Mercredi 5 mars 2014 3 05 /03 /Mars /2014 20:14

 Ils peuvent interdire le Parti communiste, ils ne pourront pas bâillonner les idées communistes ! »

 

Petro Simonenko, secrétaire-général du Parti communiste d'Ukraine interviewé par Sergei Lozounko, pour le journal de Kiev « 2000 »

 

 

 

Question : Petro, nous nous rencontrons dans une période très difficile, ce qui se passe dans le pays sera le principal objet de notre conversation. Mais je voudrais commencer par cette question : pourquoi le groupe du Parti communiste continue-t-il à travailler dans le Parlement ? Franchement, beaucoup sont perplexes. J'ai souvent entendu l'idée qu'il se passe des événements importants, certains disent un coup d'Etat dans le pays, et que les communistes votent comme si de rien n'était. Alors pourquoi ?

 

Réponse : Je vous remercie de cette question. Je vous préviens, ma réponse ne sera pas courte. Revenons à la fin de la semaine dernière, le président qui fuit, le Premier ministre qui disparaît, les collectivités locales et les organismes chargés de faire respecter la loi qui sont paralysés, le pays s'enfonce rapidement dans le chaos : la violence contre les manifestants, la confusion autour des « Titouschki » [NdT : agents provocateurs, bandes de hooligans tantôt à la solde du pouvoir ou de l'opposition], de l'exigence du renvoi des « Berkut » [NdT : Forces anti-émeutes du gouvernement], et des forces de la police militaire, et tout simplement le pillage généralisé, qui n'avait plus rien de politique.

 

Donc, les communistes ont pris la décision responsable et réfléchie de continuer à travailler dans le Parlement. Faire tout notre possible pour atténuer les peines des gens du peuple. Le plus simple aurait été de claquer la porte, de quitter le Parlement. Nous sommes restés, nous pensions que c'était ce qui était juste, cela l'était.

 

 

Q : Le Parlement n'a jamais été aussi actif depuis dix ans. Les lois passent, personne ne les bloquent, le système parlementaire fonctionne. Mais en même temps, il subsiste beaucoup de doutes sur la légitimité de toutes ses lois. Etes-vous d'accord avec cela ?

 

R : Beaucoup de votes sont politiques ou, comme nous devons le dire, des actes à la légalité politique. Pendant que le sang coulait, la principale chose qui devait être tranchée, c'était comment empêcher une nouvelle escalade de la violence, que de nouvelles victimes tombent. Par conséquent, dans ces circonstances, il était juste de rétablir la Constitution de 2005, les députés ont pris la responsabilité de cela. Mais pour les projets de loi, résolutions avec lesquels nous étions fondamentalement en désaccord, nous ne les avons pas voté.

 

 

Q : L'Ukraine connaît peut-être le moment le plus dramatique de son histoire. Je voudrais entendre votre analyse des événements en cours. Quelles sont les chances que la situation se stabilise ? A-t-on passé les moments les plus durs de la crise ?

 

R Dramatique, c'est un euphémisme ! C'est la période la plus tragique, oui ! Pour la première fois depuis l'indépendance, les batailles politiques ont dégénéré en combat réel, il y a eu effusion de sang, des gens sont morts.

 

L'intégrité territoriale de l'Ukraine a été menacée, son existence même en tant qu’État unifié, indépendant et souverain. Cela signifie une menace pour le bien-être, la santé, les vies de millions de personnes. Et je ne parle pas de l'effondrement de l'économie et du système de Sécurité sociale.

 

Les événements offrent un tableau contrasté : que les manifestations aient été suivies par des centaines de milliers de personnes, cela en dit long sur le mécontentement par rapport au régime de Ianoukovitch, qui a dirigé le pays de façon maladroite, a trompé les gens, et n'a tenu aucune de ses promesses de campagne.

 

Tous les agissements du gouvernement précédent visaient à enrichir un petit groupe de personnes, c'était du vol, du népotisme. Et il s'est produit d'une manière si patente que le fils du président est devenu milliardaire en une seule année. Ce dans un contexte de paupérisation totale. La corruption, l'arbitraire bureaucratique, l'impossibilité de pouvoir obtenir justice devant les tribunaux, ces phénomènes négatifs ont acquis une dimension tout simplement catastrophique. L'autorité est en faillite totale et, au moment décisif, il n'y a eu personne pour la défendre. Les forces de l'ordre qui ont défendu les bâtiments gouvernementaux, et n'ont fait qu'obéir aux ordres, ont été limogées. Elles ont été trahies et abandonnées. Par le président, les ministres, les députés, ceux du « Parti des régions ».

 

Cependant, il faut dire que les manifestations n'ont pas acquis la nature d'un affrontement de classes. En fait, il s'agit d'un combat entre deux groupes de la même classe d'exploiteurs : la bourgeoisie oligarchique. Est-ce que les oligarques de l'opposition sont-ils mieux que ceux du « Parti des régions » ? Exploitent-ils moins les travailleurs, profitent-ils moins de la paupérisation des masses ?

 

Il suffit à cette « opposition » dirigée par divers clans oligarchiques, leurs partenaires étrangers, de poursuivre ses propres objectifs géopolitiques, de canaliser la colère, de diriger cette vague pour faire – appelons un chat un chat – un coup d’État. Mais, en fait, les gens des deux côtés ne sont pas morts pour leurs propres intérêts, mais pour les intérêts d'une poignée d'oligarques.

 

Avons-nous passé le pic de la déstabilisation et de l'anarchie ? Non. CE N'EST QUE LE DEBUT !

 

On ne va pas laisser tomber Lénine !

 

Q : Ces derniers jours en Ukraine, ont été détruits des dizaines de monuments en l'honneur de Lénine. Quand, en décembre dernier, on a détruit un monument à Kiev, cela a même suscité des condamnations dans les camps de l'opposition. Maintenant ce que l'on appelle les « Léninopades » [NdT :chutes de monument de Lénine]sont devenues monnaies courantes. Que pensez-vous de cette vague de vandalisme ?

