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Quelques avis sur la révision de la constitution

Publié le par Mahi Ahmed

Quelques avis sur la révision de la constitution

1.Rédaction d’Alger Républicain

Vente concomitante et pièges de la révision constitutionnelle : encore plus à droite ! (1)

jeudi 4 février 2016

par Alger republicain

Le Parlement, Assemblée nationale et Conseil de la Nation réunis, a été convoqué par le président de la République pour se prononcer sur son projet de révision de la Constitution. Il a entamé ses travaux hier.

En définitive, le chef de l’Etat a écarté le recours au référendum. Comme ce fut le cas lors des deux dernières révisions, le chef de l’Etat a préféré soumettre son texte au vote, acquis d’avance, de ceux qu’il considère comme les « représentants » élus du peuple. Cette procédure a été utilisée en avril 2002 pour donner à tamazight le statut de langue nationale à la suite des grandes manifestations qui avaient éclaté en Kabylie en avril 2001. La révision effectuée en novembre 2008, à quelques mois de l’élection présidentielle d’avril 2009, avait supprimé la limitation de la rééligibilité du chef de l’Etat sortant.

I. Les classes laborieuses ne se sentent pas concernées par la révision constitutionnelle

En privilégiant cette procédure, le régime semble avoir cherché à éviter le risque de s’exposer à un désaveu retentissant face une désaffection populaire patente.

La bourgeoisie dans son ensemble voit d’un bon oeil les amendements portant sur les questions économiques (voir plus bas). Jamais depuis Chadli un régime n’était allé aussi loin dans la satisfaction de ses revendications.

Les partis et journaux exprimant les vues de certaines fractions des couches moyennes continuent pour diverses raisons, pas forcément bonnes, à manifester leur mécontentement. On aura noté que leurs critiques portent sur la méthode de la révision et sur la perpétuation des pratiques arbitraires du pouvoir mais pas sur le contenu économique des amendements retenus. Cette question fondamentale est éludée, ce qui veut dire quelle est honteusement approuvée, que ce soit par le RCD, le parti de Benflis, les partis islamistes ou divers mouvements de circonstance.

Le débat préalable à cette révision a été absent. Par l’entremise d’Ouyahia et de Bensalah, le pouvoir a préféré consulter les partis et les personnalités considérées par lui comme représentatives sur son premier projet d’amendements de mai 2014. Il a fallu donc attendre 18 mois pour que le projet final vienne au jour.

Plus d’une centaine d’amendements ont été introduits. Il est difficile, au milieu de cette avalanche de nouveaux articles ou d’articles réécrits, et en l’absence de véritables débats contradictoires, de faire la différence entre l’essentiel et l’accessoire, d’identifier les avancées progressistes, s’il y en a, et de repérer les pièges des formulations sournoises et des petites phrases insérées au milieu de déclamations solennelles, dont les courants politiques animés par des objectifs opposés aux aspirations des masses ont le secret depuis l’indépendance.

Le pouvoir a soigneusement évité toute discussion publique approfondie de son projet qui aurait permis de faire la lumière sur les dispositions dangereuses et négatives contredisant les aspirations au respect des libertés démocratiques, à la nécessité d’empêcher les ennemis de la démocratie de prendre le pouvoir par les voies légales, de permettre aux citoyens d’exercer leurs droits à contrôler le fonctionnement de l’Etat, de préserver l’indépendance réelle du pays, de préserver le droit absolu de l’Etat d’intervenir directement dans les sphères économiques pour assurer le développement et l’indépendance du pays, à travers ses entreprises.

La grande masse de la population oppose aux méthodes louvoyantes du pouvoir son indifférence à ses projets et à ses calculs, attendant le moment le plus propice pour faire entendre sa voix. Ce qui la préoccupe, ce sont d’abord le fléau de la corruption devenu une caractéristique inhérente au régime et à l’ensemble des appareils d’Etat, l’impunité des fonctionnaires véreux et l’arbitraire des responsables outrepassant leurs prérogatives ou méprisant le peuple. Ce sont les pratiques d’un régime qui est le premier à ne respecter ni la Constitution ni ses propres lois. C’est le fait que le régime entrave l’action politique des masses, manipule à sa guise les scrutins électoraux pour installer des caisses de résonance à sa disposition. Ce sont la dégradation du pouvoir d’achat par suite des mesures d’austérité adoptées depuis l’été dernier, l’étalage insolent des nouvelles fortunes qui possèdent désormais non seulement d’énormes biens meubles et immeubles en Algérie et à l’étranger mais surtout des journaux et des chaînes de TV au moyen desquels elles abreuvent le peuple de propagande réactionnaire, de thèmes de diversion et de faux « scoops ». C’est le traitement des affaires de corruption par les tribunaux, depuis l’affaire Khalifa, jusqu’à celles de l’autoroute et de Sonatrach, qui n’a en rien contribué à assainir la situation, seul le menu fretin étant jeté en pâture.

L’inquiétude est grande également devant les manœuvres des grandes puissances qui ont déstabilisé la région et conspirent pour semer dans le pays les troubles propices à son éclatement et à l’accaparement de ses richesses naturelles en exploitant ses problèmes internes et en s’appuyant sur les groupes criminels masqués sous le voile de la religion.

La population ne voit pas en quoi ses préoccupations seront mieux entendues si la réégibilité du chef de l’Etat est limitée à une seule fois comme le prévoit un des amendements ou si le candidat à l’élection présidentielle doit détenir une nationalité d’origine unique et avoir résidé en Algérie durant les 10 années précédant l’élection. Au fond elle accueille avec un rire franc la petite manœuvre visant à écarter d’une l’élection présidentielle des individus pittoresques non programmés par les « décideurs », comme ce fameux Nekkaz qui, en guise de protestation contre son éviction « déloyale », entreprit une marche à pieds de l’est du pays jusqu’à la capitale.

Pour la majorité des citoyens la seule vraie question est de savoir en quoi une révision constitutionnelle, quand bien même elle pourrait renfermer des avancées positives sur le papier, serait la baguette magique qui ferait disparaître les inégalités, l’exploitation, les méthodes mafieuses d’enrichissement, les pratiques méprisantes de gouvernement, les dangers d’ingérences.

Autrement dit l’exigence qui transparaît implicitement de cette indifférence est celle d’un changement radical et non d’une simple opération conjoncturelle de ravalement de la façade pour complaire à divers clans et diverses officines étrangères. Régime présidentiel ou régime parlementaire, constitution aidant à libérer la mobilisation populaire en vue d’une évolution politique progressiste ou au contraire cocktail de mesures justifiant le statu-quo ou la régression, constitution à teneur capitaliste ou socialiste, octroyée d’en haut ou imposée par un mouvement populaire ? Ce sont au fond des questions qui ne peuvent être éludées. Les aspirations des masses populaires, des classes laborieuses finiront un jour par y mener.

II. Y a-t-il des éléments positifs dans cette révision ?

Pour le moment, c’est par rapport à la création ou non des conditions propices au développement de la mobilisation populaire que pourrait éventuellement permettre cette révision qu’il faut juger de la signification et de la portée pratique de ces amendements. Or, de ce point de vue on est loin, très loin du compte.

D’une manière générale les droits reconnus aux citoyens ont subi un recul sérieux par rapport à la Constitution de 1989 et même à celle de 1996. Ils sont tous grevés de conditions restrictives soumises à des lois organiques ou à des lois d’application dont le contenu est déterminé par l’Exécutif et entériné par sa machine parlementaire à voter.

Malgré cet aspect régressif, ceux qui ont envie de voir les choses de façon positive, au vu de l’arbitraire actuel, peuvent relever des éléments qui pourraient confirmer jusqu’à un certain point leur optimisme :

Thamazight est érigée en langue officielle. Elle ne jouira cependant pas du statut de langue officielle d’Etat au même titre que la langue arabe. Les actes concrets montreront ce que signifient réellement ce statut particulier. On peut aussi voir cette avancée sous un autre angle. Celui de la tactique consistant à gagner au pouvoir des soutiens politiques, l’essentiel étant de faire entériner des virages sur des questions considérées comme plus cruciales pour la consolidation des positions des classes possédantes et de leurs alliances externes.

Au plan des droits des individus, les amendements donnent l’impression que leur protection est renforcée contre les pratiques arbitraires :

Article 41 ter : Le délit de presse ne peut être sanctionné par une peine privative de liberté.

Article 44 : L’interdiction d’entrée ou de sortie du territoire national ne peut être ordonnée que par une décision motivée de l’autorité judiciaire.

Article 45 bis : Les personnes démunies ont droit à l’assistance judiciaire.

Article 47 : la détention provisoire est une « mesure exceptionnelle ».

Article 48 : La personne gardée à vue doit être informée aussi de son droit à entrer en contact avec son avocat.

Mais il faut lire et comparer attentivement les changements introduits. Répétons-le, ces articles sont pour la plupart repris de la Constitution de 1989. Mais, comme pour l’exercice du droit de grève, par exemple, l’application de tous ces droits est soumise à des conditions qui devront être précisées dans des lois. La nouveauté est la quasi-généralisation de ce procédé conditionnel à tous les droits.

Autrement dit, ce que confirme la pratique du pouvoir depuis des années, la loi demeurera de facto supérieure à la Constitution. Et cette loi ou ces lois sont caractérisées par des restrictions qui transforment de fait les droits constitutionnels en formules creuses ou purement décoratives. On pourrait éprouver un certain réconfort en se disant qu’après tout, cette Constitution révisée a le mérite de codifier sans masque la pratique de l’arbitraire des hommes qui nous gouvernent. Elle assortit l’exercice d’un droit par des restrictions et des limitations qu’un Parlement aux ordres de l’Exécutif s’empresse de voter mécaniquement, sans hésitations ni murmures. En se donnant la liberté « constitutionnellement » consacrée de limiter les droits des citoyens selon leurs « bon plaisir » ou leurs calculs tactiques conjoncturels, les classes dirigeantes n’auront plus besoin, par l’entremise de leur pouvoir, de se draper sous le voile de l’hypocrisie pour enfreindre les principes de la Constitution.

Le régime actuel rompt ainsi avec un état de fait où ses pratiques étaient en contradiction complète avec la Constitution de 1996 qui avait gardé pour la forme nombre de principes contenus dans celle de 1989. Le régime de Zeroual avait déjà ouvert la voie à cette pratique scélérate. Il avait complètement révisé la loi sur les partis dans un sens contraire aux libertés démocratiques proclamées dans la Constitution. Et il avait obtenu pour ce faire l’accord de divers chefs de partis démocratiques (RCD, ANR) ou de partis islamistes « modérés », comme on les qualifie, tous intéressés par la détention d’un monopole politique. L’opération avait été menée sous le faux prétexte d’empêcher l’utilisation de la démocratie à des fins anti-démocratiques par les formations intégristes engagées dans la violence terroriste. Le caractère fallacieux de cette rhétorique est clairement apparu avec la révision du droit syndical en 1996 pour combler les voeux du patronat.

Nos dirigeants ont l’art de laisser croire que les restrictions et la violation des droits des citoyens sont imposées par la menace terroriste et les dérapages engendrés par l’action subversive de courants hostiles à la démocratie sous le couvert de la religion ou celui de groupes manipulables de l’extérieur sous l’étiquette d’ONG.

Admettons que leurs intentions soient louables. La pratique montre qu’il est cependant possible de contre-carrer ces dangers réels en s’appuyant sur un corps de lois exceptionnelles admises dans le cadre d’un consensus démocratique. Cet accord suppose l’adhésion des masses populaires si elles sont convaincues que l’Etat est à leur service et non à celui de groupes de pilleurs de biens publics et de corrompus au-dessus des lois. Mais la pratique montre aussi que le pouvoir soumet les couches sociales démocratiques à un chantage permanent qui se résume dans ce dilemme « C’est moi ou l’Etat théocratique négateur de toute liberté ». Il laisse par exemple Madani Mezrag tenir un congrès illégal du point de vue des lois édictées par pouvoir lui-même mais exige en revanche des formations agréées par lui des demandes et des autorisations préalables. Rappelons que le sinistre Madani Mezrag, chef de l’AIS, avait clairement affirmé que celui qui voulait l’empêcher de tenir sa réunion « n’était pas encore sortie du ventre de sa mère » ! Force n’est pas à la loi, pourrait-on dire, mais à celle des armes et de la violence. La loi interdit d’utiliser la religion dans le domaine politique mais le pouvoir se tait quand dans une chaîne de TV un chef « islamiste » réactionnaire qualifie d’apostats ses contradicteurs politiques. Le gouvernement n’a pas non plus rappelé à l’ordre le responsable du FLN qui a utilisé tout récemment un procédé du même ordre dans sa polémique avec son ex-alliée Louisa Hanoune, chef du Parti dit des travailleurs. Il n’a pas craint d’assimiler l’idéologie socialiste - dont Hanoune, soutien indéfectible de Bouteflika, ne se réclame même plus publiquement - à une idéologie contraire aux « valeurs islamiques ». En usant de ce genre de stigmatisation, qu’a fait Saadani, si ce n’est piétiner la Constitution et la loi sur les partis qui interdisent en principe d’utiliser la religion à des fins politiques. Il ne s’est trouvé aucun procureur pour s’auto-saisir de ce délit. Quant à chercher à élucider les causes de la brouille de Hanoune avec un des piliers politiques du régime, c’est une autre histoire qui pourrait faire l’objet d’un article ultérieur.

III. Comment s’opposer à des lois contraires aux droits constitutionnels ?

On pourra rétorquer qu’il existe un Conseil constitutionnel qui pourrait se prononcer sur l’inconstitutionnalité d’une loi. D’une part la procédure est complexe parce qu’elle ne peut être amorcée que si, en vertu du nouvel article 166 bis, le Conseil est saisi par la Cour Suprême ou le Conseil d’Etat, ce qui présuppose un procès et la demande d’une des parties concernées par l’issue de ce procès, ce qui signifie aussi des délais très longs inconciliables avec l’urgence de la réclamation des citoyens lésés dans leurs droits par le pouvoir d’Etat. D’autre part, rien ne garantit que les magistrats se mettront du côté du droit et refuseront de se laisser instrumentaliser par le chef de l’Etat ou les deux chambres du Parlement qui les ont désignés, sachant que celles-ci sont issues d’élections massivement boudées ou très contestées. Il ne faut pas non plus oublier que les fonctionnaires nommés par décret jouissent tous depuis 1982 d’un droit à la retraite exceptionnel conçu pour les rendre malléables. Un droit discriminatoire par rapport à celui qui s’applique aux simples retraités et incompatible dans son essence avec le principe d’égalité des citoyens devant la loi. Verra-t-on un jour 20 députés ou 20 membres du Conseil de la Nation s’accorder pour déposer un projet de loi abrogeant ce privilège ?

La révision constitutionnelle réaffirme l’indépendance de la justice. Dans les faits comment l’indépendance des magistrats peut-elle être sérieusement garantie alors que le Conseil de la Magistrature est présidé par le président de la République ? Et à supposer qu’une révision vienne un jour les affranchir de cette tutelle, cette indépendance peut-elle devenir une réalité dans une société dominée par le règne de l’argent, par l’attrait d’une vie facile et par les pressions des tout-puissants ? Est-elle possible et souhaitable dans une société où les appareils judiciaires subissent les pressions des courants théocratiques ou sont fortement contaminés par des conceptions rétrogrades dont l’extension est favorisée par le jeu trouble d’un pouvoir manipulant le religieux quand cela l’arrange ? Il faut se souvenir qu’au plus fort de la pression terroriste, par peur ou par adhésion à leur cause, des magistrats prononçaient la relaxe pure et simple d’assassins pris pourtant en flagrant délit. Et c’étaient les journalistes en désaccord avec le jugement laxiste des terroristes qui eux étaient poursuivis en justice suivant la procédure du flagrant délit !

Toutes ces questions indiquent que la solution aux gros problèmes de la démocratisation du fonctionnement de l’Etat ne réside pas seulement dans l’élaboration et le contenu des textes de lois, fût-il le meilleur au monde. Elle implique des luttes et un haut degré de combativité des masses populaires pour changer les bases de la société en extirpant les rapports sociaux qui produisent les inégalités, les injustices, la corruption, les peurs, la servilité, les mentalités et les idéologies rétrogrades.

Notons ce travers dangereux des amendements qui consiste à rentrer dans des détails alors qu’il suffit d’énoncer un droit, un devoir ou un principe de façon simple et concise, laissant aux organes législatifs la tâche d’en déduire les lois d’application dans le respect de leur esprit. On en arrive à une situation où tout ce qui n’est pas précisé explicitement et de façon détaillée dans la Constitution est interdit au lieu de s’en tenir à la règle, base de tout système de droit, qui stipule que ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé. Au fond, l’arbitraire s’en trouve nourri par l’esprit tortueux et calculateur qui a déterminé ces amendements.

IV. Le vrai noyau de cette révision

Dans toute cette savante opération de camouflage cosmétique ou d’embrouillement des enjeux et des intérêts, le pouvoir sera allé loin comme aucun exécutif n’a pu le faire ou seulement songé à le faire avant lui : la codification du choix d’une variante de domination capitaliste sans entrave. La réécriture de l’article 37 de la Constitution de 1996 est stupéfiante. A la place de : « La liberté du commerce et de l’industrie est garantie. Elle s’exerce dans le cadre de la loi », les rédacteurs des amendements l’ont transformé en : « La liberté d’investissement et de commerce est reconnue. Elle s’exerce dans le cadre de la loi. L’Etat œuvre à améliorer le climat des affaires. Il encourage, sans discrimination, l’épanouissement des entreprises au service du développement économique national. L’Etat régule le marché. La loi protège les droits des consommateurs. La loi interdit le monopole et la concurrence déloyale. »

Passons sur le fait que l’amendement traite en un seul bloc de la liberté des investissements et des droits des consommateurs, droits exhibés pour la forme. Passons aussi sur l’autre fait énigmatique que le mot « industrie » a été rayé du vocabulaire de 1996 et remplacé par « investissement », comme si un lapsus avait révélé inconsciemment chez les rédacteurs de 2015 l’absence totale de volonté pour promouvoir une branche aussi décisive pour le développement d’une nation. Le capitalisme parasitaire algérien n’en a cure, en effet. Ce qu’il lui importe c’est qu’il puisse « investir » de l’argent pour ramasser encore plus d’argent facile, qu’il emprunte par exemple de l’argent aux banques publiques à taux bonifiés pour construire des immeubles à louer à prix fort aux sociétés étrangères, une partie de l’argent de la location étant versée dans des comptes à l’étranger. Ce qui l’intéresse c’est qu’il puisse faire du « bizness » comme on dit, tout simplement, sans avoir à se préoccuper de garantir le développement du pays. Mais là n’est pas le plus important.

Trois choses qui hypothèquent gravement l’avenir du pays apparaissent dans cet article :

1/ « Améliorer le climat des affaires », c’est se couper en quatre pour satisfaire le moindre désir des affairistes, en s’attaquant, il va de soi, aux droits des travailleurs, en diminuant les impôts, en mettant les moyens de l’Etat à leur disposition ou tout simplement des jeunes payés par l’Etat dans le cadre du soi-disant « pré-emploi » ou du fameux « DAIP » ;

2/ Encourager les entreprises sans discrimination. Or, si l’on veut impulser le développement il faut bien faire des « discriminations » en accordant la priorité aux secteurs industriels qui assurent le développement et la reproduction de la base économique du pays, en faisant du secteur public le moteur et la colonne vertébrale du développement à l’aide de subventions de toutes sortes qui compensent son fonctionnement indépendant des principes de la rentabilité financière immédiate. Quel autre secteur que le secteur public peut-il s’installer dans des régions isolées pour employer la masses des jeunes au chômage ou s’engager dans des investissements coûteux dont les résultats ne sont palpables qu’à très long terme ? Evidemment cela n’est possible que si l’Etat le fait bénéficier de conditions « discriminatoires ». Plus grave, l’ouverture du capital des entreprises publiques à des actionnaires privés s’inscrira tout simplement contre cette exigence. Elle dictera aux entreprises la loi du profit maximum et immédiat sans souci aucun pour les intérêts stratégiques à long terme.

3/ Interdire le monopole c’est renoncer de façon suicidaire à utiliser des leviers étatiques indispensables à la protection des secteurs décisifs pour le développement. Au moment où il y a nécessité absolue de faire face à la chute des recettes pétrolières il est absurde d’inscrire dans la Constitution une telle interdiction. Il faut au contraire se donner le moyen d’enrayer l’hémorragie des devises provoquée par les dépenses improductives et l’importation des biens superflus consommés par les couches sociales parasitaires et exploiteuses. Le monopole étatique en est un. Il ne faut pas faire l’amalgame entre ce monopole bénéfique à la nation et celui qu’exerce, avec la bénédiction tacite du pouvoir, Rebrab ou tout autre oligarque qui recherche le surprofit spéculatif sur le dos des travailleurs et aux dépens des intérêts généraux du pays. Il faut croire que l’inscription d’un tel principe obéit à d’autres considérations, la recherche d’alliances extérieures au bénéfice des nouvelles classes enrichies par les trafics et le pillage des biens de la nation, plutôt que celles de la défense des intérêts du pays.

Pour couronner le tout, les rédacteurs des amendements ont inséré au beau milieu de l’ancien article 131 relatif aux accords d’armistice, aux traités de paix, etc., cet amendement :

« les accords bilatéraux ou multilatéraux relatifs aux zones de libre échange, aux associations et aux intégrations économiques ». L’article 132 qui le suit énonce que « les traités ratifiés par le Président de la République ( … ) sont supérieurs à la loi. »

On peut penser à la lecture de cet amendement que ces accords de libre-échange ou d’intégrations économiques sont eux aussi « supérieurs à la loi ». Autrement formulés, ces articles signifient que l’impératif de défense de l’indépendance économique du pays passe après les intérêts des hommes d’affaires algériens et étrangers. C’est déjà le cas, par exemple, avec l’accord d’association avec l’Union européenne au nom du respect duquel le ministre des Finances a clairement écrit dans l’exposé des motifs de la loi de Finances 2016 qu’il est impossible d’augmenter les tarifs douaniers pour décourager les importations. Et ceci au moment où les recettes pétrolières ont chuté de moitié en l’espace de quelques mois et où on appelle les citoyens de condition modeste à accepter des sacrifices par … « patriotisme » !

Cet amendement est si incompatible avec l’intérêt national non seulement conjoncturel mais surtout stratégique que sa seule explication est politique : la peur panique des classes possédantes, maintenant bien représentées à tous les niveaux de l’Etat, des représailles et des pressions des puissances impérialistes, et/ou les complicités de classe qui les lient à des forces externes dans une sorte de coalitions organisées pour piller les ressources de la nation. Les puissances impérialistes sont confrontées à l’aiguisement de la crise du capitalisme et des rivalités. Leurs contradictions insolubles les poussent à contrôler par n’importe quel moyen, au besoin par des interventions violentes et la manipulation des oppositions ultra-réactionnaires internes, les « maillons faibles » de la « périphérie » du système capitaliste mondial.

La peur de subir le sort des dirigeants arabes récalcitrants est apparemment devenue si forte que la nouvelle bourgeoisie algérienne en arrive à prendre les devants. Elle cherche à rassurer le grand capital étranger en lui adressant ce message de reddition : « Nous vous avons compris. Inutile d’intriguer contre nous. Ne nous faites pas ce que vous avez fait à Kaddafi ou ce que vous n’arrivez pas à faire en Syrie. Venez piller nos richesses sans crainte ni limites, comme vous le faites déjà selon votre bon vouloir au Maroc, en Tunisie, au Gabon ou au Congo ».

Soulignons pour finir l’examen de ce qui revêt une importance particulière, ce changement relatif à l’expropriation. L’amendement de l’article 20 a supprimé l’indemnisation préalable posée dans la Constitution de 1989 et maintenue en 1996. L’indemnisation est toujours garantie mais ne constitue plus un préalable à l’expropriation. On pourra justifier ce changement par le besoin de lever le blocage de nombreux programmes d’infrastructures comme la pose de canalisations de gaz ou d’eau potable devant traverser des terres privées. Mais rien n’empêchera l’utilisation de cette nouvelle formulation par les oligarques pour exproprier les petites gens au nom d’un soi-disant impératif économique collectif dans le cadre bien entendu de … « l’amélioration du climat des affaires » !

