L’Algérie est –il un pays agricole ou peut –il le devenir : (Esquisse d’une réflexion)

Publié le par Mahi Ahmed

L’Algérie est –il un pays agricole ou peut –il le devenir : (Esquisse d’une réflexion)

Saci BELGAT ingénieur- pédologue

SAMEDI 1 OCTOBRE 2016

Introduction :

L’Algérie est vue soit comme :

- un grand pays agricole alors que sa balance commerciale en produits agro-alimentaires est déficitaire de 7,6 milliards d’euros, et satisfait moins de 20% de sa consommation annuelle en produits agricoles,

- Ou un pays semi-désertique et non agricole :

Entre les deux perceptions la ligne de démarcation est ténue :

- Dans le moment et en ne tenant compte que des terres mobilisées à des fins agricoles, de l’eau réservée à l’irrigation et de la production agricole physique l’Algérie n’est pas un pays agricole.

- Cependant et en tenant compte des potentialités des terres agricoles, de l’eau de surface et des aquifères mobilisables l’Algérie peut devenir un pays agricole valide.

- Le mieux pour s’en rendre compte est d’afficher la photographie de l’agriculture telle qu’elle a été évaluée statistiquement par le ministère de l’agriculture en 2001.

- Analyse du recensement général de l’agriculture 2001.

- C’est l’un des rares documents qui livre une photographie objective et informée de l’agriculture et il faut rendre grâce à ses concepteurs.

S. A. U Totale / répartition par culture :

Culture S.A.U. hectare

Grandes cultures 4267746

Cultures maraîchères 274182

arboricultures 540354

jachère 3350290

Prairies naturelles 26108

Total S.A.U 8458680 ha

1- La surface agricole utile ne représente que 3,6% de la surface totale de l’Algérie :

Est-ce suffisant ou pas assez ?

Pour l’évaluer avec objectivité, calculons le ratio HA/tête d’habitant : celui-ci est de 0,20 Ha/habitant, selon le rapport du CNES 2004, il chutera à 0,17 ha/habitant en 2020.

Ce ratio est le plus faible de tous les pays de la rive sud de la méditerranée.

Maroc = 0,30 ha/tête d’habitant

Tunisie = 0,46 ha /tête d’habitant :

1ère vision de l’agriculture Algérienne telle qu’elle est :

Si on rajoute à ce ratio la fertilité des sols, la disponibilité en eau pour l’irrigation ceci placera l’Algérie sur une pente dangereuse d’un point de vue de sécurité alimentaire et plus encore en termes de souveraineté alimentaire par rapport au contexte géostratégique, des guerres froides et chaudes qui s’y déroulent à notre porte.

- Aussi d’un point de vue agronomique, on ne tient compte que de la surface agricole annuellement cultivée c'est-à-dire qu’il faut soustraire toute la SAU laissée en jachère ce qui nous laisse à peine 5108390 ha. Le ratio dans ce cas est de 0,13 Ha/habitant.

- L’image d’Épinal de l’Algérie agricole fond au soleil et à la moindre analyse objective.

- Deuxième hypothèse : mobilisation des ressources et politique de préservation et de bonification des terres agricoles :

- Depuis que j’ai commencé à faire de l’agronomie cela va faire presque 50 ans, on m’a toujours dit que la résorption de la jachère est une nécessité et que l’Algérie allait le faire.

- Où sommes-nous avec cette idée et où se situe le goulot d’étranglement.

Véritablement dit, les progrès sont très minces pour bouleverser l’image.

- Mais pourquoi ça n’avance pas :

- La question de la résorption de la jachère avant d’être une question administrative ou de volonté politique est une question éminemment agronomique.

- Sa résorption bute sur le peu de fertilité des terres céréalières car la jachère concerne ces terres, au climat semi-aride (pluviométrie faible et mal répartie), à la conduite des céréales en mode pluvial et au peu de disponibilité de l’eau pour l’irrigation.

- Cela étant, compte tenu du climat semi-aride à aride notamment du Sersou,( Tiaret, Tissemsilt, Mahdia), des monts de saida et du Hodna et du sud du domaine mauritanien constantinois, de la nature des sols indurés peu profonds et qui reposent sur des concrétions calcaires diaclasées, il est une illusion de faire croire en une résorption intégrale de la jachère. Le seuil admissible et réalisable serait de l’ordre de 60% de la sole totale.