 

R : La destruction massive de monuments de Lénine caractérise bien l'idéologie de ceux qui se trouvaient à Maidan et qui aujourd'hui ont pris le pouvoir en Ukraine. Des monuments de Lénine, ils sont passés à ceux en l'honneur des libérateurs de l'Armée rouge, qui ont nettoyé l'Ukraine de la peste brune, et maintenant à Brody c'est un monument en l'honneur du Maréchal Koutouzov. Le 23 février, un groupe de voyous à Fastiv a emmené le « Drapeau de la victoire » [NdT : drapeau de l'Union soviétique planté par les soldats de l'Armée rouge sur le Reichstag, symbolisant la victoire sur le nazisme] sur la place centrale et l'a piétiné.

 

Hélas, de telles actes barbares ne sont pas analysés correctement ni par les représentants du nouveau gouvernement, ni par les représentants officiels de l'UE et des Etats-unis, qui ont inspiré et soutenu « Euro Maidan » en Ukraine. Les nazis ont démoli les monuments de Lénine quand ils sont entrés en territoire occupé, leurs partisans idéologiques aujourd'hui font de même.

 

C'est la démonstration claire du fait qu'ils sont prêts à mettre en place un ordre nouveau dans le pays, nazi au fond.

 

Il est tout à fait évident que de telles actions n'ont rien de commun avec les valeurs européennes, ni avec la démocratie, ni les représentations élémentaires qu'on peut se faire de la moralité humaine.

 

Personne n'a demandé aux gens, aux habitants quels monuments ils voulaient garder intacts, et lesquels ils voulaient déboulonner. Tout cela se passe de façon déchaînée, j'ose dire terroriste, arbitraire. De toute évidence, il y a aussi la tentative de montrer qui est le patron. Et tout cela sous un verbiage sur la nécessité de conserver l'intégrité du pays. Mais est-ce que ces actions contribuent à la préservation de l'unité – quand on crache à la visage de millions de citoyens ukrainiens, je m'excuse pour l'image. C'est une provocation.

 

Vous l'avez fait remarqué fort justement, les protestations que cela a soulevé même chez les partisans de Maidan (la destruction de la statue de Lénine à Kiev), ce qui était inconcevable à l'échelle de tout un pays est devenu en un éclair, un acte routinier. Que c'est dangereux, si ce n'est effrayant !

 

Je tiens à souligner qu'ils ne réussiront pas à débarrasser l'Ukraine des monuments de Lénine. Parce que parmi les monuments de Lénine, on trouve la station hydro-électrique du Dniepr, l'usine d'armement « Ioujmach », les chantiers navals, les usines d'aéronautique, l'industrie métallurgique, les installations de machines-outils, autrement dit – tout ce qui a été créé dans l’État soviétique de Lénine, cet État des ouvriers, paysans, travailleurs intellectuels, et qui existe aujourd'hui encore en Ukraine.

 

Mais, malgré tout, cela redonne du baume au cœur, de l'espoir, que les gens ne perdent pas le sens de l'humour. Apprendre, par exemple, qu'à la station de métro « Théâtre », où on a démonté une représentation murale de Lénine, les habitants de Kiev ont fait circuler la blague : pourquoi on ne démonterait pas le métro, comme « héritage de l'époque totalitaire » ?

 

Avec la destruction des monuments de Lénine, la vie ne sera pas meilleure, les salaires, les retraites n'augmenteront pas, la corruption ne disparaîtra pas, la justice sociale ne sera pas instaurée. Mais l'hostilité entre les différentes régions, entre les citoyens va s'exacerber, c'est sûr.

 

La destruction massive des monuments va se développer de tous les côtés – par les activistes, le nouveau gouvernement puis toute l'Ukraine.

 

Quant à Lénine, c'est une figure de niveau mondial. Si je puis utiliser les termes de Pouchkine : « Il a érigé un monument superbe, durable ». Donc, essayez de le détruire, peine perdue. Effacer la mémoire de Lénine, pire détruire ses idées : c'est tout simplement impossible.

 

 

Q : Vous ne pouvez pas dire que le pays reste silencieux. La destruction de monuments provoque des protestations, mais les gens sont absolument sans défense et craignent le pire, ils achètent des produits et ont peur de sortir de leur maison le soir.

 

R : C'est dur à dire, mais vous avez raison. Nos concitoyens commencent à s'habituer à ce à quoi une personne normale, a priori, devrait s'indigner. L'Ukraine se résigne à ce que de façon incroyable on puisse facilement arrêter quelqu'un, faire une perquisition, lui saisir des affaires personnelles. Le pays s'habitue à ce que chez nous on fasse irruption dans une maison pour la voler ou l'incendier. Si l'orgie actuelle n'est pas stoppée, j'ai peur que nous puissions tomber dans l’abîme.

 

 

Q : Vous-mêmes, personnellement, vous avez souffert de ces cambrioleurs.

 

R : Oui mais cela ne concerne pas une maison, mais la totalité du phénomène. Aujourd'hui, ils brûlent les maisons des communistes – demain cela peut être celle de n'importe qui. « Maidan » clamait à la tribune des slogans démocratiques, autour des valeurs européens, pendant que régnaient le chaos, le pillage, le banditisme !

 

Vous savez que l'on a saccagé le siège du Comité central du Parti communistes. Des actes de vandalisme ont eu lieu dimanche et lundi. Maintenant, on a cassé des ordinateurs, des documents ont été brûlés. C'est seulement grâce aux résidents de l'immeuble, sympathisants du KPU, auxquels nous sommes très reconnaissants, que nous avons pu prévenir un incendie criminel.

 

En ce moment, comme le disait un camarade du parti, la démocratie ukrainienne est un masque pour agir une matraque à la main. Ces pilllards et ces voyous – quel que soit le parti ou l'organisme auxquels ils appartiennent – Maidan ou Anti-Maidan, doivent se voir opposer l'attitude la plus ferme qui soit.

