Prospective par l'«histoire» d'une sortie de crise et des guerres civiles en Irak et en Syrie : Le Printemps arabe, un nouveau «Pearl Harbour»

Publié le par Mahi Ahmed

Prospective par l'«histoire» d'une sortie de crise et des guerres civiles en Irak et en Syrie : Le Printemps arabe, un nouveau «Pearl Harbour» ?

par Medjdoub Hamed

Comment comprendre l'apparition en Syrie de plusieurs groupes djihadistes, changeant, s'alliant et se dés-alliant, et au premier rang desquels Jabhat-al-Nosra ou Front de la victoire et l'Etat islamique (Deach), constitué de territoires conquis à cheval entre l'Irak et la Syrie, qui s'est proclamé «califat» le 30 juin 2014 ?

Depuis la fin du califat ottoman, en 1924 par Atatürk, le monde musulman a changé, et depuis ce sont les États-nations qui président aujourd'hui aux destinées des peuples. Le «califat islamique», par conséquent, relève de l'Histoire. Et l'instauration de l'Etat islamiste qui menace le pouvoir de Bagdad et de Damas montre que la proclamation unilatérale de califat obéit plus à des considérations tactiques que religieuses. Ce qui présuppose que la guerre anti-Deach en Irak et en Syrie sera difficile et une solution demandera beaucoup de volonté et de raison pour dépasser les clivages entre les puissances.

1. AUX ORIGINES DE LA CRISE ACTUELLE

Tout remonte à la dernière intervention américaine en 2003. La guerre menée par les États-Unis contre l'Irak, depuis la dislocation de l'URSS dès les années 1989-1990, a bouleversé le fragile équilibre en ouvrant la voie à de troubles graves pour la région. Cette guerre menée par les États-Unis, sans le feu vert des Nations unies, aura été un des malheurs les plus tragiques de l'histoire du Moyen-Orient.

Après l'accord-cadre du 16 novembre 2008 (Status of Forces Agreement ou Sofa) et le désengagement américain (retrait des dernières forces américaines en décembre 2011), la situation politique en Irak était ouverte à tous les dangers. Ingérences des puissances régionales et mondiales, aides militaires et diplomatiques multiformes entraîneront progressivement la déliquescence de l'Etat irakien. D'autant plus que l'Irak suscite des convoitises extérieures permanentes pour son pétrole et sa position géostratégique (voisin de l'Iran). Mais cette évolution chaotique de l'Irak, sans sortie de crise, sera confrontée à une nouvelle donne, le «Printemps arabe». En janvier 2011, l'immolation du marchand ambulant Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010, un homme qui se sentait humilié au plus profond de sa dignité s'est donné la mort par le feu. Ce qui n'était qu'un fait divers allait devenir redoutable pour l'ensemble des pays arabes. Les manifestations qui ont suivi en Tunisie se sont soldées par la fuite précipitée du président tunisien vers l'Arabie saoudite.

Peut-on croire que c'est la rue arabe qui a pris le dessus et fit ployer le système politique et sécuritaire et pousser le dictateur dehors ? Ces régimes autoritaires arabes auraient comme d'habitude tué dans l'œuf toute agitation populaire. Et s'ils ne l'ont pas fait, et c'est le cas du régime policier tunisien, c'est qu'une donne inespérée est entrée en jeu et a grippé la machine répressive. Et elle ne peut venir que d'une force qui ait une grande influence sur le système. La Tunisie et l'Egypte ont des liens étroits avec les États-Unis. La seule réponse qui apparaît, c'est que les États-Unis ont «conseillé» les décideurs de la sécurité à ne pas bouger. On comprend la suite. La révolution en Egypte, la démission de Moubarak, les troubles au Yémen, etc.

Quant aux pays sur qui les Américains n'ont pas de prise, l'action subversive a pris un tournant très violent. Le désordre et l'ingérence extérieure a plongé la Libye, la Syrie et le Yémen dans des guerres civiles terribles pour les populations.

Des remarques cependant à retenir sur ce processus historique. Tout d'abord, les États-Unis, s'ils ont évité aux peuples arabes de Tunisie et d'Egypte un bain de sang, ils l'ont fait au regard de leurs intérêts. Ce qui compte pour la superpuissance, c'est l'hégémonie qu'elle veut maintenir sur le monde. Et cette hégémonie a été mise à mal en Irak, durant l'occupation. Il fallait donc un changement de donne. D'autant plus que les régimes autoritaires arabes apparaissaient, à cette époque, contre-productifs pour la superpuissance. Sentis comme des boulets, ils n'apportaient rien au soutien nécessaire au leadership américain. Ces pays nageaient entre deux eaux, l'Amérique et la Chine. «Bouger la rue arabe et changer les régimes politiques» pouvaient être une stratégie qui payait pour les Américains.