- Cet objectif réaliste colle assez bien avec l’association élevage ovin et céréales de ces régions et sur lesquels je reviendrais un peu plus loin.

- Il est à noter que seulement 3% de la sole céréalière est irriguée.

- Ce n’est qu’en passant en mode de conduite par irrigation d’appoint que la jachère pourrait être résorbée est-ce possible.

- Au lieu de se perdre dans les sables du désert à vouloir promouvoir une agriculture fantasmée de l’agriculture saharienne et si tous les efforts doivent tendre d’une part à mettre le potentiel de l’aquifère du continental albien oriental au service des terres céréalières du bassin numidien oriental, des secteurs des plateaux constantinois, du domaine mauritanien oriental et du secteur Oranais et d’autre part à bonifier les vastes terroirs en friche des domaines mauritaniens, il est de notre portée de résoudre cette question.

- Ces territoires concentrent l’essentiel de la céréaliculture actuelle et renferment de vastes territoires de sols à bonifier notamment dans le domaine Mauritanien oriental et les hautes plaines du constantinois.

- Nous estimons à presque 2 millions d’hectares en situation agropédologique correcte et pouvant être versé dans les 5 ans à venir à la céréaliculture. En résorbons la jachère à hauteur de 60% de la sole actuelle, la sole céréalière sera portée à environ 6277920 ha :

- Si en plus et sur les 2000000 ha à bonifier dans les cinq années à venir, 1 000000 ha serait versé à la céréaliculture, la sole totale consacrée aux grandes cultures serait de 7277920 ha

- Ces territoires formés sur des assises calcaires du domaine Mauritanien oriental et occidental demandent un aménagement moins couteux que la bonification des sols salés. Il suffit de casser la croute par un rootage et d’aménager les conduites d’irrigation.

- En travaillant sur une hypothèse d’un rendement moyen de 14 quintaux de céréales /ha, rendement réaliste, l’Algérie peut engranger bon an, mal an l’équivalent de 8789088 tonnes et couvrir ses besoins de consommation à hauteur de 66%.

- Dans la deuxième hypothèse en y rajoutant le million d’ha gagné en bonification et versé à la céréaliculture les besoins seront satisfaits à hauteur de 88% de la consommation ; aussi j’ai travaillé sur une consommation maximale de 13, 45 millions de tonnes en prenant en compte la croissance démographique horizons 2030 avant qu’elle ne se stabilise et une croissance de l’élevage notamment ovin dans les domaines territoriaux des grandes cultures.

- Pour comparaison, la production céréalière blé et orge de l’année 2008, l’année la plus fertile en production a atteint 6, 12 millions de tonnes et les importations sont de l’ordre de 7, 33 millions de tonnes.

- En terme physique et si l’Algérie met tous les atouts géographiques, agronomiques, agricole et financier du bon côté de la balance d’ici 5 ans elle réduira presque à 10% les importations de céréales. La facture des importations à titre indicatif elle est de 1,5 milliards de $.

- Comment régler la question de l’appoint d’eau d’irrigation pour les céréales.

- D’un point de vue stratégique l’Algérie serait moins vulnérable aux pressions extérieures des grands producteurs céréaliers. (France, états unis, canada).

- L’Algérie du point de vue climatique est l’un des pays les plus contrastés/

- Sur 2 millions de km2, il tombe moins de 50 mm/an, par contre le sous-sol du Sahara est traversé par deux grands aquifères fossiles :

- - le continental intercalaire (CI)

- Et le complexe terminal (C.T)

- Ces deux complexes renferment pas mois de 40.000 milliards de m3.

