Le dilemme de Poutine <br>par Mike Whitney

Publié le par Mahi Ahmed

~~Le dilemme de Poutine <br>par Mike Whitney ‎Aujourd’hui ‎9 ‎juillet ‎2014, ‏‎il y a 2 heures | Comité Valmy Le dilemme de Poutine « La dernière décennie du XXe siècle a connu un changement tectonique dans les affaires mondiales. Pour la première fois, une puissance non-Eurasienne a émergé, non seulement comme un arbitre clé des relations de pouvoir en Eurasie, mais aussi comme pouvoir suprême dans le monde. » (p. xiii) « Maintenant, une puissance non-Eurasienne est devenue prééminente en Eurasie. – Et la primauté mondiale de l'Amérique dépend directement de la durée et de l'efficacité de sa prépondérance maintenue sur le continent eurasiatique » (p.30)Extraits du livre Le Grand Échiquier : la Primauté Américaine et ses Impératifs Géostratégiques, Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997 « On nous avait promis à Munich, après la réunification de l'Allemagne, aucune expansion de l'OTAN n'aura lieu à l'Est. Ensuite, l'OTAN s'est élargie en ajoutant les anciens pays du Pacte de Varsovie, les anciens pays de l'URSS, et j'ai demandé : “Pourquoi faites-vous cela ? ” Et ils m'ont répondu : ” Ce n'est pas votre affaire.” » – Le président Russe Vladimir Poutine, conférence de presse à Moscou, avril 2014 Les États-Unis se trouvent dans une véritable phase de déclaration de guerre avec la Russie. Les décideurs politiques à Washington ont déplacé leur attention depuis le Moyen-Orient vers l'Eurasie, où ils espèrent atteindre la partie la plus ambitieuse du projet impérial : établir des bases d'opérations avancées tout au long du flanc Ouest de la Russie, pour arrêter l'intégration économique entre l'Asie et l'Europe, et pour commencer l'objectif longtemps recherché de démembrer la Fédération de Russie. Tels sont les objectifs de la politique actuelle. Les États-Unis ont l'intention d'étendre leurs bases militaires en Asie centrale, de se saisir des ressources vitales et des corridors de pipelines, et d'encercler la Chine pour pouvoir contrôler sa croissance future. Cette poussière en Ukraine indique que la cloche de départ a déjà sonné et que l'opération est déjà entièrement en cours de déroulement. Comme nous le savons par expérience, Washington va poursuivre sa stratégie sans relâche tout en s'affranchissant de l'opinion publique, du droit international ou de la condamnation des adversaires et des alliés de la même façon. La seule superpuissance du monde n'a nul besoin d'écouter quiconque. Il s'agit d'un droit en soi. Ce modèle, est bien sûr, infaillible. Il commence avec des sanctions de type doigts moralisateurs qui agitent l'économique, et de la rhétorique incendiaire, et puis rapidement, il se transforme en bombardements furtifs, attaques de drones, destruction massive des infrastructures civiles, des millions de réfugiés fuyant les villes et les villages décimés, des escadrons de la mort, du carnage humain en gros, de vastes destructions de l'environnement, et la lame stable en échec l'anarchie de l'État… Tout ceci étant accompagné par la répétition fade de la propagande étatique vomie de tous les porte-voix de l'entreprise dans les médias occidentaux. N'est-ce pas la façon dont les choses se sont déjà déroulées en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ? En effet, ils l'ont fait. Et maintenant, c'est au tour de Moscou. La survie de Poutine et celle de la Fédération de Russie dépend dans une très large mesure de sa capacité à saisir la nouvelle réalité rapidement et de s'adapter en conséquence. S'il décide d'ignorer les signes avant-coureurs qui sont tant espérés par Washington qui ne saurait être apaisé ou bien les hommes qui dictent la politique étrangère des États-Unis qui seraient peut-être persuadés d'abandonner le soi-disant « pivot vers l'Asie », il pourrait faire face à la même fin que Saddam Hussein ou Kadhafi. Donc, la première priorité est tout simplement d'accepter le fait que la guerre a commencé. Toutes ses futures décisions politiques doivent provenir de cette connaissance de base. Alors qu'est-ce que Poutine sait déjà ? Il sait que la CIA, le Département d'État des États-Unis et les pseudo-ONG américano-financées ont été directement impliqués dans le coup d'Etat de Kiev. Il sait (à partir de messages téléphoniques piratés) que c'était la main de Washington dans le choix des dirigeants de la junte. Il sait que la Maison Blanche et l'OTAN ont déjà sapé l'esprit de l'accord de Genève de vendredi en menaçant d'intensifier les sanctions économiques et en prévoyant de transférer davantage d'actifs militaires aux pays baltes, ainsi que 10.000 troupes terrestres américaines en Pologne et des navires de guerre américains supplémentaires en Mer Noire. Il sait que des décideurs politiques de haut rang des États-Unis l'ont diabolisé dans les médias en tant que nouvel Hitler, un surnom qui est immanquablement connoté d'objectifs d'agression par Washington. Et il sait aussi que l'équipe Obama grouille de néo-cons sanguinaires et de guerriers froids récalcitrants qui n'ont jamais abandonné l'idée de faire éclater la Russie en petits morceaux, de pouvoir piller ses ressources, et d'installer une marionnette des États-Unis à Moscou. À cette fin, les médias occidentaux ont façonné un récit absurde en prétendant que la Crimée fait partie d'un plan « diabolique » de Poutine pour reconstruire l'Union soviétique et revenir aux jours de gloire de l'Empire russe. Bien qu'il n'y ait aucun point à réfuter dans cette allégation risible, il convient de noter que de nombreux journalistes ont contesté l'exubérance des médias en analysant la couverture de propagande gérée par l'Etat. Voilà comment Robert Parry l'a résumé dans un article récent : « Au cours de mes quatre plus grandes décennies dans le journalisme, je n'ai jamais assisté à un tel spectacle de partialité et de tromperie aussi élaboré par les plus grands médias d'actualité grand public des États-Unis. Même à l'époque de Ronald Reagan … il y avait plus d'indépendance dans les principaux organes de presse. Il y a eu aussi beaucoup de bousculades des médias au large de la falaise de la réalité pendant la guerre du Golfe Persique de George HW Bush et de la guerre en Irak de George W. Bush, qui ont tous deux été manifestement coutumiers de fausses allégations qui ont pu être si facilement avalées par les grands organes de presse américains. Mais il y a quelque chose de tout à fait orwellien dans la couverture actuelle de la crise en Ukraine, y compris le fait d'accuser les autres de « propagande » quand leurs explications… se révèlent beaucoup plus honnêtes et plus précises que ce que le corps de presse tout entier des États-Unis a mis en production…. La désinvolture de cette propagande … n'est pas seulement du journalisme de la honte, mais c'est aussi particulièrement imprudent de malversation au péril de la vie de nombreux Ukrainiens et de l'avenir de la planète. » (« Ukraine, à travers le miroir des Etats-Unis », Robert Parry, SmirkingChimp ) Malheureusement, le brouillard de la propagande générée par l'État permet de maintenir le public en grande partie dans l'obscurité sur les motifs réels du conflit actuel, ainsi que l'histoire sordide de l'hostilité américaine envers la Russie. Voici un court texte de présentation d'un article paru sur le site World Socialist Web Site qui aide à couper à travers la BS et qui fournit un peu plus d'éclairage sur ce qui se passe réellement : « Lorsque l'Union soviétique s'est effondrée à la fin de 1991, Dick (Cheney) voulait obtenir non seulement le démantèlement de l'Union soviétique et de l'empire russe, mais celui de la Russie elle-même, de sorte qu'elle ne puisse plus jamais constituer à nouveau une menace pour le reste du monde, », écrit l'ancien secrétaire à la Défense, Robert Gates, des États-Unis, dans ses mémoires récemment publiées. Gates faisait allusion à l'époque où Dick Cheney était ministre de la Défense, et plus tard vice-président américain. Ces déclarations éclairent sous un jour nouveau les dimensions géopolitiques du putsch récent en Ukraine. Ce qui est en jeu, ce ne sont pas tant de simples questions de nationalité, et encore moins la lutte contre la corruption et pour la démocratie, mais bien au contraire une lutte internationale pour le pouvoir et l'influence qui remonte à un quart de siècle. “( Les dimensions géopolitiques du coup d'état en Ukraine , Peter Schwarz, World Socialist Web Site) Le Conseiller en Sécurité Nationale du président Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, constitue bien le principal architecte de la politique actuelle. Dans son désormais classique « Le Grand Échiquier … La suprématie américaine Et Ses impératifs Géostratégiques », Brzezinski argumente que les États-Unis ont un besoin vital de devoir contrôler la masse continentale de l'Eurasie et d'en repousser ses rivaux potentiels, afin de maintenir sa position dominante en tant que seule et unique superpuissance au monde. Les critiques affirment que ce livre est un modèle pour une dictature mondiale, une revendication qui est bien difficile à contester étant donné l'accent particulièrement maniaque de Brzezinski sur ce qu'il qualifie « de la suprématie mondiale de l'Amérique. » Voici quelques extraits du texte qui éclairent bien les réflexions de l'auteur sur l'expansion US en Asie : « L'Amérique est maintenant la seule superpuissance mondiale, et l'Eurasie devient l'arène centrale du globe. Par conséquent, ce qui va se passer tout autour de la distribution de l'énergie sur le continent Eurasien sera d'une importance décisive pour la primauté mondiale de l'Amérique et de l'héritage historique de l'Amérique. » (P.194) « Il s'ensuit que l'intérêt principal de l'Amérique est d'aider à s'assurer qu'aucune puissance unique ne soit en mesure de contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale n'aura aucune entrave à son accès financier et économique ». (P148) … « La consommation d'énergie dans le monde est appelée à augmenter considérablement au cours des deux ou trois prochaines décennies. Selon les estimations du Département de l'Énergie des Etats-Unis, ils s'attendent à ce que la demande mondiale augmentera de plus de 50 % entre 1993 et 2015, la hausse la plus significative de la consommation se produisant en Extrême-Orient. La dynamique de développement économique de l'Asie suscite déjà des pressions énormes pour l'exploration et l'exploitation de nouvelles sources d'énergie et les régions de l'Asie centrale et du bassin de la mer Caspienne sont connues pour contenir des réserves de gaz naturel et de pétrole qui éclipsent celles du Koweït, du Golfe du Mexique ou de la mer du Nord. » (p.125) … »… « La manière dont l'Amérique gère « l'Eurasie » devient critique. L'Eurasie constitue le plus grand continent du monde et un axe géopolitique. La puissance capable de dominer l'Eurasie contrôlerait deux des trois régions les plus avancées et économiquement productives du monde. … Environ 75 % des habitants de la planète vivent en Eurasie, et la plupart de la richesse physique du monde se trouve concentrée là aussi, à la fois dans ses entreprises et dans son sous-sol. L'Eurasie représente environ 60 % du PNB de la planète et environ les trois quarts des ressources énergétiques connues du monde entier » p.31) … (Extraits de « Le Grand Échiquier : la Primauté Américaine et ses Impératifs Géostratégiques » – Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997) Pris dans son ensemble, « l'Échiquier » de Brzezinski revient finalement à une stratégie plutôt simple pour gouverner le monde. Le plan comporteTout ce que l'on doit faire, c'est de se saisir de l'approvisionnement énergétique critique et des lignes de transport en commun, d'écraser ses rivaux potentiels, et de subvertir les coalitions régionales, ou encore ce que Brzezinski désigne avec désinvolture, « empêcher les barbares de se mettre ensemble. » cependant des risques considérables, (la Russie détient pas mal d'armes nucléaires, après tout…), mais les risques sont largement compensés par la perspective de domination mondiale incontestée pour un avenir prévisible. Le problème avec la politique de Washington en Ukraine, c'est qu'elle laisse très peu d'options à Poutine. S'il déploie des troupes pour défendre l'ethnie Russophone à l'Est, alors Obama va immédiatement exiger des sanctions économiques supplémentaires, une zone « d'exclusion aérienne », le déploiement de l'OTAN, et la coupure du gaz naturel et des produits pétroliers en Europe. D'un autre côté, si Poutine ne fait rien, alors les attaques contre les personnes russophones en Ukraine (comme la fusillade de dimanche à un poste de contrôle de l'Est avec trois morts.) vont s'intensifier et les États-Unis vont fournir un soutien logistique militaire en secret aux extrémistes néo- nazis du ministère de l'Intérieur, tout comme ils l'ont déjà fait avec les terroristes djihadistes en Syrie et en Libye. Cela va entraîner l'Ukraine dans une guerre civile dévastatrice qui pourrait endommager l'économie de la Russie et saper la sécurité nationale. Quelle que soit l'option que vous pouvez envisager, la Russie perd dans tous les cas. Le journaliste David Paul a résumé la situation dans un article du Huffington Post intitulé « Oubliez le baratin, Poutine tient une main perdante ». Il a expliqué : « La formulation stratégique de Brzezinski est conçue pour améliorer la puissance américaine dans la région sur le long terme, et que Poutine arrive à trouver un moyen de se retirer ou bien qu'il choisisse d'envahir n'a finalement aucune importance. Quel que soit le choix que fait Poutine… en fin de compte il va servir les intérêts de l'Amérique, même si une guerre civile ukrainienne et une crise de l'énergie en Europe doivent faire partie du prix à l'arrivée. » ( Huffington Post ) C'est tout le dilemme de Poutine, qui consiste à tenter de choisir le chemin qui est le moins susceptible d'aggraver la situation et de plonger plus profondément l'Ukraine dans l'abîme. Pour l'instant, le choix semble évident, c'est juste qu'il faut tout simplement s'asseoir bien à l'abri, résister à la tentation de s'impliquer, et ne rien faire d'irréfléchi. Finalement, cette retenue pourra être considérée comme de la force et non plus de la faiblesse et il sera en mesure de jouer un rôle plus constructif en conduisant l'Ukraine vers la paix et la sécurité. MIKE WHITNEY vit dans l'État de Washington. Il est un contributeur à Espoir : Barack Obama et sa politique de l'Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une édition Kindle. Il peut être contacté à fergiewhitney@msn.com . par MIKE WHITNEY – http://www.counterpunch.org/2014/04/23/putins-dilemma/ Traduction Libre © Didier ARNAUD Reprise, mise en ligne CV : le 9 juillet 2014