La deuxième remarque porte sur les systèmes politiques libyen, syrien et égyptien qui n'étaient ni viables ni fiables. Le temps de la Guerre froide est passé, d'autres enjeux se jouent dans le monde, la mondialisation s'avère redoutable pour l'ensemble des nations. Les peuples arabes touchés par les progrès technologiques, l'ouverture au monde que permet la révolution des TIC (internet, réseaux sociaux, etc.), les idéologies qui portaient naguère ne le sont plus aujourd'hui. Personne ne croit au socialisme, au communisme, au libéralisme, et même le nationalisme a perdu de son aura. Les peuples ont pris conscience de leurs droits et cherchent à vivre, à trouver un emploi, en clair une vie décente. Et l'Islam apparaît pour une grande masse arabe l'ultime refuge. Mais le problème est que l'islamisme est manipulé par les grandes puissances occidentales. Et c'est par l'islamisme radical que la Libye, la Syrie et l'Irak ont «clashé» à partir de 2011. L'Egypte n'a pu s'en sortir que par une reprise par les forces militaires et une aspiration d'une grande partie du peuple. Et le processus n'est pas terminé, le pouvoir continue de lutter contre ce nouveau phénomène qui a pris de l'ampleur depuis le «Printemps arabe». Alors qu'avant cette date, le phénomène islamiste n'avait pas l'ampleur qu'il a aujourd'hui surtout en Irak et en Syrie. Moins en Libye parce que ce pays est entouré de pays où l'ingérence des puissances est très faible.

Enfin, la troisième remarque, les bouleversements en Tunisie et en Égypte nous rappellent un cas historique déjà vécu. Le shah d'Iran lâché par les États-Unis, et une armée muselée de l'intérieur, a laissé libre cours à la rue d'agir pour instaurer une «république islamique» en Iran, en 1979. Comme ce qui s'est passé en Tunisie et en Égypte, ce n'est pas la Savak, la police politique, ni l'armée du shah qui ont failli, mais la superpuissance américaine, bien introduite dans le système militaro-sécuritaire du shah, qui a «conseillé» de ne rien faire contre le peuple. Sauf que la Tunisie et l'Égypte se sont ressaisis et n'ont pas subi le destin de l'Iran.

D'ailleurs même le destin de l'Iran a un sens. Elle est devenue une République islamique parce que, au regard de l'histoire et des enjeux redoutables qui se jouent dans cette région centrale, c'était nécessaire. Une «loi de la Nécessité», doit-on dire, et qui peut s'expliquer.

Si on regarde comment les événements se sont agencés, depuis le début du XXe siècle, pour donner le monde d'aujourd'hui, on constate qu'il existe, en fin de compte, un certain ordre herméneutique dans l'évolution de l'humanité. Que l'on soit d'accord ou non avec cette assertion, les subversions, les conflits armés, les crises, les guerres, ou tout simplement les malheurs des peuples, sont en quelque sorte les «aliments de l'histoire». Ils participent à la marche de l'histoire, dont la finalité échappe aux hommes. Ce n'est qu'après coup que l'histoire s'est faite, que l'on comprend qu'il a fallu ces événements pour avoir cet événement et donc ce nouvel état. Par exemple, «il a fallu la guerre d'Algérie pour avoir l'indépendance de l'Algérie». Remontant plus profondément dans l'histoire, «il a fallu les deux guerres mondiales pour affaiblir les puissances coloniales et amener les peuples du tiers-monde à se libérer des chaînes de la colonisation». Il y a un processus de cause à effet logique dans la marche du monde.

2. DU «PRINTEMPS ARABE» AU RENVERSEMENT DE L'EQUILIBRE DES FORCES DANS LES PAYS DU LEVANT

Qu'en est-il proprement dit de l'apport du «Printemps arabe» au conflit irakien ? En revenant à la crise irakienne, il faut s'interroger d'abord sur la situation de l'Irak après le retrait des troupes américaines en décembre 2011. Le pouvoir central à majorité chiite à Bagdad a créé un déséquilibre flagrant avec les sunnites. La partie chiite disposant de l'essentiel du pouvoir, et de surcroît disposant d'un soutien de poids, l'Iran, ne pouvait que causer «un préjudice à l'unité nationale» à terme.

Les Kurdes, moins mélangés aux sunnites et aux chiites, se repliant dans leurs régions du Nord, bénéficiaient d'une large autonomie. Donc moins touchés par le pouvoir central de Bagdad. Le territoire kurde était reconnu. De plus le Kurdistan irakien dispose, depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, d'un statut fédéral, d'un gouvernement régional du Kurdistan (GRK), présidé par Massoud Barzani, et surtout d'une armée composée de Peshmerga, forte de 190.000 hommes (donnée de son effectif, 2015). Cette armée est aussi un rempart contre les velléités de domination de l'autorité de Bagdad. (2) Le Kurdistan est presque indépendant de Bagdad puisqu'il exploite, commercialise et exporte son pétrole.

On comprend dès lors l'affrontement qui va suivre entre la communauté chiite et la communauté sunnite en Irak. Une situation de ni guerre ni paix va s'ensuivre après la fin des hostilités contre la puissance occupante. Les actes terroristes, contre-terroristes et représailles ne vont pas discontinuer. Surtout que les sunnites irakiens se sont retrouvés très affaiblis politiquement et militairement depuis que la milice sunnite (Réveil) de la province d'Al-Anbar, un ancien fief de l'insurrection sunnite, forte de 90.000 hommes, a été quasiment «dissoute», en 2009. Le déclassement des régions sunnites (Falloujah, Ramadi, Tikrit…) ont nourri un ressentiment tel qu'il provoquera dès 2012 des troubles incalculables. Insurrections, contre-insurrections et guerres confessionnelles mineront la légitimité du gouvernement radical à majorité chiite du Premier ministre Nouri al-Maliki.