 

On était, est et on reste le parti d'opposition populaire

 

Q : Au moment où on parle, 72 députés du Parti des régions ont déjà fait faux bond. Du côté du Parti communiste : aucun. Cela est au crédit de votre parti. Vous restez dans le Parlement. Avez vous l'intention de participer à tel ou tel nouveau gouvernement ?

 

Notre parti a déjà déclaré que nous sommes dans l'opposition au pouvoir. Aller à la quête au strapontin dans un gouvernement, il n'en est pas question.

 

Dans le même temps, je dis, si on propose des projets de loi qui correspondent à notre programme, le KPU est prêt à leur donner ses voix.

 

Un exemple, a été soumis au vote un projet de loi sur la nationalisation de la résidence Mezhyhiria (ancien palais du président Vikotr Ianoukovitch), les communistes ont voté pour à l'unanimité. Qu'on redonne, comme nous communistes l'avons toujours dit, au peuple tout ce que les oligarques ukrainiens lui ont volé !

 

 

Q : Petro, vous vous exprimez avec beaucoup d'assurance, mais vous savez que la proposition monte d'interdiction du Parti communiste. Au Parlement, un projet de loi a été déposé en ce sens. Quelle est la probabilité que de telles initiatives débouchent sur votre interdiction ?

 

Dans les circonstances actuelles, on ne peut rien exclure. Y compris l'adoption de mesures anti-constitutionnelles de ce type. Mais parler de démocratie, de pluralisme politique, de triomphe des principes européens, alors ce sera juste absurde. Cette interdiction ne sera qu'un acte de répression, une tentative d'imposer la pensée unique dans le pays.

 

Le Parti communiste, comme nous le savons bien, a déjà été interdit. Ceux qui l'ont fait on dû admettre qu'ils agissaient en dehors de tout cadre légal.

 

Je le déclare, clair et net, le Parti communiste, ils peuvent l'interdire, mais ils ne pourront pas bâillonner les idées communistes !

 

Et nous ne sommes pas seuls, l'annonce de ces projets d'interdiction du Parti communiste a provoqué un tollé chez tous les partis de gauche en Europe, des condamnations ont même été émises depuis la Chine et le Vietnam. Et bien sûr, les partis communistes des républiques sœurs d'ex-URSS ont été les premiers à répondre présents.

 

 

Q : Se préparent aussi des projets de loi sur la « lustration » (chasse aux sorcières anti-communistes dans l'administration publique)

 

R : Nous résisterons à l'adoption de cette loi mais il est évident qu'en cas de « purge anti-corruption », un seul groupe résistera au Parlement : celui du Parti communiste.

 

 

Q : Ne vous attendez-vous pas, même de manière symbolique, à une amélioration du sort des travailleurs, à des mesures allant vers le rétablissement de la justice sociale, après la « révolution » ?

 

R : Pas du tout. Les leaders de Maidan ont joué et continuent à jouer sur des slogans sociaux et, après la victoire, ils ont organisé des visites, des tours pour faire étalage du luxe kitsch de ces demeures princières des anciens gouvernants. Mais pourquoi ne pas avoir invité les gens à venir chez eux pour montrer que vous, vous n'êtes pas de ceux-là ?

 

Personne n'a porté à une telle initiative, tout comme personne n'a « proposé de venir rendre visite » directement aux oligarques, et tout le monde comprend pourquoi.

 

En effet, je me répète, il ne s'agit pas de quitter le système actuel de pillage du pays pour juste changer les « bénéficiaires ». Au peuple, désolé, on a jeté un os à ronger en le baladant dans ces palais luxueux pour le détourner des vraies causes de la crises, et des moyens d'en sortir.

 

Regardez : en ne pointant pas les oligarques, aucun des dirigeants de la « révolution » ne propose la la voie la plus claire et la plus juste de sortie de l'impasse économique : la nationalisation des biens appartenant à l'oligarchie, pour que les profits n'aillent pas dans ces palais luxueux mais pour des salaires décents, des retraites, des bourses d'étude, pour le développement d'infrastructures en pleine décrépitude.

 

Non, le nouveau gouvernement veut résoudre ces problèmes en passant un prêt avec le FMI, dont les termes sont dans les intérêts du capital international, ce qui conduira les gens à se serrer toujours plus la ceinture : hausse des prix et des tarifs, gel des allocations, retraites et salaires. C'est le résultat direct de la « révolution » : puisque l'on sait d'où on doit attendre l'aide, l'aide financière de la Russie, dans ces circonstances, va cesser.

 

Et encore, pourquoi on ne supprime pas cette réforme anti-populaire de la santé, pourquoi on ne revient pas sur la réforme des retraites. Mais l'ancienne opposition qui maudit le « Parti des régions » est pour ces réformes !

 

 

Défendre les travailleurs, renforcer le parti, éviter la guerre civile

 

Q : Je peux vous demander ce que le parti va faire dans l'immédiat. Quels sont les objectifs et la voie tracée par le KPU ?

 

R : Poursuivre nos efforts. Nous n'abandonnerons pas notre peuple, tout le monde le sait. On vous a parlé des actes de vandalisme contre le siège central et les bureaux régionaux du Parti. Les vandales se sont eux-mêmes auto-proclamés « groupes d'auto-défense », « centuries noires ». Ces gens là viennent vraiment de Maidan ? Après tout, il n'y avait pas là-bas de slogans anti-communistes. Non, ce sont des voyous envoyés par ceux qui veulent contrôler la vie politique du pays.

 

Avec le Parti des régions, c'est facile – il s'est disloqué en un rien de temps. Mais nous, communistes, comme vous l'avez dit, on a fait bloc, on a pas cédé. C'est à ce moment-là qu'a commencé cette campagne brutale. Notez que c'est arrivé soudainement : une attaque contre le Comité central, les comités régionaux, des raids à nos domiciles. Et puis ils ont balancé des calomnies dans les médias. Par exemple, on a dit qu'on m' « aurait vu » dans un hôtel à Moscou. Ma réponse à ceux qui essaient de me discréditer : j'étais ici, en Ukraine, où je rencontrais les militants du parti sur le terrain.