Sonelgaz dépense sans compter, sans garantie de résultat

Publié le par Mahi Ahmed

~~Sonelgaz dépense sans compter, sans garantie de résultat par Abed Charef Sonelgaz agit conformément à la mode de l’ère Bouteflika : dépenser massivement l’argent public. L’entreprise s’endette, accumule les déficits, en attendant que l’Etat intervienne. Sonelgaz ignore la difficulté. L’entreprise publique, chargée de produire et de vendre l’électricité et le gaz en Algérie, affiche toujours sa détermination à réaliser des projets grandioses, malgré les aléas qui s’accumulent et les difficultés à concrétiser ses objectifs sur le terrain. « Les dirigeants de l’entreprise adorent parler de stratégie, alors qu’ils butent sur de vulgaires problèmes d’intendance qu’ils n’arrivent pas à surmonter », relève un ancien de Sonelgaz, récemment parti à la retraite. Pour l’entreprise, l’enjeu est énorme. Elle prévoit tout simplement de se doter, d’ici 2017, d’une capacité de production nouvelle équivalente à ce qu’elle possède aujourd’hui. En un quinquennat, lancer 15.000 mégawatts, tout en se diversifiant dans le renouvelable, les centrales hybrides, et en se lançant dans une production industrielle de composants nécessaires à l’activité, notamment les turbines. Soneglagz et ses filiales répondent à des demandes tellement diverses que les gestionnaires sont contraints au grand écart en permanence. « Comment gérer des contrats en millions de dollars, quand une petite panne d’un transformateur, dans un douar isolé, risque de provoquer une émeute ? », se plaint un ingénieur qui a quitté lui aussi Sonelgaz pour se lancer à son propre compte. MISE A NIVEAU NON ACHEVEE Sonelgaz doit aussi solder l’ère Chakib Khelil, avec ses nombreuses casseroles, dont deux pèsent lourdement sur la gestion du groupe. D’une part, l’achat de centrales électriques de même capacité, l’une pour 800 millions de dollars, l’autre pour le double, ce qui révèle une affaire de corruption actuellement en instruction; d’autre part, un sous-équipement important qui contraint les responsables de l’entreprise à une course effrénée pour combler le retard, dans un pays où une panne d’électricité débouche parfois sur une émeute. Pour cet été, les dirigeants de l’entreprise croisent les doigts : une panne de courant pendant un match de l’équipe nationale de football aurait été une catastrophe pour Sonelgaz. Ce qui n’empêche pas le PDG de Sonelagz, M. Noureddine Bouterfa, de continuer à égrener ses chiffres. 2.000 mégawatts supplémentaires réalisés en 2014, et 1.500 sur le point d’être réceptionnés, ce qui, sauf cas de force majeure, permet, selon lui, de passer un été tranquille, « même en cas de canicule ». L’entreprise est prête à répondre au pic de l’été, qui augmente de 14-16% par an d’une année sur l’autre depuis cinq ans. Dans le même temps, 9.000 postes de distribution ont été mis en service, l’équivalent de trois années au rythme antérieur ; 300.000 clients nouveaux pour l’électricité et autant pour le gaz, et des investissements faramineux de 410 milliards de dinars (4.1 milliards d’euros). Le chiffre d’affaires est en hausse de 13%, à 236 milliards dinars (2.36 milliards d’euros). ENDETTEMENT EXCESSIF Et pourtant, Sonelgaz n’a pas d’argent. Elle totalise 1.200 milliards de dinars d’endettements (12 milliards d’euros), ce qui est « considérable », selon son PDG. Pour l’année 2013, le déficit d’exploitation est de 30 milliards de dinars. Et pour concrétiser son programme d’investissements, l’entreprise envisage 1.600 milliards de dinars d’endettement nouveau (16 milliards d’euros). En cause, « des tarifs gelés depuis 2005 », à un niveau « très bas », selon les termes du PDG. Ce qui n’empêche pas M. Bouterfa de parler de 6.400 milliards de dinars d’investissements envisagés durant le quinquennat (64 milliards d’euros) pour le seul renouvelable. Comment y parvenir, alors que l’entreprise n’arrive pas à régler des problèmes primaires ? Des propriétaires refusant l’expropriation à l’amiable, empêchent des villages entiers d’être approvisionnés correctement en électricité. L’entreprise n’arrive pas à acquérir des terrains auprès de particuliers, en raison de la méfiance qui entoure la gestion de l’entreprise, après les scandales de corruption, comme le reconnait M. Bouterfa. UN DISCOURS DECALE Avec ce niveau d’endettement et d’incertitude, le discours de Sonelgaz sur l’efficacité énergétique et les économies d’énergie apparait comme un simple exercice de style. Tout comme le discours sur les énergies renouvelables, pour lesquelles Sonelgaz annonce des investissements record. L’entreprise parle aussi de transfert de technologie, de domicilier la fabrication en Algérie, pour ne plus se contenter d’assemblage, et d’explorer toutes les pistes du renouvelable solaire. Sur le terrain, les choses sont moins souriantes. Le projet phare du renouvelable, celui de Rouiba, est au point zéro. Les discussions avec un partenaire allemand n’ont pas abouti. De nouvelles discussions avec d’autres partenaires sont organisées actuellement. Tout a été remis à plat. Il faut encore plusieurs mois de discussions pour espérer arriver à un accord. Enfin, Sonelgaz tente l’aventure industrielle avec General Electric pour construire des équipements, notamment des turbines. Un projet ambitieux, mais complexe, qui ne fait pas partie du cœur de métier de Sonelgaz. « La mécanique se met lourdement en place », admet le PDG de Sonelgaz, « pas à la vitesse que voudraient certains », reconnait-il. Mais pour l’heure, Sonelgaz se contente de faire ce que l’Algérie sait faire: investir massivement de l’argent public. Sans aucune garantie de résultat.

Source: Le Quotidien d'Oran

L’ARTISTE BEIHDJA RAHAL À “LIBERTÉ”

Publié le par Mahi Ahmed

Ecoutez-la:

~~L’ARTISTE BEIHDJA RAHAL À “LIBERTÉ” “Il faut que les générations futures découvrent et apprennent la nouba dans son intégralité” Par : Sara Kharfi Beihdja Rahal donnera un concert événement, ce soir à 22h30 à la salle el-mouggar, à l’occasion de la sortie de son 23e album, nouba mdjenba (belda diffusion). à l’issue de ce concert unique dans la capitale, elle procédera à une vente-dédicace. dans cet entretien, elle revient sur les préparatifs de ce disque ainsi que sur le travail d’enregistrement de la nouba qu’elle mène depuis près de 20 ans, et les cours qu’elle dispense. Liberté : Pourriez-vous nous parler de votre nouvel album (le 23e), Nouba Mdjenba, et de sa préparation ? Beihdja Rahal : Un album me prend pratiquement une année entre le choix de la nouba, la préparation, le travail avec les musiciens puis l’enregistrement en studio. Je choisis moi-même le mode, puis je fais un choix parmi les pièces formant la nouba. Je choisis en priorité les morceaux peu interprétés ou peu connus. Pour quelle raison vous avez interprété une touchia – qui ne fait pas partie de la nouba ? En 1995, j’avais enregistré un touchia zidane dans mon premier album, le public en parle encore. Vingt ans après, j’ai choisi la touchia raml, car elle est peu interprétée. Elle ne fait pas partie de la nouba, mais il est nécessaire de les jouer sur scène ou en studio, c’est une manière de les sauvegarder. Dans cet album il y a onze pièces avec un inqilab djarka en introduction. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lorsque vous entamez la préparation d’un nouveau disque ? Ce n’est pas lors de la préparation que je rencontre des difficultés, c’est plutôt lors de l’enregistrement et même après. Je programme mon voyage en Algérie des mois avant, je m’entends avec l’ingénieur du son pour bloquer une quinzaine de jours à un mois. Il arrive que ça soit décalé ou retardé. Une fois la nouba enregistrée, il arrive qu’il y ait du retard chez l’éditeur, car les machines chez l’imprimeur sont en panne, le CD ne peut pas être pressé… Des détails qui retardent la sortie de l’album. J’ai eu le soutien de l’Onda et d’Air Algérie. Il est important d’avoir des aides d’organismes qui soutiennent la création et le patrimoine. L’Onci aussi me soutient dans la promotion artistique. Il m’organise une tournée promotionnelle qui me donne la chance et l’honneur de présenter ma nouba au public algérien dès que l’album est disponible chez Belda diffusion. Vous avez entamé, depuis 1995, un travail d’enregistrement qui est à la fois artistique, pédagogique et de sauvegarde. Pourriez-vous nous en parler ? J’ai appris cette musique par des maîtres. Grâce à eux je connais une très grande partie du patrimoine andalou. Il est de mon devoir de le transmettre à mon tour. Je n’ai pas le droit de le garder. Il faut que les générations futures découvrent et apprennent la nouba dans son intégralité. Ça leur permet de pouvoir faire la différence entre les modes et les mouvements. Je ne cible pas seulement le public averti, je cible aussi le large public qui souhaite découvrir ce genre musical. Comment s’est opéré votre passage de la musique à l’écriture, puisque, outre votre collaboration sur vos albums avec Saadane Benbabaali, vous avez également sorti ensemble deux ouvrages ? Je ne me suis pas lancée dans l’écriture ! Avec Saadane Benbabaali, professeur de littérature arabe à Paris III, nous avons publié deux ouvrages, mais chacun de nous avait un rôle précis. Saadane pour la partie littéraire et moi pour la partie musicale. Chacun s’est occupé de la partie qu’il connaît le mieux, c’est ainsi que nos publications ont eu du succès. J’ai pensé mettre la traduction en français de toute la poésie chantée dans mes albums. J’ai contacté Saadane Benbabaali car il est spécialiste du mouwashah andalou. Quelques années plus tard, nous avons eu l’idée de travailler d’une manière plus approfondie sur ce volet littéraire. Vous donnez des cours également pour enfants à l’Elco et pour adultes dans l’association Rythmeharmonie... Je donne des cours pour enfants à Paris depuis une quinzaine d’années. Chaque année, j’ai plus d’une cinquantaine d’élèves. Ma priorité est pour les enfants, c’est la relève de demain. Il existe beaucoup d’associations en Algérie où les jeunes ont la possibilité d’apprendre la nouba, pourquoi ne pas donner la même chance aux jeunes issus de l’immigration. L’association Rythmeharmonie se consacre pour le moment aux adultes désirant apprendre la nouba en particulier. Les personnes qui s’inscrivent savent, dès le départ, que notre priorité est l’apprentissage de la musique çanaa. Notre but est la formation. à la création de l’association, nous avions une classe d’une dizaine d’élèves seulement, cette année nous avons plus de trente élèves répartis en deux classes. Nous en attendons un peu plus à partir du mois de septembre prochain. Le 16 juin dernier, les deux groupes ont donné un spectacle de fin d’année au centre culturel algérien à Paris. Des inqilabate pour le premier niveau et une nouba raml el maya pour le 2e niveau. En toute modestie, ils peuvent être programmés dans tous les festivals de musique andalouse. Après son concert de ce soir, Beihdja Rahal entamera une tournée : elle sera demain à Mostaganem, après-demain à Relizane et mardi 15 juillet à Mascara. S. K.

