Des professeurs de médecine et des universitaires de renom demandent l'arrêt de l'agression contre Gaza

Publié le par Mahi Ahmed

~~ Des professeurs de médecine et des universitaires de renom demandent l'arrêt de l'agression contre Gaza 2014-07-30 Par Mohamed Larbi Bouguerra Lancet» est une prestigieuse et vénérable revue scientifique médicale britannique qui paraît toutes les semaines depuis le 5 octobre 1823. Elle est lue par les scientifiques les plus connus et les plus renommés des médecins de par le monde. Rédigée par cinq spécialistes internationaux*** et à l’initiative de 24 praticiens, cette revue a publié, le 23 juillet 2014, «une lettre ouverte pour le peuple de Gaza ». En deux jours, la lettre a reçu la signature de 1586 médecins et scientifiques de l’étranger et de 74 praticiens israéliens. Elle a été lancée suite à la demande d’universitaires de Gaza qui ne peuvent plus enseigner et qui manquent, comme tous les Gazaouis, de nourritures et de médicaments. Précise comme le scalpel du chirurgien et prenant appui sur des publications scientifiques indiscutables et des données irréfutables, la lettre dresse un tableau complet des crimes israéliens et dénonce la propagande israélienne et ses mensonges. Les praticiens israéliens sont furieux étant donné le très grand impact de cette importante revue dans les milieux médicaux et scientifiques. Ce qui n’empêche pas le Pr Gad Keren, chef du département de cardiologie à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv – qui demande à ses confrères de prendre très au sérieux cette affaire- de resservir la mauvaise plaisanterie si souvent rebattue : «Il est de notre devoir de défendre la réputation d’Israël et de l’armée israélienne qui est la plus morale des armées sur Terre et à travers le monde entier.» Comme le 23 juillet 2014, à la séance spéciale du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève traitant de la Palestine, les Etats Unis ont voté contre le texte de la déclaration préalable de Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire et la France s’est abstenue, cette lettre n’en devient que plus percutante et plus éclairante. On lit dans cette lettre: «Nous sommes des médecins et des scientifiques qui passons notre vie à développer des moyens pour prendre soin et protéger la santé et les vies. Nous sommes aussi des personnes informées; nous enseignons l’éthique de nos professions ainsi que les connaissances et les pratiques afférentes. Nous avons tous travaillé à Gaza et connaissons sa situation depuis des années. Sur la base de notre éthique et de nos usages, nous dénonçons ce dont nous sommes témoins et qui est l’agression de Gaza par Israël. Nous demandons à nos collègues, professionnels jeunes ou âgés, de dénoncer cette agression israélienne. Nous défions la perversité d’une propagande qui justifie la création d’une urgence maquillée en massacre, la soi-disant « agression défensive». Il s’agit en réalité d’un assaut cruel de durée, d’étendue et d’intensité illimitées. Nous souhaitons rendre compte des faits tels que nous les avons vus et de leurs implications sur les gens. Nous sommes horrifiés par l’attaque militaire des civils à Gaza camouflés en châtiment de terroristes. Ceci est la troisième attaque militaire contre Gaza depuis 2008. Chaque fois, le nombre de victimes est constitué par les populations innocentes de Gaza, spécialement des femmes et des enfants sous l’inacceptable prétexte avancé par Israël d’éradiquer des parties politiques ainsi que la résistance à l’occupation et au siège imposés par les Israéliens. Cette action terrifie ceux qui ne sont pas directement atteints. Elle blesse l’âme, l’esprit et la résilience de la jeune génération. Notre condamnation et notre dégoût sont de plus aggravés par le déni et l’interdiction faits à Gaza de recevoir une aide extérieure et des fournitures pour soulager ces terribles circonstances. Le blocus de Gaza a été rendu plus sévère depuis l’an dernier; ce qui a aggravé le tribut payé par les Gazaouis. A Gaza, les gens souffrent de la faim, de la soif, de la pollution, du manque de médicaments, d’électricité, de toute possible d’avoir des revenus et pas seulement de subir des bombardements et de recevoir des missiles. La pénurie d’électricité et de carburant, le manque d’eau et d’aliments, le débordement des égouts et les ressources de plus en plus décroissantes sont des désastres provoqués directement ou indirectement par le siège. Les gens sont en train de résister à cette agression parce qu’ils veulent une vie normale et meilleure et, même quand ils pleurent de peine, de souffrance, de douleur et de terreur, ils rejettent une trêve temporaire qui ne procure pas une chance réelle d’un avenir meilleur. La voix d’Oum al Rawlawi -qui s’entend lors des attaques- parle pour tous les Gazaouis : «Ils sont en train de nous tuer de toute façon- soit par une mort lente avec le siège ou une mort plus rapide par les attaques militaires. Ils ne nous restent rien à perdre. Nous devons combattre pour nos droits ou mourir en essayant de les conquérir.» Gaza subit le blocus aérien, maritime et terrestre depuis 2006. Tout individu qui, à Gaza, s’aventure en mer à plus de trois miles nautiques des côtes- y compris les pêcheurs- doit s’attendre aux tirs de la marine israélienne. Nul ne peut sortir de Gaza que par deux points de contrôle : Ertez et Rafah et avec la permission des Israéliens ou des Egyptiens. Ce qui est difficile –voire impossible à obtenir. Les Gazaouis ne peuvent pas aller étudier ou travailler l’étranger, ils ne peuvent pas rendre visite à leur famille ou faire des affaires à l’extérieur. Les personnes blessées ou malades ne peuvent pas quitter facilement Gaza pour recevoir des soins spécialisés. L’entrée des médicaments et des aliments à Gaza a été réduite et de nombreux articles nécessaires à la survie sont prohibés. Avant la présente attaque, les stocks d’articles médicaux ont été au plus bas, comme ils ne l’ont jamais été et ce, du fait du blocus. Ils sont à présent épuisés. Pareillement, Gaza ne peut exporter ses produits. L’agriculture a été sévèrement handicapée par une zone tampon et les produits agricoles ne peuvent plus être exportés du fait du blocus. 80% de la population vit grâce aux rations fournies par l’ONU. Beaucoup de bâtiments et d’infrastructures ont été détruits au cours de l’opération «Plomb durci» de 2008-9. Mais les matériaux de construction tombent sous le coup du blocus et ainsi, des écoles, des maisons, des institutions ne peuvent être correctement reconstruites. Les usines détruites suite aux bombardements ont été rarement reconstruites, ce qui ajoute au chômage et au dénuement. Malgré ces conditions difficiles, les Gazaouis et leurs leaders politiques ont récemment fait des pas en vue d’un processus de réconciliation «sans armes et sans dommage» entre les différentes factions. Les chefs ont renoncé à des titres et à des avantages afin qu’un gouvernement d’union puisse être formé abolissant ainsi les politiques d’acrimonie, de discorde et de factions à l’œuvre depuis 2007. Cette réconciliation, acceptée par de nombreuses communautés internationales, a été rejetée par Israël. Les attaques israéliennes actuelles mettent un frein à cette chance d’unité politique entre Gaza et la Cisjordanie comme elles ciblent et attaquent une partie de la société palestinienne en détruisant des vies à Gaza. Sous le prétexte d’éliminer le terrorisme, Israël est en train d’essayer de détruire l’unité palestinienne croissante. Entre autres mensonges, on affirme que les civils à Gaza sont l’otage du Hamas mais la vérité est que la Bande de Gaza est hermétiquement scellée par les Israéliens et les Egyptiens…..» Les praticiens notent alors la forte proportion d’enfants tués et blessés ainsi que les tirs visant les salles d’opération, les unités de soins intensifs, les morts de praticiens, de personnels et de patients. Ils expriment des craintes pour l’hôpital principal Shifa (à la date du 21 juillet). « De plus, disent-ils, la plupart des gens sont psychologiquement traumatisés à Gaza. Quiconque a dépassé l’âge de six ans à Gaza vit, pour la troisième fois, l’assaut militaire israélien.» Le massacre de Gaza n’épargne personne. Il inclut les handicapés et les patients des hôpitaux, les enfants jouant à la plage ou sur les toits et une grande majorité de non-combattants. Les hôpitaux, les cliniques, les mosquées, les ambulances, les écoles, les bâtiments abritant la presse ont été attaqués, des maisons privées ont été bombardées, clairement, on visait des familles entières pour les tuer chez elles, à l’intérieur de leurs foyers….ce qui n’est pas le bon moyen pour trouver des tunnels. Car aucune de ces maisons ne peut être un objectif militaire. Ces attaques visent à terroriser, à blesser l’esprit et le corps des gens. Elles visent à rendre la vie impossible à l’avenir puisqu’on démolit les maisons et on empêche de les reconstruire. Des armes connues pour infliger des atteintes à la santé sur le long terme sont utilisées notamment les armes à non fragmentation et les bombes hard head. Nous avons été témoins de l’usage d’armes ciblées, employées sans la moindre discrimination à l’encontre d’enfants et nous avons constamment vu que les soi-disant armes intelligentes échouent à être précises à moins qu’elles ne soient délibérément utilisées pour faucher la vie d’êtres innocents. Nous dénonçons le mythe propagé par Israël et qui consiste à dire que l’agression est conduite de manière à préserver la vie des civils et le bien-être des enfants. La conduite d’Israël est une insulte à notre l’humanité, une injure à l’intelligence et à la dignité. Elle est un affront à notre l’éthique professionnelle et à nos efforts. Même ceux d’entre nous qui veulent aller à Gaza pour aider sont empêchés d’atteindre ce territoire à cause du blocus. L’ « agression défensive » -cet assaut cruel de durée, d’étendue et d’intensité illimitées- doit être stoppée. De plus, si l’emploi de gaz venait à être confirmé, il est, de manière non équivoque, un crime de guerre, pour lequel, avant toute chose, des sanctions sévères doivent être prises immédiatement contre Israël ainsi que la cessation de tout commerce ou accords de collaboration avec l’Europe. Alors que nous écrivons, d’autres massacres et des menaces visant le personnel médical des services d’urgence sont rapportés, comme est rapporté le refus opposé à l’entrée des convois humanitaires internationaux. En notre qualité de scientifiques et de médecins, nous ne pouvons garder le silence alors que ce crime contre l’Humanité continue à être perpétré. Gaza est prise au piège du siège. Elle est en train d’être tuée par les machines de guerre les plus modernes, les plus importantes et les plus sophistiquées du monde. Le sol est empoisonné par les débris des armes et présente des risques pour les générations à venir. Si ceux d’entre nous qui sont capables de faire entendre leur voix ne le font pas et ne prennent pas position contre ce crime de guerre, nous sommes aussi complices de la destruction des vies et des foyers de 1,8 million de Gazaouis. Nous enregistrons avec consternation que seulement 5% de nos confrères universitaires israéliens ont signé l’appel demandant à leur gouvernement d’arrêter l’opération militaire contre Gaza. Nous sommes tentés de conclure qu’à l’exception de ces 5%, le reste des universitaires israéliens sont complices du massacre et de la destruction de Gaza. Nous voyons aussi la complicité de nos gouvernements en Europe et en Amérique du Nord dans ce massacre et l’impuissance une fois encore des institutions et des organisations à arrêter ce massacre.» ***Il s’agit de: • Paola Manduca, Nouveau Groupe de recherche sur les armes, Université de Gênes (Italie) • Iain Chalmers, Bibliothèque James Lind, Oxford, GB. • Derek Summerfield, Institut de Psychiatrie, King’s College, Londres, GB • Mads Gilbert, Clinique de Médecine d’urgence, Hôpital Universitaire de la Norvège du Nord, Tromso, Norvège. • Swee Ang, Barts and the Royal London Hospital, Londres, GB. Mohamed Larbi Bouguerra URL : http://www.leaders.com.tn/article/des-professeurs-de-medecine-et-des-universitaires-de-renom-demandent-l-arret-de-l-agression-contre-gaza?id=14689

Cuba, un modèle selon l’Organisation mondiale de la santé

Publié le par Mahi Ahmed

~~Cuba, un modèle selon l’Organisation mondiale de la santé De Salim Lamrani Global Research, juillet 30, 2014 Url de l'article: http://www.mondialisation.ca/cuba-un-modele-selon-lorganisation-mondiale-de-la-sante/5394097 Le système de santé cubain est mondialement reconnu pour son excellence et son efficacité. Malgré des ressources extrêmement limitées et l’impact dramatique causé par les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle, Cuba a réussi à universaliser l’accès aux soins à toutes les catégories de la population et à obtenir des résultats similaires à ceux des nations les plus développées. Lors de sa récente visite à La Havane en juillet 2014, Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, a fait l’éloge du système de santé cubain et s’est montrée impressionnée par les réussites dans ce domaine. « Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C’est la voie à suivre, car la santé humaine ne peut s’améliorer que grâce à l’innovation », a-t-elle déclaré. Elle a salué « les efforts de la direction de ce pays pour faire de la santé un pilier essentiel de développement[1] ». Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. Selon Margaret Chan, le monde doit suivre l’exemple de l’île dans ce domaine et remplacer le modèle curatif, inefficace et plus couteux, par un système basé sur la prévention. « Nous souhaitons ardemment que tous les habitants de la planète puissent avoir accès à des services médicaux de qualité, comme à Cuba », a-t-elle souligné[2]. L’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) L’OMS rappelle que le manque d’accès aux soins dans le monde n’est en aucun cas une fatalité découlant d’un manque de ressources. Il traduit, au contraire, un manque de volonté politique de la part des dirigeants de protéger les populations les plus vulnérables. L’organisation cite à ce titre le cas de l’île de la Caraïbe comme étant le parfait contre-exemple[3]. D’ailleurs, en mai 2014, en guise de reconnaissance à l’excellence de son système de santé, Cuba a présidé la 67ème Assemblée mondiale de la Santé[4]. Avec un taux de mortalité infantile de 4,2 pour mille, l’île de la Caraïbe présente le meilleur indicateur du continent et du Tiers-Monde, reflétant ainsi la qualité de son système et l’impact sur le bien-être des enfants et des femmes enceintes. Le taux de mortalité infantile de Cuba est même inférieur à celui des Etats-Unis et se situe parmi les plus bas au monde[5]. Avec une espérance de vie de 78 ans, Cuba est l’un des meilleurs élèves du continent américain et du Tiers-monde, avec un indicateur similaire à celui des nations les plus développées. En moyenne, les Cubains vivent 30 ans de plus que leurs voisins haïtiens. En 2025, Cuba disposera de la plus grande proportion de personnes de plus de 60 ans d’Amérique latine[6]. Un système de santé au service des peuples du Tiers-monde Cuba fait également bénéficier les populations du Tiers-monde de son expertise dans le domaine de la santé. En effet, depuis 1963, Cuba envoie des médecins et autres personnels de santé dans les pays du Tiers-Monde afin de soigner les déshérités. Actuellement, près de 30 000 collaborateurs médicaux travaillent dans plus de 60 pays de la planète[7]. L’exemple emblématique de cette solidarité vis-à-vis des plus démunis est l’Opération Miracle lancée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chávez. Cette campagne humanitaire, mise en place au niveau continental dans le cadre du projet d’intégration de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires[8]. En une décennie, près de 3,5 millions de personnes ont pu retrouver la vue grâce à l’internationalisme cubain. Ce programme social, créé dans un premier temps pour le Venezuela, a été étendu à tout le continent avec l’objectif d’opérer un total de 6 millions de personnes. En plus des opérations chirurgicales, la Mission Miracle fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact aux personnes atteintes de troubles de la vue[9]. Au total, près de 165 institutions cubaines participent à l’Opération Miracle, qui dispose d’un réseau de 49 centres ophtalmologiques et de 82 blocs opératoires dans 14 pays d’Amérique latine : la Bolivie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Grenade, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, Saint-Vincent et les Grenadines, le Venezuela et l’Uruguay[10]. La solidarité médicale cubaine s’étend également à l’Afrique. En 2014, LABIOFAM, l’entreprise de production chimique et biopharmaceutique cubaine, a lancé une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, dans pas moins de 15 pays[11]. Selon l’OMS, ce virus, qui affecte en majorité les enfants, coûte la vie à pas de moins de 630 000 personnes par an, « la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Afrique ». « Cela signifie que 1 000 jeunes enfants meurent chaque jour de paludisme[12] », rappelle l’Organisation. De la même manière, Cuba forme de jeunes médecins du monde entier au sein de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM). Depuis sa création en 1998, l’ELAM a diplômé plus de 20 000 médecins de plus de 123 pays. Actuellement, 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations suivent une carrière de médecine au sein de l’institution cubaine. Selon Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, l’ELAM est « l’école de médecine la plus avancée au monde ». Il a également fait l’éloge des médecins cubains qui travaillent dans le monde entier et notamment à Haïti : « Ce sont toujours les premiers arrivés et ce sont les derniers à partir. Ils restent sur place après les crises. Cuba peut montrer au monde entier son système de santé, un modèle pour beaucoup de pays[13] ». En faisant l’éloge de Cuba, l’Organisation mondiale de la santé souligne qu’il est possible pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées de mettre en place un système de santé performant et d’offrir à l’ensemble des populations une protection sociale digne de ce nom, s’il y a la volonté politique de placer l’être humain au centre du projet de société. Salim Lamrani Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule “Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité“, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano. Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel ________________________________________ [1] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », 16 juillet 2014. [2] Agencia Cubana de Noticias, « World Health Organization Praises Cuba’s Achievements », 14 juillet 2014. [3] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », op. cit. [4] EFE, « Directora general de la OMS está en Cuba para ver avances en investigaciones », 15 juillet 2014. [5] EFE, « Cuba cierra 2013 con la tasa de mortalidad infantil más baja de su historia », 2 janvier 2014. [6] Oscar Alfonso Sosa, « Crece esperanza de vida geriátrica en Cuba”, Cubadebate, 29 avril 2014. [7] Salim Lamrani, Cuba: les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013, p. 49. [8] Cubadebate, « La Misión Milagro cumple hoy diez años : ha devuelto la vista a 3,4 millones de personas », 8 juillet 2014. [9]Ibid. [10] Ibid. [11] Agencia Cubana de Noticias, « Cuba’s LABIOFARM Launches Malaria Campaign in Western Africa », 30 mai 2014. [12] Organisation mondiale de la santé, « World Malaria Report 2013 », 2013, p. v. http://www.who.int/malaria/publications/world_malaria_report_2013/report/en/ (site consulté le 19 juillet 2014). [13] Nyliam Vásquez García, « La escuela médica más avanzada del mundo », Juventud Rebelde, 28 janvier 2014. Copyright © 2014 Global Research