- Les capacités de mobilisation sont de 5 milliards de m3 /an

- Les capacités de mobilisation au nord entre les eaux de surface et les aquifères sont de 12 milliards d’eau/an

- 1milliards de m3, traitement des eaux usées

- Au total l’Algérie peut mobiliser annuellement 18 milliards de m3 d’eau

- En additionnant l’eau des complexes de dessalement de l’eau de mer, l’Algérie est en capacité de satisfaire autant :

- la consommation domestique (35%)

- L’irrigation (65%)

- L’industrie (3%)

La crise financière que traverse le pays va certainement ralentir les projets de transfert d’eau. Il est susurré que le transfert d’eau Sud-Hauts Plateaux concernant la nappe albienne vers les wilayas de Djelfa, Tiaret, M’sila, Biskra, Batna, Saida et Médéa sera purement et simplement abandonné.

- Ce projet structurant si son abandon est confirmé va se répercuter négativement sur le développement agricole.

2 - Quelles sont les tendances lourdes de l’agriculture algérienne:

Caractères génétiques et fertilité :

- Les terres agricoles se situent dans leur majorité en climat semi-aride et aride et sur des formations calcaires dures. Ces deux facteurs font que leur évolution pédogénétique est lente et ralentie d’où leur faible profondeur. Le profil cultural dépasse rarement 30 cm de terres arables exploitables par les racines. Les sols sont pauvres en matière organique, l’humidité équivalente est faible et les plantes disposent de très peu d’eau.

- En somme ces sols ont une fertilité médiocre.

- Perte de sols :

- C’est dans les poches à haut potentiel agrologique que l’Algérie perd le maximum de sols agricoles ;

- En première place c’est dans les bassins côtiers où on perd le plus de sols agricoles et à potentiel de fertilité moyen si non bon :

- - dans la partie occidentale, le secteur oranais, les pertes de sols prennent une proportion alarmante. Pour preuve toutes les formations littorales et alluvionnaires de Mostaganem sont largement entamées,

- Au centre le secteur algérois et particulièrement le Mitidjien est gravement touché.

- De 1962 à 2010 l’Algérie a perdu 160.000 ha de terres agricoles.

- Dans la partie orientale tout le Numidien et les formations littorales alluvionnaires de l’oued Nil à el kala en passant par la plaine de zeramna, Ben Azzouz- guerbase, Azzaba et la seybouze, Tarf et El kala sont entamés.

-

- Erosion et perte de fertilité :

- 13 millions d’ha des sols du Tell sont menacés par l’érosion hydrique et les moyens de lutte sont dérisoires au regard de l’urgence et de la fragilité des sols chahutés par une géomorphologie accidentée et favorable au décapage de sédiments :

- 120 millions de tonnes de sédiments sont arrachés annuellement.

- Quand on sait que pour former 1 cm de sol agricole il faut à peu près 150 ans en méditerranée faites le calcul et évaluez par vous-mêmes les dangers.

- Le trait de cette tendance à la perte de sols et de fertilité est gravement accentué par un aménagement et une politique d’occupation de l’espace hasardeuse :

- Plus de 80% de la population algérienne vit sur moins de 1/3 du territoire, le reste du territoire est sous aménagé.

- Non seulement que c’est une perte nette en production et en productivité dans la mesure où de grands espaces du territoire sont sous exploités, mais cette tendance présente un danger du point de vue de la sécurité globale du pays.

- L’aménagement du territoire doit obéir à une politique sérieuse, efficiente qui améliore la résilience du pays.

- Les sols des hauts plateaux, des steppes et les dayas des climats désertiques ne sont pas du reste :

- 600.000 ha des terres steppiques ont été totalement désertifiées,

- 6 millions d’hectares sont menacés par l’érosion éolienne,

- les nappes alfatières naguères délimitant l’aire du domaine des steppes ont reculé gravement, il reste moins de 5 millions d’hectare en état biologique moyen et incapables de se régénérer naturellement.

- Les sols oasiens sont largement dégradés par la remontée des nappes et du sel (cas de la palmeraie de m’ghaier, Biskra, Tolga, Touggourt, Oued Souf et Ouargla).

- Les dayas d’oued Souf là où se pratique la culture de la pomme de terre intensive connaissent la même tendance à la salinisation secondaire.

- Il est fait la promotion d’une agriculture Saharienne virtuelle en sachant que sous ces climats désertiques, une irrigation par pivot dépose 12 tonnes de sels/hectare et par an.