Les critiques et les commentaires de détails que l’on peut faire sur ces amendements occuperaient plus de place que le texte de la révision lui-même. Continuons à nous limiter à certains aspects importants.

Ces amendements portent le cachet des hommes d’affaires. Leur influence est devenue telle que les amendements constituant la clé de voûte du nouveau texte ont été manifestement écrits sous leur dictée. Avec cette révision l’Algérie sera certainement le seul pays au monde à avoir introduit dans sa Constitution le vocabulaire direct des affairistes. Dans la 1re partie de cette analyse nous avons cité l’article relatif à la promotion du « climat des affaires ».

Terminons avec cet examen rapide en évoquant la nouveauté concernant la manière « d’enrichir » le droit au travail et la place de la femme dans ce droit en le vidant, par sa référence au « marché », de toute substance réelle.

Article 31 ter : « L’Etat œuvre à promouvoir la parité entre les hommes et les femmes sur le marché de l’emploi. »

Comment comprendre un article rédigé de façon aussi bancale ? L’égalité de l’homme et de la femme en matière d’accès aux postes de travail ? Si c’est le cas, le principe d’égalité des sexes est déjà inscrit dans l’article 29 de la Constitution. Ce principe s’applique à tous les domaines de la vie sociale. Pourquoi l’aborder une deuxième fois dans un autre article ? Pourquoi évoquer la parité ? Une concession aux mouvements féministes qui réclament des droits formels à travers l’exigence d’une parité mais éludent systématiquement la question de la transformation radicale des rapports sociaux de classe, l’élimination de l’exploitation, condition fondamentale d’une égalité effective ?

Le nouvel article aboutit en fait à remettre en cause le principe d’égalité. Il ne proclame plus l’égalité mais se contente de promettre que l’Etat « œuvre à promouvoir » la parité. La réalisation de cet objectif devient un horizon impossible à atteindre. Cela a au moins le mérite, si les rédacteurs en sont vraiment conscients, de reconnaître que sous le capitalisme, ce genre de « promotion » n’est que voeu pieux.

D’autre part, le revers de cette parité est d’aller à l’encontre de l’égalité effective des sexes. Si par exemple, à un concours de recrutement de 100 personnes, 200 candidats se présentent et si sur ce nombre les 70 premiers reçus sont des femmes, comment appliquer la « parité » ? Faut-il en éliminer 20 pour la réaliser !?

En abordant la question de la non-discrimination sous l’angle du « marché du travail », cet amendement rabaisse la condition formelle des citoyens. Les hommes et les femmes sont réduits à l’état de simples marchandises jetés dans une féroce concurrence sur le « marché du travail ». La rédaction de cet article est cocasse aussi par le fait que les rédacteurs de l’amendement ne semblent pas s’être rendu compte qu’ils ne réalisent pas la « parité » recherchée mais ils la confinent à « l’offre de travail » sur le marché. En vertu de cet « enrichissement » destiné, selon ses auteurs, à s’adapter aux nouvelles réalités, il devrait se trouver sur le « marché » autant de chômeurs femmes que de chômeurs hommes. Comprenne qui pourra.

Habituellement les rédacteurs des Constitutions bourgeoises prennent soin d’envelopper sous de belles phrases la légitimation de leur ordre économique basé sur l’exploitation de classe. Elles font des proclamations emphatiques dans le but de duper les naïfs sous le vernis séduisant de promesses et d’idéaux abstraits baptisés « Droits de l’Homme ». Chez nous l’économie politique bourgeoise la plus vulgaire aura réussi de façon incroyable à marquer de l’empreinte des « beznassia » la nouvelle rédaction de la Constitution.

Si l’on se donne maintenant la peine de comparer le contenu des amendements de décembre 2015 à ceux de mai 2014, on est frappé par le retrait de trois amendements.

- Un des amendements-clés de mai 2015 prévoyait que le chef de l’Etat délègue une partie - non définie - de ses prérogatives à son premier ministre. Le chef de l’Etat venait d’être réélu et visiblement les graves séquelles de sa maladie commandaient qu’il s’eût déchargé sur ce dernier pour certaines de ses tâches. Manifestement ce projet d’amendement a dû exacerber les querelles de clans. Il eut impliqué en effet un accord problématique au sein des cénacles du régime sur la désignation d’un chef de gouvernement de confiance. Confiance de qui, à l’égard de qui et pour qui ? Faut-il conclure de la disparition de cet amendement que le chef de l’Etat a récupéré toutes ses capacités ou que, tout simplement, cette question ne se pose plus après les dernières purges effectuées dans les organes de sécurité ? Pour le temps qu’il lui reste de gouverner, Bouteflika a maintenant toute lattitude de donner de façon informelle, donc révocable, une marge d’action au premier ministre, au moyen notamment de la pratique des textes et décrets non publiables.

- Dans le texte de 2015 l’article 21 stipulant que « Les fonctions et les mandats (les mandats ont été rajoutés dans le cadre de l’amendement, Ndlr) au service des institutions de l’Etat ne peuvent constituer une source d’enrichissement, ni un moyen de servir des intérêts privés. » était suivi par un alinéa « Tout bien, de quelque nature qu’il soit, acquis par suite de corruption est confisqué conformément à la loi. »

Cet alinéa explosif a disparu purement et simplement dans la nouvelle mouture.

Sans commentaire.

- De même, les rédacteurs de la révision de la Constitution ont retiré l’amendement de l’article 23 « Les atteintes à l’impartialité de l’administration sont réprimées par la loi. » La formulation initiale de cet article est maintenue : « L’impartialité de l’administration est garantie par la loi. » Comment garantir le respect de l’impartialité de l’administration si les auteurs de ses atteintes ne sont pas punis ?

Evidemment il n’y pas lieu de cultiver les illusions. Dans une société de classe, « l’administration » ne peut être, en tant qu’organe de la machine d’Etat de la bourgeoisie, au-dessus des classes aussi bien pour les grandes décisions qui touchent aux intérêts des classes dominantes que pour des actions de tous les jours qui sont engagées pour assurer l’ordre des dominants. Ce qui ne signifie pas qu’il est impossible d’empêcher les fonctionnaires de violer les règles inscrites dans le droit. Ne pas sanctionner les fonctionnaires qui commettent des abus signifie que la fin du règne de l’arbitraire et de l’impunité n’est pas pour demain.

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Rédaction nationale

07.02.15

http://www.alger-republicain.com/Vente-concomitante-et-pieges-de-la-2305.html

2.PADS

PADS Révision constitutionnelle: quelques concessions de pure forme pour masquer le renforcement du caractère de classe antipopulaire et antinational du régime de la bourgeoisie

Publié le 2 Février 2016 par Lien-pads in Algérie: déclarations du PADS

Ci-dessous la déclaration du Parti Algérien pour la Démocratie et le socialisme consacré au projet de révision constitutionnelle:

"Le régime a choisi de faire avaliser son projet de révision de la Constitution par le Parlement qui se réunira le 3 février. Il a évité le référendum par crainte d'une désapprobation massive à travers l'indifférence de la population à son projet.

Les amendements décidés n'apporteront en soi rien de positif aux intérêts des travailleurs et des masses populaires, à la préservation de l'indépendance du pays.

Seule la reconnaissance de tamazight comme langue officielle, reconnaissance arrachée par des années de luttes des citoyens, peut dans certaines limites être considérée comme une avancée relative.

Des droits consignés de façon catégorique par exemple dans la Constitution de 1976, en matière d'emploi, de logement, de soins à la population, de soutien aux personnes vulnérables ou démunies, etc., sont transformés dans cette révision en vagues promesses. Des concessions sont faites aux courants dits d'opposition telle que la limitation à une seule fois de la reéligibilité du chef de l'Etat. Cette question est un faux débat. Dans un régime présidentiel la vraie question n'est pas le nombre limité ou illimité des mandats mais celle de la nature des intérêts de classe représentés par le chef de l'Etat, celle de savoir quelle cause il sert.

Quelques amendements positifs significatifs sont proposés mais leur application est systématiquement renvoyée à des lois. Par exemple l'amendement portant sur la règlementation de la détention préventive, une procédure qui a permis de jeter en prison dans l'arbitraire le plus total des milliers de personnes innocentes puis de les relaxer après des années de geôle. De même, l'emprisonnement d'auteurs d'articles de presse est proscrit. Mais, étant donné qu'une loi doit préciser les conditions d'exercice de la liberté de presse, on peut être sûr que le Code de l'information sera une fois de plus retouché pour transformer les peines de prison en étranglement financier par la voie des amendes.

On sait aussi que nos gouvernants ont l'habitude de faire passer des lois vidant de leur contenu les droits constitutionnels qui protègent les citoyens contre l'arbitraire. Et de plus que valent vraiment les droits et les libertés démocratiques garantis dans la Constitution ou dans les lois quand ils sont impunément piétinés par le régime et ses appareils d'Etat?

De très nombreux amendements introduits ne portent que sur des questions de détails. Ils l'ont été pour faire plaisir à tel ou tel groupement satellite des classes au pouvoir. La plupart de ces amendements n'ont pas leur place dans une constitution digne de ce nom. Ils ne reflètent pas les préoccupations des masses populaires face aux attaques contre leur pouvoir d'achat, alors que les plus riches ne sont pas touchés par les mesures d'austérité, face aux exigences actuelles de mobilisation contre les ingérences impérialistes, face aux activités des courants ultra-réactionnaires agissant sous le masque de la religion, de concert avec l'impérialisme, aux dangers liés à l'exploitation par l'impérialisme et la réaction bourgeoise interne des conséquences de la chute des recettes pétrolières.

En fait la multiplicité des amendements cache les véritables objectifs de l'opération:

1/Le régime veut donner, sous couvert de "politique de paix et de réconciliation nationale", un socle pseudo-constitutionnel à l'alliance nouée avec les courants réactionnaires de la société qui utilisent l'Islam pour camoufler leurs intérêts de classe;

2/ Il confirme, sans s'en cacher derrière des artifices verbaux, sa volonté de transformer l'Etat en instrument au service des appétits insatiables de la bourgeoisie et des multinationales. Cette caractéristique économique et sociale d'Etat bourgeois et pro-impérialiste, renonçant à une politique d'indépendance réelle, est transcrite de façon franche jusqu'à la caricature dans les amendements introduits dans l'article 37 : "L’Etat œuvre à améliorer le climat des affaires. Il encourage, sans discrimination, l’épanouissement des entreprises … La loi interdit le monopole …"

Le régime ne se contente pas d'annoncer qu'il fera tout pour concrétiser les caprices des exploiteurs locaux et étrangers à la recherche du profit maximum. Il prohibe le monopole en faisant croire que la prohibition visera à freiner la tendance de certains oligarques, jusqu'ici choyés par l'Etat, à placer l'économie sous leur domination exclusive, qu'il s'agisse de Rebrab ou de Haddad, ou d'autres moins médiatisés. En réalité les concepteurs de cette révision ligotent dans une camisole de force les représentants du peuple qui tenteraient de protéger l'économie nationale et le pouvoir d'achat des masses populaires par le recours au monopole étatique contre les convoitises, les activités désorganisatrices et les tendances monopolistes des multinationales et des importateurs, y compris dans des domaines aussi sensibles que l'électricité, l'eau, l'exploitation des hydrocarbures, la sécurité, etc. Ils veulent interdire toute politique d'appui sur un puissant secteur public, régi par des principes économiques particuliers, hors de la recherche du profit immédiat, en tant qu'instrument de construction d'une vraie économie productive, quand bien même elle serait capitaliste.

Grave est aussi l'amendement de l'article 131*. L'ambiguïté calculée de sa formulation met sur le même plan traités et accords internationaux. Elle laisse entendre que la défense impérative de la souveraineté économique nationale ne primera plus sur les accords de libre-échange, d'associations et d'intégration économiques. Les traités internationaux ratifiés par le président de la République sont déclarés supérieurs à la loi nationale, que ce soit des traités de paix par exemple ou de simples traités économiques. Il faut croire que pour les auteurs de cette révision constitutionnelle, l'accord d'association avec l'Union européenne, un accord néfaste et irréformable pour les intérêts du pays et pour ses travailleurs, ne devrait plus être remis en cause par les représentants de la nation, bien qu'il ait été signé 10 ans avant cette révision constitutionnelle. Les proclamations contenues dans d'autres articles de la Constitution sur la défense de l'indépendance du pays ne sont que formules de style destinées à leurrer ceux qui veulent bien l'être.

A travers une opération menée sans débat populaire, les bandes sans foi ni loi régentant le pays pour le compte des classes exploiteuses et parasitaires cherchent à codifier leur programme de domination économique et politique. Rien de plus trompeur que de chercher à faire croire que cette Constitution révisée ne traduit que des calculs de clans préparant l'après-Bouteflika. Cette Constitution exprime dans son essence la tendance des classes exploiteuses et parasitaires à la domination absolue sur le peuple, à la capitulation devant l'impérialisme, à leur besoin de conclure un nouvel arrangement avec lui pour piller ensemble les richesses du pays, pour soumettre ensemble les classes laborieuses à une exploitation féroce. Cette révision confirme que ces bandes sont prêtes à remettre les clés du pays aux Etats impérialistes et aux multinationales pour protéger leurs intérêts mesquins. Il ne fait pas de doute que leur projet de révision a été soumis à l'approbation préalable des cercles impérialistes interventionnistes. Toutes les mesures économiques prises ces derniers mois à la grande satisfaction de la bourgeoisie interne et des multinationales trouvent leur traduction dans ces amendements.

Le pouvoir compte sur le fait que sa révision de la Constitution passera comme une lettre à la poste devant le Parlement. Mais que représentera vraiment le vote d'un Parlement élu par un pourcentage insignifiant de la population? Et même s'il pouvait se prévaloir d'une quelconque légitimité, les travailleurs, les masses populaires, n'observeront pas de pause dans la poursuite de leurs luttes pour l'avènement d'un régime démocratique populaire au service des travailleurs, de ceux qui vivent du fruit de leur force de travail manuelle et intellectuelle, qui veulent s'affranchir de l'exploitation et de l'oppression de classe.

Leurs luttes ne s'inscrivent pas dans une simple révision constitutionnelle, pour ou contre elle, mais dans un combat pour des transformations révolutionnaires en vue de l'instauration d'un véritable régime de démocratie populaire préparant la société socialiste.

PADS

31 janvier 2016

*Voici la nouvelle formulation de l'article 131. L'article 132 n'est pas modifié. Le passage signalé en gras été rajouté dans le cadre de cette révision :

ARTICLE 131 : Les accords d’armistice, les traités de paix, d’alliances et d’union, les traités relatifs aux frontières de l’Etat, ainsi que les traités relatifs au statut des personnes et ceux entraînant des dépenses non prévues au budget de l’Etat, les accords bilatéraux ou multilatéraux relatifs aux zones de libre échange, aux associations et aux intégrations économiques, sont ratifiés par le Président de la République, après leur approbation expresse par chacune des chambres du Parlement.

ARTICLE 132 : Les traités ratifiés par le Président de la République, dans les conditions prévues par la Constitution, sont supérieurs à la loi.

2.FFS

Le FFS réitère la nécessité d'une Assemblée constituante

13. FÉVRIER 2016 -

Le Front des forces socialistes appelle de nouveau à une assemblée constituante pour permettre au peuple algérien de recouvrer sa souveraineté. Dans une résolution politique sanctionnant les travaux de son conseil national, le premier depuis la disparition de son chef historique et père fondateur Hocine Aït Ahmed, le FFS qualifie la dernière révision de la loi fondamentale d’une nouvelle violence constitutionnelle exercée contre le peuple depuis 1963. Pour le plus vieux parti de l’opposition, «tout projet constitutionnel ne reflétant pas le plus large consensus possible est inéluctablement voué à l’échec et ne permettra nullement de répondre à la crise multidimensionnelle que vit notre pays». Le FFS se dit conscient de ses responsabilités et assure le peuple qu’il poursuivra sans relâche son combat pour préserver et faire aboutir ces idéaux. Le FFS demeure convaincu que la construction d’un consensus national est la seule solution en mesure de sortir le pays du statu quo. Sur le plan économique et social, le FFS n’est pas moins pessimiste. Il s’inquiète de la dégradation continue de la situation économique et sociale, surtout que «le pouvoir persiste dans sa gestion unilatérale et autoritaire». Le FFS considère ainsi que «la précarité s’installe durablement et menace la cohésion sociale du pays». Il réaffirme son rejet des politiques d’austérité qui frappent en premier les couches les plus défavorisées de la société. Sur le plan régional, le FFS s’oppose à l’intervention militaire en Libye et met en garde contre les conséquences graves d’une telle action pour toute la région. Il dit ne pas comprendre l’impuissance des pays maghrébins face à cette situation. Pour le FFS, seule la construction démocratique d’un Grand Maghreb est à même d’apporter à la région et à nos concitoyens la paix, la stabilité et le développement. Sur le plan international, le plus vieux parti de l’opposition déplore «la poursuite des politiques de la guerre, qui, loin de lutter efficacement contre le terrorisme, aboutissent à la destruction des Etats et à des situations humanitaires catastrophiques». Le FFS réaffirme son attachement aux solutions politiques comme seule voie de règlement des conflits, et au respect de l’intégrité et de l’unité des pays.

Sonia Baker

3. Fatma Oussedik, Khaoula Taleb Ibrahimi, Louisa Driss Aït Hamadouche

Constitution d’un Etat ou Constitution d’un régime ?

le 02.02.16 |

Notre pays a connu un nombre si impressionnant de Constitutions qu’il nous est permis de souligner le caractère opportuniste de chacun de ces textes. Ainsi, la pérennité de l’Etat semble correspondre aux mandats des différents Présidents.

Dès lors, il est difficile de considérer, comme c’est le cas habituellement, que les articles de ces Constitutions «soient inscrits dans le marbre». C’est ainsi que l’Assemblée constituante (dont on connaît les péripéties qui ont conduit à sa proclamation dans une salle de cinéma) promulgua la première Constitution algérienne en 1963. Elle a été suspendue en 1965 après le coup de force.

En 1976, nous avons été dotés d’un nouveau texte fondamental, qui sera abrogé en 1989 au profit d’une autre Constitution revue et corrigée en 1996 et qui a été elle-même révisée en 2002 puis en 2008. Un dernier texte vient d’être, ces dernières semaines, proclamé comme Constitution. Nous ne nous attarderons pas sur les modalités autoritaires de sa promulgation qui, de fait, entrent en contradiction avec les principes démocratiques. Nous nous attacherons à l’analyse d’un certain nombre de points afin de démontrer combien il nous apparaît davantage comme le texte d’un régime et non comme la Constitution d’un Etat.

La parité contre l’égalité

Alors que les textes antérieurs portant texte fondamental cités ont tous rappelé le principe du droit à l’égalité et du refus de toute discrimination, la dernière mouture qui nous est proposée fait surgir une notion nouvelle : la parité. Cette notion a nourri de nombreux débats après son énonciation par les organisations du système des Etats-Unis dans d’autres pays, en particulier en France. Une fois passée la surprise provoquée par ce constat de l’irruption de cette notion dans la Constitution algérienne, nous nous sommes penchées sur les termes des débats observés ailleurs. Le propos central porte sur le constat que ce terme «parité» renvoyait à un classement selon le sexe.

Nous rejoignons le point de vue, généralement partagé, selon lequel classer des citoyens et des citoyennes selon des catégories, c’est les renvoyer à leurs destins catégoriels. Et, en ce qui concerne l’Algérie, nous devons alors en référer au rapport des femmes à l’emploi dans notre pays et même à la situation de l’emploi. Car le texte affirme la volonté des autorités «à œuvrer à la réalisation de la parité en matière d’emploi». Nous nous proposons donc de contribuer au débat général à partir de deux questions :

- La première correspond à la possibilité d’imaginer de faire figurer, dans la Constitution, la parité. Ce qui pose la question de la constitutionnalité de cette disposition.

- La seconde question que pose ce texte porte sur le contenu des termes égalité et parité et leur incidence sur les objectifs de la mobilisation d’un grand nombre d’Algériennes dans le contexte social et culturel de notre pays. Le législateur conforte ce choix d’en référer au contexte dans la mesure où la formule «œuvrer à réalisation de la parité» signifie que l’Etat n’est garant de rien, pas plus de la parité que de l’égalité. Il fera pour le mieux dans un contexte qui lui échappe. Ce projet s’adresse donc différemment aux Algériens et aux Algériennes, mais quelles peuvent être les conséquences d’une telle distinction ?

Pouvons-nous admettre une distinction des Algériens en «catégories», qu’elles soient classées en fonction de l’âge ou du sexe, sans invalider le principe d’égalité ? Est-il concevable de faire référence au terme parité qui est un «numéraire» en distance avec le concept d’égalité qui est un «principe». Dans cette référence, il n’est plus question de femmes mais de rapports de sexes. L’Etat ne se place plus à égale distance des citoyens, et amoindrit le caractère fondamental du texte.

La notion de parité nous apparaît d’abord une modalité d’action, elle se présente comme un moyen de lutte contre les inégalités entre les hommes et les femmes. En son nom sont édictées des lois visant à réduire les disparités dans différents domaines. Elle n’a donc pas le même statut que le principe d’égalité puisqu’elle constitue une modalité politique en vue de parvenir à l’égalité. La parité, de plus, est ici un projet et ne nous semble pas pouvoir être un élément de la Loi constitutionnelle.

Par ailleurs, le statut des catégories d’Algériennes et d’Algériens renvoie à un modèle social, explicite dans le Code de statut personnel, dans lequel les hommes sont des pourvoyeurs de biens économiques, les femmes dispensant des soins. En effet, ce dernier texte déjà avait permis l’institutionnalisation d’un type d’échanges entre les sexes entre services d’un côté (les femmes) et soutien financier de l’autre (les hommes). Ce message institutionnel peut-il être mis en pratique ?

Les échanges économiques dans les familles, dans la société, ne montrent pas cela. Les rapports actuels des femmes à l’argent, la circulation de l’argent, les budgets familiaux remettent un cause cette approche. Il y a donc là des enjeux statutaires forts. Enfin, s’agissant du contexte algérien, nous devons repenser les rapports différenciés de sexe en matière d’emploi. Les chiffres de l’Office national des statistiques, concernant l’emploi à la date de septembre2015, viennent de nous être révélés et que nous disent-ils ? Le premier constat est celui de la faiblesse de l’emploi féminin. Il correspond à 13,6% des femmes en âge de travailler.

S’agit-il d’un problème de mentalité ? Nous observons que s’agissant de la population qui se définit comme au chômage, les femmes considèrent qu’elles devraient avoir droit à un emploi. Mais en situation de chômage, dans une économie tributaire d’une rente — que sont les revenus du pétrole — les femmes ne sont pas, structurellement, les bienvenues sur le marché de l’emploi. La société masculine semble refuser l’emploi féminin alors que, dans le réel, les salaires féminins sont les bienvenus dans les budgets familiaux.

C’est plus sûrement la politique économique de l’Algérie que les mentalités,qui constitue le frein réel à l’emploi féminin.

Les propos dans la rue constituent l’expression, l’écume d’une idéologie patriarcale qui s’exprime violemment et se maintient parce qu’elle se fonde sur un système social qui ne repose pas sur la production de biens mais sur leur consommation. On comprend dès lors que le vœu pieux, dans le texte de la dernière Constitution, d’œuvrer à la parité hommes-femmes dans l’emploi n’est que le vœu d’une classe politique qui observe, avec angoisse, les variations du prix du pétrole.

En Algérie, les obstacles à l’égalité résident donc moins dans la Constitution que dans les incohérences du législateur. Ce sont les textes d’application qui devraient reprendre l’idée d’une discrimination en faveur de la parité, en vue de réaliser et d’aboutir à la réalisation de ce qui doit rester un principe supérieur, l’égalité. C’est pourquoi, au nom du même principe d’égalité, nous nous autorisons à débattre aussi de la place de tamazight, des atteintes aux libertés et en particulier aux libertés académiques, comme du statut des binationaux.

