A PROPOS DU PAGS : AUTONOMIE ET ALLIANCES par : Nouredine Abdelmoumene

Publié le par Mahi Ahmed

A PROPOS DU PAGS : AUTONOMIE ET ALLIANCES par : Nouredine Abdelmoumene

15 mars 2016

Dans sa post-face à l’essai de Hocine Bellaloufi, Sadek Hadjeres, ex-premier secrétaire du PAGS, a donné une porté démeusurée à "l’appel incongru du PAGS au vote oui pour la Charte 1986 de Chadli".

Puisque nous abordons publiquement ces problèmes, il semble que nous serions plus inspirés et plus proches de la vérité en allant vers les véritables dérives qui ont facilité voir provoqué la disparition du Parti de l’Avant_Garde Socialiste d’Algérie.

1) Rappelons-nous l’alignement-adhésion quasi religieuse de la grande majorité de la direction (Bureau politique) sur la pérestroika de Gorbatchev_sans aucun débat réél au niveau du parti. Il s’est même trouvé que le premier secrétaire avais envoyé déjà un message de soutien sans réserves à Gorbatchev sans débats,ni avis préalable de la direction. Ce n’est qu’après la protestation d’un membre du BP qu’une séance du Comité central a été organisée, plusieurs moi plus tard sur le sujet.

On devine la mise à l’écart, du débat, d’une grande majorité des cadres et militants du Parti.

2)On saura que c’est un peu de la même façon qu’une grande partie de la direction, dont le Premier secrétaire, a annoncé son soutien aux réformes de Hamrouche : sans débat réél au sein de la direction et la base du Parti. La Commission centrale économique ayant été tout simplement mise à l’écart , car elle développait de sérieuses réserves sur ces réforme.

Les promoteurs du soutien à ces réformes ont-ils oublié que Hamrouche était le chef du gouvernement de Chadli Bendjedid, partisan du libéralisme ?

L’appui à Gorbatchev et aux réformes de Hamrouche ont été l"appui au libéralisme par la grande majorité de la direction du PAGS. C’est la nature profonde du Parti qui a été transformée. Le PAGS était poussé vers la social-démocratie.

Il ne faut pas s’étonner dès lors que la Résolution politico-idéologique (RPI) imposée sans réel débat, au congrès de décembre 1990, a été soutenue par la grande majorité (et non l’unanimité, il faut le préciser) de la direction, en mettant de côté la grande majorité des cadres et miltants et sympathisans du Parti.

C’est ainsi que l’avenir et le devenir du Pags ont été mis entre les mains de ses liquidateurs.

jamais auparavant le Parti ,n’avais connu pareille dérive antidémocratique. Et ce n’était pas fini !

3) C’est la même direction dans sa grande majorité, qui, pour couronner sa démarche la plus anti-démocratique qui soit, a désigné avant le congrès la future direction du PAGS : le futur Bureau politique et le coordinateur du Parti.

Il y a eu vote au sein du Bureau politique( c’est une nouveauté calculée) et on notera pour mémoire qu’il n’y a eu qu’une voix contre et une abstention seulement.

La seule concession qui a été faite par la majorité de la direction a été , après une longue et âpre bataille, d’abandonner la liste bloquée que les membres voulaient imposer pour le vote sur les 67 "candidats" au Comité Central, désignés par l’ancien BP.

C’est cette bataille de principe qui a permis aux congressistes, lors du vote révélateur pour le CC de mesurer la popularité réelle du coordinateur désigné et de ses amis , classés parmi les derniers !

4)Pourquoi toutes ces dérives ? Pourquoi l’autonomie du PAGS a été sacrifiée ?

En piochant un peu plus au fond on s’apercevra que le PAGS n’a pas eu son propre programme de Parti.

Quatre tentatives au moins ont été lancées par le BP depuis les années 1970, pour élaborer un programme du Parti : des militants et des cadres ont été mobilisés à cet effet.

A chaque fois des matériaux élaborés ont été remis à la direction et échouaient sans suite au sein du BP .

A la dernière tentative, à la fin des années 1980, nous avons assisté au même scénario. Sauf que cette fois nous avons pu identifier un des centres du blocage ! C’est la fraction qui deviendra la fraction liquidatrice du PAGS, pour être plus précis, le rédacteur de la résolution politico-idéologique (RPI) qui à partir de la capitale d’un pays socialiste affirmait que l’élaboration d’un programme dépassait nos capacités, selon les conclusions d’"experts" de partis frêres ! sans commentaires

Noureddine Abdelmoumène

membre du Bureau Politique du PAGS , jusqu’en décembre 1990.

Intervention faite au cours du débat, lors de la vente dédicace le 12 mai 2012, à la librairie El Idjtihad, du livre de Hocine Bellaloufi : La démocratie en Algérie:réforme ou révolution

Publié dans Débats sur le PAGS

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