 

Pour moi, la calomnie n'est pas une chose nouvelle, ce n'est pas une surprise. Je comprends aussi que, pendant la campagne électorale, l'opposition d'hier veuille piquer, sur le traitement des questions sociales, les slogans du Parti communiste. Et puisque les communistes sont les défenseurs authentiques du peuple, une ligne que nous ne lâcherons pas, ils sont passés à la persécution organisée contre nous. Finalement, les voyous, avec derrière eux les oligarques, ont pris le pouvoir et, sous couvert de Maidan, ils ont organisé la terreur.

 

 

Q : Petro, que voudriez-vos dire à vos camarades, sympathisants ?

 

R : En premier lieu, je souhaite remercier tous ceux qui sont restés fidèles à nos idéaux, ceux qui n'ont pas fui ni trahi – ni le parti, ni nos électeurs.

 

Dans ces circonstances, la tâche la plus importante est de conserver la structure, les effectifs, les cadres du Parti, de faire preuve de vigilance pour ne pas succomber aux provocations. Il est important d'utiliser toute opportunité d'expliquer ce qui se passe aux travailleurs, ses conséquences dangereuses pour les travailleurs – à savoir la détérioration de la situation économique, la hausse du chômage et de l'endettement, la baisse des salaires et des retraites, l'augmentation des prix et des tarifs, la criminalité galopante.

 

Quant à la direction du Parti, au groupe parlementaire, nous ferons tout notre possible pour, dans ces conditions très difficiles, défendre les intérêts des travailleurs, renforcer le parti, défendre l'Ukraine et éviter la guerre civile.

 

 

Q : Notre journal est lu par de nombreux partisans de Maidan. Peut-être pouvez-vous leur adresser quelques mots.

 

 

R : Avant tout, je demanderais aux partisans de Maidan de se rappeler les raisons pour lesquels ils sont descendus dans la rue, sous quels slogans ils protestaient : contre l'arbitraire, contre le régime de non-droit, contre la violence. Pour la démocratie, pour l'Etat de droit, pour le respect strict de la Constitution, pour les droits politiques, pour les droits civils, pour les droits de l'Homme. Et bien, tous les efforts de la nation doivent se diriger vers un processus qui aille dans ce sens, ne permettant plus le règne du non-droit et de la violence.

  • window.___gcfg = {lang: 'fr'};  

  •  

  •  

  • inShare0

     

Par Mahi Ahmed - Publié dans : Information
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 mars 2014 3 05 /03 /Mars /2014 20:14

Quand le soleil se couche sur la sublime ville de Sotchi, l’Occident jaloux monte en scène

par Daniel Patrick Welsh

Pour l’artiste états-unien Daniel Patrick Welsh, la crise ukrainienne révèle la vraie nature de l’Empire américain : contrairement au discours dominant, les fascistes ne sont pas un épiphénomène local, qui perturbent une révolution démocratique. C’est un élément central de la stratégie de puissance de Washington qui est précisément aux mains de personnalités extrémistes. Nous devons nous réveiller et considérer que notre plus grand ennemi, c’est le gouvernement fédéral des États-Unis.

Réseau Voltaire | 5 mars 2014 http://www.voltairenet.org/squelettes/elements/images/ligne-rouge.gif

English 

+-

JPEG - 22.7 ko

John McCain avec le leader néo-nazi du Parti Svoboda Oleh Tyahnibok, Kiev, le 15 Décembre, 2013

Tout d’abord , affranchissons-nous des petites formalités. Je suppose qu’on pourrait dire que ce n’était pas un coup fasciste pourvu que l’on ignore sa violence et sa nature ouvertement fasciste. Il doit être clair aux yeux de tous, ces pom-pom girls acclameuses de printemps arabes, ces libéraux, ces aficionados de la troisième voie et ces radicaux qui, pour paraphraser un ami , ont tendance à voir tout rassemblement de plus de 100 personnes comme un mouvement de masse et une excuse pour intervenir, suivant quiconque : « ou les socialistes , ou les fascistes, ou de grandes files d’attente aux toilettes ».

Mais le show ambulant des « changements de régime » se fait vieux, et certains d’entre nous n’ont pas été dupes. Soyons clairs lorsque nous utilisons ce slogan démuni de sens et vieillot du président des États-Unis : le problème n’est pas à propos de « certains fascistes » ou d’« éléments marginaux » ou de la présence « inattendues » de fascistes « dans les rangs » d’un « mouvement de protestation pacifique ». Désolé, je suis à court de guillemets. Le fait simple est que les fascistes sont désormais au pouvoir en Ukraine : les fascistes maintiennent des points de contrôle à travers Kiev, les fascistes gardent les bâtiments gouvernementaux, les fascistes prennent le contrôle des arsenaux militaires. L’Hôtel de ville de Kiev a été décoré avec une énorme bannière du héros nazi de Svoboda, Stepan Bandera.

Et pour éviter que les néo-nazis de Svoboda ne fassent toutes les manchettes des journaux —si seulement une presse occidentale complice et servile permettrait que cela atteignent ses manchettes— ils ne sont pas les seuls fascistes dans la ville. Pour ne pas être en reste, le voyou de droite Oleksander Muzychko, promit à la tribune de Maidan qu’il se « battrai contre les Juifs et les Russes jusqu’à ce que je meurs », et a appelé à la criminalisation de la langue russe et à ce que 500 de ses fidèles saisissent le site du patrimoine mondial de Kiev, Petchersk Lavra, un ancien monastère chrétien orthodoxe.

Dans la chasse d’eau de la démocratie, il est maintenant connu que la grande majorité des « voix » à la Rada furent le fruit de tactiques prétendument nationalistes comme la séquestration de tous les députés du Parti communiste, entre autres, la menace et la contrainte d’autres parlementaires, et la poursuite de la violence à coup de poings tout au long de l’épreuve. Les opposants ont été battus, leurs familles menacées, et on les a avertis qu’ils seraient pourchassés pendant dix ou quinze ans s’ils ne se pliaient pas.