Tamazight, une officialisation contrainte et forcée

Nous aurions pu penser, en lisant l’amendement apporté à l’article 3bis, qu’une injustice allait enfin être réparée par la reconnaissance des droits linguistiques des Algériens, que la discrimination frappant la langue qui témoigne de leur appartenance à l’histoire sur la longue durée ne soit plus qu’un mauvais souvenir à enfouir dans les oubliettes de l’histoire. Mais en réalité, la rédaction illustre d’une manière éclatante la duplicité et la mauvaise foi des rédacteurs du texte et de leurs commanditaires.

Ne pouvant dépasser leur culture politique foncièrement hostile à toute expression diverse et plurielle, ils ont imaginé une solution bancale et ambigüe pour, à la fois, désamorcer ce qu’ils présentent comme «la bombe kabyle» et éviter de sceller l’officialisation réelle et effective de la langue amazighe de manière définitive. Ils ont, pour ce faire, trouvé dans la Constitution marocaine promulguée en 2011 un exemple à suivre et un précédent commode à invoquer en cas de contestation et pour dire : «Nous n’avons pas fait ni mieux ni pire que nos voisins !» Il suffit de lire l’article 5 de la Constitution marocaine pour s’en convaincre.

Ce sont presque les mêmes mots qui sont utilisés : «La langue arabe demeure la langue officielle de l’Etat» pour notre Constitution (dans l’article 3) ; «L’arabe demeure la langue officielle de l’Etat» pour la Constitution marocaine. «Tamazight est également langue nationale et officielle» dans le texte algérien ; «De même l’amazigh constitue une langue officielle de l’Etat» pour le texte marocain. Dans les deux textes, nous remarquons la présence de l’article «la» qui consacre le caractère officiel de la langue arabe. Alors que les rédacteurs algériens ne font pas le même choix pour le tamazight comme s’il était difficile de mettre les deux langues à égalité, les rédacteurs marocains, quant à eux, la spécifient en lui accolant l’article indéfini «une» et la relient tout de même à l’Etat d’une manière explicite.

Mais ce qui est important à souligner c’est le fait que les deux textes s’accordent pour conditionner l’officialisation à la promulgation d’une loi organique pour le Maroc et à la création d’une académie de langue amazighe, toutes deux chargées selon des modalités à définir de travailler à l’effectivité de la mesure. Autant remettre l’opération aux calendes grecques ! Il suffit d’observer la situation de cette langue chez nos voisins pour être édifiés !

L’enseignement du tamazight bute devant des difficultés diverses d’ordre linguistique, pédagogique et institutionnel. Dans les médias, tamazight est à la traîne et les responsables, à quelque niveau que ce soit, peinent à lui donner sa place dans les domaines prioritaires de la vie politique, comme spécifié dans le texte fondamental. Alors, peut-on parler d’une réelle officialisation ?

Nous considérons, pour notre part, que seule une officialisation franche et solennellement inscrite dans le texte fondamental du pays permettra d’envisager une politique hardie et contraignante pour l’aménagement de tamazight qui engage l’Etat (et même le contraint) à donner tous les moyens aux institutions et aux hommes qui se chargeront de cette tâche importante et primordiale, si nous voulons réellement promouvoir l’égalité des expressions linguistiques et culturelles de notre société.

Par ailleurs, en revenant à l’article 3 concernant la langue arabe, nous notons qu’à aucun moment, il n’est fait mention des parlers arabes, langues maternelles de la majorité de nos concitoyens. Il est clair que là jouent aussi bien l’inspiration jacobine française que l’impensé et le tabou de la diversité arabophone, victime d’une stigmatisation séculaire.

Des libertés fondamentales assujetties au bon vouloir de la loi

La même duplicité est à relever dans la rédaction de l’article 38 portant sur les libertés académiques, de recherche scientifique et de création. En assujettissant le respect de ces libertés à la promulgation de lois à venir, l’Etat se montre incapable de les envisager comme des droits intangibles qui ne doivent souffrir d’aucune conjoncture politique, sociale et/ou historique qui viendrait à en conditionner l’application.

De fâcheux précédents nous amènent à refuser cet état de fait et à revendiquer leur inscription comme des droits fondamentaux non négociables. L’Algérie a ratifié nombre de textes du droit international, elle se doit donc de mettre ses lois — qui plus est son texte fondamental — en conformité avec les principes essentiels de liberté, d’égalité et de respect des libertés individuelles et collectives qui fondent ces textes.

A cet effet, il est scandaleux que nos compatriotes de l’étranger ne puissent pas jouir des mêmes droits que nous, les «autochtones». L’article 51 est une honte car il nous renvoie aux pratiques injustes et décriées des politiques coloniales que nous avons subies par le passé et met notre Etat au diapason de l’ancienne puissance coloniale qui s’apprête, elle aussi, à inscrire la déchéance de la nationalité dans sa Constitution.

La constitution d’un régime et non celle d’un état

La Constitution d’un Etat doit traduire l’idée vitale de pérennité, refléter un projet ambitieux de société, garantir les droits et libertés des citoyens qui se reconnaissent un destin commun. Elle doit permettre aux institutions de survivre aux hommes et permettre aux hommes de ne pas oublier que leur mission est soumise à un contrat à durée déterminée, sanctionné par un bilan qu’ils devront expliquer et justifier à la fin de leur mandat.

La Constitution d’un régime, en revanche, peut être résumée en une phrase : l’état de la relation gouvernants-gouvernés dans une conjoncture déterminée. Cette phrase comprend deux paramètres essentiels. S’agissant du régime, le premier fait référence au mode d’organisation des pouvoirs, à savoir leur structuration, leur désignation, leur compétence, leurs relations les uns avec les autres et le type d’acteurs impliqués. D’ordre temporel, le second paramètre renvoie à une situation historique déterminée liée au temps, plus ou moins court, dans la vie d’un Etat.

Pour qu’une Constitution soit le trésor d’un Etat et pas le butin d’un régime, elle doit émaner de la volonté de l’ensemble de ses forces vives. Il est vrai que des consultations ont été menées avec les partis proches du pouvoir politique, qui se livrent à une étrange surenchère consistant à comptabiliser leurs propres propositions retrouvées dans la mouture présidentielle. Il est vrai que des figures inclassables tant leur statut est confus (membres du FIS ou de l’AIS) ont légitimé lesdites consultations en s’affichant devant les caméras. Des personnalités scientifiques et politiques en ont fait de même avec le même résultat.

Cependant, il est tout aussi vrai qu’un grand nombre de partis politiques ont refusé de prendre part aux consultations gouvernementales. Justifiant leur position, ils ont estimé qu’elles ne peuvent déboucher sur l’expression d’un consensus national compte tenu de leurs modalités. En effet, comme leur nom l’indique, il s’agit de «consultations» qui ne donnent pas obligation à celui qui les reçoit d’en tenir compte. Par ailleurs, étant conduites par le représentant du chef de l’Etat, elles ont mis en scène un rapport inégal avec un maître du jeu étant à la fois juge et partie.

Première conclusion : une Constitution menée après de telles consultations ne peut traduire que la volonté exclusive de ses architectes.

Pour qu’une Constitution soit le trésor d’un Etat et pas le butin de guerre d’un régime, elle doit représenter un projet national qui s’inscrive dans le temps long de l’histoire d’une nation et pas dans le temps court de l’histoire d’un pouvoir. Or, le projet constitutionnel regorge de références liées à des phases délimitées de l’histoire de l’Algérie, leur érigeant ainsi un statut spécial.

En effet, il est intéressant de noter que le préambule dudit projet évoque la guerre de libération nationale aux côtés de la réconciliation nationale. Est-ce à dire que la lutte menée par l’ensemble du peuple Algérien contre la colonisation est comparable à la guerre fratricide qui les a tant meurtris ? Est-ce à dire que l’événement fondateur de la (re)naissance de l’Algérie qui se voulait démocratique, juste et populaire est comparable à la guerre qui a mis fin aux premiers espoirs démocratiques de ce pays ?

Est-ce à dire que les actions menées par le FLN et l’ALN historiques sont semblables à celles menées par ceux qui s’en réclament l’héritage aujourd’hui ? Est-ce à dire que le million et demi de martyrs de la glorieuse Guerre de Libération sont à mettre au diapason des 200 000 victimes de la «décennie noire» ? Deuxième conclusion : une Constitution qui alimente la confusion entre un événement fondateur d’un Etat et une tragédie fondatrice de l’impunité est la Constitution d’un régime. Pour qu’une Constitution soit le trésor d’un Etat et pas le butin d’un régime, elle ne doit pas jouer sur les interdictions et les permissions au gré des conjonctures.

Les porteurs du présent projet constitutionnel interdisent le mandat à vie après l’avoir permis et le nomadisme partisan après l’avoir alimenté et encouragé. Ils privent les binationaux de certains postes politiques, les réduisant à des citoyens d’une catégorie sujette à suspicion alors qu’ils ont créé et profité des succès d’une équipe nationale de football dont la majorité des membres ne connaissait de leur pays d’origine que ce que leur père ou leur mère leur en avait dit. Ils privent les Algériens résidents à l’étranger d’exercer leur droit à l’éligibilité alors que le porteur de ce projet constitutionnel était lui-même expatrié. Le licite et l’illicite étant fondés sur des arguments d’ordre juridique et/ou moral visant à consolider et protéger les principes de la République. L’opportunisme politicien n’est pas supposé y avoir sa place.

Troisième conclusion : cette Constitution ne peut pas être celle d’un Etat. Pour qu’une Constitution soit le capital d’un Etat et pas le butin d’un régime, elle ne doit pas constituer la réponse à de fortes pressions exercées sur les détenteurs du pouvoir politique. Pour illustrer ce dernier cas de figure, deux exemples interrogatifs. Pourquoi l’initiative de ces réformes (lois organiques et Constitution) est-elle lancée en 2011 ?

La réponse se résume en deux mots : printemps arabes. Si les régimes autoritaires arabes n’étaient pas tombés les uns après les autres sous la pression de la rue, le chantier de ces réformes n’aurait sans doute pas été lancé. Pourquoi le projet constitutionnel recèle-t-il autant de spécifications économiques (usage rationnel des ressources, économie diversifiée, promotion du climat des affaires, interdiction du monopole) et de promesses socioéconomiques (réalisation de logements, développement local et luttes contre les disparités locales) ? La réponse est rapide : effondrement des cours du pétrole.

Quatrième conclusion : une Constitution destinée à devenir une ressource politique est celle d’un régime. On nous a souvent dit que l’histoire ne se répète pas. Elle semble plutôt bégayer et ne plus voir dans la vie des hommes que l’anathème et l’exclusion comme horizons d’une humanité malmenée par des pouvoirs en mal d’imagination et ne luttant que pour leur maintien, en méprisant les aspirations de leurs citoyens à une vie juste et digne.

Fatma Oussedik, Khaoula Taleb Ibrahimi, Louisa Driss Aït Hamadouche

http://www.elwatan.com/dyn/imprimer.php?link=http%3A%2F%2Fwww.elwatan.com%2Factualite%2Fconstitution-d-un-etat-ou-constitution-d-un-regime-02-02-2016-313476_109.php

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Rockefeller joue avec le feu !

Publié le par Mahi Ahmed

Rockefeller joue avec le feu !

samedi, 13 février 2016

Le pétrole a chuté en dessous de 30 $ le baril. La baisse des prix du pétrole qui alarmé le monde quand il a commencé en 2014 a duré beaucoup plus longtemps que prévu. Le gaz naturel, l’acier, le cuivre, et d’autres produits ont également vu leurs prix baisser. Les économistes sont de plus alarmés que tous les signes indiquant une sorte de récession pendante, apparaissent.

Les médias américains voudraient nous faire croire que le "ralentissement chinois" est seul responsable de cette escalade imminente de la crise économique. Cependant, il est largement reconnu que les bas prix du pétrole sont très coûteux pour l’économie mondiale et que cette déflation artificielle prolongée, est de plus en plus dangereuse. La baisse des prix est volontairement planifiée et menée à des fins spécifiques. Pour des raisons très égoïstes, la maison des Rockefeller joue avec le feu, en menaçant de brûler toute l’économie mondiale sur le sol.

Sécurisation du pouvoir d’Exxon-Mobile

Les Rockfeller sont l’une des familles les plus puissantes aux Etats-Unis, et l’ont été pendant une longue période. Leur histoire remonte au 19ème siècle et à l’émergence d’une société appelée Standard Oil. Aujourd’hui, leur pouvoir peut être retrouvé dans la plus grande compagnie pétrolière du monde, Exxon-Mobile. Exxon-Mobile, un descendant direct de la Standard Oil de John D. Rockefeller, est la cinquième plus grande société dans le monde entier.

Il y a bien longtemps, lorsque les Rockefeller montaient au pouvoir, leur tactique favorite pour battre leurs concurrents était la manipulation des prix. Dans les années 1800, les Rockefeller aurait baissé leurs prix et inondé les marchés avec du pétrole pas cher. Une fois que leurs adversaires se sont effondrés, ils augmentèrent leurs prix , pour faire plus de profits que jamais. Cette méthode de centraliser le pouvoir économique a été développée presque comme une science par John D. Rockefeller et ses sbires. Finalement, la Standard Oil a été ciblée par Theodore Roosevelt avec ses célèbres réformes »de fiducie-busting".

Au cours des dernières décennies, les Rockefeller se sont distingués parmi l’élite de la puissance américaine en se donnant une visibilité politique. Le Council on Foreign Relations, le think tank très secret dans lequel la politique étrangère américaine est discutée et établie, est presque entièrement financé par l’argent de la Fondation de Rockefeller et de Ford. L’argent de Rockefeller est derrière l’Asia Society, les Open Society Foundations, et bien d’autres voix clés dans le discours politique américain.

Bien que les Rockefeller soient parmi les personnes les plus riches de la terre, leur richesse ne se traduit pas en politique conservatrice comme certains pourraient naïvement le supposer. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Rockefeller ont été libéraux. Des inscriptions honorant les Rockefeller se trouvent à l’intérieur de l’église Riverside, une institution religieuse de New York associée à l’activisme anti-guerre et pour les droits civiques.

MSNBC, la chaîne de télévision américaine qui promeut les politiques libérales de Rachel Maddow et Chris Hayes, ainsi que les sketches comiques pro parti Démocrate de Saturday Night Live, diffuse de l’intérieur du Rockefeller Center de Manhattan. Le conglomérat des media National Broadcasting Company (NBC) a été créé par General Electric, un des plus grands entrepreneurs militaires. GE fait également partie de l’empire Rockefeller.

La famille Rockefeller est connue pour la promotion de choix en matière de reproduction, ainsi que les droits LGBT. Les Rockefeller sont étroitement liés au Parti démocrate. Le terrain sur lequel le siège des Nations Unies a été construit était autrefois la propriété de la famille Rockefeller, donné comme un don personnel.

La propriété de la puissante famille d’Exxon-Mobile ne peut pas être séparée de leurs alliances politiques stratégiques. L’administration de Barack Obama et le Parti démocrate ont été les serviteurs économiques et politiques fidèles de la dynastie Rockefeller. L’argent derrière les adversaires des démocrates sur la scène politique vient du principal concurrent d’Exxon-Mobile. L’obsession de MSNBC à diaboliser les « frères Koch" comme l’incarnation du mal politique moderne n’est pas seulement due à la politique. Derrière la politique est une rivalité de marché classique entre Exxon-Mobile et Koch Industries.

Le système pétrolier Rockefeller-CIA

Trois pays qui sont les principaux adversaires des Etats-Unis sur la scène géopolitique - la Russie, le Venezuela et l’Iran - sont également des exportateurs de pétrole et les principaux concurrents avec des sociétés pétrolières américaines. Ces trois pays ont des économies indépendantes centrées sur les ressources naturelles appartenant à l’État. Chacun de ces pays souffrent également de graves conséquences de la baisse des prix du pétrole.

Au Venezuela, l’opposition de droite - financée par Rockefeller- et les ONG liées à la Fondation Ford l - a pris le contrôle du Parlement lors des élections de 2015 décembre. Le mouvement bolivarien, dirigée par le Parti socialiste uni et Nicolas Maduro, a accédé au pouvoir en utilisant les recettes pétrolières pour financer le logement, l’éducation, les soins médicaux, et les médias contrôlés par les communautés. La baisse des prix du pétrole a causé à ces forces d’énormes problèmes, et affaibli les programmes sociaux.

Les problèmes économiques créés par les sanctions américaines contre la République islamique d’Iran ont été intensifiés par la baisse des prix du pétrole. Les circonstances économiques difficiles ont influé sur l’opinion publique iranienne, renforçant le président Hassan Rouhani et les forces se faisant appeler le « mouvement réformiste." La baisse des prix du pétrole a intensifié les difficultés économiques crées par les sanctions US et a été un facteur important dans la réalisation de l’accord nucléaire P5+1, dans lequel les deux tiers du programme nucléaire pacifique de l’Iran ont été démantelés.

La Russie a été contrainte de réduire son budget national. Les dépenses publiques du gouvernement avaient rendu Vladimir Poutine très populaire. Le pétrole et le gaz appartenant au gouvernement ont permis à la Russie de redémarrer son économie après la période désastreuse des années 1990.

Les Rockefeller et leurs amis au sein du Conseil of Foreign Affairs ont déterminé que le maintien des prix du pétrole bas sert à long terme les objectifs de politique étrangère des Etats-Unis - à savoir, garder Wall Street au centre de l’économie mondiale.

Alors, comment la baisse des prix du pétrole a été effectuée ? Quelle sont les causes qui ont fait descendre les prix ? Les innovations technologiques, telles que la fracturation hydraulique et de nouvelles méthodes de forage, ont certainement joué un rôle. Toutefois, la cause première de l’extrême baisse a été le Royaume d’Arabie Saoudite. La monarchie saoudienne repressive et de violation des droits de l’homme, continue de verser des dizaines de millions de barils de pétrole sur le marché international chaque jour. Malgré la perte de milliards de dollars et la montée d’une crise interne, le régime saoudien continue d’étendre son appareil de production de pétrole.L’ Arabie Saoudite a exécuté 47 personnes le 1er Janvier, indiquant que ses problèmes internes deviennent plus grands.

La raison de l’indulgence de l’Arabie Saoudite pour ces politiques économiques autodestructrices est tout simplement la soumission. Le pétrole saoudien est la propriété de facto de Wall Street. L’ Arabie Saoudite a le quatrième budget militaire du monde, achetant des armes presque exclusivement des États-Unis. Le Royaume sert comme une extension au Moyen-Orient des grandes sociétés pétrolières US et militaires. Le régime saoudien est en train d’inonder le marché, de perdre de l’argent et de ruiner leur pays, parce que les patrons à Exxon-Mobile, à savoir, la famille Rockefeller, lui commandent de le faire.

Trump et l’opposition Koch

La baisse des prix du pétrole ne sert pas seulement des fins géopolitiques. Il y a un côté interne à lui aussi bien. L’invention de la fracturation hydraulique et l’augmentation de la production nationale de pétrole aux États-Unis ont tous deux apporté toutes sortes de force pour les concurrents de Rockefeller. Les frères Koch ont émergé plus forts que jamais, avec un grand nombre de petits magnats du pétrole, à qui manquent le genre d’influence de longue date et retranché exercé par la dynastie Rockefeller.

Le Congrès américain a levé l’interdiction de l’exportation de pétrole de 1973 et ces concurrents nationaux peuvent maintenant exporter sur les marchés internationaux. Il ne devrait pas être surprenant que le pipeline Keystone, et "drill, baby, drill !" soient devenus les cris de ralliement de la politique républicaine. « Drill, baby, drill !"( fore baby, fore !) signifie briser le pouvoir des Rockefeller et renforcer Koch Industries, avec toute une équipe de nouveau riche regroupés autour d’eux, qui veulent un plus gros morceau des profits pétroliers.

Les Rockefeller espèrent que la baisse des prix du pétrole pourra non seulement vaincre le bloc anti-capitaliste émergent dans le monde, mais aussi leurs concurrents nationaux. Cette stratégie fonctionne très bien. Houston, le siège politique de l’insurrection Koch, est en train de vivre d’avoir une crise en raison de la baisse des prix du pétrole. Un récent article paru dans le Wall Street Journal a mis en évidence la façon dont une ville dans le Montana appelée Williston, en plein essor il y a quelques années avec le nouveau pétrole, a également été dévastée.

Maintenant que l’aile idéologiquement la plus droitière, Tea Party a fait son temps, les frères Koch ont mis Donald Trump comme leur homme fort contre l’établissement Rockefeller. Comme Trump prêche la haine des immigrés et les musulmans, en battant sa poitrine avec un populisme façon "monsieur tout le monde", il tente de construire une armée politique. L’espoir est non pas tant pour s’emparer de la présidence mais de dégager avec force les think thank de la Fondation Ford et Rockefeller du monopole qu’ils exercent sur l’établissement de la politique. La raison pour laquelle Trump s’écarte du schéma standard de la politique étrangère des États-Unis, semblant plus favorable à la Russie et plus critique vis-à-vis de l’Arabie Saoudite, est parce qu’il représente l’opposition de Wall Street à la domination de Rockefeller. Différentes stratégies à l’égard des pays exportateurs de pétrole ne sont pas complètement hors-limites. En plus de rivalités du marché, il y a eu une longue histoire de tensions entre la CIA et le Pentagone. La direction de la CIA est formée dans des endroits comme Harvard et Yale, étudiant soigneusement l’art de la façon d’atteindre les objectifs géopolitiques à long terme. La hiérarchie militaire, d’un autre côté, est formée uniquement dans la science dure de faire exploser des choses. Sans surprise, les deux groupes entrent souvent en conflit les uns avec les autres. Les Rockefeller, avec leur Council on Foreign Relations et leur alliance avec George Soros, ont toujours été plus proche de la CIA et des démocrates. Les lignes militaires s’accordent de manière cohérente avec les républicains.

Sur la scène mondiale, les Rockefeller espèrent progressivement affamer les adversaires de la puissance américaine, tout en fomentant des « révolution de couleur" style crises internes . De l’autre côté des choses, Donald Trump parle de "bombarder l’enfer" de l’Irak, et ses partisans ont beaucoup d’enthousiasme pour des attaques militaires directes sur les pays qui les défient. La confrontation tendue entourant l’accord nucléaire du P5+1 était une manifestation de ces différences stratégiques.

L’agonie de la crise capitaliste

Comme les Rockfeller et l’administration Obama continuent de faire la guerre économique contre la Russie, le Venezuela et l’Iran - alors que dans le même temps ils essayent d’affaiblir économiquement Koch Industries et de sécuriser le pouvoir des monopoles du pétrole - l’économie mondiale se dirige vers la catastrophe. Les Saoudiens sont docilement en train de déverser du pétrole, et les prix dans d’autres secteurs comme le gaz naturel suivent juste derrière. La confiance des investisseurs est en baisse et la panique devrait s’installer

Comme les choses spiralent vers le bas, Donald Trump et Koch Brothers tentent d’utiliser l’aile idéologique droitière. Les secteurs obsessionnellement pro-israéliens, anti-islamiques et anti-immigration de la classe ouvrière des États-Unis, qu’on trouve principalement parmi les Blancs dépossédés du sud et des zones rurales, sont vus comme un escadron d’imbéciles politiques potentiel..

Pendant ce temps, la gauche est en train de devenir politiquement évasive vu que les idées radicales réapparaissent dans le discours américain. L’argent de Rockefeller est déployé pour contrôler et diriger la gauche US redynamisée (mais complètement confuse). La Fondation Ford a organisé des conférences entières contre la brutalité policière, en espérant pour pointer loin d’une confrontation avec l’establishment politique américain la question vitale des Noirs. Les têtes parlantes sur MSNBC travaillent très fort pour pousser les millions d’Américains qui se considèrent maintenant comme "socialistes" loin de l’activisme du travail militant ouvrier, et vers les campagnes de soutien au à Parti démocrate. Les Rockefeller ont renoncé à essayer de supprimer les sentiments anti-capitalistes de base, et à la place ont l’espoir de redéfinir le socialisme avec des phrases sans contenu de classe comme "un gouvernement qui travaille pour tout le monde."