L’ARTISTE BEIHDJA RAHAL À “LIBERTÉ”

LIBEREZ MON FILS UNIQUE EN DETENTION ILLEGALE ET ARBITRAIRE

Publié le par Mahi Ahmed

~~LIBEREZ MON FILS UNIQUE EN DETENTION ILLEGALE ET ARBITRAIRE Mon fils unique Bachir né le 04 novembre 1991, joueur-entraîneur de football, orphelin de mère, vient d’être arrêté arbitrairement sur ordre de la procureure - adjoint du tribunal de Hammam - Bouhadjar, Madame Ouali Nadia (couverte par le procureur de la république ,Monsieur Lasfer Djamel) ;de manière expéditive, induite en erreur par un procès-verbal partial de la gendarmerie de Oued - Berkèches et d’un certificat médical de complaisance qui concerne mon neveu,arrêté lui aussi avec lui,au même moment où ils se sont présentés volontairement pour faire leur déposition et présentation légales, 9 jours après l’incident ( une véritable agression avec guet-apens et préméditation,nous mettons dans une situation de légitime défense classée faussement comme une rixe !). Nous étions 5 personnes, le vendredi 06 juin passé en après-midi dans l’une des deux fermes de notre défunt père - paysan -, en plein moisson-battage lorsque deux autres héritiers accompagné d’un fils de l’un d’eux ( à la forme d’Hercule ) sont venus de loin (15 km)nous agressés avec préméditation et par légitime défense mon neveu Amine (fils de ma sœur) sauva son père des mains des trois agresseurs réunis grâce à son expérience d’appelé dans la lutte anti-terroriste dans les paras de la région de Jijel. Bachir a essayé d’intervenir pour faire cesser la dispute qui aurait pu dégénérer sans frapper aucun des agresseurs, mais l’un deux a présenté un certificat médical de dix (10) jours prétendant qu’il l’a poussé par terre. L’agresseur principal (Hercule) a glissé dans un bassin de deux mètres de profondeur s’est relevé et a conduit la voiture des agresseurs dans une course poursuite contre la voiture de mon fils qui nous conduisait vers la gendarmerie afin de déposer plainte.Celle-ci a classé l’affaire comme une simple dispute entre héritiers et l’agresseur (Hercule) dont la femme est médecin a ramené un certificat de 20 jours ensuite une autre de 30 jours, à cause d’un œil dont il était toujours malade ! Le procès a eu lieu le 23 juin et la prononciation du verdict a été reculée au 30 juin par le juge, Monsieur Afifi Mourad qui n’a pas été impartial. Selon la loi, il n’y a pourtant pas de flagrant délit, ni mandat de dépôt contre les agressés, qui n’ont même pas bénéficié de liberté provisoire au vu de leurs antécédents ( casier vierge ), et toutes les garanties demandées auraient été données. Les témoins (propriétaire de l’engin et travailleurs sont là pour prouver l’agression caractérisée). J’ai pourtant fait un recours pour la libération de mon fils auprès de messieurs le président et procureur général de la cour d’Aïn Témouchent contre cette détention illégale et arbitraire ( atteinte flagrante à la liberté ) à deux reprises. Ma petite famille est formée uniquement de trois personnes, nous deux et sa sœur adoptive et adolescente,Rania (leur mère est décédée en 2008). Il en est le pivot au vu de mon âge (presque 60 ans), et toutes mes maladies chroniques. Boumediene LECHLECH . (Membre de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme) . Présidée par Maître Hocine Zehouane Tel : 0774240015

Général Amin Hoteit: Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ?

Publié le par Mahi Ahmed

~~Général Amin Hoteit: Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ? Publié par Candide le 1 juillet 2014 Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ? 1. Général Hoteit, ne craignez-vous pas que Daech [EIIL : État Islamique en Irak et au levant] se déplace au Liban ? Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ? 1. Général Hoteit, ne craignez-vous pas que Daech [EIIL : État Islamique en Irak et au levant] se déplace au Liban ? Considérons les événements tels qu’ils sont et ne tombons pas dans les pièges des médias occidentaux qui nous laissent à penser que Daech est ce géant nanti d’une force contre laquelle nous ne pourrions résister. Ce n’est pas vrai. 2. Comment cela ? Nous disposons de suffisamment de renseignements sur les forces de cette organisation. Les évènements qui se sont succédés m’ont conduit à rédiger, il y a quelques jours, un article que j’ai intitulé « Mossoul : une mise en scène daechienne » [1]. Car nous avons bel et bien assisté à une mise en scène ! Savez-vous que 25 000 hommes de la police et de l’armée de l’État irakien étaient présents à Mossoul et que Daech ne comptait que 500 combattants ? Par conséquent, ce qui s’est passé à Mossoul n’était pas une guerre, mais un cas de trahison et de capitulation associé à une guerre médiatique menée par les chaines TV Al-Jazeera [qatarie] et Al-Arabiya [saoudienne], lesquelles chaines ont annoncé la capitulation de Mossoul six heures avant sa chute réelle ! Ceci, exactement comme elles avaient procédé pour Bab al-aziziya en Libye, annonçant la défaite de Mouammar Kadhafi trois jours avant qu’il ne tombe et sa mort trois jours avant qu’il ne soit assassiné. Il faut savoir qu’en cas de « guerre psychologique », la règle veut qu’une bonne partie de la population, plongée dans le « brouillard médiatique », attend de savoir qui est le plus fort pour décider de quel côté se ranger. Il était donc évident que si les Irakiens des régions à prédominance sunnite des quatre provinces concernées [Ninawa, Salah Ad Din, Diyala, et Al-Anbar] avaient su que les forces attaquantes de Daech ne comptaient que 500 éléments face à 25 000, ils ne se seraient jamais résignés à leur servir de « couveuse ». Il fallait donc « exagérer » les forces de Daech pour en arriver à la situation souhaitée avant que le brouillard des médias complices ne se dissipe. Daech, en tant qu’organisation, a été créée en Irak en 2004. Lorsque l’« incendie arabe » a été déclenché en Tunisie fin 2010, elle est restée cantonnée en Irak où elle a fini par compter, au grand maximum, 5200 éléments. Daech n’a été expédiée en Syrie qu’après le premier véto sino-russe d’Octobre 2011 et une fois que « Jabhat al-Nosra », créée spécialement pour alimenter la crise syrienne, s’est révélée incapable de renverser le gouvernement en place. Il est de notoriété publique que Daech et Jabhat al-Nosra sont liées à l’organisation Al-Qaïda, elle-même créée par l’administration américaine, de l’aveu même de Mme Hilary Clinton [2]. C’est en Syrie que Daech est passée de 5200 à 7000 éléments en 2012, alors qu’elle en compte aujourd’hui 15 000 contre 10 000 en Irak, d’où 25 000 combattants au total. 3. Et voilà que Daech et Jabhat al-Nosra se battent en Syrie ! Non… tout cela relève de la « tactique » du maestro qui mène le jeu. Ainsi, nous avons appris ce midi [25 Juin] qu’à Abu Kamal [localité frontalière entre la Syrie et l'Irak] Al-Nosra a été obligée de déclarer son allégeance à Daech [3], pour la doter d’une « puissance cumulée » et faciliter sa besogne dans les provinces irakiennes. Et ceci, parce que le terrain principal de cette guerre s’est déplacé en Irak. 4. Qui commande Daech ? C’est toujours le même maestro qui pense que le « contrat sécuritaire américano-irakien » qu’il a conçu [4][5], fera de l’Irak une colonie américaine qu’il dirigerait à distance depuis Washington. Mais il se trouve que trois ans après le retrait américain, l’Irak a cherché sa route, dictée par sa condition géopolitique ; autrement dit, celle qui le mène à une certaine harmonisation avec l’Iran et la Syrie. Résultat : les Américains sont furieux que l’Irak se rapproche de l’axe qui lui résiste, et les Pays du Golfe sont encore plus furieux contre Al-Maliki qui refuse de se plier à leurs diktats. Ce qui s’est passé en Irak, est la conséquence de leur échec en Syrie ; surtout qu’Obama a sonné le glas de la prétendue opposition syrienne [sur CBS], en admettant publiquement qu’« il n’y a pas d’opposition syrienne capable de renverser le Président Al-Assad » [6]. L’administration américaine a donc admis son échec en Syrie, mais n’a pas abandonné son plan initial. Nuance ! Elle s’est donc déplacée vers l’Irak où ses intérêts se sont recoupés avec ceux de l’Arabie saoudite d’une part, du Qatar et de la Turquie d’autre part ; lesquels ont mis leurs désaccords de côté car ils se sont tous trouvés confrontés à une même catastrophe et à une même urgence : empêcher l’Irak de rejoindre le front du refus et donc, l’axe de la Résistance. La question est : comment ont-ils procédé pour l’en empêcher ? Al-Maliki faisant partie de l’« Alliance nationale irakienne » habilitée, selon la Constitution, à former le gouvernement, ils lui ont mis en scène l’invasion daechienne ! Mais, aujourd’hui, nos renseignements disent que plus du tiers des sunnites de Mossoul et d’ailleurs se sont retournés, en à peine 24 heures, contre cette engeance qui a déplacé 750 000 des leurs ; ce qui correspond à un sunnite sur sept, le nombre de sunnites irakiens oscillant entre 5,5 et 6 millions. Cette mise en scène daechienne a donc deux raisons : l’échec subi en Syrie, et aussi la lutte pour le pouvoir. Terroriser Al-Maliki ainsi que les membres de la coalition autorisée à décider de la Constitution et du Gouvernement, devrait permettre de proposer un gouvernement qui négligerait les résultats des dernières élections législatives. D’où la proposition d’un « Gouvernement de salut national » présentée par John Kerry [7][8]. Ce que suppose la proposition de John Kerry c’est, en effet, de mettre de côté les résultats des dernières élections législatives remportées par le bloc Al-Maliki et de distribuer le pouvoir à égalité entre les chiites, les sunnites et les kurdes; donc, sur une base confessionnelle et ethnique ! Ce qui reviendrait à un tiers pour les chiites [60 à 65% de la population], un tiers pour les sunnites [15 à 18% de la population], et un tiers pour les Kurdes [< 20% de la population]. Résultat : les deux-tiers sunnite et kurde sont aux mains des Pays du Golfe et des USA. Et, c’est le but de cette mise en scène en Irak ! 5. Mais alors, comment devons-nous comprendre l’appel à l’aide des États-Unis de la part d’Al-Maliki [9] ? C’était plutôt intelligent, étant donné le « contrat sécuritaire américano-irakien » qui stipule que si l’un des deux pays [ici, il s’agit évidemment de l’Irak] fait face à un danger menaçant son existence, ses frontières, son unité territoriale… à lui de demander à l’autre partie son aide dans les limites, le lieu et la durée qu’il aura fixés. Or, Al-Maliki sait parfaitement que les USA sont derrière toute cette opération, comme il sait que ni les Saoudiens, ni les Turcs n’auraient jamais osé encourager l’invasion daechienne sans que la décision, et non simplement l’accord, ne soit venus des États-Unis. Il les a donc appelés à l’aide ! Dans le cas où les États-Unis se seraient décidés à appliquer les termes de l’accord sécuritaire, ils envoyaient leur aviation. À ce propos, je vous fais part d’un sujet que je divulgue pour la première fois : lorsqu’Al-Maliki a parlé de bombardements US sur des centres de Daech dans la région d’Al-Anbar, ce n’était pas vrai ! Mais cela a obligé les États-Unis à démentir et a permis au Chef de l’alliance nationale irakienne, Ibrahim al-Jaafari, de rétorquer aux Américains qu’ils n’avaient rédigé leur accord sécuritaire bilatéral que dans leurs propres intérêts, puisqu’ils se sont abstenus de l’appliquer à la première occasion, ce qui autoriserait désormais l’Irak à le réviser et à faire face, par lui-même, aux dangers qui le menacent. D’où la « fatoua » prononcée aussi bien par les autorités religieuses chiites et sunnites contre cette mise en scène « dirigée pas les Américains en association avec la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite »… En pleine interview, tombe la nouvelle d’une explosion lors d’une perquisition dans un hôtel à Beyrouth : 10 blessés [10] ; ce qui ramène le sujet vers la première question de cet extrait. 6. Général Hoteit, ne craignez-vous pas que DAECH se déplace au Liban ? La réponse du Général Hoteit à ces actes terroristes qui frappent le Liban revient à dire qu’au Liban le système de Sécurité prend des coups mais ne cède pas ! Réponse développée, par ailleurs, dans un article du 26 Juin, dont voici les points essentiels [NdT]. L’occident tente de briser l’axe de la Résistance depuis l’an 2000. Il a commencé avec la Résolution 1559, est passé à la guerre de 2006, puis à la provocation de la discorde au Liban en 2008 et en Iran en 2009, pour ensuite s’attaquer à la Syrie en 2011, avant d’en arriver à l’Irak aujourd’hui ; dernière carte américano- sioniste… Par conséquent, nous pouvons nous demander si le passage à l’Irak, après fermeture de la frontière libano-syrienne, est la raison qui éloigne le Liban du feu de l’incendie. Sinon, est-il destiné à jouer un autre rôle? Maintenant que l’Irak est devenu le théâtre principal de l’agression, nous pensons que l’Occident s’est légèrement mis en retrait de la Syrie devenue un théâtre auxiliaire, tandis que le Liban est désormais « le théâtre de pression » sur les composantes de l’axe de la Résistance en général, et sur le Hezbollah en particulier. Mais le problème de l’Occident réside dans son incapacité à pénétrer la société de la Résistance vu le bouclier de sécurité qui s’est formé autour d’elle. C’est pourquoi de nombreuses tentatives terroristes ont échoué les unes après les autres… [Celle-ci est passée]. Certes, les tentatives se répètent mais nous notons une nette baisse des niveaux de préparation et d’exécution, d’autant plus qu’il semble que la fabrication soit devenue locale depuis que les terroristes ont été privés de leurs « usines de la mort » dans le Qalamoun. À ce stade, nous pouvons dire que l’échec de nombreuses autres tentatives terroristes est dû à l’incessante collaboration entre les institutions officielles de la Sécurité et de l’Armée libanaises d’une part, et les composantes de la société civile de la Résistance et des citoyens d’autre part. Ceci, sans oublier la complémentarité avec l’Armée arabe syrienne de l’autre côté de la frontière. Tant que cette coopération se poursuivra, la sécurité du Liban ne cèdera pas, malgré les secousses causées par une attaque terroriste ici ou là pour tenter de mettre fin à l’équation libanaise en vigueur : « Peuple, Armée, Résistance ». 7. Et que pensez-vous du danger qui guetterait la Jordanie ? Daech a communiqué sa carte géographique qui correspond, en réalité, à un avertissement américain adressé à cinq pays, plus un sixième pour mystification ! Cette carte inclut l’Irak et le Koweït à l’Est, la Syrie et la Jordanie au centre, le Liban et la Palestine occupée à l’Ouest. Bien évidemment, Israël n’est pas concerné par Daech, car le haut commandement de Daech est américain et soucieux de ses intérêts. Par conséquent, ni le commandant, ni Daech ne porteront atteinte à Israël. Le Koweit a été ajouté à la carte, car certaines informations ont fait état de ses tentatives de retour vers la Syrie et l’Iran depuis « l’échec du projet ». L’avertissement est venu lui dire : ne bouge pas ! La Jordanie, qui a été la carte maîtresse de la guerre contre la Syrie tout le temps où Bandar Bin Sultan était à l’œuvre, hésite à son tour. Elle a reçu l’avertissement [mais c’est une autre histoire, NdT] Le Liban est sur la carte depuis le début. Ceux qui prétendent le contraire doivent avoir des informations directes à partir des chambres opératoires dirigées par les États-Unis, les sionistes, les jordaniens ou les Pays du Golfe, que nous n’avons pas ! 8. Finalement, et vu le scénario que vous venez de nous décrire, ne craignez-vous pas une guerre régionale ? Une guerre traditionnelle, dont Israël ferait partie en envoyant ses propres soldats se battre sur tous les fronts n’est pas à l’horizon, ni au Liban, ni au Golan, ni en Iran. Si une telle guerre était possible, Israël n’aurait pas attendu 8 ans pour lancer sa guerre ! Dr Amin Hoteit http://reseauinternational.net/quels-les-buts-mise-en-scene-linvasion-lirak-leiil/ Sources : Synthèse de 2 interventions 25/06/2014 : Vidéo TV libanaise ANB 26/06/ 2014 : Article Al-Binaa Transcription et Traduction par Mouna Alno-Nakhal Notes : [1] Mossoul : une mise en scène daechienne [2] Hillary Clinton : Nous avons crée Al-Qaïda, nous avons financé les Moudjahidin [3] Al-Qaïda et l’EIIL fusionnent à la frontière syro-irakienne [4] Les accords du 17 novembre 2008 établissant le cadre juridique de la présence américaine en Irak et de la coopération entre les deux États [5] L’escroquerie du contrat sécuritaire américano-irakien [6] Obama: Notion that Syrian opposition could overthrow Assad a “fantasy” Extrait traduit : « Il n’y a pas d’opposition syrienne qui soit en mesure de vaincre Al-Assad… Je pense que l’idée selon laquelle il y aurait actuellement une force d’opposition modérée capable de vaincre Al-Assad n’est tout simplement pas vraie… Nous avons passé beaucoup de temps à essayer de travailler avec l’opposition modérée en Syrie… l’idée qu’ils puissent tout à coup renverser non seulement Assad, mais aussi les impitoyables djihadistes hautement entraînés, si nous envoyons quelques bras, relève du fantasme… Je pense qu’il est très important que le peuple américain, et sans doute encore plus important, que Washington et les services de presse comprennent cela ! » [7] Iraq crisis : Kerry in Irbil for talks as crisis rages [8] Kerry calls for inclusive government in Iraq [9] L’Irak appelle les Etats-Unis à l’aide [10] De nouveau, le carnage évité de justesse à Beyrouth Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.