L'affaire d'air Algérie: OuagadougAlger

Publié le par Mahi Ahmed

~~Honteux spectacle le 31.07.14 | En mai 1981, Mohamed Seddik Benyahia, alors ministre des Affaires étrangères, engage une médiation entre l’Irak et l’Iran dans l’espoir de mettre fin à un sanglant conflit fratricide. Son avion est malheureusement abattu en plein vol entre les deux pays. Une commission d’enquête est immédiatement dépêchée sur les lieux et récupère rapidement les boîtes noires. Le président français, François Mitterrand, téléphone à son homologue algérien, Chadli Bendjedid, pour lui proposer le concours de son pays afin d’examiner les boîtes en question. Ce dernier consulte son ministre des Transports d’alors, Salah Goudjil, lequel s’en réfère à la Direction de l’aviation civile algérienne. La réponse de celle-ci est catégorique : l’Algérie n’a besoin d’aucun concours étranger pour faire le travail. Avons-nous régressé, 32 ans plus tard, au point de ne pas pouvoir prendre en charge une telle expertise ? L’accident de l’avion Ouagadougou-Alger a révélé des défaillances graves du côté algérien. A Paris, François Hollande prend en charge rapidement le dossier. Il annule un voyage à l’étranger, met en place une cellule de crise interministérielle et se met à communiquer à tout bout de champ avec la presse. L’armée française basée au Mali se déploie avec une extraordinaire célérité sur le site du crash et récupère une boîte noire, tandis que la seconde est trouvée par la Mission des Nations unies pour le Mali, la Minusma. Du côté algérien, c’est un effacement quasi total. Plus grave, le plus honteux et le plus ridicule est à venir. En effet, le ministre des Transports, Amar Ghoul, se rend au Mali. Et que fait-il ? Il se met dans la peau d’un vaguemestre. Il se rend à Gao avec son homologue malien puis retourne à Bamako. Les télévisions nous le montrent avec un sourire béat remettre deux paquets en plastique, attachés avec du chatterton aux représentants de la France. Le chef du TAJ paraît totalement dépassé par les événements. Une mission sans doute très lourde à porter pour un homme qui a déjà fait des dégâts lorsqu’il était à la tête du ministère des Tavaux publics et dont la place est, de ce fait, ailleurs qu’au gouvernement. On retiendra que l’Algérie a été totalement humiliée dans cette affaire. Une humiliation de plus pour un pays dirigé par un homme inerte, du jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Et une absence confirmée par François Hollande qui, à l’annonce du crash, a déclaré avoir appelé ses homologues malien et burkinabé, sans citer à aucun moment le chef de l’Etat algérien. Tayeb Belghiche

Source :El Watan du 31.7.14

Republication:ISRAËL, ARIEL SHARON ET LA TRAGÉDIE PALESTINIENNE

Publié le par Mahi Ahmed

~~ 14.08.01 ISRAËL, ARIEL SHARON ET LA TRAGÉDIE PALESTINIENNE . Par Mahi Ahmed * Peut-on rester insensible à l’enfer et à l’injustice que vit depuis plus d’un demi siècle le peuple palestinien ? L’opinion publique internationale et particulièrement occidentale doit-elle continuer à être trompée sur la véritable nature du pouvoir en Israël et sur ses visées politiques stratégiques ? Doit-on admettre sans réagir que depuis la fin de la guerre froide et de l’équilibre de la terreur le traitement des problèmes relevant de la stabilité internationale et de la paix mondiale puisse se faire suivant les intérêts globaux de la superpuissance restante et au détriment des droits inaliénables des peuples à l’autodétermination ,à l’indépendance , au respect des frontières et au bien être sociale ? La situation actuelle du peuple palestinien est , à cette égard , on ne plus édifiante . Nous sommes témoins d’une situation historique des plus singulières . Ceux qui ont imposé par le terrorisme le plus barbare leur Etat sioniste , grâce aux forces internationales de l’argent dominées par le courant sioniste mondial et à la connivence active de l’ancienne puissance d’occupation , veulent aujourd’hui travestir l’histoire, se présenter comme des victimes éternelles de l’anti-sémitisme et comme des défenseurs de la paix ,de la démocratie et des droits de l’homme . Ariel Sharon et les forces politiques israéliennes qui le soutiennent sont de ceux-là .Ils appartiennent à lignée des faucons sionistes invétérés , aveuglés par leurs intégrismes religieux et politiques . Le temps historique ,c’est à dire celui qui métamorphose et oriente les peuples ,les sociétés et les nations dans les directions les plus diverses , doit être appréhendé avec le maximum de maîtrise ,pour éviter les désastres historiques . La politique annexionniste et expansionniste pratiquée par les dirigeants israéliens successifs sur des territoires palestiniens et arabes de même que la volonté de ces mêmes dirigeants de soumettre les palestiniens et les peuples arabes de la région à leur diktat , sous le prétexte de la garantie de leur sécurité , ne peut être que la voie de la violence et de l’enfer comme nous le montrent encore plus quotidiennement l’aggravation des évolutions depuis l’arrivée de Sharon au pouvoir . C’est avant tout à la nature belliqueuse de l’Etat d’Israël et à l’orientation militariste et fondamentaliste de ses dirigeants qu’il faut attribuer de telles évolutions . En tant qu’algériens nous sommes bien placés , puisque nous l’avons payé très cher , pour savoir ce qu’est un mouvement de libération national faisant face à un Etat de nature colonialiste , puissamment armé et ignorant à dessein le cours de l’histoire . Un mouvement de libération national n’a pas le choix des armes et ne peut être qualifié , dans son fond, de terroriste .Les terroristes sont d’abord ceux qui l’ont poussé aux choix des formes et moyens de lutte à sa disposition ,c’est à dire ceux qui lui refusent ses droits nationaux . Le fondamentalisme et la gravité des formes d’action des organisations palestiniennes HAMAS et DJIHAD ISLAMIQUES ont été renforcés par l’étroitesse , voire l’aveuglement des dirigeants israéliens de même que par l’inconséquence des USA qui ont cherché , tout au long du processus de mise en oeuvre des accords d’Oslo , à humilier et à affaiblir le Président Arafat et les dirigeants de l’autorité palestinienne signataires de ces accords :  par une politique délibérée de multiplication des enclaves de colonisation peuplées de fanatiques religieux juifs à l’intérieur de territoires palestiniens,  par un étranglement extrême de toute activité économique en recourant au blocage systématique ou au détournement des infrastructures ,terrestres ,aériennes , maritimes , hydrauliques ,de télécommunications , énergétiques etc  par un contrôle sécuritaire et administratif ,sept ans après les accords d’Oslo , sur presque la totalité des territoires palestiniens ,l’autorité palestinienne n’en contrôlant que 12%,  par la prétention de faire de tout Jérusalem la capitale d’ Israël et le refus de toute négociation à ce sujet . Doit-on attribuer seulement au fanatisme religieux le fait qu’un jeune palestinien, à la fleur de l’âge , accepte de se suicider en portant une bombe devant nécessairement faire des victimes ? Ou doit-on ,tout en condamnant la forme de l’acte , en rechercher les mobiles ,les comprendre en profondeur et essayer de travailler inlassablement dans des directions qui rendent de tels actes inutiles et surtout condamnables par tous ? Ou bien la vie de ce jeune comme celles de ses frères et sœurs ne méritent-elles pas d’être prises en considération ? Toute réaction à un acte ou à un événement ,quelle que soit la forme qu’elle prend doit d’abord être expliquée par la cause qui la provoque . La recherche et la prise en compte juste de la cause qui déclenche les événements, est le premier devoir d’un responsable politique . On assiste à une sorte de dérive savamment entretenue et toujours renouvelée par le puissant système de propagande israélien de faire de la victime Palestine l’accusée , celle qui doit rendre des comptes , celle qui doit se soumettre à l’agresseur de fait , Israël . Rabin , Pérez et Arafat ont obtenu le prix Nobel de la paix pour avoir signé à Washington les accords de paix d’Oslo . Arafat s’est consciemment engagé et il l’a prouvé par sa grande flexibilité pour avancer pas à pas vers les objectifs fixés par les accords , dans ce processus de paix qui imposait une démarche progressive , dont la durée des phases était fixée, pour déboucher sur l’édification d’un Etat palestinien indépendant conformément aux résolutions de l’ONU. Voilà plus de cinquante ans qu’Israël existe ,sur le plan formel, en tant qu’Etat (le concept d’Etat mérite d’être défini avec précision ) grâce au concours des facteurs suivants : 1) La naissance d’un mouvement sioniste mondial comme conséquence du développement de l’antisémitisme en Europe à la fin du dix-neuvième siècle .L’acte fondateur de ce mouvement repose sur la pensée sioniste développée par Théodore Herzl dans son livre « l’Etat juif » .Son programme adopté au premier congrès à Bâle en Suisse préconisait la colonisation de la Palestine . Théodore Herzl proposait d’ailleurs la création d’un Etat juif en Argentine ou en Palestine et le quatrième congrès sioniste a même décidé d’établir une patrie pour les juifs en Argentine . 2) Une situation internationale favorable suite à la première guerre mondiale où la grande Bretagne et la France ,sur la base de l’accord Sykes-Picot ,ont décidé de diviser la région arabe sortie du joug ottoman en zones d’influences britanniques et françaises et d’internationaliser la Palestine . La déclaration du secrétaire d’Etat aux affaites étrangères britanniques Lord Balfour ( 1917 ) transmise au dirigeant sioniste Lord Rothschild (sic) affirmait que la Grande Bretagne allait faire son possible pour favoriser l’établissement en Palestine d’une patrie nationale pour le peuple juif .À cette époque la Palestine avait une population de 700.000 habitants dont 574.000 étaient musulmans , 74.000 chrétiens et 56.000 juifs . La conférence de San Remo mit la Palestine sous mandat britannique et le haut commissaire anglais désigné ,Herbert Samuel , était un sioniste notoire . 3) Un mouvement terroriste sioniste impitoyable engagé à partir de 1937 avec les tristement célèbres organisations terroristes Irgoun et Haganah conduites par les Ben Gourion ,les Beguin ,les Golda Meier et dirigées contre les palestiniens et les anglais qui voulaient limiter l’immigration juive et octroyer l’indépendance à la Palestine . Ces organisations terroristes qui ont assassiné et fait fuir de nombreux palestiniens (3,5 millions aujourd’hui ) , ont constitué le noyau de Tsahal , l’armée du nouvel Etat israélien . 4) Une immigration soutenue , se poursuivant jusqu’à nos jours , de juifs de toutes nationalités venus s’installer ,pour des raisons religieuses ou politiques dans l’Etat d’Israël . Israël compte aujourd’hui une population de 6,1 millions d’habitants dont 80% sont juifs avec les origines suivantes : 20,8% sont nés en Israël , 32,1% d’Europe ou d’Amérique ,14,6% d’Afrique ,12,5% d’Asie . Le droit au retour garantit à tout juif de la diaspora la citoyenneté israélienne depuis 1950 . 5) Un soutien sans faille toujours renforcé des lobbies juifs internationaux influençant activement les sphères nationales et mondiales de la finance ,de l’économie , des médias lourds et de la politique , notamment dans les centres géographiques qui font le rapport de forces mondial actuel . 6) Une alliance stratégique avec les USA qui ont fait et qui font encore d’Israël une tête de pont de leurs intérêts dans la région du Moyen-orient et bien au-delà . Les USA ont en permanence couvert les actions expansionnistes israéliennes et mis en œuvre tout ce qui pouvait favoriser une application intrinsèque des résolutions du conseil de sécurité notamment les résolution 181, 242,338, 465 ,681.Les USA n’ont ménagé et ne ménage toujours aucun effort financier , militaire ,économique ou politique pour faire en sorte que toute orientation dans le sens de négociations devant faire avancer la paix et la stabilité dans la région soit conditionnée à la suprématie israélienne . La partialité et le parti-pris américains représentent une cause fondamentale de la situation qui est faite aujourd’hui au peuple palestinien et aux peuples arabes de la région . Les USA se placent délibérément au côté d’Israël et exigent des dirigeants palestiniens qu’ils se soumettent au diktat des dirigeants israéliens en dépit des résolutions de l’ONU et des accords contractés . Israël n’est pas encore aujourd’hui un Etat au sens moderne du terme . L’Etat israélien actuel n’est pas fondé sur une constitution . Il est régi par un ensemble de lois dites fondamentales qui touchent à la Présidence ,au parlement ,au gouvernement ,à la justice ,à l’armée , au droit à l’immigration etc .C’est un Etat qui est sous l’emprise de forces issues de l’armée et représentant la garantie de la continuité sioniste d’une part et d’autre part de forces religieuses fondamentalistes revendiquant le grand Israël, c’est à dire l’annexion des territoires palestiniens .Ces deux forces fixent les limites du caractère démocratique dont les puissances occidentales veulent affubler un tel Etat . L’existence de dix-neuf partis politiques ne change rien à cette réalité qui a été particulièrement soulignée par la volonté expansionniste et le caractère belliqueux des dirigeants israéliens depuis 1967 . Israël est aujourd’hui un Etat hautement militarisé et militariste. Ses forces armées comptent 173.500 hommes dont 37.000 pour l’armée de l’air pour un territoire de 22.145 Km carrés .Israël dispose d’une industrie de l’armement ultra-moderne dont l’éventail va jusqu’à l’armement atomique dont le stock comporte 100 ogives nucléaires. Le budget militaire représente 20,4% du budget national subventionné pour l’année 2000 à hauteur de 2,4 milliards dollars par les USA .Israël réalise prés de 40% de ses échanges économiques avec les USA . L’Etat israélien comme la nation israélienne sont encore engagés dans des processus complexes et longs de formation . Ces processus ne peuvent aboutir et créer les conditions d’une stabilité et d’une paix durables que s’ils intègrent , dans leurs cheminements , avec détermination et une conscience de l’orientation dans le sens de l’histoire , une culture forte et active de la paix fondée sur les droits nationaux du peuple palestinien, l’application stricte des résolutions de l’ONU et sur la paix et la stabilité régionale . Cette chance pour une édification véritablement démocratique et moderne de l’Etat de même que pour une formation solide de la nation israélienne a été ouverte par les dirigeants palestiniens qui ont accepté de s’engager dans les processus de Madrid et d’Oslo . Elle n’a pas été saisie ,dans sa profondeur ni dans sa portée historique , par les dirigeants israéliens du fait de leur prétentions dominatrices et du fait de leur volonté de jouer le rôle de puissance régionale avec une fonction de relais de la superpuissance restante . Les tenants du pouvoir israélien se sont caractérisés ,dans le processus de mise en œuvre des accords d’Oslo , par une méthode consistant à retarder ,à remettre à chaque fois en cause les décisions arrêtées de concert avec les palestiniens ,à grignoter de nouvelles concessions relevant du territoire ou de l’exercice de la souveraineté ,rejetant toujours à plus tard les négociations sur Jérusalem , sur le retour des réfugiés ,sur les colonies juives et sur le statut final de l’Etat palestinien . En même temps les responsables israéliens multipliaient les provocations comme celle de Sharon sur l’esplanade de la mosquée ,les intimidations en mettant en branle leurs forces de frappe militaires détruisant et tuant à coup de chars et d’hélicoptères . Le Leitmotiv des dirigeants israéliens est « la sécurité d’Israël » menacée par les palestiniens et ses voisins arabes . Ariel Sharon a fondé sa campagne électorale pour le poste de premier ministre sur le slogan populiste et trompeur « Sécurité et paix » .Il n’avait pas de programme politique de gouvernement ni de propositions concrètes pour relancer le processus de paix avec les responsables palestiniens . Dans une interview qu’il a accordé à la revue « Kfar Habad » orientée vers les lecteurs ultra-orthodoxes , il a déclaré : « L’accord d’Oslo est mort . ».Il refuse de reprendre le processus de négociation avec les palestiniens .Il est hostile à l’installation d’observateurs de l’ONU en Israël et en Palestine pour superviser justement le cessez-le feu et les conditions de la sécurité des deux parties et permettre au processus de paix d’avancer .Sharon ne peut pas être un partisan de la paix. Il demeure un faucon sioniste qui ne peut se trouver de raison d’être que dans la guerre et l’utilisation de la force pour donner libre cours à ses pulsions dominatrices . Il veut réduire la Palestine à un morceau de gruyère ou les parties constituant le fromage sont contrôlées par Israël et les trous revenant aux palestiniens pour plus les y étouffer . Lorsque Ehud Barak soutenu par Clinton déclarait à haute voix qu’il avait fait ,à Camp David , toutes les concessions que Arafat voulait , il ne disait aucun mot des conditions qu’il lui avait posées à savoir :  le contrôle stratégique par Israël sur la Cisjordanie et Gaza ,espace aérien et frontières terrestres et maritimes compris ,  la souveraineté israélienne sur la majeure partie de Jérusalem-Est y compris le Haram echarif ,  le contrôle sur les ressources hydrauliques communes . Rachelle Marshall du Washington Report on Middle East Affairs qui rapporte de tels éléments , écrivait à ce sujet dans le numéro de décembre 2000 : « Ce sont là des conditions qu’aucun arabe ne peut accepter » et d’ajouter « le processus de paix débouche dans la protestation et le sang ». « Israël a failli à ses engagements » Mais les responsables occidentaux de même que les médias lourds à leurs services n’ont de cesse que d’exiger des palestiniens et d’Arafat de mettre fin à l’Intifada et à la violence , de donner encore plus de garanties pour la sécurité d’Israël .Ils n’émettent ni critiques ni exigences à l’égard d’Israël et de ses dirigeants qui refusent de mettre en œuvre les décisions de l’ONU et les accords conclus . Lorsque Sharon ferme et occupe la symbolique maison d’orient à Jérusalem ,le central téléphonique d’Abou-Dis en y hissant le drapeau israélien ,ce n’est que normalité pour Bush et les dirigeants occidentaux , même si á l’occasion , ils font une timide déclaration de réprobation .Par ailleurs ,ils s’affairent, les Balkans obligent , avec une diligence extrême à stabiliser la situation dans la petite Macédoine . Sharon ne peut avoir aujourd’hui de place que devant le TPI , pour crime contre l’humanité .Chiche Mme d’El Ponte . Le génocide programmé par Sharon du peuple palestinien doit cesser .Il ne cessera qu’avec la conjugaison de deux facteurs qui ont fait leurs preuves dans toute lutte de libération nationale : le renforcement du mouvement de libération national palestinien d’une part et d’autre part le développement d’une large , solide et active solidarité internationale notamment arabe , y compris celle des larges couches du peuple israélien qui ont intérêt à une paix juste et durable, avec la cause palestinienne . Car comme le disait le général viêtnamien Giap , lors d’une visite à Alger : « Le colonialisme est un mauvais élève ». *Dr.Ing.