La jeune génération d’Américains, qui sont statistiquement beaucoup plus à gauche, sont le public cible de la machine politique de Rockefeller. L’objectif est que les anciens résidents du chaos épris de Zuccotti deviennent des fantassins disciplinés contre les Kochs. La dernière chose que les propriétaires d’Exxon-Mobile veulent est une recrudescence des combattants de rue militants. Ils ne veulent pas le radicalisme du mouvement de la Jeunesse révolutionnaire des années 1960 ou de la ligue de la Jeunesse communiste des années 1930. Ils veulent des fonctionnaires obéissants qui étudient Saul Alinsky.

Derrière tout cela est un problème économique presque insoluble. La révolution informatique a rendu moins cher et plus facile que jamais de produire des choses, et maintenant des millions de personnes n’ont pas leur place dans l’économie mondiale. Le marché mondial est plein de produits de base, bon marché produites par les machines. Ces produits ne peuvent pas être achetés par les gens de plus en plus pauvres du monde qui n’ont plus de place sur les lignes d’assemblage.

En cas de crise de la migration de masse, les personnes pour lesquelles le système n’a plus de place ont fui l’Afrique, l’Amérique latine, le Moyen-Orient, et l’Asie du Sud-Est. Aux États-Unis et en Europe occidentale, le niveau de vie est en baisse et la prochaine génération s’adapte à une économie à faible salaire. .

Avec la Russie et la Chine comme clé de voûte, un nouveau bloc de pays à économie planifiée, contrôlée par l’Etat a émergé, se taillant une alternative dans l’économie mondiale. Les événements mondiaux continuent de renforcer l’idée que le capitalisme néolibéral occidental n’est pas la fin de l’histoire.

Le système financier, basé sur l’usure et l’exploitation, qui a dominé le monde depuis plus de 500 ans, se trouve dans une crise longue et profonde. Au sein de la structure du pouvoir, les différentes factions se battent pour le sauver, vu que les alternatives à celui-ci sont de plus en plus attrayantes pour les déshérités. Différentes stratégies pour vaincre l’opposition mondiale croissante sont utilisées. Peu à peu, répression policière étatique et le militarisme commencent à remplacer la « démocratie » et « droits humains » dont les sociétés occidentales se sont souvent vantéés.

Partout, les enjeux sont en train de monter, et il y a un danger montant d’une plus grande catastrophe. La scène mondiale du 21e siècle se prépare à libérer des surprises secouant monde.

http://journal-neo.org/2016/02/03/r...

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La paix a également besoin de vérité : Les cerveaux derrière la guerre en Syrie

Publié le par Mahi Ahmed

La paix a également besoin de vérité : Les cerveaux derrière la guerre en Syrie

par Thierry Meyssan

Les néo-conservateurs et les faucons libéraux qui ont longuement préparé, depuis 2001, la guerre contre la Syrie, se sont appuyés à partir de 2005 sur plusieurs Etats de l’OTAN et du Conseil de coopération du Golfe. Si l’on connaît le rôle joué par le général David Petraeus pour lancer et poursuivre la guerre jusqu’à aujourd’hui, deux personnalités – Jeffrey Feltman (numéro 2 de l’ONU) et Volker Perthes (directeur du principal think tank allemand) – sont restées dans l’ombre. Ensemble, avec le soutien de Berlin, ils ont utilisé et continuent de manipuler les Nations Unies pour détruire la Syrie.

En 2005, lorsque Jeffrey Feltman – alors ambassadeur américain à Beyrouth – supervisa l’assassinat de Rafic Hariri, il s’appuya sur l’Allemagne, à la fois pour l’assassinat lui-même (Berlin fournit l’arme)1 et pour la Commission de l’ONU chargée d’accuser les présidents el-Assad et Lahoud (le procureur Detlev Mehlis, le commissaire de police Gerhard Lehmann et leur équipe). La campagne internationale contre les deux présidents fut notamment animée par le politologue allemand Volker Perthes.2

Volker Perthes a étudié la Syrie, dans le cadre d’une bourse de recherche allemande, à Damas, en 1986–87. Puis, il a mené une carrière de professeur de sciences politiques en Allemagne, à l’exception de la période 1991–93 au cours de laquelle il a enseigné à l’université américaine de Beyrouth. Depuis 2005, il est le directeur de la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP), le principal think tank public allemand, employant plus de 130 spécialistes, dont moitié d’universitaires.

Par contre, lorsque Feltman organisa l’attaque israélienne contre le Liban, en 2006, il n’impliqua que les Etats-Unis, espérant que le Hezbollah vaincu, la Syrie viendrait au secours de Beyrouth et que cela fournirait un prétexte à une intervention américaine. En définitive Berlin se contenta d’envoyer sa marine participer à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul).

C’est lors de la réunion annuelle, qui s’est tenue du 5 au 8 juin 2008 – cinq ans avant la guerre –, que la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice présenta au Groupe de Bilderberg la nécessité de renverser le gouvernement syrien. Pour ce faire, elle était accompagnée de la directrice de l’Arab Reform Initiative,3 Bassma Kodmani (future fondatrice du Conseil national syrien), et du directeur du SWP, Volker Perthes. Le Groupe de Bilderberg est une initiative de l’OTAN qui en assure directement la sécurité.4

D’après un câble révélé par Wikileaks, Volker Perthes conseilla Mme Rice face à l’Iran. Selon lui, il était dangereux de lancer une opération militaire aux conséquences régionales imprévisibles. Il était par contre plus efficace de saboter son économie. Les conseils de Volker Perthes furent suivis, en 2010, avec l’opération de destruction des logiciels des centrales nucléaires iraniennes par le virus Stuxnet.5

En mars 2011, Volker Perthes publia une tribune libre dans le New York Times pour se moquer du discours du président el-Assad à la Chambre du Peuple au cours duquel il avait dénoncé une «conspiration» contre la Syrie.6 Selon lui, la «révolution» était en marche en Syrie et le président devait partir.

Mi-2011, le gouvernement allemand réalisa la percée des Frères musulmans en Tunisie et en Egypte. Il se souvint qu’il hébergeait, à la demande de la CIA, la coordination internationale de la Confrérie à Aix-la-Chapelle. Berlin décida alors de soutenir les Frères partout où ils arriveraient au pouvoir, à l’exception du Hamas en Palestine de manière à ne pas gêner Israël. Sous l’influence de Volker Perthes, le ministère allemand des Affaires étrangères – à l’époque Guido Westerwelle – se persuada que les Frères n’étaient pas des «islamistes», mais qu’ils étaient «orientés par l’islam». Il créa une cellule de dialogue avec les mouvements «islamistes modérés» (sic) et une Task Force pour la Syrie. Perthes, quant à lui, organisa en juillet la réception au ministère d’une délégation de l’opposition syrienne, conduite par le Frère Radwan Ziadeh.

Le 6 octobre 2011, Volker Perthes participait, sur proposition du département d’Etat, à la conférence organisée à huis clos par la Turkish Industry & Business Association (Tusiad) et la société de renseignement privée américaine Stratfor pour simuler les options énergétiques de la Turquie et les réponses éventuelles de huit autres pays, dont l’Allemagne.7 Etaient présents les dix premières fortunes turques et Taner Y?ld?z –alors ministre de l’Energie –, l’homme qui devait aider la famille Erdogan à organiser le financement de la guerre avec le pétrole volé par Daesh.

En janvier 2012, Jeffrey Feltman – alors responsable du Proche-Orient au département d’Etat – demanda à Volker Perthes de diriger le programme «Le Jour d’après» [cf. documents ci-dessous] chargé d’ourdir le prochain régime en Syrie. Des réunions se tinrent durant six mois pour aboutir notamment à un rapport rendu public après la Conférence de Genève de juin 2012.

«Le Jour d’après» a mobilisé 45 opposants syriens, dont Bassma Kodmani et des Frères musulmans. Il a été financé par l’US Institute of Peace, équivalent de la National Endowment for Democracy (NED) mais relevant du département de la Défense. Ont également été sollicités l’Allemagne, la France, la Norvège, les Pays-Bas et la Suisse.

«Le Jour d’après» a rédigé le brouillon du plan de capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie qui est devenu l’obsession des Nations Unies, lorsque Jeffrey Feltman a été nommé directeur des Affaires politiques de l’ONU, en juillet 2012.

Voici les principes du plan Perthes-Feltman:

  • la souveraineté du Peuple syrien sera abolie;
  • la Constitution sera abrogée;
  • le président sera destitué (mais un vice-président restera en charge des fonctions protocolaires);
  • l’Assemblée du Peuple sera dissoute;
  • au moins 120 dirigeants seront considérés comme coupables et interdits de toute fonction politique, puis jugés et condamnés par un Tribunal international;
  • la Direction du Renseignement militaire, la Direction de la Sécurité politique et la Direction de la Sécurité générale seront décapitées ou dissoutes;
  • les prisonniers «politiques» seront libérés et les cours anti-terroristes abrogées;
  • le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution devront se retirer; alors et alors seulement, la communauté internationale luttera contre le terrorisme.8

Simultanément, Volker Perthes a organisé le «Working Group on Economic Recovery and Development» des «Amis de la Syrie». En juin 2012, sous la co-présidence de l’Allemagne et des Emirats arabes unis, ce groupe a distribué aux Etats-membres des «Amis de la Syrie» des concessions d’exploitation du gaz syrien à conquérir en échange de leur soutien au renversement du régime.9

Volker Perthes a également organisé le «Working Group on Transition Planning» de la Ligue arabe.

Enfin, il a installé le «Syrian Transition Support Network» à Istanbul.

A partir de la première Conférence de Genève (30 juin 2012) et de la réunion des «Amis de la Syrie» à Paris (6 juillet 2012), on ne trouve plus de traces publiques du rôle de Volker Perthes, hormis ses publications visant à maintenir le soutien de l’Allemagne aux Frères musulmans. L’Allemagne poursuivit sa politique et, après l’abdication de l’émir du Qatar et la montée en puissance de l’Arabie saoudite, désigna Boris Ruge, le responsable de la Syrie au ministère des Affaires étrangères, comme ambassadeur à Riyad.

A l’été 2015, lors d’un déplacement à Damas, le gouvernement syrien réclama des explications à Staffan de Mistura à propos du Plan Perthes-Feltman, dont il venait de prendre connaissance. Très embarrassé, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU affirma que ces documents ne l’engageaient pas et assura qu’il les écartait. Il semble que Moscou ait menacé de les rendre public au Conseil de sécurité, à l’occasion de la présence des chefs d’Etat à l’ouverture de l’Assemblée générale, en septembre 2015. La divulgation de ces documents n’eut pas lieu, elle aurait remis en question l’existence même de l’ONU. A la même période, Berlin a repris contact avec Damas, sans que les Syriens puissent savoir si cette démarche secrète reflétait une nouvelle politique de la chancelière Merkel ou une énième tentative d’infiltration.Cependant, au même moment, Volker Perthes était nommé par Staffan de Mistura10 et son supérieur Jeffrey Feltman «négociateur de paix» (sic) pour la prochaine rencontre de Genève. Il sera chargé de faire la navette entre la délégation de l’opposition syrienne et celle de la République arabe syrienne.

Depuis trois ans, en violation de leur propre Charte, les Nations Unies, loin de faire quoi que ce soit pour aider à rétablir la paix en Syrie, accusent sans présenter la moindre preuve la République arabe syrienne d’avoir réprimé une révolution, d’utiliser des armes chimiques contre sa propre population, de pratiquer massivement la torture, et d’affamer ses opposants. Surtout, elle fait traîner toute initiative de paix, de manière à laisser le temps à l’OTAN et au Conseil de coopération du Golfe de faire renverser le régime par des mercenaires étrangers, en l’occurrence des organisations terroristes al-Qaïda et Daesh.A retenir:

Depuis 2005, le groupe chargé de préparer la guerre en Syrie est piloté par le diplomate américain Jeffrey Feltman, assisté de l’universitaire allemand Volker Perthes.

En 2005, Feltman a organisé l’assassinat de Rafic Hariri (car la sécurité du Liban était alors assurée par la Syrie); en 2006, la guerre d’Israël contre le Liban (parce que le Hezbollah était alors armé par la Syrie); en 2011, il dirigea la guerre de 4e génération depuis le département d’Etat; depuis 2012, il tente depuis les Nations Unies, dont il est devenu le numéro 2, de faire durer la guerre le temps que les djihadistes parviennent à la victoire.

Perthes s’est associé avec Feltman et le groupe privé Stratfor pour influencer la politique allemande au Proche-Orient. En 2008, il a présenté le projet de changement de régime à Damas au Groupe de Bilderberg. En 2011, il a convaincu le gouvernement Merkel de soutenir les Frères musulmans durant le «printemps arabe». En 2012, il a présidé un groupe de travail chargé de préparer le nouveau régime, puis il a rédigé un plan de capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie. Il est aujourd’hui chargé par l’ONU des négociations de paix de Genève. •

Source: www.voltairenet.org du 28/1/16

1 Selon les Nations Unies, Rafic Hariri a été assassiné au moyen d’une charge explosive placée dans une camionnette. Or, ceci est impossible à la fois au vu des dégâts commis sur la scène du crime et surtout au vu des blessures des victimes. J’ai démontré que cet attentat ne peut avoir été réalisé qu’au moyen d’une arme nouvelle dont seule l’Allemagne disposait à l’époque. Pour répondre à mes travaux, le Tribunal spécial pour le Liban a réalisé à très grand frais une reconstitution de l’attentat sur une base militaire française où la scène de crime a été entièrement reconstituée. Elle n’a cependant jamais rendu public le résultat de cette reconstitution et persiste à soutenir la thèse absurde de la camionnette piégée. «Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri», par Thierry Meyssan, Gdnako (Russie), Réseau Voltaire, 29 novembre 2010.

2 Par exemple: «Syria: It’s all over, but it could be messy», Volker Perthes, International Herald

Tribune, October 5, 2005, p. 6.

3 L’Arab Reform Initiative est un groupe de travail réunissant des experts de plusieurs think tanks et universités. C’est une initiative prise par Henry Siegman (ancien directeur de l’American Jewish Congress) au nom de l’US/Middle East Project (USMEP) visant à promouvoir des personnalités arabes favorables à Tel-Aviv.

4 «Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg», par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa

Pravda (Russie), Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

5 «WikiLeaks: US advised to sabotage Iran nuclear sites by German thinktank», Josh Halliday,

The Guardian, September 18, 2011.

6 «Is Assad Capable of Reform?», Volker Perthes, The New York Times, March 30, 2011.

7 «Küresel Enerji Stratejileri Simülasyonu: Türkiye’nin Gelecek 10 Y», Tusaid,

6 octobre 2011.

8 «Draft Geneva Communique Implementation Framework», «Confidence Building Measures», «Essential Principles», «Representativness and Inclusivity», «The Preparatory Phase», «The Transitional Governing Body», «The Joint Military Council and Ceasefire Bodies»,

«The Invitation to the International Community to Help Combat Terrorist Organizations»,

«The Syrian National Council and Legislative Powers during the Trasition», «Transitional Justice», «Local Governance», «Preservation and Reform of State Institutions», «Explanatory Memorandum», «Key Principles revealed during Consultations with Syrian Stake-holders»,

«Thematic Groups», documents et annexes présentés par Jeffrey Feltman, non publiés.

9 «Les «Amis de la Syrie» se partagent l’économie syrienne avant de l’avoir conquise», par German Foreign Policy, Horizons et débats (Suisse), Réseau Voltaire, 14 juin 2012.

10 L’Italien Staffan de Mistura est l’adjoint de Feltman chargé de la Syrie. Il succède à l’Algérien Lakhdar Brahimi qui était par ailleurs un des employeurs de Bassma Kodmani à l’Arab Reform Initiative. «Le Plan Brahimi», par Thierry Meyssan, El-Ekhbar (Algérie),

Réseau Voltaire, 28 août 2012.

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Réflexions sur l’évolution économique de la Chine

Publié le par Mahi Ahmed

Réflexions sur l’évolution économique de la Chine

Réflexions sur l’évolution économique de la Chine

par Rainer Werner*

En juillet et août 2015, les médias européens rendaient leurs lecteurs attentifs au cours de la Bourse de Shanghai, le Shanghai composite, qui avait chuté de 40%. A partir du mois de décembre 2015, cet indice baissait encore plus. A plusieurs reprises, les séances durent être interrompues car les cours boursiers avaient plongé de 5% ou même de 7%. Mais malgré ce recul, le niveau de l’indice boursier restait à peu près le même que vers la fin de l’année 2014.

Cette stabilité trompeuse avait un gros prix. L’Etat mandatait de grosses acquisitions de valeurs mobilières, tandis qu’il interdisait aux caisses de pension et à d’autres acteurs de vendre des valeurs qui se trouvaient dans leurs portefeuilles, souvent en chute libre. La Banque centrale diminua le taux directeur. On agissait en panique et on manipulait … justement comme en Occident pendant et après le grand crash boursier de 2007/2008.

Mais il faut savoir qu’une telle évolution a moins de conséquences graves pour l’économie nationale chinoise (dans le sens d’un changement du PIB, calculé à des prix stables en %) qu’elle n’aurait pour l’économie américaine, car le Chinois moyen, à la différence de l’Américain, ne possède guère d’actions. Mais les choses se présentent différemment si on compare les «élites» des deux pays, le bureau politique chinois abritant dans son sein, plus de millionnaires que le Congrès américain.1

Comment l’évolution des deux économies se présente-t-elle réellement? Après que la croissance du PIB chinois ait atteint son apogée avec plus que 14% en 2005, elle était en 2015 de 6%. Il faut comparer ce résultat de l’année passée, qui au premier abord semble être catastrophique, avec celui des Etats-Unis, de l’Allemagne et du monde entier, qui tous se situaient au-dessous de 4%.

Il est souvent dit que la corruption joue un certain rôle dans l’évolution de l’économie chinoise. Mais il ne faut pas oublier que la Chine se trouve dans un processus de transformation important et de longue haleine, en partant de l’économie planifiée, mouvant en direction d’une économie de marché. A l’époque, l’exportation, les investissements et la productivité étaient clairement favorisés. Parce que le volume d’investissements était très élevé, ce qui est normal dans une phase d’industrialisation, et parce que des bénéfices d’investissement manquaient, un endettement astronomique s’accumulait depuis le début de la crise financière mondiale de 2007/2008. Entre 2007 et 2014 la dette augmenta de 7 à 28 billions de dollars,2 donc à 282% du PIB, voire davantage que les dettes de l’Allemagne et des Etats-Unis confondues. Bien sûr, sur le plan macroéconomique, il faut déduire de cette dette les grandes valeurs en capital que la Chine détient à l’étranger. Pour contrecarrer l’évolution explosive de la dette, la Chine a mis l’accent sur la consommation, et sur les services dans les domaines de la santé et de l’éducation. En plus, on essaie de convaincre les contribuables, avec une augmentation des taux d’imposition, à faire moins d’économies. On doute de l’effet … Ou bien, les Chinois vont-ils transférer leur fortune à l’étranger?

L’avenir de la Chine dépend du bon choix stratégique, et de la possibilité de rendre plausible ce choix à la population. Pour le bien de la Chine, on aimerait que l’écart entre les pauvres et les riches, déjà immense, ne s’élargisse pas – situation comparable à celle que nous vivons chez nous en Occident. •

1 F. William Engdahl. China in Gefahr. Kopp Verlag 2014, p. 281

2 www.investopedia.com/articles/forex/091115/chinas-economy-transition-sustainable-growth.asp; p. 2

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« L’Empire de la surveillance ENTRETIEN AVEC IGNACIO RAMONET

Publié le par Mahi Ahmed

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Les enjeux masqués de la guerre des prix du pétrole

Publié le par Mahi Ahmed

Les enjeux masqués de la guerre des prix du pétrole

03.02.2016 Caleb Maupin

Rockefellers Play With Fire: The Oil Scheme is Getting More Dangerous
http://journal-neo.org/

http://journal-neo.org/2016/02/03/rockefellers-play-with-fire-the-oil-scheme-is-getting-more-dangerous/

Voici la traduction française de texte

Le pétrole a chuté en dessous de 30 $ le baril. La baisse des prix du pétrole qui alarmé le monde quand il a commencé en 2014 a duré beaucoup plus longtemps que prévu. Le gaz naturel, l'acier, le cuivre, et d'autres produits ont également vu leurs prix baisser. Les économistes sont de plus alarmés que tous les signes indiquant une sorte de récession pendante, apparaissent.

Les médias américains voudraient nous faire croire que le "ralentissement chinois" est seul responsable de cette escalade imminente de la crise économique. Cependant, il est largement reconnu que les bas prix du pétrole sont très coûteux pour l'économie mondiale et que cette déflation artificielle prolongée, est de plus en plus dangereuse. La baisse des prix est volontairement planifiée et menée à des fins spécifiques. Pour des raisons très égoïstes, la maison des Rockefeller joue avec le feu, en menaçant de brûler toute l'économie mondiale sur le sol.

Sécurisation du pouvoir d'Exxon-Mobile

Les Rockfeller sont l'une des familles les plus puissantes aux Etats-Unis, et l’ont été pendant une longue période. Leur histoire remonte au 19ème siècle et à l'émergence d'une société appelée Standard Oil. Aujourd'hui, leur pouvoir peut être retrouvé dans la plus grande compagnie pétrolière du monde, Exxon-Mobile. Exxon-Mobile, un descendant direct de la Standard Oil de John D. Rockefeller, est la cinquième plus grande société dans le monde entier.

Il y a bien longtemps, lorsque les Rockefeller montaient au pouvoir, leur tactique favorite pour battre leurs concurrents était la manipulation des prix. Dans les années 1800, les Rockefeller aurait baissé leurs prix et inondé les marchés avec du pétrole pas cher. Une fois que leurs adversaires se sont effondrés, ils augmentèrent leurs prix , pour faire plus de profits que jamais. Cette méthode de centraliser le pouvoir économique a été développée presque comme une science par John D. Rockefeller et ses sbires. Finalement, la Standard Oil a été ciblée par Theodore Roosevelt avec ses célèbres réformes »de fiducie-busting".
Au cours des dernières décennies, les Rockefeller se sont distingués parmi l'élite de la puissance américaine en se donnant une visibilité politique. Le Council on Foreign Relations, le think tank très secret dans lequel la politique étrangère américaine est discutée et établie, est presque entièrement financé par l’argent de la Fondation de Rockefeller et de Ford. L’argent de Rockefeller est derrière l'Asia Society, les Open Society Foundations, et bien d'autres voix clés dans le discours politique américain.
Bien que les Rockefeller soient parmi les personnes les plus riches de la terre, leur richesse ne se traduit pas en politique conservatrice comme certains pourraient naïvement le supposer. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Rockefeller ont été libéraux. Des inscriptions honorant les Rockefeller se trouvent à l'intérieur de l'église Riverside, une institution religieuse de New York associée à l’activisme anti-guerre et pour les droits civiques.

MSNBC, la chaîne de télévision américaine qui promeut les politiques libérales de Rachel Maddow et Chris Hayes, ainsi que les sketches comiques pro parti Démocrate de Saturday Night Live, diffuse de l'intérieur du Rockefeller Center de Manhattan. Le conglomérat des media National Broadcasting Company (NBC) a été créé par General Electric, un des plus grands entrepreneurs militaires. GE fait également partie de l'empire Rockefeller.
La famille Rockefeller est connue pour la promotion de choix en matière de reproduction, ainsi que les droits LGBT. Les Rockefeller sont étroitement liés au Parti démocrate. Le terrain sur lequel le siège des Nations Unies a été construit était autrefois la propriété de la famille Rockefeller, donné comme un don personnel.