Laïcité, il est temps de se ressaisir !

Publié le par Mahi Ahmed

~~Un seul ennemi, les musulmans Laïcité, il est temps de se ressaisir ! lundi 30 juin 2014, par Alain Gresh « Il y a urgence ! » Dans son numéro du 27 juin, l’hebdomadaire Marianne embouche, une fois de plus, les trompettes guerrières face aux barbares qui menacent la République et publie un appel d’intellectuels, de politiques et d’acteurs de la société civile, « Laïcité, il est temps de se ressaisir ! ». Il s’agirait de renouer avec la tradition républicaine — rien de moins. Pourtant, le texte, comme ses signataires, montre qu’il s’agit avant tout de combattre les musulmans, qui représenteraient une menace pour notre société, pour notre mode de vie. La seule chose surprenante concernant cet appel c’est que Marine Le Pen ne l’ait pas signé (elle le fera peut-être). En tous les cas, elle ne pourra qu’applaudir ceux qui, parfois en prétendant la combattre, font le lit de ses idées et puis, un beau matin, pleurent sur sa progression aux élections. Alors que l’islamophobie est devenue la forme essentielle du racisme contemporain, qu’elle est dénoncée pour la première fois en tant que telle par la peu suspecte Commission nationale consultative de défense des droits de l’homme (CNCDH), dans son rapport 2013, rien n’est dit dans cet appel sur les vraies discriminations, celles qui touchent non seulement des immigrés récents, mais des Français dont le seul crime est d’être musulman ou noir. Ce sont ces discriminations qui menacent la République. Il est vrai que l’islamophobie est l’idéologie la mieux partagée à droite comme à gauche. Comme je l’ai fait à plusieurs reprises, je publie le texte de Marianne intégralement, accompagné de quelques commentaires. « Hommes et femmes d’horizons philosophiques, politiques et professionnels différents, nous sommes inquiets de voir à quel point, face à l’action engagée par diverses mouvances religieuses et politico-religieuses pour attenter à la laïcité républicaine, la réponse politique demeure faible. Pour notre part, récusant autant ceux qui exploitent la défiance générale pour accentuer la fracture sociale et identitaire, que ceux qui rejettent toute analyse critique du multiculturalisme dans le camp des « réactionnaires » ou des « intolérants », notre démarche vise à défendre et faire vivre la laïcité sans blesser mais dans la clarté et la fermeté, à trouver des solutions sans heurter mais sans faillir. La laïcité — qui refuse les aspects politiques des religions et laisse à ces dernières toute liberté dans la vie sociale sous régime de droit commun — est globalement vécue dans notre pays comme une « tradition moderne », ce qui est parfois difficile à décrypter pour ceux venus d’ailleurs. Or aujourd’hui, la laïcité comme principe politique, code de vie collective et force morale, est remise en question par divers mouvances et groupes religieux qui rejettent « la démocratie des mécréants », la suprématie du droit civil sur les textes, à leurs yeux sacrés, avec un usage maîtrisé des radios communautaires et d’internet. Dans cet espace ainsi ouvert se rejoignent radicaux et orthodoxes issus des trois religions monothéistes pour exploiter à leur profit la crise ambiante, remettant notamment en cause les acquis du long combat pour l’égalité des sexes que l’on croyait clos et qui, à notre grande surprise, est à reprendre. » Que sont « les aspects politiques » des religions ? Le fait que les religions (ou plutôt les Eglises) aient des positions politiques ? Des positions sur les problèmes de société ? Je ne comprends pas ce que veut dire ce texte. Et qui sont « ceux venus d’ailleurs » ? Pour la majorité : des citoyens français depuis deux ou trois générations. « Le combat pour l’égalité des sexes que l’on croyait clos », affirment les signataires. Qu’importent les discriminations au travail, le harcèlement sexuel, la violence conjugale, les viols ! Qu’importe « le troussage des domestiques », dont parlait Jean-François Kahn à propos de l’affaire DSK. Il est toujours rafraichissant de voir ceux-là même qui dénonçaient le féminisme le redécouvrir quand il s’agit des femmes musulmanes, et utiliser ces femmes pour affirmer que « les nôtres » au moins bénéficient de l’égalité. Cela rappelle le joli temps des colonies, quand la France républicaine et « laïque », qui refusait le droit de vote aux femmes françaises et les considérait comme mineures, voulait retirer le voile des femmes musulmanes — une belle utopie coloniale. « Notre propos n’est pas de nier l’existence d’une diversité ethnique, religieuse, culturelle ou autres, encore moins de réfuter le droit d’appartenir à telle ou telle communauté à la condition, toutefois, que celle-ci ne verse pas dans le communautarisme et reste ouverte sur l’extérieur, qu’elle facilite le va-et-vient en pensées et en individus entre le dedans et le dehors. Mais plus encore à la condition que, sachant indivisible notre République de citoyens, chacun se reconnaisse dans un fonds commun en histoire, en droits, en valeurs et en normes dont la laïcité est l’une des plus éminentes. Pour autant la laïcité n’est pas un dogme, on a le droit de manifester des opinions anti-laïques, mais on n’a aucunement le droit de transgresser les lois laïques votées par le Parlement. » Sur quel « fonds commun » se retrouve-t-on ? La question mérite d’être posée. Edward Said rappelait que l’histoire des Etats-Unis, dans la première moitié du XIXe siècle, s’était bâtie sur le mythe de la conquête de l’Ouest et de l’extermination des Indiens. Fallait-il accepter ce fonds commun ? L’histoire de France s’est longtemps forgée sur des mythes (imposés par la IIIe République, « nos ancêtres les Gaulois »), mais surtout sur l’oubli de la dimension coloniale de cette histoire. Cela commence un peu à changer. Oui à un « fonds commun », mais qui intègre la traite des esclaves, les crimes et les guerres coloniaux, la discrimination contre les femmes, etc. Quant à la laïcité, les auteurs ont raison, on ne peut transgresser les lois votées par le Parlement, qu’elles soient laïques ou non. Mais ce qu’ils oublient, et cela fait partie du « fonds commun », c’est qu’il y a toujours eu des philosophies laïques différentes en conflit. Condorcet défendait une conception de la laïcité qui était minoritaire parmi les Républicains. Jaurès, en 1905, a été l’artisan principal de la loi de séparation, à la fois contre l’Eglise mais aussi contre une partie des radicaux qui avaient une conception anticléricale de cette laïcité, la même que défendent, contre l’islam, les signataires de ce texte (lire « Oui à Briand et à Jaurès, non à Guéant et à Valls (I) ». « Or depuis une trentaine d’années, des mouvements se développent dans notre société qui semblent aller en sens inverse, du fait d’une immersion des peuples dans la mondialisation avec perte des repères, d’une circulation accentuée de populations poussées hors de leurs pays par la misère, les révolutions et les guerres théocratiques, fondamentalistes, interethniques et nationalistes. Ont ainsi surgi des exigences en matière de rituels vestimentaires, alimentaires, cultuels ou d’expression médiatique, qui sont loin de correspondre toujours aux demandes réelles de populations hétérogènes d’un point de vue économique et identitaire. Certains pays ont expérimenté sur ce terrain une attitude permissive, comme le Canada sous le couvert d’accommodements dits raisonnables, avant de reculer face aux incohérences des revendications et au risque d’un éclatement sociétal : tribunaux rabbiniques ou islamiques, jours fériés spécifiques à chaque religion, révision multiforme des programmes scolaires, pauses pour les prières sur les lieux de travail, formation au multiculturalisme de la police et des médecins, imposition de quotas pour certains recrutements et différents concours, etc. Ces accommodements s’imposent quelquefois au niveau mondial avec, depuis peu, l’autorisation du port du voile ou du turban sur les stades. » Des jours féries spécifiques à chaque religion ? Pour nos signataires, il faut les réserver à la religion catholique. Formation au multiculturalisme de la police ? Quand on sait le poids des contrôles au faciès et la manière dont ceux-ci alimentent une haine qui n’a rien de religieuse, on s’étonne que les signataires n’en parlent pas. Quant au Québec, rappelons que c’est en partie pour avoir voulu remettre en cause les acquis de la laïcité telle qu’elle se pratiquait jusque-là que le Parti québecois a perdu les élections. « De plus en plus en France, le flou juridique en matière de laïcité, doublé de l’indécision politique, favorise au sein de nombreuses institutions publiques et privées des “accommodements” mal vécus par une grande partie des professionnels et des usagers. Face à ces confusions — qui alimentent les extrêmes — ce sont aujourd’hui bien souvent les décisions prises par des acteurs de la société civile, sans toujours le garant de la loi, qui montrent courageusement la voie à suivre. Ce fut ainsi le cas pour la crèche Baby-Loup comme pour l’entreprise Paprec, en Seine-Saint-Denis, qui s’est dotée d’une charte de la laïcité, acceptée à l’unanimité des 800 représentants de ses 4 000 salariés, pour imposer un devoir de neutralité sur le lieu de travail où coexistent des employés de 52 nationalités. » Ce qu’il y a de bien avec les généralités, c’est que l’on n’a pas besoin de préciser. Quelles sont les institutions publiques menacées ? Rappelons-nous, au moment de la triste commission Stasi (« La commission Stasi et la loi contre le foulard, retour sur une manipulation »), on avait annoncé qu’une loi serait nécessaire dans les hôpitaux, que la situation y était insupportable. Dix ans plus tard, l’Observatoire de la laïcité est obligé de reconnaître qu’il n’y a pas de problème particulier dans les hôpitaux — sinon ceux liés à la dégradation du service public. Et, les signataires de l’appel, qui se réclament de la loi, saluent une décision d’une entreprise — la société Paprec — qui viole clairement la loi de la République. Et la neutralité sur le lieu de travail vise-t-elle aussi les syndicats ? Les partis politiques ? Longtemps, le PCF ou le PS ont été organisés dans les entreprises, parfois le sont encore. « Pour accueillir l’altérité, un pays se doit d’être solide sur ses pieds, confiant dans ses fondations, tout en étant capable, par ses structures d’accueil et en fonction de ses capacités, d’intégrer chacun sur la base de principes clairs expliqués et enseignés. Il appartient aux politiques et aux institutions de transmettre cette laïcité, qui reste par nature un formidable levier d’intégration puisqu’elle permet de rassembler tous les citoyens — et au-delà tous ceux qui vivent sur le territoire national —, quelles que soient leurs origines religieuses ou ethniques, qu’ils soient croyants ou non, sans la moindre distinction. Tous les citoyens et les responsables, quelle que soit leur sensibilité politique, sont concernés. Or nombre d’entre eux ne réagissent plus sur ce terrain, quand d’autres l’instrumentalisent d’un point de vue idéologique. Entre autres raisons, les résultats des dernières élections municipales et européennes ont durement sanctionné ce délaissement de nos valeurs par nombre de ceux qui avaient à les faire vivre. Ainsi de la laïcité. Il est grand temps de se ressaisir ! » Rappelons que la majorité des gens visés par cet appel ne sont pas des nouveaux venus, mais des Français de deuxième, troisième, quatrième génération. Ils n’ont pas à s’intégrer, ils sont français. Ils veulent simplement que l’on puisse vivre ensemble sur la base de l’égalité, une valeur fondamentale que la République semble avoir oubliée depuis longtemps, mais qui ne mobilise pas les signataires de ce texte. Un mot, en conclusion, sur les signataires. On retrouve les « usual suspects » qui ont fait de l’islam l’ennemi principal, et en particulier ces quelques musulmans « que nous aimons tant », « Abdelawahab Meddeb », Asma Guenifi, présidente de Ni putes ni soumises — une organisation qui bénéficie de subventions publiques inversement proportionnelles à son nombre d’adhérents, et Abdennour Bidar, chargé de mission sur la pédagogie de la laïcité au ministère de l’éducation nationale (on aurait pu croire qu’à ce poste il est tenu au droit de réserve).

