Des professeurs de médecine et des universitaires de renom demandent l'arrêt de l'agression contre Gaza

Publié le par Mahi Ahmed

~~ Des professeurs de médecine et des universitaires de renom demandent l'arrêt de l'agression contre Gaza 2014-07-30 Par Mohamed Larbi Bouguerra Lancet» est une prestigieuse et vénérable revue scientifique médicale britannique qui paraît toutes les semaines depuis le 5 octobre 1823. Elle est lue par les scientifiques les plus connus et les plus renommés des médecins de par le monde. Rédigée par cinq spécialistes internationaux*** et à l’initiative de 24 praticiens, cette revue a publié, le 23 juillet 2014, «une lettre ouverte pour le peuple de Gaza ». En deux jours, la lettre a reçu la signature de 1586 médecins et scientifiques de l’étranger et de 74 praticiens israéliens. Elle a été lancée suite à la demande d’universitaires de Gaza qui ne peuvent plus enseigner et qui manquent, comme tous les Gazaouis, de nourritures et de médicaments. Précise comme le scalpel du chirurgien et prenant appui sur des publications scientifiques indiscutables et des données irréfutables, la lettre dresse un tableau complet des crimes israéliens et dénonce la propagande israélienne et ses mensonges. Les praticiens israéliens sont furieux étant donné le très grand impact de cette importante revue dans les milieux médicaux et scientifiques. Ce qui n’empêche pas le Pr Gad Keren, chef du département de cardiologie à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv – qui demande à ses confrères de prendre très au sérieux cette affaire- de resservir la mauvaise plaisanterie si souvent rebattue : «Il est de notre devoir de défendre la réputation d’Israël et de l’armée israélienne qui est la plus morale des armées sur Terre et à travers le monde entier.» Comme le 23 juillet 2014, à la séance spéciale du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève traitant de la Palestine, les Etats Unis ont voté contre le texte de la déclaration préalable de Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire et la France s’est abstenue, cette lettre n’en devient que plus percutante et plus éclairante. On lit dans cette lettre: «Nous sommes des médecins et des scientifiques qui passons notre vie à développer des moyens pour prendre soin et protéger la santé et les vies. Nous sommes aussi des personnes informées; nous enseignons l’éthique de nos professions ainsi que les connaissances et les pratiques afférentes. Nous avons tous travaillé à Gaza et connaissons sa situation depuis des années. Sur la base de notre éthique et de nos usages, nous dénonçons ce dont nous sommes témoins et qui est l’agression de Gaza par Israël. Nous demandons à nos collègues, professionnels jeunes ou âgés, de dénoncer cette agression israélienne. Nous défions la perversité d’une propagande qui justifie la création d’une urgence maquillée en massacre, la soi-disant « agression défensive». Il s’agit en réalité d’un assaut cruel de durée, d’étendue et d’intensité illimitées. Nous souhaitons rendre compte des faits tels que nous les avons vus et de leurs implications sur les gens. Nous sommes horrifiés par l’attaque militaire des civils à Gaza camouflés en châtiment de terroristes. Ceci est la troisième attaque militaire contre Gaza depuis 2008. Chaque fois, le nombre de victimes est constitué par les populations innocentes de Gaza, spécialement des femmes et des enfants sous l’inacceptable prétexte avancé par Israël d’éradiquer des parties politiques ainsi que la résistance à l’occupation et au siège imposés par les Israéliens. Cette action terrifie ceux qui ne sont pas directement atteints. Elle blesse l’âme, l’esprit et la résilience de la jeune génération. Notre condamnation et notre dégoût sont de plus aggravés par le déni et l’interdiction faits à Gaza de recevoir une aide extérieure et des fournitures pour soulager ces terribles circonstances. Le blocus de Gaza a été rendu plus sévère depuis l’an dernier; ce qui a aggravé le tribut payé par les Gazaouis. A Gaza, les gens souffrent de la faim, de la soif, de la pollution, du manque de