La propriété de la puissante famille d'Exxon-Mobile ne peut pas être séparée de leurs alliances politiques stratégiques. L’administration de Barack Obama et le Parti démocrate ont été les serviteurs économiques et politiques fidèles de la dynastie Rockefeller. L'argent derrière les adversaires des démocrates sur la scène politique vient du principal concurrent d'Exxon-Mobile. L'obsession de MSNBC à diaboliser les «frères Koch" comme l'incarnation du mal politique moderne n’est pas seulement due à la politique. Derrière la politique est une rivalité de marché classique entre Exxon-Mobile et Koch Industries.

Le système pétrolier Rockefeller-CIA

Trois pays qui sont les principaux adversaires des Etats-Unis sur la scène géopolitique - la Russie, le Venezuela et l'Iran - sont également des exportateurs de pétrole et les principaux concurrents avec des sociétés pétrolières américaines. Ces trois pays ont des économies indépendantes centrées sur les ressources naturelles appartenant à l'État. Chacun de ces pays souffrent également de graves conséquences de la baisse des prix du pétrole.

Au Venezuela, l'opposition de droite - financée par Rockefeller- et les ONG liées à la Fondation Ford l - a pris le contrôle du Parlement lors des élections de 2015 décembre. Le mouvement bolivarien, dirigée par le Parti socialiste uni et Nicolas Maduro, a accédé au pouvoir en utilisant les recettes pétrolières pour financer le logement, l'éducation, les soins médicaux, et les médias contrôlés par les communautés. La baisse des prix du pétrole a causé à ces forces d’énormes problèmes, et affaibli les programmes sociaux.

Les problèmes économiques créés par les sanctions américaines contre la République islamique d'Iran ont été intensifiés par la baisse des prix du pétrole. Les circonstances économiques difficiles ont influé sur l’opinion publique iranienne, renforçant le président Hassan Rouhani et les forces se faisant appeler le «mouvement réformiste." La baisse des prix du pétrole a intensifié les difficultés économiques crées par les sanctions US et a été un facteur important dans la réalisation de l’accord nucléaire P5+1, dans lequel les deux tiers du programme nucléaire pacifique de l'Iran ont été démantelés.

La Russie a été contrainte de réduire son budget national. Les dépenses publiques du gouvernement avaient rendu Vladimir Poutine très populaire. Le pétrole et le gaz appartenant au gouvernement ont permis à la Russie de redémarrer son économie après la période désastreuse des années 1990.

Les Rockefeller et leurs amis au sein du Conseil of Foreign Affairs ont déterminé que le maintien des prix du pétrole bas sert à long terme les objectifs de politique étrangère des Etats-Unis - à savoir, garder Wall Street au centre de l'économie mondiale.

Alors, comment la baisse des prix du pétrole a été effectuée? Quelle sont les causes qui ont fait descendre les prix? Les innovations technologiques, telles que la fracturation hydraulique et de nouvelles méthodes de forage, ont certainement joué un rôle. Toutefois, la cause première de l'extrême baisse a été le Royaume d'Arabie Saoudite. La monarchie saoudienne repressive et de violation des droits de l'homme, continue de verser des dizaines de millions de barils de pétrole sur le marché international chaque jour. Malgré la perte de milliards de dollars et la montée d’une crise interne, le régime saoudien continue d'étendre son appareil de production de pétrole.L’ Arabie Saoudite a exécuté 47 personnes le 1er Janvier, indiquant que ses problèmes internes deviennent plus grands.

La raison de l'indulgence de l'Arabie Saoudite pour ces politiques économiques autodestructrices est tout simplement la soumission. Le pétrole saoudien est la propriété de facto de Wall Street. L’ Arabie Saoudite a le quatrième budget militaire du monde, achetant des armes presque exclusivement des États-Unis. Le Royaume sert comme une extension au Moyen-Orient des grandes sociétés pétrolières US et militaires. Le régime saoudien est en train d'inonder le marché, de perdre de l'argent et de ruiner leur pays, parce que les patrons à Exxon-Mobile, à savoir, la famille Rockefeller, lui commandent de le faire.

Trump et l'opposition Koch

La baisse des prix du pétrole ne sert pas seulement des fins géopolitiques. Il y a un côté interne à lui aussi bien. L'invention de la fracturation hydraulique et l'augmentation de la production nationale de pétrole aux États-Unis ont tous deux apporté toutes sortes de force pour les concurrents de Rockefeller. Les frères Koch ont émergé plus forts que jamais, avec un grand nombre de petits magnats du pétrole, à qui manquent le genre d'influence de longue date et retranché exercé par la dynastie Rockefeller.

Le Congrès américain a levé l'interdiction de l'exportation de pétrole de 1973 et ces concurrents nationaux peuvent maintenant exporter sur les marchés internationaux. Il ne devrait pas être surprenant que le pipeline Keystone, et "drill, baby, drill!" soient devenus les cris de ralliement de la politique républicaine. «Drill, baby, drill!"( fore baby, fore !) signifie briser le pouvoir des Rockefeller et renforcer Koch Industries, avec toute une équipe de nouveau riche regroupés autour d'eux, qui veulent un plus gros morceau des profits pétroliers.

Les Rockefeller espèrent que la baisse des prix du pétrole pourra non seulement vaincre le bloc anti-capitaliste émergent dans le monde, mais aussi leurs concurrents nationaux. Cette stratégie fonctionne très bien. Houston, le siège politique de l'insurrection Koch, est en train de vivre d'avoir une crise en raison de la baisse des prix du pétrole. Un récent article paru dans le Wall Street Journal a mis en évidence la façon dont une ville dans le Montana appelée Williston, en plein essor il y a quelques années avec le nouveau pétrole, a également été dévastée.

Maintenant que l’aile idéologiquement la plus droitière, Tea Party a fait son temps, les frères Koch ont mis Donald Trump comme leur homme fort contre l'établissement Rockefeller. Comme Trump prêche la haine des immigrés et les musulmans, en battant sa poitrine avec un populisme façon "monsieur tout le monde", il tente de construire une armée politique. L'espoir est non pas tant pour s’emparer de la présidence mais de dégager avec force les think thank de la Fondation Ford et Rockefeller du monopole qu’ils exercent sur l'établissement de la politique. La raison pour laquelle Trump s’écarte du schéma standard de la politique étrangère des États-Unis, semblant plus favorable à la Russie et plus critique vis-à-vis de l'Arabie Saoudite, est parce qu'il représente l’opposition de Wall Street à la domination de Rockefeller. Différentes stratégies à l'égard des pays exportateurs de pétrole ne sont pas complètement hors-limites. En plus de rivalités du marché, il y a eu une longue histoire de tensions entre la CIA et le Pentagone. La direction de la CIA est formée dans des endroits comme Harvard et Yale, étudiant soigneusement l'art de la façon d'atteindre les objectifs géopolitiques à long terme. La hiérarchie militaire, d’un autre côté, est formée uniquement dans la science dure de faire exploser des choses. Sans surprise, les deux groupes entrent souvent en conflit les uns avec les autres. Les Rockefeller, avec leur Council on Foreign Relations et leur alliance avec George Soros, ont toujours été plus proche de la CIA et des démocrates. Les lignes militaires s’accordent de manière cohérente avec les républicains.

Sur la scène mondiale, les Rockefeller espèrent progressivement affamer les adversaires de la puissance américaine, tout en fomentant des «révolution de couleur" style crises internes . De l'autre côté des choses, Donald Trump parle de "bombarder l'enfer" de l'Irak, et ses partisans ont beaucoup d'enthousiasme pour des attaques militaires directes sur les pays qui les défient. La confrontation tendue entourant l’accord nucléaire du P5+1 était une manifestation de ces différences stratégiques.

L'agonie de la crise capitaliste

Comme les Rockfeller et l'administration Obama continuent de faire la guerre économique contre la Russie, le Venezuela et l'Iran - alors que dans le même temps ils essayent d'affaiblir économiquement Koch Industries et de sécuriser le pouvoir des monopoles du pétrole - l'économie mondiale se dirige vers la catastrophe. Les Saoudiens sont docilement en train de déverser du pétrole, et les prix dans d'autres secteurs comme le gaz naturel suivent juste derrière. La confiance des investisseurs est en baisse et la panique devrait s'installer

Comme les choses spiralent vers le bas, Donald Trump et Koch Brothers tentent d'utiliser l'aile idéologique droitière. Les secteurs obsessionnellement pro-israéliens, anti-islamiques et anti-immigration de la classe ouvrière des États-Unis, qu’on trouve principalement parmi les Blancs dépossédés du sud et des zones rurales, sont vus comme un escadron d’imbéciles politiques potentiel..
Pendant ce temps, la gauche est en train de devenir politiquement évasive vu que les idées radicales réapparaissent dans le discours américain. L’argent de Rockefeller est déployé pour contrôler et diriger la gauche US redynamisée (mais complètement confuse). La Fondation Ford a organisé des conférences entières contre la brutalité policière, en espérant pour pointer loin d'une confrontation avec l'establishment politique américain la question vitale des Noirs. Les têtes parlantes sur MSNBC travaillent très fort pour pousser les millions d'Américains qui se considèrent maintenant comme "socialistes" loin de l'activisme du travail militant ouvrier, et vers les campagnes de soutien au à Parti démocrate. Les Rockefeller ont renoncé à essayer de supprimer les sentiments anti-capitalistes de base, et à la place ont l'espoir de redéfinir le socialisme avec des phrases sans contenu de classe comme "un gouvernement qui travaille pour tout le monde."

La jeune génération d'Américains, qui sont statistiquement beaucoup plus à gauche, sont le public cible de la machine politique de Rockefeller. L'objectif est que les anciens résidents du chaos épris de Zuccotti deviennent des fantassins disciplinés contre les Kochs. La dernière chose que les propriétaires d'Exxon-Mobile veulent est une recrudescence des combattants de rue militants. Ils ne veulent pas le radicalisme du mouvement de la Jeunesse révolutionnaire des années 1960 ou de la ligue de la Jeunesse communiste des années 1930. Ils veulent des fonctionnaires obéissants qui étudient Saul Alinsky.

Derrière tout cela est un problème économique presque insoluble. La révolution informatique a rendu moins cher et plus facile que jamais de produire des choses, et maintenant des millions de personnes n'ont pas leur place dans l'économie mondiale. Le marché mondial est plein de produits de base, bon marché produites par les machines. Ces produits ne peuvent pas être achetés par les gens de plus en plus pauvres du monde qui n’ont plus de place sur les lignes d'assemblage.

En cas de crise de la migration de masse, les personnes pour lesquelles le système n’a plus de place ont fui l'Afrique, l'Amérique latine, le Moyen-Orient, et l’Asie du Sud-Est. Aux États-Unis et en Europe occidentale, le niveau de vie est en baisse et la prochaine génération s’adapte à une économie à faible salaire. .

Avec la Russie et la Chine comme clé de voûte, un nouveau bloc de pays à économie planifiée, contrôlée par l'Etat a émergé, se taillant une alternative dans l'économie mondiale. Les événements mondiaux continuent de renforcer l'idée que le capitalisme néolibéral occidental n’est pas la fin de l'histoire.

Le système financier, basé sur l'usure et l'exploitation, qui a dominé le monde depuis plus de 500 ans, se trouve dans une crise longue et profonde. Au sein de la structure du pouvoir, les différentes factions se battent pour le sauver, vu que les alternatives à celui-ci sont de plus en plus attrayantes pour les déshérités. Différentes stratégies pour vaincre l'opposition mondiale croissante sont utilisées. Peu à peu, répression policière étatique et le militarisme commencent à remplacer la «démocratie» et «droits humains» dont les sociétés occidentales se sont souvent vantéés.
Partout, les enjeux sont en train de monter, et il y a un danger montant d'une plus grande catastrophe. La scène mondiale du 21e siècle se prépare à libérer des surprises secouant monde.


http://journal-neo.org/2016/02/03/rockefellers-play-with-fire-the-oil-scheme-is-getting-more-dangerous

Oil has fallen below $30 per barrel. The decline in oil prices that alarmed the world when it began in 2014 has lasted much longer than expected. Natural gas, steel, copper, and other commodities are also seeing their prices fall. Economists are becoming alarmed as all the signs indicating some kind of pending recession are appearing. US media would have us believe that the “Chinese Slowdown” is solely responsible for this looming escalation of the economic crisis. However, it is widely acknowledged that the low oil prices are quite costly for the global economy and that this prolonged, artificial deflation is getting more and more dangerous. The price drop is intentionally planned and being carried out for specific purposes. For very selfish reasons, the House of Rockefeller is playing with fire, and threatening to burn the entire global economy to the ground. Securing the Power of Exxon-Mobile The Rockfellers are one of the most powerful families in the United States, and have been for a long time. Their history can be traced back to the 19th century and the rise of a corporation called Standard Oil. Today, their power can be found in the world’s largest oil corporation, Exxon-Mobile. Exxon-Mobile, a direct descendant of John D. Rockefeller’s Standard Oil, is the fifth-largest corporation in the entire world. Long ago, when the Rockefellers were rising to power, their favorite tactic for beating out their competitors was price manipulation. In the 1800s, the Rockefellers would lower their prices and flood the markets with cheap oil. Once their opponents went under, they would raise their prices back up, and make bigger profits than ever. This method for centralizing economic power was developed almost into a science by John D. Rockefeller and his minions. Eventually, Standard Oil was targeted by Theodore Roosevelt with his famous “trust-busting” reforms. In more recent decades, the Rockefellers have distinguished themselves among the US power elite by being visibly political. The Council on Foreign Relations, the highly secretive think tank in which US foreign policy is discussed and established, is almost completely funded by Rockefeller and Ford Foundation money. Rockefeller money is behind the Asia Society, the Open Society Foundations, and many other key voices in US political discourse. While the Rockefellers are among the richest people on earth, their wealth does not translate to conservative politics as some might naively assume. Since the end of the Second World War, the Rockefellers have been liberals. Inscriptions honoring the Rockefellers can be found inside Riverside Church, a New York City religious institution associated with anti-war and civil rights activism. MSNBC, the US television network that promotes the liberal politics of Rachel Maddow and Chris Hayes, as well as the pro-Democratic Party comedy sketches of Saturday Night Live, broadcasts from inside Manhattan’s Rockefeller Center. The National Broadcasting Company (NBC) media conglomerate was created by General Electric, one of the biggest military contractors. GE is also part of the Rockefeller empire. The Rockefeller family is known for promoting reproductive choice, as well as LGBTQ rights. They are closely linked to the Democratic Party. The land on which the United Nations headquarters was constructed was once the property of the Rockefeller family, given as a personal donation. The powerful family’s ownership of Exxon-Mobile cannot be separated from their strategic political alliances. Barack Obama’s administration and the Democratic Party have been faithful economic and political servants of the Rockefeller dynasty. The money behind the primary opponents of the Democrats on the political stage comes from Exxon-Mobile’s primary competitor. MSNBC’s obsession with demonizing the “Koch Brothers” as the incarnation of modern political evil isn’t simply about politics. Behind the politics is a classic market rivalry between Exxon-Mobile and Koch Industries. The Rockefeller-CIA Oil Scheme Three countries which are major opponents of the United States on the geopolitical stage — Russia, Venezuela, and Iran — are also oil exporters and major competitors with US oil corporations. All three of these countries have independent economies centered around government-owned natural resources. Each of these countries are also suffering serious consequences from the oil-price drop. In Venezuela, the right-wing opposition — funded by Rockefeller- and Ford Foundation-linked NGOs — won control of the parliament in the 2015 December elections. The Bolivarian movement, led by the United Socialist Party and Nicolas Maduro, rose to power by utilizing the oil proceeds to fund housing, education, medical care, and community-controlled media. The oil price drop has caused these forces tremendous problems, and weakened the social programs. The economic problems created by US sanctions against the Islamic Republic of Iran were intensified by the oil-price drop. Difficult economic circumstances swayed Iranian public opinion, strengthening President Hassan Rouhani and the forces calling themselves the “reformist movement.” The oil-price drop was a significant factor in bringing about the P5+1 nuclear conclusion, in which two-thirds of Iran’s peaceful nuclear energy program was dismantled. Russia has been forced to cut its domestic budget. The spending of government money made Vladimir Putin very popular. Government-owned oil and natural gas allowed Russia to reboot its economy following the disastrous period of the 1990s. The Rockefellers and their friends at the Council on Foreign Relations have determined that keeping oil prices low serves long-term US foreign policy objectives — i.e., keeping Wall Street at the center of the global economy. So, how is the oil-price drop being carried out? What is causing the prices to go down? Innovations in technology, such as hydraulic fracking and new drilling methods, have certainly played a role. However, the primary reason for the extreme drop has been the Kingdom of Saudi Arabia. The repressive, human-rights-violating Saudi monarchy continues to pour tens of millions of barrels of oil onto the international market every day. Despite losing billions of dollars and experiencing an escalating internal crisis, the Saudi regime continues to expand its oil production apparatus. Saudi Arabia executed 47 people on January 1, indicating that its internal problems are getting larger. The reason for Saudi Arabia’s indulgence in self-destructive economic policies is merely obedience. Saudi oil is the de facto property of Wall Street. Saudi Arabia has the fourth-largest military budget of any country in the world, purchasing weapons almost exclusively from the United States. The Kingdom serves as a Middle Eastern extension of major US oil and military corporations. The Saudi regime is flooding the market, losing money, and wrecking their country, because the bosses at Exxon-Mobile, i.e., the Rockefeller family, are ordering it. Trump and the Koch Opposition The oil-price drop does not only serve geopolitical ends. There is a domestic side to it as well. The invention of hydraulic fracking and the rise of domestic oil production in the United States have both brought all kinds of strength to Rockefeller’s competitors. The Koch Brothers emerged stronger than ever, along with a slew of smaller oil tycoons, who lack the kind of longstanding and entrenched influence wielded by the Rockefeller dynasty. US Congress has lifted the 1973 oil export ban and these domestic competitors can now export on the international markets. It should be no surprise that the Keystone Pipeline, and “Drill, baby, drill!” have become rallying cries of Republican politics. “Drill, baby, drill!” means breaking the power of the Rockefellers and strengthening Koch Industries, along with a whole crew of nouveau riche grouped around them, wanting a bigger chunk of the oil profits. The Rockefellers are hoping that the oil-price drop can not only defeat the emerging anti-capitalist bloc around the world, but also their domestic competitors. This strategy is working out as well. Houston, a political headquarters for the Koch insurgency, is having a housing crisis because of the oil-price drop. A recent article in the Wall Street Journal highlighted how a town in Montana called Williston, booming a few years ago with new oil, has also been devastated. Now that the more ideologically right-wing Tea Party has run its course, the Koch Brothers have put up Donald Trump as their strongman against the Rockefeller establishment. As Trump preaches hate for immigrants and Muslims, beating his chest with a false “everyman” populism, he is attempting to build a political army. The hope is not so much to capture the presidency but to strong-arm the Ford Foundation and the Rockefeller think tanks away from their monopoly on setting policy. The reason Trump strays from the standard US foreign policy script, seeming friendlier to Russia and more critical of Saudi Arabia, is because he represents Wall Street opposition to Rockefeller dominance. Different strategies in relation to oil-exporting countries are not completely off-limits. In addition to market rivalries, there has been a long history of tension between the CIA and the Pentagon. The CIA leadership is trained at places like Harvard and Yale, carefully studying the art of how to achieve long-term geopolitical goals. The military brass, on the other hand, is trained only in the hard science of blowing things up. Not surprisingly, the two groups frequently come into conflict with each other. The Rockefellers, with their Council on Foreign Relations and alliance with George Soros, have always been closer to the CIA and the Democrats. The military lines up consistently with the Republicans. On the global stage, the Rockefellers hope to gradually cash-starve opponents of US power, while fomenting “color revolution”-style internal crises. On the other side of things, Donald Trump talks about “bombing the hell” out of Iraq, and his followers have much more enthusiasm for direct military attacks on defiant countries. The tense standoff surrounding the P5+1 nuclear deal was a manifestation of these strategic differences. The Agony of Capitalist Crisis As the Rockfellers and Obama Administration continue to wage economic war against Russia, Venezuela, and Iran — while at the same time trying to economically weaken Koch Industries and secure the power of the oil monopolies — the global economy is headed for catastrophe. The Saudis are obediently churning out oil, and prices in other sectors like natural gas are following close behind. Investor confidence is dropping and the expected panic is setting in. As things spiral downward, Donald Trump and the Koch Brothers are attempting to utilize the ideological right wing. The obsessively pro-Israel, anti-Islamic and anti-immigrant sectors of the US working class, primarily found among the dispossessed whites of the south and rural areas, are seen as a potential political goon squad. Meanwhile, the left is being politically re-shuffled as radical ideas reemerge in US discourse. Rockefeller money is deployed to control and direct the re-energized (but completely confused) US left. The Ford Foundation has staged entire conferences against police brutality, hoping to point “Black Lives Matter” away from a confrontation with the US political establishment. The talking heads on MSNBC are working very hard to push the millions of Americans who now identify themselves as “socialists” away from militant labor activism, and toward campaigning for the Democratic Party. The Rockefellers have given up on trying to suppress basic anti-capitalist sentiments, and instead are hoping to redefine socialism with classless phrases like “a government that works for everyone.” The younger generation of Americans, who are statistically much more left-wing, are the target audience of the Rockefeller political machine. The goal is for the former chaos-loving residents of Zuccotti Park to become disciplined foot soldiers against the Kochs. The last thing that the owners of Exxon-Mobile want is an upsurge of militant street fighters. They don’t want the radicalism of the 1960s Revolutionary Youth Movement or the 1930s Young Communist League. They want obedient functionaries who study Saul Alinsky. Behind all of this is an almost unresolvable economic problem. The computer revolution has made it cheaper and easier than ever to produce things, and now millions of people have no place in the world economy. The world market is full of commodities, cheaply produced by machines. These products cannot be purchased by the increasingly impoverished people of the world who no longer have a place at the assembly line. In a crisis of mass migration, the people who the system no longer has a place for have fled from Africa, Latin America, the Middle East, and Southeast Asia. Within the United States and Western Europe, the standard of living is dropping and the next generation is adjusting to a low-wage economy. With Russia and China as the lynchpin, a new bloc of state-controlled, centrally planned economies has emerged, carving out an alternative in the world economy. Global events continue to reinforce the notion that western neoliberal capitalism is not the end of history. The financial system, based on usury and exploitation, that has ruled the world for over 500 years, is in a long, deep crisis. Within the power structure, different factions are scrambling to save it, as alternatives to it are becoming more attractive to the dispossessed. Different strategies to defeat the rising global opposition are being utilized. Gradually, police state repression and militarism are beginning to replace the “democracy” and “human rights” western societies have often bragged about. Everywhere the stakes are getting higher, and there is rising danger of greater catastrophe. The global stage of the 21st century is gearing up to unleash world-shaking surprises. http://journal-neo.org/2016/02/03/rockefellers-play-with-fire-the-oil-scheme-is-getting-more-dangerous/