Egypte-Tunisie, deux trajectoires contraires ?

Publié le par Mahi Ahmed

~~Venezuela : crise et/ou tournant dans la construction socialiste. Pour le PCV : la lettre ouverte de l’ex-ministre Jorge Giordani est l’occasion d’ouvrir le débat nécessaire devant le peuple Introduction et traduction : ML pour Vivelepcf.fr repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ Le congrès du PSUV, le Parti socialiste unifié du Venezuela, parti au pouvoir, se tient à partir du 27 juin 2014 avec un mois d’avance. La lettre ouverte de l’ancien ministre de la planification économique, Jorge Giordani, limogé le 19 juin par le président Nicola Maduro, pèsera fortement sur le les débats du congrès, dans un contexte politique de crise de la construction socialiste et de progrès des forces revanchardes, réactionnaires voire fascistes. La crise et le blocage du projet socialiste « bolivarien » sont patents depuis plusieurs années, la maladie puis la mort en 2013 du président Chavez, suivie de l’élection de Maduro. La baisse vertigineuse de la pauvreté, les progrès considérables de l’accès aux soins, à l’éducation, au logement demeurent. Mais le processus engagé de démocratie participative s’essouffle. L’insécurité ne recule pas, la corruption tendrait à s’étendre. Les objectifs de développement productif, hors secteur pétrolier, répondant aux besoins de la population et garantissant la souveraineté du pays ne sont pas atteints. Au contraire, on assiste à des pénuries de biens de première nécessité ou d’électricité, certes attisées par les opposants au régime mais réelles. L’inflation atteint des niveaux record. Jorge Giordani dresse ce bilan très critique des évolutions depuis 2007 dans une lettre argumentée et circonstanciée. Il a été presque sans discontinuité ministre depuis la première élection de Chavez en 1999. Défini comme « marxiste » et « orthodoxe » par la presse, il a été notamment un des artisans de la politique de nationalisations, d’expropriation et de redistribution de millions d’hectares de terres et de contrôle strict des changes. Dans son texte, il pointe durement le président Maduro accusé de manquer de volonté politique et de « leadership ». Il alerte sur la montée de contre-pouvoirs, notamment dans la société pétrolière PdVSA, sur les baisses de recettes anormales du Trésor public, sur l’absence de transparence dans les comptes publics. Il décrit la montée du clientélisme, du bureaucratisme et de la corruption. Il redoute que son limogeage signifie un retour à des mécanismes financiers capitalistes. Au PSUV, certains déplorent les propos de Giordani, craignent que la réaction les récupère et appellent à faire bloc derrière le président Maduro. D’autres – et c’est le cas aussi du Parti communiste vénézuélien -, sans partager toutes les analyses de Giordani, y voient l’occasion d’ouvrir un débat national devant le peuple pour reprendre la voie de la construction du socialisme. Pour certains, ce débat serait salutaire. Pour nous communistes français, très attentifs depuis des années, solidaires, parfois enthousiasmés par la « révolution bolivarienne », il est très instructif. La lettre ouverte de Giordani est l’occasion d’ouvrir un débat nécessaire devant le peuple. Oscar Figuera, secrétaire général PCV du Bureau politique du Parti communiste du Venezuela (PCV) a déclaré que le document publié par l’ancien ministre Jorge Giordani ces derniers jours doit être pris comme une contribution et une occasion d’ouvrir un débat national face au peuple vénézuélien, qui permettra, sur la base de la vérité scientifique, de clarifier la direction prise par le processus bolivarien, ses réussites, ses erreurs et les moyens de progresser dans la perspective du socialisme. Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, a donné ainsi sa position sur le document intitulé «Témoignage et responsabilité face à l’histoire», signé du professeur Jorge Giordani. « Le Parti communiste du Venezuela ne se joint pas au chœur de ceux qui, unilatéralement et sans analyse, disqualifient les vues du professeur Giordani. C’est la première chose que nous avons à dire », a déclaré Figuera. « Nous ne nous joignons pas non plus au chœur de ceux qui les prennent pour la vérité intégrale », ajoute le leader communiste. Le PCV prend ce document comme une contribution nécessaire au débat national. «Nous considérons que c’est une occasion pour discuter de la situation politique, économique, sociale, des instruments du processus politique et social vénézuélien, que c’est une possibilité dont il faut se saisir au lieu de la disqualifier ». La direction du « Coq rouge » [ surnom du PCV - NdT] a demandé que soient apportées des réponses aux différentes questions et aux faits soulevés par le document de l’ancien ministre, avant de le mettre en accusation. Figuera a émis une forte critique du contenu du document du professeur Giordani, pointant l’absence d’autocritique de la part d’une figure transcendante des gouvernements (Chavez et Maduro) pendant les 15 années du processus bolivarien. Un débat national devant le peuple vénézuélien. Pour le PCV, on peut partager ou ne pas partager telle ou telle des nombreuses affirmations du document. » A lire le texte du professeur Giordani, nous constatons que la plupart des idées présentées ont déjà été abordées par le Parti communiste au cours des dernières années, du vivant même du président Chavez « , a déclaré Figuera renvoyant à la lecture de Tribuna Popular, le journal du Comité central du Parti. « Vous y trouverez ce qui est notre point de vue sur l’économie, la direction collective, » a-t-il ajouté. On retrouve dans la lettre, certains éléments qui rentrent dans la liste des propositions émises par le PCV au fil des ans : • Une nouvelle politique économique, populaire, révolutionnaire. • Une nouvelle politique du travail. • La direction collective du processus révolutionnaire. • Le développement des forces productives, demande faite au président Chavez et une des demandes principales faites à Nicolas Maduro quand le PCV a décidé de soutenir sa candidature (mars 2013). • La participation et le contrôle par les travailleurs et le mouvement populaire des affaires gouvernementales dans tous les domaines. «Nous tenons à affirmer, dans le débat d’aujourd’hui, la nécessité de développer les forces productives au Venezuela. Mais de quelle façon ? En laissant les mains libres au capital, pour exploiter les travailleurs et extorquer la plus-value ? Ou bien avec la participation des travailleurs dans le cadre d’un processus de contrôle social qui exige l’adoption de la loi spéciale sur les Conseils socialistes de travailleurs, qui reconnaisse le pouvoir politique de la classe ouvrière sur les lieux de travail ? » a demandé Figuera. « Voilà les termes du débat. C’est pourquoi nous disons que ce document du professeur Giordani est l’occasion de mettre en discussion un approfondissement du processus politique et social au Venezuela, qui nous permette de rassembler les forces pour avancer vers une transition et une perspective socialistes, une alternative au processus de conciliation et de capitulation devant le grand capital. Voilà les options que nous voulons mettre sur la table. Aujourd’hui, il est nécessaire d’en discuter ouvertement ». Figuera ajoute: « Aujourd’hui est posée la nécessité que les dirigeants disent aux gens la vérité sur ce qui se passe, et, à partir de cette vérité, ouvrent le grand débat national nécessaire devant le pays pour corriger ce qui doit être corrigé ». Le PCV a réaffirmé les déclarations et les propositions qu’il a élaborées, dont vous trouverez les détails dans la vidéo de la conférence de presse (lien). Le PCV a notamment exprimé son inquiétude devant les réactions contre le gouvernement et d’autres milieux suite aux sorties et aux critiques du professeur Giordani : « quand la horde de l’opposition t’applaudit à tout rompre… » en référence au dirigeant communiste allemand, August Bebel, que la bourgeoisie avait applaudi avant un discours au Reichstag (Parlement allemand) au début du siècle dernier et à qui un camarade avait demandé: « Qu’as-tu dit vieux Bebel pour que la canaille t’applaudisse ? ». Devant les réactions de la horde réactionnaire, Figuera a souligné que le gouvernement doit répondre par un rapprochement de toutes les forces, par « l’ouverture des débats nécessaires à l’action dialectique révolutionnaire ». Le débat que met en avant le PCV n’est pas un débat qui resterait enfermé entre les quatre murs des forces qui soutiennent le processus, mais « un débat devant le pays, qui permette de définir, grâce à la participation démocratique la plus large du peuple, les grandes lignes de ce que devrait être un développement autonome, indépendant et souverain de la patrie bolivarienne « , a déclaré Figuera. La vérité scientifique Le Parti communiste a appelé à une confrontation avec la vérité, définie par Figuera comme « vérité scientifique de la réalité vénézuélienne et avec son état de développement actuel politique, économique et social. » « Ce qui nécessite de dresser un bilan qui nous permette de mesurer les grandes réalisations sociales et politiques atteintes grâce au processus libérateur national et bolivarien, tel que le président Hugo Rafael Chavez Frias l’a qualifié, et, à partir de cette évaluation, de rechercher aussi où il y a eu des manques, des échecs ou des erreurs », a dit le député Figuera. Pour Figuera, cela implique d’évaluer combien la direction politique du processus a perdu, ou non, son caractère révolutionnaire. « Celles et ceux qui ont assumé, en 1998 avec le président Chavez, la conduite de ce processus sont-ils restés des acteurs sociaux révolutionnaires? Certains ou certaines d’entre eux se sont-ils enrichis, ont-ils été corrompus? Si oui, peuvent-ils rester à la tête du processus ». Figuera pose la question faisant remarquer que c’est aussi cela qui doit être évalué. Le PCV a insisté sur le fait que si on veut avancer dans le sens du socialisme, il faut identifier l’acteur historique de ce processus. « Si on le fait, alors, il n’y a pas à redouter, à être terrorisé, par la création de Conseils socialistes des travailleuses et des travailleurs. L’on crée quantité de comités mais on ne crée pas de comités de travailleurs ? Pourquoi, si les travailleuses et les travailleurs sont les acteurs historiques de la révolution socialiste ? Si nous nous disons socialistes, pourquoi n’accordons-nous pas de pouvoir à cette classe fondamentale de la société ? Si nous voulons aller vers le socialisme, pourquoi n’édifions-nous pas un autre processus de production, liquidant les mécanismes de direction capitalistes, » Ordre et contrôle », et construisant la participation collective des travailleurs, des travailleuses, du mouvement populaire et du gouvernement à la direction de ces institutions », a déclaré Figuera. « Pourquoi, si nous voulons véritablement avancer vers le socialisme, devons-nous continuer à fournir des dollars aux capitalistes qui spéculent avec ces dollars aux dépens du pays et de l’économie nationale», a-t-il ajouté. « Pourquoi, si nous nous voulons véritablement avancer vers le socialisme, au-delà de la redistribution individuelle des terres que l’État récupère, ne construisons-nous pas de grands projets coopératifs, non pour transformer les grands domaines en toutes petites exploitations, mais pour constituer de grandes entreprises collectives, mettant au centre la participation des travailleurs et des paysans, conscients que la grande production collective peut permettre un grand bond dans le développement national », a-t-il dit encore. Si nous nous voulons avancer vers le socialisme, nous devons gagner que le processus de distribution des produits nécessaires à notre peuple se développe, non sur la base de critères bureaucratiques, mais sous le contrôle social des Conseils de travailleurs et les Conseils municipaux, en articulation avec l’Etat » a-t-il souligné. « Tout est là. C’est le débat que nous mettons en avant « , a conclu Oscar Figuera.