-

Dominance des cultures céréalières :

Les cultures céréalières occupent 47,26% de la S.A.U totale.

En somme l’Algérie reste avant tout pour de nombreuses raisons dont le climat, la sociologie le modèle de consommation et la nature des sols un pays céréalier et plus précisément le pays du blé dur.

Faut –il changer le logiciel :

De par la nature des sols, du climat et du modèle de consommation la céréaliculture au contraire ira en renforçant sa place. Il s’agit non pas de diminuer la sole qui lui est réservée mais d’améliorer les itinéraires techniques et les rendements.

Ces améliorations passent notamment par une maitrise des cultivars et de leur adaptation au climat. C’est là où l’INRA (Institut national de la recherche agronomique Algérie), les grandes écoles agronomiques et l’IDGC (Institut des grandes cultures) doivent démontrer leur efficacité en proposant des programmes de recherche solides avec obligations de résultats.

La culture oléicole

- L’Oléiculture qui occupe (12,61% des exploitations) doit être renforcée. Cependant, il faut abandonner la politique du chiffre. C’est une absurdité agronomique de raisonner en quantité d’arbres à planter – c’est en zone agroécologique qu’il faut réfléchir - jusqu’où peut venir en production l’olivier, quelle variété et quel label recherché.

- toutes les cultures et sans exceptions sont limitées par un bioclimat et des types de sols ; à moins comme il se dit dans les cercles de la mondanité agronomique « l’Algérie peut se nourrir avec les cultures hydroponiques et les cultures forcées sous serres).

- Ignorer ou faire fi de cette relation entre le climat, le sol et la culture à mettre en place c’est aller droit et à moyen terme à la catastrophe. Ainsi, l’olivier ne peut pas franchir un seuil de tolérance climatique. Sa limite au seuil climatique du domaine mauritanien doit être respectée.

- Les zones à fortes capacités de production est de qualité sont à privilégier :

- Dans le Le secteur oriental et Numidien :

- Jijel, chekfa, Zouit Goufi, Guelma, Batna,

- Le secteur Algérois et Kabyle :

- Miliana, Blida, Grande kabylie, oued amizour, Akbou , Bouira

- Le secteur occidental littoral et mauritanien des hautes plaines:

- Tlelat, Tlemcen, Sig, Nedroma, Lamtar

- Culture du Palmier Dattier :

- L’Algérie et notamment sa partie orientale est dotée d’un climat unique et il en fait un bassin de production de dattes unique au monde.

- C’est sur ce label territorial de qualité remarquable qu’il faut se battre en associant recherche agronomique oasienne, production, valorisation et offensive diplomatique.

- - la culture du palmier dattier est à relancer, elle doit réoccuper toutes les oasis et les dayas à mettre en valeur.

- Classer la variété Deglett nour de Tolga en variété remarquable protégée, rechercher d’autres variétés liées à des terroirs spécifiques et il n’en manque certainement pas dans ces vastes territoires oasiens.

- La culture de la vigne :

- Quoiqu’il nous soit difficile de relancer la production de vin de hautes qualités, il n’est pas de trop de laisser une fenêtre ouverte à la recherche dans ce domaine.

- Ce patrimoine vinicole lié à la culture coloniale s’est évaporé au fil des ans – en dehors de l’ONCV et dans de très rares chais où l’office produit un vin de qualité moyenne ; l’Algérie et notamment les investisseurs privés produisent un très mauvais vin qui ne peut même pas concurrencer le vinaigre d’Espagne.

- La vigne de table :

- Pareillement que pour l’oléiculture et la phoeniciculture, la vigne de table doit être pensée en territoires (sols et climat).

- Rechercher les territoires où la variété exprime le mieux ses caractères de gout, de précocité, de production et de beauté du cep et de la grappe.

- La vigne plus que toute autre culture est un territoire, un mode de société et de vie la dessus les spécialistes et il n’en manque pas sont invités à exprimer leurs talents.

- La subéraie :

- De ce que nous considérons comme massifs forestiers en Algérie c’est la production de liège qui est à valoriser.

- Son territoire s’allonge du massif djidjelien, collo, skikda jusqu’à l’Edough.