Le rabbin ukrainien Moché Reuven Azman a demandé aux juifs ukrainiens de quitter Kiev et le pays si possible. Un ami qui, disons simplement n’a pas l’air « pur » ukrainien, faisait des plans pour sortir sa famille avant la fin de la semaine, reconnaissant que Kiev était déjà dangereux. Tu commences à te sentir mal à l’aise avec le résultat de ta politique, premier président noir ? C’est sur ​​votre tête. La nature suprématiste blanche du putsch devient plus apparente si on fait un zoom arrière pour voir les marches et les bons vœux d’autres partis fascistes de l’Aube dorée en Grèce, à l’Espagne et autres. Refais un zoom avant pour obtenir plus de clarté pour voir les drapeaux voler maintenant le long du portrait nazi de Stepan, y compris, entre autres, le drapeau confédéré états-unien et la croix d’Odin. Mais le lynchage des Africains noirs en Libye n’a pas exactement suscité une crise de conscience ... c’est peut-être tout simplement pas le bon moment.

Et rien de tout cela n’est secondaire ou la suite d’une perte de contrôle, mais plutôt ça fait partie du plan depuis le début. Personne, ni les bureaucrates de l’Union européenne, ni l’omniprésent John McCain, ni Victoria Nuland ou qui que ce soit de leurs équipes ne peuvent maintenant affirmer qu’il n’était pas au courant et pris au dépourvu. Pour activer la vieille antienne diplomatique, il peut y avoir déni, mais il n’est tout simplement pas plausible. C’était le plan depuis le début. Leurs marionnettes, de la milliardaire meurtrière Ioulia Timochenko au boxeur Viktor Klitchko, montraient toujours une façade. La violence néonazie n’est pas fortuite ou involontaire, elle fait partie intégrante de l’ensemble du scénario. C’est la violence fasciste qui anime le tout, et le financement et l’organisation de ces groupes est une pièce maîtresse de la guerre de quatrième génération menée par l’Empire dès maintenant d’un État à l’autre

Les États-Unis, destructeurs des nations, protecteurs des fascistes, exploiteurs des Forces les plus sombres sur ​​Terre, montrent une fois de plus leurs mains qui s’étendent trop loin afin de cimenter leur réputation de plus grande menace pour la paix dans le monde. Avec leurs États vassaux européens, les États-uniens semblent presque désespérés de prouver qu’ils échappent à tout semblant de droit international, et même à la loi du karma. Ignorants et arrogants à l’extrême, ses fonctionnaires ne cessent de rabâcher ouvertement qu’ils sont « le pays le plus puissant sur ​​la terre ».

La Tempête impériale qui s’est abattue sur l’Ukraine devrait rendre évident où le danger actuel réside. Ces forces horribles cherchent rien de moins que la destruction totale de la Russie, et un contrôle complet de la planète. J’ai eu un peu de longueur d’avance, lorsque j’étudais avec certains d’entre eux au département d’histoire slave d’Harvard. Ces fanatiques russophobes étaient et sont des gens dangereux. Les États-uniens ne se rendent pas compte que pratiquement tout ce qu’ils pensent qu’ils savent de la Russie a été écrit et réécrit par cette cabale d’élite, ces haïsseurs des Russes. 35 ans plus tard, ça me donne encore des frissons.

Dire qu’il est temps de se réveiller n’est qu’un cliché à ce stade. Mais il est grand temps de reconnaître que l’alliance croissante entre la Russie et la Chine, avec le reste de la coalition BRICS et les pays du Sud, est la seule force capable d’arrêter ces obsédés des changements de régime qui saccagent le monde à l’heure actuelle. L’Empire s’est trop étendu une fois encore. L’histoire et les peuples du monde prendront leur revanche. La politique n’est pas l’homéopathie : aucune solution diluée n’obtiendra miraculeusement le résultat inverse, et les écrits qui partagent la responsabilité des « deux côtés » sont improductifs à cette heure tardive, et très dangereux. Il est nécessaire de laisser de côté nos hésitations et nos tergiversations, de renoncer à savoir quelle aventure impériale nous devons soutenir ou critiquer, mais d’adopter une position ferme et de dire où se trouve le danger et qui est notre plus grand ennemi. C’est ce que nous devons faire, ou sinon nous suicider.

Daniel Patrick Welsh

Traduction
Roger Lagassé

 

Par Mahi Ahmed - Publié dans : Géopolitique et Mondialisation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 mars 2014 3 05 /03 /Mars /2014 20:13

Pourquoi c'est une stratégie de la tension

Manlio Dinucci

La guerre pour le contrôle de l'Ukraine a commencé : avec une puissante psyop, opération de guerre psychologique, où sont utilisées les armes de distraction de masse déjà expérimentées. Les images avec lesquelles la télévision bombarde nos esprits nous montrent des militaires russes qui occupent la Crimée. Aucun doute, donc, sur qui est l'agresseur.

On nous cache par contre d'autres images, comme celle du secrétaire du parti communiste ukrainien de Leopoli, Rotislav Vasilko, torturé par les néo-nazis qui brandissaient une croix en bois (voir communiqué de Contropiano). Les mêmes qui assaillent les synagogues au cri de « Heil Hitler », en ressuscitant le pogrom de 1941.

Les mêmes financés et entraînés pendant des années, à travers des services secrets et leurs « ONG », par les USA et l'OTAN. On a fait la même chose en Libye et on est en train de le faire en Syrie, en utilisant des groupes islamistes jusque récemment définis comme terroristes. Il y a dix ans nous documentions sur il manifesto (cf. Ukraine, le dollar va aux élections, 2004) comment Washington avait financé et organisé la « révolution orange » et l'ascension à la présidence de Viktor Yushchenko, qui voulait amener l'Ukraine dans l'OTAN.
Il y a six ans, décrivant la manœuvre militaire « Sea Breeze » opérée en Ukraine à l'enseigne de « Partenariat pour la paix », nous écrivions que « la "brise de mer" qui souffle sur la Mer Noire préannonce des vents de guerre » (cf. Jeux de guerre en Mer noire, 2008 ).