Définitions de Oil has fallen below $30 per barrel. The decline in oil prices that alarmed the world when it began in 2014 has lasted much longer than expected. Natural gas, steel, copper, and other commodities are also seeing their prices fall. Economists are becoming alarmed as all the signs indicating some kind of pending recession are appearing. US media would have us believe that the “Chinese Slowdown” is solely responsible for this looming escalation of the economic crisis. However, it is widely acknowledged that the low oil prices are quite costly for the global economy and that this prolonged, artificial deflation is getting more and more dangerous. The price drop is intentionally planned and being carried out for specific purposes. For very selfish reasons, the House of Rockefeller is playing with fire, and threatening to burn the entire global economy to the ground. Securing the Power of Exxon-Mobile The Rockfellers are one of the most powerful families in the United States, and have been for a long time. Their history can be traced back to the 19th century and the rise of a corporation called Standard Oil. Today, their power can be found in the world’s largest oil corporation, Exxon-Mobile. Exxon-Mobile, a direct descendant of John D. Rockefeller’s Standard Oil, is the fifth-largest corporation in the entire world. Long ago, when the Rockefellers were rising to power, their favorite tactic for beating out their competitors was price manipulation. In the 1800s, the Rockefellers would lower their prices and flood the markets with cheap oil. Once their opponents went under, they would raise their prices back up, and make bigger profits than ever. This method for centralizing economic power was developed almost into a science by John D. Rockefeller and his minions. Eventually, Standard Oil was targeted by Theodore Roosevelt with his famous “trust-busting” reforms. In more recent decades, the Rockefellers have distinguished themselves among the US power elite by being visibly political. The Council on Foreign Relations, the highly secretive think tank in which US foreign policy is discussed and established, is almost completely funded by Rockefeller and Ford Foundation money. Rockefeller money is behind the Asia Society, the Open Society Foundations, and many other key voices in US political discourse. While the Rockefellers are among the richest people on earth, their wealth does not translate to conservative politics as some might naively assume. Since the end of the Second World War, the Rockefellers have been liberals. Inscriptions honoring the Rockefellers can be found inside Riverside Church, a New York City religious institution associated with anti-war and civil rights activism. MSNBC, the US television network that promotes the liberal politics of Rachel Maddow and Chris Hayes, as well as the pro-Democratic Party comedy sketches of Saturday Night Live, broadcasts from inside Manhattan’s Rockefeller Center. The National Broadcasting Company (NBC) media conglomerate was created by General Electric, one of the biggest military contractors. GE is also part of the Rockefeller empire. The Rockefeller family is known for promoting reproductive choice, as well as LGBTQ rights. They are closely linked to the Democratic Party. The land on which the United Nations headquarters was constructed was once the property of the Rockefeller family, given as a personal donation. The powerful family’s ownership of Exxon-Mobile cannot be separated from their strategic political alliances. Barack Obama’s administration and the Democratic Party have been faithful economic and political servants of the Rockefeller dynasty. The money behind the primary opponents of the Democrats on the political stage comes from Exxon-Mobile’s primary competitor. MSNBC’s obsession with demonizing the “Koch Brothers” as the incarnation of modern political evil isn’t simply about politics. Behind the politics is a classic market rivalry between Exxon-Mobile and Koch Industries. The Rockefeller-CIA Oil Scheme Three countries which are major opponents of the United States on the geopolitical stage — Russia, Venezuela, and Iran — are also oil exporters and major competitors with US oil corporations. All three of these countries have independent economies centered around government-owned natural resources. Each of these countries are also suffering serious consequences from the oil-price drop. In Venezuela, the right-wing opposition — funded by Rockefeller- and Ford Foundation-linked NGOs — won control of the parliament in the 2015 December elections. The Bolivarian movement, led by the United Socialist Party and Nicolas Maduro, rose to power by utilizing the oil proceeds to fund housing, education, medical care, and community-controlled media. The oil price drop has caused these forces tremendous problems, and weakened the social programs. The economic problems created by US sanctions against the Islamic Republic of Iran were intensified by the oil-price drop. Difficult economic circumstances swayed Iranian public opinion, strengthening President Hassan Rouhani and the forces calling themselves the “reformist movement.” The oil-price drop was a significant factor in bringing about the P5+1 nuclear conclusion, in which two-thirds of Iran’s peaceful nuclear energy program was dismantled. Russia has been forced to cut its domestic budget. The spending of government money made Vladimir Putin very popular. Government-owned oil and natural gas allowed Russia to reboot its economy following the disastrous period of the 1990s. The Rockefellers and their friends at the Council on Foreign Relations have determined that keeping oil prices low serves long-term US foreign policy objectives — i.e., keeping Wall Street at the center of the global economy. So, how is the oil-price drop being carried out? What is causing the prices to go down? Innovations in technology, such as hydraulic fracking and new drilling methods, have certainly played a role. However, the primary reason for the extreme drop has been the Kingdom of Saudi Arabia. The repressive, human-rights-violating Saudi monarchy continues to pour tens of millions of barrels of oil onto the international market every day. Despite losing billions of dollars and experiencing an escalating internal crisis, the Saudi regime continues to expand its oil production apparatus. Saudi Arabia executed 47 people on January 1, indicating that its internal problems are getting larger. The reason for Saudi Arabia’s indulgence in self-destructive economic policies is merely obedience. Saudi oil is the de facto property of Wall Street. Saudi Arabia has the fourth-largest military budget of any country in the world, purchasing weapons almost exclusively from the United States. The Kingdom serves as a Middle Eastern extension of major US oil and military corporations. The Saudi regime is flooding the market, losing money, and wrecking their country, because the bosses at Exxon-Mobile, i.e., the Rockefeller family, are ordering it. Trump and the Koch Opposition The oil-price drop does not only serve geopolitical ends. There is a domestic side to it as well. The invention of hydraulic fracking and the rise of domestic oil production in the United States have both brought all kinds of strength to Rockefeller’s competitors. The Koch Brothers emerged stronger than ever, along with a slew of smaller oil tycoons, who lack the kind of longstanding and entrenched influence wielded by the Rockefeller dynasty. US Congress has lifted the 1973 oil export ban and these domestic competitors can now export on the international markets. It should be no surprise that the Keystone Pipeline, and “Drill, baby, drill!” have become rallying cries of Republican politics. “Drill, baby, drill!” means breaking the power of the Rockefellers and strengthening Koch Industries, along with a whole crew of nouveau riche grouped around them, wanting a bigger chunk of the oil profits. The Rockefellers are hoping that the oil-price drop can not only defeat the emerging anti-capitalist bloc around the world, but also their domestic competitors. This strategy is working out as well. Houston, a political headquarters for the Koch insurgency, is having a housing crisis because of the oil-price drop. A recent article in the Wall Street Journal highlighted how a town in Montana called Williston, booming a few years ago with new oil, has also been devastated. Now that the more ideologically right-wing Tea Party has run its course, the Koch Brothers have put up Donald Trump as their strongman against the Rockefeller establishment. As Trump preaches hate for immigrants and Muslims, beating his chest with a false “everyman” populism, he is attempting to build a political army. The hope is not so much to capture the presidency but to strong-arm the Ford Foundation and the Rockefeller think tanks away from their monopoly on setting policy. The reason Trump strays from the standard US foreign policy script, seeming friendlier to Russia and more critical of Saudi Arabia, is because he represents Wall Street opposition to Rockefeller dominance. Different strategies in relation to oil-exporting countries are not completely off-limits. In addition to market rivalries, there has been a long history of tension between the CIA and the Pentagon. The CIA leadership is trained at places like Harvard and Yale, carefully studying the art of how to achieve long-term geopolitical goals. The military brass, on the other hand, is trained only in the hard science of blowing things up. Not surprisingly, the two groups frequently come into conflict with each other. The Rockefellers, with their Council on Foreign Relations and alliance with George Soros, have always been closer to the CIA and the Democrats. The military lines up consistently with the Republicans. On the global stage, the Rockefellers hope to gradually cash-starve opponents of US power, while fomenting “color revolution”-style internal crises. On the other side of things, Donald Trump talks about “bombing the hell” out of Iraq, and his followers have much more enthusiasm for direct military attacks on defiant countries. The tense standoff surrounding the P5+1 nuclear deal was a manifestation of these strategic differences. The Agony of Capitalist Crisis As the Rockfellers and Obama Administration continue to wage economic war against Russia, Venezuela, and Iran — while at the same time trying to economically weaken Koch Industries and secure the power of the oil monopolies — the global economy is headed for catastrophe. The Saudis are obediently churning out oil, and prices in other sectors like natural gas are following close behind. Investor confidence is dropping and the expected panic is setting in. As things spiral downward, Donald Trump and the Koch Brothers are attempting to utilize the ideological right wing. The obsessively pro-Israel, anti-Islamic and anti-immigrant sectors of the US working class, primarily found among the dispossessed whites of the south and rural areas, are seen as a potential political goon squad. Meanwhile, the left is being politically re-shuffled as radical ideas reemerge in US discourse. Rockefeller money is deployed to control and direct the re-energized (but completely confused) US left. The Ford Foundation has staged entire conferences against police brutality, hoping to point “Black Lives Matter” away from a confrontation with the US political establishment. The talking heads on MSNBC are working very hard to push the millions of Americans who now identify themselves as “socialists” away from militant labor activism, and toward campaigning for the Democratic Party. The Rockefellers have given up on trying to suppress basic anti-capitalist sentiments, and instead are hoping to redefine socialism with classless phrases like “a government that works for everyone.” The younger generation of Americans, who are statistically much more left-wing, are the target audience of the Rockefeller political machine. The goal is for the former chaos-loving residents of Zuccotti Park to become disciplined foot soldiers against the Kochs. The last thing that the owners of Exxon-Mobile want is an upsurge of militant street fighters. They don’t want the radicalism of the 1960s Revolutionary Youth Movement or the 1930s Young Communist League. They want obedient functionaries who study Saul Alinsky. Behind all of this is an almost unresolvable economic problem. The computer revolution has made it cheaper and easier than ever to produce things, and now millions of people have no place in the world economy. The world market is full of commodities, cheaply produced by machines. These products cannot be purchased by the increasingly impoverished people of the world who no longer have a place at the assembly line. In a crisis of mass migration, the people who the system no longer has a place for have fled from Africa, Latin America, the Middle East, and Southeast Asia. Within the United States and Western Europe, the standard of living is dropping and the next generation is adjusting to a low-wage economy. With Russia and China as the lynchpin, a new bloc of state-controlled, centrally planned economies has emerged, carving out an alternative in the world economy. Global events continue to reinforce the notion that western neoliberal capitalism is not the end of history. The financial system, based on usury and exploitation, that has ruled the world for over 500 years, is in a long, deep crisis. Within the power structure, different factions are scrambling to save it, as alternatives to it are becoming more attractive to the dispossessed. Different strategies to defeat the rising global opposition are being utilized. Gradually, police state repression and militarism are beginning to replace the “democracy” and “human rights” western societies have often bragged about. Everywhere the stakes are getting higher, and there is rising danger of greater catastrophe. The global stage of the 21st century is gearing up to unleash world-shaking surprises. http://journal-neo.org/2016/02/03/rockefellers-play-with-fire-the-oil-scheme-is-getting-more-dangerous/

Synonymes de Oil has fallen below $30 per barrel. The decline in oil prices that alarmed the world when it began in 2014 has lasted much longer than expected. Natural gas, steel, copper, and other commodities are also seeing their prices fall. Economists are becoming alarmed as all the signs indicating some kind of pending recession are appearing. US media would have us believe that the “Chinese Slowdown” is solely responsible for this looming escalation of the economic crisis. However, it is widely acknowledged that the low oil prices are quite costly for the global economy and that this prolonged, artificial deflation is getting more and more dangerous. The price drop is intentionally planned and being carried out for specific purposes. For very selfish reasons, the House of Rockefeller is playing with fire, and threatening to burn the entire global economy to the ground. Securing the Power of Exxon-Mobile The Rockfellers are one of the most powerful families in the United States, and have been for a long time. Their history can be traced back to the 19th century and the rise of a corporation called Standard Oil. Today, their power can be found in the world’s largest oil corporation, Exxon-Mobile. Exxon-Mobile, a direct descendant of John D. Rockefeller’s Standard Oil, is the fifth-largest corporation in the entire world. Long ago, when the Rockefellers were rising to power, their favorite tactic for beating out their competitors was price manipulation. In the 1800s, the Rockefellers would lower their prices and flood the markets with cheap oil. Once their opponents went under, they would raise their prices back up, and make bigger profits than ever. This method for centralizing economic power was developed almost into a science by John D. Rockefeller and his minions. Eventually, Standard Oil was targeted by Theodore Roosevelt with his famous “trust-busting” reforms. In more recent decades, the Rockefellers have distinguished themselves among the US power elite by being visibly political. The Council on Foreign Relations, the highly secretive think tank in which US foreign policy is discussed and established, is almost completely funded by Rockefeller and Ford Foundation money. Rockefeller money is behind the Asia Society, the Open Society Foundations, and many other key voices in US political discourse. While the Rockefellers are among the richest people on earth, their wealth does not translate to conservative politics as some might naively assume. Since the end of the Second World War, the Rockefellers have been liberals. Inscriptions honoring the Rockefellers can be found inside Riverside Church, a New York City religious institution associated with anti-war and civil rights activism. MSNBC, the US television network that promotes the liberal politics of Rachel Maddow and Chris Hayes, as well as the pro-Democratic Party comedy sketches of Saturday Night Live, broadcasts from inside Manhattan’s Rockefeller Center. The National Broadcasting Company (NBC) media conglomerate was created by General Electric, one of the biggest military contractors. GE is also part of the Rockefeller empire. The Rockefeller family is known for promoting reproductive choice, as well as LGBTQ rights. They are closely linked to the Democratic Party. The land on which the United Nations headquarters was constructed was once the property of the Rockefeller family, given as a personal donation. The powerful family’s ownership of Exxon-Mobile cannot be separated from their strategic political alliances. Barack Obama’s administration and the Democratic Party have been faithful economic and political servants of the Rockefeller dynasty. The money behind the primary opponents of the Democrats on the political stage comes from Exxon-Mobile’s primary competitor. MSNBC’s obsession with demonizing the “Koch Brothers” as the incarnation of modern political evil isn’t simply about politics. Behind the politics is a classic market rivalry between Exxon-Mobile and Koch Industries. The Rockefeller-CIA Oil Scheme Three countries which are major opponents of the United States on the geopolitical stage — Russia, Venezuela, and Iran — are also oil exporters and major competitors with US oil corporations. All three of these countries have independent economies centered around government-owned natural resources. Each of these countries are also suffering serious consequences from the oil-price drop. In Venezuela, the right-wing opposition — funded by Rockefeller- and Ford Foundation-linked NGOs — won control of the parliament in the 2015 December elections. The Bolivarian movement, led by the United Socialist Party and Nicolas Maduro, rose to power by utilizing the oil proceeds to fund housing, education, medical care, and community-controlled media. The oil price drop has caused these forces tremendous problems, and weakened the social programs. The economic problems created by US sanctions against the Islamic Republic of Iran were intensified by the oil-price drop. Difficult economic circumstances swayed Iranian public opinion, strengthening President Hassan Rouhani and the forces calling themselves the “reformist movement.” The oil-price drop was a significant factor in bringing about the P5+1 nuclear conclusion, in which two-thirds of Iran’s peaceful nuclear energy program was dismantled. Russia has been forced to cut its domestic budget. The spending of government money made Vladimir Putin very popular. Government-owned oil and natural gas allowed Russia to reboot its economy following the disastrous period of the 1990s. The Rockefellers and their friends at the Council on Foreign Relations have determined that keeping oil prices low serves long-term US foreign policy objectives — i.e., keeping Wall Street at the center of the global economy. So, how is the oil-price drop being carried out? What is causing the prices to go down? Innovations in technology, such as hydraulic fracking and new drilling methods, have certainly played a role. However, the primary reason for the extreme drop has been the Kingdom of Saudi Arabia. The repressive, human-rights-violating Saudi monarchy continues to pour tens of millions of barrels of oil onto the international market every day. Despite losing billions of dollars and experiencing an escalating internal crisis, the Saudi regime continues to expand its oil production apparatus. Saudi Arabia executed 47 people on January 1, indicating that its internal problems are getting larger. The reason for Saudi Arabia’s indulgence in self-destructive economic policies is merely obedience. Saudi oil is the de facto property of Wall Street. Saudi Arabia has the fourth-largest military budget of any country in the world, purchasing weapons almost exclusively from the United States. The Kingdom serves as a Middle Eastern extension of major US oil and military corporations. The Saudi regime is flooding the market, losing money, and wrecking their country, because the bosses at Exxon-Mobile, i.e., the Rockefeller family, are ordering it. Trump and the Koch Opposition The oil-price drop does not only serve geopolitical ends. There is a domestic side to it as well. The invention of hydraulic fracking and the rise of domestic oil production in the United States have both brought all kinds of strength to Rockefeller’s competitors. The Koch Brothers emerged stronger than ever, along with a slew of smaller oil tycoons, who lack the kind of longstanding and entrenched influence wielded by the Rockefeller dynasty. US Congress has lifted the 1973 oil export ban and these domestic competitors can now export on the international markets. It should be no surprise that the Keystone Pipeline, and “Drill, baby, drill!” have become rallying cries of Republican politics. “Drill, baby, drill!” means breaking the power of the Rockefellers and strengthening Koch Industries, along with a whole crew of nouveau riche grouped around them, wanting a bigger chunk of the oil profits. The Rockefellers are hoping that the oil-price drop can not only defeat the emerging anti-capitalist bloc around the world, but also their domestic competitors. This strategy is working out as well. Houston, a political headquarters for the Koch insurgency, is having a housing crisis because of the oil-price drop. A recent article in the Wall Street Journal highlighted how a town in Montana called Williston, booming a few years ago with new oil, has also been devastated. Now that the more ideologically right-wing Tea Party has run its course, the Koch Brothers have put up Donald Trump as their strongman against the Rockefeller establishment. As Trump preaches hate for immigrants and Muslims, beating his chest with a false “everyman” populism, he is attempting to build a political army. The hope is not so much to capture the presidency but to strong-arm the Ford Foundation and the Rockefeller think tanks away from their monopoly on setting policy. The reason Trump strays from the standard US foreign policy script, seeming friendlier to Russia and more critical of Saudi Arabia, is because he represents Wall Street opposition to Rockefeller dominance. Different strategies in relation to oil-exporting countries are not completely off-limits. In addition to market rivalries, there has been a long history of tension between the CIA and the Pentagon. The CIA leadership is trained at places like Harvard and Yale, carefully studying the art of how to achieve long-term geopolitical goals. The military brass, on the other hand, is trained only in the hard science of blowing things up. Not surprisingly, the two groups frequently come into conflict with each other. The Rockefellers, with their Council on Foreign Relations and alliance with George Soros, have always been closer to the CIA and the Democrats. The military lines up consistently with the Republicans. On the global stage, the Rockefellers hope to gradually cash-starve opponents of US power, while fomenting “color revolution”-style internal crises. On the other side of things, Donald Trump talks about “bombing the hell” out of Iraq, and his followers have much more enthusiasm for direct military attacks on defiant countries. The tense standoff surrounding the P5+1 nuclear deal was a manifestation of these strategic differences. The Agony of Capitalist Crisis As the Rockfellers and Obama Administration continue to wage economic war against Russia, Venezuela, and Iran — while at the same time trying to economically weaken Koch Industries and secure the power of the oil monopolies — the global economy is headed for catastrophe. The Saudis are obediently churning out oil, and prices in other sectors like natural gas are following close behind. Investor confidence is dropping and the expected panic is setting in. As things spiral downward, Donald Trump and the Koch Brothers are attempting to utilize the ideological right wing. The obsessively pro-Israel, anti-Islamic and anti-immigrant sectors of the US working class, primarily found among the dispossessed whites of the south and rural areas, are seen as a potential political goon squad. Meanwhile, the left is being politically re-shuffled as radical ideas reemerge in US discourse. Rockefeller money is deployed to control and direct the re-energized (but completely confused) US left. The Ford Foundation has staged entire conferences against police brutality, hoping to point “Black Lives Matter” away from a confrontation with the US political establishment. The talking heads on MSNBC are working very hard to push the millions of Americans who now identify themselves as “socialists” away from militant labor activism, and toward campaigning for the Democratic Party. The Rockefellers have given up on trying to suppress basic anti-capitalist sentiments, and instead are hoping to redefine socialism with classless phrases like “a government that works for everyone.” The younger generation of Americans, who are statistically much more left-wing, are the target audience of the Rockefeller political machine. The goal is for the former chaos-loving residents of Zuccotti Park to become disciplined foot soldiers against the Kochs. The last thing that the owners of Exxon-Mobile want is an upsurge of militant street fighters. They don’t want the radicalism of the 1960s Revolutionary Youth Movement or the 1930s Young Communist League. They want obedient functionaries who study Saul Alinsky. Behind all of this is an almost unresolvable economic problem. The computer revolution has made it cheaper and easier than ever to produce things, and now millions of people have no place in the world economy. The world market is full of commodities, cheaply produced by machines. These products cannot be purchased by the increasingly impoverished people of the world who no longer have a place at the assembly line. In a crisis of mass migration, the people who the system no longer has a place for have fled from Africa, Latin America, the Middle East, and Southeast Asia. Within the United States and Western Europe, the standard of living is dropping and the next generation is adjusting to a low-wage economy. With Russia and China as the lynchpin, a new bloc of state-controlled, centrally planned economies has emerged, carving out an alternative in the world economy. Global events continue to reinforce the notion that western neoliberal capitalism is not the end of history. The financial system, based on usury and exploitation, that has ruled the world for over 500 years, is in a long, deep crisis. Within the power structure, different factions are scrambling to save it, as alternatives to it are becoming more attractive to the dispossessed. Different strategies to defeat the rising global opposition are being utilized. Gradually, police state repression and militarism are beginning to replace the “democracy” and “human rights” western societies have often bragged about. Everywhere the stakes are getting higher, and there is rising danger of greater catastrophe. The global stage of the 21st century is gearing up to unleash world-shaking surprises. http://journal-neo.org/2016/02/03/rockefellers-play-with-fire-the-oil-scheme-is-getting-more-dangerous/