Republication contribution:L’AGRESSION ISRAELIENNE BARBARE CONTRE LE LIBAN

Publié le par Mahi Ahmed

~~L’AGRESSION ISRAELIENNE BARBARE CONTRE LE LIBAN Mobiles géostratégiques et enseignements pour nous

26 août 2006

L’arrogance « fascisante » de la force militaire est devenue une constante de la politique d’Israël. Il est pénible de devoir utiliser l’adjectif de fasciste s’agissant d’un Etat qui prétend représenter une communauté qui a subi, en tant que telle, les pires affres du fascisme hitlérien. Mais la réalité de la cruauté des faits de cette nouvelle guerre du Liban secoue et aiguise nos consciences éprouvées De quelques causes Le caractère et les dimensions qu’elle a pris, surtout au Liban mais aussi en Israël, interpellent nos responsabilités de citoyens sortis à peine des ténèbres épaisses du colonialisme. Elle aiguise en nous l’impératif de l’effort pour une intelligibilité profonde et objective des dangereux processus historiques dont nous sommes des témoins jusque-là inactifs et impuissants, alors que nous en sommes directement ou indirectement les enjeux. Certes notre cœur saigne de voir en direct la mort de dizaines d’enfants innocents, des massacres et des destructions à grande échelle comme à Kanaâ, à Beyrouth, à Tyr ou à Ghaza, des centaines de milliers de personnes déplacées ou contraintes de trouver refuge à l’étranger, des ambulances et des convois humanitaires ciblés aveuglement par des F16 ou des Drones enragés, des infrastructures comme les ponts, les autoroutes, les centrales électriques, les immeubles d’habitations... détruites, un pays transformé en ruines. Nous devons cependant manifester, avec la vigueur qui s’impose, notre colère contre l’agresseur et ses puissants soutiens et notre solidarité productive avec les victimes, avec le peuple et l’Etat libanais, avec le peuple et l’Autorité palestiniens, en développant toutes les solidarités. Nous devons chercher à comprendre les causes réelles et profondes, les mobiles de cette crise majeure dans cette partie du Moyen-Orient. Nous devons essayer d’évaluer objectivement son contenu géopolitique, sa portée stratégique, ses multiples effets et surtout tirer les enseignements qu’elle dégage aussi bien sur le plan mondial qu’au niveau de notre pays. L’adoption par le conseil de sécurité de la résolution 1701 demandant le cessez-le-feu et traçant les contours, le plus souvent, partiaux et unilatéraux, de stabilisation du Liban et de sécurisation des frontières israélo-libanaises, souligne encore plus cette nécessité. Une crise majeure comme celle-ci ne peut procéder de la génération spontanée. Elle ne peut être que le fruit d’une conjugaison de causes immédiates qui la déclenchent et de causes profondes qui l’expliquent et la rendent intelligible. On ne peut l’isoler du contexte qui marque les évolutions nationales, régionales et internationales. On ne peut donc pas aussi la dissocier des pondérations géostratégiques qui reviennent à chacune des parties, directement impliquées dans le conflit qui l’a initiée et qui l’alimente. Israël ne peut avoir décidé unilatéralement, le 12 juillet dernier, après l’action du Hezbollah, de s’engager dans une guerre de cette nature contre le Liban sans consultation avec son puissant allié, les USA et sans information appropriée de certains pays dont les intérêts sont évidents dans cette région. Israël, les USA et certaines puissances mondiales comme la Grande-Bretagne ou l’Allemagne répètent sans vergogne, et comme pour tromper le monde sur leurs véritables mobiles, que l’intervention de Tsahal au Liban est une action justifiée par l’agression initiée par le Hezbollah. Il demeure que l’acte du Hezbollah, acte de résistance, est une réalité, plusieurs fois reproduite, qui s’inscrit dans la nature de la situation tendue entretenue par Israël depuis 1967 et plus particulièrement depuis 1982 au Liban. Mais dépoussiérons la chronologie des faits pour examiner cette assertion soulignée d’Israël et des puissances occidentales et repérons certaines des causes qui ont pu déterminer les dirigeants israéliens à se lancer dans cette aventure barbare. Nous pouvons examiner d’abord les causes suivantes : 1) la capture de deux soldats de Tsahal au Liban-Sud par les milices du Hezbollah Tanya Reinhart, professeur émérite de l’université de Tel-Aviv et ancienne journaliste de Yediot Ahranot, écrit dans un article publié le 28 juillet 2006 portant le titre révélateur Le nouveau Moyen-Orient d’Israël ce qui suit : « Le 12 juillet 2006, un groupe armé du Hezbollah a attaqué deux jeeps de l’armée israélienne qui patrouillaient le long de la frontière avec le Liban. Trois soldats israéliens ont été tués et deux autres ont été faits prisonniers. Lors d’une conférence de presse tenue quelques heures après l’attaque à Beyrouth, le chef du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah a déclaré que le but de l’action était de réaliser un échange de prisonniers : la libération des deux soldats capturés contre celle de trois prisonniers libanais qu’Israël avait refusée lors d’un précédent échange de prisonniers (réalisé avec le concours de l’Allemagne). Nasrallah déclara qu’il n’avait pas l’intention de pousser la région dans la guerre. » Il ajouta : « Si Israël choisit de nous affronter, il doit s’attendre à des surprises. » La professeur Tanya Reinhart commente : « Israël n’a consacré aucun instant à l’action diplomatique, ni à des négociations ou à un examen à tête froide de la situation ainsi créée. » Elle ajoute : « Lors d’une réunion tenue le même jour, le gouvernement israélien donna l’ordre à ses forces armées d’engager une offensive massive contre le Liban. Le gouvernement libanais a été tenu responsable des actes du Hezbollah. » Le Premier ministre israélien Olmert a fait ce jour-là la déclaration suivante : « L’évènement de ce matin n’est pas une action terroriste mais un acte d’un Etat souverain qui a attaqué Israël sans raison et sans provocation… Le gouvernement libanais, dont fait partie le Hezbollah, s’emploie à déstabiliser la région. Le Liban est responsable et le Liban subira les conséquences de ses actes. » A 21h50 du même jour, le journal Haaretz on line annonce qu’Israël a bombardé des ponts au centre du Liban et attaqué des positions du Hezbollah au Liban-Sud. Ce n’est qu’à la suite de ces attaques, qui ont fait de nombreuses victimes, que le Hezbollah a lancé ses katiouchas sur le nord d’Israël. L’engrenage d’une guerre impitoyable était ainsi déclenché . Ces faits sont donnés par une intellectuelle israélienne, spécialiste en linguistique et en analyse des médias, qui connaît la situation de son pays de l’intérieur même, qui a analysé l’histoire de ces presque six décennies d’existence de l’Etat d’Israël et du conflit israélo-palestinien et arabe et qui, en 2002, a publié un livre, réédité en 2005, portant le titre. Comment terminer la guerre de 1948 ? La capture de deux soldats israéliens ne peut justifier, à elle seule, cette guerre, comme nous venons de le montrer. Auparavant et depuis le retrait forcé (à cause de l’héroïque résistance libanaise et notamment du Hezbollah) d’Israël du Liban en 2000, il y a eu de nombreux incidents de frontière provoqués par l’une ou l’autre des deux parties, il y a eu au moins trois processus d’échange de prisonniers et le recours à un affrontement plus large a été évité. La crise ouverte cette fois-ci par Israël, avec une extrême rapidité et une puissance de feu exigeant une logistique lourde, ne pouvait qu’obéir à des plans stratégiques soigneusement élaborés et concertés. Un officiel israélien a affirmé au journal Le Washington Post, dans son édition du 16 juillet 2006 que « l’action du Hezbollah a offert une occasion unique qui a conjugué des intérêts communs (lesquels ?) ». Cependant, un examen objectif du contexte historique, qui prévalait dans la région et dans le monde au moment de l’intervention israélienne au Liban, nous indique d’autres causes immédiates qui se sont conjuguées à la précédente et ont concouru à hâter la décision israélo-américaine de faire éclater, avec cette intensité, cette nouvelle crise dans la région. 2) la capture d’un soldat israélien par un groupe armé du Hamas dans la bande de Ghaza Le 2 juillet dernier, le soldat israélien Shavit est enlevé à Ghaza par un groupe armé du Hamas. Cet enlèvement est intervenu à un moment particulier de l’évolution de la situation dans les territoires occupés palestiniens. Des élections présidentielles, communales et parlementaires, reconnues par tous les observateurs mobilisés et par la communauté internationale comme démocratiques, venaient d’avoir lieu. Elles ont dégagé des représentations pluralistes et contribué à développer la culture démocratique entre les différents courants politiques et sociaux du peuple palestinien en lutte encore pour sa libération du joug colonial. Ces élections intervenaient après la mort du président Arafat et dans le cours des efforts déployés pour la mise en œuvre de la prétendue feuille de route, dont la finalité devait être l’émergence d’un Etat palestinien à côté d’Israël et que les Palestiniens avaient acceptée malgré ses insuffisances et les manœuvres qu’elle laissait prévoir. Ces élections devaient légitimer la représentativité des dirigeants palestiniens et les accréditer comme « interlocuteurs valables » pour reprendre une terminologie que nous ne connaissons que trop. Ces élections ont souligné la représentativité du Hamas qui a enlevé de nombreuses municipalités à Ghaza et en Cisjordanie et qui s’est assuré la majorité absolue au Parlement palestinien. Ces résultats électoraux autorisaient le Hamas à désigner un Premier ministre de ses rangs et à former le gouvernement. C’est ce qui fut fait dans le cadre du respect de la Constitution qui régit l’Autorité palestinienne et dans le cadre de processus de concertations présidentiels et parlementaires normaux, c’est-à-dire légaux. Ce processus démocratique n’était du goût ni des dirigeants israéliens ni de celui des USA ou de certaines puissances occidentales comme la Grande-Bretagne ou l’Allemagne. Car pour eux, le Hamas était une organisation cataloguée de terroriste, figée pour toujours dans cette position. Le Hamas et son gouvernement devaient être jugés sur leurs actes par le peuple palestinien mais aussi par la communauté internationale. Mais avant même que le nouveau gouvernement ne se mette au travail et ne définisse ses positions de pratique politique, il a été soumis à une intenable pression coercitive, politique, financière de la part d’Israël, des USA et de la communauté européenne. D’abord Israël, les USA et l’Union européenne ont exprimé un refus catégorique de reconnaître le gouvernement palestinien issu d’élections démocratiques supervisées par des observateurs internationaux. Puis, l’aide financière qui était allouée par l’Union européenne ou d’autres institutions internationales a été suspendue, mettant la présidence et le gouvernement palestiniens dans l’impossibilité de payer les fonctionnaires de l’Autorité palestinienne, notamment des secteurs en charge de l’administration, de la police et de la sécurité, de la santé publique ou de l’enseignement... et ce, depuis des mois. En outre, l’armée israélienne a renforcé ses attaques indistinctes et ravageuses, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, contre les structures du Hamas et d’autres organisations palestiniennes créant un climat oppressif extrême, torpillant par les assassinats ciblés ou l’arrestation de dirigeants des organisations palestiniennes par des tentatives criantes de division des rangs palestiniens, tout effort de recherche de consensus palestinien pour trouver des voies de sorties des impasses imposées par le tandem israélo-américain et de retrouver unis le chemin des négociations et peut-être d’une paix définitive. Ce sont les impasses dressées par Israël et ses alliés stratégiques qui ont provoqué l’action de résistance qui a débouché sur la capture du soldat Shavit. Car, jusqu’à nouvel ordre et avant que le problème palestinien ne trouve sa juste solution, peut-on penser un seul instant que les organisations palestiniennes, dans la diversité de leurs positions politiques, puissent cesser d’être des organisations de résistance et de libération nationale ? Le Hamas et la nouvelle situation créée sur le plan des rapports de forces politiques en Palestine occupée ont constitué de nouveaux facteurs de tensions non maîtrisées par Israël et susceptibles de mettre en échec les plans échafaudés par Sharon des prétendus « retraits unilatéraux de certains territoires » pour imposer la paix aux Palestiniens. Cela peut expliquer la troisième cause immédiate : 3) La crise intérieure israélienne Ariel Sharon a été le concepteur et l’exécuteur de la terrible agression contre les peuples palestinien et libanais de 1982. Celle-ci, faut-il le rappeler, avait produit l’horreur des massacres de masse de Sabra et Chatila. Elle avait poussé le peuple libanais dans une guerre civile atroce qui a duré quinze ans. Ariel Sharon, en pur faucon sioniste, ne s’était pas lassé de torpiller les différentes initiatives et les différents processus palestino-israéliens qui ont été engagés à la suite de la conférence de Madrid et des résultats du processus dit d’Oslo pour déboucher sur un probable règlement du problème palestinien. Par sa provocation de l’esplanade de la mosquée d’El Aqsa, il a déclenché la deuxième Intifadha et favorisé le développement, en dehors de l’OLP, de certaines organisations de résistance à caractère religieux comme le Hamas. Ariel Sharon, qui s’est considéré en osmose idéologique et stratégique avec les néo-conservateurs américains arrivés au pouvoir avec l’élection de G.W. Bush, n’a eu de cesse que : a) de laminer le mouvement israélien pour la paix déjà affaibli après l’assassinat d’Itzhak Rabin et la base sociale du parti travailliste notamment ; b) de restructurer le paysage politique israélien et le rapport de forces y prévalant pour imposer étape par étape sa solution aux Palestiniens et au monde ; c) de détruire le président Arafat ainsi que les capacités d’action de l’Autorité palestinienne au moyen de l’humiliation, d’une féroce répression et de l’isolement international avec l’aide de ses alliés US. Le coma profond d’Ariel Sharon a provoqué la disparition de ce dernier de la scène politique israélienne et créé une situation nouvelle en Israël. La scission du Likoud initiée par Sharon et la création du parti Kadima a engagé un processus d’une modification sensible du paysage politique israélien. Les dernières élections parlementaires anticipées laissent percevoir un affaiblissement simultané du Likoud et du parti travailliste au profit de Kadima, le parti de Sharon. Celui-ci, désormais dirigé par Ehud Olmert, se voit chargé de la mise en œuvre des plans de Sharon et s’emploie à créer le mouvement politique et social susceptible de les porter. La crise intérieure israélienne Ariel Sharon a été le concepteur et l’exécuteur de la terrible agression contre les peuples palestiniens et libanais de 1982. Celle-ci, faut-il le rappeler, avait produit l’horreur des massacres de masse de Sabra et Chatila. Elle avait poussé le peuple libanais dans une guerre civile atroce qui a duré quinze ans. Ariel Sharon, en pur faucon sioniste, ne s’était pas lassé de torpiller les différentes initiatives et les différents processus palestino-israéliens qui ont été engagés à la suite de la conférence de Madrid et des résultats du processus dit d’Oslo pour déboucher sur un probable règlement du problème palestinien. Par sa provocation de l’esplanade de la mosquée d’El-Aqsa, il a déclenché la deuxième Intifada et favorisé le développement, en dehors de l’OLP, de certaines organisations de résistance à caractère religieux comme le Hamas. Ariel Sharon, qui s’est considéré en osmose idéologique et stratégique avec les néo-conservateurs américains arrivés au pouvoir avec l’élection de G. Bush, n’a eu de cesse que: a) de laminer le mouvement israélien pour la paix, déjà affaibli après l’assassinat d’Yitzhak Rabin et la base sociale du parti travailliste notamment, b) de restructurer le paysage politique israélien et le rapport de force y prévalant pour imposer étape par étape sa solution aux Palestiniens et au monde, c) de détruire le Président Arafat ainsi que les capacités d’action de l’Autorité palestinienne au moyen de l’humiliation, d’une féroce répression et de l’isolement international avec l’aide de ses alliés US. Le coma profond d’Ariel Sharon a provoqué la disparition de ce dernier de la scène politique israélienne et créé une situation nouvelle en Israël. La scission du Likoud initiée par Sharon et la création du parti Kadima a engagé un processus d’une modification sensible du paysage politique israélien. Les dernières élections parlementaires anticipées laissent percevoir un affaiblissement simultané du Likoud et du parti travailliste au profit de Kadima, le parti de Sharon. Celui-ci, désormais dirigé par Ehud Olmert, se voit chargé de la mise en oeuvre des plans de Sharon et s’emploie à créer le mouvement politique et social susceptible de les porter. Cependant, les plans de Sharon ne sont pas parvenus à bout de la résistance palestinienne ni à la diviser. La construction du mur de Jérusalem, le retrait unilatéral et musclé de la bande de Ghaza, le torpillage continu de la feuille de route et l’isolement territorial et l’humiliation de l’Autorité palestinienne, loin de faire poindre des signes de leur efficacité et renforcer la reconnaissance et la sécurité d’Israël, ont, au contraire, développé la tension dans la région et l’isolement international des dirigeants israéliens. Ehud Olmert, Amir Peretz (le nouveau ministre de la Défense et chef du parti travailliste, qui a vendu son âme de syndicaliste représentant des travailleurs), Tzipi Livni (ministre des Affaires étrangères) sont de nouveaux venus dans l’élite dirigeante israélienne. Ils bousculent la tradition cultivée, depuis la création de l’Etat hébreu, d’attribuer les premières responsabilités au niveau de la Présidence de l’Etat et du gouvernement à des personnalités activant ou issues de Tsahal. Ce qui crée une situation nouvelle modifiant, en principe, la position de l’armée dans le rapport de force national. Et lui assignant un nouveau rôle devant encore être défini et mis en oeuvre. Ainsi, la politique de Sharon et son héritage prématuré ont déclenché un mouvement de repositionnement politique et stratégique et de restructuration des rapports de force qui est en cours, qui est loin de montrer toute sa cohérence et qui développe des tensions multiples au niveau du Likoud de Netanyahu, du courant social démocrate et de la société civile en général. Refonder l’unité nationale israélienne sur la base de la pensée et des plans stratégiques dessinés par Sharon et Shimon Perez (qui a été rappelé par ses convictions sionistes et à qui on devrait retirer le prix Nobel de la paix), nécessitait pour ces nouveaux venus au pouvoir l’ouverture d’une crise comme celle initiée par l’agression contre le Liban pour consolider encore plus leur légitimation. La crise intérieure israélienne prend encore plus de relief si on la rattache aux échecs cuisants de la mise en oeuvre de la doctrine de G.Bush et aux évolutions régionales en cours. Un contexte régional détérioré et de plus en plus instable Dans une contribution portant le titre «La doctrine de W. Bush: une stratégie de domination et de coercition globalisée... publiée dans le Quotidien d’Oran du 25 avril 2002, nous avions écrit: «Cette doctrine, si on l’examine à partir des analyses existantes ou de la pratique politique américaine au jour le jour, semble reposer sur trois piliers principaux interactifs: l’idéologie néo-libérale moralisante, la maîtrise de la globalisation économique et politique, la suprématie militaire comme base d’une stratégie de coercition globalisée. Les années qui ont suivi n’ont pas démenti notre affirmation. Elles la renforcent. Il est patent que la mise en oeuvre de cette doctrine par W. Bush et son administration, au niveau de ces trois piliers, s’embourbe et va d’échec en échec et de blocage en blocage. Il n’y a pas un champ ouvert par W. Bush qui ne fasse pas face à des résistances multiformes l’empêchant d’aboutir et développant les processus politiques, économiques, sociaux et culturels pour le mettre en échec et le dépasser dans le sens de la paix, de la démocratie, de la légalité et de la stabilité internationales réelles et du progrès social. Les guerres dites de sécurisation et de stabilisation régionales ou internationales, comme celles de hautes technologies menées par des armadas d’enfer en Afghanistan ou en Irak ou celles poursuivies dans les Balkans ou en Afrique et ailleurs, ont rendu la situation dans les régions et les pays concernés encore plus instable. Elles ont détruit les Etats-nations qui y existaient, brisé les bases économiques déjà si fragiles, intensifié les confrontations ethniques et religieuses et favorisé le développement de l’extrémisme islamiste recourant à la violence terroriste. La deuxième guerre du Golfe a été déclenchée dans le cadre de la lutte globalisée contre l’axe du mal, contre le terrorisme international et dans le cadre de l’exportation planifiée des valeurs et de la démocratie occidentales. L’Irak qui s’était débarrassé du régime monarchique imposé par la puissance coloniale anglaise et qui était dirigé par le Baath depuis le début des années soixante, représentait, sur le plan historique, avec la Syrie, aussi baathiste, et malgré les divergences existantes entre eux, une nouvelle expérience du nationalisme arabe. Cette expérience a certes pris des formes autoritaires historiquement rétrogrades, comme ce fut le cas pour les courants dirigés par Nasser, Bourguiba, Ben Bella etc., mais elle s’intégrait dans les processus sociaux complexes de libération et d’émancipation nationales. Les USA et leurs alliés, en «mauvais élèves» de l’histoire, n’ont pas compris que ce sont les peuples, avant tout, qui sont les artisans heureux ou malheureux de leur développement historique et qu’il ne peut exister de technologies de fabrication de peuples ou de systèmes sociaux. La dernière campagne US d’Irak devait donner le signal et les impulsions nécessaires pour la réalisation de ce qui a été appelé «le Grand Moyen-Orient», solidement ancré dans les visions géostratégiques découlant de la doctrine de W. Bush. Nous savons ce qu’il advient de l’Irak. Ce pays a certes été débarrassé d’un dictateur sanguinaire par la plus sophistiquée et la plus coûteuse des interventions militaires de la première puissance mondiale. Mais c’est un pays ramené à des décennies en arrière. C’est un pays occupé militairement et administré dans les faits par des forces étrangères. C’est un pays qui a perdu la cohésion de la nation qui le portait et qui est profondément divisé selon les ethnies, les rites religieux ou les religions. C’est un pays engouffré dans une atroce guerre civile et qui baigne quotidiennement dans le sang et la désolation. C’est un pays qui a perdu ses ressorts et ses capacités économiques et l’une des plus fortes et des plus productives intelligentsias du monde arabe. En préparant et déclenchant la dernière guerre d’Irak, W. Bush et ses stratèges politiques et militaires avaient fixé, dans cette région du monde, les cercles de leurs alliés, comme l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Jordanie ou les pays du Golfe qui devaient se réformer sans changer, et ceux de leurs ennemis déclarés comme la Syrie et l’Iran qui devaient se considérer comme faisant partie de l’axe du mal ennemi. Dans le même temps, les USA ont développé une alliance d’une qualité nouvelle, parce que idéologique et politique, avec le courant d’Ariel Sharon au Likoud qui fait d’Israël un puissant partenaire dans la mise en oeuvre de la doctrine de W. Bush au Moyen-Orient et au-delà. Les Palestiniens l’ont durement ressentie et continuent de vivre l’horreur de ses conséquences. Les Libanais l’ont subie à répétition et aujourd’hui ils en vivent toute la barbarie. Les Egyptiens, les Saoudiens ou les Jordaniens assistent, la rage au coeur, aux sournoises humiliations et à la corruption à grande échelle de ceux qui les dirigent. La guerre d’Irak et les pratiques politiques et militaires des USA qui l’ont accompagnée, ont renforcé et élargi la haine des masses arabes à leur égard et à l’égard d’Israël. Elles ont gravé dans les sociétés du monde arabo-islamique de lourdes traces difficiles à effacer de la mémoire collective comme de la mémoire historique. Ceci