Irak : La proclamation du califat et ses conséquences stratégiques.<br> René Naba

Publié le par Mahi Ahmed

~~Irak : La proclamation du califat et ses conséquences stratégiques.<br> René Naba ‎vendredi ‎4 ‎juillet ‎2014, ‏‎ Irak : La proclamation du califat et ses conséquences stratégiques. René Naba | 03.07.2014 Le calife Ibrahim, supérieur hiérarchique du roi d'Arabie et d'Ayman Az Zawahiri, chef d'Al Qaida Paris – La proclamation du califat sur l'ancien territoire des deux premiers empires arabes (Omeyade-Syrie et Abbasside-Irak), dimanche 29 juin 2014, premier jour du mois sacré du Ramadan, au-delà de sa portée symbolique dans l'ordre religieux et politico-historique, a bouleversé radicalement les données de l'échiquier régional. Aube d'une nouvelle renaissance pan islamique, nostalgie d'une grandeur révolue ou pathologie passéiste ? Quoiqu'il en soit, l'instauration de ce 5eme califat de l'histoire musulmane (1), dans la foulée de l'irruption des djihadistes sunnites sur la scène irakienne a, en tout état de cause, officialisé par ricochet la connivence israélo-kurde, jusque-là souterraine, et accéléré le processus d'indépendance du Kurdistan irakien, donnant de surcroît aux djihadistes sunnites accès aux gisements pétroliers. Ces trois facteurs font planer un sérieux risque de partition de l'Irak et place désormais ce pays à l'épicentre du conflit transrégional ; une migration intervenue après quatre ans de guerre en Syrie en ce que les gages territoriaux engrangés par Dahe'ch en Irak devraient constituer dans son esprit la revanche à ses revers successifs en Syrie. Sur le plan rituel, le nouveau calife Ibrahim, de son nom de guerre Abou Bakr Al Baghdadi, cumule pouvoir politique et spirituel avec autorité sur l‘ensemble des musulmans de la planète. Une posture qui le hisse au rang de supérieur hiérarchique du Roi d'Arabie, le gardien des lieux saints de l'Islam La Mecque et Médine, d'Ayman Al Zawahiri, le successeur d'Oussama Ben Laden à la tête d'Al Qaida, du président de la confédération mondiale des oulémas sunnites, Youssef Al Qaradawi, le téléprédicateur de l'Otan. Ah la belle audience califale en perspective. Ah La belle cérémonie d'allégeance des augustes obligés du nouveau calife Ibrahim Abou Bakr Al Baghdadi. Si les précédents califats ont eu pour siège des métropoles d'empire, -Damas, Bagdad, Le Caire (chiite Fatimide) et Constantinople (Ottoman)-, le dernier venu a planté son pouvoir dans une zone quasi désertique à proximité toutefois des gisements pétroliers générateurs de royalties, les nerfs de sa guerre. De même sur le long chemin di Djihad, des Emirats islamiques ont été institués au Kandahar (Afghanistan), à Falloujah (Irak) et au Sahel, mais aucun n'a jamais songé à planter sa capitale à Jérusalem. Quelle est loin la Palestine des préoccupations de ces joyeux guerriers. Ce bouleversement symbolique dans la hiérarchie sunnite sur fond d'exacerbation du caractère sectaire de la rivalité sunnite-chiite a modifié sensiblement les termes du conflit en ce que la surenchère intégriste des islamistes sunnites. Un retournement de situation qui a placé en porte à faux leurs bailleurs de fonds, principalement l'Arabie saoudite, qui pourrait pâtir de ce débordement rigoriste et en payer le prix au titre de dommage collatéral. La prohibition par le nouveau calife de la démocratie aux Musulmans va, à coup sûr, combler d'aise les Occidentaux, les parrains originels du djihadisme planétaire, et renforcer leur vive sympathie pour les pétromonarchies rétrogrades. Par ses répercussions sur le Liban et la Jordanie, deux pays alliés du camp atlantiste, l'alliance si bénéfique à ce jour pourrait se révéler encombrante pour les pays occidentaux et difficile la poursuite de la coopération islamo-atlantiste en ce que la rengaine chère au duo socialiste Hollande Fabius -« La faute à Bachar »- ne saurait indéfiniment constituer une excuse absolutoire aux turpitudes des pays occidentaux et des pétromonarchies dont la plus grande réside précisément dans cette alliance contre nature entre deux blocs antinomiques, plutôt que d'accorder un soutien franc et résolu aux démocrates arabes dans leur lutte contre toutes les dictatures. Le précédent de La Mecque Bien qu'à exclure en l'état des choses, une intervention directe iranienne trouverait néanmoins sa justification politique et juridique dans le précédent de la Mecque, en novembre 1979, où le GIGN français, bien que constitué de non musulmans, avait opéré un nettoyage du sanctuaire, à la demande de Ryad, pour y déloger des opposants saoudiens. L'Iran pourrait invoquer le même motif pour la défense des lieux saints chiites de Najaf et de Kerbala, dans le sud de Bagdad. La neutralité positive observée jusqu'ici par les Etats-Unis envers l'activisme iranien pourrait modifier la nature du conflit et lui substituer un conflit à fronts renversés avec les chiites d'Irak, au-delà l'Iran, comme garde-fou aux nouveaux débordements de la nébuleuse terroriste néo-islamiste d'inspiration sunnite. De par sa configuration géo stratégique, l'Irak est propulsé ainsi, involontairement et paradoxalement, en sentinelle des pétromonarchies. Limitrophe de la Turquie et de l'Iran, les deux puissances musulmanes non arabes, le premier sunnite, le second chiite, il borde en outre la Syrie et la Jordanie, ainsi que le Koweït et surtout l'Arabie saoudite, qui pâtit déjà au niveau de l'opinion internationale de son parrainage de Dahe'ch, d'une manière générale de l''instrumentalisation de la religion musulmane à des fins politiques et de ses retombées djihadistes en Europe, comme ce fut le cas avec les dérapages terroristes de Mohamad Merah et de Hédi Nammouche. Moqtada As Sadr, le contre feu chiite de l'ISIS (Dahe'ch). Cette violente redistribution des cartes a entrainé une réplique du plus emblématique dirigeant chiite d'Irak, Moqtada As Sadr, se positionnant en contre feu chiite à l'offensive djihadiste sunnite. Le puissant dirigeant chiite s'est engagé à relever le défi posé par l'ISIS, promettant de « faire trembler la terre sous les pieds de l'ignorance et de l'extrémisme » des insurgés sunnites, sur fond de tractations pour la formation d'un nouveau gouvernement irakien, alors que les divers protagonistes du conflit d'Irak se mettent en ordre de bataille pour pallier les effets déstabilisateurs de l'offensive surprise djihadiste sunnite sur la scène irakienne. Par sa déclaration comminatoire, le dignitaire religieux a voulu rappeler à l'attention du camp occidental et pétro monarchique sa force de frappe, -son « Armée du Mahdi », forte de 200.000 membres-, l'équivalent irakien du redoutable Hezbollah libanais, artisan de sérieux revers des forces d'invasion américaines notamment à Najaf, en 2004 et à Bassorah, en 2008. Moqtada As Sadr s'est en outre déclaré opposer à l'envoi de 300 conseillers militaires en Irak, dont 40 étaient mardi à pied d'œuvre, assurant qu'il n'accepterait qu'un « soutien international de la part de pays qui n'occuperaient pas l'Irak », à l'arrière-plan des efforts de la diplomatie américaine visant à mettre sur pied un gouvernement d'Union nationale, faisant place à une bonne représentativité sunnite. Ses déclarations sont intervenues peu après un défilé de ses combattants à Sadr City, dans le nord de Bagdad, alors que, parallèlement, selon le New York Times, l'Iran, allié chiite du pouvoir de même confession à Bagdad, aurait secrètement déployé des drones de surveillance en Irak où elle convoierait également du matériel militaire par voie aérienne et que, de son côté, la Russie donnait de la voix, faisant savoir qu'elle ne resterait pas les bras croisés en cas de progression de Dah'ech (Etat islamique en Irak et au Levant-EIIL). Sous la bannière de Dahe'ch, les insurgés sunnites se sont emparés en trois semaines de larges pans de territoire dans le nord et l'ouest de l'Irak. Ils ont ainsi ouvert dans l'ouest du pays une voie vers la Syrie en s'emparant du poste-frontière de Bou Kamal, pendant de celui d'Al-Qaïm qu'ils contrôlent déjà, à la faveur d'une entente locale avec Al-Qaïda. Moqtada as Sadr, le plus emblématique opposant à l'occupation américaine de l'Irak. Né en 1973 à Koufa, ville sainte proche du sanctuaire de Najaf, disposant du titre de Sayyed qui signe son appartenance à la descendance du prophète, Moqtada As-Sadr occupe une place singulière dans l'échiquier irakien. Frappé d'un triple sceau de légitimité -spirituelle, nationaliste et populaire-, il est le seul dirigeant irakien d'envergure nationale à n'avoir jamais transigé sur ces principes, encore moins pactisé avec ce qu'il considère être ses « ennemis », contrairement aux autres factions irakiennes. Si les dirigeants kurdes d'Irak, particulièrement le clan Barzani, passent pour être les supplétifs des Américains et les Chiites largement sensibles à l'influence iranienne, notamment les partisans de M. Abdel Aziz Hakim, chef de l'Armée Islamique du Salut, les Sunnites se sont, eux, depuis la jonction entre Al Qaida et sympathisants de la guérilla baasiste épaulée par d'anciens agents des services irakiens, quasiment ralliés à l'ISIS. Des groupements de Jobhat an Nosra, la branche opérationnelle d'Al Qaida en Syrie, ainsi que des segments de l'Armée Syrienne Libre (ASL), en position dans les zones frontalières syro-irakiennes ont eux aussi fait acte d'allégeance à Dahe'ch. Curieux cheminement, au passage, des baasistes irakiens, une des composantes de l'ISIS, plutôt que d'opposer un front idéologique avec leurs frères baasistes syriens, rallient leur ancien bourreau saoudien, la caution arabe et musulmane de l'invasion américaine de l'Irak, abandonnant à son sort le pouvoir syrien, qui fut leur plus ferme soutien dans la guérilla anti américaine en Irak et s'attira à ce titre les foudres de Washington par la « Syrian Accountability Act », en 2003. Selon un bilan officiel irakien, 1 922 personnes ont été tuées dans les violences en juin, le plus haut bilan mensuel depuis mai 2007. Moqtada As-Sadr émerge, lui, du lot en tant que dirigeant religieux nationaliste, disposant d'une large autonomie qui le place à l'abri d'une allégeance contraignante, à la remorque d'aucune puissance. De par son profil et son parcours, il était considéré comme le scalp idéal irakien d'un président américain en fin de mandat, une « prise de guerre » à l'effet de magnifier le bilan de sa « guerre mondiale contre le terrorisme », à l'effet de magnifier son bilan présidentiel tout court. Par deux fois lors de l'invasion américaine de l'Irak, Moqtada a engagé le combat contre les occupants de son pays Américains et Britanniques, à Najaf, en 2004, soit il y a dix ans, à Bagdad et Bassorah, en 2008. La bataille de Najaf en 2004. En Août 2004, à Najaf, ville sainte chiite, l'administration néo-conservatrice avait caressé le projet de défaire le chef religieux dans son propre sanctuaire, en pleine campagne présidentielle américaine visant à la reconduction du mandat du Président George Bush. Dans la foulée de la destruction du fief sunnite de Falloujah (avril 