Exemples de Oil has fallen below $30 per barrel. The decline in oil prices that alarmed the world when it began in 2014 has lasted much longer than expected. Natural gas, steel, copper, and other commodities are also seeing their prices fall. Economists are becoming alarmed as all the signs indicating some kind of pending recession are appearing. US media would have us believe that the “Chinese Slowdown” is solely responsible for this looming escalation of the economic crisis. However, it is widely acknowledged that the low oil prices are quite costly for the global economy and that this prolonged, artificial deflation is getting more and more dangerous. The price drop is intentionally planned and being carried out for specific purposes. For very selfish reasons, the House of Rockefeller is playing with fire, and threatening to burn the entire global economy to the ground. Securing the Power of Exxon-Mobile The Rockfellers are one of the most powerful families in the United States, and have been for a long time. Their history can be traced back to the 19th century and the rise of a corporation called Standard Oil. Today, their power can be found in the world’s largest oil corporation, Exxon-Mobile. Exxon-Mobile, a direct descendant of John D. Rockefeller’s Standard Oil, is the fifth-largest corporation in the entire world. Long ago, when the Rockefellers were rising to power, their favorite tactic for beating out their competitors was price manipulation. In the 1800s, the Rockefellers would lower their prices and flood the markets with cheap oil. Once their opponents went under, they would raise their prices back up, and make bigger profits than ever. This method for centralizing economic power was developed almost into a science by John D. Rockefeller and his minions. Eventually, Standard Oil was targeted by Theodore Roosevelt with his famous “trust-busting” reforms. In more recent decades, the Rockefellers have distinguished themselves among the US power elite by being visibly political. The Council on Foreign Relations, the highly secretive think tank in which US foreign policy is discussed and established, is almost completely funded by Rockefeller and Ford Foundation money. Rockefeller money is behind the Asia Society, the Open Society Foundations, and many other key voices in US political discourse. While the Rockefellers are among the richest people on earth, their wealth does not translate to conservative politics as some might naively assume. Since the end of the Second World War, the Rockefellers have been liberals. Inscriptions honoring the Rockefellers can be found inside Riverside Church, a New York City religious institution associated with anti-war and civil rights activism. MSNBC, the US television network that promotes the liberal politics of Rachel Maddow and Chris Hayes, as well as the pro-Democratic Party comedy sketches of Saturday Night Live, broadcasts from inside Manhattan’s Rockefeller Center. The National Broadcasting Company (NBC) media conglomerate was created by General Electric, one of the biggest military contractors. GE is also part of the Rockefeller empire. The Rockefeller family is known for promoting reproductive choice, as well as LGBTQ rights. They are closely linked to the Democratic Party. The land on which the United Nations headquarters was constructed was once the property of the Rockefeller family, given as a personal donation. The powerful family’s ownership of Exxon-Mobile cannot be separated from their strategic political alliances. Barack Obama’s administration and the Democratic Party have been faithful economic and political servants of the Rockefeller dynasty. The money behind the primary opponents of the Democrats on the political stage comes from Exxon-Mobile’s primary competitor. MSNBC’s obsession with demonizing the “Koch Brothers” as the incarnation of modern political evil isn’t simply about politics. Behind the politics is a classic market rivalry between Exxon-Mobile and Koch Industries. The Rockefeller-CIA Oil Scheme Three countries which are major opponents of the United States on the geopolitical stage — Russia, Venezuela, and Iran — are also oil exporters and major competitors with US oil corporations. All three of these countries have independent economies centered around government-owned natural resources. Each of these countries are also suffering serious consequences from the oil-price drop. In Venezuela, the right-wing opposition — funded by Rockefeller- and Ford Foundation-linked NGOs — won control of the parliament in the 2015 December elections. The Bolivarian movement, led by the United Socialist Party and Nicolas Maduro, rose to power by utilizing the oil proceeds to fund housing, education, medical care, and community-controlled media. The oil price drop has caused these forces tremendous problems, and weakened the social programs. The economic problems created by US sanctions against the Islamic Republic of Iran were intensified by the oil-price drop. Difficult economic circumstances swayed Iranian public opinion, strengthening President Hassan Rouhani and the forces calling themselves the “reformist movement.” The oil-price drop was a significant factor in bringing about the P5+1 nuclear conclusion, in which two-thirds of Iran’s peaceful nuclear energy program was dismantled. Russia has been forced to cut its domestic budget. The spending of government money made Vladimir Putin very popular. Government-owned oil and natural gas allowed Russia to reboot its economy following the disastrous period of the 1990s. The Rockefellers and their friends at the Council on Foreign Relations have determined that keeping oil prices low serves long-term US foreign policy objectives — i.e., keeping Wall Street at the center of the global economy. So, how is the oil-price drop being carried out? What is causing the prices to go down? Innovations in technology, such as hydraulic fracking and new drilling methods, have certainly played a role. However, the primary reason for the extreme drop has been the Kingdom of Saudi Arabia. The repressive, human-rights-violating Saudi monarchy continues to pour tens of millions of barrels of oil onto the international market every day. Despite losing billions of dollars and experiencing an escalating internal crisis, the Saudi regime continues to expand its oil production apparatus. Saudi Arabia executed 47 people on January 1, indicating that its internal problems are getting larger. The reason for Saudi Arabia’s indulgence in self-destructive economic policies is merely obedience. Saudi oil is the de facto property of Wall Street. Saudi Arabia has the fourth-largest military budget of any country in the world, purchasing weapons almost exclusively from the United States. The Kingdom serves as a Middle Eastern extension of major US oil and military corporations. The Saudi regime is flooding the market, losing money, and wrecking their country, because the bosses at Exxon-Mobile, i.e., the Rockefeller family, are ordering it. Trump and the Koch Opposition The oil-price drop does not only serve geopolitical ends. There is a domestic side to it as well. The invention of hydraulic fracking and the rise of domestic oil production in the United States have both brought all kinds of strength to Rockefeller’s competitors. The Koch Brothers emerged stronger than ever, along with a slew of smaller oil tycoons, who lack the kind of longstanding and entrenched influence wielded by the Rockefeller dynasty. US Congress has lifted the 1973 oil export ban and these domestic competitors can now export on the international markets. It should be no surprise that the Keystone Pipeline, and “Drill, baby, drill!” have become rallying cries of Republican politics. “Drill, baby, drill!” means breaking the power of the Rockefellers and strengthening Koch Industries, along with a whole crew of nouveau riche grouped around them, wanting a bigger chunk of the oil profits. The Rockefellers are hoping that the oil-price drop can not only defeat the emerging anti-capitalist bloc around the world, but also their domestic competitors. This strategy is working out as well. Houston, a political headquarters for the Koch insurgency, is having a housing crisis because of the oil-price drop. A recent article in the Wall Street Journal highlighted how a town in Montana called Williston, booming a few years ago with new oil, has also been devastated. Now that the more ideologically right-wing Tea Party has run its course, the Koch Brothers have put up Donald Trump as their strongman against the Rockefeller establishment. As Trump preaches hate for immigrants and Muslims, beating his chest with a false “everyman” populism, he is attempting to build a political army. The hope is not so much to capture the presidency but to strong-arm the Ford Foundation and the Rockefeller think tanks away from their monopoly on setting policy. The reason Trump strays from the standard US foreign policy script, seeming friendlier to Russia and more critical of Saudi Arabia, is because he represents Wall Street opposition to Rockefeller dominance. Different strategies in relation to oil-exporting countries are not completely off-limits. In addition to market rivalries, there has been a long history of tension between the CIA and the Pentagon. The CIA leadership is trained at places like Harvard and Yale, carefully studying the art of how to achieve long-term geopolitical goals. The military brass, on the other hand, is trained only in the hard science of blowing things up. Not surprisingly, the two groups frequently come into conflict with each other. The Rockefellers, with their Council on Foreign Relations and alliance with George Soros, have always been closer to the CIA and the Democrats. The military lines up consistently with the Republicans. On the global stage, the Rockefellers hope to gradually cash-starve opponents of US power, while fomenting “color revolution”-style internal crises. On the other side of things, Donald Trump talks about “bombing the hell” out of Iraq, and his followers have much more enthusiasm for direct military attacks on defiant countries. The tense standoff surrounding the P5+1 nuclear deal was a manifestation of these strategic differences. The Agony of Capitalist Crisis As the Rockfellers and Obama Administration continue to wage economic war against Russia, Venezuela, and Iran — while at the same time trying to economically weaken Koch Industries and secure the power of the oil monopolies — the global economy is headed for catastrophe. The Saudis are obediently churning out oil, and prices in other sectors like natural gas are following close behind. Investor confidence is dropping and the expected panic is setting in. As things spiral downward, Donald Trump and the Koch Brothers are attempting to utilize the ideological right wing. The obsessively pro-Israel, anti-Islamic and anti-immigrant sectors of the US working class, primarily found among the dispossessed whites of the south and rural areas, are seen as a potential political goon squad. Meanwhile, the left is being politically re-shuffled as radical ideas reemerge in US discourse. Rockefeller money is deployed to control and direct the re-energized (but completely confused) US left. The Ford Foundation has staged entire conferences against police brutality, hoping to point “Black Lives Matter” away from a confrontation with the US political establishment. The talking heads on MSNBC are working very hard to push the millions of Americans who now identify themselves as “socialists” away from militant labor activism, and toward campaigning for the Democratic Party. The Rockefellers have given up on trying to suppress basic anti-capitalist sentiments, and instead are hoping to redefine socialism with classless phrases like “a government that works for everyone.” The younger generation of Americans, who are statistically much more left-wing, are the target audience of the Rockefeller political machine. The goal is for the former chaos-loving residents of Zuccotti Park to become disciplined foot soldiers against the Kochs. The last thing that the owners of Exxon-Mobile want is an upsurge of militant street fighters. They don’t want the radicalism of the 1960s Revolutionary Youth Movement or the 1930s Young Communist League. They want obedient functionaries who study Saul Alinsky. Behind all of this is an almost unresolvable economic problem. The computer revolution has made it cheaper and easier than ever to produce things, and now millions of people have no place in the world economy. The world market is full of commodities, cheaply produced by machines. These products cannot be purchased by the increasingly impoverished people of the world who no longer have a place at the assembly line. In a crisis of mass migration, the people who the system no longer has a place for have fled from Africa, Latin America, the Middle East, and Southeast Asia. Within the United States and Western Europe, the standard of living is dropping and the next generation is adjusting to a low-wage economy. With Russia and China as the lynchpin, a new bloc of state-controlled, centrally planned economies has emerged, carving out an alternative in the world economy. Global events continue to reinforce the notion that western neoliberal capitalism is not the end of history. The financial system, based on usury and exploitation, that has ruled the world for over 500 years, is in a long, deep crisis. Within the power structure, different factions are scrambling to save it, as alternatives to it are becoming more attractive to the dispossessed. Different strategies to defeat the rising global opposition are being utilized. Gradually, police state repression and militarism are beginning to replace the “democracy” and “human rights” western societies have often bragged about. Everywhere the stakes are getting higher, and there is rising danger of greater catastrophe. The global stage of the 21st century is gearing up to unleash world-shaking surprises. http://journal-neo.org/2016/02/03/rockefellers-play-with-fire-the-oil-scheme-is-getting-more-dangerous/

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Traductions de Oil has fallen below $30 per barrel. The decline in oil prices that alarmed the world when it began in 2014 has lasted much longer than expected. Natural gas, steel, copper, and other commodities are also seeing their prices fall. Economists are becoming alarmed as all the signs indicating some kind of pending recession are appearing. US media would have us believe that the “Chinese Slowdown” is solely responsible for this looming escalation of the economic crisis. However, it is widely acknowledged that the low oil prices are quite costly for the global economy and that this prolonged, artificial deflation is getting more and more dangerous. The price drop is intentionally planned and being carried out for specific purposes. For very selfish reasons, the House of Rockefeller is playing with fire, and threatening to burn the entire global economy to the ground. Securing the Power of Exxon-Mobile The Rockfellers are one of the most powerful families in the United States, and have been for a long time. Their history can be traced back to the 19th century and the rise of a corporation called Standard Oil. Today, their power can be found in the world’s largest oil corporation, Exxon-Mobile. Exxon-Mobile, a direct descendant of John D. Rockefeller’s Standard Oil, is the fifth-largest corporation in the entire world. Long ago, when the Rockefellers were rising to power, their favorite tactic for beating out their competitors was price manipulation. In the 1800s, the Rockefellers would lower their prices and flood the markets with cheap oil. Once their opponents went under, they would raise their prices back up, and make bigger profits than ever. This method for centralizing economic power was developed almost into a science by John D. Rockefeller and his minions. Eventually, Standard Oil was targeted by Theodore Roosevelt with his famous “trust-busting” reforms. In more recent decades, the Rockefellers have distinguished themselves among the US power elite by being visibly political. The Council on Foreign Relations, the highly secretive think tank in which US foreign policy is discussed and established, is almost completely funded by Rockefeller and Ford Foundation money. Rockefeller money is behind the Asia Society, the Open Society Foundations, and many other key voices in US political discourse. While the Rockefellers are among the richest people on earth, their wealth does not translate to conservative politics as some might naively assume. Since the end of the Second World War, the Rockefellers have been liberals. Inscriptions honoring the Rockefellers can be found inside Riverside Church, a New York City religious institution associated with anti-war and civil rights activism. MSNBC, the US television network that promotes the liberal politics of Rachel Maddow and Chris Hayes, as well as the pro-Democratic Party comedy sketches of Saturday Night Live, broadcasts from inside Manhattan’s Rockefeller Center. The National Broadcasting Company (NBC) media conglomerate was created by General Electric, one of the biggest military contractors. GE is also part of the Rockefeller empire. The Rockefeller family is known for promoting reproductive choice, as well as LGBTQ rights. They are closely linked to the Democratic Party. The land on which the United Nations headquarters was constructed was once the property of the Rockefeller family, given as a personal donation. The powerful family’s ownership of Exxon-Mobile cannot be separated from their strategic political alliances. Barack Obama’s administration and the Democratic Party have been faithful economic and political servants of the Rockefeller dynasty. The money behind the primary opponents of the Democrats on the political stage comes from Exxon-Mobile’s primary competitor. MSNBC’s obsession with demonizing the “Koch Brothers” as the incarnation of modern political evil isn’t simply about politics. Behind the politics is a classic market rivalry between Exxon-Mobile and Koch Industries. The Rockefeller-CIA Oil Scheme Three countries which are major opponents of the United States on the geopolitical stage — Russia, Venezuela, and Iran — are also oil exporters and major competitors with US oil corporations. All three of these countries have independent economies centered around government-owned natural resources. Each of these countries are also suffering serious consequences from the oil-price drop. In Venezuela, the right-wing opposition — funded by Rockefeller- and Ford Foundation-linked NGOs — won control of the parliament in the 2015 December elections. The Bolivarian movement, led by the United Socialist Party and Nicolas Maduro, rose to power by utilizing the oil proceeds to fund housing, education, medical care, and community-controlled media. The oil price drop has caused these forces tremendous problems, and weakened the social programs. The economic problems created by US sanctions against the Islamic Republic of Iran were intensified by the oil-price drop. Difficult economic circumstances swayed Iranian public opinion, strengthening President Hassan Rouhani and the forces calling themselves the “reformist movement.” The oil-price drop was a significant factor in bringing about the P5+1 nuclear conclusion, in which two-thirds of Iran’s peaceful nuclear energy program was dismantled. Russia has been forced to cut its domestic budget. The spending of government money made Vladimir Putin very popular. Government-owned oil and natural gas allowed Russia to reboot its economy following the disastrous period of the 1990s. The Rockefellers and their friends at the Council on Foreign Relations have determined that keeping oil prices low serves long-term US foreign policy objectives — i.e., keeping Wall Street at the center of the global economy. So, how is the oil-price drop being carried out? What is causing the prices to go down? Innovations in technology, such as hydraulic fracking and new drilling methods, have certainly played a role. However, the primary reason for the extreme drop has been the Kingdom of Saudi Arabia. The repressive, human-rights-violating Saudi monarchy continues to pour tens of millions of barrels of oil onto the international market every day. Despite losing billions of dollars and experiencing an escalating internal crisis, the Saudi regime continues to expand its oil production apparatus. Saudi Arabia executed 47 people on January 1, indicating that its internal problems are getting larger. The reason for Saudi Arabia’s indulgence in self-destructive economic policies is merely obedience. Saudi oil is the de facto property of Wall Street. Saudi Arabia has the fourth-largest military budget of any country in the world, purchasing weapons almost exclusively from the United States. The Kingdom serves as a Middle Eastern extension of major US oil and military corporations. The Saudi regime is flooding the market, losing money, and wrecking their country, because the bosses at Exxon-Mobile, i.e., the Rockefeller family, are ordering it. Trump and the Koch Opposition The oil-price drop does not only serve geopolitical ends. There is a domestic side to it as well. The invention of hydraulic fracking and the rise of domestic oil production in the United States have both brought all kinds of strength to Rockefeller’s competitors. The Koch Brothers emerged stronger than ever, along with a slew of smaller oil tycoons, who lack the kind of longstanding and entrenched influence wielded by the Rockefeller dynasty. US Congress has lifted the 1973 oil export ban and these domestic competitors can now export on the international markets. It should be no surprise that the Keystone Pipeline, and “Drill, baby, drill!” have become rallying cries of Republican politics. “Drill, baby, drill!” means breaking the power of the Rockefellers and strengthening Koch Industries, along with a whole crew of nouveau riche grouped around them, wanting a bigger chunk of the oil profits. The Rockefellers are hoping that the oil-price drop can not only defeat the emerging anti-capitalist bloc around the world, but also their domestic competitors. This strategy is working out as well. Houston, a political headquarters for the Koch insurgency, is having a housing crisis because of the oil-price drop. A recent article in the Wall Street Journal highlighted how a town in Montana called Williston, booming a few years ago with new oil, has also been devastated. Now that the more ideologically right-wing Tea Party has run its course, the Koch Brothers have put up Donald Trump as their strongman against the Rockefeller establishment. As Trump preaches hate for immigrants and Muslims, beating his chest with a false “everyman” populism, he is attempting to build a political army. The hope is not so much to capture the presidency but to strong-arm the Ford Foundation and the Rockefeller think tanks away from their monopoly on setting policy. The reason Trump strays from the standard US foreign policy script, seeming friendlier to Russia and more critical of Saudi Arabia, is because he represents Wall Street opposition to Rockefeller dominance. Different strategies in relation to oil-exporting countries are not completely off-limits. In addition to market rivalries, there has been a long history of tension between the CIA and the Pentagon. The CIA leadership is trained at places like Harvard and Yale, carefully studying the art of how to achieve long-term geopolitical goals. The military brass, on the other hand, is trained only in the hard science of blowing things up. Not surprisingly, the two groups frequently come into conflict with each other. The Rockefellers, with their Council on Foreign Relations and alliance with George Soros, have always been closer to the CIA and the Democrats. The military lines up consistently with the Republicans. On the global stage, the Rockefellers hope to gradually cash-starve opponents of US power, while fomenting “color revolution”-style internal crises. On the other side of things, Donald Trump talks about “bombing the hell” out of Iraq, and his followers have much more enthusiasm for direct military attacks on defiant countries. The tense standoff surrounding the P5+1 nuclear deal was a manifestation of these strategic differences. The Agony of Capitalist Crisis As the Rockfellers and Obama Administration continue to wage economic war against Russia, Venezuela, and Iran — while at the same time trying to economically weaken Koch Industries and secure the power of the oil monopolies — the global economy is headed for catastrophe. The Saudis are obediently churning out oil, and prices in other sectors like natural gas are following close behind. Investor confidence is dropping and the expected panic is setting in. As things spiral downward, Donald Trump and the Koch Brothers are attempting to utilize the ideological right wing. The obsessively pro-Israel, anti-Islamic and anti-immigrant sectors of the US working class, primarily found among the dispossessed whites of the south and rural areas, are seen as a potential political goon squad. Meanwhile, the left is being politically re-shuffled as radical ideas reemerge in US discourse. Rockefeller money is deployed to control and direct the re-energized (but completely confused) US left. The Ford Foundation has staged entire conferences against police brutality, hoping to point “Black Lives Matter” away from a confrontation with the US political establishment. The talking heads on MSNBC are working very hard to push the millions of Americans who now identify themselves as “socialists” away from militant labor activism, and toward campaigning for the Democratic Party. The Rockefellers have given up on trying to suppress basic anti-capitalist sentiments, and instead are hoping to redefine socialism with classless phrases like “a government that works for everyone.” The younger generation of Americans, who are statistically much more left-wing, are the target audience of the Rockefeller political machine. The goal is for the former chaos-loving residents of Zuccotti Park to become disciplined foot soldiers against the Kochs. The last thing that the owners of Exxon-Mobile want is an upsurge of militant street fighters. They don’t want the radicalism of the 1960s Revolutionary Youth Movement or the 1930s Young Communist League. They want obedient functionaries who study Saul Alinsky. Behind all of this is an almost unresolvable economic problem. The computer revolution has made it cheaper and easier than ever to produce things, and now millions of people have no place in the world economy. The world market is full of commodities, cheaply produced by machines. These products cannot be purchased by the increasingly impoverished people of the world who no longer have a place at the assembly line. In a crisis of mass migration, the people who the system no longer has a place for have fled from Africa, Latin America, the Middle East, and Southeast Asia. Within the United States and Western Europe, the standard of living is dropping and the next generation is adjusting to a low-wage economy. With Russia and China as the lynchpin, a new bloc of state-controlled, centrally planned economies has emerged, carving out an alternative in the world economy. Global events continue to reinforce the notion that western neoliberal capitalism is not the end of history. The financial system, based on usury and exploitation, that has ruled the world for over 500 years, is in a long, deep crisis. Within the power structure, different factions are scrambling to save it, as alternatives to it are becoming more attractive to the dispossessed. Different strategies to defeat the rising global opposition are being utilized. Gradually, police state repression and militarism are beginning to replace the “democracy” and “human rights” western societies have often bragged about. Everywhere the stakes are getting higher, and there is rising danger of greater catastrophe. The global stage of the 21st century is gearing up to unleash world-shaking surprises. http://journal-neo.org/2016/02/03/rockefellers-play-with-fire-the-oil-scheme-is-getting-more-dangerous/

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L’Arabie saoudite contre l’Iran : la plaque tectonique du pétrole de Qatif

Publié le par Mahi Ahmed

L’Arabie saoudite contre l’Iran : la plaque tectonique du pétrole de Qatif

L’Arabie saoudite contre l’Iran : la plaque tectonique du pétrole de Qatif

par Alfredo Jalife-Rahme

Il est d’usage dans la presse occidentale de prendre un air savant et d’expliquer la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran sur la base de rivalités religieuses (sunnites contre chiites) ou ethniques (arabes contre perses). Pourtant l’Histoire contredit cette interprétation, tandis qu’un coup d’œil sur la carte des hydrocarbures rend ce conflit limpide.

RÉSEAU VOLTAIRE | MEXICO (MEXIQUE) | 4 FÉVRIER 2016

L’escalade entre l’Arabie saoudite (première puissance pétrolière mondiale, 27,7 millions d’habitants, dont 80 % de sunnites et 20 % de chiites concentrés à Qatif et dans la province orientale) et l’Iran (81,1 millions d’habitants dans un pays indo-européen à grande majorité chiite et puissance gazière mondiale) découle d’une rivalité géo-politique bien plus que d’un conflit religieux ou ethnique, n’en déplaise à ceux qui s’en tiennent au prisme israélo-anglosaxon, qui déforme pour balkaniser.

À l’époque où régnait le Shah Reza Pahlevi, l’Arabie saoudite était le grand allié de l’Iran, sous la férule US. L’escalade actuelle, complexe, est un reflet de la fracture globale, comportant la mise à feu du « Moyen-Orient élargi », la rivalité pour le pouvoir sur le monde islamique et celle sur l’OPEP.

La fracture géostratégique entre les USA d’un côté, et la Russie et la Chine de l’autre, a pour fond le piège démographique ourdi par Zbigniew Brzeziński/Stratfor avec leur « carte islamique » [1] destinée à déstabiliser en profondeur le bloc RIC (Russie, Inde, Chine).

La Russie compte 20 % de Tatars sunnites ; quant à l’Inde, puissance nucléaire, elle est la première puissance islamique au monde en nombre, avec 20 % de musulmans ; et la Chine à son tour compte 10 millions d’Ouigours et de Mongols sunnites, et une part de peuplement turc dans la province autonome du Xinjiang, éminemment stratégique, car riche en gaz et en uranium.

L’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon avait dessiné le Moyen-Orient selon une ligne horizontale allant du Maroc jusqu’au Cachemire (les protestations contre l’Arabie saoudite ont atteint ces deux extrêmes) et une ligne verticale depuis le Caucase, le bas-ventre de la Russie, jusqu’à la corne de l’Afrique.

L’Organisation de coopération islamique (57 États) comprend 600 millions de fidèles, soit 22 % du genre humain, dont 80 % de sunnites —un univers qui est loin d’être homogène, les écoles juridiques d’interprétation du Coran étant diverses— et presque 20 % de chiites, eux aussi divisés par la présence de multiples sectes (Alaouites de Syrie, Houthis/Zéyidies au Yémen, Alévis en Turquie, Ismaélites en Inde, etc).

Les minorités chiites se distinguent en Inde, au Pakistan et en Afghanistan, pays déstabilisé par le grand jeu géostratégique US contre les RIC. En Irak, les chiites sont majoritaires (85 %), au Bahreïn également (85 %) ; au Liban ils sont 50 %, et les minorités chiites en Inde, au Pakistan et en Afghanistan sont pléthoriques. Enfin, les 400 millions de chiites environ sont répartis dans une centaine de pays, mais 80 % sont concentrés en Iran (81,8 millions), en Inde (45,4 millions), au Pakistan (42,5 millions), en Irak (24,5 millions) et en Turquie (20 milllions).

Au-delà de la rivalité pour la direction religieuse du monde musulman, entre l’Iran et l’Arabie saoudite, avec l’enjeu de la garde des lieux saints de La Mecque et de Médine, Riyad a perdu deux alliés privilégiés parmi les sunnites : Saddam Hussein, qui gouvernait la majorité chiite en Irak (situation symétrique de la Syrie, où Bachar el-Assad est issu des 15 % de population alaouite face aux 80 % de sunnites) et Hosni Moubarak en Égypte, balayé par le « printemps arabe » artificiel, à l’instigation des US et du Royaume-Uni ; au même moment, l’Iran étendait son influence au Liban avec le Hezbollah, et en Syrie avec les Alaouites en guerre contre l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ; au Yémen, l’Arabie saoudite livre une guerre contre les Houthis ; au Bahreïn, Riyad est intervenu militairement pour étouffer la rébellion de la majorité chiite [2].

L’escalade a atteint un paroxysme avec la mort en masse de pèlerins iraniens à La Mecque, un simple accident, selon Riyad, l’assassinat délibéré de 500 personnes pour l’Iran, parmi lesquels l’ex-ambassadeur de l’Iran au Liban [3].

