Le 1er mai : la flamme

Publié le par Mahi Ahmed

~~Le 1er mai : la flamme Pour ce qui reste de classe ouvrière, au sens du marxisme, il y a loin de la définition à la réalité. Il y a ce qu’on appelle la classe en soi et il y a la classe pour soi. Deux états qui procèdent de la différence qualitative. Dans le premier c’est l’existence physique, constatée et même mesurée. Une classe qui se distingue des autres par le statut et le rôle qui lui sont assignés par la société. C'est-à-dire une catégorie de citoyens qui vivent de la vente de leur force de travail à un patron, qu’il soit public ou privé. Et qui n’a pas d’autre moyen de vie que le salaire perçu en contre partie d’un travail fourni. Dans le deuxième cas, la classe s’enrichit de la conscience de sa situation et de la place qu’elle occupe, en tant que créatrice des richesses des patrons. Dans cet état, elle porte des revendications beaucoup plus élaborées, qui font irruption sur la scène politique, caractérisées par des prétentions supérieures qui peuvent aller jusqu’à la remise en cause de l’ordre établi et à la lutte pour la conquête du pouvoir. Pour l’instauration d’un Etat ouvrier où les classes sociales seraient abolies, par l’élimination de la propriété privée des moyens de production et leur mise à disposition de la société tout entière. Le 1er mai, par exemple, constitue cette date mémorable qui a marqué l’histoire d’une longue période de confrontations, entre le travail et le capital, où les travailleurs ont réussi à conquérir un droit aujourd’hui mis à mal. Il s’agit de la journée de 8 heures, qui semblait à une époque lointaine une utopie, tant il était admis que le travail devait se soumettre aux exigences de l’usine. Depuis, dans le monde entier, l’amplitude de la journée de travail est théoriquement réduite à ce principe. En théorie, puisque l’on assiste de plus en plus à des réajustements des rapports de forces, jusque et y compris dans les pays où le syndicalisme, la combativité de la force de travail et le respect des « acquis », ont toujours une certaine vivacité, pratiquement balayé dans les pays périphériques. Des pays où se « délocalisent » les capitaux, fuyant les marchés de l’emploi trop cher, pour les lieux plus cléments où les salaires et les conditions de travail sont laissés à la libre appréciation de l’employeur. Ainsi, le premier mai qui a un goût de sang, un goût de fête, celui de la victoire et un goût de liberté, celui de l’irruption de l’humain dans la cité, est en passe de sombrer dans l’oubli. Il représentait la haute symbolique, en termes de droit, Huit heures de travail, huit heures de loisirs, huit heures de sommeil. Longtemps, cela était présent à l’esprit, ensuite a été oublié, on a considéré que cela faisait partie de l’ordre naturel des choses. Tant il a été prouvé que l’on pouvait « travailler moins et gagner plus ». Et c’était tellement avéré qu’on a réellement travaillé moins et que jamais l’humanité n’a autant gagné, jamais, les siècles passés, l’homme n’a autant accumulé de progrès et produit autant de richesses. La raison en étant simple, les hommes ont été plus nombreux à aller à l’école, à se former, à se cultiver. Ils ont été en meilleure santé et produit plus d’intelligence. Ils ont pu travailler mieux, plutôt que travailler plus. Faut-il alors que la Barbarie revienne, comme elle le fait ? Ahmed Halfaoui.

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