- Cette partie orientale littorale produit le meilleur liège et il faut la faire passer à une production rationalisée.

- Elle exige un aménagement spécifique pour d’une part préserver ce patrimoine des incendies et vandalismes et d’autres parts améliorer le rendement.

Les facteurs de blocage du développement de l’agriculture algérienne :

Parmi tous les facteurs nonobstant les facteurs passés en revue au début du texte (sols, climat, recherche agronomique et décisions administratives et politiques) ; j’en vois un facteur principal : celui du foncier et de la taille des exploitations.

Ces deux facteurs agissent en vérité en duo binaire, tu ne peux résoudre l’un sans aborder le second.

- La décision de morcellement du domaine privé de l’état en 1987 a été et est la décision la plus préjudiciable à l’agriculture.

- Non seulement instruits par l’expérience malheureuse des coopératives de la révolution agraire, le politique au lieu de régler la question, il a généralisé cette expérience collective qui ne fonctionne pas en milieu rural où l’individu paysan est un. Sa généralisation au domaine privé de l’état (domaines agricoles autogérés) a non seulement cassé la dynamique de production, mais elle a fractionné le domaine en minuscules entités non viables.

- Ce morcellement a abouti à ce schéma :

- « - 70% de « petites » exploitations ont une superficie comprise entre 0,1 et moins de 10 ha et occupent 25,4% de la SAU totale.

- - 22,6% de « moyennes » exploitations avec une superficie comprise entre 10 et moins 50 ha détiennent 51,8 % de la SAU totale.

- 1,9 % de « grandes » exploitations avec une superficie égale ou supérieure à 50 ha qui représentent 22,7 % de la SAU totale.

- Dans cette catégorie, les exploitations de 200 ha et plus, occupant 5,4% de la SAU totale, ne représentent que 0,1% du nombre total des exploitations ».

- La taille des exploitations morcelée à volonté bloque toute volonté de modernisation et de rationalisation de l’agriculture.

- (RGA 2003)

- En somme la décision politique de 1987 est à reconsidérer si on cherche à régler à la racine les questions qui entravent le développement agricole.

- Comment :

- Ceux qui militent par intérêt de groupes à revoir la question du foncier et de sa nature juridique n’ont pas tort de le faire ; sauf que, ils veulent tirer parti de ce cafouillage pour imposer une privatisation par la bande des terres privés du domaine de l’état.

- Une solution consensuelle :

- Laisser en l’état le foncier est une décision qui ne résistera pas au progrès souhaité de l’Agriculture.

- Un seul modèle qui a fait ses preuves sous d’autres cieux c’est celui du fermage, il permet la libération du foncier agricole à condition de regrouper le domaine privé de l’état dans une banque du foncier spécialisée.

- Le contrat de location se fait entre deux parties ; une société de droit privé, ou public, un agriculteur investisseur et la banque.

- Les terres sont encadrées par une loi consacrant l’inviolabilité juridique et la fonction agricole des terres.

- Le locataire est assuré par la loi et qui l’autorise à investir et jouir pleinement de son investissement dans la mesure où il paie un droit d’entrée de location reconductible.

L’élevage et la conduite des parcours steppiques :

Les effectifs des ruminants recensés s’élèvent à :

- 18 738 166 de têtes ovines.

- 1 464 663 de têtes bovines.

- 3 186 878 de têtes caprines.

- 333 933 de têtes camelines.

(RGA 2003)

Essentiellement l’élevage est dominé par les ovins ; tel qu’il est conduit il pose un gros problème aux parcours steppiques :

- Evaluer entre 19 millions et 22 millions de têtes.

- les steppes dans leur état actuel (production de biomasse – productivité primaire) sont surexploitées et se dégradent d’avantage.

- Un seul remède, passer à un mode de conduite moderne avec de véritables fermes et où se pratique la rotation et l’association céréales/élevage.

- Ce modèle expérimenté y compris en Algérie a donné d’excellents résultats. Sa généralisation certainement butera sur de gros intérêts mais il y va de la survie de 20 millions d’hectares de parcours steppiques.

- L’élevage bovin, avec tous les efforts restera marginal compte tenu notamment du climat et de la disponibilité de l’eau.