Précisément l'irruption du «Printemps arabe» aura à bouleverser le rapport des forces entre sunnites et chiites irakiens. Et c'est la déstabilisation progressive de la Syrie qui va impacter très négativement l'Irak. A partir de mars 2011, la répression sanglante du mouvement de contestation par Damas aboutit à la constitution d'une Armée syrienne libre (ASL). Le soutien occidental à l'ASL et l'afflux de candidats d'origine étrangère au djihad se soldent par la formation de nombreux groupes djihadistes islamistes. L'Armée syrienne libre dépassée, le conflit armé va s'installer dans la durée entre l'opposition islamiste et le pouvoir loyaliste syrien. La guerre sera terrible entre les deux factions. Le déchirement intercommunautaire est à son comble. Dix millions de Syriens déplacés dont 4 millions à l'extérieur seront comptabilisés en 2015. Une similitude dans le schéma de contestation en Syrie et en Irak est visible. «Une opposition armée entre les alaouites, une branche proche des chiites, et les sunnites, en Syrie. Même schéma en Irak, une opposition entre sunnites et les chiites.»

L'Irak sera touché fin 2012. L'arrestation du ministre sunnite des Finances, Rafa Al-Issaoui, et ses 120 gardes du corps, la mise à l'écart de leur communauté, met en conflit ouvert les sunnites avec les chiites. Il laissera libre la violence entre les deux communautés. Les affrontements armés se généralisent, et en avril 2013 une alliance de groupes armés djihadistes avec une grande partie des tribus sunnites aboutit à la création de l'«Etat islamique en Irak et au Levant» (EIIL ou EI), en arabe «ad-dawla al-islâmiyya fi-l-iraq wa-sham ou Daesh ». La situation sur le plan politique et militaire en Irak se retourne complètement. Le 6 mars 2014, prise de Racca en Syrie ; le 10 juin 2014, prise de Mossoul, 2ème ville d'Irak ; le 29 juin 2014, proclamation du «califat» , prise de Tikrit et de Sinjar en Syrie. Après les persécutions des Yézidis, une coalition internationale occidentale (États-Unis, France, Royaume-Uni, Espagne, Canada, Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Maroc, Jordanie…) s'est formée pour contrer l'expansion sunnite. Au total 22 pays dont 4 en soutien en équipements. Malgré les frappes aériennes, l'Etat islamique continue son expansion. Le 31 mars 2015, le gouvernement irakien annonce que la ville de Tikrit est reprise. Après de nouveaux combats, la ville de Ramadi en Irak passe, le 17 mai 2015, sous le contrôle de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EI). Le 20 mai 2015, la ville de Palmyre est prise par l'EI.

Que constate-t-on dans cette montée en puissance de l'Etat islamique en Irak et au Levant ? Qu'en l'espace deux années, de la mi-2013 à la mi-2015, la communauté sunnite a renversé l'équilibre de puissance, et cela grâce au formidable appui occidental et des pays du Golfe. L'EI, puissamment armé, a repris de nombreuses villes essentiellement à majorité sunnite. Malgré les milliers de frappes aériennes de la coalition occidentale soutenue par les monarchies arabes, le Deash a continué d'avancer et d'élargir son territoire.

En Syrie, les groupes islamiques du Front al-Nosra ont eux aussi affaibli les forces loyalistes, pourtant épaulées par le Hezbollah et les forces iraniennes. La mi-2015, la situation militaire en Syrie devenait dangereuse, Damas était réellement menacée par les combattants islamistes. Le 30 septembre 2015, la Russie lance pour la première fois des frappes aériennes contre l'opposition islamiste en Syrie, pour desserrer l'étau sur la capitale. Elle répond à la demande officielle du président syrien Bachar al-Assad d'aide militaire, faite en date du 30 septembre 2015. La Russie annonce : «Les opérations militaires russes en Syrie ont été lancées dans le but de «stabiliser l'autorité légitime» du gouvernement syrien qui était menacé. Dans un entretien diffusé sur la première chaîne de télévision russe, dimanche 11 octobre, Vladimir Poutine a justifié les frappes aériennes entreprises par son aviation sur le territoire syrien depuis le 30 septembre par le fait que le président Bachar al-Assad est «pratiquement en état de siège» face à des combattants «au bord de Damas», qui «n'ont aucun désir de négocier». Le chef du Kremlin avait tenu le même discours lors de son tête-à-tête avec François Hollande, à Paris le 2 octobre : le pouvoir syrien, avait-il alors affirmé, est sur le point de tomber.» (3)

LA CAUSE JUSTE ET LA CAUSE INJUSTE DANS LES GUERRES EN IRAK ET EN SYRIE

Comment comprendre cette brusque montée en puissance de la communauté sunnite irakienne et syrienne ? Il est évident que trois paramètres majeurs ont joué dans cette marche victorieuse. Le premier, ce sont les moyens militaires mis à la disposition de la rébellion sunnite. Le deuxième paramètre est la détermination de la communauté sunnite en Irak et en Syrie.