2004), la bataille de Najaf, marquée par l'intervention massive des mercenaires de la firme américaine « Blackwater » avait constitué la première épreuve de force entre Américains et les adversaires chiites de l'occupation américaine de l'Irak, regroupés autour de Moqtada As Sadr. Par son ampleur, la combativité des miliciens sadristes, et son dénouement, Najaf est apparue rétrospectivement comme fondatrice d'une nouvelle légitimité de Moqtada As Sadr, le propulsant au centre du jeu politique irakien, surclassant de loin les autres protagonistes. Les combats avaient en effet cessé par suite de l'intervention de l'Ayatollah Ali Sistani, l'autorité suprême chiite en Irak, qui redoutait un désaveu de ses coreligionnaires surpris par son silence qu'ils assimilaient à une complicité passive. L'ayatollah Sistani s'était en effet envolé vers Londres à la veille des combats et n'était retourné que pour ordonner un cessez le feu. En Avril 2004, qui passe pour avoir été l'un des points les plus chauds de la confrontation américano-irakienne, 80 mercenaires avaient été tués dans les batailles de Falloujah, de Bagdad et de Nadjaf, dont 14 dans la première quinzaine d'Avril. C'est d'ailleurs la capture et la mutilation de quatre mercenaires à proximité de Falloujah, dans le secteur sunnite de l'Irak, qui a déclenché les batailles d'avril. La bataille de Bagdad Bassorah, en 2008. Les Américains sont revenus à la charge, au printemps 2008, à Bagdad et Bassorah (sud de l'Irak), en vue de mettre au pas ce jeune dignitaire nationaliste chiite, dans une quête désespérée d'un succès politique et militaire qui gommerait d'un coup la pire catastrophe géostratégique du monde occidental depuis la chute de Saigon (1975) et du Chah d'Iran (1979), il y a trente ans. Les pertes militaires américaines en Irak s'élevaient au 7 avril 2008, à 4.023 soldats tués, 430 suicides au sein des militaires en activité, un nombre sensiblement plus élevé parmi les anciens combattants, soit un taux de suicide chez les fantassins de l'ordre de 17,3 sur 100.000 soldats contre 11,10 pour l'ensemble de la population américaine, selon le « Departement of Veteran Affairs », avec en arrière-plan un surcoût financier de 420 milliards de dollars et des dommages collatéraux substantiels de 200.00 civils irakiens tués, près d'un million de blessés et trois millions de déplacés. Face au bilan calamiteux américain en Irak aux effets corrosifs sans doute comparables à la défaite soviétique en Afghanistan (1980-1989), Moqtada Al Sadr, le plus emblématique opposant à l'occupation américaine, apparaît, au même titre que Cheikh Hassan Nasrallah, chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, comme le scalp idéal qui pouvait justifier a posteriori l'équipée américaine en Irak et légitimer toute la stratégie américaine au Moyen-Orient. Quatre ans plus tard, la bataille de Bassorah, en Mars-Avril 2008, était intervenue dans un contexte radicalement différent, alors que le 2me mandat de George Bush touchait à sa fin et que l'administration américaine faisait l'objet de pressions multiples visant au retrait du corps expéditionnaire d'Irak. Son objectif visait cette fois-là à briser l'emprise du dignitaire chiite et son prosélytisme religieux sur cette métropole située à la jonction stratégique du Koweït et du Chatt el Arab, la voie d'eau séparant l'Irak de l'Iran. Les combats de Bassorah avaient fait 700 morts dans les rangs sadristes en mars et 40 autres à Sadr City, dans son fief chiite de la banlieue populeuse du Nord-Est de Bagdad. C'est dire le tribut de sang payé par le dignitaire chiite à la libération de son pays du joug américain. Epilogue… A trop laissé vacante la place aux islamistes sur le champ de bataille. Face à la menace Dahe'ch, Moqtada Al Sadr est revenu sur la scène politique qu'il avait négligée depuis le retrait américain de son pays. L'homme, il est vrai, n'a pas pour vocation d'être une victime sacrificielle que l'on immole pour apaiser la colère des dieux, selon les rites anciens des sociétés primitives, ou dans le cas d'espèce, pour satisfaire les ambitions des puissances régionales ou internationales. Il n'est pas non plus un « Imam radical », comme la presse occidentale se plait à qualifier quiconque s'oppose à l'hégémonie américaine. C'est un religieux chiite, dont la famille par le double assassinat de son père (2000), l'Ayatollah Mohamad Sadek As-Sadr, et de son oncle (1989) a payé un lourd tribut à son opposition à Saddam Hussein, l'ancien protégé des Occidentaux. Non un « exilé de l'extérieur » mais un résistant de l'intérieur tant à Saddam qu'aux Américains. La dénomination de la banlieue populeuse du sud de Bagdad du nom patronymique de sa famille « Sadr-city » témoigne de la ferveur populaire dont il bénéficie au sein des classes défavorisées de la société irakienne. Moqtada As Sadr est en somme le contraire des nouveaux dirigeants irakiens, notamment les Kurdes et une fraction des chiites, tel le banquier Ahmad Chalabi, venus au pouvoir dans les fourgons de l'armée américaine. Au regard des états de service de sa famille, l'assassinat de deux dignitaires religieux, son patriotisme ne saurait souffrir la moindre suspicion. Il ne saurait prêter même à la moindre contestation, contrairement à bon nombre de nouveaux dirigeants y compris chiites, tel l'ancien premier ministre Iyad Allaoui, ancien militant bassiste, opportunément reconverti dans la collaboration avec les services occidentaux, dont il a été un agent attitré, à l'instar de M. Ahmad Chalabi. A noter toutefois qu'Ahmad Chalabi, son forfait accompli, a retrouvé les grâces de Téhéran par ses prise de distance avec les Etats-Unis ; un virage radicale de son positionnement dont il a seule le secret. Enfin, Moqtada As Sadr, dans la léthargie arabe, est certainement un agitateur d'idées, certainement pas un perturbateur. Le jeune chef rebelle, fougueux, est le grand perturbateur de la mise au pas saoudo américaine de l'Irak. C'est le principal grief qui peut lui être adressé. Les nouveaux dirigeants irakiens, tant Chiites que Kurdes, pensaient pouvoir glaner le pouvoir à Bagdad, dans le sillage docile de l'occupation américaine. Mais l'arrogance, la corruption et les erreurs dont ils ont fait preuve et qui constituent la marque caractéristique du zèle des opportunistes, a nourri un mécontentement populaire et grossi d'autant les rangs des partisans de Moqtada. Sa légitimité religieuse est plus authentique que celle des dignitaires religieux chiites, les exilés de l'extérieur, planqués à Londres au temps de la répression. Sa légitimité se nourrit d'ailleurs directement, paradoxalement, de l'illégitimité de ses contestataires. Car il n'était pas sain de développer, depuis son lieu d'exil londonien, toute une littérature sur les Droits de l'Homme et les injustices dont a pâti le chiisme irakien à travers l'histoire du pays, pour finir par apporter sa caution à l'assaut des forces américaines contre un des hauts lieux saint de l'Islam chiite, le sanctuaire de Najaf. Une telle attitude d'incohérence a discrédité le discours de ses auteurs. Cela a été exactement le cas des trois chiites commis d'office par les Américains au premier gouvernement de l'Irak post-Saddam : Le premier ministre Iyad Allaoui, le ministre de la défense Hazem Chaalane, ainsi que le conseiller pour la sécurité Mouaffak Al-Roubai, tous trois titulaires d'un doctorat en médecine, tous trois d'anciens membres actifs des comités irakiens des Droits de l'Homme depuis leur exil londonien et prosateurs des souffrances des chiites irakiens. Noury Al Malki récidivera dans les mêmes erreurs, au point que le général Qassem Souleimany, le chef de la « Jerusalem Brigade » des pasdarans iraniens, le qualifiait dernièrement d' « idiot ». A trop laisser la place vacante aux islamistes sur le champ de bataille, à déserter le terrain, la vacance finit par se prendre et avec elle la direction des opérations d'autant plus aisément que l'Amérique a renoncé depuis longtemps à son rôle d'« honnête courtier » entre Israël et les Etats arabes et que face à une démission arabe quasi-généralisée et leurs dérives sectaires, les combattants islamistes, tant sunnites que chiites, demeurent, par les armes, au péril de leur vie, seuls présents sur le théâtre des opérations. Le Hezbollah, artisan du dégagement militaire israélien du Liban sans négociation, ni traité de paix, de surcroît un des principaux soutiens militaires au Hamas, la branche palestinienne des Frères Musulmans, se vit à ce titre comme un mouvement de libération national. Allié de la plus importante formation chrétienne libanaise, le « Courant Patriotique Libanais » du général Michel Aoun, bénéficiant de la sympathie agissante de l'élite intellectuelle sunnite libanaise, il se veut une antithèse des djihadistes sunnites en ce qu'il n'a jamais cherché à convertir vers le chiisme des personnes d'autres religions ou sans religion, contrairement aux mouvements sectaires sunnites. Si le Hezbollah libanais cible prioritairement Israël, les djihadistes sunnites de Dahe'ch, de concert avec Jobhat an Nosra, émanation d'Al Qaida, s'applique prioritairement à la destruction des régimes séculiers arabes de la Libye à la Syrie. « Ce n'était pas les fascistes qui avaient fait sombrer la République de Weimar mais le manque de démocrates. AU XX me siècle, souvenons-nous en, les États ont failli à l'époque du nazisme et du fascisme, en cédant sous la pression de groupuscules minoritaires » (Richard von Weizsäcker, Président de la République fédérale allemande de 1984 à 1994). Références 1 – Le califat : Le calife est le successeur du prophète de l'islam dans l'exercice politique du pouvoir. Depuis la fondation de l'Islam, quatre califats se sont succédé à la tête du Monde musulman : califat omeyyade de Damas (exilé à Cordoue) ; califat abbasside de Bagdad ; califat fatimide du Caire ; califat ottoman. Durant les trois premiers siècles de la conqu^te arabe (7ème au 10ème), 39 califes se sont succédés à la direction du monde musulman. Quatre Rachidoun, 14 omeyades et 21 abbassides ont gouverné durant 308 ans, soit une durée moyenne de règne de 7,9 ans. Treize des 39 califes ont péri de mort violente. Pour aller plus loin sur l'Irak http://www.renenaba.com/l-hecatombe-des-faiseurs-de-guerre/ www.renenaba.com est un média indépendant qui ne perçoit ni de rémunérations ni de la publicité, et ne relève ni d'un éditeur, ni d'un groupe de presse. La vraie valeur ajoutée du blog réside précisément dans son indépendance tant intellectuelle que financière. Les sites relais qui rediffusent nos papiers ne répercutent pas leurs recettes sur notre production, le prix de son indépendance, la marque de notre indépendance. La progression constante de notre lectorat, sa configuration, ses exigences, constituent pour www.renenaba.com une marque de confiance renouvelée à l'effet de nous inciter à aller de l'avant, animés d'une volonté inébranlable de poursuivre sans concession le combat pour la dignité des hommes et la souveraineté des peuples.