Outre les plans de multi-balkanisation de l’Iran et de l’Arabie saoudite annoncés par le Pentagone [4] et le New York Times [5], il convient de signaler trois pistes éminemment radioactives :

les réserves en devises des six pétromonarchies arabes du Golfe persique : ces pays ont envisagé de lancer la monnaie unique du golfe [6] ;

la parité fixe du rial, divise saoudienne, avec le dollar [7],

et le pétrole de Qatif.

L’Arabie saoudite et l’Iran n’ont pas intérêt à poursuivre l’escalade, tandis que Riyad en est à consolider la succession du roi Salmane, et l’Iran retient son souffle en attendant l’imminente levée des sanctions, qui lui permettra de récupérer ses 150 milliards de dollars séquestrés par Washington, en échange de la désactivation de son projet nucléaire. Rappelons que l’Iran n’a que 109 milliards de dollars de réserve, face aux 650 milliards de dollars de l’Arabie saoudite.

47 exécutions, pour 43 sunnites terroristes et djihadistes, se réclamant d’Al Qaïda, qui cherchaient à renverser la maison royale des Saoud, plus 4 chiites, dont le cheikh Nimr al-Nimr, originaire de Qatif, vénéré par la jeunesse, et qui menaçait de faire sécession, et trois autres membres du clergé : cela a déclenché la fureur du chiisme universel, lorsque le Hezbollah a accusé les USA d’être derrière ces décapitations.

Stratfor, le centre israélo-texan qui se fait connaître comme la main de la CIA dans l’ombre, estime que la controverse sur le prélat al-Nimr bouillonne depuis des années [8] en effet, il avait été arrêté en juillet 2012 pour avoir incité les militants chiites de la région pétrolière qui constitue la province orientale, alors que durant le « printemps arabe », Riyad était déjà intervenu au Bahreïn, son petit voisin à majorité chiite, pour renforcer l’ordre sunnite dans toute la péninsule arabe.

Comme lors de la guerre Irak/Iran visant à épuiser tant Saddam Hussein que la révolution islamique chiite de l’ayatollah Khomeiny, les USA ont vendu des armes aux deux parties pour les saigner. S’agit-il à nouveau pour Washington d’appliquer son programme hémorragique, cette fois-ci tant à l’Arabie saoudite qu’à l’Iran ?

Ambrose Evans-Pritchard, le féroce porte-parole de la maison royale britannique, estime pour sa part que la collision entre les deux pays se rapproche dangereusement du cœur du marché pétrolier mondial. Il affirme que la minorité chiite offensée, soit 15 % de la population saoudienne d’après lui, « réside sur les gigantesques champs pétroliers saoudiens, en particulier dans la ville de Qatif » [9].

Il cite Ali al-Ahmed, directeur de l’Institut des Affaires du Golfe, dont le siège est à Washington, d’après lequel Qatif est le centre névralgique de l’industrie pétrolière saoudienne, la grande station centrale où débouchent 12 oléoducs, pour fournir les immenses terminaux pétroliers de Ras Tanura et Dharan, fort vulnérables au demeurant, en cas d’attaque surprise.

Evans-Pritchard insiste : la plus grosse part des 10,3 millions de barils journaliers produits par l’Arabie saoudite, surveillée par 30 000 gardes, traverse le cœur du chiisme, en pleine ébullition ; une interruption de quelques jours peut provoquer un pic pétrolier, atteignant 200 dollars ou plus le baril, et nourrir une crise économique globale. C’est la manne géopolitique dont rêvent les spéculateurs des fonds spéculatifs de Wall Street et de la City de Londres…

Il convient de suivre au microscope électronique les positions turques (la seule puissance sunnite de l’Otan), et celles du Pakistan (la plus grande puissance militaire musulmane), qui a jusqu’à présent adopté une prudente attitude neutre, mais cela surtout pour les liens tissés récemment avec la Russie et la Chine, et par répulsion pour les Frères musulmans (qu’encouragent Turquie et Qatar), et certainement pas par amour de l’Iran.

Alfredo Jalife-Rahme

Traduction

Maria Poumier

Source

La Jornada (Mexique)

[1] « Otra trampa de Brzezinski y Stratfor contra Rusia : "guerra demográfica" con Turquía », Alfredo Jalife Rhame, La Jordana, 3 de enero de año 2016.

[2] « Why the King’s Sunni Supporters are Moving Abroad », Justin Gengler, Foreign Affairs, January 6, 2016.

[3] « L’Arabie saoudite a bien enlevé des collaborateurs de l’ayatollah Khamenei », Réseau Voltaire, 13 novembre 2015.

[4] “We’re going to take out 7 countries in 5 years : Iraq, Syria, Lebanon, Libya, Somalia, Sudan & Iran..”, Video Interview with General Wesley Clark, Democracy Now, March 2, 2007.

[5] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, September 28, 2013.

[6] « Hacia el nuevo orden geofinanciero : yuan chino entra al FMI y Rusia prepara su "rublo-oro" », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 13 de de diciembre de 2015.

[7] “Saudi riyal in danger as oil war escalates”, Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, December 28, 2015.

[8] “The Saudi-Iranian Spat Is Emblematic of the Region’s Power Struggle”, Stratfor, January 4, 2016.

[9] “Saudi showdown with Iran nears danger point for world oil markets”, Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, January 4, 2016.

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Pour le patriarche de l’église syriaque catholique l « L’exode des chrétiens de Syrie est une catastrophe pour notre civilisation » Joseph III Younan:

Publié le par Mahi Ahmed

Pour le patriarche de l’église syriaque catholique l « L’exode des chrétiens de Syrie est une catastrophe pour notre civilisation » Joseph III Younan:

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« L’exode des chrétiens de Syrie est une catastrophe pour notre civilisation »

« Vous savez, les médias occidentaux font aujourd’hui preuve d’une indifférence étonnante à l’égard de la Syrie. »

Traduit par : Julia BREEN , source : Elena Pouchkarskaïa publié lundi 8 février 2016

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La rencontre historique du 12 février 2016 à La Havane entre le pape François de Rome et le patriarche de l’Église orthodoxe russe Kirill sera l’occasion d’aborder la question de la situation des chrétiens d’Orient. Pour le patriarche de l’église syriaque catholique Ignace Joseph III Younan, les chrétiens de Syrie subissent actuellement un « génocide ». La revue russe Ogoniok s’est entretenue avec lui.

Ogoniok : Votre Sainteté, que se passe-t-il en Syrie, en fait ?

Ignace Joseph III Younan : Je suis un homme d’Église, et non un politicien : et ce qui m’inquiète en premier lieu, ce sont les souffrances de la population, qui paie le prix le plus élevé de cette guerre civile. Je ne parle pas seulement des victimes. Le nombre de gens souffrant de la faim, de la pénurie de médicaments et de conditions de vie inhumaines se compte en millions [plus de 2 millions, selon les données de l’organisation catholique « Aidons l’Église souffrante », ndlr].

Regardez ce qui s’est passé en trois ans à Alep ! Ce qui était autrefois un centre culturel et marchand prospère, unique en termes de démographie et de composition religieuse, cette ville où toutes les confessions étaient représentées, n’est plus aujourd’hui qu’un amas de ruines.

Ce qui se passe aujourd’hui en Syrie est un génocide des chrétiens – je n’ai pas d’autre mot. La communauté chrétienne du pays était une des plus importantes du Proche-Orient, elle représentait jusqu’à 19 % de la population globale – mais aujourd’hui, nous ne sommes plus que 5 % en Syrie. Et un exode aussi massif des chrétiens hors des lieux qui constituent le berceau de leur enseignement est une catastrophe non seulement pour la Syrie et tout le Proche-Orient, mais pour notre civilisation dans son ensemble.

Ogoniok : Tous les pays semblent prêts à combattre l’État islamique, mais ils sont incapables de se mettre d’accord sur des opérations militaires communes…

Le patriarche Ignace Joseph III Younan. Crédits : famillechretienne.fr

Ignace Joseph III Younan : Après tout ce qui s’est passé, il n’est évidemment pas facile de s’asseoir ensemble à la table des négociations. Tous les patriarches orientaux, moi y compris, avaient alerté le monde à l’époque : la Syrie, avec la complexité de sa situation démographique, religieuse et linguistique, n’est ni l’Égypte, ni la Libye. L’affaire ne se limitera pas à un « Printemps arabe » en Syrie, avais-je tenté de convaincre mes interlocuteurs en 2011 déjà, à Paris, alors que la crise ne faisait que commencer.

Mais à l’époque, tous les médias européens répétaient, à la suite des Américains : « La chute d’Assad est l’affaire de quelques jours ». Nous avions prévenu que cela finirait en un cauchemar qui n’épargnerait personne, mais la Syrie, comme l’Irak avant cela, a tout de même été sacrifiée sur l’autel de l’opportunisme géopolitique.

Ogoniok : Qu’entendez-vous par cette formule ?

Ignace Joseph III Younan : Ce que je veux dire ? Je veux dire que les leaders européens ont laissé la Méditerranée aux mains des Américains, dont l’objectif était non de protéger les droits des minorités, mais de faire plaisir aux émirats pétroliers…

Prenez les négociations de Genève-3, où l’opposition syrienne a été invitée à prendre la parole. D’où arrive-t-elle ? D’Arabie saoudite. Il y a trois ans, lors des premières négociations de Genève [Genève-1, ndlr], j’ai demandé : pourquoi appelons-nous ces gens des « révolutionnaires syriens » ? Un révolutionnaire qui défend la cause de son peuple doit être auprès de ce peuple, si je ne m’abuse ?

Comme Nelson Mandela, qui s’est battu dans son pays, a fait de la prison, est devenu un héros… Mais ces gens qui ont fui leur pays – pourquoi seraient-ils en droit de décider du destin de la Syrie ? Je reconnais toutefois qu’avec le temps, certains d’entre eux sont devenus plus raisonnables, je dirais plus honnêtes dans leurs jugements.

Et j’espère vivement que cette évolution jouera son rôle au cours des négociations. J’ai l’impression qu’aux États-Unis aussi, d’ailleurs, on comprend de plus en plus que l’opposition n’a pas le droit d’exiger des conditions particulières et qu’elle doit s’installer à la table des négociations au même titre que tous les autres participants.

Je vais être plus explicite : une des raisons pour lesquelles la crise en Syrie s’éternise est que sa résolution est empêchée par ceux que l’on appelle les insurgés, qui, partant des intérêts de leurs groupes religieux et ethniques, considèrent que le gouvernement actuel est « infidèle » [au sens religieux du terme ; le patriarche fait allusion à l’opposition des sunnites et des chiites, ndlr] et veulent le renverser.

Ogoniok : Ce qu’exige aussi l’Occident…

Ignace Joseph III Younan : L’Occident peut exiger ce qu’il voudra, mais le destin du président syrien est entre les mains du peuple syrien. Et il doit être décidé à l’issue d’élections ou d’un référendum, sous le contrôle de l’ONU s’il le faut.

Ogoniok : En Occident, on dit que la Russie veut en réalité, par ses actions en Syrie, soutenir Bachar el-Assad.

Ignace Joseph III Younan : Les Russes ont annoncé dès le départ leur volonté de soutenir le peuple syrien, qui choisira ensuite son président. Mais le plus important est ailleurs : l’intervention des Russes a aidé à libérer des villes et des villages des bandes terroristes qui les contrôlaient.

Ogoniok : Dans ce cas, pourquoi l’Occident accuse-t-il la Russie de bombarder l’opposition plutôt que l’État islamique ?

Ignace Joseph III Younan : Pour ce que je sais de ce qui se passe dans mon pays, les bombardements russes ont visé précisément les endroits où ils étaient nécessaires. D’autant, et c’est très important, que la Russie coordonne ses actions avec les troupes gouvernementales, ce qui permet d’éviter des victimes superflues.

Mais soyons francs, si vous le voulez bien. À propos de la distribution actuelle des forces, il faut admettre une chose : à part l’Armée syrienne libre, composée de soldats et d’officiers ayant déserté l’armée syrienne pour combattre le gouvernement, il n’y aucune autre force d’opposition modérée en Syrie.

Nous savons parfaitement – et l’Occident le sait très bien aussi – que ceux qui contrôlent aujourd’hui les territoires syriens occupés sont des gens qui confessent un islamisme fanatique, quel que soit le nom qu’ils se donnent. De ce fait, l’anéantissement de l’armée syrienne régulière conduirait à encore plus de chaos dans la région.

Ogoniok : Et comment vos propos sont-ils accueillis dans les médias occidentaux ?

Ignace Joseph III Younan : Vous savez, les médias occidentaux font aujourd’hui preuve d’une indifférence étonnante à l’égard de la Syrie. Avant, ils faisaient à chaque fois état de la prise par l’EI de telle ou telle ville, mais aujourd’hui, on ne les entend plus. On dirait qu’ils commencent de comprendre que leurs efforts dans la lutte contre l’EI se sont avérés insuffisants…

Ogoniok : Il y a beaucoup de chrétiens orthodoxes en Syrie, et je sais que vous fonctionnez avec eux comme une seule communauté œcuménique unie. Êtes-vous soutenus d’une façon ou d’une autre par l’Église orthodoxe russe ?

Ignace Joseph III Younan : Le patriarche Kirill est venu en Syrie et au Liban en 2012, et a publiquement déclaré que l’Église orthodoxe russe soutenait la liberté religieuse pour tous au Proche-Orient. Malheureusement, nous n’avons pas entendu de telles déclarations dans la bouche des Occidentaux, ni de la part des leaders religieux, ni de celle des acteurs laïcs.

Patriarche de l’Église orthodoxe russe Kirill. Crédits : pravmir.ru

Il y a deux mois, mon confrère, le patriarche de l’Église orthodoxe syrienne [Ignace Ephrem II, primat de l’Église syriaque orthodoxe, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, ndlr], s’est rendu à Moscou et y a rencontré le patriarche Kirill, le président de la Douma Sergueï Narychkine et le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il leur a exposé ses craintes sur le fait que les chrétiens risquaient de disparaître du Proche-Orient. Et on lui a répondu : n’ayez pas peur, nous sommes là-bas pour vous aider.

Ogoniok : Les chrétiens ne sont pas les seuls à fuir la Syrie, de nombreux musulmans s’en vont aussi. Que pensez-vous de cet exode et de la façon dont les réfugiés sont accueillis en Europe ?

Ignace Joseph III Younan : Je ne peux pas juger de la façon dont les gens doivent agir en Europe. Mais j’estime que des réfugiés musulmans qui arrivent dans un pays où l’on est prêt à leur accorder tous les droits doivent s’intégrer et, en premier lieu, ne pas opposer leur religion à la vie publique et privée de ce pays.

Mais hélas, une partie d’entre eux n’a pas appris à dissocier la religion de l’État, ils ont été élevés dans la certitude qu’ils appartiennent au meilleur des peuples, et que leur religion est la meilleure des fois. De ce fait, ils sont persuadés de devoir non seulement confesser leur foi, mais également la prêcher, pour qu’avec le temps, elle domine peu à peu aussi en Europe. Je sais qu’il n’est pas convenable de parler ainsi, que ce n’est pas politiquement correct, mais voilà longtemps que ce n’est plus un secret pour personne.

Ogoniok : Il faut pourtant bien régler ce problème des réfugiés d’une façon ou d’une autre…

Ignace Joseph III Younan : À une époque, la mer Méditerranée, par laquelle les gens s’enfuient aujourd’hui vers l’Europe, était surnommée Mare Nostrum [« Notre mer », ndlr]. Aujourd’hui, on l’appelle Male Nostrum [« Notre malheur », ndlr]

Mosaïque religieuse en Syrie. Crédits : la-croix.com

L’Église syriaque catholique est une des Églises catholiques d’Orient. Elle est dirigée par le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, qui réside à Beyrouth, au Liban. Fondée à Antioche par saint Pierre, cette Église fut dès l’origine, avec Alexandrie, un des centres importants du rayonnement évangélique. Les Syriens catholiques sont aujourd’hui environ 150 000 dans le monde, répartis principalement en Irak (42 000) et en Syrie (26 000). 55 000 vivent dans la diaspora. Actuellement, les Syriens catholiques d’Irak et de Syrie, comme tous les chrétiens orientaux, sont durement persécutés par les islamistes. Ils sont nombreux à se réfugier à Erbil, au Kurdistan.

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À propos de Abane Ramdane

Publié le par Mahi Ahmed

Entretien avec Belaid Abane

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Bensaada • 02-08-2016 21:36 • Réactions à la publication : Le PAGS et le PAYS : CINQUANTE ANNÉES PLUS TARD par Sadek Hadjerès

Publié le par Mahi Ahmed

Bensaada • 02-08-2016 21:36 • Réactions à la publication : Le PAGS et le PAYS : CINQUANTE ANNÉES PLUS TARD par Sadek Hadjerès

La publication du texte de Hadjeres et les réactions qu'il a suscité parmi les militants de l'ex-Pags et même au delà ( QO et RadioM,), remet au centre du débat cette question de "ligne du pags" dont certains militants , dès le début des années 80 déjà, avaient qualifiée publiquement, d’inadaptée, d’insuffisante voire de complètement en décalage avec les réalités politiques et surtout les tâches censées être celles d’un "parti d'avant-garde". En effet, c'est un problème qui a existé depuis le début des années 80 après l'intronisation de Chadli par le "système"et l'ascension du théoricien de la 3ème voie, Abdelhamid Brahimi ( qui, cette semaine, revient de Londres pour faire les Unes d'une certaine presse algérienne (?) avide de sensationnel). Cette époque correspond, en gros, au reflux de l'influence qu'a eu le pags des années 70 notamment lorsqu'il appuyait les luttes démocratiques des étudiants et des travailleurs et malgré la répression parvenait à attirer le jeunes et moins jeunes qui voulaient construire le pays dans une voie socialiste. Au début des années 80, le pags a été "débordé" par la montée en puissance de la revendication démocratique dans ses expressions identitaires et culturelles mais aussi par la problématique de la protection des libertés individuelles, une revendication qu'il a sous-estimée , comme l'ensemble des partis d'obédience "marxiste-léniniste" du monde arabe,qui la considéraient comme "bourgeoise" donc, secondaire. A cela, il faut ajouter, les péripéties de la sortie de la clandestinité et du passage à la légalité, intervenues dans une impréparation totale de la direction politique de l'époque usée par l'activisme, les réflexes de la clandestinité et la routine car ayant été "à la barre" depuis trop longtemps et s'étant sacrifiée sans compter. Ces éléments ont accéléré la crise de "confiance en soi" parmi les cadres et militants du pags notamment ceux en contact avec les mouvements sociaux ouvriers, jeunes, intellectuels qu'ils n'arrivaient plus à influencer comme avant vu les orientations et mots d'ordre défensifs de cette époque alors que les forces sociales actives et progressistes étaient prêtes à s'engager dans la conquête des espaces de liberté politique que les islamistes avaient investis avec force et parfois avec une violence tolérée par le pouvoir de l'époque par calcul ou par conviction. La cause première du recul et de la perte d'influence et de la capacité à mobiliser du pags sont à chercher dans les hésitations de sa direction politique et son quasi refus d’investir de façon offensive le mouvement social revendicatif car sa vision du rapport de force social étaient obstruée par le poids donné aux luttes d'appareils et engluée dans la "fumeuse" politique des alliances qui pesaient plus lourds que la nécessité d'appuyer le mouvement social populaire en plein essor. Ce sont, de mon point de vue,ces aspects qui ont préparé les conditions psychologiques pour qu'un texte comme l’APRPI devienne et s'impose comme une base de débat pour le « 1er congrès du pags » en tant que parti légal... la nature ayant horreur du vide !

Il est trop facile, des années plus tard, de distiller quelques informations genre " j'ai dis au rédacteur de l'APRPI" ceci ou cela" et il m'a répondu " patati patata"... Dans un tel contexte, la seule attitude digne pour ce responsable (S.H) -qui était presque, à cette époque, aussi adulé que l'était Kim il Sung,- était de prendre une position franche et nette de défiance par rapport à cette ligne, d'exprimer franchement son désaccord, d’argumenter et de faire une proposition alternative. Mais au lieu et place de ce climat de débat franc "entre camarades" , il n'était question que de « cris et chuchotements »… Rien qui puisse ressembler à un signal ou une alerte politique et surtout une marque de confiance vis-à-vis de la "base" et de respect à l’intelligence des militants. Et c'est pourquoi j'affirme que Hadjeres était "coupé" des militants de base, les « sherpas » du parti, trop méfiant qu'il était -on peut le comprendre, à titre personnel, mais pas en termes politique- pour se frotter à eux, sentir leurs espoirs, leur détermination, leurs doutes....Beaucoup de militants à qui, au passage, ils rend hommage et étaient en contact des réalités souvent amères de la "gestion du parti" (par le centralisme) et notamment le peu de cas apporté au "moral des troupes" , au côté humain et à la formation des cadres et militants. Aussi, face à une proposition unique, nombreux sont ceux qui ont suivi leurs instincts et qui ont tenté de se préserver des effets dévastateurs de ce qui devenait une lutte qui les dépassait et dont ils ne percevaient ni les finalités et ni même les dessous même s'ils ressentaient ces "embrouilles" comme les contrecoups de la chute du Mur de Berlin et de la débâcle du socialisme réel.... Les séquences suivantes ayant conduit à la "désintégration" du pags en plusieurs "particules" sont un résultat logique des faits précédents : l'impréparation aux élections communales et le manque de clarté de la ligne politique ainsi que le score lilliputien obtenu à ce scrutin ont ébranlé plus d'un et entamé la motivation des militants, carburant essentiel et vital de toute formation politique ...surtout celle qui affiche l'objectif de "faire la Révolution sociale" !!!

S’étonner que, dans un tel contexte, les réelles ou supposées manœuvres des anciens du Malg ou de l'ALN - qui ressemble un peu à l'argument de certains nationalistes quant au rôle des DAF au sein du pouvoir d'État pour justifier les dérives de la ligne du 1er Novembre 54 et de l’esprit du congrès de la Soummam – relève d’une attitude puérile. Cela explique les critiques des militants (ou proches) du pags ayant réagis à la lecture « Hadjeressienne » du déclin et de la dissolution du pags et par d’autres qui refusent de faire leur autocritique, se suffisent de la thèse que le "pags a été victime de « redresseurs » infiltrés par la SM". C'est une thèse ancienne rendue publique en 1993 par une journaliste proche du pags et parente à l’interviewé, un ex-responsable du pags. Je l'ai compris, pour ma part, comme une forme de dénonciation, un peu tardive, il faut le préciser. Plus tard, j'ai su que cette attitude est à mettre sur le compte d’une rancune née d’un problème de sanction disciplinaire subie par le responsable (interviewé) pour avoir enfreint les règles élémentaires de sécurité dans la situation de clandestinité alors qu’il l'impute, dans sa relation des faits, à un "dégommage" pour des raisons de divergence dans la ligne politique ! Mais on n'a jamais rien su de cette " ligne alternative".

Mais au final, que doit-on retenir de ces témoignages et des réactions suscitées ? Sont-ils d’un quelconque intérêt au moment où l'Algérie, ( SOCIÉTÉ, NATION ET ETAT) a tant perdu et risque de perdre encore plus tant du point de vue de ses ressources humaines, ressources matérielles que dans sa capacité collective à poursuivre le mouvement historique de parachèvement de l'indépendance politique nominale par une indépendance économique et une souveraineté effectives?

Ce qui, à mon humble point de vue, est en jeu, c'est de redonner aux citoyens notamment les travailleurs manuels et intellectuels salariés et indépendants et autres créateurs de richesses, la force morale de défendre leurs droits fondamentaux, de s'organiser et de se défendre contre l'oligarchie compradore et vassal qui, pour assouvir ses intérêts égoïstes et mesquins, est en train de transformer une Nation que ses meilleurs filles et fils ont rêvé comme une expérience originale d'état républicain, démocratique et social , éclairant les luttes des peuples des pays ex-colonisés du Sud en…. minable république bananière.

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