La détermination d'un peuple provient de ce ressentiment que connaissent les peuples quand ils connaissent un combat inégal. L'assaillant mieux armé, plus féroce, cherche à annihiler toute opposition, toute résistance. De plus quand le combat ne cesse pas, les tensions ne tombent pas, les souffrances, le sentiment d'amoindrissement en équipements de défense, en maintien d'infériorité, agissent sur l'adversaire faible. Et le gouvernement de Bagdad n'a pensé qu'à la primauté de la communauté chiite et mis à l'écart la communauté sunnite. Sans bien en prendre conscience, il mettait à mal l'unité nationale.

Et le temps d'épreuve durant des années, et surtout sans issue pour les peuples sunnites en minorité, ont fait que leur détermination a été bien plus forte dans l'affrontement entre les deux communautés. Le faible sait qu'il n'a rien à attendre du fort. Il se retrouve seul face à lui-même et à l'adversaire. «Il doit se défendre, doit gagner sinon il est mort, lui et toute sa famille». Et dans le combat, le faible utilise la terreur pour terroriser le fort. C'est à la fois une psychologie et une réponse du faible au fort dans la guerre asymétrique. Une compensation par la terreur contre la terreur. Surtout que l'adversaire fort sait que, même mis à mal par l'adversaire faible, peut toujours reculer et sauver sa vie. Ce qui n'est pas le cas de l'adversaire faible qui n'a pas d'issue.

Enfin, le troisième paramètre, c'est la durée du conflit. Plus un conflit dure, plus la violence s'exacerbe. Tuer devient comme normal, une inhumanité s'installe désormais dans le combat. Le faible use de tous les moyens pour terroriser son adversaire fort. Et l'adversaire fort use des mêmes moyens, «du moins quand il le peut». Pour ne donner qu'une idée du moins quand il le peut, lors de la bataille de Ramadi (novembre 2014-mai 2015), un bras de fer a opposé le gouvernement irakien aux États-Unis qui exigeaient que les milices chiites soient retirées de la province d'Al-Anbar, peuplée majoritairement de sunnites. Le refus des chiites a amené les Américains à suspendre les frappes aériennes dans la province pendant trois jours. Le gouvernement irakien finit pas céder et les miliciens chiites se retirent le 13 avril 2015. (4)

Pourquoi les Américains ont exigé le retrait des milices chiites ? Il est évident que l'armée est un corps militaire discipliné qui obéit aux ordres de ses supérieurs. Et, de nature, ce corps est préparé conformément aux lois militaires et de la guerre. Il ne peut dévier de ces lois sinon il perd sa nature de corps d'armée respectueux des lois et conventions internationales. Précisément, les milices chiites n'ont aucun respect des lois de la guerre, et donc de la vie humaine. Ils viennent avec un esprit de vengeance. Couvertes par les forces militaires, elles viennent pour créer l'effroi au sein des populations. «Leur mot d'ordre est : Pas de quartier !» Les populations passent au fil de l'épée. Le pouvoir central de Bagdad, en utilisant les milices chiites, espèrent briser la résistance d'un peuple. En réalité ce sont des crimes contre l'humanité qui ont poussé le commandement américain à avoir un peu de pitié devant l'horreur que peuvent subir les populations des régions sunnites. Et s'explique la pression américaine sur le pouvoir central de Bagdad pour retirer ses milices.

Il est clair que telle horreur ne fait que redoubler de détermination et de férocité des combattants sunnites qui sont dos au mur. Vaincre ou mourir. Et lorsqu'ils détiennent des forces chiites, ils procèdent de la même chose, la même horreur. «Des crimes contre l'humanité des deux bords, sunnite et chiite.» Malheureusement, la guerre qui se joue en Irak est une guerre asymétrique tant pour le fort que pour le faible. On ne peut l'oublier, et c'est ce qui explique l'horreur des deux camps.

Pourtant, malgré les frappes aériennes occidentales sur l'EI, la ville irakienne de Ramadi est prise par l'Etat islamique, un mois après, le 15 mai 2015. Sur cette prise, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Ashton Carter, a formellement critiqué, le 24 mai, le comportement de l'armée irakienne. Il déclare que «L'armée irakienne n'a pas «montré de volonté de se battre» pour défendre la ville clé de Ramadi contre les djihadistes. Les bombardements aériens de la coalition internationale menée par les États-Unis «sont efficaces, mais (…) rien ne peut remplacer la volonté des forces irakiennes de se battre», a déclaré sur CNN le responsable américain. A Ramadi, située seulement à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad et tombée il y a une semaine aux mains du groupe extrémiste sunnite Etat islamiste (EI), les soldats irakiens «dépassaient largement en nombre les forces adverses», mais ils ne sont pas parvenus à se battre» et «se sont retirés de la zone», a regretté le chef du Pentagone. […] Mr Carter «a reçu des informations inexactes», a déclaré M. Abadi dans une interview à la BBC. Le chef du gouvernement irakien a assuré que Ramadi serait reprise «dans quelques jours» par les forces irakiennes. A Doha, le ministre qatari des Affaires étrangères, Khaled Al-Attiya, a nié un échec de la campagne aérienne contre l'EI, mais a concédé que l'action militaire ne suffisait pas pour venir à bout du groupe djihadiste». (5)