Constitution. La démarche proposée par le PST

Publié le par Mahi Ahmed

~~Constitution. La démarche proposée par le PST ‎Hier ‎6 ‎juillet ‎2014, ‏‎09:23:34 | Saoudi Abdelaziz Le parti socialiste des travailleurs travail explique pourquoi il a décidé de ne pas cautionner la démarche expéditive et de pure forme, menée par Ahmed Ouyahia. Ce parti de gauche estime que les autorités se prévalent d'une "démarche participative sincère », alors que dans le même temps, elles "musellent les libertés démocratiques, tels que la liberté de manifester, la liberté de s’organiser, la liberté de faire grève, la liberté d’expression, l’accès démocratique aux médias lourds" . Le PST propose une autre démarche fondée sur "un grand débat national libre et équitable", et conditionnée par "la levée de toutes les entraves à la liberté d’expression, d’organisation, de manifestation et de grève", les médias devant "assurer un service public loyal assurant l’expression de tous". Mémorandum du PST Le PST a reçu, le 16 mai 2014, les documents relatifs à la révision de la constitution. Il s’agit d’un document contenant 47 articles d’amendements dégagés par « une commission d’experts juridiques », d’un document de six pages intitulé « présentation générale des propositions d’amendements », d’une copie de la constitution en vigueur et d’une lettre d’accompagnement de M. OUYAHIA. Il est demandé à notre parti de présenter, au 31 mai 2014, ses propositions d’amendements « sans limites préalables hormis l’article 178 relatif aux constantes nationales ainsi qu’aux valeurs et principes fondateurs de notre société ». Par ailleurs, il est proposé à notre parti une rencontre durant le mois de juin, à la présidence de la république, « en vue d’un échange sur nos commentaires et propositions » dans le but d’aboutir à « une révision constitutionnelle consensuelle ». Une révision constitutionnelle sans … le peuple ! Dans la forme, comme en 2011 sous la conduite de M.BENSALAH, les concertations confiées à M.OUYAHIA se dérouleront à huis clos dans un bureau de la présidence, sans aucun débat public libre et équitable. Encore une fois, le peuple algérien est écarté du débat et de l’élaboration de sa propre constitution et sa souveraineté, consacrée dans toutes les constitutions depuis le recouvrement de l’indépendance nationale, est bafouée. Lorsque les dispositions de l’article 178 de la constitution, relatives aux fameuses « constantes nationales et les valeurs et principes fondateurs de notre société », ne sont pas concernées par ces concertations et sont exclues du débat au sein du peuple algérien, on est en droit de savoir qui a décidé à la place du peuple de ces « constantes »? Lorsqu’on qualifie la future constitution révisée de « consensuelle », on est en droit de savoir qui est l’autre partie de ce consensus pour laquelle, le peuple souverain, doit faire des concessions? Enfin, le délai de deux semaines accordé aux participants à ces concertations, afin de transmettre leurs propositions, traduit le caractère expéditif de cette opération de « révision constitutionnelle » qui est ainsi réduite à une démarche de pure forme. Dans le fond, les propositions d’amendements transmises par les autorités se réduisent à des réaménagements techniques, tel que le retour à la limitation des mandats présidentiels, qui n’apportent rien de nouveau sur les questions essentielles qui préoccupent et mobilisent quotidiennement les masses populaires. Aucun progrès n’est proposé au sujet des droits sociaux, tels que le logement, l’emploi, la santé, l’éducation et le pouvoir d’achat, etc. Aucune avancée n’est consacrée au sujet des droits démocratiques, tels que l’officialisation de Tamazight ou l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. La lutte contre la corruption, qui saigne l’économie nationale, est évoquée formellement et aucune disposition n’est proposée pour la protection de la propriété collective de la prédation des intérêts privés et étrangers qui se frottent les mains pour s’accaparer du secteur public et des richesses naturelles nationales. Une révision constitutionnelle sans … libertés démocratiques ! Au moment où la révision constitutionnelle est présentée par les autorités comme une volonté de réforme politique dans le but de « contribuer au renforcement de l’entente nationale » à travers « une démarche participative sincère », dans la pratique, ces mêmes autorités musellent les libertés démocratiques, tels que la liberté de manifester, la liberté de s’organiser, la liberté de faire grève, la liberté d’expression, l’accès démocratique aux médias lourds, … Ces mêmes autorités répriment le mouvement des chômeurs, les rassemblements des contractuels du pré emploi, les syndicalistes combatifs, les manifestants du 20 avril dernier en Kabylie et les citoyens protestataires dans les différentes régions du pays. Cette pratique autoritaire vide la révision constitutionnelle des intentions de réformes démocratiques proclamées et s’éloigne de l’instauration d’un climat politique permettant au peuple algérien de décider en toute liberté de sa constitution et de son devenir. Sans l’instauration d’un débat public libre et équitable permettant au peuple algérien de choisir librement le contenu de sa constitution et sans la levée de toutes les entraves et les limitations aux libertés démocratiques, ces concertations n’auront aucune crédibilité. Sans ces conditions démocratiques élémentaires, notre parti a décidé de ne pas participer à ces concertations. Propositions politiques du PST. Cependant, le PST propose la mise en place d’un programme d’urgence démocratique et social, préalable indispensable à tout progrès sur le plan de la légitimité politique des institutions de l’Etat et à l’exercice effectif du peuple algérien de sa souveraineté politique et économique. Il faut instaurer un grand débat national libre et équitable dans un contexte marqué par la levée de toutes les entraves à la liberté d’expression, d’organisation, de manifestation et de grève. Les médias doivent assurer un service public loyal assurant l’expression de tous. Ensuite, le peuple élira à la proportionnelle nationale des programmes politiques soumis au débat, des représentants du peuple. L’objectif est de former une Assemblée Constituante représentative des aspirations de la majorité travailleuse et démunie. Une assemblée qui mettra en place une Constitution à la mesure des attentes des exploités, des exclus et des opprimés de notre pays qui sont le plus grand nombre. Cette Constitution garantira les libertés d’opinion et de conscience, et la séparation de l’Etat et de l’école avec la religion, elle édictera l’égalité totale entre les citoyens, et en particulier entre les hommes et les femmes, abrogeant toute législation inégalitaire, tel le code de la famille et fixant la parité hommes-femmes comme seul horizon pour toutes les représentations et les postes d’autorité, elle imposera le respect de la diversité culturelle en instituant tamazight et l’arabe comme langues nationales et officielles. Elle garantira la liberté d’organisation, d’expression, de manifestation et de grève sans entrave et sans contrainte disqualifiant les agréments, les autorisations et les procédures de préavis de grève. Aucun critère idéologique ou politique ne peut être opposé sinon l’exigence de respecter la liberté des autres, liberté protégée par les lois ordinaires. Imposer un standard idéologique conduit aux incohérences comme celles qui agréent des organisations islamistes par le simple changement de dénomination. Cela conduit à l’arbitraire, instituant les fonctionnaires en tuteurs politiques du peuple en imposant leurs interprétations. Quant à la représentativité, c’est au peuple de la donner. Les exigences de représentativité et de distribution nationale de la loi sur les partis en vigueur auraient privé d’agrément l’Etoile Nord-Africaine, le groupe des 22 d’avril 1954 et même le FLN du 1er Novembre. Car, selon les historiens sérieux de cette épopée nationale, le FLN ne disposait pas à ce moment de la représentativité par wilayas exigée par la loi en vigueur alors qu’en 1962 son influence frisait l’unanimité nationale. Sur un autre plan, avant de remplir les conditions de représentativité pour fonder un parti, quelles que soient ces conditions, comment qualifier les activités de la formation politique considérée : clandestines ou illégales ? Toute procédure contraignante de ce type conduit aux accommodements sans oublier que ces contraintes pervertissent l’engagement politique. Aussi, c’est au peuple d’accorder son mandat à ces représentants pour les rendre représentatifs et non au constat d’huissier. Par ailleurs, la levée des contraintes anti démocratiques signifie l’abrogation des autorisations et permettre à ces groupes politiques, associatifs ou syndicaux de se déclarer auprès des autorités désignées pour ce faire, pour jouir de leurs droits et permettre de protéger ceux des autres. Pour toutes les élections nationales, le mode de scrutin doit être celui de la proportionnelle intégrale. Aucun score minimal ne doit être imposé. Le nombre de députés de l’Assemblée Nationale situant le siège à 80 000 voix. La distribution des sièges restants au plus fort reste améliore la représentativité de l’assemblée ainsi élue. Ce mode de scrutin favorise le débat d’idée et écarte les arrivismes électoraux qui développent le clientélisme local et national. Il élimine le modèle actuel qui favorise la corruption. Il condamne la plupart des réseaux actuels qui ont leur responsabilité dans le discrédit de la chose politique. La Constitution garantira aux citoyens les droits naturels qui sont les préalables aux libertés formelles. Droit à la vie, à la santé, à l’alimentation, à l’emploi, au logement à l’éducation… Le rapatriement des ressources financières de notre pays, prêtées à des taux dérisoires aux grandes puissances, garantira la réalisation et l’exercice de ces droits. La Constitution doit préserver les richesses naturelles du pays, les secteurs stratégiques de l’économie et les services publics essentiels de toute logique de profit, de toute appropriation privée. Elle doit exiger l’arrêt immédiat des concessions, la nationalisation ou la renationalisation de toutes ces terres, de toutes ces richesses du sous-sol, de toutes ces infrastructures, de tous ces industries de base cédées, concédées ou abandonnées aux multinationales et aux fortunes locales, de tous ces services publics permettant à des intérêts privés de ponctionner les citoyens. Au niveau institutionnel, notre parti considère qu’il faut donner tout le pouvoir aux élus que ce soit au niveau local où une large décentralisation doit permettre l’autonomie des régions et des communes, que ce soit au niveau central ou aucun sénat, aucun détenteur de pouvoir, président de la république ou wali, quel que soit son mode de désignation ou d’élection ne doit pouvoir contester la souveraineté totale des représentants du peuple. Au moment où il est proposé au peuple algérien un processus de réformes avec l’objectif proclamé de disposer d’institutions représentatives et légitimes, il nous faut signaler l’inanité du pouvoir de ces futures institutions qu’on nous dit enfin démocratiques, quand, tous les jours, des décisions engageant l’avenir des générations futures sont prises par les gouvernants actuels. Quand les terres agricoles sont concédées pour quarante ans, quand les ports les aéroports, la production et la distribution de l’eau, le téléphone mobile, la production d’électricité, sont offerts à des multinationales, quand la sidérurgie, les entreprises publiques de mécanique, le patrimoine foncier sont abandonnés à des intérêts privés, quand les gouvernants actuels engagent l’économie dans une dépendance définitive par les accords avec l’UE, avec l’OMC, la Zale, que reste-t-il de pouvoir aux institutions légitimes qui nous sont promises ? Un programme d’urgence démocratique et social. 1- Levée immédiate des entraves législatives et réglementaires aux libertés d’organisation associative, partisane ou syndicale, libertés d’expression, de manifestation et de grève. Cessation immédiate de toute poursuite et annulation de toute sanction contre les protestataires. Reconnaissance immédiate de tous les partis, syndicats et association qui se déclarent comme tels. Interdiction de la pratique actuelle de déni de service public qui refuse la délivrance du récépissé de dépôt. Car la démocratie c’est la souveraineté du peuple, et les luttes démocratiques des masses laborieuses, des démunis et de la jeunesse sont le seul moyen pour imposer la démocratie. 2- Ouverture d’un débat national sans exclusive sur les changements politiques, prise en charge de tous les points de vue de la société dans le cadre d’une obligation de service public exigée de tous les médias et notamment accès aux médias lourds, radio, et télé. Car la liberté de la presse ce n’est pas seulement la liberté des journaux, et celle des journalistes, c’est d’abord la liberté des citoyens de s’exprimer par le biais de la presse. Liberté de création de périodique et de publication sans délai ni entrave sur simple déclaration. 3- Assainissement du climat malsain de corruption et d’arbitraire par la levée du secret bancaire, l’ouverture des livres de compte et la mise en place d’un contrôle populaire. Levée de l’impunité. 4- Mesures d’urgence sociale en avançant vers le rétablissement du pouvoir d’achat des travailleurs et des pensionnés compromis par la politique libérale agressive depuis le programme d’ajustement structurel de 1994. 20 000 DA d’augmentation pour tous, salaire minimum à 45 000 DA, titularisation de tous les auxiliaires, interdiction des emplois sous-payés du filet social et remplacement par de vrais emplois décents, mobilisation des institutions de l’Etat pour bannir le travail non déclaré. 5- Moratoire sur les privatisations et sur les mesures d’abandon des biens de la collectivité nationale à des intérêts privés. Gel des traités inégaux avec l’UE, l’OMC et la Zale. Suspension des concessions sur les richesses minières, pétrolières et sur les infrastructures. Gel du projet de suppression de la médecine gratuite (contractualisation), et du projet du nouveau code du travail. Suspension des négociations et des engagements pris avec Mittal, Desertec, Renault, et divers investissements occidentaux ou du Golfe. 6- Après un débat libre, dans un climat libéré de toutes ces contraintes économiques et toutes ces pressions politiques, élection de représentants du à la proportionnelle nationale intégrale des points de vue exprimés dans la discussion nationale pour former une Assemblée Constituante. Il reviendra à cette assemblée constituante souveraine représentative des intérêts de la majorité travailleuse et démunie de discuter et proposer le projet de constitution au vote du peuple et de gouverner le pays dans cette transition. La direction Nationale du PST. Alger, le 01 juillet 2014.

Mustapha Mekideche. économiste, spécialiste des questions énergétiques

Publié le par Mahi Ahmed

~~Mustapha Mekideche. économiste, spécialiste des questions énergétiques «La solution réside dans l’évolution progressive et ferme de la tarification» le 07.07.14 | 10h00 | © D. R. -Chaque été, les appels à la rationalisation de la consommation d’énergie retentissent. L’énergie est subventionnée chez nous et donne lieu à des gaspillages. Pensez-vous qu’il faille revoir cette donne pour rationaliser la consommation ? La situation que vous décrivez est beaucoup plus grave que sa réduction à un simple effet de pic saisonnier. Il y a là un problème devenu structurel pouvant avoir des conséquences graves sur notre sécurité énergétique à moyen terme, entre dix à quinze ans, si l’on s’en tient à un scénario au fil de l’eau. Il faut se rendre à l’évidence que la couverture de la demande gazière nationale à terme pose déjà problème. Voyons les chiffres les plus récents donnés par la Société algérienne de gestion du transport du gaz (GRTG), entreprise du groupe Sonelgaz en charge de ce service public, dans son «Plan de développement du réseau de transport du gaz 2012- 2021». Elle indique avoir transporté en 2012, pour le compte de ses clients du marché national, un volume de 27,2 milliards de m3. La GRTG prévoit de s’équiper pour pouvoir transporter un volume de 40,4 milliards de m3 en 2021. En 2030, on dépassera probablement le chiffre de 60 milliards de m3 à fournir pour les besoins du marché national. Certains experts, comme mon ami Ali Aïssaoui de l’APICORP, estiment même que la demande intérieure sera de 70 milliards de m3 en 2030. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le gaz naturel représente 34% de la consommation totale d’énergie dans notre pays, et puisque vous parlez d’électricité, 98% de cette dernière est produite à partir du gaz naturel. Avec l’épuisement programmé de nos réserves de gaz conventionnel, dont les premiers effets ont commencé à se faire ressentir en 2013, et l’explosion de la demande nationale qui a atteint 12,4% entre 2011 et 2012 contre 2,5% pour le monde, vous voyez bien les deux termes de l’équation qu’il faudra bien résoudre. Il faudra donc agir sur l’offre en intensifiant la recherche de gaz conventionnel, en préparant aussi le recours inévitable au gaz non conventionnel et agir en même temps sur une demande qu’il faudra rationaliser et discipliner. -L’industrie, le bâtiment, les ménages… quelles sont les niches de consommation d’énergie sur lesquelles il est possible d’opérer aujourd’hui des économies ? Vous souhaitez mettre l’accent sur le deuxième membre de l’équation gazière, celui de la rationalisation de la demande. L’action doit être en effet une action multisectorielle. Pour l’industrie, essentiellement celle qui produit des biens à haut contenu énergétique (produits gazochimiques et pétrochimiques, engrais, sidérurgie, ciment,) il ne faudra plus considérer le gaz naturel comme un avantage compétitif devant être cédé presque gratuitement, comme c’est le cas actuellement. Vous savez que le décret exécutif n° 05-128 du 24 avril 2005 fixe le prix de cession du gaz aux industries à simplement 1560 DA les 1000 m3. L’idée que j’avance est d’intégrer le prix de l’énergie comme un des critères de choix de l’offre la mieux disante dans le choix du projet retenu et ne pas garantir à l’avance un prix aussi faible pour le gaz naturel. Sans quoi, il s’agirait d’un transfert d’une rente dont on accélérera l’extinction par ce mécanisme réglementaire. D’ailleurs, on peut repérer cela aux demandes nombreuses et réitérées de groupes industriels et énergétiques internationaux qui veulent produire des produits gazochimiques, de l’urée, du ciment et de l’acier par exemple sous l’empire du décret que j’ai cité. S’agissant de la construction de logements, nous sommes loin de l’éco-construction dont le premier principe renvoie à la diminution de la consommation énergétique par logement aussi bien pour le chauffage que pour la climatisation. Les architectes algériens en ont suffisamment parlé. Je me demande à ce sujet où en est le projet de fabrication industrielle de chauffe-eau solaires par la filiale GTP de Sonatrach qui avait conçu un prototype. Dernier point sur ce sujet, l’ampleur des programmes publics de logements est telle qu’elle aurait dû intégrer cette problématique depuis bien longtemps. Il n’est cependant jamais trop tard pour bien faire. S’agissant des habitudes de consommation énergétique des ménages, vous abordez là le sujet tabou dont personne dans la classe politique au pouvoir ou dans l’opposition ne veut aborder. Il est clair que les appels au civisme émanant de Sonelgaz ou de l’APRUE ne seront pas suffisants pour diminuer le gaspillage. C’est dans l’évolution progressive mais ferme de la tarification que réside la solution. Force est de constater que l’on ne prend pas encore ce chemin. Aussi bien pour l’électricité, le gaz que pour les carburants liquides. De toute manière, tôt ou tard les réformes en matière de subvention notamment de l’énergie vont s’imposer. L’Egypte, qui a longtemps hésité à le faire en a subi et continue de subir de graves conséquences. -Sonelgaz est financièrement au bord de l’asphyxie, notamment en raison de créances importantes détenues sur l’Etat. Avec les difficultés d’investissement, peut-on s’attendre à des problèmes d’approvisionnement en énergie dans les années à venir ? Effectivement, Noureddine Bouterfa, PDG du groupe Sonelgaz, a bien mis l’accent, au cours de la réunion des organes sociaux tenue le 23 juin 2014, sur le fait «qu’a contrario des performances techniques, la situation financière reste, pour sa part, fragile», car «les sociétés du groupe Sonelgaz ont terminé l’année 2013 dans de mauvaises conditions» avec un résultat net consolidé négatif de 29,7 milliards DA. Mais je nuancerai votre appréciation du fait que cela n’a pas empêché le groupe d’investir 409 milliards DA en 2013, soit une augmentation de 77,5% par rapport à 2012. Ainsi, malgré «le non-remboursement des créances détenues par l’Etat (tel que le précompte TVA de 94 milliards DA)» que vous signalez, la capacité nationale de production d’électricité a été renforcée en 2013 de plus de 2000 MWA. Dans la perspective décennale 2024, il est même programmé la réalisation par le groupe Sonelgaz de «28 600 MWA tous réseaux confondus». Pour conclure, je dirais que l’appel lancé pour une meilleure efficacité énergétique n’a de chance d’être concrétisé que s’il s’appuie sur une réforme tarifaire progressive mais résolue. Il n’y a pas de signaux dans ce sens. Safia Berkouk

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