d’autant plus que l’autoritarisme des systèmes en place qui, en emprisonnant la liberté et la démocratie réelles, développent dans les sociétés qu’ils dirigent et qui connaissent une forte explosion démographique et où la jeunesse constitue le plus grand nombre, la pauvreté, l’exclusion, l’inculture et les clivages sociaux favorisant l’émergence et le développement de l’islamisme politique dans toutes ses variantes mais où la variante rétrograde et radicale, organisée et paramilitaire et recourant à la violence armée, prend le dessus. C’est donc une situation bien détériorée, explosive même, qui se développe dans cette région où les forces relevant du nationalisme arabe, qui dès les débuts des années cinquante ont en grande partie édifié les Etats-nations, n’ont pas su repérer et comprendre (surtout les élites) les impératifs démocratiques qu’exigeaient les évolutions économiques, sociales et culturelles. Elles n’ont pas su ouvrir les voies pour construire, au niveau de chaque pays, ce large front patriotique et démocratique pour relever les défis des dernières décennies du siècle dernier et de celui qui commence au niveau des terribles enjeux économiques, sociaux, culturels. C’est une région à la croisée des chemins où la place de la religion et de son instrumentalisation sont en débat. Certains Etats et forces sociales se réclamant de l’islamisme politique instrumentalisent les problèmes réels d’importants secteurs sociaux au nom d’une compréhension idéologique et politique étroite et régressive de l’Islam et n’hésitent pas, par le recours à la violence armée, à plonger leurs pays dans de dangereuses crises ou à chercher à déstabiliser des régions entières. D’autres développent des formes de mouvements islamiques de résistance et de libération nationales face à l’occupation et aux menées du néo-impérialisme, agissant comme forces politiques et sociales pour la cohésion et l’unité d’action de l’ensemble des forces nationales et patriotiques. C’est une telle situation qui devient une cause pour pousser les dirigeants américains et israéliens, pour qui cette région est d’abord le plus grand réservoir d’hydrocarbures du monde et une région de passage maritime et terrestre essentielle, à agir pour montrer de quel côté se trouve la puissance militaire. C’est donc un ensemble de causes immédiates, liées certes, qui peuvent expliquer cette agression barbare contre le Liban. Mais les véritables mobiles sont d’ordre stratégique. Nous tenterons de les développer dans notre prochaine contribution. Dès qu’Israël, depuis sa création en 1948, s’engage dans une quelconque action militaire d’envergure dans les territoires palestiniens toujours occupés, au Liban, en Jordanie ou ailleurs au Moyen-Orient, une formidable machine occidentale de soutien politique, militaire, de propagande, etc. est mise en branle sous la direction des USA et des multiples centres du sionisme international. Israël est toujours présentée comme une victime menacée d’éradication par ses ennemis historiques livrés au fondamentalisme et aux forces du terrorisme. Israël agit à la fois comme: a) la mauvaise conscience de l’Occident colonialiste et impérialiste qui a dépecé, selon sa volonté et selon ses intérêts colonialistes, l’empire ottoman après la Première Guerre mondiale; qui a favorisé l’émergence du nationalisme sioniste, divisé et réduit le nationalisme arabe; qui a produit Hitler et la barbarie fasciste, déclenché la Deuxième Guerre mondiale et générer la Shoah ou l’holocauste. Les dirigeants allemands parlent même de raison d’Etat. b) une plate-forme géostratégique d’intervention politique et surtout militaire fortement intégrée dans les différents mécanismes de défense et de sécurisation des intérêts des puissances occidentales néo-impérialistes dans cette importante région du monde aux multiples atouts vitaux, notamment énergétiques. Cela n’a pas été différent cette fois-ci aussi. La raison reposant sans cesse sur l’élargissement et l’approfondissement du savoir est, en principe, la force motrice essentielle de la culture universelle et de l’humanisme. Elle semble perdre, dans ces temps complexes qu’on nous impose, ses repères et ses critères fondateurs, par un parti pris injustement fondé pour Israël, au niveau de certaines prétendues personnalités étrangement médiatisées tels : - des philosophes et écrivains formatés du type Bernard Henri Lévy (1), - des politiciens soixante-huitards récupérés et grisés par les lumières des rampes du pouvoir mondialisé et s’autoproclamant experts en géostratégie et en management des conflits globaux, comme par exemple Joschka Fischer (2), ancien ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, - ou de nombre de journalistes occidentaux trahissant leur devoir d’information objective (qu’exige en principe l’éthique de la profession qu’ils sont censés exercer) et se mettant aux ordres des magnats des médias dominant le capital financier international, tels que Rothschild Murdoch, Warner, Springer etc. Cette dernière agression perpétrée par Israël dans la région, si elle s’est circonscrite, dans un premier temps au Liban, elle a, par sa forme de haute technologie (reposant sur les outils les plus sophistiqués du renseignement, de l’intervention aérienne armée, du management moderne de réseaux etc.), par ses cibles au niveau des secteurs des populations et des infrastructures et par la démarche ostentatoire et complice des Etats-Unis et d’autres puissances occidentales, montré qu’elle relevait de mobiles géostratégiques plus élaborés, concertés, coordonnés et inscrits dans la durée. Depuis les années 1990, le séisme historique total, provoqué par la dislocation et la disparition du système socialiste mondial, continue d’être suivi de répliques dont les magnitudes sont fonction de la pondération géostratégique qu’affecte l’unique superpuissance restante aux différentes régions du monde en fonction de ses intérêts impériaux immédiats ou lointains, et qui sont définies dans le jargon des néo-stratèges d’actions de «sécurisation et de stabilisation». Il n’est pas un événement de portée historique qui touche un pays ou une région donnés dont l’intelligibilité des causes profondes ne soit pas liée à la mise en oeuvre de la nouvelle doctrine de domination et de coercition impériales des USA et de leurs dirigeants néo-conservateurs actuels. Il n’est pas aussi de relations internationales, aujourd’hui, où les dynamiques qui travaillent ce qu’on appelle la mondialisation, ne dessinent et n’imposent, au profit des puissances occidentales pour qui joue le rapport de forces mondial actuel, des formes de soumissions politiques, économiques et autres. Zbigniew Brzezinski, l’un des plus illustres experts américains en géostratégie, a dit dans l’un de ses fameux livres de prospective géostratégique portant le titre «Le grand échiquier, la domination américaine et ses impératifs géostratégiques», publié en 1997, ce qui suit (3): «Dans quelle mesure les USA sauront faire prévaloir leur prépondérance globale en tant que superpuissance dépendra du fait comment une Amérique engagée partout dans le monde s’en sortira avec les rapports de forces complexes prévalant dans le continent eurasien et comment elle pourra y agir contre l’émergence d’une puissance dominante ennemie» (traduit de l’allemand par mes soins). Il ajoute: «L’Eurasie est de ce fait l’échiquier sur lequel se jouera, aussi à l’avenir, la lutte pour la suprématie globale». Eurasie signifie l’ensemble formé par l’Europe et l’Asie. Ce sont, en effet, ces deux continents, dont la puissance des évolutions économiques, scientifiques et militaires se situent encore à des niveaux différents, qui émergent, mus par un certain nombre de facteurs idéologiques, politiques, économiques, culturels et géostratégiques, qui, au fil des dernières décennies du siècle passé, avec les dynamiques de la mondialisation, prennent des formes géopolitiques de concurrence intense d’intérêts avec la superpuissance américaine et déclenchent chez cette dernière des élans inquiétants de coercition et de domination. Le renforcement de leurs rapports multiples aiguise encore plus de tels élans. Condoleezza Rice, quand elle était encore l’assistante de W. Bush pour les questions de sécurité et l’une de ses éminences grises, affirmait: »Nous voulons fonder notre stratégie de dissuasion sur la prévention. La dissuasion a fait ses preuves pendant la guerre froide. Elle ne produira pas forcément les mêmes résultats à notre époque». La prévention militaire musclée est devenue une constante de tous les actes de mise en oeuvre de la doctrine dite de W. Bush. La prévention peut être directe, comme en Afghanistan ou en Irak. Elle peut aussi, en tenant compte des contingences, des évolutions des rapports de force mondiaux, de même que des risques, être sous-traitée par des alliés puissants et loyaux. L’agression israélienne contre le Liban est une guerre préventive US sous-traitée à Israël et dirigée en même temps contre l’islamisme international, l’Iran chiite et islamiste aux visées de puissance régionale et les alliés de ce dernier pays comme le Hezbollah ou la Syrie. Faut-il rappeler cette insistance de W. Bush à répéter, lors du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, suivi en cela par ses vassaux (comme le dit Zbigniew Brzezinski) britanniques et allemands en particulier, que c’est le Hezbollah et ceux qui le soutiennent qui sont la cause de l’intervention israélienne au Liban ! Nous pouvons répertorier au moins trois mobiles majeurs géostratégiques qui ont poussé les USA à sous-traiter à Israël la production de cette crise majeure dans la région du Moyen-Orient en attendant d’achever le reste: 1) Le spectre de l’islamisme politique et la problématique de l’Islam, 2) La restructuration, la sécurisation et la stabilisation du Grand Moyen-Orient, 3) La maîtrise durable des plus grandes réserves énergétiques du monde. Avant d’examiner chacun de ces mobiles, il serait peut être utile de remettre en mémoire les deux faits suivants: a. comme avant le déclenchement de la troisième guerre du Golfe, nous avons observé une intense concertation et coordination entre W. Bush et Tony Blair, qui sont de nouveau apparus comme un tandem d’alliés stratégiques. Ils ont dessiné ensemble dans le déluge qui frappait le Liban l’envergure qu’il donnait à la crise créée et la feuille de route qui devait être suivie par le Conseil de sécurité et surtout par eux-mêmes et les alliés mobilisés. b. Lorsque la police britannique a éventré les plans d’un important groupe de jeunes terroristes islamistes de nationalité britannique de faire exploser des avions américains dans le ciel sur leur route vers les Etats-Unis, W. Bush a dit dans une déclaration à la presse à peu près ceci: «Nous faisons face au fascisme islamique et nous devons le détruire comme nous avons détruit le communisme». Le spectre de l’islamisme politique et la problématique de l’Islam L’islamisme politique est devenu, dans la phase historique que nous vivons, un phénomène international et « internationaliste » actif depuis les années soixante-dix, lorsque qu’il a été impulsé et encouragé en tant que mouvement structuré idéologiquement et politiquement par la trilatérale comme facteur de déstabilisation des maillons faibles du système socialiste mondial. Il travaille les sociétés du monde arabo-islamique. Il agit aussi dans les secteurs à fortes concentrations musulmanes aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs. C’est un mouvement traversé par différents courants nés et se nourrissant de la détresse d’importantes forces populaires face aux impasses auxquelles ont mené le sous-développement et des systèmes de pouvoir hégémoniques et souvent corrompus, incapables de résoudre les problèmes vitaux de leurs sociétés et de reconnaître, dans leurs étendues et leurs profondeurs, les défis majeurs de notre temps et de les relever. C’est un phénomène complexe qui, souvent, a été analysé à partir de ses manifestations idéologiques, politiques, sociales ou violentes sans faire l’effort multidimensionnel nécessaire de connaître en profondeur les dynamiques qui lui ont donné naissance et les formes par lesquelles il s’exprime afin de mieux l’apprécier et le différencier. C’est un mouvement dont le caractère de masse et populaire et sa fonction idéologique ont été instrumentalisés par des pouvoirs nationaux et des puissances internationales. L’Islam, en tant que religion, se trouve confronté à ce phénomène (l’islamisme) et soumis par des experts autoproclamés et de tous acabits et des idéologues et politiciens, champions de la diversion, à de dangereux amalgames. Nous assistons, certes, depuis le succès de la révolution populaire iranienne conduite par l’ayatollah Khomeyni de février 1979, à l’émergence d’un modèle d’Etat-Nation à caractère islamique exerçant un rayonnement réel sur l’aire régionale et ailleurs, et ce en dépit des orientations religieuses obscurantistes de certains de ses dirigeants. Frédéric Tellier, professeur à l’IEP de Paris comme à Harvard et Chicago, écrit dans un livre intitulé «L’heure de l’islam», paru aux éditions Ellipses, ce qui suit à propos de l’Iran: »Ce qui a donné vie et vigueur à l’islamisme comme idéologie et mouvement social n’est pas le dynamisme intérieur de la religion ou une volonté inébranlable du clergé à prendre le pouvoir, mais le bouillonnement de la modernité. L’Iran a-t-il connu une révolution religieuse ? Il est permis d’en douter. En dépit des apparences, l’islamisme est un phénomène authentiquement moderne, même s’il se justifie par référence à un passé qu’il promet de faire revivre. Malgré son anti-occidentalisme proclamé, sa dénonciation de la modernité, la révolution islamique appartient bel et bien à son siècle et en reflète les idéologies. Elle est de notre temps, pur produit de la modernité, phénomène moderne par excellence. Cette modernité contestée, voire haïe, est en fait sa matrice» (4). Ainsi l’islamisme, bouillonnant en tant que phénomène social, politique et idéologique, recourant par certaines de ses franges au terrorisme national et à grande échelle, est présenté sans discernement par les centres de recherche néo-conservateurs américains et autres ainsi que les courants politiques dirigeants qu’ils influencent fortement aujourd’hui, aux USA et ailleurs en Occident, comme un spectre meurtrier qui hante dangereusement la stabilité, la paix et les équilibres mondiaux. Il a été élevé, depuis les sanglants événements de septembre 2001 à New York et Washington, au niveau d’ennemi principal des USA et du monde occidental. Nous observons, au niveau de l’Occident, dominé aujourd’hui par la pensée néo-libérale et néo-conservatrice, à une espèce d’enracinement et de globalisation d’un mode de raisonnement binaire et indigent, basé sur l’opposition radicale et non dialectique entre le Bien et le Mal. Le Bien, c’est tout ce qui a été façonné par la civilisation judéo-chrétienne et par les valeurs considérées comme occidentales produites et renforcées depuis la fin du dix-huitième siècle au niveau de la liberté, de la démocratie, des droits de l’homme, de la solidarité, etc. Le Mal est tout ce qui n’est pas le Bien dans l’acception que lui donne l’Occident judéo-chrétien. Nous assistons à la diffusion d’une sorte d’idéologie fondamentaliste et guerrière et de pratiques politiques internationales sectaires chargées d’alimenter et d’animer les croisades contre ceux qui représentent le Mal. Par exemple, M. Bolkestein, ancien commissaire européen au marché intérieur (devenu célèbre par ses directives sur la libéralisation des services): en évoquant le projet d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et la pression migratoire, il mettait en garde dans les termes suivants: »Si cela devait arriver, la libération de Vienne en 1683 n’aurait servi à rien. Nous les avions arrêtés à Poitiers, nous les avions arrêtés devant Vienne; nous les arrêterons encore. Turcs, Arabes, Berbères, ce ne sont tous que des musulmans, c’est l’Islam». Quel amalgame volontairement exprimé et à ce niveau de responsabilité de la communauté européenne !. Et pour renforcer ses dires, Bolkestein cite un historien britannique de renom, spécialiste reconnu de la Turquie et du Moyen-Orient, Bernard Lewis, qui a affirmé: »L’Europe sera musulmane d’ici la fin du siècle». Bernard Lewis n’est pas n’importe qui. C’est lui qui a découvert «le gène de l’Islam» et appelé à «lever l’étendard de la résistance face aux nouvelles invasions barbares». Bernard Lewis est installé au USA depuis 1974 et s’est distingué par un soutien militant à la politique oppressive israélienne. Il est surtout un conseiller très écouté de W. Bush et très proche de Paul Wolfowitz, ancien adjoint du secrétaire d’Etat à la Défense et véritable concepteur avec Richard Pearl, entre autres, de l’invasion contre l’Irak. Au cours d’une cérémonie organisée en mars 2002 à Tel- Aviv en l’honneur de Paul Lewis, Wolfowitz lui a rendu hommage en ces termes: »Bernard Lewis nous a appris à comprendre l’histoire complexe et importante du Moyen-Orient et à l’utiliser pour nous guider vers la prochaine étape afin de construire un monde meilleur pour les prochaines générations». Bernard Lewis est devenu en effet l’idéologue en chef du «choc des civilisations», concept qu’il a découvert dès 1957, au lendemain de la guerre de Suez, qui ne traduisait pas pour lui une volonté de libération nationale des peuples arabes, mais « une hostilité à la culture occidentale ». Il est utile de donner encore la citation suivante tirée de son livre « Islam Quarto », publié chez Gallimard en 2005: « Les ressentiments actuels des peuples du Moyen-Orient se comprennent mieux lorsqu’on s’aperçoit qu’ils résultent, non pas d’un conflit entre les Etats ou des nations, mais du choc entre deux civilisations. Commencé avec le déferlement des Arabes musulmans vers l’Ouest et leur conquête de la Syrie, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne chrétienne, le ‘grand débat’ entre l’islam et la chrétienté s’est poursuivi avec la contre-offensive chrétienne des croisades et son échec, puis avec la poussée des Turcs en Europe, leur farouche combat pour y rester et leur repli. Depuis un siècle et demi, le Moyen-Orient musulman subit la domination de l’Occident - domination politique, économique et culturelle, même dans les pays qui n’ont pas connu un régime colonial. Je me suis efforcé de hisser les conflits du Moyen-Orient, souvent tenus pour des querelles entre Etats, au niveau d’un choc des civilisations ». Pour Lewis, la nationalisation du canal de Suez, la chute du Chah et la révolution iranienne de 1979, la résistance tenace du peuple palestinien face à l’occupation israélienne et pour leur Etat indépendant les résistances au Liban, en Irak et même les conflits du Kosovo et de la Bosnie ont tous pour cause la haine de l’Occident et de ses valeurs. Il ajoute pour mieux préciser le spectre qui hante l’Occident : « L’Islam, qui est faible depuis deux siècles, a toujours cherché des appuis pour combattre son ennemi : la démocratie occidentale. Il a d’abord soutenu les puissances de l’axe contre les alliés puis les communistes contre les USA, ce qui a abouti à deux désastres. » L’islamisme chiite, qui dirige l’Iran, qui active et développe, selon des voies différentes, des organisations paramilitaires modernes et fortement armées au Liban, comme le Hezbollah en Irak ou l’armée du Mahdi de Moktada Sadr ou la milice de Abdelaziz Hakim ; qui anime une sorte d’international chiite à travers le monde, confère, du point de vue de l’Administration américaine actuelle à l’Iran, placé dans son environnement moyen-oriental et asiatique et sous l’angle de ses richesses naturelles, une très forte pondération géostratégique. De ce fait, l’agression israélienne contre le Liban est une guerre préparant ses prochains prolongements iraniens, syriens et asiatiques. Les objectifs des états-unis En visant la destruction totale de l’organisation de la puissance de feu et de nuisance matérielle et logistique du Hezbollah de même que l’isolement politique de ce dernier sur le plan de la classe politique libanaise et arabe proche ou dépendante de l’Occident, cette agression poursuivait les objectifs suivants : désarmer l’islamisme chiite au Liban et sécuriser, surtout par la présence d’un important contingent de troupes étrangères avec un mandat musclé, les frontières de ce pays avec Israël et avec la Syrie. Cela vise à mettre hors service toutes les possibilités logistiques terrestres, maritimes et aériennes susceptibles d’être utilisées pour le réarmement du Hezbollah, la restauration de ses structures paramilitaires et de sa puissance de feu et vise aussi à rendre inopérant toute tentative d’utilisation du Hezbollah et de ses forces armées comme maillon éprouvé dans une probable confrontation avec la Syrie ou l’Iran. Affaiblir sensiblement et isoler l’islamisme chiite libanais pro-iranien et au-delà l’islamisme politique recourant à la violence armée dans la scène arabe et mondiale tout en renforçant les courants de confession musulmane qui acceptent de coopérer où dans les intérêts de pouvoir et financiers sont fortement liés aux puissances occidentales. Cela vise aussi à maîtriser l’Islam, à le contenir en jugulant les bouillonnements sociaux et politiques qui le traversent et le bousculent. Cela veut dire à l’instar de ce qui se fait en Afghanistan, en Irak ou ailleurs, faire face au spectre de l’islamisme, en mettant aux « ordres » l’aire arabo-musulmane et surtout ses forces politiques dirigeantes. La restructuration, la « sécurisation et la stabilisation » du Grand Moyen-Orient Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine aux Affaires étrangères, a lors de sa première tournée tardive en Israël et au Liban après l’intervention massive de Tsahal sur le territoire libanais, déclaré avec une grande impudence : « Le temps est venu pour un nouveau Moyen-Orient », alors que l’urgence résidait à arrêter la nouvelle guerre en imposant un cessez-le-feu immédiat. Sa démarche relevait, de fait, de considérations stratégiques dont la guerre était justement l’un des maillons et tant que cette guerre n’avait pas atteint les buts fixés, elle devait continuer et tous les efforts devaient être entrepris pour contenir les pressions internationales, faire traîner les délibérations du conseil de sécurité, pour lui donner le temps nécessaire d’aboutir. C’est que cette guerre représente une étape opérationnelle du plan revu et corrigé du Grand Moyen-Orient (GMO). Ce dernier est définit comme le Moyen-Orient élargie à l’Iran et la Turquie. C’est cela le noyau de l’échiquier eurasien dont parle Zbigniew Brzezinski. Le Moyen-Orient, secoué et modelé au gré des puissances coloniales, principalement la Grande-Bretagne et la France a, tout au long du XXe siècle suscité un intérêt grandissant pour les Etats-Unis en liaison, entre autres, avec les trois facteurs suivants : la mise à jour des énormes réserves énergétiques de cette région et principalement l’Arabie Saoudite et les Etats du Golfe persique, l’importance géostratégique de cette aire géographique dans le cadres des luttes et des intérêts multiformes qui découlaient des rapports de forces complexes imposés par la guerre froide et du rôle qu’y occupait Israël, les dimensions prises par le développement et la combativité du nationalisme arabe, catalyseur des luttes de libération nationale des pays arabes encore sous le joug colonial et maillon actif dans le mouvement anti-impérialiste mondial et dans le mouvement des non-alignés. Les USA se sont attelés, en s’appuyant sur leurs gigantesques compagnies pétrolières, à s’assurer durablement le contrôle des ressources énergétiques de la région au niveau de l’exploration, de la production, du transport et de la commercialisation. Leur compagnie pétrolière, l’Aramco, est devenue par exemple en Arabie Saoudite un véritable Etat dans la royauté et le véritable centre des décisions. Les USA s’étaient aussi assurés le contrôle du pétrole iranien et celui de l’Iran en faisant échouer les nationalisations des industries pétrolières initiées par Mossadegh et en faisant du Schah un allié et un serviteur loyal. La gestion stratégique du Moyen-Orient par les USA visait en gros deux objectifs majeurs : assurer le contrôle et la sécurité des sources et installations énergétiques pour le plus long terme, veiller en intervenant directement ou indirectement dans les modulations des rapports de forces nationaux, ou dans la région même à contribuer à créer une sorte de stabilité ou d’équilibre même instable