Le ministre qatari a parfaitement raison que l'action militaire ne suffisait pas pour venir à bout du groupe de l'Etat islamique. Il y a le principe supérieur de cause juste dans les affaires des peuples surtout en situation de guerre. Les Américains étaient lourdement armés quand ils ont occupé l'Irak en 2003. Avec plus de 100 000 mercenaires étrangers et l'alliance chiite, ils étaient obligés de se retirer de l'Irak, et sans qu'ils aient retiré de gain. Sinon une débâcle dans l'aventure irakienne.

Les combattants sunnites à Ramadi ont pour eux une population à majorité sunnite, donc un réservoir humain de près d'un demi-million d'habitants et tous espèrent un gouvernement qui soit le leur, sunnite, donc une victoire sunnite. Le problème n'est pas l'EI, mais le peuple de Ramadi qui a fait son choix. D'autre part, le pouvoir central de Bagdad qui veut briser un peuple pour maintenir un Irak uni fictif ne tient pas la route. On ne brise pas un peuple pour le lier à un pouvoir qui le rejette.

Si réellement Bagdad cherchait à unir le pays, à unir les sunnites et les chiites, c'est avant tout d'arrêter la guerre, de négocier, d'arrêter l'effusion de sang inutile. Mais, apparemment, c'est trop tard, le mal est fait. Si le pouvoir central de Bagdad a été clairvoyant, et ne s'est pas reposé sur la force militaire à majorité chiite, il n'y aurait pas eu d'Etat islamique. Les monstruosités, les décapitations théâtrales de journalistes américains et toutes les horreurs que l'Etat islamique a perpétrées et exhibées sont endossées aussi par la responsabilité de Bagdad.

Au final, l'Etat islamique a été créé par l'intransigeance de Bagdad qui voulait déclasser les villes et les régions sunnites en seconde zone. L'Etat islamique est une conséquence de la guerre, que les pays occidentaux, les pays monarchiques du Golfe et la Turquie, pour des intérêts géostratégiques, ont armé pour créer un Etat tampon qui puisse faire contrepoids à l'axe Iran-Irak-Syrie-Hezbollah. Et donc annihiler ou limiter l'influence de l'Iran sur le monde arabo-musulman.

On comprend aussi pourquoi s'est produit le recul de l'armée régulière irakienne. C'est simplement le refus des forces militaires à se sacrifier pour une cause qui, dans leurs inconscients, n'est pas la leur, et n'en vaille pas la peine pour mourir. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est un manque de motivation. «Pourquoi mourir face à une détermination en face de laquelle la cause pour qui je lutte n'est pas la même avec celle qui est en face. Je peux reculer, parce que je ne défends pas ma survie. Alors qu'en face, les extrémistes islamistes combattent, se défendent pour survivre dans leurs régions. Et ils combattent pour libérer leur peuple. Ce qui est complètement différent en termes de cause juste et injuste, une notion qui est l'essence même du sens de l'humanité.

«Les islamistes extrémistes ne sont pas des surhommes.» C'est surtout la foi dans la cause juste qui prédomine. Pour preuve, en Algérie, les intégristes islamistes ont fait tout pour déstabiliser le pays. Et même une grande partie du peuple était avec le Front islamique du salut (FIS) avant la tragédie. Donc, les islamistes algériens avaient tout pour vaincre. Pourtant ils n'ont pas vaincu, ils ont tué des milliers d'innocents, des femmes, des enfants, des vieillards. «La défaite des islamistes algériens étaient en rapport avec leur cause qui était injuste.» D'autre part, est-ce que ce sont les forces armées de la nation algérienne qui ont vaincu les terroristes islamistes ? En partie oui, puisque l'armée algérienne constitue la colonne vertébrale de la nation et son ossature repose intégralement sur le peuple algérien. Mais le vrai vainqueur, avant tout, c'est le peuple algérien. Et ce peuple a dit «non» aux islamistes algériens qui, souvent par ignorance, ont été trompés par des doctrines islamistes qui n'ont rien de l'islam, qui n'ont rien compris à l'islam, et surtout «pensées» dans des officines étrangères et «noyautés» par les forces ennemies extérieures qui veulent toujours dominer les peuples. Alors qu'il y a la pression politique dans la durée et pacifique pour arriver à l'alternance au pouvoir, pour lutter contre l'injustice, l'inégalité, le despotisme, le népotisme. Pourquoi s'attaquer aux structures de l'Etat et au peuple, terroriser un peuple pour le pouvoir ? Et c'est ce qui a disqualifié les islamistes sur la scène nationale algérienne.

