouve non seulement libre, mais il se permet de narguer ses victimes et tous ceux qui ont permis à l'Algérie d'échapper à la « talibanisation » et de rester ainsi debout. Le plus grave dans toute cette affaire est que personne ne remet à sa place ce criminel. Le premier interpellé est le président de la République qui est l'initiateur de cette charte et qui est de ce fait responsable de son respect et de son application. Le second est le ministre de l'Intérieur, dont personne pourtant ne doute de son anti-intégrisme. Son silence incite à des interrogations. Enfin la justice, que la loi autorise à s'auto-saisir dans un tel cas, observe la politique des trois singes alors qu'on l'a vu prompte à la dégaine quand il s'est agi de « délit » de presse. Attend-elle les instructions « d'en haut » ? C'est devenu malheureusement un mode de gouvernance. Et c'est la justice, épine dorsale d'un Etat digne de ce nom, qui est perdante. La lâcheté est en train de miner tous les rouages de l'Algérie.

Tayeb Belghiche

21 juillet 2009

 

Publié dans Information

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