en fonction des évolutions du rapport de force mondial déterminé par le mouvement des intensités de la guerre froide. Les USA se sont trouvés confrontés, à partir du début des années 1950 avec l’onde de choc déclenchée par la révolution des officiers libres en Egypte à quatre dynamiques qui ont travaillé en profondeur les sociétés arabes et la région du Moyen-Orient dans son ensemble et bien au-delà : le Nassérisme comme expression moderne du nationalisme arabe orienté vers la libération nationale et sociale et dont le rayonnement et la force de l’exemple étaient immenses et bien au-delà du monde arabe et islamique. Le courant Baâth, comme autre expression du nationalisme et du mouvement de libération arabe, organisé idéologiquement et politiquement sur le fondement de l’unicité de la nation arabe, plus porté sur certaines formes de modernité et de laïcité, mais mû par un centralisme autoritaire dont les conséquences ont été très coûteuses pour les pays qu’il a dirigés comme l’Irak ou la Syrie. La problématique énergétique Le mouvement de libération national palestinien dont la cause était, à des degrés divers, devenue celle de tout le monde arabe et musulmans au niveau des Etats, mais surtout au niveau des peuples. Cette cause était au centre de nombreuses guerres et crises importantes entre Israël, les combattants palestiniens et les Etats de la région. Le traitement injuste du problème palestinien par les USA et les puissances occidentales a été à la source de la détérioration des rapports de nombre de pays arabes des plus importants avec l’Occident. Cette situation a eu pour conséquence le renforcement des relations multiformes, notamment politiques et économiques avec l’URSS et les pays socialistes. L’armement lourd des principaux pays arabes était assuré par l’URSS et certains pays de l’Est. Ce qui attisait encore plus les tensions dans cette région. La place de plus en plus forte prise par l’influence soviétique au Moyen-Orient, modifiant sensiblement les rapports de forces internationaux y prévalant. De telles dynamiques ont conféré à cette aire géostratégique un caractère d’instabilité prononcé attisé par les enjeux que se disputaient les deux grandes superpuissances et les puissances occidentales entre elles, de même que par les luttes ouvertes ou sourdes autour des orientations et des tâches nationales et démocratiques du mouvement de libération national, dans chaque pays et à l’échelle de la région. La disparition de l’URSS et la dislocation du système socialiste mondial au début des années 1990 semblent avoir investi les USA de la responsabilité de l’unique superpuissance restante. La supériorité américaine était, alors, indiscutable dans les quatre domaines suivants de la puissance globale comme l’affirme Zbigniew Brzezinski. « D’une force et d’une présence militaires mondiales inégalables, d’une force économique agissant comme locomotive de la croissance mondiale, de l’avance technologique dans les plus importants secteurs d’avenir, de l’attrait que rencontre, à l’échelle mondiale et surtout chez la jeunesse, son modèle culturel. Dans le cadre de l’instabilité du monde nouveau qui vient d’émerger avec la disparition de l’URSS, la nécessité de réaliser des équilibres géostratégiques nouveaux plaçait le GMO au centre des préoccupations prioritaires (pour les raisons avancées ci-dessus) des USA. Déjà en 1992, Paul Wolfowitz avait présenté un plan pour le nouveau Moyen-Orient au département de la défense. Les éléments de ce plan ont été affinés en 1996 par Richard Perle dans un document à l’intention du gouvernement israélien. L’ensemble des deux documents forment en fait la doctrine néo-conservateurs pour le GMO qui préconisaient l’élimination par la force des menaces que constituaient la Syrie et l’Iran et en commençant par mettre hors d’état de nuire leur front libanais. Ces plans ont été laissés pour un temps dans les tiroirs. L’instabilité du Moyen-Orient devenait, pour les USA, de plus en plus aiguë. Elle a été encore plus aggravée par les facteurs suivants : l’agression et l’occupation de l’Irak, par la politique colonialiste de Sharon à l’égard de l’autorité et du peuple palestinien, par la montée en puissance de l’Iran s’affirmant comme puissance régionale et de l’islamisme chiite, par le développement et le recours à la violence armée de l’islamisme politique, par l’autoritarisme des régimes arabes en place et leur incapacité chronique à faire face à l’aggravation des problèmes économiques, sociaux culturels et identitaires et aux multiples défis des dynamiques de la mondialisation. C’est en novembre 2003, dans le feu de la guerre et de l’occupation de l’Irak, du développement des tensions en Asie centrale, sur les fronts de l’énergie et des matières premières fondamentales que W. Bush fait connaître son projet du Grand Moyen-Orient. Ce projet étai articulé sur deux axes principaux : le règlement du problème palestinien sur la base de l’existence des deux Etats israélien et palestinien, l’encouragement de la mise en œuvre des réformes démocratiques orientées sur le marché dans les pays arabes et musulmans, réformes visant à provoquer des changements positifs dans toute la région. Le problème palestinien n’a pas été réglé, bien au contraire, à cause du parti pris manifeste et actif des USA pour Israël. Le processus de démocratisation a été considéré par les régimes en place, l’exemple de l’Irak n’y a pas aidé comme une entreprise d’exportation de la démocratie occidentale et comme une ingérence dans les affaires intérieures. Le projet de W. Bush a connu un enlisement volontaire. Mais voilà que le terrorisme islamiste prend une dimension planétaire, que l’Irak, les USA et leurs alliés s’embourbent dans une complexité conjuguant le terrorisme islamiste, la résistance nationaliste, les confrontations ethniques, que l’Afghanistan n’est pas stabilisé et les talibans relèvent la tête et que l’Iran bombe le torse, s’affirme comme puissance régionale et active, directement ou indirectement les milices islamiques chiites au Liban, en Irak et veut s’engager avec fermeté dans l’enrichissement de l’uranium et dans le nucléaire. De tels développements, ajoutés à d’autres aussi importants sur le plan national américain et sur le plan international, ne sont pas pour faire remonter la perte vertigineuse de popularité de W. Bush et de son administration alors des élections parlementaires importantes se tiennent à courte échéance. C’est une telle situation qui explique la volonté des néo-conservateurs et de W. Bush de tenter de reprendre l’initiative en retirant des tiroirs, pour ce qui du Moyen-Orient, le plan Paul Wolfowitz complété par Richard Pearl, c’est-à-dire en fait un plan américano-israélien de sécurisation et de stabilisation musclé pour le GMO. La mise en œuvre a commencé avec le Liban, la suite viendra, car le troisième mobile géostratégique qui explique l’agression barbare contre le Liban est le suivant : la maîtrise durable des plus grandes réserves énergétiques du monde. Le Moyen-Orient et l’Iran recèlent d’énormes réserves en hydrocarbures. Ils disposent de grandes capacités de production, de raffinage ou de traitement et d’infrastructures diverses pour le transport des produits énergétiques destinés à la consommation nationale ou à l’exportation. Ils constituent, de ce fait, pour leurs importants partenaires, un facteur d’approvisionnement et de sécurité stratégique. Le président W. Bush avait, dès le début de son premier mandat, souligné la gravité de la problématique énergétique pour son pays. Les USA sont en effet les plus grands producteurs consommateurs et importateurs du monde. Avec une population qui représente, a peu près 5% de la population mondiale, l’Amérique participe à hauteur de 17% dans la production mondiale d’énergie. Si elle génère 30% du PIB de la planète, elle consomme environ 25% de l’énergie mondiale. Par ailleurs, il est prévu que la croissance globale de la demande énergétique, dans les prochaines 25 années, sera de 50%, avec l’émergence massive de gros demandeurs d’énergie, comme la Chine et l’Inde sur les marchés énergétiques. On observe par ailleurs les facteurs suivants : une cadence quelque peu rapide dans l’épuisement des ressources pétrolières mondiales, une accélération et des dimensions vertigineuses de la demande énergétique, surtout en Asie (Chine, Inde, Japon, Corée du Sud etc.), une faiblesse et un coût élevé, malgré des progrès sensibles, du développement et de l’exploitation des énergies nouvelles et renouvelables, des retards encore persistants dans la mise au point des technologies et dans la mise en œuvre de véritables politiques d’économie de l’énergie, les problèmes non encore efficacement résolus de pollution liée à certains produits énergétiques, la liste de ces facteurs n’est pas exhaustive. Mais tous ces facteurs aiguisent la concurrence sur le marché énergétique, incitent à une diversification des produits énergétiques en fonction de leur disponibilité sur le long terme en fonction de leurs qualités et de leurs coûts. Cela signifie le développement des tensions et des programmations géostratégiques. Le gaz naturel prend par exemple de plus en plus d’importance. Il est considéré comme le combustible de ce siècle. Les réserves de gaz naturel sont importantes et les découvertes de nouveaux gisements gaziers progressent en liaison avec le développement de nouvelles techniques d’exploration et d’extraction. Le gaz naturel représente actuellement près de 25% de la consommation énergétique mondiale. Le taux de croissance annuel moyen de la consommation de gaz naturel est d’environ 2,5 à 3%. De toutes les sources d’énergie primaires, la progression la plus forte prévue pour les vingt prochaines années sera celle du gaz naturel. On évalue actuellement les réserves mondiales prouvées de gaz naturel à 179 trillions de mètres cubes (tm3) (estimation de 2004). En 2004, le rapport réserves prouvées (R) sur production (P) de gaz naturel dans le monde (R/P) était de plus de 65 ans. Le même rapport est par contre de 200 ans pour le Moyen-Orient. Ainsi, grâce à ses réserves colossales de gaz naturel, la région du Moyen-Orient est destinée à occuper une place centrale de plus en plus disputée sur le marché de ce produit énergétique et dans les rapports géostratégiques mondiaux. Deux pays de cette région, l’Iran et le Qatar représentent à eux seuls 70% des réserves de la région. Mais l’Iran, le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis représentent ensemble 90% des réserves de gaz naturel de la région. Ces considérations chiffrées font apparaître la place singulière et de forte intensité géostratégique de l’Iran, les autres pays gaziers du Moyen-Orient sont déjà sous contrôle américain et occidental. Un chiffre aiguise encore plus cette singularité de l’Iran, placée dans l’échiquier eurasien : le Moyen-Orient, la Russie et certains pays d’Europe et d’Eurasie font ensemble 76% des réserves mondiales prouvées de gaz naturel. Or, les USA et l’Europe des 25 consomment près de 40% du gaz naturel mondial et leur demande va en croissant. L’Iran est une aire géographique d’une très grande sensibilité géopolitique. Elle a des frontières par terre et par mer avec 15 pays, dont l’Azerbaïdjan, le Turkménistan et le Kazakhstan qui sont riches en hydrocarbures et actuellement autant tournés vers la Russie que vers l’Europe. Toutes ces considérations, et sans qu’il soit nécessaire dans le cadre de cette contribution d’exposer d’autres facteurs et d’autres éléments d’analyse, montrent l’importance de l’enjeu iranien et des jeux stratégiques dans lesquels ce pays est engagé depuis la révolution islamique de Khomeyni de février 1979 sur les plans : de la construction d’un Etat, action hybride à la fois théocratique, autoritaire et puissant de certains apports de la modernité, du contrôle de ses richesses naturelles, notamment les hydrocarbures et la construction d’une économie puissante inspirée du modèle chinois, du développement de l’industrie nucléaire en rentrant dans une confrontation complexe et dangereuse avec les USA et l’Europe, sans compter les voisins immédiats du Golfe persique, de la propagation et de l’organisation politique et souvent paramilitaire de l’islamisme chiite, de sa propension à s’affirmer comme puissance régionale. La normalisation de l’Iran, y compris par la force militaire et son insertion dans les plans américains de sécurisation et de stabilisation du Grand Moyen-Orient et de l’ensemble eurasien, est, aussi, avec la maîtrise sur le long terme des ressources énergétiques, l’un des mobiles géostratégiques de l’agression israélienne contre le Liban. Nous examinerons dans d’autres contributions d’autres mobiles géostratégiques aussi importants et peut-être décisifs pour la suprématie de la superpuissance américaine : la restructuration et le redéploiement globalisé du complexe militaro-industriel, les réajustements des rapports de forces multidimensionnels USA-Europe, etc. Les causes immédiates et les mobiles géostratégiques que nous avons tenté d’examiner se conditionnent. Elles soulignent la gravité de cette crise majeure initiée par Israël impulsé par les USA et soutenu délibérément par certaines puissances occidentales, notamment la Grande-Bretagne de quelques enseignements pour nous. Le caractère et le déroulement de l’intervention israélienne au Liban, les réactions militaires et politiques qu’ils ont provoquées et leurs prolongements actuels dégagent un certain nombre d’enseignements qui méritent d’être traités avec le maximum d’objectivité, de rigueur et de réalisme. Il s’agit entre autres de l’affaiblissement chronique et de l’instabilité dangereuse du monde arabe dans un monde en pleine restructuration géostratégique. Les Etats arabes et leurs organisations multilatérales, notamment la prétendue « Ligue arabe », ont manifesté, en juillet dernier, une incapacité déroutante à développer les réactions et les solidarités qui s’imposent face à l’insolence et à la barbarie impérialo-sionistes et face aux injustices faites à un pays « frère » le Liban, à peine sorti des décombres d’une guerre civile, attisée par l’agression israélienne de 1982 et nourrie par les jeux d’intérêts sordides des grandes puissances occidentales et de régimes et oligarchies arabes enfoncés dans leur meurtrière stagnation et poussant à leurs limites historiques. Bien au contraire, certains régimes comme l’Egypte, l’Arabie Saoudite ou la Jordanie et d’autres, craignant d’être balayés par les vents forts qui soufflent de toute part, ont cru bénéfique pour eux de se ranger, par un silence et une inactivité volontaires, du côté du plus puissant, de rentrer dans ses jeux en condamnant sans discernement le Hezbollah et en essayant de faire céder les Palestiniens encore plus face aux intransigeances israéliennes. Ils ont muselé la colère de leurs peuples. La région du monde arabe est tellement malade que les puissances occidentales en particulier la Grande-Bretagne et la France essaient dans le sillage des USA de la restructurer à leur guise, comme elles avaient dépecé, jadis, après la Première Guerre mondiale, l’empire ottoman. La similitude des démarches d’hier et d’aujourd’hui est des plus frappantes. Ce sont en fait des accords USA-Grande-Bretagne d’abord, puis USA-France qui ont tracé la voie qui a mené au cessez-le-feu et mettre en route les solutions pour l’avenir proche et lointain. Quelles sont donc les causes profondes de nos reculs, de nos défaites, de nos incapacités chroniques à peser avec efficience, c’est-à-dire dans le sens des intérêts de long terme de nos peuples, dans la détermination des rapports des forces internationaux et dans les évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles qui y sont liées dans la consolidation et un développement fructueux de la paix et de la stabilité régionales et internationales ? Devons-nous nous contenter aujourd’hui où l’accélération de l’histoire connaît des rythmes affolants, de discours à caractère populiste dont la couverture nationaliste avait pourtant, dans les années 1950 et 1960 du siècle dernier, su et pu nous mobiliser largement et avec succès contre le colonialisme et pour nos indépendances nationales ? Les Etats nations arabes ont connu , tout au long du XXe siècle, des évolutions diverses. Celles-ci ont été marquées principalement par l’émergence et le développement de deux grands mouvements historiques, le nationalisme arabe et le réformisme musulman. La naissance et le développement de ces deux mouvements étaient une réaction massive aux affres et à l’humiliation du joug colonial, une réaction organisée, fondée sur les facteurs unificateurs de nos nations et impulsant les évolutions de nos identités, facteurs plongeant leurs racines dans notre histoire déjà plusieurs fois millénaire avant l’avènement de l’ère chrétienne. Le nationalisme arabe visait à inscrire les sociétés arabes à majorité musulmanes dans des processus de libération nationale, d’édification d’Etats nations modernes se nourrissant sans cesse du progrès universel et de la modernité au développement, desquels ils apportent leurs contributions, tout en préservant et adaptant les fondements de leurs identités culturelles et nationales. Aujourd’hui, le nationalisme arabe est fortement interpellé. Il doit opérer les mutations indispensables pour s’élever, dans chaque pays, au niveau d’un puissant mouvement patriotique démocratique et pluraliste et de progrès reconnaissant les impératifs et les défis du temps sur les plans politique, économique, social et culturel. Sinon le monde arabe sera livré totalement aux appétits des féroces forces du néo-libéralisme et du capital financier international foncièrement spéculatif et destructeur des bases économiques réellement productives et de fonction fondamentalement sociale. Ceux-ci n’ont d’yeux que pour les richesses naturelles. La problématique de la nécessité du renouveau patriotique arabe est fortement posée. C’est là l’un des enseignements majeurs que nous retenons : la problématique de l’islamisme politique et de l’Islam. Nous avons tenté de montrer que l’un des mobiles stratégiques de l’agression impérialo-sioniste contre le Liban était ce que nous avons appelé « le spectre de l’islamisme et la problématique de l’Islam ». Depuis le début des années 1970, nous assistons, dans les pays arabes et islamiques, sous l’action de plusieurs facteurs, à une émergence devenant de plus en plus virulente et destructrice du phénomène de l’islamisme politique. Nous en avons subi la terrible terreur particulièrement au cours de la décennie 1990. Notre société en a durement payé le prix, mais il reste qu’une analyse profonde et intégrée, idéologique, économique, sociale, culturelle sociologique, etc. de l’islamisme politique et de son action doit être faite. Nous devons reconnaître les motivations objectives réellement politiques et sociales qui nourrissent l’instrumentalisation idéologique et politique de l’Islam. Les différenciations et les convergences patriotiques et de progrès doivent se faire à ce niveau. Nous ne devons pas laisser la compréhension sur l’exégèse de la religion à des ignorants s’autoproclamant imams ou émirs. Nous devons favoriser, par tous les canaux possibles et avec les moyens nécessaires, l’éclosion d’une véritable nahda, à l’exemple du mouvement réformiste avec Djamal El Afghani, Abdou, Rachid Rida, ou Ben Badis fortifiant l’ijtihad et l’utilisation de tous les acquis de la science et réfléchissant sur la problématique de l’Islam dans nos sociétés aspirant au progrès et à la modernité. Poser la problématique de l’Islam ne peut signifier réduire la croyance religieuse, qui elle est individuelle et intime. Cela signifie, bien au contraire, la recherche du renforcement de la rigueur, et de la profondeur de la compréhension des préceptes de la religion musulmane et de la culture arabo-islamique en liaison avec les conditions objectives dans lesquelles nous vivons. Poser une telle problématique et en faire un sujet de recherche multidisciplinaire, de débats larges, féconds et constructifs débouchant sur des pratiques qui ouvrent notre société sur elle-même au lieu de la laisser s’enfermer sur elle-même, qui multiplient ses énergies, ses connaissances et son savoir, ses capacités créatives capables de transmissions positives de génération en génération, acquiert une valeur stratégique dans ses temps où un amalgame dangereux et pitoyable est fait par les puissants de ce monde entre islamisme politique, terrorisme et Islam. Ne les laissons pas lancer une nouvelle croisade contre l’Islam au nom des valeurs judéo-chrétiennes, comme disent certains de leurs idéologues de première ligne. Alors que ces valeurs que sont la liberté, la démocratie, les droits de l’homme, le droit international sont des valeurs universelles pourvu que les acceptions des concepts qui les expriment soient clairement définies et adoptées par chacun et par tous, ce qui est chose relevant de la complexité, puisque s’agissant avant tout de processus sociaux, poltiques et culturels. La refondation démocratique de l’Etat et du système de pouvoir, les mobiles géostratégiques qui motivent l’agressivité des USA, d’Israël et des puissances occidentales dans le Moyen-Orient soulignent sérieusement notre vulnérabilité. Nous vivons dans des temps qui ne pardonnent pas, du point de vue historique. Ou bien nous montrons que nous sommes capables d’intelligence de production de savoir, de technologies et de techniques, de culture en adaptant sans cesse et sur la base de la liberté, d’un fonctionnement effectivement démocratique de nos institutions, notre génie national aux exigences politiques, économiques, sociales, culturelles que mettent en relief les évolutions complexes tant nationales que mondiales. Ou bien, nous continuerons à gérer notre crise et nous nous dirigerons vers une situation où les puissances étrangères essaieront, comme elles tentent de le faire ailleurs, certes sans succès, de nous « démocratiser » au service de leurs intérêts géostratégiques. Nous avons déjà accumulé des retards énormes, pour surtout des raisons liées à la force de l’inertie qui donne l’impression du mouvement et de l’action. Cette force est celle d’un système de pouvoir et d’Etat qui ont atteint, en rapport avec des dynamiques nationales et internationales, leurs limites historiques. Dire cela, ce n’est pas rejeter tout ce qui a été édifié de positif et de durable par cet Etat et par ce système de pouvoir. En le disant, nous voulons faire observer que notre société a évolué. Elle s’est démographiquement développée. lle est fortement jeune. Sa structure sociale s’affirme de plus en plus en prenant les caractéristiques d’une société poussant vers la modernité mais en rencontrant la résistance des forces d’inertie. Elle dispose d’un système scolaire, universitaire et de formation professionnelle étendu qui a besoin d’un sursaut qualitatif que seul un fonctionnement démocratique de l’Etat et de ses institutions peut lui apporter. Refonder l’Etat républicain, c’est le reconstruire sur la base des valeurs nouvelles de la liberté, de la démocratie, du progrès, de la justice sociale, de la solidarité et de la modernité qui assurent à notre jeunesse (qui fait notre peuple) et aux générations futures de porter notre nation, par le travail et le savoir vers un avenir toujours plus radieux. Refonder l’Etat républicain, c’est légitimer démocratiquement, à tous les niveaux, la représentation populaire, c’est exprimer une volonté organisée de combattre l’archaïsme et l’utilisation de la religion de notre peuple à des fins politiques, c’est donc prendre la mesure des enjeux de notre époque, et surtout de ceux qui attendent les générations futures. Refonder démocratiquement l’Etat et le système de pouvoir, c’est la plus décisive des ripostes à l’agression israélienne et des puissances occidentales contre le Liban et le peuple palestinien, c’est le plus fondamental des exemples pour construire le mouvement patriotique dont nous avons besoin à l’échelle nationale et à l’échelle du monde arabe. Bibliographie 1.Bernard Henry Levy : La guerre vue d’Israël in le Monde du 27 juillet 2006 2. Joschka Fischer : Iran könnte der grobe Gewinner in Die Zeit 20 juillet 2006 3. Tanya Reihart : in www.redress.btinternet.co.uk/treinhart 4. Robin Wright : Strikes are called part of broad startegy in Washington Post 16 juillet 2006 août-30 5. Zbigniew Brzezinski : Die einzige Weltmacht, Amerikas Strategie der Vorherrschaft Fischer Taschenbusch Verlag 6. Christophe Reveillard : L’Iran géopolitique in Géostratégie n° 12 -Avril 2006