L'exemple de l'islamisme pacifique existe. La Turquie en est un exemple, il n'y a pas eu de guerre civile lors de la prise de pouvoir par les islamistes. La Tunisie en est un autre exemple.

En Syrie, on médiatise Bachar al-Assad comme un criminel, c'est complètement faux. Les Alaouites sont une minorité, ont profité certes du pouvoir, mais qu'ont-ils fait les rebelles islamistes sunnites qui représentent une majorité ? Ils ont provoqué un des plus grands exodes de l'Histoire, la plus grande catastrophe qu'ait vécue un pays arabe. Plus que l'Irak qui a vécu 30 ans de guerre et d'embargo. Le peuple syrien a été saigné dans son être le plus profond. Des centaines de milliers, voire des millions de familles brisées. Un pays dévasté. Des millions de Syriens errent à travers le monde, mendient même dans les pays étrangers.

Où est la cause juste ? Il est évident que l'on peut croire qu'elle est chez les rebelles islamistes qui combattent une dictature, mais cette dictature quand bien même elle l'est, elle représente des Alaouites, une branche chiite, qui ont aussi droit à la vie, de vivre, et doivent défendre leur existence par tous les moyens. Les rebelles islamistes ont les renforts en armements de l'extérieur pratiquement inépuisables sauf les missiles Stinger ou autres armes tactiques anti-aériennes parce que les puissances qui les soutiennent veulent laisser l'espace aérien stratégiquement à leur profit pour influer sur la guerre. La cause est-elle réellement chez les djihadistes islamiques ? Qui a détruit le pays ? L'Etat ou les djihadistes ? Les conséquences parlent d'elles-mêmes, les millions de Syriens brisés errant hors de leurs foyers, leurs villes détruites, condamnent sans appel ceux par qui le mal est venu. La cause juste est évidemment pour le pouvoir central de Damas.

«Les rebelles, comme l'Occident, peuvent faire durer la guerre autant qu'ils le décideront, ce sera toujours la cause juste qui primera.» L'action de la Russie, au-delà des critiques occidentales qui ne visent que leurs intérêts stratégiques, et au-delà des intérêts russes dans la région, «ne désarmera pas». Le pouvoir central de Damas apparaît un peu comme l'Etats islamique, mais strictement en termes de cause juste. C'est un pouvoir où toutes les minorités alaouites, chrétiennes, druzes et autres ont aussi leurs droits universels, leurs droits d'existence humaine, et donc doivent se défendre.

Ce qui est dit ce n'est pas un pronostic, mais «un pronostic de la cause juste». Un peuple qui a la cause juste pour lui peut être vaincu, mais il se reprendra et sortira de la domination. La liberté humaine est l'essence même de l'existence de l'humanité. L'humanité est humaine parce qu'elle naît libre, elle est conscience de cette liberté. Et ses imperfections la mettent en devoir de lutter pour cette liberté humaine, strictement humaine. Il y a aussi une «Raison dans l'Histoire» qui est méconnue par les hommes car, aveuglés par leur puissance, ils ne comprennent pas. Tout en les laissant faire, la Raison dans l'Histoire veille, corrige (sans que les hommes prennent conscience) l'humanité dans sa marche dans l'histoire.

Faisons un retour sur le «Printemps arabe», qu'en est-il des révolutions arabes ? Comparons cet événement historique avec un autre événement qui a eu lieu au XXe siècle, dont la dynamique de combat est dans un certain sens ressemblante. Prenons l'histoire de la Chine, et analysons comment les communistes chinois, arrivés au pouvoir, ont proclamé la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949.

Quelles ont été les forces historiques qui ont amené la création de la RPC en 1949. Partons de l'année 1937, date qui a marqué le début de la seconde guerre sino-japonaise, suite à l'invasion de la partie orientale de la Chine. La Mandchourie et les provinces du nord de la Chine (Shangaï, Nankin…) étaient déjà envahies par le Japon, en 1931. La puissance japonaise, à cette époque, était écrasante. Durant cette guerre, l'usage des armes chimiques par l'armée japonaise firent plus d'une centaine de milliers de civils et de soldats désarmés tués. On a fait état entre 20 000 et 80 000 femmes et enfants violés par les soldats de l'armée impériale japonaise. (6)

La plupart des puissances étrangères étaient dans l'expectative devant le conflit sino-japonais. Ils ne prenaient pas parti dans le conflit. Pour certains par les intérêts que ces puissances avaient avec le Japon. De plus, l'essentiel de l'industrie d'armement chinois était déjà dans les régions conquises par les forces japonaises. La Chine, par conséquent, n'avait pratiquement pas d'espoir pour libérer son territoire. Et malgré l'union des forces armées communistes chinoises de Mao Tsé Toung intégrées à l'armée régulière chinoise du Guomindang, commandée par Tchang Kaï-Chek.

Bien que les efforts des troupes chinoises unies fussent considérables, ni l'armée nationaliste de Tchang Kaï-Chek, ni les forces communistes de Mao Tsé Toung, toutes deux faiblement armées, ne pouvaient vaincre l'armée impériale japonaise. Et la terrible politique de répression menée pour réduire la guérilla communiste, et les lourdes pertes civiles qui ont suivi, ne laissaient espérer un retournement de situation.

