Un bouc émissaire tout désigné pour les macronistes

Publié le par Mahi Ahmed

Un bouc émissaire tout désigné pour les macronistes

par Kharroubi Habib

 

 

En France, dans le camp Macron l'explica tion est toute trouvée quant à une possible victoire au second tour de l'élection présidentielle de Marine Le Pen, la candidate du parti d'extrême droite le Front national. Le bouc émissaire pour leur défaite est en effet déjà clairement montré du doigt par Emmanuel Macron et ses soutiens. C'est Jean-Luc Mélenchon le candidat malheureux de la « France insoumise » qui a refusé de les rallier et d'appeler les sept millions d'électeurs ayant voté pour lui à faire barrage à la candidate de l'extrême droite en votant pour leur candidat au second tour.

 

Ceux qui chargent déjà Mélenchon du péché de faire le lit à une possible élection de Marine Le Pen sont en majorité des acteurs politiques et des gens des médias dont la responsabilité est autrement plus avérée dans la montée en puissance du Front national dans le paysage politique français et de l'attrait qu'exerce sa présidente et candidate. Faisant partie d'un système politique dont ont émané des pouvoirs de droite et de gauche ayant pratiqué des politiques anti-populaires, les détracteurs du leader de la France insoumise ont sans vergogne emprunté au Front national certains des fondamentaux de son programme électoral qui le classent incontestablement en tant que parti d'extrême droite.

 

Leur lepénisation dont ils refusent d'en reconnaître la réalité a entraîné qu'ils sont devenus moins franchement pourfendeurs du Front national et de ce qu'il représente. Certains allant même à trouver qu'avec à sa tête Marine au lieu de son père, ce parti en est devenu fréquentable pour avoir pris ses distances avec le corpus doctrinal qui a été le sien avec Jean-Marie Le Pen. Sorti par eux de l'ostracisme dont il était l'objet, le Front national est devenu moins rebutant pour une partie sans cesse grandissante des Français devenue perméable aux idées qui sont les siennes d'autant qu'elles ont été reprises par des partis qui ont été ses repères politiques mais dont elle s'est détournée s'étant sentie trahie par eux.

 

Les médias français ne sont pas sans reproche dans la montée en puissance et en popularité du FLN auquel en prétextant de leur refus de sa diabolisation ils se sont mis à octroyer sans mesure l'accès à leurs plateaux et à choyer en courtisans sa présidente et autres portes-paroles. En ce deuxième tour de la présidentielle, le camp Macron est devenu une nébuleuse où ceux qui ont mis le pied à l'étrier au Front national et ont été tentés de faire du Le Pen sans Jean-Marie ou sa fille ambitionnent de se refaire une virginité. C'est dans ce but qu'ils pourfendent Jean-Luc Mélenchon et le désignent déjà comme étant le probable artisan d'une éventuelle victoire de la candidate de l'extrême droite. Ce ne sont plus que des Ponce Pilate.

 

En chargeant Jean-Luc Mélenchon ils pensent se ménager un avenir avec Macron ou même avec Marine Le Pen. L'honneur de Mélenchon a été de refuser de faire semblant d'oublier que ses pourfendeurs sont ceux-là mêmes qui ont dédiabolisé le Front national et pour d'aucuns envisagent même de faire alliance avec lui ou espèrent séduire son socle militant en lui empruntant ses délires xénophobes, racistes et anti-immigrants. Ce ne sont ni Sarkozy, ni Fillon, ni Valls pour ne citer qu'eux qui sont indiqués pour proférer l'opprobre contre le leader de la France insoumise.

 

URL : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5243818

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