Par Mahi Ahmed

L’Etat des tueurs volontaires

Publié le par Mahi Ahmed

~~L’Etat des tueurs volontaires dimanche, 27 juillet 2014 15:28 Les tueries de l’Etat d’Israël contre le peuple Palestinien, et contre le peuple Libanais revêtent toujours le même modus operandi du crime. Les amis de cet Etat raciste et assassin d’enfants évoquent toujours les mêmes crapuleux arguments : « Israël doit se défendre face aux menaces », « Allez-y les gars, (sous-entendu tuez-les tous), mais faites preuve de « RETENUE », et surtout faites en sorte que vos « offensives » ne soient pas « disproportionnées ». Le texte de Smaïl Hadj Ali ci-contre a été publié sur le site HYPERLINK "http://www.protection-palestine" www.protection-palestine le 1er août 2006. L’Etat des tueurs volontaires Par Smaïl Hadj Ali Publié le mardi 1er août 2006 sur le site Protection Palestine Israël : la pulsion de destruction, du goût de l’abîme, de la négation de l’autre. C’est à juste titre que les consciences libres dans le monde expriment et crient leur indignation, leur colère, leur rage contre l’agression, contre la guerre à bout portant faite au Liban par « l’Etat juif d’Israël », ainsi que ce pays aime à être nommé comme pour mieux insister sur son caractère d’Etat théocratique « le plus démocratique de la région ». Non, je n’oublie pas le soutien à la vie à la mort, dans cette forfaiture, de celui qui mène « la guerre la plus humaine de l’histoire » HYPERLINK "http://www.protection-palestine.org..." \l "01" (1), je veux parler de son parrain de l’US Connections. Mais ces réactions légitimes et dignes doivent éviter le piège de l’étonnement et du questionnement devant les méthodes utilisées par cet Etat holligan du genre : « comment peuvent-ils avec autant de sang-froid tuer femmes, enfants, vieillards », ou encore « Israël tourne le dos à la légalité et à la morale ? » Mais il est un autre piège encore plus grossier. C’est celui des discours empruntés qui font mine de découvrir ou de relever « la réaction disproportionnée » ou encore l’asymétrie, la « disproportionnalité » HYPERLINK "http://www.protection-palestine.org..." \l "01" (2) de cette armée, qu’un philosophe fast-thinker, qui pense plus vite que son ombre, en l’occurrence Bernard-Henri Lévy, a eu l’impudence récemment, dans un journal du soir, de comparer à celle des glorieux combattants antifranquistes. Quel crachat pour les antifascistes, alors que cette armée de soudards, qui débauche des adolescents surarmés « pour imposer la terreur aux populations des villes et des villages arabes », a été dirigée et fondée par Mena Hem Begin, qu’Albert Einstein et Hannah Arendt avaient qualifié de fasciste en 1948 dans une pétition publiée par le New York Times, lors d’un voyage aux Etats-Unis de celui qui était responsable d’« un parti qui prône ouvertement la doctrine de l’Etat fasciste » HYPERLINK "http://www.protection-palestine.org..." \l "01" (3). Pour mémoire, Begin HYPERLINK "http://www.protection-palestine.org..." \l "01" (4) est le chef des assassins de deux cent quarante villageois de Deir Yassine, le Guernica palestinien. Non, Israël n’a jamais fait autre chose, et toute son histoire coloniale en témoigne, qu’agir, de façon disproportionnée, démesurée, à bout portant, avec des armes toujours renouvelées, toujours améliorées, high-tech, et livrées sans compter par son indéfectible allié et producteur des bains de sang démocratiques, contre les peuples arabes considérés par lui comme des sous-hommes, des moins que rien, des « crocodiles », (Ehud Barak) « des bêtes qui marchent sur deux pieds », « des sauterelles qui devraient être écrasées », (Mena Hem Begin) comme le montre sa politique d’apartheid et de tueries en Palestine et ses meurtres à grande échelle au Liban. La disproportion est sa constante, elle est l’expression de sa puissance toute de lâcheté. Oui, Israël est un appareil de violence extrême qui, de tout temps, a pratiqué la disproportion : dans le massacre, la destruction, le vol des terres, l’humiliation, la déshumanisation, le racisme, la hogra. La guerre menée contre les Libanais aujourd’hui et depuis toujours contre les Palestiniens est une guerre totale qui vise la destruction systématique et la soumission tant de ceux qui refusent de courber l’échine, que de ceux qui désespèrent de la vie et ne se soucient que de sauver leur peau. « Tuez-les tous. Pas de quartier. Pas de trêve humanitaire ». Ainsi parlent les dirigeants de « l’Etat le plus démocratique de la région », comme le qualifient les élites et médias occidentaux dans leur écrasante majorité. Qu’on se le dise une fois pour toute, Israël est un Etat fait pour la guerre et par la guerre, un Etat programmé pour mener des guerres totales afin d’asseoir une domination totale et violente sur les peuples du Proche-Orient. C’est pour cette raison qu’il ne peut vivre en paix avec ses voisins, car il vit et prospère de la guerre, « l’Etat d’Israël ne voulait et ne veut toujours pas la paix. Il veut des conquêtes » HYPERLINK "http://www.protection-palestine.org..." \l "01" (5). Pour nier le droit des Palestiniens à un Etat, Israël a proclamé qu’il « n’y avait pas de peuple palestinien » HYPERLINK "http://www.protection-palestine.org..." \l "01" (6). Il a dès lors encouragé chez les siens, la satisfaction des pulsions mortifères, - des soldats israéliens déclarent tuer des Palestiniens et pleurer ensuite un bon coup. Il a instillé au sein de sa population la pulsion de destruction, du goût de l’abîme, du sacrilège, de la négation de l’autre, de l’outrance de la guerre et de la guerre à outrance, autant de pratiques et de postures qui chez d’autres auraient été vite et à juste titre qualifiées de fascistes. La soldatesque israélienne s’est toujours livrée aux pires actes de cruauté, de perfidie et de brutalisation, tant sur les Palestiniens que sur les Libanais, à tel point que le grand savant et philosophe israélien Leibowitz, décédé en 2003, n’hésitera pas à qualifier, en janvier 1993, les unités spéciales israéliennes, (Golani) les mêmes que celles qui ont été lancées récemment sur le Sud-Liban de « judéonazis ». C’est ce vieillard meurtri par l’écrasement et l’humiliation des Palestiniens au quotidien, par ce qu’il considérait comme un « génocide au sens de l’élimination de l’entité nationale et politique » et par la militarisation de la société israélienne et la centralité des services de sécurité intérieure (le Shin Beth) dans la vie politique, qui diagnostiquera une « fascisation rampante de la société israélienne », commencée selon lui en 1967. Dans un pays ou « le hooliganisme national suscite une atmosphère de violence dirigée vers l’intérieur, je crains beaucoup, disait-il, que ne se créent ici des camps de concentration contre les ‘‘traîtres’’ juifs et que des pogroms ne se produisent contre les juifs religieux qui ne seraient pas nationaux. » Pour Leibowitz, « l’Etat d’Israël n’est pas un Etat qui possède une armée, mais une armée qui possède un Etat ». Tout analyste sérieux peut en effet constater que l’armée, dans ce pays bunkérisé, est devenue un but en soi. L’Etat d’Israël a été créé pour la violence et par la violence. Si le militarisme, vers la fin du xixe siècle et pendant plus d’un demi-siècle du xxe, « a dominé et fini par dévorer l’Europe », on peut sans erreur considérer qu’aujourd’hui il domine Israël et qu’il finira par le dévorer, car comme tout militarisme il porte en lui les germes de sa propre ruine. Cela posé au-delà des massacres, des crimes de guerre, des destructions, plus rien ne sera plus comme avant, car cette tuerie à bout portant, ces assassinats « atmosphériques », contre la Palestine et le Liban ont fait sauter définitivement un tabou, une terreur intellectuelle entretenue des décennies durant par les réseaux sionistes de la culpabilisation du monde pour cause d’Holocauste, laquelle interdisait d’assimiler le système d’oppression et de violence armée de l’Etat d’Israël à des crimes de guerre, au risque d’être qualifié d’antisémite et traîné devant les tribunaux, comme le fut Edgar Morin, il y a peu. Les masques sont définitivement tombés et la nature de l’Etat d’Israël, à l’ère de la révolution informationnelle et de l’Internet, éclairée par ses logiques de prédation, de dépeçage de ses voisins et de barbarie militaire, apparaît telle qu’elle a toujours été : un Etat incarné par la violence coloniale, la culture de la supériorité raciale, du mépris et de la négation des autres. Mais écoutons, pour ponctuer cet article, Leibowitz parler de cet Etat fondamentalement totalitaire : « Si nous continuons dans cette voie, ce sera la destruction de l’Etat d’Israël dans un délai non de quelques générations, mais de quelques années. Intérieurement, ce sera des camps de concentration pour les gens comme moi. à l’extérieur, Israël s’embourbera dans une guerre à outrance contre l’ensemble du monde arabe, du Maroc au Koweït. Telle est la perspective dans un avenir proche. La seule et unique solution est le partage du pays entre les deux peuples. Tant que l’Etat d’Israël dans son abyssale bêtise sera persuadé que l’aide américaine se poursuivra éternellement, il ne sera pas intéressé par la paix. Aussi connaîtra-t-il le sort du Sud Viêt-Nam, qui lui aussi crut que l’Amérique le soutiendrait ad vitam aeternam. » Notes de renvoi INCLUDEPICTURE "http://www.protection-palestine.org..." \* MERGEFORMATINET 1 Voir notre papier : Iraq. La guerre la plus humaine de l’histoire. INCLUDEPICTURE "http://www.protection-palestine.org..." \* MERGEFORMATINET 2 Cet article a été écrit avant les meurtres de masse de Cana. INCLUDEPICTURE "http://www.protection-palestine.org..." \* MERGEFORMATINET 3 Extrait de la pétition signée par Arendt et Einstein. INCLUDEPICTURE "http://www.protection-palestine.org..." \* MERGEFORMATINET 4 Il reçut le prix Nobel de la paix en 1978... avec Sadate. INCLUDEPICTURE "http://www.protection-palestine.org..." \* MERGEFORMATINET 5 Propos tenus par Y. Leibowitz en 1987. INCLUDEPICTURE "http://www.protection-palestine.org..." \* MERGEFORMATINET 6 Il reçut pour cela le prix Nobel de la Paix en mars 1969, à travers son Premier ministre Mme Golda Meir qui déclara trois mois plus tard : « Il n’ y a rien qui ressemble à des Palestiniens, ils n’ont jamais existé. » Smaïl Hadj Ali

Ma lettre au Parlement Européen pour sa session concernant l'attaque Israélienne sur Gaza.