- – MATERIEL ET EQUIPEMENT AGRICOLES : (RGA 2003)

- Seulement 9% du total des exploitations disposent d’au moins un tracteur.

La SAU rapportée au nombre de tracteurs donne un ratio de : 87 ha/tracteur.

La sole céréalière et de légumes secs rapportée au nombre de moissonneuses batteuses donne un ratio de 494 ha /.

Le ratio superficie irriguée / motopompes est de 7 ha.

Le matériel aratoire, recensé dans le cadre du RGA (charrues et cover crop), s’élève au nombre de 140 647 unités, soit un ratio de 1,4 unité / tracteur.

Le nombre de planteuses de pomme de terre s’élève à 2 175 unités.

- Ces résultats tirés du RGA 2003 font la démonstration du sous équipement de l’agriculture algérienne. Elle reste majoritairement dominée par une petite agriculture de famille qui tire la langue, mange de la vache maigre et très peu soutenue par l’état et les banques.

- En urgence l’état algérien est tenu de changer de politique d’aide et de modernisation de l’agriculture si tant est qu’on ait la volonté de dégager notre tête du nœud de la corde du pendu.

- Qu’est- ce qu’il en est du Mostaganemois ?

- Réflexion sur le découpage administratif ;

- Ce découpage n’obéit à aucune logique rationnelle

- Mostaganem a été amputé de ces zones écologiques remarquables :

- Comment peut-on décider de la division du bassin alluvionnaire remarquable de la Macta, de l’habra et des Bordjia entre 3 entités administratives :

- Mascara, Mostaganem et Oran

Ou, il faut créer une agence spécialisée dans la gestion et le développement de ce bassin alluvionnaire ou bien, il faut revenir sur la division administrative et rattaché à nouveau ce bassin à son entité naturelle MOSTAGANEM. C’est le bon sens qui commande.

En raisonnant à partir de cette hypothèse :

Mostaganem dégage 4 grands territoires écologiquement remarquables :

- Le bassin de la Macta, l’Habra, et les bordjia où peut se développer l’agrumiculture, l’élevage et le tourisme écologique. La Macta est un bassin peu connu et très mal exploité du point de vue de sa faune et de sa flore remarquable.

- Le plateau de Mostaganem où se pratique une agriculture familiale très diversifiée ; compte tenu du manque d’eau cette agriculture fondée sur le maraichage et l’arboriculture commence par donner des signes de fatigue.

- Les alluvions quaternaires lœssiques à grandes capacités de production Debdaba, mesra, Sirat, Bouguirat, Ain Sidi cherif :

- Ces terroirs sont insuffisamment exploités, ils ne donnent pas encore toute la plénitude de leur capacité. Il se pratique une agriculture familiale inventive ignorée par les écoles d’agronomie. C’est un petit bassin de l’industrie agricole (bêches, matériels aratoires et petites merveilles se font dans de petites forges du style des petits artisans de l’Europe du XIX siècle, début du XX siècle celle qui est à l’origine du développement de l’agronomie).

- Les alluvions du chellif :

- Ce terroir et notamment celui en aval du barrage du chellif dans le creusé de bel Attar est une vaste zone sous exploitée.

- Si un effort doit être fait avec insistance et continuité c’est dans ce terroir.

- Il rassemble d’excellents sols et de l’eau à profusion qu’il suffit de puiser dans le chenal de l’oued chellif.

- Le Dahra :

- c’est un territoire remarquable par son climat et sa biodiversité.

- L’agriculture familiale est en équilibre ; cependant elle peut s’exprimer et exprimer sa capacité de terroir remarquable encore d’avantage si d’une part la recherche agronomique s’y complet à s’y intéresser et aux pouvoirs publics de diligenter un programme de développement appuyé.

- Le littoral :

- Actuellement, il se développe une agriculture maraichère de circonstance et dommageable à long terme, on n’agresse pas un écosystème de cette façon sans qu’il ne se rebiffe.

- La mise en culture du domaine des dunes peut se faire sur la base d’une cartographie détaillée, en cartographiant avec précision les enclaves pouvant supportées une artificialisation sans dommages.

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