La question qui se pose : «D'où va venir l'événement qui va sauver la Chine de l'occupation japonaise et de la répression qui s'abat sur le peuple chinois ? Ou, en d'autres termes, d'où va venir le «Printemps chinois ou le printemps de la libération» ? Et c'est là où l'histoire entre en jeu, la réponse viendra précisément du Japon, de ce Japon qui a mis à feu et à sang des régions entières de la Chine. Cette réponse a pour nom : l'«attaque de Pearl Harbour», le 7 décembre 1941. Cette attaque va changer les rapports de force entre le Japon, la Chine et le monde. Le 8 décembre 1941, les États-Unis déclarent la guerre au Japon. Le 12 décembre 1941, l'Allemagne et l'Italie, conformément au pacte tripartite, déclarent la guerre aux États-Unis. Tout le conflit extrême-oriental va changer. Ce «Printemps chinois» nous fait dire qu'il ressemble curieusement au «Printemps arabe».

La guerre est pratiquement terminée en Irak, les forces armées américaines s'apprêtent à quitter le territoire irakien. Ils ne sont pratiquement plus visés par les actes terroristes de la rébellion irakienne. Mais la situation politique intérieure de l'Irak est restée très instable et très dangereuse pour l'unité nationale. «Des régions entières sunnites irakiennes sont sommées de se soumettre au pouvoir central de Bagdad à majorité chiite». Alors que les régions kurdes bénéficient d'une autonomie et d'une force armée reconnue. Il est évident que la situation ne pouvait que se détériorer. Les actes terroristes des insurgés sunnites se multiplient, le pouvoir central riposte par des représailles qui se multiplient aussi. Un pays comme l'Irak, qui est habitué à la guerre et l'a subie pendant 30 ans, n'est pas ébranlé par ces actes violents. C'est plus une guerre de tranchée avec une violence terroriste qui ne change pas la donne. Le pouvoir attend que la rébellion s'épuise. Et cela pouvait marcher avec le temps.

Et justement c'est là où entre dès 2011, le «Printemps arabe» qui sonne les révolutions arabes, suivi de l'implication des puissances étrangères. Comme en 1941, les États-Unis et l'Union soviétique se sont impliqués en Extrême-Orient. Au Moyen-Orient, un axe s'est constitué avec les «États-Unis-Europe-Arabie saoudite-Turquie-Pays du Golfe» et a puissamment aidé l'opposition syrienne. Le maillon faible était la Syrie. L'Armée syrienne libre s'est formée d'abord, puis les groupuscules djihadistes massivement armés sont montés en puissance contre le pouvoir central de Damas qui a été mis dans une situation militaire difficile. En Irak, l'unité nationale a éclaté. Après 2012, les factions rebelles sunnites en Irak et en Syrie ont opéré une jonction qui reflète pratiquement la situation d'aujourd'hui.

Dans les forces en présence, on constate une «similitude inversée» entre ce qui a existé en Chine et ce qui existe au Moyen-Orient. Les forces nationalistes chinoises de Tchang Kaï-Chek soutenues par les Alliés à l'époque s'assimilent à l'opposition syrienne et irakienne islamiste soutenue par les Occidentaux et les pétro-monarchies arabes. Les forces communistes chinoises de Mao Tsé Toung soutenues par l'Union soviétique à l'époque s'assimilent aux pouvoirs de Damas et de Bagdad soutenus par la Russie.

«Cette «similitude» est très intéressante en matière de prospective.» En effet, si la guerre a duré en Chine jusqu'en 1945, avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dans un premier temps – le Japon a été nucléarisé par deux fois, en août 1945 –, la guerre civile s'est ensuite poursuivie, dans un deuxième temps, jusqu'en 1949, date à laquelle la République populaire de Chine a été proclamée, il s'est produit le même processus pour les forces armées du Guomindang, et ce qui reste du gouvernement. Trouvant refuge dans l'île de Taïwan, le Guomindang y proclame en 1949, avec l'appui américain, la République de Chine, avec pour capitale Taipei.

Le processus qui va jouer pour les Irakiens et les Syriens ressemblent fort au processus historique qui a joué pour les Chinois nationalistes et communistes chinois. Si on prend en compte qu'environ 6 millions d'Irakiens sunnites, selon les données démographiques de la CIA, 17% pour les Arabes sunnites, 77% d'Arabes chiites et 11% de Kurdes (sunnites en majorité et minorité yézidies), on peut se poser à juste raison comment va se distribuer territorialement la part des trois populations irakiennes, sachant qu'il est pratiquement impossible un raccommodage de la nation irakienne et syrienne.