médicaments, d’électricité, de toute possible d’avoir des revenus et pas seulement de subir des bombardements et de recevoir des missiles. La pénurie d’électricité et de carburant, le manque d’eau et d’aliments, le débordement des égouts et les ressources de plus en plus décroissantes sont des désastres provoqués directement ou indirectement par le siège. Les gens sont en train de résister à cette agression parce qu’ils veulent une vie normale et meilleure et, même quand ils pleurent de peine, de souffrance, de douleur et de terreur, ils rejettent une trêve temporaire qui ne procure pas une chance réelle d’un avenir meilleur. La voix d’Oum al Rawlawi -qui s’entend lors des attaques- parle pour tous les Gazaouis : «Ils sont en train de nous tuer de toute façon- soit par une mort lente avec le siège ou une mort plus rapide par les attaques militaires. Ils ne nous restent rien à perdre. Nous devons combattre pour nos droits ou mourir en essayant de les conquérir.» Gaza subit le blocus aérien, maritime et terrestre depuis 2006. Tout individu qui, à Gaza, s’aventure en mer à plus de trois miles nautiques des côtes- y compris les pêcheurs- doit s’attendre aux tirs de la marine israélienne. Nul ne peut sortir de Gaza que par deux points de contrôle : Ertez et Rafah et avec la permission des Israéliens ou des Egyptiens. Ce qui est difficile –voire impossible à obtenir. Les Gazaouis ne peuvent pas aller étudier ou travailler l’étranger, ils ne peuvent pas rendre visite à leur famille ou faire des affaires à l’extérieur. Les personnes blessées ou malades ne peuvent pas quitter facilement Gaza pour recevoir des soins spécialisés. L’entrée des médicaments et des aliments à Gaza a été réduite et de nombreux articles nécessaires à la survie sont prohibés. Avant la présente attaque, les stocks d’articles médicaux ont été au plus bas, comme ils ne l’ont jamais été et ce, du fait du blocus. Ils sont à présent épuisés. Pareillement, Gaza ne peut exporter ses produits. L’agriculture a été sévèrement handicapée par une zone tampon et les produits agricoles ne peuvent plus être exportés du fait du blocus. 80% de la population vit grâce aux rations fournies par l’ONU. Beaucoup de bâtiments et d’infrastructures ont été détruits au cours de l’opération «Plomb durci» de 2008-9. Mais les matériaux de construction tombent sous le coup du blocus et ainsi, des écoles, des maisons, des institutions ne peuvent être correctement reconstruites. Les usines détruites suite aux bombardements ont été rarement reconstruites, ce qui ajoute au chômage et au dénuement. Malgré ces conditions difficiles, les Gazaouis et leurs leaders politiques ont récemment fait des pas en vue d’un processus de réconciliation «sans armes et sans dommage» entre les différentes factions. Les chefs ont renoncé à des titres et à des avantages afin qu’un gouvernement d’union puisse être formé abolissant ainsi les politiques d’acrimonie, de discorde et de factions à l’œuvre depuis 2007. Cette réconciliation, acceptée par de nombreuses communautés internationales, a été rejetée par Israël. Les attaques israéliennes actuelles mettent un frein à cette chance d’unité politique entre Gaza et la Cisjordanie comme elles ciblent et attaquent une partie de la société palestinienne en détruisant des vies à Gaza. Sous le prétexte d’éliminer le terrorisme, Israël est en train d’essayer de détruire l’unité palestinienne croissante. Entre autres mensonges, on affirme que les civils à Gaza sont l’otage du Hamas mais la vérité est que la Bande de Gaza est hermétiquement scellée par les Israéliens et les Egyptiens…..» Les praticiens notent alors la forte proportion d’enfants tués et blessés ainsi que les tirs visant les salles d’opération, les unités de soins intensifs, les morts de praticiens, de personnels et de patients. Ils expriment des craintes pour l’hôpital principal Shifa (à la date du 21 juillet). « De plus, disent-ils, la plupart des gens sont psychologiquement traumatisés à Gaza. Quiconque a dépassé l’âge de six ans à Gaza vit, pour la troisième fois, l’assaut militaire israélien.» Le massacre