Pour comprendre ce qui est en train de se passer en Ukraine l'arrêt sur image d'aujourd'hui ne suffit pas, il faut regarder tout le film. La séquence de l'expansion à l'Est de l'OTAN, qui en dix ans (1999-2009) a englobé tous les pays de l'ex Pacte de Varsovie auparavant alliés de l'URSS, trois de l'ex URSS et deux de l'ex Yougoslavie ; qui a déplacé ses bases et forces militaires, y compris celles à capacité nucléaire, toujours plus adossées à la Russie, en les armant d'un « bouclier » anti-missiles (instrument non pas de défense mais d'offensive). Ceci, malgré les avertissements répétés de Moscou, ignorés ou tournés en dérision comme « stéréotypes dépassés de la guerre froide ».

La véritable mise, dans cette escalade, n'est pas l'adhésion de l'Ukraine à l'Ue, mais l'annexion de l'Ukraine à l'OTAN. Cette stratégie USA/OTAN est une véritable stratégie de la tension qui, au-delà de l'Europe, vise à redimensionner la puissance qui a conservé la plus grande partie du territoire et des ressources de l'URSS, qui s'est reprise de la crise économique de l'après-guerre froide, qui a relancé sa politique extérieure (cf. le rôle joué en Syrie), qui s'est rapprochée de la Chine en créant une alliance potentielle en mesure de faire contraposition à la superpuissance étasunienne.

A travers cette stratégie on pousse la Russie (comme on le fit avec l'URSS) à une course aux armements de plus en plus coûteuse, avec l'objectif de l'épuiser en en augmentant les difficultés économiques internes qui pèsent sur la majorité de la population, en la coinçant dans les cordes pour qu'elle réagisse militairement et puisse être mise au ban des « grandes démocraties » (d'où la menace de l'exclure du G8).

La représentante étasunienne à l'ONU Samantha Power, paladin d'une « responsabilité de protéger » revenant de droit divin aux Etats-Unis, a demandé l'envoi d'observateurs Osce en Ukraine. Les mêmes qui, conduits par Wil¬liam Wal¬ker, auparavant dirigeant des services secrets étasuniens au Sal¬va¬dor, servirent en 1998-99 de couverture à la Cia au Kosovo, en fournissant à l'Uck des instructions et des téléphones satellitaires pour la guerre que l'OTAN était sur le point de déclencher.

Pendant 78 jours, décollant surtout des bases italiennes, 1100 avions effectuèrent 38mille sorties, en lançant 23mille bombes et missiles. La guerre se termina avec les accords de Kumanovo, qui prévoyaient un Kosovo largement autonome, avec garnison de l'OTAN, mais toujours à l'intérieur de la souveraineté de Belgrade. Accords déchirés en 2008 avec l'indépendance autoproclamée du Kosovo, reconnue par l'OTAN et qui casse l'Union européenne même (Espagne, Grèce, Slovaquie, Roumanie et Chypre ne la reconnaissent pas). Cette OTAN qui, par la bouche de Rasmussen, accuse aujourd'hui la Russie de violer en Ukraine le droit international.

Edition de mardi 4 mars de il manifesto
http://ilmanifesto.it/perche-e-una-strategia-della-tensione/
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio

 

Par Mahi Ahmed - Publié dans : Géopolitique et Mondialisation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 15 février 2014 6 15 /02 /Fév /2014 17:12

Je suis dans l'impossibilité , pour des raisons de santé, d'alimenter le blog. Je demande votre compréhensions et votre patience

Mahi Ahmed

Par Mahi Ahmed
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 janvier 2014 3 15 /01 /Jan /2014 17:40

Ariel Sharon, la fin d’un criminel de guerre

dimanche 12 janvier 2014, par Alain Gresh

Le général Ariel Sharon s’est donc éteint le samedi 11 janvier 2014, après de longues années de coma. Le président François Hollande a publié un communiqué qualifié par Le Point de « lapidaire » : il « a été un acteur majeur dans l’histoire de son pays. Après une longue carrière militaire et politique, il a fait le choix de se tourner vers le dialogue avec les Palestiniens. Je présente mes condoléances sincères à sa famille et au peuple d’Israël ».

On a connu effectivement des textes plus chaleureux, mais fallait-il vraiment présenter ses condoléances au peuple d’Israël ? Il aurait mieux valu les offrir aux Palestiniens et aux milliers de victimes dues aux actions directes de cet officier.

Lire « Saint Sharon », Le Monde diplomatique, février 2006.La plus célèbre, si l’on peut dire, est celle des camps de Sabra et Chatila. Mais le parcours de Sharon est jonché de cadavres et il n’est pas inutile de rappeler quelques-uns de ses exploits.

Le premier connu eut lieu le 14 octobre 1953 dans le village de Qibya, en Cisjordanie (à l’époque sous souveraineté jordanienne). En représailles à une action de commandos palestiniens qui avait fait plusieurs victimes civiles, l’unité 101 de l’armée israélienne, sous le commandement de Sharon, pénètre dans le village et dynamite une cinquantaine de maisons avec leurs habitants. Bilan : soixante-neuf morts palestiniens.

Lors de l’agression israélienne contre l’Egypte en octobre 1956 (qui fait suite à la nationalisation de la compagnie du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser), une unité commandée par Sharon s’empare de la passe de Mitla. On devait apprendre en 1995 que plusieurs dizaines de prisonniers égyptiens, mais aussi une cinquantaine d’ouvriers capturés par hasard ainsi qu’une cinquantaine de fedayin palestiniens avaient été tués lors de cette opération (parmi d’autres massacres durant la guerre de 1956 révélés dans les années 1990 — lire la biographie de Sharon dans Les 100 clés du Proche-Orient, Alain Gresh et Dominique Vidal, Fayard, Paris, 2011) ; et aussi la magnifique bande dessinée de Joe Sacco, Gaza 1956. En marge de l’histoire, Futuropolis, Paris, 2010).