Publié le par Mahi Ahmed

~~S'il vous plaît , il faut mettre Israël au ban de la communauté internationale jusqu'à ce qu'il devienne un véritable Etat démocratique, et il faut boycotter et sanctionner quiconque fait des affaires avec cet état d'apartheid et nous aider à nous débarrasser de ce gouvernement raciste et sanguinaire pour restaurer la vie des Palestiniens et des Juifs eux-mêmes" par Nurit Peled-Elhanan* Ma lettre au Parlement Européen pour sa session concernant l'attaque Israélienne sur Gaza. Nurit Peled-Elhanan 16 juillet 2014 Chers amis et militants de la paix Je vous écris depuis la bouche de l'enfer. Génocide à Gaza, pogroms et massacres en Cisjordanie et la panique des roquettes sur Israël .Trois colons israéliens enlevés et tués, et la police qui a été informée immédiatement n'a rien fait. Leur mort a été utilisée comme un prétexte pour mener l'assaut planifié à l'avance sur la Cisjordanie et Gaza. Un garçon palestinien de Jérusalem enlevé et brûlé vif et la police, immédiatement informée, ne fait rien. Plus de 200 victimes dans le raid sur Gaza. Des familles entières tuées par les pilotes israéliens, et pour résultat, des bombardements de roquettes sur tout Israël . Le racisme dangereux et violent contre des citoyens israéliens arabes, encouragé avec enthousiasme par les ministres israéliens et des membres du Parlement, conduit à des émeutes dans les rues, engendre l'agressivité et de graves discriminations contre les Palestiniens, avec une violence renouvelée qui éclate contre les militants de la paix juifs. Malgré les accords, les résolutions internationales et les promesses israéliennes, les colonies se développent - tandis que les maisons palestiniennes à Jérusalem-Est et la Cisjordanie sont constamment détruites. L'eau coule sans limitation dans les piscines des colonies, tandis que les enfants palestiniens sont assoiffés et que des villages et des villes entières vivent sous un régime cruel de distribution d'eau , comme cela a été récemment souligné par le président Schultz. Des routes de ségrégation réservées pour les Juifs seulement et de nombreux points de contrôle rendent la vie et les déplacements des Palestiniens impossibles. Le caractère non démocratique de l'Etat d'Israël est de plus en plus en train de se transformer en un Etat d'apartheid dangereux. Toutes ces atrocités ont été conçues par le même esprit diabolique et criminel - l'esprit de l'occupant raciste et impitoyable de la Palestine. Par conséquent, la responsabilité de tous ces crimes contre l'humanité doit être imputé à qui de droit : sur les mains sanglantes des dirigeants politiques racistes d'Israël , des généraux, des soldats et des pilotes, des hooligans de la rue et des membres de la Knesset. Tous sont coupables de l'effusion de sang et devraient être traduits devant la Cour pénale internationale de justice. A ce jour, la communauté internationale n'a pas fait assez pour arrêter le régime d'occupation israélien. Les pays européens l'ont sévèrement critiqué alors que dans le même temps , ils continuaient à coopérer pleinement avec Israël, économiquement, politiquement et militairement. En conséquence, Israël ne paie pas de prix pour ses graves violations du droit international et des valeurs humaines. Au contraire, c'est l'Europe qui paie pour la plupart des dommages humanitaires de l'occupation, ce qui rend encore plus facile pour Israël de la maintenir. Bien que les directives aient été émises interdisant aux institutions de l'UE de sponsoriser ou de financer les organismes de recherche et les activités dans les colonies et que 20 pays européens aient publié des avertissements officiels à leurs citoyens et aux entreprises, à l'encontre des relations commerciales et financières avec les colonies, ce n'est pas suffisant. Ces mesures ne remettent pas sérieusement en cause la politique israélienne en Palestine occupée. L'Europe pourrait faire beaucoup mieux, ainsi que l'illustre sa réponse dure à l'annexion par la Russie de la Crimée. En quelques semaines, l'Union européenne a imposé des sanctions ciblées sur les responsables russes et ukrainiens et entreprises commerciales en activité en Crimée. L'UE est allée encore plus loin et a élargi les sanctions en interdisant l'importation de marchandises de Crimée. Nous, les citoyens d'Israël et les apatrides de la Palestine, ne pouvons pas réaliser la fin de l'occupation et arrêter le bain de sang par nous-mêmes. Nous avons besoin de l'aide de la communauté internationale en général et de l'UE en particulier. Nous avons besoin de vous pour poursuivre en justice le gouvernement et l'armée israélienne, nous avons besoin de vous pour boycotter l'économie et la culture israélienne, nous avons besoin de vous pour exhorter votre gouvernement à cesser de tirer profit de l'occupation et nous avons besoin d'appeler à un embargo des armes contre Israël et à lever le siège de Gaza. Israël est la plus grande et la plus dangereuse organisation terroriste existant aujourd'hui. Toutes ses munitions sont utilisées pour tuer des civils innocents, femmes et enfants. Ce n'est rien de moins qu'un génocide. Comme lauréate du Prix Sakharov du Parlement européen pour les Droits de l'Homme, en tant que mère et en tant qu'être humain, je demande à l'UE d'utiliser tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour aider à sauver mon pays de cet abîme de mort et de désespoir dans lequel nous vivons. S'il vous plaît , il faut mettre Israël au ban de la communauté internationale jusqu'à ce qu'il devienne un véritable Etat démocratique, et il faut boycotter et sanctionner quiconque fait des affaires avec cet état d'apartheid et nous aider à nous débarrasser de ce gouvernement raciste et sanguinaire pour restaurer la vie des Palestiniens et des Juifs eux-mêmes. * Nurit Peled-Elhanan, professeur de littérature comparée à l'université hébraïque de Jérusalem, est connue comme militante pacifiste en Israël. Née en 1949, c'est la fille de Matti Peled, un général de l'armée israélienne qui, après la guerre des Six Jours, s'est élevé contre la politique de colonisation. Après avoir perdu sa fille de 14 ans dans un attentat kamikaze palestinien (et interdit aux officiels israéliens dont Benjamin Netanyahou de venir à ses obsèques), elle déclare « ne pas avoir cédé au désespoir mais prononcé un discours avec pour thème la responsabilité d'une politique myope qui refuse de reconnaître les droits de l'autre et fomente la haine et les conflits ». Elle est cofondatrice de l'association israélienne et palestinienne des Familles endeuillées pour la paix. Elle reçoit le prix Sakharov en 2001 en tant que représentante de « tous les Israéliens qui prônent une solution négociée du conflit et revendiquent clairement le droit à l'existence des deux peuples et des deux États avec des droits égaux ». Izzat Ghazzawi, un professeur de littérature palestinien militant également pour la paix malgré la perte d'un fils dans le conflit le reçoit en même temps. Elle est l'une des trois promoteurs du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

L'AIPAC et la politique israélienne sans morale des USA

Publié le par Mahi Ahmed

~~L'AIPAC et la politique israélienne sans morale des USA Huffington Post, le 26 juillet 2014 Le nom officiel du dernier assaut d'Israël contre Gaza est « Opération Bordures Protectrices ». Un meilleur nom serait « Opération Déjà Vu ». Comme il l'a fait auparavant à plusieurs occasions, Israël utilise des armes fournies par les contribuables américains pour bombarder les Palestiniens, pauvres et captifs, à Gaza, où le nombre de morts [avoisine désormais les 880 (au matin du 26 juillet) - NdT)]. Comme d'habitude, le gouvernement des Etats-Unis prend parti pour Israël, même si la plupart des responsables américains comprennent que l'Etat hébreu est à l'origine de cette dernière série de violence, qu'il agit sans aucune retenue et que ses actions font passer Washington pour un gouvernement insensible et hypocrite aux yeux de la majorité dans le monde. Cette situation orwellienne est un témoignage éloquent de l'influence politique permanente de l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) et des autres éléments jusqu'au-boutistes du lobby d'Israël. Il n'y a aucune autre explication possible pour l'attitude passive du Congrès des Etats-Unis - y compris de ses membres les plus « progressistes » - ou pour l'hypocrisie futile de l'administration Obama, en particulier celle de ces responsables politiques connus pour leur prétendu engagement pour les droits de l'homme. La cause immédiate de ce dernier massacre unilatéral est le kidnapping et le meurtre de trois autostoppeurs israéliens en Cisjordanie occupée, suivis peu après du kidnapping d'un adolescent palestinien par plusieurs Israéliens qui l'ont brûlé vif. Selon le reportage de J. J. Goldberg, dans le quotidien juif Forward, le gouvernement de Netanyahou a accusé, sans preuves, le Hamas de l'enlèvement des trois jeunes Israéliens et prétendu pendant plusieurs semaines que ces derniers étaient toujours en vie, même si des preuves indiquaient que les victimes étaient déjà mortes. Le gouvernement israélien l'a fait sciemment afin de faire monter le sentiment anti-arabe et faciliter la justification des opérations punitives en Cisjordanie et à Gaza. Et pourquoi Netanyahou a-t-il décidé de se livrer à de nouveaux actes de violence à Gaza ? Ainsi que Nathan Thrall de l'International Crisis Group le fait remarquer, la véritable motivation était ni la vengeance ni un désir de protéger Israël des tirs de roquettes du Hamas, qui ont été quasi-inexistants au cours des deux dernières années et qui sont de toute manière largement inefficaces. Le véritable objectif des Netanyahou était de saper le récent accord d'un gouvernement d'union nationale entre le Fatah et le Hamas. Etant donné l'engagement personnel de Netanyahou à conserver la Cisjordanie et à créer le « grand Israël », la dernière chose qu'il veut est une direction palestinienne unie qui pourrait faire pression contre lui en vue d'une solution à deux Etats. Par conséquent, il a cherché à isoler le Hamas et à lui porter un grave préjudice, de sorte que les deux factions palestiniennes se brouillent à nouveau. Derrière toutes ces manœuvres se profile l'occupation de la Palestine par Israël, qui dure depuis bientôt cinquante ans. Non contents d'avoir procédé au nettoyage ethnique de centaines de milliers de Palestiniens en 1948 et en 1967, et ne pouvant se contenter de posséder 82% de la Palestine mandataire, tous les gouvernements israéliens depuis 1967 ont construit ou étendu les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem Est, tout en subventionnant généreusement les plus de 600.000 Juifs qui s'y sont installés en violation de la 4ème Convention de Genève. Il y a deux semaine, Netanyahou a confirmé ce que beaucoup suspectaient depuis longtemps : il est résolument opposé à une solution à deux Etats et ne permettra jamais - je répète : jamais - que cela se produise pendant qu'il est au pouvoir. Si l'on prend en compte le fait que Netanyahou est probablement le membre le plus modéré de son gouvernement et que le système politique israélien vire de plus en plus à droite, la solution à deux Etats est une vaine chimère. Le pire est que la mort de centaines de Palestiniens supplémentaires et d'un petit nombre d'Israéliens ne changera pratiquement rien. Le Hamas ne va pas se dissoudre. Lorsque cette dernière série de combats prendra fin, les 4,4 millions de Palestiniens qui vivent en Cisjordanie et à Gaza seront toujours les prisonniers de fait d'Israël et se verront toujours refuser leurs droits humains fondamentaux. Mais ils ne partiront pas, principalement parce que la Palestine est leur patrie, mais aussi parce qu'ils n'ont nulle part où aller, en particulier étant donné l'agitation dans les autres parties du proche-Orient. Un nouveau cessez-le-feu finira par être négocié. Les morts seront enterrés, les blessés guériront, les tunnels en cours de destruction seront reconstruits et le Hamas renouvellera ses stocks de missiles et de roquettes. Le décor sera alors dressé pour une nouvelle série de combats et Israël aura poursuivi son avancée pour devenir un Etat d'apartheid à part entière. Pendant ce temps, les politiciens et les décideurs nord-américains continuent de soutenir une campagne militaire brutale dont l'objectif essentiel n'est pas de défendre Israël mais plutôt de protéger son effort de longue durée de coloniser la Cisjordanie. Etonnamment, ils continuent de soutenir Israël sans réserve même si tous les présidents des Etats-Unis depuis Lyndon Johnson se sont opposés au projet israélien de colonisation, et que les trois derniers président - Clinton, Bush et Obama - ont travaillé dur pour une solution à deux Etats, que la politique israélienne a désormais rendue impossible. Pourtant, dès que les combats commencent, et même si Israël en est à l'origine, l'AIPAC exige que Washington marche la main dans la main avec Tel Aviv. Le Congrès se précipité invariablement pour voter de nouvelles résolutions soutenant tout ce qu'Israël décide de faire. Même si ce sont essentiellement les Palestiniens qui meurent, les responsables à la Maison Blanche se précipitent pour déclarer qu'Israël a « le droit de se défendre », et Obama lui-même ne fera guère plus qu'exprimer sa « préoccupation » sur ce qui se passe. Bien sûr, les Israéliens ont le droit de se défendre, mais les Palestiniens ont non seulement ce même droit, ils ont le droit de résister à l'occupation. Pour le dire autrement, Israël n'a pas le droit de maintenir ses ressortissants palestiniens en soumission permanente. Mais essayez donc de trouver quelqu'un au Capitole qui reconnaisse ce simple fait ! L'explication de la politique impuissante et de la faillite morale des Etats-Unis d'Amérique est l'influence politique exercée par le lobby d'Israël. Barack Obama sait que s'il prenait parti pour les Palestiniens à Gaza ou s'il critiquait les action d'Israël d'une façon ou d'une autre, il se retrouverait face à une volée de critiques de la part du lobby et ses chances d'obtenir l'approbation du Congrès pour un accord avec l'Iran s'évaporeraient. De la même manière, tous les parlementaires de la Chambre des Représentants et du Sénat - y compris des progressistes comme le Sénateur Elizabeth Warren - savent que voter pour ces résolutions soi-disant « pro-israéliennes » est la seule démarche politique intelligente. Ils comprennent que même la plus petite manifestation d'indépendance sur ces questions pourrait les rendre vulnérables face à un opposant bien financé la prochaine fois qu'ils se présenteront à leur réélection. Au minimum, ils devront répondre à un déluge d'appels téléphonique et de lettres acariâtres et, en prime, ils ont toutes les chances d'être blackboulés par certains de leurs collègues parlementaires. La meilleur chose à faire est de répéter les mêmes litanies usées à propos des « valeurs partagées » entre Israël et les Etats-Unis et d'attendre que la crise se calme. Et les gens s'étonnent que plus personne ne respecte le Congrès ! Certes, l'influence du lobby n'est plus aussi prégnante qu'elle ne l'était autrefois. Le discours public à propos d'Israël, la politique des USA vis-à-vis d'Israël et le lobby lui-même ont sensiblement changé ces dernières années, et un nombre croissant de journalistes, de blogueurs et d'experts - comme Andrew Sullivan, Juan Cole, Peter Bernart, M.J. Rosenberg, Max Blumenthal, Phyllis Bennis, Bernard Avishai, Sara Roy, Mitchell Plitnick, David Remnick, Phil Weiss et même (à l'occasion) Thomas Friedman du New York Times - sont prêts à s'exprimer et à écrire franchement sur ce qui se déroule au Proche-Orient. Bien que la plupart des Américains soutiennent ouvertement l'existence d'Israël - tout comme moi-même - leur sympathie pour un Israël qui agit plus comme Goliath que comme David s'érode. Les rangs des sceptiques incluent un nombre croissant de jeunes Juifs américains, qui ne trouvent pas grand-chose à admirer et beaucoup à détester dans les actions d'Israël, et qui y sont bien moins dévoués que les générations précédentes. Les groupes pour la paix, comme J Street et Jewish Voice for Peace, reflètent cette tendance et montrent que l'opinion parmi les Juifs américains est loin d'être unitaire. En outre, l'AIPAC et autres groupes de pression jusqu'au-boutistes n'ont pas réussi à convaincre l'administration Obama d'intervenir en Syrie, et ils ont été incapables de convaincre les administrations Bush ou Obama de lancer une attaque préventive contre l'infrastructure nucléaire iranienne. Ils ont également échoué à faire dérailler les négociations nucléaires avec Téhéran - du moins jusqu'à présent - et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Evidemment, pousser les Etats-Unis vers une nouvelle guerre au Moyen-Orient n'est pas une chose facile pour quelque groupe d'intérêt que ce soit, mais ces revers montrent que même ce « Léviathan parmi les lobbies » n'obtient pas toujours gain de cause. Mais le lobby parvient toujours à maintenir environ 3 milliards de dollars d'aide à Israël chaque année ; il peut toujours empêcher les présidents des Etats-Unis d'exercer une pression significative sur Israël, et il peut toujours obtenir que les Etats-Unis mettent leur veto à chaque fois qu'une résolution critiquant Israël est proposée au conseil de sécurité des Nations Unies. Cette situation explique pourquoi l'administration Obama n'a fait aucun progrès vers la solution « deux Etats pour deux peuples » : si Israël obtient un soutien généreux de la part des Etats-Unis quoi qu'il fasse, pourquoi ses dirigeants devraient-ils se préoccuper des demandes de Washington ? Obama et son ministre des Affaires étrangères John Kerry n'ont pu que demander à Netanyahou de faire preuve d'un meilleur jugement, et l'on a vu le résultat ! Cette situation est une tragédie pour toutes les parties concernées, et notamment pour Israël. Un Grand Israël ne peut être rien d'autre qu'un Etat d'apartheid, et un nationalisme d'exclusion ethnique de ce type n'est pas soutenable au 21ème siècle. Les citoyens arabes d'Israël finiront pas exiger des droits égaux, et ainsi que l'ancien Premier ministre Ehoud Olmert avait prévenu en 2007, une fois que cela se sera produit, « cela en sera fini de l'Etat d'Israël ». Malheureusement, l'AIPAC, l'Anti-Defamation League, la Conférence des Présidents des Principales Organisations Juives et les groupes sionistes chrétiens assortis continuent de faire preuve d'une grave pathologie d'esprit borné. Parce que défendre Israël quoi qu'il fasse est leur principale raison d'être (et central à leurs levées de fonds), ils sont incapables de voir qu'ils aident Israël à tomber dans le précipice. De façon similaire, ces membres dociles du Congrès qui signent lâchement les résolutions élaborées par l'AIPAC ne sont pas de vrais amis d'israël. Ce sont de faux amis qui prétendent l'aimer mais qui ne sont réellement intéressés qu'à se faire réélire. Un jour, les historiens se pencheront sur cette période et se demanderont comment la politique des Etats-Unis au Moyen-orient a pu être aussi inefficace et si éloignée de leurs prétendues valeurs - sans parler de leurs intérêts stratégiques. La réponse se trouve dans la nature fondamentale du système politique américain, qui permet à des groupes d'intérêt bien organisés et bien financés d'exercer un pouvoir important au Capitole et à la Maison Blanche. Dans ce cas, le résultat est une politique qui est mauvaise pour toutes les parties concernées : surtout pour les Palestiniens, mais aussi pour les Etats-Unis et Israël. Tant que l'influence du lobby n'aura pas faibli ou que les politiciens n'auront pas développé une volonté plus forte, les Américains espérant de meilleures résultats au Moyen-orient feraient mieux de s'habituer à la déception et de se préparer à plus de problèmes. Par Stephen M. Walt Stephen M. Walt est professeur d'affaires internationales à l'Ecole de Gouvernement John F. Kennedy de l'université d'Harvard. article original : AIPAC Is the Only Explanation for America's Morally Bankrupt Israel Policy Traduction [ JFG-QuestionsCritiques]