Le raccommodage n'est possible ni sur le plan intérieur ni sur le plan extérieur. Le mal est trop profond, la haine engendrée est terrible, l'éclatement et l'exode de la population, le temps de guerre et de souffrance trop long, l'impossible confiance entre les communautés pour une existence commune, l'impossible croyance de l'unité nationale, l'opposition des confessions bien que musulmanes. Et trop de sang a coulé. Et enfin les pétro-monarchies arabes et les pays occidentaux qui sont le soutien de cette opposition sunnite resteront toujours opposés, pour des raisons stratégiques, à l'axe Chine-Russie-Iran-Irak (pouvoir central)- Syrie (pouvoir de Damas)-Hezbollah. Comme ce qui a prévalu avec la Chine, au début de la guerre froide, après 1945. Tout pousse à penser que l'Irak et la Syrie vont vers l'éclatement. L'EI y est déjà installé, et cette donne est déjà intégrée dans les plans des grandes puissances. Que sera alors l'EI, un Etat islamique à cheval entre l'Irak et la Syrie dans les plans russo-américains ? Et la Syrie ? Est-il possible de réconcilier les Alaouites et les sunnites de Syrie ? Impossible, doit-on dire. C'est trop tard. Des villes sont détruites, quatre millions de Syriens sont depuis quatre ans dans des camps de tentes dans des pays étrangers, des centaines de milliers errent ou cherchent à trouver refuge en Afrique du Nord et en Europe (les migrants). 6 millions de Syriens ont fui leurs foyers mais sont toujours en Syrie. 250 000 morts, dont 120 000 enfants et combien de centaines de milliers de blessés. Impossible de réconcilier les communautés. Là encore, trop de sang a trop coulé, trop de haines.

Sur une population de 23 millions d'habitants, 75% environ sont sunnites, 12% sont chiites alaouites, 3% druze chiites et 10 % sont kurdes. Une répartition territoriale sera nécessaire et sous quelle forme ? Probablement, les plans existent déjà, les puissances y ont pensé tous les cas de figure. Les critères ethnique et confessionnel, la situation militaire sur le terrain et les visées géostratégiques stratégiques s'imposeront pour séparer les communautés en lutte.

Les accords de Sykes-Picot de 1916 ont fait leur temps. Et pourquoi pas, si en 2016, soit cent ans plus tard, ce sera en fait la Force de l'Histoire qui amènera la paix, et créer ce qu'il faut pour départager les peuples. Le «Printemps arabe», un autre «Pearl Harbour», n'est pas venu par hasard. Un concours de circonstances pour les hommes. Il ne l'est pas pour l'Histoire. Comme le «Printemps chinois» qui a commencé avec l'attaque de Pearl Harbour en décembre 1941 et a donné deux Républiques chinoises, le «Printemps arabe» de 2011, un nouveau «Pearl Harbour», est appelé à donner les Républiques arabes qu'il faut à ces peuples syriens et irakiens en détresse.

* Auteur et chercheur indépendant en Economie mondiale, Relations internationales et Prospective.

A suivre...

Notes :

Cette analyse qui fait suite aux articles déjà parus dans Le Quotidien d'Oran, El Watan et résumés dans http://www.sens-du-monde (site de l'auteur) cherche à donner une lecture herméneutique, explicative dans son essence par une dialectique historico-évolutive dont les événements récurrents aux différents temps et lieux géographiques sont mus par une même et «juste» dynamique historique, par une même «incarnation de principes supérieurs humains» régissant «le Soi supérieur, le Soi dans son essence» des peuples. Et cette synergie événementielle constitue l'«essence même de la marche de l'histoire».

- «Des guerres interconfessionnelles au Moyen-Orient aux bouleversements géostratégiques du XXIe siècle : Les véritables dimensions des conflits armés», par Medjdoub Hamed. Le 14 septembre 2014. Le Quotidien d'Oran

- «Le Chaudron moyen-oriental», par Medjdoub hamed. Le 07 octobre 2014. Le Quotidien d'Oran.

- «Les Occidentaux risqueront-ils une confrontation avec la Syrie ?» Par Medjdoub Hamed. Le 04 août 2012. El Watan.

- «Le Moyen-Orient, nouveaux Balkans du XXIe siècle ? Une logique d'embrasement ?» Par Medjdoub Hamed. Le 02 septembre 2012. El Watan.

2. «Moyen-Orient. Les Kurdes : une nation, quatre pays, une myriade de partis», par France 24. Le 30 juillet 2015

http://www.france24.com/fr/20150727-kurdes-nation-quatre-pays-myriade-partis-pkk-ypg-pyd-turquie-syrie-irak-iran-kurdistan

3. «Poutine justifie ses raids contre les rebelles», Le Monde, du 12 octobre 2015. H3ttp://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/10/12/poutine-justifie-ses-raids-contre-les-rebelles_4787664_3218.html#jLjWj3wDDeedskP3.99

4 «Irak : Les milices chiites se retirent de la bataille d'Al-Anbar» par RFI, le 13 avril 2015

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20150413-irak-milices-chiites-bataille-al-anbar-tribus-sunnites-etat-islamique/?aef_campaign_date =2015-04-13

5 «Washington doute de «la volonté de se battre» des Irakiens contre l'EI», L'Express, du 24 mai 2015

http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/les-etats-unis-doutent-de-la-volonte-de-l-irak-de-combattre-l-ei_1682735.html

6. - Mark Levene, Penny Roberts, The Massacre in History, 1999, pages 223-224

- Samuel Totten, dictionnary of Genocid, 2008, pages 298-299

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