Il faudrait dire aussi un mot du « rétablissement de l’ordre » à Gaza en 1970-1971, une opération qui a duré des mois et a abouti à la destruction de centaines de maisons, et à la mort d’un nombre incalculable de Palestiniens (avez-vous remarqué que, dès qu’il s’agit de morts palestiniens, on ne connaît jamais les chiffres exacts ? Ils forment toujours une masse sans noms et sans visages).

Mais les exploits les plus éclatants de Sharon sont les massacres de Sabra et Chatila, qui ont lieu à la suite de l’invasion israélienne du Liban à l’été 1982, invasion qui en soit est déjà un crime passible de la justice internationale et qui provoquera des milliers de morts.

Lire « Les antécédents du général Sharon », Le Monde diplomatique, novembre 2001. Human Rights Watch rappelle, dans un communiqué publié le 11 janvier 2014, « Israel : Ariel Sharon’s Troubling Legacy. Evaded Prosecution Over Sabra and Shatilla Massacres » sa responsabilité dans les massacres des (camps palestiniens) Sabra et Chatila au Liban, durant lesquels des centaines (là aussi les chiffres varient, mais sans doute plus d’un millier) de Palestiniens, hommes, femmes, vieillards et enfants furent sauvagement exterminés. Ces atrocités ont été commises par les Phalanges libanaises, alliées d’Israël, sous l’oeil de l’armée israélienne qui encerclait les camps palestiniens.

« En février 1983, la Commission Kahane, commission officielle d’enquête israélienne sur ces événements, note HRW, a estimé que “Sharon n’a pas pris sérieusement en considération… le fait que les phalangistes étaient susceptibles de commettre des atrocités...” La commission a estimé que le mépris que Sharon avait manifesté “à l’égard de la possibilité d’un massacre” était “impossible à justifier”. Elle a recommandé sa destitution en tant que ministre de la défense. Il est resté dans le cabinet israélien en tant que ministre sans portefeuille et est devenu plus tard premier ministre en 2001, poste qu’il a occupé jusqu’à son attaque (cérébrale) en janvier 2006.

Les autorités judiciaires israéliennes n’ont jamais mené une enquête criminelle pour déterminer si Sharon et d’autres responsables militaires israéliens portaient une responsabilité pénale. En 2001, les survivants (des massacres de Sabra et Chatila) ont porté plainte en Belgique pour demander que Sharon soit poursuivi en vertu de la “compétence universelle” de la loi belge. Des pressions politiques ont conduit le Parlement belge à modifier la loi en avril 2003 et à l’abroger purement et simplement en août, ce qui amena le plus haut tribunal de Belgique à abandonner l’affaire contre Sharon au mois de septembre. »

Sur les changements de la loi en Belgique, on pourra lire Pierre Péan, « La bataille de Bruxelles », Le Monde diplomatique, septembre 2002.

De nombreux témoignages montrent que le rôle de l’armée israélienne ne fut pas seulement « passif ». Le journaliste israélien (et collaborateur du Monde diplomatique Amnon Kapeliouk l’avait montré dans un livre célèbre publié à chaud, Sabra et Chatila, enquête sur un massacre (Le Seuil, Paris, 1982). Il allait y revenir à plusieurs reprises, notamment dans un article publié dans Le Monde diplomatique (juin 1983), « Les insuffisances de l’enquête israélienne sur les massacres de Sabra et Chatila ».

« L’un des défauts les plus graves du rapport Kahane est relatif à la question de la responsabilité du massacre. Sur ce point, les conclusions de la commission sont en contradiction avec les faits qu’elle-même rapporte. L’armée israélienne a occupé Beyrouth-Ouest ; elle était donc responsable de la paix et de la sécurité de sa population civile, aux termes des lois internationales les plus élémentaires. D’ailleurs, le prétexte invoqué pour justifier son entrée à Beyrouth-Ouest était bien la volonté “d’éviter les risques de violences, les effusions de sang et le chaos” (§ 41).
Le 16 septembre 1982, au lendemain de l’occupation de Beyrouth-Ouest, le bureau du ministre de la défense diffuse un document où il est dit notamment : “F) Un seul élément, et cet élément sera l’armée israélienne, commandera les forces sur le terrain. Quant à l’opération dans les camps, ce sont les Phalanges qui y seront envoyées” (§ 32).
Selon l’interprétation du chef du bureau des renseignements militaires de l’armée, “cela signifiait que toutes les forces opérant sur le terrain, y compris les Phalanges, se trouveraient sous l’autorité de Tsahal et agiraient selon ses directives”
(ibid.). »

(…)

« Après quoi, les trois enquêteurs (de la commission Kahane) affirment que la responsabilité de MM. Begin, Sharon, Eytan, etc. est indirecte. La meilleure réponse à cette affirmation est venue de la plume d’Amos Oz, le plus connu des écrivains israéliens : “Celui qui invite l’éventreur du Yorkshire à passer deux nuits dans un orphelinat de jeunes filles ne peut ensuite prétendre, en voyant l’amoncellement de cadavres, qu’il s’était entendu avec lui pour qu’il se contente de laver la tête des enfants.” Le romancier Izhar Smilansky a lui aussi ironisé : “On a lâché des lions affamés dans l’arène. Ils ont dévoré des hommes. Donc les lions sont coupables.” D’après le paragraphe 298 du code pénal israélien de 1977, “sera accusé de meurtre quiconque aura provoqué par un acte ou par une incurie la mort d’une personne”. Le paragraphe 26 du même code définit les complices d’un meurtre et les considère comme des responsables directs. Comment ne pas conclure alors que la responsabilité israélienne était directe avant le début du massacre, et à plus forte raison après l’entrée des “forces libanaises” dans les camps. »

Autant de crimes pour lesquels Sharon ne sera jamais jugé. Et les pays occidentaux, si prompts à envoyer devant la Cour pénale internationale tel ou tel dictateur africain, ont tout fait pour éviter que le général ait des comptes à rendre devant la justice (les responsables israéliens en général, ceux qui sont responsables de la guerre du Liban de 2006 comme de l’invasion de Gaza en 2008-2009, ont aussi échappé à tout procès et ils sont accueillis à bras ouverts en Europe ou aux Etats-Unis). Comment une telle partialité n’alimenterait pas les discours complotistes et antisémites tels que les véhicule Dieudonné ? Israël (et les juifs à travers le monde, bien sûr, puisqu’Israël se veut l’Etat du peuple juif) dirigerait le monde. La meilleure manière de combattre ces dérives est d’affirmer clairement qu’un crime contre l’humanité est un crime contre l’humanité, qu’il soit commis par un général israélien ou par un président soudanais. On en est loin.