de Gaza n’épargne personne. Il inclut les handicapés et les patients des hôpitaux, les enfants jouant à la plage ou sur les toits et une grande majorité de non-combattants. Les hôpitaux, les cliniques, les mosquées, les ambulances, les écoles, les bâtiments abritant la presse ont été attaqués, des maisons privées ont été bombardées, clairement, on visait des familles entières pour les tuer chez elles, à l’intérieur de leurs foyers….ce qui n’est pas le bon moyen pour trouver des tunnels. Car aucune de ces maisons ne peut être un objectif militaire. Ces attaques visent à terroriser, à blesser l’esprit et le corps des gens. Elles visent à rendre la vie impossible à l’avenir puisqu’on démolit les maisons et on empêche de les reconstruire. Des armes connues pour infliger des atteintes à la santé sur le long terme sont utilisées notamment les armes à non fragmentation et les bombes hard head. Nous avons été témoins de l’usage d’armes ciblées, employées sans la moindre discrimination à l’encontre d’enfants et nous avons constamment vu que les soi-disant armes intelligentes échouent à être précises à moins qu’elles ne soient délibérément utilisées pour faucher la vie d’êtres innocents. Nous dénonçons le mythe propagé par Israël et qui consiste à dire que l’agression est conduite de manière à préserver la vie des civils et le bien-être des enfants. La conduite d’Israël est une insulte à notre l’humanité, une injure à l’intelligence et à la dignité. Elle est un affront à notre l’éthique professionnelle et à nos efforts. Même ceux d’entre nous qui veulent aller à Gaza pour aider sont empêchés d’atteindre ce territoire à cause du blocus. L’ « agression défensive » -cet assaut cruel de durée, d’étendue et d’intensité illimitées- doit être stoppée. De plus, si l’emploi de gaz venait à être confirmé, il est, de manière non équivoque, un crime de guerre, pour lequel, avant toute chose, des sanctions sévères doivent être prises immédiatement contre Israël ainsi que la cessation de tout commerce ou accords de collaboration avec l’Europe. Alors que nous écrivons, d’autres massacres et des menaces visant le personnel médical des services d’urgence sont rapportés, comme est rapporté le refus opposé à l’entrée des convois humanitaires internationaux. En notre qualité de scientifiques et de médecins, nous ne pouvons garder le silence alors que ce crime contre l’Humanité continue à être perpétré. Gaza est prise au piège du siège. Elle est en train d’être tuée par les machines de guerre les plus modernes, les plus importantes et les plus sophistiquées du monde. Le sol est empoisonné par les débris des armes et présente des risques pour les générations à venir. Si ceux d’entre nous qui sont capables de faire entendre leur voix ne le font pas et ne prennent pas position contre ce crime de guerre, nous sommes aussi complices de la destruction des vies et des foyers de 1,8 million de Gazaouis. Nous enregistrons avec consternation que seulement 5% de nos confrères universitaires israéliens ont signé l’appel demandant à leur gouvernement d’arrêter l’opération militaire contre Gaza. Nous sommes tentés de conclure qu’à l’exception de ces 5%, le reste des universitaires israéliens sont complices du massacre et de la destruction de Gaza. Nous voyons aussi la complicité de nos gouvernements en Europe et en Amérique du Nord dans ce massacre et l’impuissance une fois encore des institutions et des organisations à arrêter ce massacre.» ***Il s’agit de: • Paola Manduca, Nouveau Groupe de recherche sur les armes, Université de Gênes (Italie) • Iain Chalmers, Bibliothèque James Lind, Oxford, GB. • Derek Summerfield, Institut de Psychiatrie, King’s College, Londres, GB • Mads Gilbert, Clinique de Médecine d’urgence, Hôpital Universitaire de la Norvège du Nord, Tromso, Norvège. • Swee Ang, Barts and the Royal London Hospital, Londres, GB. Mohamed Larbi Bouguerra URL : http://www.leaders.com.tn/article/des-professeurs-de-medecine-et-des-universitaires-de-renom-demandent-l-arret-de-l-agression-contre-gaza?id=14689

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