PALESTINE. L'appel de Marwane BARGHOUTI

Publié le par Mahi Ahmed

~~PALESTINE. L'appel de Marwane BARGHOUTI ‎Hier ‎28 ‎juillet ‎2014, ‏‎15:51:00 | Saoudi Abdelaziz Prison d’Hadarim, cellule 28 Permettez-moi tout d'abord de saluer notre peuple, les martyrs tués au cours de la barbare agression israélienne contre la bande de Gaza, notamment les enfants, les femmes et les personnes âgées, de saluer le soulèvement populaire à Jérusalem, en Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël ainsi que les mouvements de résistance. De ma cellule étroite, parmi les milliers de Palestiniens emprisonnés, je souligne ce qui suit: Je condamne l'agression barbare contre notre peuple en soulignant que c'est une agression contre toute la Palestine et la totalité de notre nation, contre tous les Arabes, les musulmans, tous les gens épris de liberté à travers le monde, J'appelle les dirigeants palestiniens, à commencer par le Comité exécutif de l'OLP, le Comité central du Fatah, le président Mahmoud Abbas, son gouvernement, la direction de la bande de Gaza, de prendre part, aux côtés de notre peuple, dans la bataille constante de résistance, de la levée du siège et de la reconstruction, J'appelle notre peuple à lancer un mouvement populaire massif et à prendre part aux manifestations contre l'agression et l'occupation, « La nécessité de lever le blocus inhumain contre notre peuple dans la bande de Gaza, d'assurer l'ouverture de tous les passages, aussi bien qu’à veiller à l'ouverture du passage de Rafah immédiatement et de façon permanente, J'appelle les services de sécurité palestiniens et les forces nationales à défendre leurs obligations en protégeant nos citoyens dans tout le pays, Il est important de saisir à nouveau l'Organisation des Nations Unies pour obtenir la totalité de l’adhésion de l'Etat de Palestine, et d’accéder à toutes les conventions et institutions assurant la protection des droits de notre peuple, à commencer par la Cour pénale internationale, Le chemin de la liberté et de la dignité est pavé de sacrifices. Les nations ne doivent pas baisser les bras, elles ne peuvent pas être vaincues et doivent refuser de coexister avec l'oppression et l'occupation. Notre peuple a des ressources inépuisables pour poursuivre la lutte. Nous avons l'obligation de transformer son sacrifice en victoires politiques les portant au plus près de la liberté et de l'indépendance. Notre peuple doit unifier ses efforts pour en finir avec l'occupation et incarner l'unité nationale qui constitue la loi de la victoire pour les peuples opprimés. Enfin, je dis à notre peuple palestinien, partout où qu’il soit : notre rencontre prochaine viendra bientôt, tout comme ces barreaux de prison, comme le siège, l'oppression et l'occupation, seront vaincus. Marwan Barghouti Prison d’Hadarim, cellule 28 Source: Le blog de José Fort

Le dilemme de Poutine <br>par Mike Whitney

Publié le par Mahi Ahmed

~~Le dilemme de Poutine <br>par Mike Whitney ‎Aujourd’hui ‎9 ‎juillet ‎2014, ‏‎il y a 2 heures | Comité Valmy Le dilemme de Poutine « La dernière décennie du XXe siècle a connu un changement tectonique dans les affaires mondiales. Pour la première fois, une puissance non-Eurasienne a émergé, non seulement comme un arbitre clé des relations de pouvoir en Eurasie, mais aussi comme pouvoir suprême dans le monde. » (p. xiii) « Maintenant, une puissance non-Eurasienne est devenue prééminente en Eurasie. – Et la primauté mondiale de l'Amérique dépend directement de la durée et de l'efficacité de sa prépondérance maintenue sur le continent eurasiatique » (p.30)Extraits du livre Le Grand Échiquier : la Primauté Américaine et ses Impératifs Géostratégiques, Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997 « On nous avait promis à Munich, après la réunification de l'Allemagne, aucune expansion de l'OTAN n'aura lieu à l'Est. Ensuite, l'OTAN s'est élargie en ajoutant les anciens pays du Pacte de Varsovie, les anciens pays de l'URSS, et j'ai demandé : “Pourquoi faites-vous cela ? ” Et ils m'ont répondu : ” Ce n'est pas votre affaire.” » – Le président Russe Vladimir Poutine, conférence de presse à Moscou, avril 2014 Les États-Unis se trouvent dans une véritable phase de déclaration de guerre avec la Russie. Les décideurs politiques à Washington ont déplacé leur attention depuis le Moyen-Orient vers l'Eurasie, où ils espèrent atteindre la partie la plus ambitieuse du projet impérial : établir des bases d'opérations avancées tout au long du flanc Ouest de la Russie, pour arrêter l'intégration économique entre l'Asie et l'Europe, et pour commencer l'objectif longtemps recherché de démembrer la Fédération de Russie. Tels sont les objectifs de la politique actuelle. Les États-Unis ont l'intention d'étendre leurs bases militaires en Asie centrale, de se saisir des ressources vitales et des corridors de pipelines, et d'encercler la Chine pour pouvoir contrôler sa croissance future. Cette poussière en Ukraine indique que la cloche de départ a déjà sonné et que l'opération est déjà entièrement en cours de déroulement. Comme nous le savons par expérience, Washington va poursuivre sa stratégie sans relâche tout en s'affranchissant de l'opinion publique, du droit international ou de la condamnation des adversaires et des alliés de la même façon. La seule superpuissance du monde n'a nul besoin d'écouter quiconque. Il s'agit d'un droit en soi. Ce modèle, est bien sûr, infaillible. Il commence avec des sanctions de type doigts moralisateurs qui agitent l'économique, et de la rhétorique incendiaire, et puis rapidement, il se transforme en bombardements furtifs, attaques de drones, destruction massive des infrastructures civiles, des millions de réfugiés fuyant les villes et les villages décimés, des escadrons de la mort, du carnage humain en gros, de vastes destructions de l'environnement, et la lame stable en échec l'anarchie de l'État… Tout ceci étant accompagné par la répétition fade de la propagande étatique vomie de tous les porte-voix de l'entreprise dans les médias occidentaux. N'est-ce pas la façon dont les choses se sont déjà déroulées en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ? En effet, ils l'ont fait. Et maintenant, c'est au tour de Moscou. La survie de Poutine et celle de la Fédération de Russie dépend dans une très large mesure de sa capacité à saisir la nouvelle réalité rapidement et de s'adapter en conséquence. S'il décide d'ignorer les signes avant-coureurs qui sont tant espérés par Washington qui ne saurait être apaisé ou bien les hommes qui dictent la politique étrangère des États-Unis qui seraient peut-être persuadés d'abandonner le soi-disant « pivot vers l'Asie », il pourrait faire face à la même fin que Saddam Hussein ou Kadhafi. Donc, la première priorité est tout simplement d'accepter le fait que la guerre a commencé. Toutes ses futures décisions politiques doivent provenir de cette connaissance de base. Alors qu'est-ce que Poutine sait déjà ? Il sait que la CIA, le Département d'État des États-Unis et les pseudo-ONG américano-financées ont été directement impliqués dans le coup d'Etat de Kiev. Il sait (à partir de messages téléphoniques piratés) que c'était la main de Washington dans le choix des dirigeants de la junte. Il sait que la Maison Blanche et l'OTAN ont déjà sapé l'esprit de l'accord de Genève de vendredi en menaçant d'intensifier les sanctions économiques et en prévoyant de transférer davantage d'actifs militaires aux pays baltes, ainsi que 10.000 troupes terrestres américaines en Pologne et des navires de guerre américains supplémentaires en Mer Noire. Il sait que des décideurs politiques de haut rang des États-Unis l'ont diabolisé dans les médias en tant que nouvel Hitler, un surnom qui est immanquablement connoté d'objectifs d'agression par Washington. Et il sait aussi que l'équipe Obama grouille de néo-cons sanguinaires et de guerriers froids récalcitrants qui n'ont jamais abandonné l'idée de faire éclater la Russie en petits morceaux, de pouvoir piller ses ressources, et d'installer une marionnette des États-Unis à Moscou. À cette fin, les médias occidentaux ont façonné un récit absurde en prétendant que la Crimée fait partie d'un plan « diabolique » de Poutine pour reconstruire l'Union soviétique et revenir aux jours de gloire de l'Empire russe. Bien qu'il n'y ait aucun point à réfuter dans cette allégation risible, il convient de noter que de nombreux journalistes ont contesté l'exubérance des médias en analysant la couverture de propagande gérée par l'Etat. Voilà comment Robert Parry l'a résumé dans un article récent : « Au cours de mes quatre plus grandes décennies dans le journalisme, je n'ai jamais assisté à un tel spectacle de partialité et de tromperie aussi élaboré par les plus grands médias d'actualité grand public des États-Unis. Même à l'époque de Ronald Reagan … il y avait plus d'indépendance dans les principaux organes de presse. Il y a eu aussi beaucoup de bousculades des médias au large de la falaise de la réalité pendant la guerre du Golfe Persique de George HW Bush et de la guerre en Irak de George W. Bush, qui ont tous deux été manifestement coutumiers de fausses allégations qui ont pu être si facilement avalées par les grands organes de presse américains. Mais il y a quelque chose de tout à fait orwellien dans la couverture actuelle de la crise en Ukraine, y compris le fait d'accuser les autres de « propagande » quand leurs explications… se révèlent beaucoup plus honnêtes et plus précises que ce que le corps de presse tout entier des États-Unis a mis en production…. La désinvolture de cette propagande … n'est pas seulement du journalisme de la honte, mais c'est aussi particulièrement imprudent de malversation au péril de la vie de nombreux Ukrainiens et de l'avenir de la planète. » (« Ukraine, à travers le miroir des Etats-Unis », Robert Parry, SmirkingChimp ) Malheureusement, le brouillard de la propagande générée par l'État permet de maintenir le public en grande partie dans l'obscurité sur les motifs réels du conflit actuel, ainsi que l'histoire sordide de l'hostilité américaine envers la Russie. Voici un court texte de présentation d'un article paru sur le site World Socialist Web Site qui aide à couper à travers la BS et qui fournit un peu plus d'éclairage sur ce qui se passe réellement : « Lorsque l'Union soviétique s'est effondrée à la fin de 1991, Dick (Cheney) voulait obtenir non seulement le démantèlement de l'Union soviétique et de l'empire russe, mais celui de la Russie elle-même, de sorte qu'elle ne puisse plus jamais constituer à nouveau une menace pour le reste du monde, », écrit l'ancien secrétaire à la Défense, Robert Gates, des États-Unis, dans ses mémoires récemment publiées. Gates faisait allusion à l'époque où Dick Cheney était ministre de la Défense, et plus tard vice-président américain. Ces déclarations éclairent sous un jour nouveau les dimensions géopolitiques du putsch récent en Ukraine. Ce qui est en jeu, ce ne sont pas tant de simples questions de nationalité, et encore moins la lutte contre la corruption et pour la démocratie, mais bien au contraire une lutte internationale pour le pouvoir et l'influence qui remonte à un quart de siècle. “( Les dimensions géopolitiques du coup d'état en Ukraine , Peter Schwarz, World Socialist Web Site) Le Conseiller en Sécurité Nationale du président Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, constitue bien le principal architecte de la politique actuelle. Dans son désormais classique « Le Grand Échiquier … La suprématie américaine Et Ses impératifs Géostratégiques », Brzezinski argumente que les États-Unis ont un besoin vital de devoir contrôler la masse continentale de l'Eurasie et d'en repousser ses rivaux potentiels, afin de maintenir sa position dominante en tant que seule et unique superpuissance au monde. Les critiques affirment que ce livre est un modèle pour une dictature mondiale, une revendication qui est bien difficile à contester étant donné l'accent particulièrement maniaque de Brzezinski sur ce qu'il qualifie « de la suprématie mondiale de l'Amérique. » Voici quelques extraits du texte qui éclairent bien les réflexions de l'auteur sur l'expansion US en Asie : « L'Amérique est maintenant la seule superpuissance mondiale, et l'Eurasie devient l'arène centrale du globe. Par conséquent, ce qui va se passer tout autour de la distribution de l'énergie sur le continent Eurasien sera d'une importance décisive pour la primauté mondiale de l'Amérique et de l'héritage historique de l'Amérique. » (P.194) « Il s'ensuit que l'intérêt principal de l'Amérique est d'aider à s'assurer qu'aucune puissance unique ne soit en mesure de contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale n'aura aucune entrave à son accès financier et économique ». (P148) … « La consommation d'énergie dans le monde est appelée à augmenter considérablement au cours des deux ou trois prochaines décennies. Selon les estimations du Département de l'Énergie des Etats-Unis, ils s'attendent à ce que la demande mondiale augmentera de plus de 50 % entre 1993 et 2015, la hausse la plus significative de la consommation se produisant en Extrême-Orient. La dynamique de développement économique de l'Asie suscite déjà des pressions énormes pour l'exploration et l'exploitation de nouvelles sources d'énergie et les régions de l'Asie centrale et du bassin de la mer Caspienne sont connues pour contenir des réserves de gaz naturel et de pétrole qui éclipsent celles du Koweït, du Golfe du Mexique ou de la mer du Nord. » (p.125) … »… « La manière dont l'Amérique gère « l'Eurasie » devient critique. L'Eurasie constitue le plus grand continent du monde et un axe géopolitique. La puissance capable de dominer l'Eurasie contrôlerait deux des trois régions les plus avancées et économiquement productives du monde. … Environ 75 % des habitants de la planète vivent en Eurasie, et la plupart de la richesse physique du monde se trouve concentrée là aussi, à la fois dans ses entreprises et dans son sous-sol. L'Eurasie représente environ 60 % du PNB de la planète et environ les trois quarts des ressources énergétiques connues du monde entier » p.31) … (Extraits de « Le Grand Échiquier : la Primauté Américaine et ses Impératifs Géostratégiques » – Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997) Pris dans son ensemble, « l'Échiquier » de Brzezinski revient finalement à une stratégie plutôt simple pour gouverner le monde. Le plan comporteTout ce que l'on doit faire, c'est de se saisir de l'approvisionnement énergétique critique et des lignes de transport en commun, d'écraser ses rivaux potentiels, et de subvertir les coalitions régionales, ou encore ce que Brzezinski désigne avec désinvolture, « empêcher les barbares de se mettre ensemble. » cependant des risques considérables, (la Russie détient pas mal d'armes nucléaires, après tout…), mais les risques sont largement compensés par la perspective de domination mondiale incontestée pour un avenir prévisible. Le problème avec la politique de Washington en Ukraine, c'est qu'elle laisse très peu d'options à Poutine. S'il déploie des troupes pour défendre l'ethnie Russophone à l'Est, alors Obama va immédiatement exiger des sanctions économiques supplémentaires, une zone « d'exclusion aérienne », le déploiement de l'OTAN, et la coupure du gaz naturel et des produits pétroliers en Europe. D'un autre côté, si Poutine ne fait rien, alors les attaques contre les personnes russophones en Ukraine (comme la fusillade de dimanche à un poste de contrôle de l'Est avec trois morts.) vont s'intensifier et les États-Unis vont fournir un soutien logistique militaire en secret aux extrémistes néo- nazis du ministère de l'Intérieur, tout comme ils l'ont déjà fait avec les terroristes djihadistes en Syrie et en Libye. Cela va entraîner l'Ukraine dans une guerre civile dévastatrice qui pourrait endommager l'économie de la Russie et saper la sécurité nationale. Quelle que soit l'option que vous pouvez envisager, la Russie perd dans tous les cas. Le journaliste David Paul a résumé la situation dans un article du Huffington Post intitulé « Oubliez le baratin, Poutine tient une main perdante ». Il a expliqué : « La formulation stratégique de Brzezinski est conçue pour améliorer la puissance américaine dans la région sur le long terme, et que Poutine arrive à trouver un moyen de se retirer ou bien qu'il choisisse d'envahir n'a finalement aucune importance. Quel que soit le choix que fait Poutine… en fin de compte il va servir les intérêts de l'Amérique, même si une guerre civile ukrainienne et une crise de l'énergie en Europe doivent faire partie du prix à l'arrivée. » ( Huffington Post ) C'est tout le dilemme de Poutine, qui consiste à tenter de choisir le chemin qui est le moins susceptible d'aggraver la situation et de plonger plus profondément l'Ukraine dans l'abîme. Pour l'instant, le choix semble évident, c'est juste qu'il faut tout simplement s'asseoir bien à l'abri, résister à la tentation de s'impliquer, et ne rien faire d'irréfléchi. Finalement, cette retenue pourra être considérée comme de la force et non plus de la faiblesse et il sera en mesure de jouer un rôle plus constructif en conduisant l'Ukraine vers la paix et la sécurité. MIKE WHITNEY vit dans l'État de Washington. Il est un contributeur à Espoir : Barack Obama et sa politique de l'Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une édition Kindle. Il peut être contacté à fergiewhitney@msn.com . par MIKE WHITNEY – http://www.counterpunch.org/2014/04/23/putins-dilemma/ Traduction Libre © Didier ARNAUD Reprise, mise en ligne CV : le 9 juillet 2014

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