 

Par Mahi Ahmed - Publié dans : Géopolitique et Mondialisation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Texte Libre

UNE SOLUTION, PAS LA GUERRE

par K.Selim

 

L'Egypte doit impérativement sortir du dangereux face-à-face qui se déroule dans la rue et qui peut à tout moment, à la suite d'une provocation ou d'une manipulation, déraper vers l'irréparable. Il y a déjà eu trop de sang versé tandis que les discours de haine s'accumulent. Ce pays où des pans entiers vivent dans la pauvreté a besoin de stabilité pour remettre en marche une machine économique grippée.

Et ce ne sont pas les douze milliards de dollars que les monarchies salafistes du Golfe ont mis à disposition pour soutenir l'éviction des Frères musulmans qui seront décisifs. C'est bien la capacité des Egyptiens à trouver une issue, par eux-mêmes, qui est essentielle. Aujourd'hui, ce sera encore des démonstrations de rue entre partisans de Mohamed Morsi et ses adversaires qui soutiennent la décision de l'armée de le démettre. Cela n'a rien de surprenant. Cela fait des mois qu'on fait jouer à la rue un rôle politique démesuré et qu'on la présente, au nom de la «révolution», comme un substitut aux urnes. Les Frères musulmans et leurs partisans s'installent dans la protestation qui semble, apriori, vaine. Les militaires qui n'ont pas été vraiment critiqués à l'extérieur pour avoir destitué Mohamed Morsi n'accepteront pas de « faire marcher la montre à rebours ».

Les Frères musulmans semblent cultiver le rêve ou l'ambition de rééditer l'éclatante victoire de Chavez contre les putschistes qui l'ont démis. Cela paraît un objectif irréaliste même s'ils affichent leur «foi» et leur détermination à rester dans la rue jusqu'au rétablissement de Morsi. Et s'ils n'ont pas les moyens d'arracher le rétablissement de Morsi à son poste, ils ont une réelle capacité à maintenir une mobilisation permanente au Caire et dans le reste du pays qui entrave un retour à la normale. Il y a eu, jusqu'à présent, une centaine de morts dont plus de la moitié dans la tuerie devant le siège de la Garde républicaine. Les choses se déroulent, depuis, de manière pacifique mais sur un fond de tension extrême. Personne n'est en mesure d'assurer que des débordements n'auront pas lieu, c'est la loi de la «rue». Surtout quand elle est investie par des mouvements massifs.

LES APPELS A LA RECONCILIATION ET A UNE ISSUE POLITIQUE DU CONFLIT ENTRE LES FRERES ET L'ARMEE PARAISSENT BIEN PALES DEVANT LES SIGNES DE DURCISSEMENT DU BRAS DE FER. DES PARTISANS DE MORSI LAISSENT ENTENDRE QU'ILS POURRAIENT SE RENDRE A NOUVEAU DEVANT LE SIEGE DE LA GARDE REPUBLICAINE, THEATRE D'UN CARNAGE QUI A ACCENTUE LA MEFIANCE. LES MEDIAS EGYPTIENS SONT GLOBALEMENT DANS UN DISCOURS TRES VIOLENT CONTRE LES FRERES MUSULMANS A QUI ILS REPROCHENT, EN DEFINITIVE, DE FAIRE USAGE COMME LEURS ADVERSAIRES DE L'EXPLICATION PAR LA RUE. L'ANNONCE D'UNE ENQUETE POUR «ESPIONNAGE», «INCITATION A LA VIOLENCE ET DESTRUCTION DE L'ECONOMIE» CONTRE LE PRESIDENT MORSI N'EST PAS, C'EST UN EUPHEMISME, UN SIGNE D'APAISEMENT. CERTAINS ADVERSAIRES DES FRERES MUSULMANS EMPORTES DANS UN ELAN ERADICATEUR FORCENE EN APPELLENT A EN DECOUDRE EN FAISANT VALOIR QU'ILS NE REPRESENTENT QUE «25%» DES EGYPTIENS. SANS SE RENDRE COMPTE QU'IL SUFFIRAIT QU'UN PETIT POURCENTAGE DE CES EGYPTIENS BASCULE DANS LA VIOLENCE POUR QUE LES CHOSES SE DEGRADENT DE MANIERE TERRIFIANTE. CE NE SONT PAS LES MILLIARDS DU GOLFE QUI RESOUDRONT LES PROBLEMES. L'EGYPTE A BESOIN D'UNE SOLUTION. PAS D'UNE GUERRE. MEME SI LA FORMULE EST SOUVENT CREUSE OU VAINE, IL FAUT ESPERER QU'IL Y A DES «SAGES» DANS LES DEUX CAMPS.

 

Présentation

  • : http://algeriedebat.over-blog.com/
  • http://algeriedebat.over-blog.com/
  • : Débattre pour avancer ensemble Politique
  • : Ce site est proposé à tous les algériennes et algériens , jeunes et non moins jeunes, à tous ceux d'ailleurs qui ont notre pays au coeur et qui veulent le voir avancer dans le sens d'un progrès continu , de la démocratie , de la justice sociale et de la paix
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés